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Salle de réception du groupe W, 22 heures 30
Une réception était organisée au groupe W pour fêter la signature d'un important contrat. Largo parlait affaires avec John et d'autres hommes en costard, Joy discutait avec une femme très élégante et Simon comme à son habitude posait ses yeux sur toutes les filles qu'il croisait, espérant en trouver une qui répondrait à son regard charmeur. Kerensky, quant à lui, avait préféré rester au bunker car les soirées mondaines ne l'intéressaient que moyennement.
" Qu'est-ce que tu fais là, Sonja ? demanda Joy. Ca fait longtemps que je ne t'ai pas vu. Je voulais te téléphoner mais j'ai perdu le papier avec ton numéro que tu m'avais donné. " La femme avec qui Joy discutait était une petite brune avec de beaux yeux verts. Elle était vêtue d'un pantalon large et d'une veste longue qui lui arrivait jusqu'aux pieds. C'était une amie de Joy. Elle s'était déjà rencontrée lors d'une réception et avait sympathisé.
" Je représente mon père, il est malade et il m'a demandé de le remplacer. J'ai accepté car je savais que tu y serais. Je me suis dit que comme ça je me sentirais moins perdue.
_C'est sûr que ces réceptions ne sont pas particulièrement intéressantes, à part si tu es un homme d'affaires bien sûr. Mais ce n'est pas vraiment le cas ! " Sonja sourit. Joy continua : " Je suis désolée, je dois descendre au bunker voir Kerensky. Ca ne sera pas long. Tâche de faire des connaissances en attendant !
_Je vais essayer. Kerensky, c'est l'ex-agent du KGB ? Le grand blond toujours scotché à son ordinateur (et à sa bouteille de Vodka ! ! Non je rigole Valery, c'est juste pour t'embêter, je vais pas laisser ça, t'inquiète ! !) dont tu m'as déjà parlé ?
_Oui, c'est ça. Il fait partie de l'Intel Unit ainsi que Simon. Je t'en ai déjà parlé aussi. Tu te rappelles ?
_Oui bien sûr, celui qui change de copines comme de chemises ? ?
_Oui, on peut dire ça effectivement, acquiesça Joy en riant. Bon, j'y vais. A tout à l'heure. "
Restée seule, Sonja se dirigea vers le buffet et un jeune homme de petite taille aux cheveux bruns vint à sa rencontre.
" Bonjour mademoiselle ! Enfin un peu de présence féminine, je commençais à en avoir marre de ne voir que des hommes en costard !
_Bonjour ! " répondit poliment Sonja en détaillant l'homme des pieds à la tête. Elle avait cette habitude de toujours observer les hommes qui s'adressaient à elle. " En fait, je représente mon père qui est justement tombé malade aujourd'hui.
_ Quelle heureuse coïncidence ! s'écria l'homme. Euh… Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je suis désolé pour votre père. Ce n'est pas grave au moins ?
_Non, c'est juste un simple rhume, expliqua Sonja. " L'examen rapide qu'elle avait fait de son interlocuteur lui avait donné l'envie de faire plus ample connaissance avec lui (Je sais pas moi, par exemple le voir sans ses vêtements… Oups ! Qu'est-ce que je suis en train de raconter moi ! Je crois que je déforme les pensées de Sonja !). Simon de son côté était aux anges : il pensait sincèrement que c'était la fille la plus belle et la plus marrante de toutes celles avec qui il était déjà sorti (et Dieu sait combien il y en a eu !). Il allait lui poser quelques questions plus intimes pour la connaître un peu mieux lorsque Joy revint dans la salle de réception. Elle se dirigea vers Sonja et Simon.
" Ah Sonja, je vois que tu as fait connaissance avec Simon !
_Comment ça, Simon ? s'exclama Sonja. C'est le gars dont tu m'as parlé, celui qui change… ?
_Oui, la coupa Joy en riant. C'est lui !
_Bon, vous m'excuserez alors, annonça Sonja en fusillant Simon du regard. Je dois m'en aller. " Elle tourna les talons et commença à s'éloigner. Tout à coup, elle se ravisa, revint vers Simon et Joy, mit une claque à Simon et repartit. En voyant la mine déconfite de Simon qui se tenait la joue, Joy éclata de rire sans pouvoir s'arrêter. Simon, quant à lui, regardait toujours dans la direction où Sonja était partie, incapable de faire un geste. Puis il se ressaisit et se tourna très en colère vers Joy.
" QU'EST-CE QUE TU LUI AS DIT ? ?
En voyant la colère de Simon, Joy s'arrêta immédiatement de rire.
_Mais rien ! se défendit-elle.
_RIEN ! ! Tu veux rire ! Tu arrives, tu lui dis que je suis Simon et elle part. Et tu vas me dire que tu n'y es pour rien ?
_Mais je ne sais pas ! Je lui avais seulement parlé de toi avant. Tu ne lui avais pas dit qui tu étais ? ?
_Tu ne m'en as pas laissé le temps, figure toi ! déclara Simon toujours en colère. Qu'est-ce que tu lui as raconté sur moi ?
_… Ben… Juste que tu changeais de copine comme de chemises, avoua Joy en baissant la voix.
_JOY ! ! Je vais te taper ! Tu peux pas te la fermer des fois ! Pour une fois que je trouve une super fille, il faut que tu me casses mon coup !
_Tu vas en retrouver une autre Simon, t'en fais pas.
_Non, aucune des filles ici ne lui arrive à la cheville ! Sonja est unique ! ! cria Simon.
Joy pensa qu'il exagérait un peu, il disait presque ça à propos de chaque fille, mais comme elle était dans son tort, elle préféra ne pas envenimer la situation et s'excuser :
_Je suis vraiment désolée Simon. Je ne savais pas qu'elle te plaisait. C'est une de mes amies et je lui ai parlé de Largo, Kerensky et toi. Je ne voulais pas te causer du tort.
_Et ben heureusement, sinon je me demande ce que ça aurait donné ! ironisa Simon. Je te préviens Joy, tu vas me le payer ! "
Sur ce, Simon quitta Joy. Au bout d'un moment, il se dit qu'il y était peut-être allé un peu fort avec Joy. Après tout, ce n'était pas complètement de sa faute. Ce qu'elle avait dit était quand même un peu la vérité. Mais néanmoins, elle n'était pas obligé de le crier sur tous les toits ! Non, c'était décidé, il allait se venger une bonne fois pour toute. Il n'avait pas oublié la fois où, dans l'avion, alors que Largo était recherché pour meurtre, il avait demandé à Joy ce que les femmes trouvaient à Largo et que Joy avait répondu qu'il était l'inverse de lui ! Cela l'avait horriblement vexé ! Sans compter toutes les autres remarques blessantes qu'elle lui avait faites à maintes reprises. Tandis qu'il repassait ainsi en revue toutes les rancœurs qu'il nourrissait à l'égard de Joy, une idée germa dans son esprit. Il tenait sa vengeance !
Il sortit de la salle de réception et se dirigea vers le bunker. Il y prit un micro qu'il cacha dans sa veste et remonta. Il prit une deuxième coupe de champagne et se dirigea vers Joy qui se tenait seule dans un coin.
" Joy, je suis sûre qu'une coupe de champagne te ferait plaisir !
_Non, jamais pendant le service, refusa Joy.
_Allez, Joy, insista Simon. Tu vas bien me tenir compagnie pendant que je noie mon chagrin d'amour ? Je te rappelle que c'est de ta faute !
_Bon ok, céda Joy. "
Simon, qui en plus des deux verres s'était procuré une bouteille de champagne, resservait à chaque fois Joy dès qu'elle avait fini. Lui-même buvait très lentement (c'est elle qui doit être roop, pas lui ! !) et en était toujours à sa première flûte. Progressivement, le champagne commençait à monter à la tête de Joy. Simon trouva que c'était bientôt le moment et mit discrètement son micro en route. Ensuite, il s'efforça de faire parler Joy.
" Au fait, il est où Largo ? demanda Simon.
_Pfffff, il m'énerve, il est encore avec une fille ! répondit Joy.
_Et alors ? Ca te dérange ? En plus, je te signale qu'ils ne font que discuter !
_Ouais, pour le moment. Ca va pas durer longtemps !
_Ah oui, et tu serais pas un peu jalouse ?
_Moi ? Mais ça va pas ! J'm'en fous d'lui !
_Pourquoi tu n'arrêtes pas de le mater alors ?
_J'le mate pas, j'le surveille !
Joy ne détachait pas son regard de Largo.
_Ouais, c'est ce qu'on dit !
_Bon ok, t'as raison, concéda Joy. Et alors ? C'est normal, il est beau, non ?
Simon jubilait. Joy marchait à fond dans son plan. Elle ajouta :
_Faut que je te confie un secret Simon. Elle se pencha à son oreille et murmura : Je l'aime, Largo !
_C'est vrai ? Tu l'aimes vraiment ? insista Simon qui voulait que Joy le répète plus fort car comme elle avait chuchoté, il n'était pas sûr que le micro l'ait enregistré.
_Ouais ! J'aime Largo ! Il est trop beau, il a trop un beau torse ! Et son cul ! T'as vu comme il a un beau cul ? Faut que je te raconte quelque chose Simon. Tu le diras pas, hein ?
_Mais non, tu me connais ! (c'est bien pour ça qu'elle te le demande Simon !) assura Simon tout content.
_J'ai rêvé de Largo cette nuit. Tu veux que je te raconte ?
_Bien sûr ! !
_On était dans le bunker tous les quatre et comme Largo m'avait envoyé une vanne –je me rappelle plus laquelle– je l'ai pris par les épaules et je l'ai immobilisé. Mais il a réussi à me déséquilibrer et on a roulé ensemble par terre. Il s'est retrouvé sur moi et on s'est regardé longuement. Puis il m'a embrassé. T'as demandé si on avait besoin d'aide et puisqu'on n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter en si bon chemin, vous êtes sortis du bunker, Kerensky et toi. On a fait torridement l'amour là, c'était vraiment le pied !
_Parce que t'aimerais faire l'amour avec Largo dans le bunker ? s'exclama Simon. Il avait du mal à cacher sa joie : Joy était foutue après ce qu'elle venait de dire !
_Non, pas dans le bunker, c'est juste un rêve que j'ai fait, mais avec Largo, ça, c'est sûr ! La semaine dernière, j'avais aussi rêvé de lui. J'étais allée dans sa chambre car fallait que je lui demande un truc et il sortait de sa douche ! Il avait juste une serviette rouge autour de la taille ( ! ! ! ). "
A ce moment, Largo arriva.
" Alors, vous vous amusez bien ? demanda-t-il.
_Très bien, mais Joy ne se sent pas très bien, elle veut s'en aller. Je la raccompagne, répondit précipitamment Simon, voyant que Joy s'apprêtait à répondre quelque chose, et vu l'état où elle se trouvait, il valait mieux pas la laisser faire. Il la prit donc par le bras et l'emmena sans lui laisser le temps de protester. "
Largo les regarda s'éloigner incrédule.
Appart de Joy
" Simon, c'est gentil de m'avoir raccompagné ! dit Joy. T'veux boire un verre ? Je suis sûre que j'ai un fond de bouteille dans l'buffet !
_Non, c'est bon, je crois que ça suffit, Joy. Il vaut mieux que tu te couches.
_J'ai peur la nuit Simon, je sens que je vais faire des cauchemars toute seule !
Un fin sourire se dessina sur les lèvres de Simon. Et s'il en profitait ? Elle était tellement roop qu'elle n'opposerait aucune résistance, il en était certain. Mais il chassa bien vite cette idée de son esprit car il se rappela que Joy lui avait avoué qu'elle aimait Largo. Il n'allait tout de même pas faire ça à son meilleur ami !
_Mais non Joy, tu vas très bien dormir. Bon, je te laisse. Fais de beaux rêves ! "
_Ouais, merci ! "
Simon quitta la chambre de Joy et retourna à la réception. En chemin, il se dit qu'il était curieux de savoir quels seraient les rêves de Joy cette nuit-là.
Le lendemain matin, appart de Joy
Joy se réveilla avec un mal de crâne épouvantable. Elle se demanda ce qu'il s'était passé puis elle se rappela que Simon lui avait proposé du champagne. Ce qu'il s'était passé après, elle aurait été incapable de le dire. Elle prit une douche pour lui remettre les idées en place. Tout à coup, elle avisa un paquet sur la table. Elle l'ouvrit et en sortit une enveloppe et une cassette. Elle lut la lettre :
Salut Joy !
Comment vas-tu ? Pas trop mal à la tête ?
Je t'ai réservé une surprise. Ecoute donc la cassette jointe.
Bien sûr, cette cassette n'est qu'une copie, j'ai gardé l'original.
Je n'hésiterai pas à en faire profiter d'autres personnes telles que
Kerensky, Largo ou d'autres si tu ne fais pas tout ce que je te dis !
Mais je suis sûre que tu sais où est ton intérêt !
N'oublie pas que à la moindre remarque désagréable, la cassette pourrait
se retrouver en la possession de personnes de ton entourage. Je te
conseille donc de faire dorénavant très attention à tes propos.
La prochaine fois, tu éviteras de me casser mon coup !
Sur ce, je te laisse.
Simon
P.S. : J'apprécie beaucoup qu'on me serve mon petit déjeuner au lit.
Tu sais ce qu'il te reste à faire !
Joy écouta la cassette. Au fur et à mesure de l'enregistrement, son visage se décomposa. A la fin, elle se maudit intérieurement. Comment avait-elle pu être assez stupide pour raconter ça à Simon ? Maintenant, elle était obligée de lui obéir car si la cassette tombait entre d'autres mains, elle était vraiment mal barrée : fantasmer sur son patron n'était pas précisément la chose à faire !
Elle mit un long moment à se calmer. Elle avait envie d'étriper Simon ! Il fallait absolument qu'elle récupère l'enregistrement compromettant !
Tandis qu'elle s'habillait, elle repensa à la dernière phrase du mot de Simon : " J'apprécie beaucoup qu'on me serve mon petit déjeuner au lit. " ! ! ! Il a vraiment de l'espoir, se dit-elle. Puis une idée lui vint : elle allait rire. Elle regarda sa montre. Pour aujourd'hui c'était trop tard, mais demain… Elle se rendit au bunker.
Bunker, 9 heures
Elle passa les contrôles avant d'entrer dans le bunker. Il y avait seulement Kerensky. Finalement j'aurais peut-être eu le temps, Simon n'est pas encore là, se dit-elle. " Bonjour Georgi ! _Ah, bonjour Joy, répondit Kerensky, sans lever le nez de son ordinateur. La réception s'est bien passée ? Joy se figea, elle avait cru sentir une pointe d'ironie dans la voix de Kerensky, peut-être savait-il ? Elle le regarda, mais le visage de Georgi était impassible, elle s'était fait des idées. _Oui, ça s'est bien passé ", mentit Joy avant de s'installer à un ordinateur. Peu de temps après, Simon et Largo entrèrent dans le bunker. _Bonjour tout le monde ! firent Largo et Simon. Joy et Kerensky répondirent à leur salut. Avant de s'installer à son ordinateur, Simon passa derrière Joy et lui glissa à l'oreille : " Je t'attendais pour le petit déj' ce matin ! _Demain, répondit Joy à voix basse. C'était trop tard aujourd'hui ! _T'as intérêt, sinon… menaça Simon avant de s'installer. _Qu'est-ce que c'est que ces messes basses ? s'enquit Largo, intrigué par le manège de Joy et de Simon. _Rien, répondit précipitamment Joy. " La matinée se passa dans une atmosphère assez tendue, Joy ne décoinçant pas un mot. Largo commençait à se poser des questions. A 11 heures, Simon annonça qu'il devait s'en aller car il avait quelque chose d'important à faire. En partant, il déposa un papier plié en deux juste à côté de Joy. Joy attendit que Simon ait quitté le bunker, puis elle lut le mot :
" Je n'ai pas très envie de travailler aujourd'hui. Il me reste quelques recherches à faire, je suppose que tu ne verras pas d'inconvénients à les terminer à ma place. Je t'en joins la liste. Je te remercie d'avance pour ta compréhension et la bonne volonté que, j'en suis sûre, tu vas mettre à effectuer ces quelques tâches. Simon "
Joy hallucina en voyant que au lieu des " quelques tâches ", il y en avait au moins une quinzaine ! Simon exagérait vraiment. Elle poussa un long soupir. " Qu'est-ce qui se passe, Joy ? demanda Largo inquiet. C'est quoi ce mot de Simon ? _Rien, je t'ai dit, répondit Joy d'une voix irritée. C'est une affaire personnelle ! " Largo préféra ne pas insister mais décida qu'il irait parler à Simon dès que possible. Il était sûr qu'il arriverait à la faire parler. Ou, en tout cas, plus facilement que Joy. A midi, chacun alla manger de son côté. Joy rentra directement à son appartement. Elle avait besoin de réfléchir : elle devait absolument trouver une solution pour sortir de cette impasse. Elle ne pouvait pas rester comme ça à la merci de Simon ! Cela l'énervait au plus haut point d'être contraint à répondre à ses moindres désirs. Elle ne le supportait vraiment pas !
Appartement de Simon
Simon était rentré chez lui tout content. Il s'installa devant la télé. Mais il n'arrivait pas à s'intéresser au programme. Il avait du mal à se l'avouer, mais il éprouvait des remords : il exagérait quand même un peu beaucoup avec Joy ! Mais que pouvait-il faire maintenant ? Il n'allait tout de même pas détruire la cassette devant Joy ! Ca serait reconnaître qu'il avait fait une erreur et Joy serait impitoyable avec lui ! Il en était à ses réflexions quand on toqua à la porte. Il éteignit la télé et alla ouvrir. C'était Largo. " Qu'est-ce que c'est que cette histoire avec Joy ? demanda celui-ci sans autre préambule. _Je ne vois pas de quoi tu veux parler, se défendit Simon. _Arrête de mentir Simon. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? _Je ne peux pas te le dire maintenant. C'est personnel. Ca ne concerne que Joy et moi. _Comme tu voudras, fit Largo. Je finirai bien par découvrir la vérité. Il le faudra bien, je ne supporte pas de voir Joy dans cet état. Elle est sur les nerfs aujourd'hui, elle ne décoince pas un mot et c'est limite si elle ne nous remballe pas quand on lui adresse la parole. _Je sais, je regrette ce que j'ai fait, finit pas reconnaître Simon. Mais c'est trop tard maintenant, je ne peux plus reculer. " Après un temps : " Bon ok, je vais te dire ce qu'il s'est passé. " Et Simon expliqua à Largo comment il avait rencontré Sonja, comment elle était partie après l'intervention de Joy, et sa décision de se venger. Il lui parla de la cassette mais sans lui dire ce qu'il y avait dessus. Il refusa d'ailleurs de la lui montrer malgré son insistance. Il lui dit enfin que Joy l'aimait beaucoup, qu'il devait s'en persuader, et lui parler. Simon disait ça pour se racheter un peu. Au fond de lui, il ne voulait pas causer du mal à Joy, et puis cela faisait longtemps qu'il espérait voir Largo et Joy ensemble. S'il arrivait à convaincre Largo de lui parler, il aurait ainsi commis une " bonne action " et sa conscience en serait soulagée. Il ne voulait tout de même pas montrer la cassette à Largo car il avait peur de la réaction de celui-ci s'il voyait Joy bourrée. Il craignait aussi (et surtout) que Largo lui fasse des reproches. Largo, quant à lui, restait songeur et pensait à ce que Simon lui avait dit. Joy l'aimait ? Pourquoi pas après tout ? Cela expliquerait certaines choses. De toute façon, il s'en doutait depuis un certain temps, mais il ne savait pas trop comment lui dire que, lui aussi, il était fou d'elle. Et à chaque fois, il reculait le moment de ses aveux. Il ne se sentait pas encore prêt. Largo quitta l'appartement, suivi de Simon. Il laissa celui-ci s'en aller puis il revint sur ses pas. Il ouvrit la porte grâce aux clefs que lui avait donné Simon. Une fois dans l'appartement, il entreprit de le fouiller pour retrouver cette mystérieuse cassette. Enfin, il la dénicha. Il sortit alors et se dirigea vers son appartement.
Appartement de Largo
Largo s'empressa de mettre la cassette dans le magnétoscope. Puis, il appuya sur lecture. Au fur et à mesure que la scène défilait sur l'écran, il se sentait partagé entre une furieuse envie de rire et la compassion qu'il éprouvait envers Joy. Il comprenait maintenant son désarroi et son irritabilité. La connaissant, il se doutait bien qu'elle ne voulait à aucun prix que cette cassette tombe entre ses mains (Trop tard !). Elle devait se sentir trop honteuse ! Mais en même temps, il avait envie de rire, de laisser éclater sa joie : Joy l'aimait ! Bon, ok, elle avait dit ça alors qu'elle était roop, mais elle l'avait dit quand même ! C'était l'essentiel ! Et maintenant, il avait une idée ! Ou plutôt plusieurs idées. Au fond de lui, il remerciait Simon : grâce à lui, il allait trouver le courage de parler à Joy. Mais cela n'empêchait pas qu'il allait jouer un petit tour à Simon. Normal, se dit-il, chacun son tour ! Alors??? Koman ke ça vous plaît ???
Largo sortit pendant une demi-heure de la Tour puis revint à son appartement. Là, il décrocha le téléphone et appela Joy pour lui demander de passer à son appart car il avait quelque chose à lui dire. Ensuite, il se prépara à l'attendre (Mais que fait-il ? ? ?).Dix minutes plus tard, Joy toqua à la porte. Elle se demandait ce que Largo lui voulait. Peut-être que Largo était tombé sur la cassette et qu'il l'appelait pour lui annoncer qu'elle était virée ! Largo lui cria d'entrer en lui disant que c'était ouvert. Elle poussa donc la porte un peu anxieuse. Quand elle vit Largo, elle rougit et voulut ressortir aussi vite de l'appartement. Tant de pensées contradictoires la submergeaient ! Qu'est-ce que ça signifiait ? Largo la retint par le bras pour l'empêcher de s'enfuir. Elle se retourna alors et les yeux de Largo plongèrent dans les siens. Joy y lut une infinie tendresse et alors elle se sentit remplie d'une joie immense. Elle resta un long moment à le dévorer littéralement des yeux : Largo était devant elle, une simple serviette rouge nouée autour de la taille. Ses cheveux étaient trempés et retombaient sur sa figure. Des gouttes d'eau coulaient le long de son torse musclé. " Comme dans mon rêve ! se dit Joy. Mais c'est quand même mieux la réalité ! (Nan, tu crois ? veinarde, va !) " Elle se mit à réfléchir à toute vitesse. Largo avait vu la cassette ! Est-ce que c'était Simon qui lui avait montré ? " Pourquoi je réfléchis ? se sermonna-t-elle. J'aurai tout le temps après. Pour l'instant, il est devant moi, vêtu d'une simple serviette rouge, pourquoi se poser des questions ? Laisse aller ton cœur, Joy ! "
" Largo, tu as vu la cassette ? demanda Joy d'une voix tremblante.
_Oui, mais fais pas cette tête-là ! Tu sais que tu es très marrante quand tu es bourrée ! !
_Ca me fait pas rire ! dit Joy, avec pourtant un sourire aux lèvres.
_Ah bon, pourtant je pensais que tu apprécierais l'effort que je fais à réaliser tes rêves ! D'ailleurs, tu pourrais être moins compliquée ! Je te signale que je n'ai pas de serviette rouge chez moi et qu'il a fallu que j'aille en acheter une rien que pour toi, pour satisfaire tes fantasmes ! ! "
Joy le regardait en rigolant. Elle n'était plus du tout honteuse. Elle se jeta au cou de Largo et l'embrassa fougueusement, avant de lui dire :
_Largo, je t'adore !
_Hé, fais gaffe ! Tu vas faire tomber ma serviette !
Joy le regarda, les yeux plein de malice.
_T'as pas compris que c'était le but recherché ? plaisanta-t-elle. (Oui, bon ok, on ne retrouve pas du tout la personnalité de Joy dans ce dialogue (quoique…), mais j'avais envie de changer un peu. Sinon on retombe toujours dans les mêmes choses, lol !).
_Tsss, fit Largo. Tu crois que je vais faire tomber ma serviette alors que toi, tu es encore toute habillée ? Tu rêves !
Il la prit dans ses bras, la souleva et la porta jusqu'à son lit. Ils s'embrassèrent longuement.
_Largo, on devrait pas être en train de bosser ? Il n'est que 16 heures !
_Mais je travaille ! se défendit Largo. Je travaille à notre relation !
_Ok, t'as raison, on va dire ça comme ça ! " acquiesça-t-elle avant d'embrasser à nouveau Largo en le plaquant sur le matelas. Elle enleva son débardeur et le jeta dans la pièce (ben oui, il fait chaud chez Largo !). Puis, elle commença à l'embrasser sur le torse (quand je vous dis que c'est une veinarde ! !). Jamais elle n'avait encore vu un corps aussi parfait ! Tout à coup, elle sentit les muscles de Largo se contracter et il la fit rouler pour qu'elle se retrouve à son tour allongée sur le dos. A la place qu'occupait Largo auparavant, il n'y avait plus qu'une serviette rouge abandonnée (Qui la veut ?).
Bon, j'arrête là, on va les laisser les deux, faut pas les déranger.
Appartement de Largo, 19 heures
Joy était blottie contre Largo sur le canapé. Elle avait rattroupé ses genoux contre sa poitrine et ses pieds nus reposaient sur le canapé.
" Joy, j'ai une idée pour jouer un mauvais tour à Simon, annonça Largo.
_C'est vrai ? Moi aussi j'en ai une. Elle lui expliqua ce qu'elle comptait faire.
_Mais c'est impeccable ça ! Ca rentre tout à fait dans mon plan. Mais oui ! On va s'amuser ! ! Largo à son tour lui dévoila son plan. Joy éclata de rire.
_T'es vraiment génial Largo ! Pauvre Simon !
(Vous aimeriez bien savoir ce qu'ils complotent ! ! Patience les amis !)
_N'empêche que Simon ou Sullivan doivent se demander où on est ! remarqua Joy.
_Mais non, moi ils savent où je suis, j'ai mis un écriteau à ma porte avec marqué : " Ne pas déranger, j'ai plein de papiers à faire aujourd'hui, j'ai besoin de calme. Largo ".
_Tu crois pas que t'exagères, Largo ? fit Joy amusée. De toute façon, personne ne te croira : toi, faire des papiers ? On aura tout vu. Enfin, ça ne leur dit pas où je suis, moi ! J'espère que Sullivan n'avait pas besoin de moi !
_On s'en fout ! Moi, j'ai besoin de toi, et comme c'est moi le patron, je passe en priorité ! Et arrête de te torturer l'esprit. On n'est pas bien là ?
_Bien sûr que si, mais je culpabilise un peu.
_Je t'interdis de culpabiliser, Joy ! Enfin, t'as peut-être raison, faudrait peut-être descendre au bunker voir ce qu'ils trafiquent.
_Oui, je pense aussi. On y va, mais dans une demi-heure. Pour l'instant, je préfère rester avec toi ! "
Le lendemain matin, appartement de Largo
Joy avait dormi chez Largo (enfin dormi c'est beaucoup dire ! !). Pour l'instant, ils s'habillaient et Joy s'apprêtait à aller chez Simon pour lui faire son petit-déjeuner. Bien sûr, elle allait lui faire un petit déjeuner spécial ! Par exemple, du café salé avec des œufs sucrés ! Miam miam ! ! !
Appart de Simon
Joy frappa à la porte de l'appartement de Simon. Elle entendit un vague " Entrez ", poussa la porte qui était restée ouverte et entra dans la chambre de Simon.
" Bonjour Simon ! Bien dormi ? demanda Joy en essayant de ne pas montrer sa jubilation intérieure (Comme c'est bien dit ! !).
_Oui, ça va. Mais tu aurais pu venir plus tard ! protesta Simon d'une voix encore endormie. Tu m'as réveillé ! Tu as une heure d'avance ! !
Joy feignant la surprise :
_C'est vrai ? Excuse-moi alors, je ne m'en étais pas rendu compte. Bon, je te prépare à déjeuner. Qu'est-ce que tu veux ? Des œufs sur le plat et du café, ça te va ?
_Oui, c'est parfait, dit Simon d'un air satisfait. "
Joy sortit alors de la chambre et se dirigea vers le coin cuisine de l'appartement. Elle prépara le café en tassant bien le café pour qu'il soit très fort. Puis elle s'attaqua aux œufs sur le plat. Elle oublia (presque involontairement ! !) de mettre du beurre dans la poêle, ce qui fait que le œufs se mirent à coller. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi, mais une vague odeur de brûlé s'éleva dans la pièce. Curieux ! Une fois le café terminé, elle le versa dans une tasse, puis elle ajouta un peu de poivre et une pincée de sel. Ensuite elle mit les œufs sur une assiette et, quelle étourdie ! , au lieu de les saler, elle versa du sucre dessus (je me demande si elle le fait pas exprès, lol !). Puis, elle disposa le tout sur un plateau qu'elle apporta à Simon.
" Bon appétit, Simon, s'exclama-t-elle. Elle avait beaucoup de mal à s'empêcher d'éclater de rire.
_Merci Joy, tu es un ange ! " complimenta Simon (Tu diras pas ça quand tu y auras goûté, Simon !)
Il prit sa fourchette et son couteau, coupa un morceau d'œuf (Aïe, aïe, aïe ! !) et le porta à son bouche. Il le recracha aussi vite.
" Joy, qu'est-ce que t'as fait, c'est immangeable !
_Qu'est-ce qui se passe, Simon ? demanda innocemment Joy (comme si tu le savais pas !).
_Ils sont sucrés, les œufs ! cria Simon.
_T'es sûr ? (c'est ça, prends le pour un imbécile aussi !). J'ai dû me gourer entre le sucre et le sel ! Je suis vraiment désolée (et hypocrite avec ça ! Joy, tu aggraves ton cas !).
_Mouais, fit Simon avant de porter à ses lèvres sa tasse de café, histoire de faire passer le goût des œufs sucrés. Il but une gorgée et expulsa tout aussi sec. S'en fut trop pour Joy, elle se mit à rire sans pouvoir s'arrêter. Simon lui jeta un regard qui tue.
_Tu veux jouer à ça, Joy ! Ok, je vais appeler Largo et Kerensky et je vais leur montrer la cassette. Je t'assure que tu rigoleras moins !
_Non, ne fais pas ça ! s'écria Joy en feignant d'avoir peur. C'était juste pour rire !
_Ouais, je suis plié, ironisa Simon. Bon, vas-t-en vite avant que je m'énerve. Et dans une heure, on se retrouve au bunker pour regarder la télé ! ! ! T'as intérêt d'être là ! "
Joy s'empressa de quitter la chambre et retourna dans l'appartement de Largo. Elle referma la porte derrière elle et éclata de rire. Elle mit quelques minutes avant de se calmer. Puis elle dit à Largo : " Mission accomplie ! Il était furax. Et j'ai remis la cassette à sa place.
_Bravo Joy ", complimenta Largo en lui déposant un baiser sur les lèvres. Au fait, j'en ai parlé à Kerensky aussi.
_T'as bien fait, répondit Joy. N'empêche que j'ai hâte de voir ce que tu as mis sur la cassette.
A ce moment, le téléphone de Largo sonna. Celui-ci répondit.
" Ok, ça marche. A dans une heure. " Largo raccrocha.
" C'était Simon ?
_Oui, approuva Largo. Il me dit de venir dans une heure au bunker. Il veut nous montrer la cassette, c'est ça ?
_Oui, et il risque d'être surpris !
_C'est clair ! "
Bunker, une heure plus tard
Largo et Joy pénétrèrent le bunker. Simon et Kerensky étaient déjà là. Simon tenait une cassette à la main et s'apprêtait à l'introduire dans un magnétoscope.
" Ah vous voilà ! fit Simon. Venez, installez vous. Largo et Kerensky, je vais vous montrer un enregistrement pris le soir de la réception au groupe W. Je préfère ne pas vous en dire plus, vous allez juger par vous même. " Il décocha un sourire ironique à Joy et démarra la projection. Il avait déjà appuyé sur lecture quand il s'aperçut que Joy n'avait pas l'air du tout en colère et qu'en plus elle s'était également installée devant l'écran. Il n'eut pas le temps de s'interroger davantage, une image était apparue sur l'écran. Le visage de Simon se décomposa d'un seul coup, il devint livide et essaya de couper l'enregistrement. Mais il n'y parvint pas : Kerensky avait déconnecté la commande de l'écran. On pouvait arrêter la projection seulement à l'aide de son ordinateur et il fallait en plus un mot de passe. Le bunker se remplit des rires de Largo, Joy et Kerensky :
''Sur l'écran, on pouvait voir Simon à l'époque où Largo et lui ne faisaient pas encore partie du groupe W. Il se trouvait dans un appartement où il y avait manifestement une fête de donnée. Tous les jeunes présents avaient l'air d'être bien éméchés. Simon se détacha d'un groupe et monta sur la longue table qui se trouvait au centre de la pièce. Tout le monde le regardait. Il commença à se trémousser, et enleva son tee-shirt qu'il fit tourner au dessus de lui avant de le jeter sur le sol. Ensuite il vira ses chaussures et son pantalon connut le même sort que son tee-shirt. Il se trouvait maintenant en caleçon moulant noir Calvin Klein (je parie que vous préféreriez que ce soit Largo…)'' En regardant la vidéo, Joy était complètement pétée de rire, elle n'en pouvait plus. Des larmes commençaient à lui couler le long des joues tellement elle riait. Simon, horrifié, essaya vainement de s'interposer entre la télé et les spectateurs, tandis qu'à l'écran, il achevait d'enlever son caleçon. Kerensky décida d'arrêter là la projection. Largo, Joy et lui continuèrent un moment à rire avant de pouvoir reprendre leurs esprits. Simon, lui, était devenu tout rouge et leur criait des menaces. Enfin, quand ils se furent arrêtés de rire, Largo prit la parole :
" Zen Simon, c'était pour rire ! Je te signale que Joy n'aurait pas plus apprécié que toi que tu nous montres la cassette de la réception.
_Comment veux-tu que je restes cool alors que vous venez de me voir dans la plus complète nudité. C'est humiliant !
_Et tu crois que ce n'aurait pas été aussi humiliant pour moi si tu avais montré la cassette où je suis bourrée? ? demanda Joy.
_Comment ? Toi bourrée ? s'étonna Kerensky. Quand ? Je veux voir ça !
_T'occupe ! " dit précipitamment Joy. Elle avait oublié que Kerensky n'était pas au courant pour la fameuse cassette.
Simon continua de protester pendant encore quelques minutes, puis le calme revint dans le bunker.
" Bon, allez, on se réconcilie ? proposa Joy à Simon. Je crois qu'on est à égalité maintenant.
_Ok, accepta Simon. Je ne vais pas faire le rancunier. "
Profitant que Largo et Kerensky étaient occupés à discuter, Simon demanda à Joy.
_Je voudrais savoir un truc : Largo, il avait l'air d'être au courant, il a vu la cassette ? demanda-t-il s'un ton espiègle.
_Ben oui, il l'a trouvé chez toi !
_Et ? ? ?
_Et ça ne te regarde pas, petit curieux. On a décidé de te retourner le piège, c'est tout !
_Ca, j'avais compris. Ce que je veux savoir, c'est… Enfin tu me comprends quoi !
_Non, mentit Joy.
_Bon, je vais y aller franchement alors : Est-ce que c'est vrai que le matelas de Largo, il grince ?
_Arrête Simon, dit Joy pliée. Tais-toi ! Ou alors je me fâche !
_Mais non, tu vas pas te mettre en colère ! Regarde-toi, tu te marres, tu es heureuse, ça se voit. Finalement, c'est un peu grâce à moi si vous en êtes enfin là ! ! !
Joy le regarda avec un magnifique sourire. Puis elle se dirigea vers Largo et, le prenant par le cou, l'embrassa tellement fougueusement qu'ils faillirent rouler à terre. Et… Vous vous souvenez du premier fantasme de Joy ?
Fin
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