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OINT DE VUE DE... (part 1) |
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| Note de l'auteur: Voilà un petit aperçu de ce que pourrait donner la suite directe de l'épisode... A écouter avec la piste n°21 de la BO. |
Dans New York
Kerensky marchait au hasard dans les rues. Il ne voyait pas ce qui se passait autour de lui, seulement ce qui se passait en lui. Il ruminait sa colère et sa tristesse, et les deux ne faisaient pas bon ménage. Il était extrêmement déçu aussi. Il s'était donné sans compter. Combien de nuits avait-il passé à rechercher des informations alors que les autres s'amusaient ? Ses pas le conduisirent jusque devant l'immeuble où il habitait. En entrant dans son appartement, il fut pris de nostalgie en voyant les cartons qu'il avait ramenés du bunker. Il se servit un verre de vodka et s'installa dans un fauteuil, laissant la bouteille à portée de main. Son appartement était sans âme, vide, sans décoration personnelle. Il ne se trouvait bien qu'au bunker. Il ne cessait de penser aux images qu'il avait vues, à la trahison dont il avait été la victime. Il savait que Simon n'était pas le coupable, mais Simon avait toujours été méfiant envers lui, bien plus que Joy. Joy Arden. Un léger sourire flotta quelques instants sur ses lèvres. Dire qu'ils avaient eu du mal à se défaire l'un et l'autre de leurs à-priori, et qu'au moment où ils formaient enfin une véritable équipe ils étaient séparés. Il aurait aimé garder des contacts avec elle. Avec elle et Largo. Largo qui se laissait entraîner dans des aventures rocambolesques qui parfois le suivaient jusque dans son bureau. Avec ironie, il pensa à Diana. Elle non plus n'était pas claire, et Largo la défendait. Giorgi avait perdu depuis longtemps l'habitude de veiller sur des êtres chers, et d'avoir quitté le bunker et tous ceux qui avaient fait son quotidien réveillait d'étranges sentiments. Il vida son verre et se resservait lorsque le téléphone sonna. Le répondeur s'enclencha aussitôt :
" Kerensky ? C'est John. John Sullivan. Mais enfin où êtes-vous ? Le bunker est dans un état épouvantable. Largo, Joy Arden et Simon Ovronnaz sont Dieu ne sait où ! Rappelez moi d'urgence ! "
Clic.
John Sullivan. Un étrange bonhomme tout dévoué aux Winch. Pardon, à Nerio Winch. Si Largo avait eu un domestique, ç'aurait pu être lui. Kerensky rit de cette comparaison et se resservit un autre verre. Ces hommes d'affaire ne lui manqueraient pas. Personne ne lui manquerait, sauf peut être Marissa. Mais il lui téléphonerait. Pas ce soir, mais bientôt. Quand il se serait calmé. Pour l'heure, il valait mieux qu'il sorte. Si Largo et ses chiens rentraient, ils le chercheraient chez lui en premier. Mais où aller ? Et rien n'indiquait qu'ils iraient à sa recherche. Au contraire, ils seraient soulagés. Il resta assis et décida qu'il resterait chez lui. De toute façon il pourrait toujours les accueillir. Il posa son pistolet à côté de la bouteille de vodka. Ses pensées revenaient sans arrêt à Simon, Simon qui se méfiait de lui, Simon qui mettait ses capacités en doute, qui vérifiait ses dires, qui avait monté Joy et Largo contre lui sans lui laisser une chance de se justifier.
Il avala le reste du verre cul-sec pour tenter d'endiguer le flot de pensées qui l'avaient assailli. Tous les petits riens qui ne l'avaient pas touché sur le moment lui revenaient en mémoire. Il se servit un nouveau verre. Il se rendit compte que Simon ne l'avait jamais apprécié. Qu'il était l'élément en trop. Simon avait Largo et Largo avait Joy. Mais lui n'avait personne, d'ailleurs à chaque fois il avait droit à un " Toi Kerensky tu restes ici. " Bien sûr, il n'avait jamais exprimé le souhait de retourner sur le terrain, mais il aurait souhaité les accompagner parfois. Le téléphone sonna à nouveau mais personne ne laissa de message. Et Giorgi continua à boire et à penser.
Lorsqu'il se réveilla ; il se demanda d'abord où il se trouvait. Il était affalé sur un bras du fauteuil. Il passa la main dans les cheveux et cligna des yeux plusieurs fois. La bouteille était vide. Il avait mal à la tête. Il regarda sa montre. Quatre heures du matin. Le répondeur clignotait et la lumière rougeoyante exacerbant le mal de tête de Kerensky, le décida à regarder qui avait laissé un message. Il chancela en direction du téléphone, et en passant, vit son reflet dans le miroir accroché au dessus du meuble de salon et ne se reconnut pas. Il avait les cheveux en bataille, les yeux injectés de sang. Il maugréa dans sa langue maternelle, attrapa le téléphone et retourna s'asseoir. Le message se mit à défiler et la voix de Largo emplit la pièce : " Giorgi, je ne sais pas ce que tu as vu ou su, mais je ne peux pas croire que tu nous aies abandonné. Tout à foiré, mon père,et Joy... ", la voix de Simon prit le relais : " Kerensky, elle est à l'hôpital. Je te dois des excuses et il faut qu'on se parle. S'il te plaît, viens. Si tu ne le fais pas pour Largo ou moi, fais le pour Joy. Elle a pris ta défense quand j'ai douté de toi, tu lui dois au moins ça. "
Kerensky resta plusieurs minutes immobile à écouter l'appareil rembobiner. Puis, sa décision prise, il alla se rendre une figure humaine et quitta l'appartement.
Largo fut le premier à apercevoir le russe. Il venait de sortir de l'ascenseur et semblait hésiter à se rapprocher. Il avait le visage défait et son manteau noir et ses cheveux lâchés n'arrangeaient pas les choses. Largo se morigéna, il n'était pas plus présentable. Il fit signe à Simon qui regardait par la fenêtre et tous deux vinrent à la rencontre de Kerensky. En les voyant arriver de front, Giorgi eût un mouvement de recul et se plaça en position défensive. Largo écarta les bras : " Giorgi, je t'en prie. "
Le russe coula un regard méfiant vers Simon. Largo avait tendu la main et Kerensky la lui serra avec force. Largo sourit franchement et lui donna une tape sur l'épaule : " Tu nous as manqué, tu sais ça ? "
" Ah ouais ? Il suffit pourtant que je ne sois pas là pour que ton ami me traite comme un traître. Pour un Suisse je trouve qu'il a vraiment une mentalité d'américain d'après guerre. "
Simon resta sans voix. C'était la première fois que Kerensky osait lui dire une chose pareille. Il préféra ne pas répondre, mis les mains dans les poches et s'éloigna devant le regard insistant de Largo.
Restés seuls, les deux hommes se jaugèrent du regard : " Giorgi. Simon est mon meilleur ami, je ne peux pas accepter votre comportement à tous les deux. Simon a fait une erreur, mais qui ne l'aurait pas faite ? "
Kerensky eut un demi sourire : " Tu veux vraiment le savoir ? Moi je ne l'aurais pas faite. J'ai joué franc jeu. J'ai descendu Jagger, j'étais sur une fausse piste. Tu voulais que je vienne te voir en te disant que j'étais sur la piste d'un type à qui j'ai collé une balle ? Tu l'aurais accepté ? "
Largo ne répondit pas tout de suite et jeta un coup d'il en direction de Simon. Kerensky poursuivit : " Tu veux que je te dise ? Au moins Joy a été franche dès le début, et les choses se sont bien passées. Mais Simon n'a pas été très correct. Et ça, ça me met franchement mal à l'aise. "
Largo le regarder droit dans les yeux et fut surpris de lire dans les yeux bleu glace de Kerensky ce qu'il interpréta comme de la tristesse. Le russe avait donc un coeur ?
" Giorgi, On n'est pas là pour ça. Joy a pris une balle de Jagger en me protégeant. Je ne sais pas comment elle va, les médecins sont toujours en train de l'opérer. "
Kerensky serra les poings et un fragment de seconde Largo vit son regard chavirer. Il allait de surprise en surprise. Le russe tourna les talons et se dirigea vers l'ascenseur.
" Giorgi ! Ou vas-tu ? Giorgi ! "
Kerensky se retourna et tout aussi froid qu'à son habitude regarda tour à tour Largo et Simon : " Je vais installer mes affaires au Bunker. J'ai du travail. Je dois retrouver un assassin et un kidnappeur. "
En arrivant au siège du groupe W, la première personne que croisa Kerensky fut Maryssa. Elle lui sourit avec bienveillance : " Je me suis inquiétée. J'ai cru que monsieur Winch n'arriverait jamais à vous convaincre de revenir. " Kerensky posa les mains sur les épaules de la jeune femme : " Même si j'étais parti, je ne vous aurai pas laissée sans nouvelles. " Il continua son chemin et pensa à Maryssa avec plaisir et tendresse. Ce n'est qu'une fois dans l'ascenseur qu'un doute le saisit : " Comment avait-elle su qu'il était parti ? Et que Largo lui avait demandé de revenir ? D'après ce qu'il avait pu voir, Largo et Simon étaient à l'hôpital depuis leur retour de Montréal. John n'était au courant de rien. Par contre Diana... Giorgi réfléchit. Oui, Diana aurait pu savoir. Largo lui avait certainement téléphoné pour tout lui raconter. En pensant à elle, Giorgi se sentit mal à l'aise. Depuis son arrivée, Diana avait toujours été du côté de Largo, et depuis, il était insupportable. Et Joy qui, il en était sûr ressentait des sentiments pour son patron
Il entra dans le Bunker et regarda son oeuvre. Il avait tout débranché, absolument tout. Son chez-soi ne ressemblait plus à rien et... L'attention de Kerensky fut retenue par un carton qui traînait là. Il était sûr d'avoir tout emporté avec lui quand il était parti. Prudemment, il s'approcha et donna un grand coup de pied dans le carton. Vide. Début de la paranoïa sans doute. Giorgi se mit au travail et quelques heures plus tard, le Bunker était à nouveau opérationnel. Ni vu, ni connu. Aussitôt, Giorgi entra les paramètres de recherche qui l'intéressaient. Deux choses le tarabustaient. Qui avait eu vent de leur virée à Montréal, et surtout, qui était vraiment Diana.
Entre temps, il avait décidé de chercher des micros éventuellement dissimulés dans le bâtiment grâce à un tout nouveau logiciel de recherche. Il en découvrit un, et ce, grâce à John Sullivan qui lui téléphona et fit réagir le programme.
" Kerensky ? Vous êtes là ? "
- Oui, ça en a tout l'air !
- Mais où étiez-vous passé ?
- Excusez-moi mais ça ne regarde que moi.
- Et Largo, où est-il ?
- Franchement je l'ignore.
- Tenez-moi au courant
- Sans problèmes.
Il n'écoutait déjà plus ce que lui racontait encore John. Sur le plan du building, tous les voyants signalant un micro s'étaient allumés. Il entreprit de décomposer la structure virtuelle du micro et put isoler chaque signal. Il remarqua que tous les signaux étaient liés et que dès qu'il en séparait un, celui-ci disparaissait. Il put ainsi remonter jusqu'à l'émetteur principal.
Il jeta ses lunettes sur la table et prit sa tête entre les mains. Au même moment, Largo et Simon entrèrent : " Tu sais Largo, j'ai toujours dit qu'elle, Giorgi ? "
Interdits devant le tableau qu'offrait le russe, ils s'arrêtèrent.
" Ca n'a pas l'air d'aller? ", continua Largo.
Giorgi prit une profonde inspiration : " J'ai trouvé la taupe. Je m'en veux, je n'ai pas été fichu de la trouver avant. C'est un micro qui s'attache aux fichiers de communication comme un virus et qui voyage sur le même principe. J'ai réussi à le neutraliser mais ça ne ramènera pas Joy. "
Largo fut touché de cette déclaration : " Giorgi, ton travail a toujours été excellent. Je sais que tu fais pour le mieux, mais personne n'est parfait. "
Simon n'osa pas intervenir. Il regrettait de plus en plus d'avoir mis Kerensky sur la touche. Non seulement son attitude avait failli être fatale à Joy, mais le russe semblait avoir été très affecté de ce manque de confiance.
Giorgi éteignit son programme et se leva : " J'ai besoin d'une pause. J'ai laissé des documents à ton intention Largo. A plus tard. " Il sortit.
Maryssa était toute excitée au bras de Giorgi. Il était venu l'inviter à dîner, prétextant l'effet de surprise lorsqu'elle lui avait objecté qu'elle n'était pas assez bien habillée pour sortir. Il l'emmena d'abord dans un bar tranquille où il commanda l'apéritif. Ils étaient assis côte à côté au comptoir. Kerensky prit la main de Maryssa et la regarda tristement.
« Maryssa. J'ai toujours été honnête avec vous. Je n'ai jamais voulu que vous courriez le moindre risque. C'est pour cette raison que je n'ai pas voulu que nous nous fréquentions. Mais cela ne m'empêche pas de ressentir des émotions pour vous. »
- Oh… Giorgi. Si vous saviez comme ces paroles me touchent…
Elle avait l'air sincèrement émue.
- Mais, chère Maryssa, je crains avoir été la victime d'une machination.
Ce disant, il avait resserré son étreinte et une lueur de peur passa dans les yeux de la jeune femme.
- Je vois que vous voyez de quoi je veux parler.
- Giorgi, vous faites fausse route…
- En êtes-vous sûre ?, lui demanda le russe avec un sourire mauvais.
Elle ne répondit pas de suite et lui serra la main avec force : « Giorgi, vous connaissez mes sentiments à votre égard. Je reconnais que lorsque vous m'avez dit que vous ne vouliez pas d'une liaison j'ai été déçue, mais pas au point de vous haïr. J'ai votre amitié, votre présence, je… »
Giorgi posa un doigt sur ses lèvres : « Maryssa, Maryssa, vous saviez que je découvrirai le micro. Pourquoi avez-vous cela ? »
Les yeux pleins de larmes elle répondit : « Je n'avais pas le choix. Ils m'ont forcée. Ils disaient des choses horribles… »
Kerensky secoua la tête : « Mais pourquoi ne pas me l'avoir dit à moi, ou à Largo, nous vous aurions protégée… »
- J'ai peur… Je ne suis pas seule dans le groupe. Ils auraient su. Ils ont préféré se servir de moi parce que j'étais proche de vous. Jagger, il voulait vous toucher…
Elle jetait des regards apeurés autour d'elle et Giorgi remarqua alors un homme seul, assis non loin d'eux, qui les regardait. Il prit le visage de Maryssa dans ses mains et l'embrassa. Trop surprise, elle n'eût pas le temps de réagir. Au moment où leurs lèvres se séparaient il lui murmura : « Il faut partir, nous sommes en danger. »
Il entraîna la jeune femme encore toute retournée. Il lui avait passé un bras autour des épaules comme un jeune amoureux.
En même temps il réfléchissait à l'endroit le plus sûr pour avoir une discussion. Il décida que le meilleur endroit où parler restait encore le siège du groupe W. Ils rentrèrent discrètement et se rendirent au bunker. Maryssa avait l'air plus rassurée. Ils s'assirent face à face et Giorgi attendit que Maryssa commence son histoire. Elle paraissait bouleversée :
« Je n'ai jamais eu beaucoup de chance. Mon père nous a laissées, ma mère et moi parce qu'elle se droguait. Elle s'est remise avec un homme qui m'a envoyée sur le trottoir quand j'ai été en âge. Je devais leur ramener de l'argent pour leurs doses. Vous imaginez les choses que j'ai faites… Je cachais une partie de l'argent, et quand j'ai eu assez, je me suis enfouie… J'ai choisi New York parce que c'était une très grande ville où je pensais qu'ils ne me retrouveraient pas. Je voulais une vie normale et surtout je voulais me donner une chance de me racheter de toutes les horreurs que j'ai faites… J'ai fait des petits boulots et le soir je prenais des cours de secrétariat. Un jour, Nerio Winch est venu à la cafétéria où je travaillais. Il m'a offert le poste que j'occupe encore maintenant. Mais en plus, il m'a demandé des informations, je devais l'aider à monter un dossier contre la Commission. Quand il est mort j'ai caché le dossier, je suis restée, et vous êtes arrivé… »
- Mais comment en êtes-vous venue à trahir le groupe ?
- Quelqu'un a su pour mon passé. Jagger est venu chez moi. Il m'a battue, il a dit qu'il allait tout raconté. J'en avais tellement honte ! Il a dit qu'il allait tout vous raconter et après vous tuer… Il m'a donné sa parole qu'il ne vous ferait aucun mal si je collaborais. Je n'ai pensé qu'à vous…
Elle se remit à pleurer.
Giorgi résista à l'envie de la prendre dans les bras et lui demanda avec plus de douceur de lui dire qui était leur ennemi au sein du groupe W.
« Quelqu'un en qui Largo a une confiance absolue et qui… »
Comme si elle avait été entendue, l'enfer s'abattit brusquement sur eux. L'un après l'autre les ordinateurs explosèrent projetant des éclats de métal dans toutes les directions. Giorgi avait tiré Maryssa au bas de son siège et avait dégainé son revolver. L'écran général explosa à son tour et de la fumée envahit la pièce. Tout ce qui était électronique explosait. L'alarme retentit au moment où des coups de feu furent tirés. La porte s'était ou avait été ouverte. Par réflexe Giorgi tira mais tout avait cessé. Des volutes de fumée sortaient des appareils et le système anti incendie s'était déclenché. Kerensky était debout derrière la table et contemplait l'étendue des dégâts. Il avança comme un zombie et découvrit la cible des tueurs. Maryssa baignait dans son sang. Giorgi tomba à genoux et la prit à bras le corps.
« Maryssa… pardon…Tout est de ma faute. »
Elle tenta de sourire et posa la main sur sa joue où elle laissa une traînée sanglante.
« Non Giorgi, non… Il a tenu sa promesse… J'ai été punie… Pas toi… »
Elle respirait par à-coups et Giorgi savait qu'elle allait mourir. Il déposa un baiser sur ses lèvres déjà froides.
« Maryssa… Il faut que tu me dises…
Ses yeux déjà fixes s'arrêtèrent sur lui.
« C'est… c'est…D… »
Ses muscles se relâchèrent, ses bras tombèrent le long de son corps et la lueur dans ses yeux s'éteignit. Elle n'était plus. Giorgi la serra très fort dans les bras et lui ferma les yeux. Personne ne semblait avoir remarqué l'alerte, ce qui signifiait que quelqu'un du groupe l'avait annulée sur le moniteur de sécurité générale. Il se releva et son visage redevint impassible. Il commença à remettre de l'ordre et dans la pièce et dans sa tête.
Largo, Simon et Diana portant Jake arrivèrent sur ses entre faits. Ils restèrent figés sur place en découvrant la scène macabre. Jake se mit à hurler. Largo et Simon étaient choqués. Simon perdit son sang froid : « C'est comme ça que tu règles tes affaires personnelles ? Mais t'es un vrai malade ! »
Sarcastique, Giorgi lui répondit du tac au tac : « Bien sûr et pour être sûr que je ne rate pas ma cible, j'utilise des mitraillettes et dans la foulée je bousille tous mes appareils. »
Giorgi se jeta sur lui avec une telle violence que Simon ne put réagir. Il se retrouvé plaqué au mur, le bras de Giorgi lui écrasant la gorge.
« Ecoute moi bien petit mariole. Tes sous-entendus me fatiguent, alors un conseil : évite de m'énerver ces prochains temps, je suis légèrement à cran. Ah, et autre chose, je n'ai jamais vu quelqu'un se relever avec une balle tirée à bout portant dans la nuque. »
Il relâcha Simon et recula. Simon se frotta la gorge et retourna auprès de Largo et Diana. Largo paraissait agacé.
« Vous n'arrêterez donc jamais ? Je n'aime pas ça mais Simon a raison pour un point. Tu aurais pu nous alerter. Faire quelque chose ! Au lieu de ça, on arrive ici et qu'est ce qu'on trouve ? Un cadavre et toi qui fais le ménage ! Bon sang, tu te rends compte du choc, et je ne te parle même pas de nous, mais de Jake ! »
Kerensky sourit méchamment : « Excuse moi Largo, mais le bunker était notre QG à nous quatre Simon, Joy, toi et moi. Il me semblait que c'était un endroit secret, or ces derniers temps, mademoiselle j'amène les ennuis et son fils squattent sans arrêt sans parler d'une espèce de troupe d'élite qui vient faire le ménage. On a déjà trouvé mieux comme base secrète. »
Simon dut retenir Largo, prêt à le frapper : « Kerensky, va t-en, cette fois tu as dépassé les bornes ! Va t-en ! »
Giorgi leur fit une révérence : « Avec plaisir. Je ne resterai pas avec un patron qui fait le joli cœur avec un traître de la pire espèce. » Et se tournant vers Diana : « En Russie vous seriez déjà morte et votre fils avec vous pour éviter qu'il ne suive plus tard votre exemple. Il n'y a que les américains pour tolérer quelqu'un dans votre genre. »
Il prit le corps de Maryssa dans les bras et quitta la pièce, laissant Largo furieux, Simon perplexe et Diana qui le regardait avec haine.
Giorgi s'était installé dans le parc, juste en face de l'hôpital. Assis sur un banc, son portable sur les genoux, il surveillait les appels en direction du groupe W tout en réfléchissant sur la conduite à tenir. Jamais Largo n'accepterait la réalité, et pourtant, il n'aurait pas le choix. Giorgi avait laissé son chagrin de côté pour se consacrer entièrement à cette affaire. Tant que Diana le croirait hors du coup, elle se sentirait rassurée et serait moins prudente. Mais seul, Giorgi avait peu de chances de la confondre… Il avait besoin de quelqu'un d'assez proche mais qui ignorait ce qui c'était passé récemment. Il tourna la tête vers l'hôpital. Joy était la seule, mais il fallait qu'il soit le premier à lui parler. Une fenêtre s'afficha sur l'écran. L'hôpital venait de téléphoner au groupe W. il éteignit et rangea le portable et se rendit directement à l'accueil de l'hôpital qui le dirigea vers le service de réanimation. En arrivant, il ne perdit pas une seconde et se renseigna auprès d'une infirmière qui l'informa que Joy avait repris connaissance. En insistant, une visite lui fut accordée.
Joy le regarda en souriant lorsqu'il entra dans sa chambre, et lorsqu'il l'embrassa sur le front, il la vit se troubler.
« Tu m'as fait peur petrouchka. »
Il prit une chaise et s'installa à côté d'elle. Il lui demanda de l'écouter et de ne pas l'interrompre.
« Je ne fais plus partie de l'équipe. Largo m'a foutu dehors. J'ai découvert que Maryssa avait posé le micro. Je ne connais pas son rôle exact mais elle ne nous gênera plus. Elle a été abattue. Dans le bunker. Avant de mourir, elle m'a donné le nom de la personne responsable de nos ennuis. Ca risque de t'amuser. Cette chère Diana est mouillé jusqu'au cou dans cette affaire et en plus c'est elle qui lançait les opérations. C'est ça qui a rendu Largo fou… Je n'aurais pas dû lui annoncer aussi froidement… Bref, j'ai besoin de toi Joy, je dois rassembler des preuves. Largo est en danger, mais ça tu t'en doutais… Je n'ai pas beaucoup de temps, mon seul atout c'est que tout le monde me croit loin. Je ne te demande pas de croire tout ce que je viens de te raconter, mais simplement de me faire confiance…Tu veux bien ? »
Joy paraissait secouée.
« Il faut que j'y réfléchisse Giorgi. Où est-ce que je pourrai te joindre ? »
Kerensky lui donna le nom d'un salon de thé russe puis embrassa Joy. « Prends soin de toi, petrouchka. Tu es la seule personne capable de protéger Largo de lui-même. »
Sur cette phrase sibylline il quitta la pièce. Juste à temps, Largo et Simon sortaient de l'ascenseur.
« Largo, regarde ! On dirait Kerensky ! », s'exclama Simon en voyant une silhouette aux cheveux blonds partir dans le couloir.
« Giorgi ! » appela Simon. « Largo ! Va voir si Joy va bien, moi je le rattrape ! »
Simon s'élança au moment où Kerensky s'engageait dans l'escalier. Le russe avait reconnu la voix de Simon et ne tenait pas tellement à lui parler. Il descendit l'escalier en courant, se hâta à l'accueil et tournait au coin d'une rue lorsque Simon arrivait à l'entrée. Lorsque le suisse arriva à l'angle des deux rues, Kerensky avait déjà disparu.
Part 2
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