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De retour au Bunker, Georgi affichait un air soulagé. " Un souci en moins " pensa Simon. Largo était terriblement inquiet. Et Joy se rongeait les sangs. Le Russe s'assit à la table et regarda d'un air morne son ordinateur avant de lâcher quelques mots : " Je ne sais pas quoi faire. " - Les kidnappeurs veulent échanger les documents contre Leena. Dit Joy - Qu'en penses-tu ? demanda Largo - Si je m'écoutais, je leur donnerai ce qu'ils veulent. - Le problème, dit Georgi en se passant une main dans les cheveux, c'est que c'est Fyorentina qui a les documents, et dans son état je ne sais même pas si elle sait encore où ils sont. - Alors ? - Il faut retrouver Leena, convaincre Fyora de nous donner les documents. - Georgi ? dit Simon. - Oui ? - Tu te souviens de ton enquête en France ? Tu sais juste quand Leena a débarqué, tu avais trouvé quelque chose. - Oh bon sang, comment n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Kerensky se jeta sur son ordinateur et des images apparurent aux écrans. Un château, trop bien gardé. " Une chance sur 10 qu'elle soit là mais ça vaut la peine de vérifier. " Les membres de l'Intel Unit se regardèrent. Une lueur d'espoir venait d'apparaître dans leurs yeux.
Une ombre se déplaçait dans les ruelles sombres. Une ombre vêtue d'une cape noire. Et qui parlait pour elle. La voix était féminine, et très agréable à entendre. De temps à autre, elle était interrompue par une toux qui la faisait se plier en deux. Elle se redressait rapidement et recommençait sa litanie. Un témoin averti aurait pu reconnaître un poème :
Voyez ! c'est nuit de gala
Depuis ces dernières années désolées !
Une multitude d'anges, ailés, ornés
De voiles, et noyés dans les larmes,
Est assise dans un théâtre pour voir
Un drame d'espérances et de craintes
Pendant que l'orchestre soupire par intervalles
La musique des sphères.
Elle erra dans les rues avant de retrouver son chemin. Le building du groupe W s'élevait dans la nuit. Elle fut parcourue d'un frisson glacé en se remémorant les souvenirs tragiques qui s'étaient déroulés au même endroit. Prestement, elle monta à sa chambre. Elle se demanda quoi faire et fut à nouveau terrassée par une quinte de toux. Elle se regarda dans le miroir.
" Fyorentina ma fille, tu as fait une belle connerie… "
Elle avait les traits tirés, des cernes sous les yeux, résultat de sa fugue prématurée. Elle prit son sac, qu'elle n'avait pas défait. Rangea les documents qu'elle avait gardé en sa possession près de son cœur. Elle était prête. Il fallait qu'elle disparaisse. Si tout se passait comme prévu, la Commission risquait d'avoir une bien mauvaise surprise dès le lendemain. Elle sourit méchamment, et empoigna son sac. Elle sortit aussi discrètement qu'elle était rentrée, résistant à l'envie débordante qu'elle avait d'aller voir Georgi. Elle se consola en se récitant à elle-même :
Des Mimes, faits à l'image du Dieu très haut,
Marmottent et marmonnent tout bas
Et voltigent de côté et d'autre ;
Pauvres poupées qui vont et viennent
Au commandement de vastes êtres sans forme
Qui transportent la scène ça et là,
Secouant de leurs ailes de condor
L'invisible Malheur !
Le billet était encore valable, elle devrait pouvoir l'échanger sans peine. Elle avait un vol direct dans trois heures. Trop juste pour la rattraper. Trop court pour tout comprendre. Peut être écrirait-elle à Georgi. Pour lui expliquer. Peut être disparaîtrait-elle. Le mieux serait que l'avion n'atterrisse jamais. Etait-ce trop demander ? Oui peut-être. Mais cela était vrai.
Comme elle l'avait prévu, elle prit l'avion quelques trois heures plus tard, et regardant par le hublot, se mordit la lèvre inférieure. Jamais elle n'était partie sans dire au revoir à ses amis… à ceux qui lui étaient chers… Elle soupira et ferma les yeux. Elle serait bientôt rentrée chez elle, et pourrait se reposer. Elle ne risquait rien…
La sonnerie résonna comme une alarme dans le bunker. Simon fut le premier à se jeter sur le téléphone :
" Allo ? "
Il n'ajouta rien d'autre, et il raccrocha sans avoir dit un seul mot. Trois paires d'yeux le regardaient.
" Fyorentina s'est enfuie de l'hôpital. "
Largo se leva :
" Désolé Georgi mais la priorité est Leena. On ne prend pas le risque de perdre du temps à retrouver Fyora, on investit la planque de la Commission. "
Joy acquiesça. Le Russe n'avait rien laissé paraître et d'une voix très calme répondit :
" Je suis 100% avec vous, mais si vous le permettez, j'aimerais être de la partie comme lorsque vous avez délivré Monique. "
" Accordé. " dit Largo avec un petit sourire. " Rendez-vous dans deux heures à l'aéroport. Soyez prêts. "
Il quitta la pièce, laissant Simon, Joy et Georgi. Aucun ne fit de commentaires, ils vaquaient, chacun dans leur coin et préparaient leurs affaires.
A Luynes dans le château de la commission
Leena était à moitié consciente mais ne sentait plus du tout son corps. Elle entendait des voix autour d'elle qu'elle ne connaissait pas et n'arrivait pas à ouvrir les yeux pour pouvoir distinguer à qui elles appartenaient. Elle se sentait si faible.
Voix de femme : " Si vous persistez à lui administrer autant de drogues, elle mourra dans les 48 heures à venir. En tant que médecin je ne peux que désapprouver ce que vous faîtes ".
Voix d'homme : " la commission ne vous paie pas pour avoir votre avis mais pour que vous la mainteniez en vie encore le temps de récupérer les documents ".
Voix de femme : " Bien dans ce cas j'arrête les drogues car si vous ne récupérez pas les documents dans les deux jours, je ne garantis plus rien. De toute façon, vu l'état de faiblesse dans lequel elle se trouve, elle n'est pas bien dangereuse ".
Voix d'homme : " faites comme bon vous semble mais je ne veux pas de problèmes ".
Leena avait entendu, malgré son état, une partie du dialogue. La seule chose qu'elle retenait c'est qu'elle allait mourir…enfin, Georgie serait libéré et pourrait être heureux avec Fyora. Cette idée la rendait sereine et elle n'avait pas peur de la mort. Son seul regret serait de ne pas lui avoir dit qu'elle l'aimait mais vu les circonstances c'était mieux ainsi, il l'oublierait plus vite…
La bombe explosa et sonna l'alarme dans le château. " Mais qu'est ce qui se passe ? " hurla quelqu'un. " Qui a pu entrer ? " dit quelqu'un d'autre. Des pas résonnèrent dans les couloirs. " C'est ça courez. " Fyorentina sortit de son renfoncement et avança sûre d'elle dans le couloir. Cette fois, elle allait réussir. Joy, Largo, Simon et Georgi étaient cachés non loin du château et se demandaient encore comment entrer lorsque la première bombe explosa, brisant les vitres des hautes fenêtres. Ils se regardèrent ne sachant que penser. Simon proposa de foncer et de profiter de la surprise. " Tu sais où peut être Leena ? " demanda Joy à Georgi. " Non, malheureusement, je n'ai pas eu le temps de me procurer les plans du château. " " Ca craint. " dit Simon. " On fera sans. On n'a pas le choix. " La voix de Largo était calme et posée. Il était décidé. " Bon, alors on y va ? " Ils s'élancèrent et entrèrent sans problème dans le château. D'autres charges explosèrent, semant la panique. " J'aurais cru que les membres de la Commission seraient mieux disciplinés " remarqua Joy. " Je crois qu'ils sont dépassés ". dit Largo. " Tu sais qui a pu faire le coup ? " demanda Simon. " J'ai bien ma petite idée… " murmura Georgi. Ils étaient entrés dans le bâtiment principal et décidèrent de se séparer en deux groupes. Simon et Kerensky, Joy et Largo. Simon se mordait les lèvres. Il avait l'occasion, mais ne savait vraiment pas quoi faire. Parler, se taire ? Il décida de parler, mais au moment où il ouvrait la bouche, Georgi faisait feu. Trois hommes gardaient un petit couloir et le russe n'attendit pas qu'ils dégainent pour les abattre. Simon le regarda médusé. " Depuis quand tu tires sans sommation ? " " Depuis que la femme que j'aime est en danger. " Simon était soufflé. Mais il ne dit rien, et se promit de se tenir à carreau. L'ex agent du KGB ouvrait les portes l'une après l'autre. Enfin, il trouva la bonne. La femme fut assommée avant qu'elle n'aie eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. " Ah ben je vois que tu restes galant malgré tout… " plaisanta Simon en refermant la porte derrière lui. Georgi était au chevet de Leena, endormie sur un grand lit à baldaquin. Simon la trouvait très belle dans le rôle de la Belle au Bois Dormant et il envia Georgi. Il avait bien de la chance. La danseuse était vraiment… Il soupira discrètement. " Elle a été droguée. " " Ok je préviens Largo. " C'est Joy qui répondit : " Vous en êtes où ? " " On a retrouvé Leena et vous ? " " On a retrouvé Fyorentina. " de surprise, Simon faillit lâcher le téléphone. Devant l'air interrogatif de Georgi il s'efforça de se montrer rassurant : " c'est rien ", chuchota t-il. " Qu'est ce que tu dis ? " " Ouais, Fyorentina est ici, et elle a décidé de s'offrir un joli feu d'artifice. " " Ok, message reçu. " Simon raccrocha et se tourna, un grand sourire aux lèvres. " Kerensky ? J'espère que tu aimes la course à pied. On est dans une bombe géante. TOUT VA SAUTER !!!!!! " Complètement pris au dépourvu, le russe resta immobile un quart de seconde, puis saisit Leena dans les bras et s'élança avec Simon en direction de la sortie. Joy et Largo assistaient au spectacle le plus étrange de leur vie. Les membres de la Commission étaient à la merci d'une ombre noire qui tenait un paquet de feuilles dans la main. Elle était debout face aux membres influents du groupe. Largo en avait reconnu certains, et il en eut froid dans le dos. Elle se tenait dans un coin de la pièce, et rassemblés en arc de cercle autour d'elle se trouvaient des hommes et des femmes dont le visage était crispé. Elle tenait une bougie allumée d'une main et des papiers de l'autre et menaçait d'y mettre le feu. Joy et Largo regardaient la scène, persuadés de son issue fatale. " Que voulez-vous en échange ? " " Rien. " Joy soupira. Elle avait parié sur Fyorentina et fut presque agacée de voir qu'elle avait eu raison. La jeune femme était complètement folle, il n'y avait pas d'autres raisons à sa venue dans le château. " Comment elle a su, pour le château ? " chuchota Joy à Largo. " Je n'en sais rien. On lui demandera si elle s'en sort. " " Comment ça rien ? Pourquoi êtes vous là ? " " Pour que cette histoire se termine. " " Donnez nous ces documents. " " Jamais. " Elle mit le feu aux papiers. Aussitôt, ce fut la folie. Tout le monde se rua sur elle. Joy et Largo intervinrent à ce moment, tirant sur les plus dangereux. Une déflagration retentit. Aussitôt la panique se saisit de certains des membres qui s'enfuirent en désordre. Joy et Largo remarquèrent la disparition de Fyorentina alors que les derniers fuyaient hors de la pièce. " Qu'est ce qu'ils savent que nous ignorons ? " Joy regarda Largo d'un air navré. " Tu m'écoutes quand je te parle ? Je t'ai dit que Fyorentina avait truffé le château d'explosifs et qu'elle ferait tout sauter une fois qu'elle serait dehors. " Un silence. " Tu crois qu'elle est sortie ? " Ils se ruèrent vers la porte et descendirent quatre à quatre l'escalier alors que derrière eux résonnaient les échos des premières explosions. Ils coururent à perdre haleine et rejoignirent Georgi, Simon et Leena, toujours endormie. Simon était fou de joie. " Bon sang vous m'avez foutu les boules. Regardez moi ça ! " Le château était la proie des flammes. " Tu crois qu'ils s'en sont sortis ? " demanda Largo à Joy. Elle haussa les épaules. " La mauvaise herbe ne meurt jamais. " " Et Fyorentina ? Qu'est ce qu'elle faisait là ? " Joy lui jeta un regard indéchiffrable. " Je crois qu'elle nous a rendu service. Même si nous avions délivré Leena, la Commission ne nous aurait jamais laissés tranquilles. En brûlant les documents, elle a écarté la menace qui pesait sur Leena, et sur nous aussi. Mais tu ne m'ôteras pas de l'idée que cette fille est complètement jetée. " Largo ne dit rien. Il regardait Kerensky qui tenait Leena dans les bras. " On rentre ? ", proposa Simon. La jeune femme souffrait beaucoup. Cette opération avait été un franc succès. Elle avait adoré placé les explosifs. Elle l'avait fait en un temps record, et sourit, se félicitant elle-même. Elle était libre à présent. Elle rentrait à la maison. Elle allait recommencer sa vie, loin de tous ceux qui lui avaient fait du mal. Elle ne regretterait personne. Elle sombra dans le sommeil, satisfaite.
Durant tout le voyage qui les ramenait vers les Etats-Unis, Georgi Kerensky n'avait pas quitté Leena des yeux et restait le plus près possible d'elle en lui tenant la main. Mais elle demeurait inconsciente et toute l'équipe était inquiète.
Largo à voix très basse à Simon: " Tu ne crois pas qu'elle aurait dû se réveiller, vu la façon dont nous l'avons secouée dans notre fuite ? "
Simon: " Je ne sais pas mais ils l'ont bien droguée ces salauds ! "
Joy: " Georgi ! Il faut que tu te reposes, tu ne peux rien faire de plus pour l'instant et on est là pour veiller sur elle. Ça fait des jours que tu ne dors plus et à ce rythme tu ne tiendras pas longtemps. Ce n'est pas le moment d'être malade car Leena a besoin de toi. "
Kerensky ne voulait pas l'entendre, mais il sentait qu'elle aussi avait besoin d'une réponse. S
Georgi : " Mais regarde ! Elle a l'air si fragile et on ne sait même pas depuis quand elle est inconsciente. "
Joy : " Elle a été droguée et tu connais tout comme moi les effets de ce genre de produits. Ne t'inquiète pas je suis sûre que ça va aller. Donne-lui le temps ! Va te reposer au fond du jet, je vais prendre soin d'elle. "
Largo : " Ça sûrement pas ! Tu es pratiquement aussi épuisée que Georgi. Je te ferais remarquer que, toi non plus, tu ne dors pratiquement pas depuis l'enlèvement de Leena. Simon et moi allons nous occuper d'elle. Allez vous reposer tous les deux. "
Joy : " Mais… "
" Sans discuter !…c'est moi le patron non ? " répliqua Largo d'un ton autoritaire, avec un petit sourire.
Georgi et Joy se regardèrent et décidèrent d'obtempérer. C'est vrai qu'ils étaient tous deux complètement épuisés et dormir un peu ne leurs ferait pas de mal.
Ce qu'ils firent jusqu'à leur arrivée à New York.
~~ooOoo~~
Ils étaient tous les quatre dans la salle d'attente de l'hôpital où avait été transportée Leena à leur atterrissage et ils attendaient déjà depuis deux heures. Enfin, un membre du personnel s'approcha d'eux. C'était le médecin. Ils se levèrent d'un seul bond.
Georgi : " Comment va-t-elle ? "
Médecin : " Elle a réagit au produit que nous lui avons injecté, et c'est bon signe. Mais la dose de calmants était très forte, et sa constitution assez faible la dessert… Mais je vous rassure, d'ici 48h au plus tard, elle devrait être réveillée… "
A ces mots ils soufflèrent tous de soulagement et remercièrent le médecin.
Largo : " Docteur, pouvons-nous la ramener au sein du groupe W? "
" Je préfère la garder en observation les prochaines 24H00, et si tout va bien, vous pourrez la ramener chez vous. " Leur dit le médecin avec un sourire d'encouragement.
Georgi revivait en entendant cela.
Il décida de rester toute la nuit à la veiller et il fut inutile d'essayer de l'en dissuader. Une infirmière lui apporta un siège un peu plus confortable afin qu'il soit mieux installé. Ses amis rentrèrent au groupe. Ils repasseraient plus tard afin de s'assurer que tout va bien.
Joy : " Tu es sûr de ne pas vouloir que je reste avec toi Georgi ? "
Georgi : " Merci Joy mais non. j'ai besoin de me retrouver un peu seul avec elle.
Et puis tu as besoin de te reposer toi aussi. A plus tard. "
Joy mettant une main sur son épaule : " Tu verras, tout ira bien maintenant ! "
Puis ils quittèrent tous les trois la salle d'attente en laissant leur ami.
Georgi s'installa dans la chambre de Leena. Il la regardait dormir. Comme elle était belle… Comme il avait hâte que ses beaux yeux s'ouvrent de nouveau sur lui…
De temps en temps Leena poussait un soupir ou bougeait un peu, ce qui laissait supposer qu'elle commençait à émerger doucement du marasme nébuleux dans lequel elle s'était trouvée quelques heures auparavant.
Georgi se mit à penser à Fyorentina. Il était clair que sans son intervention à Luynes ils étaient très mal partis. Une fois de plus, elle lui avait sauvé la mise et il n'avait même pas pu la remercier. Il se rendait compte des risques qu'elle avait pris pour lui et se demanda si elle en avait conscience ou si elle avait agis sous l'emprise du désespoir. Il était incapable de répondre. Et se promit de la retrouver. Quand tout irait mieux. Alors ils pourraient parler.
Il la connaissait aussi suffisamment pour savoir qu'elle devait se cacher quelque part. Avec toutes les blessures, tant physiques que morales qu'elle avait subies ces derniers temps, il était évident qu'elle n'était pas prête à reprendre contact avec lui de suite. Mais il lui écrirait une longue lettre pour lui parler, lui dire combien il tenait à elle, qu'elle était sa seule famille et qu'il tenait à ce qu'elle reste dans sa vie. Elle devait être en Belgique ou en Sicile… Mais il la trouverait.
Il sombra tout doucement dans un état de somnolence en serrant la main de Leena dans la sienne.
Le lendemain, il fut réveillé par un mouvement de Leena. Elle le regardait de façon étrange. Il sentit son cœur bondir dans sa poitrine, elle était réveillée.
Leena doucement: " Georgi mon amour, ça y est ? Je suis morte ? "
Georgi riant et sentant une larme couler le long de sa joue en même temps : " Morte ? non ma chérie, oh non tu n'es pas morte ! Je n'aurais jamais permis que ça arrive ! "
Il se pencha pour déposer délicatement un baiser sur ses lèvres en réalisant qu'elle l'avait appelé " mon amour ".
Son cœur battait la chamade car c'était la première fois qu'elle montrait officiellement par ce détail qu'elle l'aimait. Il était comblé…
Leena avait visiblement du mal à comprendre : " Mais j'ai entendu tu sais, ils voulaient me tuer… "
Georgi : " Chut ! c'est fini maintenant ! je te promets que tu ne risques plus rien. Je suis là… "
Leena serra sa main et se rendormit, un sourire serein flottant sur ses lèvres…
~~ooOoo~~
Elle eu toutes les explications qu'elle souhaitait des derniers événements une semaine plus tard à l'occasion d'un dîner qui réunissait le cercle d'intimes dans l'appartement de Largo.
Elle fut attristée d'apprendre le départ de Fyora et soulagée d'apprendre que les documents étaient définitivement détruits.
Toute la semaine s'était déroulée avec des moments savoureux entre amis et la reprise de son entraînement de danse. Georgi s'était personnellement chargé de re-sécurisé l'étage du studio et cette fois il était aussi inviolable que le bunker.
Il était un peu distant avec la jeune femme car il voulait qu'elle prenne le temps de venir vers lui. En effet depuis son réveil définitif il n'avait plus reparlé de leur relation et de toute façon il ne voulait pas la brusquer.
De son côté Leena se demandait pourquoi Georgi ne lui disait plus qu'il l'aimait et le doute s'immisçait en elle…
~~ooOoo~~
Ce soir là, quand Georgi la raccompagna jusqu'à l'appartement, leurs yeux brillaient étrangement.
Etait-ce le champagne qu'ils avaient bu chez Largo ?
Une fois dans l'appartement de Leena, Georgi fit un rapide tour des lieux comme à son habitude depuis son enlèvement, afin de vérifier que tout était en ordre. Cela ne se justifiait plus vraiment, vu que les documents étaient détruits, il y avait peu de chance que la Commission s'attaque de nouveau à elle.
Mais pour Georgi c'était un moyen de voler quelques instants supplémentaires près d'elle avant de retourner dans l'appartement voisin.
Leena n'était pas vraiment dupe et ce soir elle sentait qu'il fallait qu'elle fasse le premier pas.
" Je trouve que tu n'es pas un très bon garde du corps Georgi … " lui dit-elle avec son air espiègle.
Georgi voyant qu'elle plaisantait lui répondit sur le même ton :
" Vraiment Mademoiselle n'est pas satisfaite de mes services, j'en suis navré. Et que devrais-je faire pour que Mademoiselle se sente en sécurité ? "
Leena toujours espiègle : " Oh…et bien déjà tu devrais être beaucoup plus près de moi… "
Georgi se rapprochant volontairement à un mètre de Leena : " Comme ceci ? "
Leena : " Non ça ne va pas du tout…toujours trop loin. "
Georgi : " Oh !!!et comme cela ? "
Leena se rapprocha jusqu'à être tout proche de lui : " C'est beaucoup mieux comme ça ! "
Georgi se gardant bien d'esquisser le moindre geste mais la regardant avec désir : " Hummm…mademoiselle a raison c'est beaucoup mieux comme ça… "
Leena dont le souffle était tout près de son visage: " J'ai très peur le soir toute seule quand tu repars… " lui dit-elle avec un petit sourire…
Georgi la voix rauque: " Vraiment ? "
Leena : " Oui vraiment et je crois que la seule solution est que tu restes avec moi… "
Georgi : " Leena ! si tu continues ce petit jeu je ne réponds plus de moi… "
Leena passa ses bras autour de son cou : " Tant mieux car, en fait, je ne joue pas…Georgi, je t'aime et j'ai envie de toi… "
Elle se leva sur la pointe des pieds et ils plongèrent dans les yeux l'un de l'autre afin de chercher une certitude, une confirmation des sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre.
Georgi : " Tu es sûre ? "
Leena : " Pour la première fois depuis longtemps je n'ai jamais été aussi sûre de moi. "
Alors Georgi se pencha vers elle : " Ma ballerine, il fut si long le chemin jusqu'à toi… "
et il l'embrassa passionnément.
Il la souleva comme une plume dans ses bras et se dirigea vers la chambre.
Arrivé près du lit il la déposa avec délicatesse et s'allongea près d'elle. Tout deux recommencèrent à s'embrasser doucement puis de plus en plus passionnément.
Les caresses s'ajoutant aux baisers, ils se déshabillèrent tout en continuant à assouvir le besoin qu'ils avaient de se toucher, de se caresser et laissèrent tous leurs sens s'embraser…
Ils passèrent ainsi une bonne partie de la nuit à assouvir le désir qu'ils avaient l'un de l'autre et le petit matin les surpris, endormis et enlacés, sous la couette…
Le jour n'était pas levé depuis longtemps quand Georgi se réveilla.
Il avait un bras sous le cou de Leena et l'autre au-dessus d'elle. Sa jambe emprisonnait les siennes et la retenait prisonnière près de lui. Il la regarda…ses lèvres, très légèrement entrouvertes, appelaient le baiser qu'il mourait d'envie de lui donner. Mais il n'osa pas de peur de la réveiller.
Elle était complètement abandonnée dans ses bras et totalement vulnérable. Une grande bouffée d'orgueil et de fierté l'envahit. Il était si fier et heureux de l'aimer. Que cet amour soit partagé le comblait au-delà de toute espérance ! Leena lui redonnait le goût et la joie de vivre. Elle était la vie à elle toute seule…
Il se demandait ce qu'allait devenir leur relation, tout en savourant l'instant présent. Ils avaient déjà traversé tellement d'épreuves qu'il refusait de se projeter dans l'avenir.
Elle bougea légèrement et ouvrit tout doucement les yeux. Elle croisa le regard de Georgi qui lui souriait. Elle lui sourit en retour et refermant les yeux elle lui murmura :
" Bonjour mon espion-garde du corps préféré "
" Hummm..on dirait que mademoiselle a l'air satisfaite de mes services cette fois…"
Toujours souriante et ouvrant les yeux Leena lui répondit :
" Plus que satisfaite…"
Georgi la serra contre lui et commença à l'embrasser. Elle lui rendit son baiser avec passion.
Un baiser, une caresse, en appelant d'autres, de nouveau ils s'enflammèrent comme si la nuit qu'ils venaient de vivre n'avait été qu'une simple répétition…
Vers 10H00 quand Georgi débarqua dans le bunker Simon et Joy étaient déjà en train de travailler.
" Ben y en a qui s'en font pas à ce que je vois ! " L'accueillit Simon avec un petit sourire narquois, tout heureux pour une fois d'être arrivé avant lui et de pouvoir le lui faire remarquer.
Kerensky un peu troublé éprouva pour une fois le besoin de se justifier face à Simon ce qu'il n'aurait jamais fait à un autre moment :
" Je devais passer à mon appartement pour prendre quelques affaires ce matin et…"
Le téléphone se mit à sonner au même moment ne lui laissant pas l'occasion de terminer sa phrase et Joy décrocha.
" Bonjour Leena ! Tu n'es pas en haut en train de travailler ce matin?… …..oui………d'accord………ça marche !….à toute à l'heure……. "
et elle raccrocha le sourire aux lèvres. Elle reprit son travail sous le regard insistant de Georgi et de Simon qui attendaient qu'elle leurs en dise plus sur ce coup de fil.
" Quoi ?… " dit-elle croisant leurs regards interrogatifs.
" que voulait Leena ?… " lui demanda Simon au grand soulagement de Georgi.
" Rien de spécial, elle veut que je l'accompagne pour faire du shopping dans la journée "
Ce n'était que cela. Georgi respirait. C'était idiot, ses amis connaissaient parfaitement ses sentiments pour Leena mais il voulait savourer encore quelques temps leur amour sans avoir à en parler.
" Bon, je crois que je vais y aller " annonça Joy en se levant après une bonne heure de travail sur l'ordinateur.
" Largo a des rendez-vous toute la journée. Je compte sur toi Simon pour l'accompagner, s'il changeait ses plans, en attendant que Georgi me prévienne par téléphone ".
" Pas de problèmes vous pouvez aller jouer aux cartes…de crédit les filles, je veille !"
Joy lui sourit et se dirigea vers la porte. Au moment où elle s'apprêtait à la franchir :
" Ôh Georgi j'allais oublier… "
" Oui ? "
" Tu as oublié ta montre dans la chambre de Leena en partant ce matin…tu peux la récupérer quand tu veux… " et elle sortie contente de son effet laissant Georgi décomposé face à Simon hilare.
" Pas un mot Simon, pas un commentaire où je ne réponds pas de moi ! " Lui dit-il menaçant.
" Tu me connais…motus… " répondit Simon en faisant mine de fermer sa bouche à clé mais ses yeux pétillaient de malice.
Mais quand Georgi replongea le nez dans ses recherches afin de se donner une contenance il ne put tenir plus longtemps, se leva et se dirigea en se dépêchant vers la porte et en éclatant de rire !
Georgi le regarda sortir un peu vexé mais ne put s'empêcher de trouver la situation tout de même assez comique. Ah il n'avait pas fini de se faire chahuter avec ça !
C'était bien Leena et son côté naturel ! elle n'avait pas pensé une seule seconde que ce genre de chose puisse le gêner et avait dit ça à Joy tout simplement…
Penser à elle le rendait rêveur et il eut beaucoup de mal à se concentrer sur son travail.
A suivre...
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