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Disclaimer:Personne n'appartient à personne, ou bien à Warner Bros. Je suis pauvre et ce n'est pas en écrivant que ça va changer, puisque je ne touche rien en retour.
| Note de l'auteur: Pour mieux comprendre, il faut avoir vu le dernier épisode de la saison 1, et avoir lu «Résurrection, la suite» par votre serviteur.
Je vous souhaite d'avoir autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire. Envoyez vos commentaires. |
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Cela faisait deux jours que Joy était sortie de l'hôpital de Montréal. Dès qu'elle s'était sentie mieux, elle avait refusé, contre l'avis des médecins et les recommandations de ses amis, de rester une minute de plus dans un lit d'hôpital. Ce n'était vraiment pas son style de rester à contempler les murs et le plafond. Sa vie, c'était l'action.
Malgré tous ses efforts, elle n'avait pas pu réintégrer sa place au Bunker. Largo avait pour une fois joué au patron, et l'avait assignée à résidence chez elle pour qu'elle récupère. Il s'était montré ferme, ce qu'elle détestait, mais elle devait bien avouer qu'il était aussi très gentil avec elle ces derniers jours. Il avait trouvé du temps pour venir prendre de ses nouvelles, alors qu'il avait d'autres soucis : la vie quotidienne de sa société, la disparition de Diana et de Jack, toujours pas élucidée, ainsi que les disputes entre Kerensky et Simon, qui leur faisait encore une petite crise d'autorité.
A l'instant, Largo était d'ailleurs dans la salle de réunion, s'ennuyant à mourir en écoutant Cardignac ânonner le dernier compte rendu du bilan annuel de la compagnie Winch Aviation. Ou plutôt en essayant de l'écouter, car son esprit cherchait sans cesse une explication aux évènements de ces derniers jours.
L'assemblée générale touchait à sa fin. Largo s'apprêtait, comme chaque jour, à passer prendre Simon avant d'aller chez Joy pour lui remonter un peu le moral. L'inaction lui pesait, et il le comprenait mieux que quiconque : ils étaient semblables sur ce point.
Tout le monde se levait, et Largo était déjà près de la porte lorsque Sullivan le rattrapa.
- Largo, j'ai besoin de vous voir pour étudier les projets de restructuration de plusieurs de nos firmes. Nous n'en aurons que pour quelques heures.
- Oh non, on ne peut pas remettre à plus tard ? J'ai des obligations impératives, un rendez-vous avec… avec Monsieur Yamamoto, qui vient exprès du Japon pour me voir. Il m'est impossible de repousser cette rencontre.
- Bon. Dans ce cas, mettons que nous en parlerons à votre retour.
- Je vous revaudrai ça, John. A plus tard.
- Oh, Largo ! Dites-lui de se remettre bien vite, elle nous manque, fit Sullivan avec un grand sourire.
Avec une mine de petit garçon pris en faute, Largo regarda son bras droit regagner son bureau. Il commençait à le connaître jusqu'au bout des ongles, ce qui l'énervait un peu. Lui aussi était un membre indispensable de l'équipe, et malgré les ombres qui existaient encore sur son rôle dans l'affaire Nério, il tenait à cette figure paternelle.
Se secouant un peu, il pris la direction de l'appartement de Simon.
************
Arrivés devant la porte de l'appartement de Joy, Largo sonna, puis tout comme son compagnon se cacha derrière un gros bouquet de fleurs. C'est une voix inconnue qui leur demanda ce qu'ils désiraient.
Ils étaient en face d'une femme d'une cinquantaine d'années, aux longs cheveux noirs zébrés de gris. La forme de ses yeux et de son visage ne laissaient aucun doute sur son identité.
- Maman, qui est-ce ? demanda Joy au loin.
- Madame Arden ? Je suis Largo Winch, et voici Simon Ovronnaz. Nous sommes des amis de Joy, réussit à articuler Largo, très surpris de cette rencontre inattendue.
Un sourire éclaira son visage. Elle ressemblait tellement à sa fille qu'on aurait pu croire deux sœurs.
- Entrez, je suis ravie de vous connaître ! Et appelez moi Mary ! JOY, de la visite pour toi !
- Moi aussi, je suis ravi de vous connaître. Elle a dû vous parler de moi, enfin de nous deux ? demanda Simon tout en se penchant pour embrasser sa main, souriant jusqu'aux oreilles, déployant tout le charme dont il pouvait faire preuve.
- Un peu, mais ma fille est assez secrète sur son métier. Vous êtes gardien à l'endroit où elle travaille, je crois ?
- Non, à vrai dire je suis le chef de la section sécurité, répondit Simon, avec un sourire plus crispé, un peu vexé par la question de la mère de Joy.
En se retournant pour les guider jusqu'au salon, Madame Arden fit un clin d'œil à Largo. Elle avait voulu piquer Simon au vif, et y avait réussi. Manifestement, pensa Largo, non seulement Joy avait dû lui raconter beaucoup de choses sur eux qu'elle ne voulait bien le dire, mais en plus elle avait un solide sens de l'humour.
Cette opinion se confirma au cours des minutes qui suivirent. Vive, drôle, Mary Arden ne faisait pas vraiment son âge. Elle dégageait un charme fou, et adorait visiblement sa fille, qui le lui rendait bien. Souvent, les deux femmes se regardaient et il se dégageait une véritable complicité entre ces deux là.
- « Pas étonnant qu'elle ait soutenu sa fille au point de quitter son mari après la dernière mission de Joy à la CIA », pensa Largo. Elle était tout le contraire de son ex-époux, aussi chaleureuse que lui était glacial. Elle lui plaisait beaucoup : il aurait aimé avoir une mère comme elle…
Leur discussion animée fut coupée par la sonnerie du portable de Largo, qui s'isola un peu pour répondre sans gêner les trois autres.
- Largo, c'est moi.
- Diana ? Mais où étais-tu passée ? On t'a cherché partout.
- Je suis désolée, mais j'avais eu des renseignements sur Nério, et je ne pouvais pas rester sans faire quelque chose pour t'aider, dit-elle, d'une voix rapide et tendue.
- Tu aurais quand même pu m'appeler plus tôt, non ? Et où est Jack ?
- Je l'ai confié à une amie, tu te souviens de mon amie Mirabelle ?
- …
- Largo, je ne peux pas te parler plus longtemps, mais il faut que tu viennes tout de suite, quai n°5, hangar 234. J'ai une piste en or.
- Diana, attends ! DIANA !!!
Largo raccrocha, les yeux dans le vide. Il résuma rapidement leur conversation aux autres, mais était toujours pensif.
- Bon, ben on y va, où est le problème ? demanda Simon
- Elle a mentionné son « amie Mirabelle », ça ne te dis rien ?
Joy fut la plus vive.
- Oh que oui, l'aéroport Mirabelle. Ce serait un piège et elle te préviendrais, selon toi. Mais elle ignorait le lieu de la rencontre et ce qui s'y est passé quand elle a disparu.
- Ce qui signifie que quelqu'un l'a renseignée, et donc que la commission Adriatique y est pour quelque chose.
- Ca devient une pénible habitude, je vais bientôt devenir parano ! remarqua Simon.
- Allons-y. Avec l'aide de Kerensky, on pourra éviter les trop grosses surprises, décida Joy.
- Toi, tu restes là. Et pas question de discuter : dans ton état tu ne pourras pas être d'une efficacité optimum, objecta Largo.
- Je te remercie de me le faire remarquer. Mais je peux quand même servir encore à quelque chose, ne t'en déplaise. Tu vas te jeter dans la gueule du loup, et il n'est pas question que je loupe le spectacle, alors je viens aussi.
- Inutile d'insister, on part sans toi. Simon, on fonce.
Ils laissèrent Joy au beau milieu de son appartement, folle de rage. Amis ou pas, elle semblait bien décidée à leur faire la peau à la première occasion.
Sa mère, qui était restée en dehors de la conversation, s'approcha d'elle.
- C'est étrange…
- Quoi ?
- C'est la première fois que je te vois obéir à un ordre te demandant de rester sur la touche. Il a un sacré ascendant sur toi, ce jeune homme !
- Maman, tu crois que c'est bien le moment ?
- Non, tu as tout à fait raison. C'est le moment de n'en faire qu'à ta tête et d'aller l'aider. Tu en meurs d'envie, et je crois qu'effectivement il va faire une grosse bêtise. Alors on y va.
- Comment ça « on y va » ? Toi, tu restes ici, il n'est pas question que tu prennes le moindre risque.
- Joy Stéphanie Arden ! Si tu crois que tu vas me donner des ordres, tu te trompes lourdement. Nous y allons toutes les deux, ou personne ne passera cette porte. Et puis je te signale que dans ton état, tu auras du mal à m'en empêcher.
- J'aurais dû le savoir : tu es impossible, et je t'adore, répondit Joy avec un sourire. De toute manière, je n'ai pas le temps de discuter : ils ont déjà de l'avance. Allez, au travail!
Les deux femmes, après avoir fait un tour dans l'armurerie personnelle de Joy, partirent armées jusqu'au dents sur les traces de Simon et Largo.
Largo et Simon étaient arrivés près du lieu de rendez-vous. Solidement équipés eux aussi, ils étaient reliés à Kerensky, aidé de son ordinateur préféré et des satellites de la Winch Company, qui leur donnait les informations nécessaires pour éviter de se faire prendre.
- Alors, qu'en penses tu, Kerensky ? demanda Largo à voix basse.
- J'en pense que tu avais raison : soit il se tient un concours de danse là dedans, soit il s'agit bien d'une embuscade. En tout, je compte 5 sources de chaleur réparties dans l'ensemble du bâtiment, plus une à l'écart dans une petite pièce.
- Super ! Avec un peu de chance je trouverai une cavalière avant la fin de la soirée.
- Simon, tu crois vraiment que c'est le moment de plaisanter ? rétorqua Largo en souriant. Georgi, quel est le meilleur moyen d'entrer ?
- Tu vas trouver ça étonnant, mais pour une fois je crois que la porte est la plus conseillée. Après tout ils ne sont que 5, ce qui me paraît étonnant. Bien que après tout ils pensaient avoir bien joué leur coup…
- C'est simple. Trop simple, murmura Simon. Et le secret, c'est… ?
- Les cartouches de gaz anesthésiant que je vous ait passées tout à l'heure. Elles sont très concentrées et ultra-rapides.
- Kerensky, tu auras droit à une augmentation si on s'en sort, fit Largo.
- Je crains que ce ne soit contraire aux restrictions budgétaires qu'a prévues Simon, répondit Kerensky en levant un sourcil.
- Ouais, bon, ça va ! Si j'admets avoir été un peu trop loin, tu promets de nous sortir de là ? demanda Simon.
- Faut voir… Il est possible que j'accepte le marché.
- Trop aimable, grommela Simon dans sa barbe.
- C'est fini, vous deux ?
S'approchant sans bruit du bâtiment, ils jetèrent les cartouches, qui explosèrent au contact du sol. Ils attendirent quelques minutes, puis entrèrent dans le bâtiment. Les cinq gardes étaient endormis, mais pas de trace de Diana. Ils se dirigèrent vers le recoin que leur avait désigné Kerensky, une sorte de cagibi. Diana s'y trouvait effectivement, recroquevillée dans un coin.
- Salut princesse ! On vient te chercher ! Dépêche, lança Simon.
- Je suis désolée, mais je ne peux pas, répondit Diana.
Elle pointait une arme sur eux. Elle semblait bouleversée, les larmes aux yeux, mais en même temps décidée à ne pas les laisser partir. Un homme aux cheveux blancs apparu derrière elle, lui aussi un pistolet au poing, bientôt suivi d'une quinzaine d'hommes qui les débarrassèrent de leurs armes.
- Bien joué, ma chère. Vous avez tenu votre rôle à la perfection. A présent, si vous voulez bien me suivre, messieurs.
- Ben mon vieux, on est pas sortis de l'auberge ! chuchota Simon.
Leur montrant le chemin du bout de son arme, l'homme força Largo et Simon à entrer dans la petite pièce. Seule une ampoule nue éclairait la pièce.
- Vous aussi, vous allez leur tenir compagnie en attendant l'arrivée de mon supérieur. Et je vous rends votre fils, il nous a été très utile.
Il la poussa au centre de la pièce. Elle n'osait pas lever les yeux vers les deux hommes, attendant la pire des réactions, qui ne se fit pas attendre dès que la porte fut refermée.
- Je peux savoir ce qui t'a pris ?
- Pardon, Largo, mais ils ont Jack. J'étais obligée. J'ai pourtant essayé de t'avertir, quand je t'ai appelé !
- On sait, mais Monsieur n'en a fait qu'à sa tête une fois de plus. Ben voyons, il faut toujours qu'il se croit dans un film ou une série TV : « T'en fais pas Simon, à deux contre vingt, on va gagner sans problème », rétorqua Simon, en colère.
Diana était au bord des larmes. Ravalant sa colère de s'être laissé avoir aussi bêtement, il essaya de la rassurer.
- Ne pleure pas, c'est aussi de ma faute. Raconte moi ce qui s'est passé depuis ta disparition.
- Après que tu sois parti, Marissa m'a téléphoné et a menacé de tuer Jack si je n'obéissais pas à ses ordres. Elle m'a demandé de descendre au Bunker et de faire le maximum de dégâts, puis de venir les rejoindre à l'extérieur du bâtiment. Je ne pouvais rien faire, j'avais trop peur de te laisser un mot, elle aurait pu le trouver avant toi et le faire payer à Jack.
- Je comprends. Comment est-tu parvenue jusqu'au Bunker ? L'accès en est strictement limité.
- J'ai été simplement demander sa carte à Sullivan, en prétextant que j'avais oublié quelque chose dans le Bunker. Il était très pressé, il m'a accompagné jusqu'à la porte puis m'a laissée seule. J'ai fait très vite, et puis je suis sortie de l'immeuble. Des hommes m'y attendaient, et voilà.
Les deux hommes, les mâchoires serrées, se regardèrent. Ces hommes ne reculaient devant rien, et se montraient de plus en plus entreprenants : s'en prendre à un enfant était la pire des bassesses. Ils étaient heureux que Marissa ait été mise hors d'état de nuire.
Diana continua son récit.
- Je crois qu'ils voulaient faire du chantage sur vous au cas où le raid à l'aéroport de Mirabelle s'était mal passé. D'après ce que j'ai compris de leurs conversations, ils ont tout essayé pour t'atteindre, mais ils y ont perdu deux agents.
- Ouais, sauf que maintenant on est à égalité. 15 partout, la balle au centre, ironisa Simon.
- Largo, tu me pardonnes de t'avoir attiré ici ? supplia Diana en s'approchant de lui.
- Bien sûr. Largo la pris distraitement dans ses bras, cherchant déjà un moyen de se tirer d'affaire.
Le voyant si loin d'elle, Diana tenta de l'embrasser. Mais Largo, pour la première fois, se recula légèrement. Surprise, elle le regarda dans les yeux. Elle n'y vit pas de colère ou de rancœur contre elle, mais pas de tendresse non plus. Le regard qu'un homme pose sur une amie, proche, mais seulement une amie.
- Je suis désolé. C'est pas le moment : j'ai besoin de tous mes esprits, dit Largo pour expliquer son geste.
- Bien sûr, je comprends. Diana lui fit un petit sourire, mais sentait qu'il ne lui disait pas tout.
Pendant ce temps, Joy et sa mère réfléchissaient à un moyen de les tirer d'affaire. Elles avaient assisté à la fin de la scène, mais n'avaient pas pu agir sans risquer la vie de Largo et Simon. Joy se décida à appeler Kerensky : ils avaient un sérieux besoin d'aide, et le russe était l'homme de la situation.
- Kerensky, ici Joy. On a un problème je crois, chuchota Joy dans son téléphone portable.
- Je m'en doutais un peu.
Joy sursauta : la voix provenait de derrière elle. Georgi s'avançait, portant un lourd sac sur son épaule. Vêtu de noir, ses cheveux blonds libres sur ses épaules, il était impressionnant : l'incarnation du guerrier barbare.
- On ne peut pas vous laisser seuls 5 minutes.
- Je te croyais bien à l'abri dans le Bunker, comme d'habitude, lui rétorqua Joy.
- Raté, j'avais pris mes quartiers dans le Van. Tu me présentes ? demanda-t-il en désignant Mary Arden.
- Voici ma mère. Maman, je te présente le camarade Georgi Kerensky, collaborateur, membre de l'équipe et accessoirement ex-agent du KGB.
- Personne n'est parfait ! Enchanté, monsieur.
Georgi, surpris, ne trouva rien à répondre, pour une fois. Joy se détourna pour cacher un sourire. Très vite, l'urgence de la situation les rappela à leurs obligations.
- Tu as une idée pour les tirer de là ?
- Ouais ! On rentre, on tire, on ressort, dit froidement Kerensky.
- Un peu simpliste, peut être, non ?
- A un détail près : je te rappelle que nos amis sont à l'intérieur, et que nous ne sommes pas tout à fait stupides. Ils étaient parfaitement conscient des risques, et ils ont emporté des mini capsules de fumigènes. Avec l'effet de surprise, on devrait avoir l'avantage. D'ailleurs, je me demande si ça n'a pas déjà commencé.
En effet, on entendait des bruits de course, des ordres lancés venir de l'intérieur du hangar. « Maman, attends-nous », lança Joy avant de s'élancer. Saisissant leur chance, Joy et Kerensky coururent vers l'entrée, suivis de près par Madame Arden qui n'avait aucune intention de rester en arrière.
Dès leur entrée dans le hangar, la fusillade démarra. Se dissimulant de leur mieux, chacun tentait d'abattre le maximum d'ennemis. Kerensky se dirigea vers l'endroit où étaient retenus Simon, Largo et Diana, tuant au passage un des gardes.
- Kerensky, on est contents de te voir ! répondit Simon.
- Distribution d'armes gratuites pour tout le monde, et en avant la musique !
Soudain, un homme surgit à quelques mètres derrière Georgi.
- Baisse toi ! hurla Largo
Avant qu'aucun d'eux n'ait pu tirer, un coup de feu retentit. L'homme s'écroula, touché en pleine tête, laissant apparaître Madame Arden l'arme à la main.
- Maman !!! Joy était bouche bée, elle n'en croyait pas ses yeux. Voir sa propre mère abattre de sang froid un membre de la Commission Adriatique avait de quoi choquer n'importe qui.
- Tu ne crois tout de même pas que j'ai vécu toutes ces années avec ton père sans apprendre deux ou trois choses, Joy ? Maintenant, fais ton job et laisse ta vieille mère se débrouiller avec ces imbéciles !
- ça, c'est parlé, remarqua Simon ! Largo, il ne manquerait pas quelqu'un dans notre équipe ? J'ai déjà une candidate toute trouvée !
- Très drôle Simon, comme toujours. Fais gaffe, s'il lui arrive quoique ce soit, ne serait-ce qu'une égratignure, je te tue, OK ? Joy avait l'air plus sérieux que jamais.
- Hola ! Bien maîtresse, à vos ordres ! répondit Simon, mimant la peur et se protégeant avec ses mains.
Laissant Diana et le petit Jack à l'abri, à eux cinq ils vinrent à bout d'une partie des hommes de la Commission, l'autre partie s'étant enfuie en voyant la défaite s'annoncer. Alors qu'ils étaient sûrs de leur victoire, un cri venant du cagibi se fit entendre.
- Non ! Lachez-le !
Celui qui leur avait semblé être le chef tenait l'enfant dans ses bras, une arme pointée sur sa tête. Diana, tremblante, tomba à genoux.
Il tenait en respect Largo, Simon et Kerensky, ainsi que la mère de Joy.
- Où est votre petite copine ?
- ICI !
Surgissant derrière l'homme, Joy lui faucha les jambes avec un coup de pied violent à l'arrière des genoux. Arrachant l'enfant de son emprise, elle se détourna de lui un instant. Les mains occupées, elle ne put saisir son arme à temps. L'homme la mit en joue.
Le seul réflexe de Joy fut de lui tourner le dos et d'enrouler ses bras autour de l'enfant, faisant un rempart de son corps au petit Jack. Si elle mourrait, au moins lui ne serait pas touché. Elle s'accroupit afin de le protéger au mieux.
- NON !!!
Elle entendit le hurlement de Largo, puis un coup de feu retentit, résonnant à ses oreilles. Elle cru que, après avoir eu beaucoup de chance la dernière fois, la fin était arrivée.
A sa grande surprise, elle ne ressentait aucune douleur. Au vacarme avait succédé le silence. Elle se retourna doucement.
Largo avait été le plus rapide. Joy se releva lentement, car la lutte avait rouvert sa blessure, l'enfant serré contre elle, qui la regardait en souriant et semblait ne même pas avoir eu peur. Diana couru vers eux, et pris son enfant dans ses bras. Les larmes au yeux, elle regarda Joy comme si elle la voyait pour la première fois.
- Merci. Je…
Les mots ne suffisaient pas à exprimer ce qu'elle ressentait. Elle prit la main de Joy, en lui souriant doucement.
- Je sais que je n'ai pas été très sympa avec vous jusqu'ici, continua Diana. Je vous demande de me pardonner. J'aimerais qu'on se connaisse un peu mieux, vous le voulez bien ? S'il vous plaît.
Pendant quelques instants, Joy ne sut que répondre. Puis elle lui sourit à son tour, et serra sa main. Après tout, elle serait amenée à la voir puisque Largo l'aimait. Et puis elle n'étais pas si mauvaise : elles avaient au moins certains goûts en commun.
- Bon, les enfants, si on sortait d'ici ? C'est pas un endroit pour les enfants, ici. Ni pour les mamans, d'ailleurs, fit-il en regardant Mary Arden.
- C'est tout à fait exact ! Maman, tu es vraiment incroyable.
- Je le prend comme un compliment, ma fille !
Riants, tous sortirent du hangar, alors que les voitures de la police, alertée par les coups de feu, arrivaient au loin.
*********
Alors que Largo et Simon essayaient désespérément d'expliquer la situation à des policiers obtus, Diana remarqua que Joy s'était mise à l'écart et discutait avec sa mère. Elle regardait son patron avec une expression un peu triste. En remarquant que Diana s'approchait d'elle, elle se mit tout de suite sur la défensive.
La mère de Joy, comprenant qu'elle serait de trop dans cette conversation, prétexta qu'elle allait tenter de secourir les garçons, perdus dans leurs explications, pour laisser les deux femmes s'expliquer seules.
- Joy, je crois que j'ai des excuses à vous faire, à Largo, à Simon, mais surtout à vous, commença timidement Diana.
- Je ne comprends pas, fit Joy, méfiante.
- Vous savez, je suis venue avec la ferme intention de gagner le cœur de Largo, et même de devenir sa femme. Je suis une maman célibataire, avec un boulot qui ne paye pas très bien… Je sentais qu'il fallait vous écarter pour avoir le champ libre. J'ai manœuvré pour capter son attention. J'ai été ignoble avec vous, je m'en excuse.
- Je sais, et je le ferai. Mais je ne suis pas aveugle, et j'ai bien vu qu'il y avait quelque chose entre Largo et vous. Je ne veux pas partir en sachant que j'ai été la cause d'une séparation.
- Il n'y a pas de séparation : nous ne sommes pas ensemble.
- Mais vous le pourriez. Voyez vous, lorsque nous étions retenus ensemble, tout à l'heure, Largo m'a fait ce qu'aucun homme ne m'avait fait avant.
- Vraiment !
La conversation commençait à déplaire sérieusement à Joy. Qu'elle accepte de lui pardonner son comportement, passe encore. Mais de là à entendre ses confidences sur sa vie sexuelle avec Largo, elle dépassait les bornes.
- Il m'a repoussé. Il a refusé de continuer notre histoire. Il ne m'a pas donné les vraies raisons, mais je crois les deviner. Donnez-lui une seconde chance. Donnez vous une chance à tous les deux.
Diana s'éloigna avant que Joy ne puisse répondre. Ce n'avait pas été facile, mais elle était sûre d'avoir pris la bonne décision. Elle n'était pas assez forte pour faire face à la pression quotidienne de la vie de Largo. Et puis, elle l'aimait bien, mais ce n'était pas suffisant : il avait besoin de vivre à 100 à l'heure, de passion. C'est ce que Joy lui offrirait : ils feraient un beau couple…
********
Lorsque enfin les policiers les laissèrent partir, tous se dirigèrent vers le Winch Building. Les moments de tension qu'ils avaient passé ensemble les avait de nouveau rapprochés. Ils avaient besoin d'être ensemble encore un peu.
Lové dans un des canapés, un verre à la main, Joy observait Largo du coin de l'œil. Il plaisantait avec Mary Arden, Simon et Kerensky. Ce dernier faisait semblant de rester de glace, et de menacer Simon de le tuer s'il répétait à qui que ce soit que la mère d'un ex-agent de la CIA lui avait sauvé la vie.
Diana fit son apparition dans la pièce, le bébé endormi dans ses bras.
- Largo, je vais aller dormir. Je suis comme Jack : je n'en peux plus ! Et dès demain, je partirai chez moi. J'ai vraiment envie de me retrouver dans ma maison, avec mon fils.
- Entendu. Tu es sûre de ne pas vouloir rester encore un peu avec nous ?
- Non, je vais regagner sagement la chambre d'amis. Au revoir tout le monde, et merci encore.
- Je crois que je vais la suivre, annonça la mère de Joy. J'ai passé l'âge de ce genre de jeux !
Elle embrassa sa fille, lui chuchota quelques mots à l'oreille qui firent sourirent Joy, et partit à la suite de Diana.
- Ta mère est… extraordinaire ! Pourquoi tu nous l'as cachée jusqu'ici ?
- J'ai pensé que vous aviez assez à faire avec une seule des femmes de la famille. J'ai encore une de mes cousines à vous présenter, vous savez. Si vous êtes sages…
- Quoi ? firent d'une même voix Simon et Largo
Joy sourit, leur fit un clin d'œil et sortit du bureau de Largo. La vie avait repris son cours, chaque chose et chaque personne à sa place. C'était peut-être mieux ainsi : une liaison entre un garde du corps et son patron, ce n'était pas l'idéal pour faire son job efficacement. Elle avait besoin de garder la tête froide, et Dieu c'est si c'était difficile avec son sourire et ses yeux bleus dans les parages. Ils étaient tous amis, et elle n'aurait voulu gâcher ça pour rien au monde.
Mais c'était sans compter l'intervention de Simon, toujours à l'écoute de ses amis, et qui en voyait beaucoup plus que ce qu'il ne laissait paraître. Le petit jeu du chat et de la souris entre ces deux-là commençait à lui taper sur les nerfs, et il allait devoir jouer à Cupidon, qui ne semblait pas y mettre du sien. Largo avait toujours les yeux rivés sur la porte par laquelle Joy était sortie. « Allons-y pour l'arc et les flèches », se dit-il en soupirant.
- Et tu attends quoi, là ? lui demanda Simon
- Pardon ?
- Largo, parfois tu m'inquiètes, reprit-il l'air désespéré. Qu'est-ce que tu attends pour lever tes fesses et la rattraper. Tu tiens vraiment à laisser passer ta chance ?
Jetant un regard noir à Simon, il suivit les conseils de son ami et couru après Joy dans le couloir.
- Joy, attends, il faut que je te demande quelque chose. Euh… tu te souviens de ce que je t'ai dit à l'hôpital ?
- Pas très bien, non, pourquoi ?
« Zut, si elle ne s'en souviens plus, je suis bon pour refaire mon petit discours et pour ramer une nouvelle fois », pensa Largo.
- Je t'avais dis que, si tu le voulais bien sûr, on pourrait peut-être passer un peu plus de temps ensemble
- Vraiment ? Pourquoi ? Je passe déjà les trois quarts de la journée au Bunker ou dans ton bureau…
- Non, pas pour le travail, pour discuter.
- De quoi ? demanda-t-elle, l'air faussement innocent.
Joy jubilait. Elle était bien décidée à ne pas lui rendre les choses faciles, après ce qu'il lui avait fait subir. C'était le moment ou jamais de prendre une petite revanche.
Tant de fois il avait mis ses nerfs à vif en la gratifiant d'un geste tendre, pour la minute d'après sourire à une jolie fille. Elle avait passé des nuits blanches à se demander si elle rêvait ou pas, comme une écolière. Pour lui, elle avait ravalé sa fierté, elle l'avait laissé la congédier, devant Simon et Diana par dessus le marché, sans dire un mot. Pour lui elle avait accepter d'abandonner la lutte, quand elle l'avait vu embrasser Diana à l'inauguration. Pour lui, elle avait risqué sa vie sans se poser de questions.
Ce n'était pas joli, joli, mais… Qu'est-ce que ça faisait du bien de voir sa tête ! Il ne savait plus sur quel pied danser, comme elle il n'y a pas si longtemps.
Lui, pendant ce temps, ne savait pas trop s'il devait ou non continuer dans cette voie : elle semblait si lointaine, si froide devant ses avances. Etonné, il fit un dernier essai.
- Tu ne voudrais pas qu'on se connaisse un peu mieux, que je t'invite à dîner par exemple ?
- C'est une idée… Je passe te prendre à 8 heures.
Elle s'éloigna de quelques pas, puis fit volte face.
- Au fait, j'ai oublié quelque chose.
Elle le prit par le cou et la taille, se lova contre lui et l'embrassa avec toute la fougue dont elle était capable. A l'instant où il commençait à lui rendre son baiser et à l'enlacer à son tour, elle se dégagea en lui dédiant son plus beau sourire.
- A ce soir, Largo.
Ravie d'avoir pris une petite vengeance, elle entra bien vite dans l'ascenseur, laissant le pauvre Largo estomaqué, et plus impatient que jamais d'arriver au soir. Lorsque enfin il sortit de sa torpeur et retourna dans son bureau, Simon se demanda pourquoi il avait une telle tête.
- Qu'est ce que t'as, on dirait qu'on vient de t'annoncer que le Père Noël existe ?
- T'es pas très loin de la vérité… Elle… Je… Elle est incroyable ! Quoi, pourquoi tu ricanes ?
- Moi ? Pour rien, pour rien…
Se plongeant dans un bouquin, Simon dissimula son sourire, content pour Joy et son meilleur ami.
FIN
La «Winch Team » reviendra…
Voici ce que m'a inspiré tout ce que j'ai pu lire ces derniers jours sur le forum du Bunker. J'espère que ça vous plaît, moi j'ai tiré un énorme plaisir à l'écrire.
Je sais, il reste quelques explications un peu « douteuses ». Mais pardonnez-moi les raccourcis, SVP
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