T OUT LE MONDE DIT : "I LOVE YOU"
 




Cette Fanfic est dédiée à Lina Nathaël


...
Il régnait dans l'appartement un silence apaisant ponctué par le bruit sec et régulier d'un clavier sur lequel on pianote. Une odeur d'encre persistait, alors que les tirages attendaient sur le socle de l'imprimante. L'informaticien semblait être extérieur à tout élément réel. L'écran aux couleurs claires se reflétait, pour un instant encore, dans ses fines lunettes, voilant l'iris bleuté.

L'horloge de l'ordinateur annonçait plus de 5 H. Cela faisait maintenant près de 2 jours que Georgi n'avait pas fermé l'œil et la fatigue accumulée commençait à se faire ressentir…

Le Russe éteignit son portable, retira ses lunettes et se passa la main dans les cheveux. Il regarda instinctivement autour de lui tout en repensant aux recherches qu'il venait d'achever pour Largo.

Ce décor lui était devenu si familier. Rien n'avait changé depuis son installation. Les mêmes photos, les mêmes voisins, dans la rue, le même ronronnements de voitures. Non, tous cela n'avait pas changé… Il avait enfin posé ses valises quelque part où il se sentait bien. Plus d'exécutions sommaires, plus de tueries organisées…

Le fil de ses pensée fut interrompu par un coup de klaxon strident.

Georgi faisait un dernier tour d'horizon avant de regagner son lit quand il remarqua une lettre "by air mail" qui dépassait d'un tiroir. Il la prit et l'observa longuement. Le papier diaphane faisait ressortir l'écriture, précise et droite. Du pouce il caressa les timbres un peu de biais. Ils avait dut êtres collé précipitamment entre deux bousculades. Néanmoins le plis était là, après avoir transité par la Sicile il portait des cachets hétéroclites. Au dos de l'enveloppe de minuscules gouttes d'eau avaient laissées leurs marques, expéditeur énigmatique qui ne souhaitai pas être retrouvée.

Georgi hésitait à l'ouvrir. Il pensait l'avoir brûlée depuis des années et craignait de ne voir resurgir ce qu'il avait eu tant de mal à enfouir au plus profond de sa mémoire. Malgré son appréhension le Russe glissa la main dans l'enveloppe et en retira une petite photo. Elle représentait une place moscovite au centre de laquelle jaillissait une fontaine de glace. Sur le papier brillant les années semblaient ne pas pouvoir l'atteindre.


Le Russe écoutait le clapotis de l'eau sous cette gang translucide en attendant parfois des heures entières pour voir la silhouette déliée de Galina apparaître au coin d'une rue. Elle n'était pas souvent seule, des membres de son équipe ou Vitali l'accompagnaient.

L'air sec et froid de la capitale soviétique se brisait en d'innombrables fragments de cristal sous les pas décidés de la jeune femme. Elle lui remettait divers documents et était devenue très proche de Georgi. Mais le sort en avait décidé autrement. Quelques mois plus tard Galina était affectée à un post à l'autre bout du monde…

Georgi l'avait vue très peu en dehors de ses moments là et n'avait travaillé avec elle qu'une seule fois à son grand regret…


Cette photo évoquait beaucoup pour lui mais à aucun moment il ne regretta son départ du KGB, elle avait fait son choix…

En replaçant la photo dans l'enveloppe le Russe se souvint d'un détail et retourna le cliché. En effet au verso figurait une adresse, ici même à New York, et un heure : 6h10.

Il savait que tout cela aussi appartenait au passé et qu'il touchait du doigt les ballerines d'un fantôme…

Quelques minutes plus tard Georgi déambulait, solitaire, dans les rues new-yorkaises. La pluie battante et le vent lui giflaient le visage mais cela ne ralenti pas son allure.

Il s'arrêta devant un café ouvert toute la nuit et regarda sa montre. 6h07. Il était à l'heure…

A l'intérieur le barman rangeait des verres et la plupart des consommateurs avaient retrouvé leurs chemins au cœur de la nuit. Dans un coin pourtant, quelqu'un terminait une coupe.

Un peu lasse cette chimère caressait le bord de son verre les yeux dans le vague. Elle écoutait le bruit discret des verres qui s'entrechoquent et un doux murmure lui revient... La jeune femme inclina gracieusement la tête et regarda un petit rectangle blanc. Tous cela lui paraissait n'être qu'un mirage…

L'averse redoubla. Georgi se tenait toujours face aux baies vitrées les lèvres légèrement entrouvertes. Il voulait parler mais resta pétrifié. Les mots restèrent prisonniers muets dans gorge… Galina.

Le fracas des grêlons sur les véhicules alentours s'estompait peu à peu. Les rares passants se détournait de cette homme en noir, au visage inexpressif qui paraissait perdu. Pour eux, ce soir la, il ne fut qu'une ombre fugitive, un souvenir vite effacé…

Une goutte de pluie roula sur la joue de Georgi et alla s'écraser sur le col de son manteau. Il n'est pas bon de réveiller ce qui sommeille depuis si longtemps…

Le Russe lança un dernier regard dans sa direction et disparut dans ce tumulte incessant qu'est chaque grande métropole.

La lumière des phares l'éblouissait et un froid glacial s'empara de lui. Georgi errait sans but dans cet enchevêtrement d'avenues et de boulevards. Puis, exténué il se dirigea vers son appartement sans savoir, sans être sur…

FIN