D EBUT D'ANNEE MOUVEMENTEE
 




Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas... Vous connaissez la suite.

Note de l'auteur: Ceci est ma première fanfic sur Largo Winch. Comme vous pourrez le constater, elle est uniquement basée sur la relation Largo/Joy. J'espère que, malgré le manque d'intrigue et d'aventures, elle vous plaira. Ah, au fait, si vous pouviez m'écrire pour me dire ce que vous en pensez (le bon comme le mauvais), ça me permettrait de m'améliorer pour la prochaine.

Remerciements: Un grand, très grand, immense merci à Addams pour la relecture. (au fait, t'en fais pas, je dirais à personne que tu as bavé sur ton clavier en lisant…oups, je crois que j'ai fait une bêtise !)
Ceci dit, je vous souhaite à tous une très bonne lecture !


Bunker, 30 décembre, 10h05
Largo passa sa carte dans la serrure magnétique du bunker, tapa son code et ouvrit enfin la porte. Il découvrit, surpris, qu'il n'y avait qu'une seule personne à l'intérieur.

L : Tiens, Kerensky a laissé de côté ses chers ordinateurs.
J : Seulement pour aller s'occuper de celui de Simon.
L : Je me disais aussi…

Il alla s'asseoir sur une siège en face de sa garde du corps. Apparemment, celle-ci travaillait sur un dossier concernant la sécurité. " Jamais Joy n'arrêtera de bosser ! " pensa Largo tout en la regardant. Allait-il lui poser la question ? Jamais auparavant, il n'avait eu autant d'hésitation à faire ce genre de choses.
Joy leva la tête. Sans doute avait-elle senti son regard insistant. Elle demanda :

J : Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
L : Je me disais qu'en fait c'était plutôt une bonne chose que Simon et Kerensky ne soient pas là.
J : Pourquoi ?
L : Eh bien, en fait, j'avais quelque chose à te demander.
J : Quoi ?
L (hésitant) : Tu sais que, chaque année, le groupe W organise une soirée pour le nouvel an.
J : Oui.
L (hésitant de plus en plus) : Le fait est que je n'ai pas trouvé de cavalière alors j'ai pensé que peut-être tu pourrais…

Il s'arrêta. Joy comprit soudain où il voulait en venir.

J : Non, il en est absolument hors de question !
L : S'il te plaît Joy !
J : Non !

Largo comprit que, de cette manière, il n'avait aucune chance de voir Joy accepter. Dans ce cas, il n'y avait plus qu'un seul espoir. C'était un coup bas mais il devait essayer.

L : C'est idiot.
J : Quoi ?
L : Eh bien, si tu étais venu, tu aurais pu t'occuper de ma sécurité.

Joy resta muette, ne trouvant rien à répondre à cet argument qu'elle-même utilisait souvent. Largo avait gagné et ils le savaient tout les deux.

J : Bon, d'accord. Mais c'est uniquement pour ta sécurité !
L (se levant) : Je passerais te prendre demain soir à 20h00. Si tu veux, tu peux prendre ta journée pour t'acheter une tenue.

Largo se dirigea vers la porte comme s'il allait sortir mais, quand il passa à côté d'elle, il s'arrêta, se pencha et l'embrassa sur la joue en murmurant :

L : Merci Joy.

Il sortit et ne put donc pas voir à quel point ce simple geste avait troublé la jeune femme.
Appartement de Joy, 31 décembre, 19h59
Largo frappa à la porte. Il tenait un bouquet de roses à la main. Joy, ajustant sa tenue, vérifia par le judas qu'il s'agissait de Largo. Elle entrouvrit la porte et repartit aussitôt dans sa chambre. Largo poussa la porte et entra dans le salon de Joy.

J : J'en ai pour une minute.

Pendant que sa cavalière se préparait, Largo examina la pièce : elle était plutôt vide. Sur un meuble, il y avait quelques photos. Presque toutes montraient l'Intel Unit au grand complet. Mais une autre photo isoléé attira son attention : on y voyait Joy avec une femme qui lui ressemblait enormément : mêmes cheveux, même yeux, même charme, seulement la deuxième femme devait avoir une trentaine d'années de plus que Joy.

J : C'est ma mère.

Surpris, Largo se retourna vers la jeune femme.

L : Tu m'as fait peur, je ne t'ai pas entendu arriver. C'est fou comme vous vous ressemblez, on dirait deux sœurs.

En réalité, il se désintéressait de la photo. Il était subjugué par l'élégance de sa cavalière : celle-ci avait revêtu une longue robe noire à bretelles : assez serrée à la taille, elle s'élargissait pour devenir très ample aux chevilles. Elle était très simple mais d'une élégance rare.

J : Alors, qu'est-ce que tu en penses ?
L : Tu es… Je ne trouve pas de mot assez fort pour te décrire.
J (rosissant légèrement) : Je prends ça pour un compliment.
L (la regardant dans la yeux) : Mais c'en est un.

Largo lui tendit le bouquet qu'elle mis dans un vase avant de partir.


Un quart d'heure plus tard, ils arrivaient à la salle où devait se dérouler la soirée. Dès qu'ils entrèrent, tout les regard convergèrent vers eux, ou plutôt, vers Joy.
Lorsque l'orchestre commença à jouer, Largo s'approcha de son amie :

L : La plus ravissante de toutes les femmes de la soirée me permettrait-elle de l'inviter à danser ?
J (amusée par le ton de Largo) : Bien sûr.

Ils s'avancèrent sur la piste et commencèrent à danser.

J : Tu te debrouilles plutôt bien. Où as-tu appris à danser.
L : Lorsque j'ai repris la direction du groupe W, je me suis dit que ça pourrait être utile.
J : Bonne initiative.
L : Et toi ?
J : Mon père voulait que je sois parfaite en tout.
L : Et il a réussi.

Largo découvrit, avec un certain amusement, que les joues de Joy étaient devenues un peu plus rouges que d'habitude.
Ils dansèrent toute la soirée jusqu'à ce que quelqu'un monte sur l'estrade et annonce :

H : Plus que trente secondes avant la nouvelle année !

Tout les couples cessèrent de danser pour faire le décompte. A ce moment, Largo dit à Joy :

L : Tu sais, je ne t'ai pas dit toute la vérité.
J : A propos de quoi ?

15, 14, 13…

L : J'avais beaucoup de choix en ce qui concerne les cavalières pour ce soir.

5, 4, 3…

L : Cette soirée, je voulais la passer avec toi.

A ce moment, tout le monde commença à se souhaiter la bonne année. Mais Largo, ne faisant pas attention à ce qui se passait autour de lui, caressa la joue de Joy puis, doucement, comme au ralenti, il se pencha vers elle et posa ses lèvres sur les siennes. Il attendait ce moment depuis tellement longtemps qu'il prolongea ce baiser, allant au-delà d'un traditionnel échange de bonne année. Il releva la tête et, tout en restant très proche d'elle, il lui murmura à l'oreille :

L : Bonne année, Joy.



Peu de temps après, Joy lui ayant fait comprendre son désir de quitter la soirée, Largo la raccompagna. Un silence gêné s'était installé entre eux depuis le fameux baiser. Ils étaient à présent dans la voiture et Largo conduisait. Au bout d'un moment, il se décida à lui parler :

L : Tu sais Joy, pour ce qui s'est passé tout à l'heure…

Il jeta un coup d'œil vers la jeune femme pour voir comment elle réagissait. Mais, apparemment, elle ne l'écoutait pas.

L (vexé) : Tu me dis si je t'ennuie !
J (sans quitter le rétro extérieur des yeux) : Ce n'est pas ça. Je crois qu'on est suivi.

Largo jeta lui aussi un regard dans le retro : en effet, une Mercedes noire les suivait.

Derrière, dans la voiture noire, les cinq hommes armés de M16 virent la voiture du milliardaire tourner dans une ruelle déserte. Avec prudence, ils ralentirent pour ne pas se faire repérer et s'y engagèrent aux aussi. Une fois arrêtés, l'un des hommes s'approcha du véhicule et regarda à l'intérieur.

H1 : Y'a personne.
H2 : C'est une impasse, ils ne doivent pas être bien loin !

Les cinq hommes marchèrent vers le mur qui s'élevait au bout de la rue.
Cachés dans un renfoncement, Joy et Largo observèrent leur poursuivants. Ils étaient armés et avançaient de manière organisée : deux en avant, prêts à tirer, et les trois autres qui surveillaient l'ensemble de la ruelle. Mais un détail perturba Joy : ils avaient retirés le cran de sécurité de leurs armes et avaient le doigt vissé à la gâchette. Nul doute qu'au moindre mouvement, ils tireraient sans sommation, laissant de côté toute diplomatie . Le problème était qu'elle n'avait qu'une arme de poing sur elle et Largo avait le petit revolver qu'il cachait dans la boîte à gants. C'était peu mais ils devraient s'en contenter. Elle lui fit signe et ils sortirent, tout en tirant sur leurs adversaires (je ne tiens pas à m'attirer tout le mérite d'un passage aussi bien écrit : il sort tout droit de l'imagination d'Addams). Grâce à l'effet de surprise, , ils en tuèrent deux du premier coup. Avant que les autres aient eu le temps de riposter, ils se mirent à l'abri derrièère une grande benne àà ordure. De temps en temps, ils tiraient en direction de leurs assiéégeurs mais n'arrivaient plus àà les toucher. Joy se tourna vers Largo :

J : Je n'ai plus de balles. Couvre-moi, je vais leur piquer les M16 qui sont par-terre.

Largo acquiesa. Joy leva trois doigts qu'elle baissa les uns après les autres. Lorsqu'elle eut baissé le dernier, Largo sortit de derrière la benne et commença à tirer vers les assaillants. Joy, elle, courut vers les deux morts et attrapa leurs armes. Elle les leva vers les agresseurs mais, avant qu'elle ait pu tirer, une brûlure au côté droit la fit se plier en deux. Mais, en grande professionnelle, elle se reprit vite et commença à tirer sur les trois hommes en face d'elle. Elle en toucha un qui s'écroula, mort. Avant même qu'il ait touché le sol, elle était déjà retournée dans leur abri .

L : Ca va ?
J : C'est juste une égratignure.
L : Montre-moi ça.

Il ota sa main de la blessure. Le sang coulait assez abondamment.

L : Reste là, je vais m'en occuper.
J : C'est hors de question. Ca va aller, je me suis déjà battu dans un pire état que ça. Ecoute, il ne sont plus que deux. Je prends celui de gauche et toi celui de droite.

Largo n'avait pas d'autre choix que d'accepter. D'un même mouvement, ils sortirent. Il n'y avait plus qu'un seul homme qui fut vite à terre. Les deux amis se regardèrent :

L : Où est le troisième ?

Soudain, l'homme en question surgit de derrière un mur et visa Largo. Sans réfléchir, Joy se jeta devant son patron et prit à sa place la balle qui lui était destinée en plein dans l'épaule.
Largo n'hésita pas une nanoseconde et tira sur l'homme qui rejoignit ses collègues dans l'au-delà.
Largo s'agenouilla. Joy était allongée par terre mais toujours consciente.

L : Joy, garde les yeus ouverts, ne t'évanouie pas, tu m'entends !
J : Je vais essayer.

Joy perdait beaucoup de sang et s'affaiblissait de seconde en seconde. Le temps qu'il appelle l'ambulance et qu'elle arrive, il serait sans doute trop tard. Il prit alors la jeune femme dans ses bras et la déposa sur le siège passager de sa voiture. Malgré la Mercedes qui les bloquait, il enclencha la marche arrière et poussa l'autre véhicule jusqu'à l'artère principale dans un bruit assourdissant de tôle froissé. Un concert de klaxon l'ccueillit mais Largo n'y prêtait pas attention, il passa en première et fonça vers l'hôpital le plus proche. De temps à autre, il regardait Joy pour voir dans quel état elle se trouvait. Mais, alors qu'ils étaient presque arrivés, il jeta encore une fois un rapide coup d'œil vers la jeune femme. Elle était inconsciente…

L : Joy !

(à suivre)



(je plaisantais !!!!)



Dès qu'ils arrivèrent à l'hôpital, Largo sortit Joy de la voiture et entra dans le service des urgences.

L : J'ai besoin d'aide !

Un médecin s'apprcha de lui avec un brancard.

M : Que s'est-il passé ?
L : On s'est fait attaquer, elle a reçu deux balles : une au côté, l'autre à l'épaule.
M : Restez ici Mr… ?
L : Winch, Largo Winch.
M : On va bien s'occuper d'elle.

Largo, désemparé, regarda le médecin et plusieurs infirmières emmener Joy. Ne sachant que faire, il appela Simon. Celui-ci répondit à Largo sur un ton qui montrait qu'il ne supportait pas qu'on le réveille si tôt :

S : Largo ? J'espère que tu as une bonne raison pour me réveille à 3 h du matin un 1er janvier !
L : On s'est fait attaquer. Joy a été touchée. Je suis à l'hôpital St-Marc.
S : Oh bon sang. J'arrive tout de suite !

Trois quarts d'heure plus tard, Simon arriva. Il s'asseya à côté de son meilleur ami qui avait les trais tirés. Largo lui raconta en détail ce qui s'était passé et comment Joy lui avait sauvé la vie en mettant la sienne en péril.
Tout les deux restèrent silencieux plusieurs minutes puis Simon demanda à Largo :

S : Quand est-ce que tu comptais lui dire ?
L : Lui dire quoi ?
S : Mais que tu l'aimes, espèce d'imbécile !
L : Ca se voit tant que ça ?
S : Je crois qu'il n'y a que Joy et toi qui ne vous vous en êtes pas rendus compte. Même Cardignac doit être au courant !
L : Je comptais lui dire ce soir. Dans la voiture, j'avais commencé à lui parler mais elle s'est rendue compte qu'on était suivis. Tu connais la suite…
S : Je vois. Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
L : Je ne sais pas trop. En tout cas, je ne lui dirais rien tant qu'elle ne sera pas sortie de l'hôpital.


Quelques heures et plusieurs litres de café plus tard, Largo et Simon virent apparaître le médecin de Joy à l'autre bout du couloir. Il se diriga vers eux.

L : Comment va-t-elle ?
M : Les balles qui l'ont touchées n'ont endommagé aucun organe vital mais elle a perdu une grande quantité de sang et une des balles lui a fracturé la clavicule.
L : Elle va bien ?
M : Oui, elle est maintenant hors de danger. Mais elle est encore très faible. Nous l'avons mise sous sédatifs. Elle ne se réveillera sans doute pas avant quelques heures.
L : Est-ce qu'on peut la voir ?
M : Bien sûr.

Le médecin les conduisit jusqu'à la chambre de Joy. Sans un mot, Largo approcha un fauteuil du lit, s'asseya et prit la main de la jeune femme dans la sienne. Simon se sentait soudain de trop.

S : Je crois que je vais aller prévenir Kerensky. On commencera les recherches pour trouver qui étaient ces types.
L : Merci Simon.
S : T'en fais pas. La Belle au Bois Dormant finit toujours par se réveiller.

Une fois Simon parti, Largo resta encore longtemps à contempler Joy puis, épuisé, il finit par s'endormir, sa main toujours dans la sienne.
1er janvier, chambre de Joy, 9h06
Joy émergeait lentement de sa léthargie. Elle se rendit compte qu'elle avait très mal au côté droit et à l'épaule. Celle-ci était d'ailleurs maintenue en place par une attelle. Sa main gauche était elle aussi immobilisée. Lorsqu'elle fut complètement réveillée, elle vit que ce qui empêchait sa main valide de bouger était la tête de Largo, endormi. Elle ne parvenait pas à se souvenir de ce qui s'était passé. Pourquoi était-elle dans une chambre d'hôpital ? La dernière chose qui lui revenait en mémoire, c'était la douceaur des lèvres de Largo contre les siennes. Puis, tout lui revint en mémoire : quand ils étaient partis de la soirée, quand elle s'était aperçu qu'ils étaient suivies, quand elle avait pris les deux balles…
Elle tenta de retirer sa main en douceur mais elle ne fit que réveiller Largo. Celui-ci la regarda, les yeux emplis de soulagement.

L : Comment tu te sens ?
J : Plutôt bien, enfin, je crois.
L : Ton épaule ?
J : J'ai un peu mal.
L : Je vais appeler le médecin pour qu'il t'examine, j'en profiterais pour dire à Simon que tu est réveillée.
J : Simon est là ?
L : Oui, enfin, il était là avant que je m'endorme.

Largo sortit de la pièce. Après qu'il eut averti le médecin du réveil de Joy, il se mit à chercher Simon. Une infirmière lui dit alors qu'il avait laissé un message pour lui, lui disant qu'il était rentré.
Le milliardaire sortit pour pouvoir l'appeler de son portable.

L : Allô Simon, c'est Largo.
S : Quoi de neuf ?
L : Tout va bien, Joy vient de se réveiller. Elle te réclame.
S : J'ai toujours su qu'elle avait des sentiments pour moi.
L : Arrête de rêver et dit moi plutôt où vous en êtes.
S : Kerensky a découvert d'où venait les cinq hommes qui vont ont agressé. On arrive tout de suite pour vous raconter ça en détail.

Un quart d'heure plus tard, Simon et Kerensky entrait dans la chambre de Joy. Ils s'asseyèrent.

J : Bon, alors ?
K : Je suis rentré dans les fichiers de la morgue et j'ai découvert que les types qui vont ont tiré dessus hier soir étaient tous des chasseurs de prime.
L : Les chasseurs de prime ne sont pas censés travailler en solo ?
K : En fait, ces cinq là se sont réunis. Comme ça, ils arrivaient à tuer plus de personnes…
S : …et donc ramassaient plus de fric. Pas bêtes !
L : S'ils étaient chasseurs de primes, c'est qu'il y a un contrat sur ma tête.
K : En effet, et l'instigateur de ce contrat c'est la Comission Adriatique.
S : Histoire de changer un peu !
L : Et, juste par curiosité, je suis estimé à combien ?
K : 20 millions de dollars.

Simon eut un sifflement admiratif :

S : Bah mon pote, je savais que tu valais cher mais là…
Chambre de Joy, 6 janvier (pour ceux qu'aurait des difficultés avec les maths, ça fait cinq jours plus tard), 16h40
M : Mademoiselle, vous ne pouvez pas partir maintenant, vous devez rester encore quelques jours en observation…

C'est ce moment que choisit Largo, qui revenait d'un épuisant conseil d'administration, pour faire son entrée dans la chambre de Joy. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit Joy, en pyjama, debout au milieu de la pièce et qui faisait tout pour convaincre le médecin de la laisser sortir de l'hôpital !

L : Je crois que le docteur a raison, tu devrais rester ici encore un jour ou deux. Regarde, tu a tout juste la force de te lever.

En effet, la jeune femme devait se tenir à la table de chevet pour tenir sur ses jambes.

J : Tu ne vas pas t'y mettre Largo.
L : Je veux juste que tu nous revienne en pleine forme.
J : Y'a aucun doute, si je reste ici, je serais en pleine forme…
L : Voilà, c'est déjà plus raisonnable !
J : … physiquement parlant uniquement parce que si je reste là, ma santé mentale risque d'en prendre un sacré coup ! Je ne supporte plus de rester allongée ici toute la journée ! Je vais devenir folle si je ne sors pas d'ici !

Apparemment, elle était sincère. Il demanda alors au médecin :

L : Il n'y aurait pas moyen de s'arranger ?
M : Eh bien, il faut qu'elle se repose, qu'elle me promette de suivre scrupuleusement mes consignes ainsi que de prendre ses médicaments…
J (le coupant, tant elle était pressée de partir) : Promis !
M : Néanmoins, il y a un problème : il faut que ses pansements soient changés régulièrement.
J (déçue) : C'était trop beau !
L : Je m'en occuperai !

Joy le regarda avec étonnement et surtout, avec appréhension : s'il devait lui changer ses pansements régulièrement, ça signifiait être avec lui en permanence, donc habiter quelques temps chez lui. Sans parler de leurs contacts quand il devrait changer s'occuper d'elle…

J : Mais Largo…
L (la coupant) : Y'a pas de mais qui tienne (avec un grand sourire). Et puis, c'est moi le patron !
J : C'est d'accord.
M : Dans ce cas, pendant que vous vous changez, je vais montrer à M. Winch ce qu'il aura à faire.
Penthouse, 17h30, le même jour
Largo entra dans son appartement, portant Joy dans ses bras. En effet, la jeune femme, encore faible et fatiguée, s'était endormie pendant le trajet, berçée par le roulis de la voiture. Il la porta jusqu'à sa chambre et la déposa sur son lit. Bon sang, ce qu'elle était belle ! Plus jamais il ne pourrait dormir dans ce lit sachant qu'elle y avait séjourné elle aussi. Doucement, il lui enleva sa veste en cuir rouge qu'il déposa sur une chaise à proximité du lit avant de poser délicatement la tête de Joy sur l'oreiller. Quand il tira la couverture sur elle, elle se réveilla un peu.

J : Largo…

Il s'assit sur le bord du lit et repoussa une mèche de cheveux tombés devant ses yeux en lui murmurant d'une voix tendre :

L : Chut. Dors, tu dois te reposer maintenant.

Le garde du corps ferma alors les yeux. Largo resta près d'elle jusqu'à ce que sa respiration régulière lui signifie qu'elle dormait puis il se rendit dans le salon et, pour passer le temps, il se mit à travailler sur un dossier concernant le rachat d'une compagnie par le groupe W (eh oui, ça lui arrive de travailler !).


Trois heures plus tard, Joy émergea de son sommeil. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux. Elle se sentait bien. Les oreillers autour d'elle étaient tous imprégnés de l'odeur viril de Largo (on arrête de baver et d'envier Joy, les filles !).

J (tout bas, pour elle-même) : Chasse-le de ton esprit une bonne fois pour toute, ma grande !

Elle se leva et se dirigea vers la porte. Quand elle l'ouvrit, elle vit Largo, penché sur son bureau, en train de travailler. Elle le regarda pendant quelques minutes avant de se râcler la gorge pour lui signaler sa présence.

L : Tu n'aurais pas dû te lever ! Le médecin a dit que tu devais te reposer !
J : J'en ai assez de rester couchée toute la journée.
L : Dans ce cas, installe-toi sur le canapé, je vais chercher de quoi changer tes pansements.

Joy s'installa et attendit que Largo revienne. Le moment qu'elle redoutait tant était arrivé. Lorsque Largo s'assit à côté d'elle, la température grimpa aussitôt de plusieurs degrés. Il poussa la bretelle de son débardeur et commença à s'occuper de l'épaule de la jeune femme tout en essayant de ne pas penser aux sentiments qui l'assaillaient. De son côté, Joy avait de plus en plus de mal à rester neutre au contact des doigts de Largo sur sa peau. Mais, quand Largo releva le bas de son débardeur et toucha la peau de son ventre, elle ne put s'empêcher de fermer les yeux un moment.

L : Ca va ?
J : Oui, oui. J'ai juste eu un léger vertige.

Il continua. " Je dois absolument lui parler, je dois absolument lui dire ce que je ressens ! "pensa Largo.

L : Joy…

Il s'arrêta. Ils relevèrent tous les deux la tête. Quand Largo vit le visage de Joy, une bonne centaine de sentiments se bousculèrent dans son esprit et, parmi eux, la peur de se faire rejeter par la femme qu'il aimait.

L : Non rien.

Il termina bientôt et Joy, prétextant la fatigue, retourna se coucher.

Quelques minutes plus tard, alors que Largo s'était remis à travailler, Simon entra dans l'appartement.

L : Salut Simon.
S : Salut. Comment ça va ? Oh là ! Vu ta tête, ça a pas l'air d'aller ! C'est Joy ?
L : Si on veut.
S : C'est pas vrai ! Ne me dis pas que tu ne lui a rien dit !


Dans la chambre, Joy, qui ne parvenait pas à se rendormir, avait entendu Simon arriver. Elle s'était approché de la porte et s'apprêtait à sortir pour lui dire bonjour quand elle l'entendit s'exclamer :

S : C'est pas vrai ! Ne me dis pas que tu ne lui a rien dit !
L : Non, j'ai essayé tout à l'heure mais je n'ai rien pu lui avoué.

De toute évidence ils parlaient d'elle. Mais elle ne comprenait rien : qu'est-ce que Largo voulait lui dire ?

S : Pourquoi ?
L : Ecoute, j'aime Joy. J'ai trouvé la femme de ma vie et je… j'ai peur qu'elle n'éprouve pas la même chose que moi.

Joy n'arrivait pas à en croire ses oreilles : Largo venait de dire à Simon qu'il l'aimait. Non, elle avait sûrement dû mal entendre ou alors rêver… De l'autre côté, le discussion continuait :

S : Ecoute Largo, t'es mon meilleure pote et je supporterais pas que tu loupes la plus belle occasion de ta vie d'être heureux.
L : Tu as sans doute raison. Mais si…
S : Joy t'aime, Largo. Ça se voit. Quand vous êtes dans la même pièce, le température monte, l'atmosphère devient plus tendue. Et, je vais te dire une chose, tu es la seule personne devant laquelle Joy ne peut pas rester stoïque.

Largo ne savait plus quoi dire.
De l'autre coté de la porte, Joy non plus ne savait pas quoi penser. Alors, doucement, sans bruit, elle ouvrit la porte. Simon la vit et dit, embarrassé :

S : Euh, je crois que je vais partir maintenant.
L : Qu'est-ce qui t'arrives ?

Simon lui fit signe de ragarder vers l'endroit où se trouvait Joy. Lorsque Largo rencontra son regard, il ne le lâcha plus. Il se rendit à peine compte que Simon quittait la pièce. Dans un brouillard, il vit Joy s'approcher de lui.

L : Tu as tout entendu ?

C'était plus une affirmation qu'une question.

J (dans un murmure) : Oui.
L : Alors, tu sais tout. Je crois que je n'ai plus rien à dire si ce n'est que je pensais vraiment ce que j'ai dit à Simon.

Joy était maintenant devant Largo qui, lui, s'était levé pour se mettre à sa hauteur. La jeune femme n'osait plus plus le regarder et avait baissé les yeux. Largo lui caressa la joue et l'obligea à relever la tête. Doucement, comme s'il ne voulait pas l'effrayer, il se pencha et leurs lèvres s'effleurèrent. Largo rouvrit les yeux, pour voir la réaction de la femme qu'il aimait. Quand il vit son regard, il n'eut plus aucun doute. Il l'embrassa une nouvelle fois mais cette fois, leur baiser se fit passionné. Ils ne relâchèrent leur étreinte qu'à bout de souffle. Largo serra Joy contre lui et murmura à son oreille :

L : Je t'aime Joy.
J : Je t'aime Largo.

FIN
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