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Le Bunker 10 heures 27
L'enquête de Georgi avançait tant bien que mal. Il savait par ailleurs que quelqu'un d'autre la suivait parallèlement. La personne avait beau être une professionnelle dans l'art de camoufler son passage, le Russe savait la disposition de ses dossiers au millimètre près alors dès son retour et après quelques coups d'œils il avait remarqué que quelqu'un était venu dans le Bunker. Il avait dans les secondes qui avaient suivi deviné l'identité de celle qui était passé : il s'agissait bien de Joy. Il était ravi de voir qu'elle n'avait pas totalement tourné le dos au groupe W, mais craignait la réaction de son patron ; de ce fait il décida de ne rien lui dire et de poursuivre comme si de rien n'était. Il espérait toutefois entrer en contact avec l'ex-agent de la CIA car son job à elle s'était le terrain tandis que celui du Russe était de rester et chercher des informations. A eux deux ils rééussiraient plus vite à déécouvrir l'organisateur de ses tueries. Dix minutes plus tard Cassandra vint le voir :
" _M.Kerensky, excusez-moi de vous déranger mais j'aurais besoin de quelques renseignements concernant le Groupe et plus précisément Largo, vous pouvez me trouver ça ? "
" _Vous savez que vous avez accès à tous les dossiers depuis l'ordinateur de votre bureau. Mais puisque vous êtes là qu'est-ce qu'il vous faut ? " demanda le Russe sans lever les yeux de son écran. (il fait bien, si c'est pour voir cette cloche…lol…)
" _J'ai besoin de posséder l'emploi du temps de Largo de toute la semaine prochaine. Sa secrétaire n'est pas là et je voulais savoir quand il pourrait m'accompagner voir les nouvelles mesures de sécurité mises en place par l'usine devant laquelle l'attaque s'est produite. " expliqua Mme. Williams.
" _Je ne sais pas ce qu'il fait exactement, d'ailleurs rien n'est jamais sûr car la plus part du temps ses horaires changent. Mais je peux vous dire qu'avant deux jours il ne sera pas libre. Il doit assister aux cérémonies en mémoire des personnes qui sont mortes dans la tour hier. " récita Kerensky tout en regardant les données qui parvenaient à son ordinateur.
" _Je vous remercie beaucoup, je vais le consulter pour voir quand ça sera le mieux pour lui. Au revoir. " lui dit-elle avant de quitter la pièce.
Georgi se replonea dans ses recherches pendant que Largo arrivait à La Winch Company de l'hôpital. Durant le trajet il avait beaucoup repensé aux dires de Simon mais une phrase revenait sans cesse à son esprit " parce qu'elle, elle tu l'aimes ". Il ne savait pas quoi en penser. Il essaya de rester neutre et de se l'enlever de la tête. Une vingtaine de minutes plus tard lui aussi rejoignit Georgi après avoir échangé quelques mots avec Cassandra et Sullivan.
" _Salut Georgi, tu as découvert des choses intéressantes sur nos voleurs- pyromanes ? " demanda Winch tout en se jetant dans un canapé.
" _En fait il y a quelques minutes je t'aurai dit non mais je viens de repérer une faille dans leurs prestations. Ils ont essayé sans conteste de nous mener vers la piste d'un gang japonais mais il n'en est rien. L'homme tué était Coréen. Ca auraient d'ailleurs très bien pu être des Turcs ou des Chinois. Les hommes ont été engagés à la sauvette. Ca m'a d'ailleurs été confirmé par un de mes indics, Pablo, qui auparavant balançait des informations à la CIA. Il m'a rapporté des bruits plus que passionnants contre quelques milliers de dollars. En effet il se souvient très bien de l'homme qui avait été abattu lors de l'attaque. Il l'avait rencontré deux ou trois jours avant, lui et son beau-frère avaient été employés par une bande qui a une femme à sa tête et qui leur a imposé une seule condition pour qu'ils aient le job : se faire ce tatouage sur la main. Ils voulaient sans doute que nous portions nos soupçons sur le clan de Shang Peu.
Mais la raison je ne la connais pas encore. En tout cas aucun des hommes qui lui ont parléé ne savaient exactement qui éétait la personne qui les avait paéyés. La seule chose qu'il a pu m'apprendre c'est que éc'était une Euéropéenne, ou unée Américaine mais certainement pas une Asiatique,é qui était àà la têête de toutes éses opératioénés. " répéta le Russe.
" _Et il ne t'a pas dit comment elle les contactait ? Il ne sait pas où ils devaient la rencontrer ? " interrogea Winch.
" _Il ne le savait pas. Il lui semble néanmoins avoir entendu que les individus parlaient d'une église. Il n'a pas pu le demander aux hommes après l'attaque. En effet tous ceux qui ont échappé à la police ou qui sont partis ont été : soit abattus soit contraint à l'exil dans leur pays d'origine après avoir ramené le camion devant cette église." raconta Kerensky.
" _Dans une église ? Ca ne va pas nous aider beaucoup. Tu sais combien il y a d'églises dans la ville ? Mais c'est déjà mieux que rien. " avoua Largo.
" _Il va falloir engager des hommes pour les surveiller toutes. Mais on ne leur dira pas la vraie raison de leur travail, il suffira de leur ordonner de nous signaler l'arrivée d'individus suspects. Il faut à tout prix faire taire cette histoire et n'en parler à personne, on ne sait jamais qui peut-être impliqué. Si jamais les investigateurs de cet événement apprennent qu'on est à leurs trousses ils pourraient se servir des bactéries et les lancer dans le commerce. " émit le Russe.
" _Tu as raison, alors charges toi de ça pendant que je vais présider cette réunion du conseil. Je passerai ensuite puis on pourra aller rendre visite à Simon " proposa le milliardaire qui ne voulait absolument pas se retrouver seul face à son meilleur ami, surtout que celui-ci avait tendance à lui dire certaines vérités qui à ses yeux n'étaient pas bonnes à dire.
" _Au fait Largo, il y a Mme Williams qui te cherche. Elle voulait te proposer de l'accompagner dans l'usine pour vérifier les nouvelles installations de sécurité. " lui apprit-il.
" Pourtant je l'ai vu tout à l'heure et elle m'en a rien dit . Elle a dû oublier, ce n'est pas grave j'irai la voir tout à l'heure. " dit-il.
Suite à ça, Winch quitta sa pièce ; Georgi se remit dans ses recherches tout en espérant que Joy avait eu les mêmes informations que lui. Il n'en était pas sûr, mais il lui semblait qu'elle aussi avait eu affaire à ce Pablo il y a quelques années. Ce qu'il ne savait pas, c'est qu'elle savait quelque chose de plus qu'eux : elle connaissait le nom de l'église. A croire que Pablo avait gardé un souvenir plus déplaisant de son entrevue avec Joy qu'avec Georgi et qu'il savait ce qu'il risquait en lui omettant un détail quel qu'il soit
Angle de la 27ème Avenue Devant la " Riverside Church ", 11 heures 47
Cela faisait maintenant plus de dix jours que Joy était en planque dans sa voiture pour démasquer la fameuse femme qui voulait anéantir le groupe W. Cela faisait aussi plus de dix jours qu'elle n'avait presque pas dormi. Son quotidien se composait de surveillance, de surveillance et encore de surveillance. Toutes les activités liées à une vie équilibrée étaient laissées de côté. Elle ne mangeait que lorsque c'était nécessaire, elle ne buvait seulement quand elle en ressentait vraiment le besoin. Elle pouvait passer des heures et des heures à regarder cette porte dans l'espoir d'y voir un visage suspect. Dès qu'elle revoyait une personne précédemment remarquée elle faisait en sorte de se procurer son casier judiciaire. Par malheur chaque fois c'étaient de parfaits chrétiens et nullement des tueurs. C'était rassurant dans un sens mais pour elle ce n'éta
" _Madame, achetez mon journal. Vous avez à la une interview exclusive du chef de la sécurité de la Winch Company qui rend hommage aux victimes du feu. "
" _Tu peux me donner ça ? Je veux juste voir de quoi il s'agit. " s'intéressa soudainement Joy en voyant qu'il était question de Simon.
" _Non, si vous voulez le lire, il faut l'acheter. Si vous regardez avant vous n'en voudrez plus après. " refusa le jeune vendeur.
" _D'accord, tu as gagné, donne-moi un exemplaire de ton magazine, s'il te plait. " demanda Joy tout en le lui payant.
Elle entreprit de parcourir l'article concernant son ami pendant que l'enfant s'éloignait à la recherche d'autres clients potentiels. Une fois le papier terminé, elle décida de rendre visite à Simon même si elle devait arrêter sa garde devant l'église. Après tout il était plus important que cette maudite femme même si elle pouvait provoquer un vrai désastre. Elle devait le voir car elle ne savait pas ce qui pouvait se passer et elle ne pouvait pas partir sans lui dire au revoir.
Elle remonta alors dans sa voiture, passa dans un motel sur la route prendre une douche et se changer avant de se diriger vers l'hôpital. Elle voulait cacher la fatigue qui se dégageait d'elle et dissimuler à son ami la souffrance qu'elle endurait même si elle refusait de l'avouer.
Chambre de Simon 13 heures 29
Simon dormait, il était extenué par toutes ses visites (vous vous rendez compte du nombre de ses copines qui ont du venir.. lol…) et des interviews qu'il avait données. Joy entra dans sa chambre en frappant doucement, ce qui fit tout de même sursauter le Suisse qui dormait d'un sommeil plus que léger :
" _Joy, c'est toi ! J'avais peur que tu aies oublié qu'un grand infirme attendait ta visite impatiemment." blagua Simon avec un grand sourire.
" _Je suis désolée de ne pas être passée plus tôt, mais j'avais des choses importantes à régler. Mais comment tu te sens ? J'ai vu que tu es devenu une grande star, tu fais même la couverture de magazines. " plaisanta- t'elle à son tour tout en s'asseyant sur la chaise précédemment occupée par son ex-patron.
" _Je vais bien ne t'en fais pas et ça grâce à toi. Je te remercie d'avoir risqué ta vie pour me sauver. Au fait les choses que tu devais régler, elles ne concerneraient pas un certain homme prénommé Largo ? " lui demanda son ami.
A l'entente de son nom, le sourire qu'elle arborait jusqu'a présent disparut. C'était une des rares choses qui cachait l'épuisement qui avait pris place dans son corps. Elle regarda Simon puis répondit machinalement et avec le plus d'assurance qu'elle put trouver à sa question :
" _Il ne fait plus partie de ma vie. "
" _Alors pourquoi tu t'es comme glacée dès que j'ai daigné dire son nom ? Tu sais ce que je crois Joy, je crois que tu t'en veux à toi-même plus qu'à lui. " suggéra Ovronnaz.
" _Je ne vois pas ce que tu veux dire, je ne me reproche absolument rien. Qu'est-ce que tu insinues encore ? " l'interrogea l'ex-garde du corps.
" _Je pense que tu t'en veux parce que tu n'arrives pas à le haïr en dépit de tout ce qu'il t'a dit et de tout ce qu'il t'a fait. Tu es en colère contre toi, car tu continues à vouloir le défendre même si tu ne l'accomplis pas directement, tu essaies de te convaincre que tu le fais pour quelqu'un d'autre alors qu'au fond de toi tu sais que c'est pour lui. Si je ne te connaissais pas je dirai que tu es entrain de poursuivre l'enquête sur les aliments contaminés. Tu t'es persuadée que c'était pour protéger tous les gens qui pourraient en mourir alors que tu sais incontestablement que tu veux lui prouver que tu aurais pu le faire s'il avait seulement consenti à te le demander…. au lieu de t'accuser de ne pas avoir réussi, alors que tu n'étais pas responsable. Est-ce que je me trompe ? " la questionna le jeune homme.
" _Je.. je ne le fais pas pour lui. Je le fais pour moi, pour vous, pour les personnes qui pourraient en être victimes. Je ne suis pas en ardeur contre moi, tu te trompes " le contredit son amie.
" _Alors pourquoi tu baisses les yeux quand tu le dis ?. Si tu n'étais pas si exténuée tu saurais cacher tes émotions mais même toi tu en es incapable dans l'état où tu es. On dirait que tu n'as pas dormi depuis cet incident. Tu ressembles à un zombie, tu as des cernes autour des yeux qui eux se ferment tous seuls. Mais qu'est-ce qui t'empêche d'avouer ce que tu ressens ? Tu sais bien que je ne dirai rien. Tu sais que je te soutiendrai, tu n'as pas oublié que je suis ton ami. " lui rappela Simon
" _Je sais tout ça, ne t'en fais pas, mais c'est trop tard. J'ai décidé d'élucider cette affaire et je vais y parvenir même si je dois rester dans cette 27ème Avenue jusqu'à la fin de ma vie. Ne me demande pas pourquoi je le fais réellement, je préfère me tenir aux raisons auxquelles je crois tant bien que mal. " lui narra son amie tout en se levant
" _Tu vas où encore ? Restes ici Joy ;Tu ne peux pas fuir jusqu'à la fin de tes jours. Tu ne vas rien prouver en y allant seule, tout ce que tu risques c'est de te faire tuer. A quoi ça servirait ? A rien alors laisse les t'aider, je suis sûr qu'ils en sont au même point que toi. " la pria Ovronnaz.
" _Je dois y aller Simon, même si je ne sais pas la vraie raison, je me dois d'y aller. Prends soin de toi. " lui dit-elle avant de déposer un baiser sur sa joue.
Elle se dirigea ensuite vers la porte lorsque Simon, comme il l'avait d'ailleurs fait auparavant avec son meilleur ami l'interrompit, :
" _Joy, même si tu le sais au fond de toi ça ne fait pas de mal d'entendre la réponse à ta question d'une autre bouche que la sienne. "
" _De quoi tu parles Simon ? Il faut que j'y aille, je n'ai pas le temps, je suis navrée. " lui répondit la jeune femme en ouvrant la porte et en lui tournant le dos. Il finit tout de même sa phrase avant qu'elle n'eut le temps de la refermer :
" _Tu le fais parce que lui, lui tu l'aimes. "
Elle ne se retourna pas, mais s'arrêta juste quelques secondes, c'était très court mais assez long pour monter que ça l'avait touché et que c'était certainement la vérité. Finalement elle revint sur ses pas et regarda la Suisse mais ne put dire quoi que ce soit et ferma la porte lorsque soudain elle bouscula quelqu'un. Elle leva les yeux et vit que son ancien patron se tenait face à elle. Il était apparemment aussi surpris qu'elle de la voir d'aussi près, et même s'il voulait lui dire quelque chose les mots ne vinrent pas. Il s'était pourtant persuadé de ne pas vouloir reprendre contact avec elle, mais maintenant qu'elle était devant lui c'était plus fort que toutes ses paroles et ses promesses. Kerensky décida de débloquer la situation et salua son ex-partenaire :
" _Bonjour Joy, comment tu vas ? Je suis vraiment ravi de te revoir. Je crois que vous avez des choses à vous dire alors je vais vous laisser. "
Sur ce, le Russe partit, leur lança un léger sourire et entra dans la chambre de Simon, sans pour autant fermer la porte totalement
Le couloir de l'hôpital 14 heures 37
Joy n'avait toujours pas réagi et Largo encore moins ; mais la connaissant suffisamment bien, il savait que s'il ne tentait rien les choses n'évolueraient pas et qu'elle s'en irait une fois de plus, sauf que celle-là risquait d'être la dernière. L'espace d'une seconde il sourit car il venait lui-même de se contredire ; il n'y a pas très longtemps il se plaignait de ne pas la connaître assez bien alors que maintenant il se prouvait lui-même le contraire en devinant ses pensées. Et qu'est ce qu'il peut y avoir de plus beau que de lire dans l'être qui nous est cher ou qu'on aime comme dans un livre ouvert. Il entreprit finalement de prononcer quelques mots :
" _Joy, je.. je suis désolé. "
" _Largo, il faut que j'y aille. Nous n'avons plus rien à nous dire. Je ne t'en veux pas, pas plus qu'à moi." lui répondit la jeune femme dont les dires ne semblaient pas totalement sincères tout en le contournant et s'apprêtant à partir.
Le jeune homme la regarda s'écarter puis accourut la rejoindre avant qu'elle n'eut le temps d'atteindre la sortie. Il finit par la dépasser et se mit à travers de son chemin, elle tenta une fois de plus de l'éviter mais il lui prit la main ce qui la stoppa. Cette scène avait pour les deux un goût de déjà vu. Soudain un grand nombre de souvenirs plus ou moins douloureux refirent surface. Pour la première fois depuis bien longtemps Joy regarda Largo dans les yeux sans haine. Il essaya encore une fois de lui soutirer juste quelques mots, quelques mots profonds qui pourraient le rassurer, qui lui prouveraient qu'elle ne lui en voulait pas réellement, elle avait beau le lui avoir dit mais cela ne paraissait pas franc :
" _Comment tu vas ? Qu'est-ce que tu as fait depuis tout ce temps ? Est-ce qu'on peut discuter tous les deux ? S'il te plaît. "
" _Je vais bien… je dois y aller, j'ai du travail. Je n'ai pas le temps. Je suis désolée pour les bons moments, pour les mauvais moments, je suis désolée pour tout. Je ne t'en veux pas pour ce que tu m'as dit ou fait mais je t'en veux car tu es ce que tu es. Mais ça tu n'y peux rien." conclut-elle en évacuant enfin ce qu'elle refoulait au fond d'elle depuis tout ce temps.
Elle s'éloigna ce qui fit glisser sa main en dehors de celle de Largo, il la vit s'éloigner pour de bon et resta quelques minutes devant l'entrée. Puis il rejoignit Georgi qui l'attendait dans la chambre de Simon.
Chambre de Simon 14 heures 39
Georgi et Simon parlaient de Joy et de Largo lorsque ce dernier entra dans la pièce, son regard grave fit immédiatement comprendre à ses amis que plus jamais ils ne reformeraient l'équipe qu'ils avaient constituée auparavant. Simon tenta de calmer les choses sans tout de même faire remarquer à son ami qu'il avait été injuste envers leur amie:
" _Tu vois dorénavant ce que j'essayais de te dire ? Tu agis toujours et tu penses aux conséquences après. Je crains malheureusement que cette fois-ci elle ne te pardonne pas. Elle avait déjà mal digéré que tu lui indiques plus que clairement la porte lorsque Diana était apparue ; puis maintenant tu l'accuses à tord dès que Cassandra pointe le bout de son nez. Je doute qu'elle puisse te pardonner. "
" _Je crois que je n'ai pas besoin de tes critiques incessantes. Non mais tu penses réellement être meilleur que moi ? " l'interrogea Winch.
" _Si tu le prends comme ça je vais t'expliquer les choses différemment. Moi je n'ai rien à voir dans cette histoire et moi je ne suis pas amoureux, alors je ne vois pas l'intérêt de courir après une fille mais si je trouvais la bonne je t'assure que je ne la lâcherai pas. Toi tu es trop borné pour avouer que tu as eu tord et je pourrais te le répéter deux mille fois si tu n'écoutes pas ça ne sert à rien. " narra Simon.
" _J'ai essayé de lui parler mais elle n'a pas voulu. Je ne suis pas borné du tout mais toi tu commences à m'énerver sérieusement à vouloir te mêler de ma vie. La tienne n'est pas mieux alors occupes toi de tes problèmes avant de te consacrer à mon cas ! ! ! ! " hurla presque Winch tout en tapant des mains sur le mur de la chambre de son ami
" _Non mais t'es vraiment fou ! ! ! Tu veux quoi ? Qu'elle se fasse tuer sur cette 27ème avenue ? "demanda Ovronnaz en prenant le même ton que son ami.
" _Mais fous-moi la paix ! !Bon….. "
" _Attends Largo, Simon tu as bien dit dans la 27ème Avenue à l'instant ?" questionna Kerensky en coupant son patron.
" _Quoi ? Qu'est ce que tu dis ? Oui, il me semble.. c'est ça c'est ce qu'a dit Joy tout à l'heure. En effet elle a furtivement fait allusion à cet endroit dans une de ses phrases mais pourquoi tu me parles de ça ? " s'informa le Suisse qui n'était pas très au courant des suites des opérations.
" _Il se trouve qu'il y a justement une église à cet endroit là, qui sait, Joy a sûrement eu les mêmes informations que nous…même plus d'après tes dires. S'il c'est le bon endroit on devrait aller l'aider un peu. " expliqua le Russe.
" _Mais de quoi parlez-vous ? Je ne comprends rien moi. Joy aurait poursuivi l'enquête malgré son départ ? " demanda Winch.
" _Je ne voulais pas te le dire car j'avais peur que tu réagisses mal étant donné les rapports que tu as avec elle ces derniers jours. " avoua Georgi.
" _Mais qu'est-ce qu'elle t'a dit Simon ? Qu'est-ce qu'elle compte faire maintenant ? " s'inquiéta le jeune milliardaire.
" _Tout ce que j'ai pu en tirer, c'est qu'elle voulait régler cette affaire seule et que cela faisait des jours et des jours qu'elle était planquée devant cette église. J'ai peur qu'elle ne finisse par avoir celui pour lequel elle est venue. Joy est forte mais je ne sais pas si elle tiendra avec sa fatigue. Il faut aller lui donner un coup de main. Ca fait déjà une bonne demi-heure qu'elle est partie. " soumit Simon tout en se recouchant car lui aussi avait besoin de repos.
Georgi et Largo partirent mais durent faire un arrêt à La Winch Company pour prendre des armes car ils n'en avaient pas sur eux. Ils allaient après tout rendre visite à un ami à l'hôpital et non pas participer à un concours de tir.
Angle de la 27ème Avenue Devant la " Riverside Church ", 15 heures 07
Joy avait repris la place qu'elle occupait depuis un bout de temps devant cette église. Elle avait du mal à se concentrer sur l'entrée car elle repensait sans cesse à sa confrontation qu'elle avait eu quelques minutes auparavant avec son ancien patron. Elle avait cru ne plus jamais le revoir mais cette entrevue, aussi courte quelle fut été, avait éveillé en elle tellement de souvenirs et tellement de sentiments refoulés depuis leur altercation devant l'hôpital. Elle fut soudainement sortie de ses pensées et se releva sur son siège, duquel elle avait tendance à glisser, par quatre hommes qui venaient de pénétrer dans la bâtisse et qui n'avaient pas vraiment l'air d'être de gentils chrétiens se rendant à la messe. Elle prit quelques armes, les cacha sous son manteau et s'avança doucement vers ces individus. Pour elle, l'heure de la vengeance avait sonné.
Dans la " Riverside Church " 15 heures 19
Une fois dedans elle put voir les quatre personnes devant le confessionnal. La jeune femme s'assit auprès de deux nonnes, seule autre présence humaine dans ce lieu saint, sans quitter des yeux le petit groupe. Au bout de dix minutes celui qui était à l'intérieur sortit. Joy s'apprêtait à se lever lorsque à la place du prêtre une femme émergea. L'ex garde du corps faillit s'évanouir en voyant l'identité de celle-ci. Par malchance elle la vit aussi et ordonna à ses hommes de la désarmer et de lui tirer dessus si elle montrait du refus. Joy voulut se défendre mais s'y résigna car ils auraient pu faire feu sur les religieuses. Ils lui enlevèrent toutes les armes qu'il purent trouver, mirent un bandeau sur sa bouche et la tinrent avec les deux mains dans le dos ; Puis, un des deux hommes se retourna vers sa patronne et lui envoya l'arsenal avant de lui demander :
" _J'en fais quoi de ces deux vieilles croyantes moi? Elles ont vu à quoi nous ressemblions et peuvent nous identifier ! ".
" _Tu leur règles leur compte, je veux que personne ne vienne empiéter sur mon territoire. Il n'est pas question de s'arrêter en si bon chemin. " rétorqua la femme sans aucun sentiment de haine et sans aucun problème ; au contraire elle arborait un ton assuré et serein.
Aussitôt dit aussitôt fait. Le tueur s'était en effet approché des deux femmes apeurées et leur avait logé une balle entre les deux yeux. Joy assistait à ce spectacle meurtrie, mais elle ne pouvait rien faire même si elle avait essayé de se débattre. Ensuite la chef de la bande s'approcha de l'ex-agent de la Cia et lui parla avec un regard victorieux :
" _Je croyais m'être débarrassé de vous lorsque Largo vous a renvoyé mais je me trompais. Je ne vous savais pas si coriace mais ce n'est que mieux, au moins là je serai sûre que vous ne me poserez plus de problèmes là où je vous envoie. "
Voyant que Joy essayait de lui dire quelque chose et étant certaine de sa supériorité elle lui proposa quelque chosa mais à une seule condition :
" _Je vous enlève ce foulard de la bouche pour que vous puissiez vous exprimer mais si vous essayez de crier ou d'appeler au secours je vous tuerai de mes propres mains. "
L'ex-employée de Winch hocha la tête en signe d'acceptation, non sans lui lancer son fameux regard noir. Puis la femme le lui enleva :
" _Mais vous êtes malades ???!! Pourquoi faites-vous ça ? Vous avez tout, que vous faut il de plus???!!! " s'insurgea Joy.
" _Je n'ai pas ce que je voulais depuis toujours et ce pourquoi je suis venue : le Groupe W. C'est d'ailleurs pour ça que la bactérie n'a pas encore été mise sur le marché. Si je réussis à obtenir la Company je ne voudrais pas que les gens s'en désintéressent à cause de cette mauvaise publicité. Par contre si je ne réussis pas à épouser Largo et a le tuer par la suite, je ne vais pas me gêner et créer une multinationale concurrente pour le détruire. " expliqua-t-elle.
" _Cassandra (je sais tout le monde le savait déjà… je ne fais pas seulement allusion à toi Auré…lol ) vous êtes encore plus détestable que je l'aurais jamais imaginé ! ! ! Vous n'y arriverez jamais ! ! ! Largo ne vous laissera pas faire ! ! ! " réfuta la jeune femme.
" _Ne t'en fais pas pour ça. Je suis aux petits soins pour lui depuis mon arrivée et je fais absolument tout ce qui lui plaît. De toute manière mon plan est infaillible, aucun homme n'a jamais résisté à mes charmes alors ça ne va pas commencer aujourd'hui. Je suis sûre de ça. " garantit Cassandra.
" _Tu sais quoi ? Tu vas tomber et de très haut. Je peux te l'assurer. Tu n'arriveras jamais à t'en sortir. Tu sais ce que c'est ton problème ? C'est que tu as un ego démesuré ! Pourtant ta plus grande faiblesse c'est que tu crois que tu n'en as pas ! " conclut Joy.
" _C'et très joli tout ce que tu dis, mais je n'ai pas le temps d'écouter tes stupidités plus longtemps. Occupez-vous d'elle !!" ordonna-t-elle à ses hommes.
A cet instant là elle se retourna et Joy désarma l'homme qui la tenait, elle lui prit son arme et sauta par-dessus les chaises de la paroisse pour trouver un abri. Cassandra voyant que la situation la dépassait commanda à ses hommes de main de tirer à volonté et d'éliminer leur captive par quelque moyen que ce soit. C'est ce qu'ils firent en se déplaçant dans tous les coins. Mme. Williams, à laquelle les sirènes de police se faisant entendre au loin avaient fait peur, s'échappa par la sortie de derrière. Les meurtriers continuèrent leur assaut et augmentèrent même la cadence. A un moment Joy se retrouva sans arme, elle essaya de saisir celle qu'ils lui avaient pris auparavant mais le stress et le surmenage combinés eurent avantage sur elle et une balle l'atteignit en pleine poitrine. Elle s'écroula à terre en même temps que les policiers arrivèrent, envoyés et alertés par Winch qui s'éétait trouvéé bloqéué dans les embouteillages. Ilsé désarmement les malfrats et les secouristes prirent Joy en charge avant de l'amener àà l'hôôpital.
Angle de la 27ème Avenue Devant la " Riverside Church ", 15 heures 39
Largo venait à peine d'arriver lorsqu'il vit la foule qui s'était formée autour de la petite abbaye. Il arriva tant bien que mal à se frayer un chemin entre les curieux pour arriver devant les forces de police en compagnie de Georgi. Après s'être présenté il avait été conduit auprès du responsable des différentes unités. Dès qu'il fut à sa hauteur, il l'asséna de questions :
" _Que c'est-il passé ? Où est Joy, Où est Joy ? Je veux savoir ce qui se passe ? "
" _Messieurs, je suppose que vous parlez de la jeune femme qui s'est fait tirer dessus ? Tout ce que je sais c'est qu'elle a fait un arrêt cardiaque avant le départ de l'ambulance. ...."
" _Ce n'est pas possible, pas ça ! ! ! ! Vous pouvez me dire dans quel hôpital elle a été transportée ? " demanda tout en paniquant Winch.
" _Il me semble avoir entendu parler de l'hôpital St. John mais je ne peux pas vous l'assurer à cent pour cent. " répondit l'un des policiers.
Tout de suite après avoir eu cette information Largo accourut vers sa voiture suivi de très près par Kerensky et ils partirent en direction du lieu indiqué par l'homme.
Hôpital St. John 16 heures 17
Après avoir roulé plus d'une vingtaine de minutes les deux hommes arrivèrent enfin à leur destination. Sans perdre une seconde ils se dirigèrent vers l'accueil. Dès que la standardiste eut raccroché le téléphone Largo l'interrogea :
" _Je voudrais savoir comment elle va ? Dites-moi qu'elle s'en sortira, je vous en prie. Il faut la garder en vie impérativement ! ! ! "
" _Monsieur, je vous prie de vous calmer et de m'expliquer de qui vous parlez car nous avons un grand nombre de malades et je ne sais pas à qui vous faites allusion. " exposa gentiment la jeune femme.
" _Joy Arden, elle a été prise en charge après une fusillade, elle a dû arriver il y a une vingtaine de minutes de cela. " expliqua Georgi qui voyait que son ami ne réussirait pas à reprendre son calme sans des nouvelles et très rapides.
" _D'accord. Alors c'est le Docteur MacKenzie qui s'occupe de cette personne. Il est actuellement en train de lui promulguer des soins. Qui êtes vous en fait ? Il ne me semble pas que vous vous soyez présentés. " s'informa-t-elle.
" _Nous sommes ses amis de Joy. Je suis Largo Winch et voici Georgi Kerensky. Quand pourrions nous aller lui rendre visite ? " demanda le milliardaire.
" _Je crains que cela ne soit impossible, seuls les membres de sa famille sont autorisés à entrer dans sa chambre. " conta la réceptionniste.
" _Je désirerai en parler avec son médecin tout de même si vous n'y voyez aucun inconvénient. " exigea le jeune homme.
" _Le voilà justement qui arrive, alors si vous voulez plaider votre cause auprès de lui vous pouvez. " termina la demoiselle en prenant un autre appel.
Largo et Georgi avancèrent vers MacKenzie et s'arrêtèrent quelques mètres avant lui car il discutait avec l'un de ses collègues. Ils devaient sans doute polémiquer au sujet d'un cas médical très intéressant car ils prirent un temps fou. Puis une fois cet entretien terminé ils l'apostrophèrent :
" _Monsieur, excusez-nous de vous déranger mais nous sommes des amis de Joy Arden et nous aimerions prendre des nouvelles de son état. " commença Largo.
" _Je suis ravi de voir quelqu'un au sujet de cette patiente mais je ne suis pas autorisé à vous parler de mon diagnostic car vous n'êtes pas de la famille. " émit-il.
" _Mais il nous sera impossible de joindre un de ses proches et puis nous avons des rapports très personnels alors je vous en prie dites-nous si elle va bien ou pas. " conta Largo.
" _Dans ce cas là je suis obligé de capituler alors je vais vous demander de me rejoindre dans mon bureau d'ici une heure car j'ai quelques papiers à régler d'ici là. " proposa le praticien avant de prendre quelques dossiers et de s'en aller.
Les deux hommes restèrent assis pendant une bonne vingtaine de minutes voire plus. Largo voulait parler à quelqu'un d'autre qu'un platane mais il avait peur qu'on lui reproche encore et toujours les mêmes choses. De ce fait il se tut. Georgi était allé chercher quelques cafés pour les garder éveillées car eux aussi n'avaient pas dormi bien longtemps ces dernières semaines. Le milliardaire chez qui le silence pesait s'apprêtait à consulter le Russe lorsqu'une infirmière vient à son encontre.
" _Monsieur Winch, pardonnez-moi de vous importuner, mais une certaine Cassandra Williams désirerait vous parler, elle nous appelle d'un autre établissement. Elle dit que c'est très urgent. "
" _Je vous remercie beaucoup, je vais aller prendre l'appel. Où puis-je avoir un téléphone ? " interrogea le jeune multimilliardaire.
" _Suivez-moi je vous prie, il y a un poste qui s'est libéré non loin de là. " lui soumit l'aide soignante tout en lui désignant l'endroit qui se situait à quelques pas.
Largo s'avança dans une petite pièce où effectivement plusieurs postes étaient entreposés. D'ailleurs d'autres personnes s'y trouvaient avec des mines très différents, les uns exprimaient la désolation souffrance et les autres la joie. C'était à la fois un spectacle rassurant et effrayant. A tout moment on pouvait se retrouver dans une des positions et l'éventualité de la première glaçait tout le monde. Largo saisit l'appareil indiqué par la femme et répondit :
" _Cassandra, qu'est ce qui se passe, qu'est ce qui t'arrives ? Tu vas bien rassures-moi, l'infirmière m'a dit que c'était très important et que tu étais dans une autre clinique. "
" _Je n'ai absolument rien mais je m'inquiétais pour toi. Je suis venue à notre rendez-vous comme prévu mais tu n'y étais pas. J'ai essayé de te joindre sur ton portable et tu ne répondais pas alors il faut comprendre pourquoi je m'alarmais autant. Par la suite j'ai réussi a avoir Gabriella qui m'a dit que vous étiez à l'hôpital au chevet de Simon. J'y suis mais vous n'y êtes pas et lui il dort. " narra la jeune femme.
" _Je suis à St. John. Joy s'est fait tirer dessus et je suis venu voir comment elle allait. Tu sais elle reste tout de même mon amie malgré nos différents. " répondit le milliardaire.
" _Elle va bien au moins ? Mais qu'est ce qui s'est passé ? Comment a-t-elle reçu cette balle ? Elle c'est réveillée?" questionna impatiemment Williams.
" _C'est très gentil de te part de te soucier ainsi pour elle. En fait elle ne s'est toujours pas rétablie. Nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé et je suppose qu'elle ne pourra pas beaucoup nous aider étant donné la violence du choc qu'elle a subi. " expliqua Largo.
" _J'aimerai venir vous rejoindre et vous soutenir, vous épauler dans de si durs moments. Est-ce que tu peux venir me chercher ? " interrogea Cassandra.
" _Je dois aller voir le médecin dans une trentaine de minutes mais je peux être là bas d'ici deux heures, si ça te convient. Sinon je peux envoyer Charly te chercher, tu préfères ? " proposa-t-il.
" Non, non je t'attendrai mais à l'angle de la 18ème et de la 4ème car je vais aller faire une petite promenade en attendant. Tu n'oublies pas, je serai à cet endroit. " répéta-t-elle.
" _Ne t'en fais pas et si j'ai un peu de retard sois patiente car je ne tarderai pas. Ne bouges pas car on doit revenir vite et je ne veux pas te chercher. " dit-il.
Sur ce Largo raccrocha et celle qui était à l'autre bout du fil aussi. Il partit rejoindre Georgi qu attendait toujours et ils se dirigèrent doucement mais sûrement vers le bureau du praticien. De son côté Cassandra recomposa tout de suite un autre numéro et lorsqu'une vois répondit elle lança :
" _Tout marche comme on l'avait prévu, dans deux heures vous pourrez entrer en jeu. Surtout faites attention je serai là aussi. "
" _Ne vous en faites pas, nous connaissons notre boulot et il va en avoir du spectacle et vous en aurez aussi pour votre argent. " rétorqua-t-il avant de couper la communication.
Part 4
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