U N FRERE (part 1)
 




Disclaimer: Les personnages ne nous appartiennent pas...

Zone de transit, aéroport de Montréal
(le 15 Décembre)
L : Ne me quittes pas Joy… Reste avec moi, sanglotait le jeune homme alors que la police de l'aéroport arrivait.
S : Les flics sont là, Largo. Je vais leur demander d'appeler une ambulance.
L : D'accord… murmura-t-il.
S : Messieurs, je m'appelle Simon Ovronnaz responsable de la sécurité du groupe W. Nous sommes tombés dans un guet-apens. La garde du corps de Largo Winch a été blessé.
Flic 1 : J'appelle une ambulance.
Flic 2 : OK, je m'occupe de leur déposition.

Le policier n° 2 interrogea Simon sur les circonstances exactes de ce désastre car il y avait plusieurs corps sans vie allongés sur le sol. L'agent n° 1 apporta une couverture pour préserver la jeune femme du froid qui régnait dans le hangar. Largo tenait la main de Joy, son regard était emplit de larmes qui coulaient le long de son visage. L'ambulance arriva environ 10 min après l'appel de la police, deux hommes en sortirent précipitamment

Ambulancier 1 : On a fait aussi vite qu'on pouvait. Le central a reçu un appel pour une femme blessée par balle. Dans quel état est-elle ?
Flic 1 : Ces personnes sont tombées dans une embuscade. La jeune femme qui s'occupe de la garde rapprochée de M. Winch a été blessée visiblement à l'épaule et peut-être ailleurs. Elle est inconsciente depuis une trentaine de minutes.
Ambulancier 2 : T.A. à 9, pouls faible. Il faut l'emmener d'urgence à l'hôpital le plus proche. On va la perdre si on attend trop.
Ambulancier 1 : A 3, on la met sur le brancard. 1, 2, 3… dépêchons-nous. Quelqu'un veut nous accompagner ? dit-il en se tournant vers nos deux amis.
L : Oui, moi. Simon, préviens Sullivan et Kerensky et rejoins-moi à l'hôpital.
S : Ça marche, mon pote.

Le jeune homme au regard bleu azur monta dans l'ambulance qui démarra en trombe, toutes sirènes hurlantes. Heureusement la circulation était fluide, ils ne mirent que 15 min pour arriver aux urgences. La jeune femme était toujours inconsciente, son teint devenait de plus en plus pâle.
Hôpital St Mary de Montréal, 17 h
Cela faisait plus de 4 heures que l'équipe médicale avait pris en charge la jeune femme. Le milliardaire tournait comme un lion en cage dans la salle d'attente se remémorant les dernières paroles de son amie. Le Suisse fit son apparition et essaya de calmer son ami.

S : Eh ! Largo, arrêtes de t'angoisser. Elle va s'en remettre, elle en a vu d'autres.
L : Je sais mais j'ai comme un mauvais pressentiment. Je n'arrête pas de penser à ce qu'elle a essayé de me dire. Sans elle, ma vie est fichue…
S : Ne dis pas ça. Sullivan est au courant, je lui ai tout raconté ; Quant à Kerensky, il a donné sa démission à cause de notre manque de confiance en lui.
L : Essaye de le retrouver. On a besoin de lui. Tiens voilà le docteur…
Dr : Je suis le docteur Carter, c'est moi qui me suis chargé de Mlle Arden. Suivez-moi, nous allons en discuter dans un coin plus tranquille.
L : Si vous voulez. Comment va Joy ? demanda-t-il de manière hésitante en entrant dans la petite pièce.
Dr : Votre amie a été diversement atteinte. Sa blessure à l'épaule est sans gravité. Malheureusement, elle a reçu une balle prés de la moelle épinière. Celle-ci entraînera de graves lésions des fonctions motrices sauf miracle. Lors de sa chute, Mlle Arden a violemment percutée le sol entraînant un grave traumatisme crânien. Sinon elle a aussi quelques côtes fêlées et cassées.
S : D'accord mais elle va s'en remettre ?
Dr : Je ne vous cacherais pas que son état est très sérieux. Elle n'a toujours pas repris connaissance. Dans l'immédiat, vous ne pourrez la voir que 10 min chacun à tour de rôle. Je pense que nous allons être dans l'obligation de lui faire une transfusion sanguine mais comme Mlle Arden est du groupe Bh. Je vais voir si je peux trouver un donneur de sang compatible avec votre amie car le sien est extrêmement rare et j'ai bien peur que l'on ait une chance sur deux de trouver une personne qui s'en rapproche. Il est possible qu'un don puisse nous aider à voir comment son corps réagit.
L : Pouvons nous la voir ?
Dr : Oui mais vous ne restez qu'un petit moment. Venez, je vous conduis. Vous pouvez aussi rester derrière la vitre.
S : Merci beaucoup.

Le médecin les emmena au service des soins intensifs où Joy avait été conduite. Elle était allongée sur un lit, elle paraissait si fragile. Ses amis n'étaient pas habitués à la voir ainsi. Simon en avait les larmes aux yeux tandis que son ami était perdu dans ses pensées. Après être restés plus de 2 heures à attendre un improbable réveil de leur amie, les deux hommes se rendirent dans un hôtel de la ville.
Hôtel des Sources, 21 h environ
S : Largo ? As-tu rappelé Sullivan ?
L : Ah non ! J'ai complètement oublié. Il décrocha le combiné et composa le numéro de son bras droit. John ? C'est Largo... Je ne rentre pas tout de suite... Joy est aux soins intensifs, le médecin ne peut pas se prononcer pour l'instant… Je vous laisse vous occuper du groupe pendant mon absence... Je vous tiens au courant. Au revoir, John. Et il raccrocha.
S : Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
L : Rien de particulier. Je vais appeler Diana. Peux-tu aller nous chercher de quoi boire ? Du lait de préférence.
S : No problemo.

15 min plus tard, le Suisse revint avec des sandwichs et du lait. Le beau milliardaire n'avait pas réussit à joindre Diana. Ils mangèrent puis allèrent se coucher.
Hôtel des Sources-Chambre 249, 03 h
Le téléphone portable de Largo sonna…
Dring, dring…

L : Allô ? fit-il la voix toute embuée.
Dr : M. Winch ? Ici, le docteur Carter. Veuillez m'excuser mais vous avez demandé à être prévenu immédiatement si l'état de Mlle Arden évoluait.
L : Oui. Que se passe-t-il ? Elle s'est réveillée ?
Dr : Malheureusement non. Son état a empiré. Elle a fait un arrêt cardiaque dû à la perforation de son poumon droit. Nous l'avons opéré de toute urgence mais elle a sombré dans le coma. Actuellement, elle est sous assistance respiratoire. Je l'ai transféré au service de réanimation.
L : J'arrive tout de suite docteur.
Dr : Je vous attends.

La conversation s'arrêta là.

L : Simon. Réveilles-toi.
S : Non, laisse-moi dormir.
L : Le médecin vient de m'appeler. Joy est dans le coma.
S : Comment ? !
L : Dépêches toi de t'habiller.
S : C'est bon. J'arrive.

Les deux compères s'habillèrent en vitesse et regagnèrent l'hôpital.
Service de réanimation, ½ heure après
Le docteur Carter les attendait dans le couloir face à la nouvelle chambre de la jeune femme. Largo avait vu le chef de service dés sa sortie de l'ascenseur mais il avait l'impression que plus il avançait plus le médecin s'éloignait.

L : Comment se fait-il que son état ait autant basculé ?
Dr : J'ai l'impression que votre amie ne veut pas se battre pour survivre. Différents facteurs peuvent en expliquer la cause. Etait-elle fatiguée, surmenée, déprimée ?
L : Non, non.
S : Tu as des œillères devant les yeux ou quoi ? Joy était déprimée, docteur, depuis quelques jours.
Dr : Je comprends mieux. J'aurais besoin d'autorisations pour pratiquer de plus amples examens.
L : Vous les avez.
Dr : Pouvez-vous joindre une personne de sa famille ou savez-vous si elle souhaite être réanimée au cas où elle ferait un nouvel arrêt ?
L : Pour ce qui est de sa famille, elle a rompu les ponts avec son père et sa mère est décédée il y a longtemps mais nous allons faire notre possible pour trouver un membre de sa famille.
Dr : Merci. Tenez-moi au courant.
S : C'est promis.

Le médecin s'éloigna en laissant les deux hommes s'expliquer sur la réponse de Simon.

L : Qu'est-ce que tu as voulu dire par "avoir des œillères devant les yeux" ?
S : Simplement que la présence de Diana t'empêchait d'être objectif envers Joy. C'est vrai quoi, tu l'as envoyé balader après que tu es découvert que Nério était en otage. Elle t'aime et toi tu l'as fait souffrir en t'affichant avec des personnes que tu n'aimais pas par amour. Tu devrais rentrer à New York pour régler les différents qu'il y a avec Kerensky. Moi, je reste avec elle.
L : Tu es sûr ?
S : Oui. Je te tiendrai au courant de l'évolution.

Simon ne laissa pas le temps à son ami de répondre. Il entra dans la chambre le laissant avec sa peine et sa douleur enfouies au plus profond de son être. Le bel étalon prit la direction de la sortie. Il héla un taxi pour que celui-ci le conduise à l'aéroport. Jerry attendait son patron qui l'avait prévenu de son arrivée imminente.

L'ex-voleur s'était assoupi, le ronflement et les sons réguliers des machines qui entouraient son amie avait fini par le bercer. Il fut sortit de son sommeil par les brancardiers qui venaient chercher l'ex-agent de la CIA. Le médecin avait demandé un IRM et divers scanners.
Chambre de Joy, 09 h 30
S : Il faut que tu te battes ma belle. Largo va finir par se rendre compte de ce qu'il a raté. Il ne faudra pas que tu le repousses. Reviens vers nous. Tu as encore beaucoup de choses à vivre. Tu es ma deuxième sœur, c'est pour cela que je te taquine si souvent…

Le docteur Carter entra…

Dr : M. Ovronnaz, veuillez m'excuser.
S : Ce n'est rien.
Dr : Pouvons-nous aller dans le couloir ?
S : Bien sûr. Quoi de neuf ?
Dr : J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer.
S : Commencez par la mauvaise.
Dr : Si vous voulez. Le traumatisme crânien s'avère être plus grave que je l'imaginais. C'est pour cela qu'elle a sombré dans le coma. Avec ce type de choc, on ne peut pas évaluer à quel moment elle pourra se réveiller, si jamais elle en sort. Il y a une chance sur deux pour qu'elle n'est aucune séquelle. D'autre part, la balle ne peut être extraite maintenant car elle est logée trop prés de la moelle épinière. Il serait préférable que Mlle Arden soit consciente pour les examens pré-opératoires.
S : En clair, soit elle récupère soit elle sera dans un état léthargique ?
Dr : C'est à peu prés ça. La bonne nouvelle est que nous avons trouvé un donneur qui pourrait être compatible.
S : Compatible ?! Mais c'est formidable !
Dr : Vous m'avez bien dit que votre amie n'avait plus de famille proche.
S : Oui.
Dr : Le donneur potentiel a un groupe sanguin identique à celui de votre amie mais je ne suis pas certain que la transfusion donne un résultat excellent à 100 %.

Le docteur continua ses explications devant un Simon complètement hébété.
Pendant ce temps...
New York, Centre de secours 55e district
Homme : Eh ! Doherty ! Viens par ici et ferme la porte derrière toi.
Doherty : Oui, chef. Qu'y a-t-il ?
Chef : Je viens de recevoir un appel du détective que tu as engagé après la naissance de Joey. Il a dit que tu devais partir immédiatement pour Montréal.
Doherty : Je ne comprends pas.
Chef : Tu comprendras une fois sur place. Tu es en congé pendant quatre jours. J'ai pris la peine de te réserver un billet d'avion. Tu dois partir tout de suite car ton vol est à 14 h. il a dit qu'il t'attendrait là-bas et que c'était une question de vie ou de mort. Alors, dépêches-toi !
Doherty : Bon, j'y vais. Merci pour le congé mais je ne pense pas que se soit nécessaire parce qu'à mon avis ça va faire comme la dernière fois…
Chef : Jimmy ! Tout ce que ce vieux bonhomme m'a dit c'est qu'à ton arrivée vous alliez à l'hôpital St Mary et je n'en sais pas plus.
Doherty : L'hôpital ?… Merci quand même, chef. A la semaine prochaine.
Chef : C'est ça.
Groupe W, 12 h 02
L : Simon ? C'est Largo… Diana et Jack sont introuvables… Kerensky a endommagé sa bécane. Au fait, Cardignac était plus que hargneux ce matin pendant le conseil… Marissa est partie sans laisser d'adresse… Dis-moi, peux-tu prendre ton ordinateur portable et brancher la webcam en direction de Joy pendant 15 min environ… Je vais retrouver Georgie pour lui montrer le résultat de notre manque de considération à son égard… Comment va Joy ?
S : Le médecin a peu d'espoir pour son rétablissement mais il a peut être trouvé un donneur.
L : Dés que j'en ai finis ici, je te rejoins.
S : Je te laisse. Je vais faire ce que tu m'as demandé. Aller, salut ; il raccrocha et sortit de la chambre.

En sortant, il remarqua que l'infirmier portait des chaussures de ville. Le Suisse, méfiant, lui attrapa le bras mais ce dernier sortit une arme. Le dragueur invétéré en fit autant et le toucha en pleine poitrine, l'homme s'écroula… mort. Il appela la sécurité de l'hôpital et, après avoir donné quelques explications, demanda à ce que deux vigiles gardent la chambre de la jeune femme.

L : John ?
John : Oui, Largo ?
L: Je pars à la recherche de Georgie… Je sais que vous désapprouvez mais c'est la seule personne que je connaisse qui puisse retrouver les responsables de cette embuscade… A ce propos, y-a-t-il un hôpital ou un centre spécialisé dans les graves traumatismes comme ceux de Joy à New York ?
John : Oui, le Lourdes Hospital est réputé. Nério connaissait le professeur Benton. Voulez-vous que je le contacte pour un entretien ?
L : S'il vous plait, John. Je souhaite le rencontrer le plus vite possible.
John : C'est entendu, à plus tard.

Le jeune homme raccrocha puis il décida de prendre une douche pour se relaxer avant de commencer ses recherches pour retrouver le Russe. Depuis qu'il était arrivé, il n'avait pas encore eu un moment à lui, car Del Ferril l'avait pris à partie. C'est seulement une fois sous cette averse d'eau bien chaude qu'il se rendit compte que son esprit était occupé par Joy dans ses bras dans le hangar puis allongée dans ce lit d'hôpital. Soudain il fut pris d'un léger vertige, et se promit de s'obliger à manger quelque chose avant de partir.
Aéroport de Montréal, 16 h
L'avion du pompier venait d'atterrir sur l'une des nombreuses pistes que comptaient l'aéroport international de Montréal. En arrivant dans le hall, il fut surpris par la multitude de policiers et de militaires qui patrouillaient, il n'avait pas vu un tel déploiement de forces depuis les attentats du 11 Septembre. Il cherchait du regard ce vieux hibou qu'il avait engagé des années auparavant pour retrouver sa vraie famille. A plusieurs reprises, le détective avait trouvé des pistes mais qui c'étaient montrées être de véritables impasses. Le bonhomme s'était placé dans un coin pour ne pas trop se faire remarquer tant son accoutrement était original. Il ressemblait énormément à Colombo mais à la légère différence que le personnage de fiction ne buvait pas et n'empestait pas l'alcool à longueur de journée. Au bout d'un moment, il se décida à s'approcher de son employeur de toujours.

Détective : M'sieur Doherty ! Content de vous voir !
Jimmy : Venez-en au fait Cornélius. Qu'avez-vous trouvé ?
Détective : J'ai enfin pu mettre la main sur ce que vous cherchez depuis toutes ces années… j'ai retrouvé une personne qui se pourrait bien être votre sœur car le nombre de points communs entre vous est saisissant. Malheureusement, je crains que vous ne puissiez profiter de cette charmante jeune femme…
Jimmy : Que voulez-vous dire ?
Détective : Elle a été conduite dans un état grave à l'hôpital St Mary. D'autre part, je pense que votre téléphone ne va pas tarder à sonner car le médecin qui l'a pris en charge cherche un donneur pour pratiquer sur elle une transfusion sanguine et comme…

Le vieil homme fut coupé par une sonnerie qui était celle du portable du pompier.

Jimmy : Allô ? Jimmy Doherty, je vous écoute… ça tombe bien, Docteur, car je suis actuellement à Montréal… j'en ai entendu parler… je serai là d'ici une vingtaine de minutes au plus tard…
Détective : Alors ? J'avais raison, non ?
Jimmy : Oui. Il faut nous dépêcher. Hep ! Taxi !

Les deux hommes s'installèrent sur la banquette arrière du véhicule et indiquèrent au chauffeur la direction choisie. Un quart d'heure plus tard, le pompier se trouvait devant l'entrée de l'immense hôpital.
Hôpital St Mary, 17 h
En entrant dans l'établissement, il fut aussi surprit qu'à l'aéroport car il y avait un nombre impressionnant de policiers.

Doherty : Bonjour. Un certain docteur Carter m'a convoqué pour effectuer des examens sanguins.
Standardiste : Je vais le prévenir de votre arrivée. Savez-vous où se trouve le service réanimation ?
Doherty : Oui, je vous remercie. Euh… Excusez-moi…
Standardiste : Oui.
Doherty : Pourquoi y-a-t-il autant de policiers ici ?
Standardiste : Une patiente a faillit se faire assassiner dans sa chambre mais rassurez-vous tout est rentré dans l'ordre.
Doherty : Merci.

Jimmy se rendit au service des soins intensifs où le médecin l'attendait avec une infirmière.

Dr : M. Doherty, je présume.
Doherty : Bonjour, docteur. Pouvez-vous m'expliquer précisément ma présence ici ?
Dr : Oui. Venez avec moi dans cette salle.
Doherty : Je vous suis.
Dr : Bon, fit-il en fermant, je vous explique depuis le début. Hier on m'a amené une jeune femme d'environ 25 ans ayant subit divers traumatismes. L'un deux nécessitera sûrement dans les prochaines heures une transfusion hors j'ai déjà vu un certain nombre de donneurs inscrits dans le registre et vous devez être le 9ème mais j'espère surtout que vous êtes le bon car j'ai peur que cette jeune femme décède si ça tarde trop. Une balle s'est logée à 2 deux millimètres de sa moelle épinière.
Doherty : Une balle ?!
Dr : Oui. Cette personne exerce le métier de garde du corps. Tout ce que je peux vous dire c'est que vous avez le même groupe sanguin qu'elle et qu'il y a un certain nombre de similitudes.
Doherty : C'est vrai que j'ai un groupe Bh très rare mais je ne pensais pas qu'on aurait besoin de mon sang un jour.
Dr : Je vais vous faire une prise de sang qui sera envoyée à trois laboratoires différents pour que nous soyons certains du résultat.

A ce moment-là, une infirmière entra avec un plateau sur lequel était posé des tubes et une aiguille.

Doherty : Je suis prêt, répondit-il alors que le médecin le piquait dans la veine.
Infirmière : Pour établir votre dossier, j'aurai besoin de connaître votre nom, prénom, adresse, téléphone, profession et antécédents familiaux.
Doherty : D'accord. DOHERTY Jimmy… 30e avenue immeuble 712… New York. Téléphone 575-6524. Je suis pompier dans le Bronx au 55e district. J'ai eu les maladies infantiles habituelles.
Infirmière : Pas de diabète ? Cancers ? Problèmes cardiaques ?
Doherty : Pas que je sache. J'ai été adopté.
Dr : C'est fini. Je vous remercie. Où pouvons-nous vous joindre pour vous communiquer les résultats ?
Doherty : A l'hôtel " Bel horizon " chambre 201.
Dr : C'est noté. Je vous tiens au courant.
Quelque part dans New York, 15
Largo tournait comme un lion en cage dans la Big Apple à la recherche de Kerensky. Il le trouva dans un cybercafé.

L : Eh ! Georgie. Je t'ai cherché partout.
K : Qu'est-ce qu'un capitaliste de ton envergure cherche auprès d'un petit informaticien " traître " de surcroît ?
L : Je viens te présenter mes excuses.
K : Et pourquoi devrais-je les accepter ?
L : Parce que nous sommes tombés dans une embuscade. Jagger nous attendait avec ses hommes. Ils ont récupéré mon père. Mais ce n'est pas ça le plus grave…dit-il en commençant à tapoter sur l'ordinateur du russe.
K : Ah oui ? Qu'est-ce que c'est alors ?
L : Ça…, fit-il en montrant du doigt une image qui venait d'apparaître sur l'écran.
K : Quoi ça… le Russe arrêta tout net la conversation en voyant le garde du corps entouré de multiples tuyaux. C'est une blague ? !
L : Non. On nous a tendu un piège. En me protégeant de Jagger, Joy a pris deux balles à ma place. Elle a essayé de me dire quelque chose mais elle n'en a pas eu le temps.
K : Elle est comme ça depuis hier ?
L : Depuis cette nuit, elle a fait un arrêt cardiaque et maintenant elle est plongée dans un profond coma. Le médecin qui s'occupe d'elle est pessimiste quant à ses chances de guérison.
K : Et que veux-tu que je fasse en admettant que j'accepte tes excuses ? dit-il après avoir retrouvé son sang froid.
L : Je veux que tu m'aides à coincer les responsables… Ils doivent payer. Tes conditions seront les miennes.
K : Entendu, je vais t'aider. Mes conditions sont très simples, à partir de maintenant vous me ferez confiance, Simon doit arrêter de me prendre la tête et je refuse d'être manipulé. Je compte bien rester au quartier général. Si vous avez besoin de moi, je viendrai vous donner un coup de main mais c'est tout.
L : Ça marche. On peut y aller maintenant ?
K : Oui.

Les deux hommes sortirent du cybercafé et se rendirent à la tour. Kerensky mit plus d'une heure à réparer les dégâts qu'il avait fait. Pendant ce temps, le milliardaire appela son fidèle compagnon.

L : Simon. Comment va Joy ?
S : On a évité une nouvelle catastrophe. Un type a essayé d'assassiner Joy tout à l'heure. Mais ne t'inquiète pas il a eu son compte.
L : Ecoute, je prend le jet et j'arrive.
S : Et ça servirait à quoi que tu viennes ? Deux vigiles gardent la porte de sa chambre, je vais m'installer auprès d'elle cette nuit. Et de ton côté, as-tu trouvé Kerensky ?
L : Oui. On est dans le bunker. Je lui ai fais des concessions, je t'expliquerai mieux quand on se verra. Au revoir.
S : A demain mon pote.

Largo se tourna vers le Russe et tous deux tombèrent d'accord sur le fait de se reposer quelques heures avant de faire les recherches.
Chambre 14 (celle de Joy), 9 h
La nuit s'était passée sans problèmes. L'état de la jeune femme était toujours jugé critique, aucune amélioration n'avait eu lieu. Le Suisse ne l'avait pas laissé malgré sa très forte envie de draguer toutes les infirmières et aides-soignantes qui passaient par-là. Le docteur fit son entrée…

Dr : Bonjour. Comment ça va aujourd'hui ?
S : Comme hier. Je lui parle mais il n'y a aucune réaction de sa part.
Dr : Je m'en doute. Continuez à lui parler, je repasserai un peu plus tard pour vous informer des résultats des analyses.
S : Bien, docteur et encore merci pour tout… dit-il en se tournant à nouveau vers Joy. Bonjour la belle au bois dormant. Je vais ouvrir le store pour laisser entrer la lumière. Je suis sûr que tu m'entends, je sais que le comportement de mon pote t'a fait énormément souffrir mais tu dois revenir… Je vais te laisser deux petites heures, le temps pour moi d'aller manger un morceau, puis il se leva et lui embrassa le front.
Bureau du Dr Carter, aux alentours de 11 h
Dr : Mr Doherty, ici le docteur Carter. Je viens de recevoir les résultats. Pouvez-vous venir pour que l'on en discute ?
Doherty : Je viens immédiatement.

Le pompier arriva à l'hôpital une demi-heure plus tard. Il se décida de prendre les escaliers pour monter au service des soins intensifs. Sur son chemin, il fut bousculé par un homme complètement affolé. Peut-être était-ce dû à l'annonce émise par l'un des hauts-parleurs " Code bleu chambre 14, code bleu chambre 14 ". Cet homme c'était Simon…

Infirmière : Mr Doherty, vous pouvez entrer dans le bureau. Le docteur doit faire face à une urgence, il vous demande de l'attendre quelques instants.
Doherty : D'accord.

Le jeune homme attendit le retour du médecin pendant une quinzaine de minutes.

Dr : Veuillez m'excuser mais la patiente dont je vous ai parlé hier a fait un arrêt. Revenons à nos moutons. Je vous ai fait venir car les résultats sont positifs. Hier vous m'avez dit que vous aviez été adopté, c'est bien ça ?
Doherty : Oui, c'est ça. J'ai été abandonné par ma mère à la naissance. Je ne sais rien de mes origines si ce n'est une lettre que je garde toujours dans mon portefeuille. C'est une lettre de ma mère biologique qui me demande de l'excuser. Je vais vous la lire.
" Mon cher petit,
Je te demande pardon pour tout ce que tu auras enduré par ma faute. Comprends moi, je n'avais pas le choix. Ton père est un homme violent qui t'aurait fait mener une vie infernale. J'espère encore que tu me pardonneras. Ta maman qui t'aimera toujours. "
Voilà c'est tout. Mes parents adoptifs la connaissaient bien, je n'ai jamais cherché à la retrouver car tout se passait bien chez moi. Maintenant que mon fils est grand, je souhaiterai qu'il connaisse son autre famille, mais les recherches que j'ai entreprise sont restées infructueuses. Hier, lorsque vous m'avez joint, je venais d'arriver à Montréal car un peu plus tôt dans la journée j'avais reçu un message du détective privé que j'avais engagé. Il a retrouvé la trace de ma sœur ici et il paraît qu'elle a été admise dans un état préoccupant
Dr : Maintenant je comprends mieux pourquoi vous avez le même groupe sanguin que ma patiente…
Doherty : …vous…vous voulez dire que la personne qui est dans un état très critique est ma sœur ?…
Dr : Apparemment oui. J'avais envoyé les échantillons de sang à trois laboratoires différents et les trois résultats sont positifs à 100 %. Il n'y a aucun doutes là dessus. Vous n'avez certes pas le même ADN qu'elle et les informations recueillies ne sont pas tout à fait identique à celle de Mlle Arden mais vos deux codes génétiques présentent beaucoup de similitudes.
Doherty : Est-ce que je peux la voir ?
Dr : Oui. Suivez-moi. Etant donné que vous êtes le seul membre de sa famille, c'est à vous qu'incombera la décision de la laisser branchée ou pas.
Doherty : C'est si grave que ça ?
Dr : Je suis arrivé en retard tout à l'heure car votre sœur a fait un nouvel arrêt cardiaque. Elle est dans un profond coma. L'autre nuit, elle avait déjà fait un arrêt car une côte lui avait perforé le poumon droit. Je l'ai placée sous assistance respiratoire mais je reste pessimiste quant à ses chances de recouvrer toutes ses capacités motrices et cérébrales… seul un miracle pourrait la sauver. D'après ce que je sais, elle a perdu toute envie de se battre contre la mort. Un de ses amis reste auprès d'elle mais lui aussi a besoin de se reposer.
Doherty : Je retrouve ma sœur et elle se trouve sur le fil du rasoir…
Dr : Je comprends votre déception mais peut-être que vous réussirez à la convaincre. Je vous conseille de beaucoup lui parler.
Doherty : Pouvez-vous me dire comment tout cela est arrivé ?
Dr : Vous poserez la question à son ami, nous y voilà. Je vais vous faire faire un badge pour que les vigiles vous laissent rentrer. Annonça-t-il tout en remplissant le formulaire nécessaire à l'obtention d'un laisser-passer.

Dr : Attendez-moi un instant. Je vais vous présenter la personne qui veille sur elle.
Doherty : D'accord.

Une fois que le médecin fut entré dans la pièce, le jeune homme regarda à travers la vitre les silhouettes discuter

S : Quoi de neuf docteur depuis tout à l'heure ? Qui est-ce ? demanda-t-il en montrant le soldat du feu.
Dr : Tout d'abord, les résultats me sont revenus positifs. Cet homme est apparemment le frère jumeau de Mlle Arden, et de part son groupe sanguin mais aussi grâce une lettre qu'il garde très précieusement dans son portefeuille. Je vais vous le présenter dans le couloir, on ne peut pas être trop nombreux dans la chambre.
S : Je vous suis.

Une fois à l'extérieur, ils se dirigèrent vers Jimmy.

Doherty : Bonjour, fit-il en présentant sa main à Simon.
Dr : Mr Ovronnaz, je vous présente Mr Doherty le frère de votre amie.
Doherty : Appelez-moi Jimmy, ça fait moins solennel.
S : Bonjour. Si cela ne vous dérange pas, je souhaiterai vous tutoyer puisque vous venez d'entrer dans notre cercle d'amis.
Dr : Bon, je vous laisse. Bipez moi au cas où.
S : D'accord.

Le Suisse fit rentrer le jeune homme dans la petite chambre.

S : C'est vrai qu'il y a un petit air de famille. Qu'est-ce que ça fait de découvrir que l'on a une sœur ?
Jimmy : C'est super même si elle est dans cet état. Que lui est-il arrivée ?
S : Elle a été victime des risques de son métier. Notre petite Joy est garde du corps et en voulant protéger mon meilleur ami, elle a été abattue.
Jimmy : C'est un métier dangereux qu'elle exerce. Depuis quand la connais-tu ?
S : Cela doit faire un peu plus d'un an. J'ai fait sa connaissance lorsque mon pote avait décidé de dissoudre la division espionnage du groupe W.
Jimmy : Le groupe W ? La multinationale de Largo Winch ?
S : Exact. Il l'a engagé comme garde du corps.
Jimmy : Est-ce que tu peux me parler d'elle ?
S : Bien sûr. C'est une femme formidable mais qui se cache sous une armure de métal car elle ne veut pas laisser transpercer sa sensibilité. C'est une ex-agent de la CIA, son père enfin ton père a toujours été un homme brutal. Elle en a bavé avec lui, selon ce qu'elle a voulu me dire ta mère était tout aussi terrorisée. Joy a une aura remplie de mystère, elle est peu bavarde. Elle a les pieds sur terre, tu verras ce que je te dis… enfin si elle veut bien se réveiller un jour. Elle a baissé les bras, elle aime Largo malheureusement elle est trop butée pour se l'avouer. Lui c'est pareil mais je pense qu'il ne va pas tarder à le réaliser… j'espère.
Jimmy : Elle a vécu avec notre père ce que j'aurai dû vivre à sa place... De mon côté, je n'ai jamais franchement essayé de retrouver ma vraie famille. Mes parents adoptifs m'ont révélé très tôt que j'avais été abandonné. Ils m'ont toujours encouragé à faire des recherches mais je n'en voyais pas l'utilité. Pour mon fils, j'ai décidé de me lancer dans l'aventure mais j'aboutissais toujours à des impasses sauf aujourd'hui... Depuis que j'ai eu des ennuis avec un bookmaker, ma famille m'a un peu laissé tomber mais j'ai tout de même réussi à remonter la pente. Depuis lors je ne joue plus, ma vie est redevenue tranquille. Mon ex-femme me lâche un peu la bride, j'espère revivre avec elle.
S : Pour des raisons de sécurité, je vais être obligé de mener ma petite enquête afin de vérifier tes dires. C'est la routine. On ne peut pas risquer la vie de Joy en ce moment.
Jimmy : Je comprends bien. Et mes parents tu sais où ils sont ?
S : Pour ce qui est de ta mère, elle est décédée il y a plusieurs années. Ton père est un agent de la CIA, officiellement à la retraite, avec qui Joy a coupé les ponts. Il l'a utilisé à maintes reprises quand elle bossait à la CIA. Mon pote m'a raconté comment son père lui a appris à nager, il l'a jetée dans un lac, et il a ramé à ses côtés : soit elle nageait, soit elle se noyait. Elle a toujours cherché à prouver à ton père qu'elle était capable de faire aussi bien qu'un garçon.
Jimmy : Quel salaud ! A propos, où habite-t-elle ?
S : A Manhattan mais elle a aussi un appartement au Groupe W. Et toi, dans quel quartier vis-tu ?
Jimmy : Dans le Bronx. Crois-tu qu'on peut la rapatrier à New York ? Je te dis ça parce que nous sommes le 17 décembre et qu'il serait peut-être souhaitable qu'elle soit dans sa ville prés des siens.
S : Tu as raison. Il faudrait en faire la demande au médecin mais je pense qu'il faut attendre qu'elle se stabilise.
Jimmy : Je m'absente quelques minutes pour prévenir mon patron que je reste encore un peu à Montréal.
S : Tu fais quoi comme travail ?
Jimmy : Je suis pompier à la caserne du 55e district. Je reviens.
S : On ne bouge pas d'ici.

Le soldat du feu sortit de la pièce, Simon en profita pour parler à son amie.

S : Dis donc ma jolie, on dirait que tu viens d'avoir ton cadeau de Noël en avance. Tu as un frère et un neveu. Fais un effort et reviens vers nous. Je sais que tu aimes Largo, il faut que tu arrêtes d'être aussi têtue. Vous êtes fait pour vivre ensemble tous les deux. Dés que Jimmy sera là, je te laisserais seule avec lui. Je dois contacter Largo.

Part 2