U N FRERE (part 5)
 




Appartement de Kim, 8 h 15
Kim : Bonjour, Joy. Bien dormi ?
J : Oui, merci d'être restée avec moi cette nuit.
Kim : Ce n'est rien.
J : Où est Joey ?
Kim : A l'école. Ma mère est venue le prendre. Je vais t'aider à te préparer car ton chauffeur ne devrait pas tarder.
J : D'accord. Je vais dans la salle de bains.

Pendant que Kim aidait l'ex-agent de la CIA à s'habiller. Cette dernière lui posa une question primordiale :
J : crois-tu que je remarcherais un jour ? Et sois entièrement et foncièrement honnête avec moi.
Kim : Depuis le jour où je t'ai vue allongée dans ce maudit lit d'hôpital, j'ai su ou sentit que tu étais quelqu'un de fort. Je suis persuadée que tu remarcheras mais ça prendra le temps qu'il faudra. Tu ne dois pas te laisser abattre. Penses à ta famille, à cet homme qui t'aime et qui donnerait tout ce qu'il possède pour te voir heureuse…
J : Tu veux parler Largo ?
Kim : Oui, il t'aime. Il me l'a redis hier soir quand il a téléphoné.
J : Il t'a appelé ?
Kim : Comme il n'arrivait pas à joindre ton frère alors il a essayé ici. Il ne rentre que lundi car il a oublié de rapporter des souvenirs.
J : Je me demande ce qu'il a encore dégoté.
Kim : ça c'est à toi de lui demander. Te voilà bien belle. Il faut qu'on se dépêche, Patrick va arriver d'une minute à l'autre.
J : Bien, Chef ! Je vais au purgatoire.

Kim avait vu juste. A peine avaient elles passé la porte de la chambre, que le bip de l'interphone résonna dans l'appartement. L'agent de sécurité vint chercher le fauteuil puis il remonta pour prendre la jeune femme et la conduire à la caserne du 55e district.
Caserne des pompiers, 55e district, 9 h 30
Le quartier était en pleine effervescence. Un nouvel incendie venait d'éclater. Les autorités pensaient, au début, à un accident mais maintenant elles étaient convaincues qu'il s'agissait plutôt d'un pyromane en manque de sensations fortes. Quand la voiture aux vitres teintées s'engagea dans l'avenue, elle due donner un grand coup de freins pour laisser passer le camion des pompiers qui filait vers une destination inconnue. L'auto reprit sa route et se stationna devant l'entrée de la caserne. L'agent de la sécurité fut surpris de voir des symboles de soutien laissés par la population après les attentats de septembre dernier. La catastrophe de " Grownd Zero " avait fait pas mal de victimes au sein du 55e district. Les objets restaient là pour ne jamais oublier. Après s'être recueillit un instant, il ouvrit la porte et mis le fauteuil roulant face à l'ouverture pour permettre à sa passagère de s'en extraire. Une jeune femme aux cheveux mi-longs en sortie avec difficultéés. Aprèès avoir marquéé une pause, elle retira les freins et pris la direction du garage. L'homme lui posa la question suivante :

Patrick : Vous avez encore besoin de moi, Mlle Arden ?
J : Je ne sais pas encore le programme de ma journée. Attendez ici quelques minutes, je vais voir si mon frère est là.
Patrick : Bien, mademoiselle.
J, se remplissant les poumons : Ouh ouh !!! Y'a quelqu'un ??!! C'est Joy Arden !
Doc : Salut, Joy. Ça va ?
J : Ah ! Salut, Doc. Je venais comme prévu. Jimmy est ici ?
Doc : Je suis désolé mais il vient juste de partir pour éteindre un incendie. Par contre, il m'a confié l'immense tâche de te faire travailler.
J : Ne t'embêtes pas avec moi. Tu as sûrement mieux à faire…
Doc : Il m'a dit que tu répondrais ça. Tu me vois dans l'obligation de…, il la prit sur son épaule et la monta à la salle d'entraînement, te laisser sur l'un de ces appareils de torture. Ton fauteuil va rester en bas.
J : C'est un scandale de me traîner de force, s'exclama la garde du corps en frappant son coach avec ses poings.
Doc : Tu as peut-être perdue un peu de ta masse musculaire mais ça n'empêche que tu frappes fort, affirma le secouriste en se massant le dos. Je vais prévenir ton gorille que je te gardes. Jimmy l'appellera pour le retour.

La jeune femme ne répondit pas, elle fulminait. Ses yeux lançaient des éclairs, son regard était plus noir que d'ordinaire. Elle était blessée dans son orgueil. Cette manœuvre lui avait donné la force nécessaire pour se battre contre ce handicap qui la torturait. Elle était déterminée à ne pas se laisser aller. Doc était revenu et en moins de temps qu'il faut le dire, il allongea Joy sur une machine de musculation. Il alluma le poste de radio, la chanson " Eye of the tiger " de Bruce Springsteen couvrit le son assourdissant des sirènes de police. Les exercices promettaient d'être durs et difficiles. Elle devait tout d'abord se re muscler les bras et le dos. Elle y mit toute sa rage de réussir, de montrer que rien ne pourrait plus l'atteindre. Doc était étonné de voir autant de colère dans un corps aussi fragile. Jimmy n'avait pas été trop bavard sur l'enfance de sa sœœur, le secouriste en dééduisit, en observant son éélève, qu'elle avait un grand besoin de prouver quelque chose à quelqu'un. Les exercices pour la partie suépérieure du corps meurtrit de l'ex-agent de la CIA dura éprés de 3 heures. A la fin, Doc lui fit un massage pouér détendre son corps comme Jimméy n'était toujours pas érentré, il ne savait pas s'il la laissait tranquille pour l'aprèès-midi ou s'il continuait son travail de bourreau. Aujourd'hui, le touré de préparation du repas revenait àà Carlos. Kéim qui étaéit arrivée vers midi,é avait prévu dées comprimés contre les brûûlures d'estomac. La cuisine du jeune ésecouriste était assez difficile &éagrave;à digérer et il ne fallait pas que Joy en fasse les frais. Une ââme charitabéle avait monté le fauteuil pour que la jeune femme puisse bougerà à son aise apr&ééegrave;ès sa rééducation.
Kim : Alors, Joy, Doc ne t'a pas trop martyrisée ?
J : Si mais il avait raison. Jusqu'à ce matin, je n'avais aucun but pour me forcer à faire des efforts pour retrouver mon potentiel d'avant. Doc m'a en quelque sorte ouvert les yeux. A compter d'aujourd'hui, je vais me battre contre cet ennemi invisible qui est l'handicap.
Kim :Quand ton frère va le savoir, il va sauter au plafond et nous rendre tous complètement dingues. Le repas est servit, laisse je vais te pousser.
J : Je te remercie. Mes bras me font souffrir. Qu'est-ce qu'il y a de bon à manger ?
Carlos : Nous avons une salade composée en entrée ensuite je nous ai concocté ce délicieux poulet rôti accompagné de frites. Pour le dessert, il y a des glaces ou du gâteau.
J : J'avalerai bien un tigre. Mets moi de tout s'il te plait.
Kim : Tu devrais avaler ça avant de commencer.
J : Qu'est-ce que c'est ?
Kim : Des comprimés contre les brûlures d'estomac.
J : Pourquoi ?
Carlos : Ne les écoutes pas. Ils font toujours ça quand je fais la cuisine.
Doc : La dernière fois, on a évité de justesse un empoisonnement alimentaire. J'espère que tu as regardé la date de péremption avant de tout préparer.

Joy commençait à faire une moue de dégoût mais elle prit l'initiative de voir ce qui était indiqué sur les étiquettes. Elle revint l'air réjouit.

J : Ça craint rien. Les dates vont jusqu'au 17, 21 et 30 Juin, c'est bon. On peut manger tranquillement, affirma la jeune femme avec un sourire jusqu'aux oreilles.
Kim & Doc : On n'est jamais trop méfiant.
J : Faites comme vous le sentez. J'espère que tu vas pouvoir travailler normalement cet après-midi, Doc ?
Kim : Pourquoi tu dis ça ?
Doc : Tout simplement parce qu'elle n'a pas apprécié ma façon de la sortir de son engin et de la porter jusqu'à la salle. Je comprends pourquoi tes amis disent que tu as un tempérament combatif. Je plains tes adversaires…
J : Tout à fait. Assez bavardé, on mange !

Le déjeuner se déroula dans une ambiance bon enfant. Les rires allaient bon train. A la fin du repas, Joy se décida à parler de son passé sans son frère. En arrivant les visages pleins de suie, les pompiers regardèrent effarés les plats vides. La bonne humeur ambiante avait fait que la nourriture n'était plus disponible. Kim se dépêcha de préparer de nouvelles frites et une omelette géante (je sais, c'est pas équilibré mais ça fait rien). La garde du corps avait repris son regard triste. Jimmy comprit que quelque chose s'était passé, il en discuterai avec elle lorsqu'ils seraient rentrés à la maison. Il alla à sa rencontre pour l'embrasser mais elle le repoussa…

J : Ah ! Non ! Interdiction de me toucher dans cet état ! Je ne veux pas que tu me salisses.
Jimmy : Eh ! Ben ! A ce que je vois, tu es en pleine forme !
J : Va te laver au lieu de bavarder !
Jimmy : Bien, madame. A vos ordres ! Et, il fila à la douche.
J : Non mais… Il se croit où ?! Tu vas voir, Kim, je vais le dresser notre Jimmy !
Kim : Si tu le dis… Les deux jeunes femmes éclatèrent de rire.

Il était prés de 14 h quand les pompiers sortirent de table. Les secouristes avaient été appelé sur les lieux d'un accident. La garde du corps discutait avec le chef des prochains congés de son frère. Elle voulait qu'il puisse l'accompagner en France au début du mois de Novembre. Elle souhaitait se recueillir sur la tombe de sa mère dont le corps avait été rapatrié, sans l'accord de Charles Arden, et enfermé dans le caveau familial. Là-bas, il ne restait plus que sa grand-mère qui créait des variétés inédites de roses. Les gens du village l'appelait " la lady des roses ", la famille maternelle de Joy s'était établie en Normandie au début du XX ème siècle. Ils possédaient une propriété et un immense terrain de plusieurs centaines d'hectares. Après maintes et maintes tentatives, le chef s'inclina, la garde du corps avait "gagnéé" son premier match. Elle sortit du bureau très fière d'elle. Elle avait maintenant une autre idéée en têête… reprendre le travail.

Jimmy : Joy, qu'est-ce que tu es allée inventer ? demanda-t-il d'un ton autoritaire.
J, le sourire aux lèvres : Tu verras en temps voulu. C'est une surprise.
Jimmy : j'adore les surprises en général mais là je me méfie. On m'a dit que tu avais bien travaillé ce matin. Maintenant tu as quartier libre. Que veux tu faire ?
J : Préparer mes bagages pour partir le plus rapidement possible à Montréal.
Jimmy : Bonne idée mais je te rappelle qu'on ne part que demain matin.
J : Ça ne fait rien. Je vais appeler Patrick pour lui dire que ce n'est pas la peine qu'il se déplace.
Jimmy : Tu as raison. Je te prêtes mon téléphone. Ça me fait penser qu'on doit aller t'en acheter un neuf car le tien a été cassé lors de la fusillade.
J : On y va dés que j'ai passé mon coup de fil. Elle s'éloigna, le téléphone sur les genoux. Allô ?… Ici, Mlle Arden… Oui, merci… Pouvez-vous me passer Mr Sullivan ?… Bien, j'attends… John ? Bonjour, c'est Joy… Ça va … J'appelais pour vous demander de prévenir Patrick que je n'aurais pas besoin de lui pour le reste de la journée… Ce week-end non plus… C'est cela même, à bientôt… ; elle raccrocha et repartit en direction de Jimmy qui l'attendait.
Jimmy : Je vais te porter jusqu'à la voiture et je reviendrai chercher ton fauteuil après.
J : Si tu veux ; elle passa ses bras autour de son cou puissant.

5 minutes plus tard, ils partirent en direction du centre commercial le plus proche. Jimmy avait eu une très mauvaise idée de l'emmener là car elle voulue entrer dans toutes les boutiques qui étaient à sa portée. Elle acheta des pantalons légers, des petits hauts qui se portent à même la peau. Son frère la laissa seule lorsqu'elle se dirigea dans le rayon lingerie (quelque chose en perspective, Joy ? LOL). Deux magasins plus loin, elle acheta des jouets à son neveu ce qui désespérait ce pauvre Jimmy, l'enfant était suffisamment gâté. Dans une boutique de prêt-à-porter, elle fit l'acquisition de trois magnifiques robes de soirée pour Kim, de deux ensembles pour elle et de quatre costumes pour Jimmy. Cette fois-ci c'était lui qui lançait des regards noirs à son encontre. Ce n'est que sur le coup de 17 h 33 qu'ils arrivèrent devant la boutique spécialisée en téélééphonie mobile.

Jimmy : On fait d'abord un tour et après…, il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Joy s'était plantée devant le vendeur.
J : Bonjour. Je voudrais le téléphone dernier cri que vous ayez. Il faudrait qu'il soit équipé d'un amplificateur, d'un GPS, d'une grande autonomie…

Jimmy était époustouflé de voir comment sa sœur se souvenait aussi facilement de petits détails techniques insignifiants. Après 10 minutes de tergiversations, le portable fut trouvé mais il coûtait très cher. Cela importait peu à l'ex-agent de la CIA qui avait perçu sa paie tout le long de son coma (imaginez une somme avec quelques zéros derrière…). L'affaire conclue, ils finirent par rentrer chez Jimmy. Le logement du pompier était beaucoup moins spacieux que celui de Kim. Sur le guéridon, le répondeur clignotait. Le frère de Joy appuya sur la touche " lecture " :

" Vous avez un message. Aujourd'hui à 16 heures : "Salut c'est Simon. Je voulais juste savoir comment allait la Belle au bois dormant. Je rentre mardi. Vanessa a eu une petite fille qui se prénomme Océan. J'ai pas bien le temps de discuter alors à plus !" Fin de votre message "

J : Sacré Simon ! J'aurais cru qu'il m'avait oublié. Résumons : Largo rentre lundi de son voyage avec son "fils" et Kerensky, et Simon arrive le lendemain. J'espère pouvoir me reposer lors de notre petite escapade en dehors de New York. Si tu pouvais me montrer ma chambre ça serait gentil. Je vais préparer ma valise pour Montréal.
Jimmy : Je t'ai installée dans la chambre de Joey. Elle est plus grande que la mienne.
J : Merci.

Après avoir copieusement dîné, le frère et la sœur prirent une douche. Jimmy prit la sienne en premier. A sa sortie, il installa une chaise dans la douche pour que la jeune femme puisse se laver sans difficultés. Quand elle eut fermé le rideau de douche, il posa une serviette sur le fauteuil pour qu'elle soit confortablement assise. Lorsqu'elle sortie de la salle de bains, il remarqua qu'elle avait une bosse sur le front.

Jimmy : Que t'es-t-il arrivé ?
J : J'ai glissé et ma tête a tapé le mur. C'est rien…
Jimmy : Comment ça c'est rien ??!! Je vais appeler le central pour qu'ils envoient quelqu'un.
J : Non !!!
Jimmy : Ah !!! Ne commence pas, Joy !!! Il faut qu'un médecin te voit sinon on ne part pas à Montréal.
J : Fais ce que tu veux !

Il attrapa le combiné et composa le 911. Une ambulance arriva très rapidement. Les secouristes la prirent en charge et l'emmenèrent à l'hôpital. Après avoir passé quelques radios, la jeune femme put rentrer. Elle ne décrocha pas un mot à son frère tout le long du trajet. Arrivés à l'appartement, Jimmy l'aida à se coucher.

Jimmy : Bonne nuit. Il ne faut pas m'en vouloir. J'ai agis comme ça pour ton bien et si c'était à refaire, je le referai.
J : Bonne nuit. J'en ai marre d'être cocoonée, dorlotée. Ce n'est pas moi ça !! Et puis d'ailleurs, je veux retourner travailler !!
Jimmy : On en reparlera quand Largo sera à New York. Je laisse la porte ouverte si tu as besoin de moi, je suis à côté.
J : D'accord. A demain matin.

La nuit se passa sans cauchemars. Joy se réveilla la première suivit de Jimmy. Ils prirent leur petit déjeuner en silence. Kim et Joey arrivèrent, et ils partirent en direction de l'aéroport. Leur avion décollait à 10 h 13.
Montréal, 12 h 30
(le samedi 6 Juin)
L'avion en provenance de New York venait d'atterrir. La famille Arden - Doherty cherchait à se restaurer. Jimmy avait eu la bonne idée de louer un monospace dans l'une des agences de location de l'aéroport. Après avoir cherché en vain une place dans le restaurant de l'aéroport, ils prirent la voiture et allèrent en direction du centre de Montréal pour gagner l'hôtel. Largo avait insisté pour qu'ils logent dans l'un des plus prestigieux palaces de la capitale canadienne (lui aussi doit avoir une petite idée derrière la tête…LOL). Etant divorcés et ne pouvant pas laisser Joy seule, Jimmy prit la suite "Macao" avec son fils tandis que les deux femmes choisirent la suite "Rio de Janeiro". Les deux suites étaient décorées avec beaucoup de goût. L'hôtel "L'universel" était remplit de thèmes. La cuisine était raffinée et regorgeait de plats exotiques et occidentaux. Le petit Joey n'avait jamais vu un tel luxe si ce n'est à la tééléé dans les feuilletons à l'eau de rose que regarde sa grand-mèère. Joy, elle, avait pris l'habitude de descendre avec son patron (pour le boulot bien sûûr ! LOL) dans ce genre d'hôôtels. A la fin du repas, la garde du corps demanda àà sa belle-sœœur de l'accompagner aux toilettes.
"L'Universel", Toilettes, 14 h 33
J : Kim. Je vais être totalement franche avec toi. Je voudrais que tu m'accompagnes à la zone de transit de l'aéroport demain avant qu'on reparte.
Kim : Je ne suis pas sûre que se soit une bonne idée. Tous tes ennuis ont débuté là-bas…
J : Je sais bien mais je veux chasser ces images de ma tête. Depuis que je suis de retour, j'ai l'impression de ne plus avoir ma place dans ce monde.
Kim : C'est faux ! Tu auras toujours ta place dans le monde où nous vivons. Pour ce qui est de l'aéroport, il faut que tu me laisses réfléchir.
J : D'accord.
Kim : Si ça ne te dérange pas, je te ramènes auprès des hommes parce que j'ai oublié de prendre l'appareil photo dans notre suite.
J : C'est vrai que tu voulais nous photographier…, murmura-t-elle en la regardant tristement. Elle ne voulait pas se voir, plus tard, dans ce fauteuil qu'elle maudissait tous les jours un peu plus.

Elles rejoignirent leurs hommes qui les attendaient patiemment dans le hall du palace. Ils étaient en train de lire des revues sur Montréal. Kim monta dans leur suite.
"Rio de Janeiro", 15 h 01
La secouriste prit l'appareil puis décrocha son téléphone portable. Elle composa un numéro…

Voix : Largo Winch, j'écoute.
Kim : Salut, Largo. C'est Kim.
L : Salut ! Que se passe-t-il ? Joy ne va pas bien ? Tu es où ?
Kim : Elle va bien. On est dans cet hôtel où tu as réservé pour nous. Je ne peux pas rester longtemps au téléphone car ils vont se douter de quelque chose.
L : Tu es seule ?
Kim : Oui, ils sont dans le hall à m'attendre. J'appelais pour te dire que tout ce que tu avais prévu est en train d'arriver.
L : J'en étais sûr ! Elle ne changera jamais !
Kim : J'en ai bien peur. Elle veut que je l'accompagne là où elle s'est fait tirer dessus. Elle veut chasser ses fantômes.
L : Lui as-tu donnée ta réponse ?
Kim : Non, pas encore. Je pense la lui donner ce soir au coucher.
L : Tu as raison. J'arrive ce soir à l'hôtel. Je vais faire ça incognito pour ne pas qu'elle se doute de quoique ce soit.
Kim : OK. Je te laisserai un message à la réception pour te confirmer l'heure à laquelle je l'emmènes sous cet hangar de la mort.
L : Ça marche. Passez une bonne journée.
Kim : Merci ; elle raccrocha. En sortant de la suite, elle tomba sur Joy impatiente de partir.
J : Tu nous as oublié ou quoi ?
Kim : Non mais j'ai été prise par un appel téléphonique. Ma mère voulait savoir si nous étions bien arrivés ; mentit-elle.
J : Je comprend. On peut y aller maintenant.
Kim : Oui, oui…

Les deux jeunes femmes prirent l'ascenseur express. La famille partie en direction de l'hôpital St Mary pour que l'ex-agent de la CIA puisse remercier le personnel. Le docteur Carter ne fut qu'à moitié surpris de voir son ancienne patiente dans un fauteuil roulant. Par contre, il était étonné de la voir lucide après le nombre de mois où elle était plongée dans le coma. Après cet aparté d'une heure, ils allèrent visiter Montréal. Le soleil était de la partie, une légère brise soufflait et permettait de ne pas étouffer sous cette canicule. Ils dînèrent en ville, à la terrasse d'un charmant petit restaurant italien. Ils se décidèrent à rentrer aux alentours de 23 h.

L'hôtel avait perdu son effervescence de l'après-midi. Kim alla à la réception pour voir s'il y avait des messages pour eux tandis que Joy, son frère et son neveu montaient dans leur suite.

Réceptionniste : Bonsoir, madame. Que puis-je pour vous ?
Kim : Bonsoir. Avez-vous des messages au nom de Arden, Doherty ou Zambrano ?
Réceptionniste : Oui. Pour Kim Zambrano.
Kim : C'est pour moi. Merci ; dit-elle en s'éloignant. Elle décacheta l'enveloppe et lu :

"Nous sommes arrivés à 20 h. On m'a dit que vous n'étiez pas encore rentrés. Je suis à la suite "Capri" s'il y avait un problème. J'ai repensé à ce qu'on a dit. Ne lui donne pas ta réponse ce soir, attends demain matin. Il faut la laisser mariner un peu. Bonne nuit et à demain"

Elle regagna sa chambre et aida la garde du corps à se coucher. Cette dernière était tellement fatiguée qu'elle ne demanda pas sa réponse. La secouriste en fut soulagée, l'ambiance ne serait pas glaciale cette nuit. Elle essaya d'imaginer la journée du lendemain. Comment allait réagir Joy ? Qu'allait-il se passer ?
"Rio de Janeiro", 10 h 23
J : Ouahhhh…, bailla la garde du corps en s'étirant les bras. Kim ?
Kim : Je suis là, fit le jeune femme en s'approchant une tasse de café à la main. Bien dormie ?
J : Comme un loir. Et toi ?
Kim : Très bien, j'ai oublié où j'étais (dialogue piqué à Pretty Woman).
J : Tant mieux. Quand je pense que demain, je vais à nouveau être "torturée" par mon frère et ton collègue. Ça ne me donne pas envie de partir d'ici…
Kim : Joy, tu avais promis de te battre coûte que coûte. Si ça peut te donner un petit coup de pouce. Je veux bien t'accompagner là où tu as bien faillit mourir.
J : C'est vrai ! ? dit-elle d'un air enjoué.
Kim : Oui mais il faut que j'en parle à Jimmy d'abord.
J : Je n'y vois aucune objection. Oh ! Mais tu as vu l'heure qu'il est ?! Il faut qu'on s'habille !
Kim : Comme je me suis levée avant toi, je suis déjà prête. Je vais t'aider si tu veux.
J : Je veux bien.
Kim : Comment t'habilles-tu aujourd'hui ?
J : Léger. Je pense qu'il va faire beaucoup plus chaud qu'hier. Je vais mettre mon corsaire et ce petit haut que j'ai acheté avec Jimmy.
Kim : Dis-moi pas que tu as réussis à traîner Jimmy au centre commercial ?!
J : Si, si. Il est facile à embobiner, tu sais. Il m'a emmené là-bas pour acheter un nouveau téléphone portable vendredi. Malheureusement pour lui, la boutique se trouvait au dernier étage. J'avais besoin de refaire ma garde robe maintenant que je suis… enfin bref, ma carte de crédit en aura vu de toutes les couleurs. J'ai pris la peine de t'acheter des robes de soirée pour les fois où vous seriez conviés à une réception du groupe W.
Kim : Fallait pas Joy.
J : Ça me fait plaisir de faire plaisir à ma famille. D'ailleurs, j'ai très envie de reprendre le travail mais je sais pas si Largo va accepter. Je ne sais pas quelle place je vais occuper. Peut-être celui de consultante en sécurité.
Kim : Ce n'est pas une bonne idée de reprendre tes activités professionnelles maintenant. Tu sors à peine de l'hôpital.
J : Tu ne me feras pas changer d'avis. Ma décision est prise. Bon , tu veux bien m'aider à enfiler ça ?, demanda-t-elle en montrant le pantalon court.

L'ex-agent de la CIA fut prête en quelques minutes. Elle ne se doutait pas du complot qui se jouait derrière son dos. Après avoir récupéré les effets personnels, les deux femmes allèrent chercher leurs deux chevaliers servants. Ceux-ci étaient dans le hall depuis un moment.

Jimmy : Bonjour vous deux ! Je vois que vous avez pris votre temps. Tu es ravissante p'tite sœur, dit-il en embrassant la jeune femme sur le front.

C'était vrai que l'ex-agent de la CIA était ravissante. Kim lui avait fait une jolie coiffure avec ses cheveux longs. Joy n'avait pas voulu les faire couper ses cheveux à sa sortie du coma. Maintenant elle les avait jusqu'aux épaules. Elle avait tellement maigrit que ses coiffures habituelles lui donnaient l'air d'être presque anorexique. Par contre, ce jour-là, son visage paraissait moins creusé, elle ressemblait à un ange.

J : J'avais envie d'être différente aujourd'hui. Bonjour, Joey. Tu viens avec moi, papa et maman ont à parler.
Joey : Salut, tatie. Je te suis.
Jimmy : Qu'est-ce qu'elle a voulu dire part là ?
Kim : Avant de partir, elle veut retourner sur les lieux de la fusillade.
Jimmy : Quoi ???!!!! Tu lui as dit non j'espère !
Kim : Ben justement…
Jimmy : Ne dis rien. J'ai compris. Tu comprends pas que ça va la détruire si elle y retourne !
Kim : Il faut qu'elle arrive à chasser ses démons qui lui pourrissent ses nuits et sa vie. Et justement, elle ne sera pas seule mais elle ne le sait pas encore.
Jimmy : Explique-toi.
Kim : Largo est ici, dans une des suites. Il m'a appelé vendredi soir pour me dire que Joy mijotait certainement quelque chose. Et il avait raison puisqu'elle m'a fait la demande hier aux toilettes quand je l'aidais. Ne t'inquiètes pas. Tout devrait bien se passer.
Jimmy : Je l'espère sinon je me demande qui va réparer les pots cassés.
Kim : Il ne faut surtout rien lui dire. Elle ne doit pas se douter de quoique ce soit.
Jimmy : Entendu.

Les deux compagnons de travail sortirent rejoindre la garde du corps et le garçonnet. Leur vol était prévu pour 15 h 21. Ils décidèrent donc de découvrir encore la capitale canadienne puis ils allèrent se restaurer dans une brasserie proche de la voix expresse qui menait à l'aéroport.

Pendant que son frère enregistrait les bagages avec son fils. Joy se fit conduire à l'entrepôt de la zone de transit. Le sauveteur la laissa à l'entrée puis elle s'avança vers une voiture garée non loin mais légèrement cachée pour ne pas être vu par l'ex-agent de la CIA.
Voiture de Largo…
Kim : Ça y est. Je l'ai accompagné.
L : Merci pour tout ce que tu as fait, Kim.
Kim : Ce n'est rien. Ne la brusque pas surtout sinon Jimmy va être très en colère. Il n'était pas chaud pour la laisser venir ici. Il tient énormément à elle et ne veut pas qu'elle rechute.
L : Moi non plus. Je veux qu'elle sorte de sa torpeur. Je l'aime et je ferai tout pour qu'elle retrouve le sourire et la joie de vivre.
Kim : Je te fais confiance. Vas-y doucement. Elle est très fragile émotionnellement.
L : Pas de problème. Aller j'y vais. On se retrouve dans la salle d'attente.
Kim : OK..

La jeune femme s'éloigna alors que Winch avançait doucement en direction du hangar. Il sentait son cœur battre la chamade.
Pendant ce temps, dans la zone de transit…
Joy s'était arrêtée à l'endroit où elle avait été touchée. Sa tête se remplissait d'images mélangées. Elle voyait Jagger mettre en joue Largo… elle devait l'empêcher de nuire à l'homme qu'elle aimait… ensuite elle se rappela de ce baiser qu'il lui avait donné lorsque Simon avait été libéré avec Marissa… Marissa, la traître qui les avaient envoyé à une mort certaine avec l'aide de Diana… elle avait tenté de prévenir son patron de l'effet nocif de Diana Montreuil sur lui mais il ne l'avait pas écouté. Pire il l'avait repoussé, elle, l'amie sincère et aimante.

Des larmes coulaient sur ses joues frêles et délicatement rosées. Elle l'aimait mais il l'avait trahie, blessée, meurtrie. Comment pouvait-elle croire en ses sentiments ? Au plus profond de son cœur, elle savait qu'il l'aimait. Même dans cette foutue carriole… Elle était tellement loin dans ses pensées qu'elle n'entendait pas le grondement sourd de l'orage qui arrivait sur Montréal pas plus que les pas qui s'approchaient un peu plus d'elle. Ses yeux, ils la brûlaient. Soudain, elle sentit une main sur son épaule, elle sursauta. Cette main, elle la connaissait. La garde du corps se retourna violemment. Largo se tenait derrière elle. Le regard remplit de tristesse, d'amour, d'amitié. Toutes ses expressions étaient confuses. A un moment, le PDG retira sa main, Joy en profita pour essayer de s'enfuir…

Winch la rattrapa dehors sous la pluie battante…

L : Joy !! Regardes moi !! Je t'aime, je t'aime du plus profond de mon âme. Je te le jure ! (c'est pas beau de jurer Largo !)
J : Laisses moi tranquille !!!! C'est trop tard !!!! Tu entends !?
L : Il n'est jamais trop tard. Dis-moi ce que je dois faire pour que tu me crois !! Je t'en prie, ne me laisse pas.
J : Prouve moi que tu m'aimes.

A ces mots, il embrassa fougueusement sa dulcinée et lui chantonna doucement dans le creux de l'oreille.

Look into my eyes - you will see
What you mean to me
Search your heart - search your soul
And when you find me there you'll search no more
Don't tell me it's not worth tryin' for
You can't tell me it's not worth dyin' for
You know it's true
Everything I do - I do it for you

Look into my heart - you will find
There's nothin' there to hide
Take me as I am - take my life
I would give it all I would sacrifice
Don't tell me it's not worth fightin' for
I can't help it there's nothin' I want more
You know it's true
Everything I do - I do it for you

There's no love - like your love
And no other - could give more love
There's nowhere - unless you're there
All the time - all the way

Don't tell me it's not worth tryin' for
I can't help it there's nothin' I want more
I would fight for you - I'd lie for you
Walk the wire for you - Ya I'd die for you

You know it's true
Everything I do - I do it for you

Le fil du temps s'était arrêté. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, elle lui dit :

J : Pardonne moi, sanglota-t-elle.
L : Mais tu n'as rien fait de mal, affirma-t-il en la serrant dans ses bras. Il lui caressa ses beaux cheveux mouillés par la pluie. Sa belle coiffure avait disparue.
J : Je t'aime mais laisse-moi… laisse-nous le temps, chuchota-t-elle à son oreille avant de lui déposer un baiser sur les lèvres en gage d'amour.

Le beau milliardaire la porta jusqu'à sa voiture et retourna chercher le fauteuil qui se trempait. Ils rejoignirent les autres à l'aéroport. Après s'être séchés et changés, Largo embarqua tout son monde dans le jet. Il était venu seul. Jack était gardé par Cynthia et Kerensky avait du travail en retard. Durant toute la durée du voyage, la garde du corps observa par le hublot tandis que son amant et son frère discutaient de choses et d'autres. Kim et Joey lisaient des revues dans un coin.

Part 6