R ETOUR VERS LE PASSE (part 5)
 




CHAPITRE XXI
Quand le jet s'arrêta, une camionnette se gara à sa hauteur et un homme d'un certain âge les accueillit.
- Largo, je vous présente, Thomas. Il va nous conduire à un bateau qui nous débarquera sur l'île... Rien de nouveau ?
- Non, d'après des témoins, ils sont arrivés hier matin. Depuis rien n'a bougé dans la maison.
- Bien, ne perdons pas de temps.
Ils montèrent tous dans le véhicule qui se dirigea vers la côte. Là, ils chargèrent le matériel dans un bateau et prirent la mer. Ils accostèrent sur l'île une demi-heure plus tard, une autre camionnette les attendaient.
Comme prévu, Hans et Mike restèrent dans le bateau tandis que Max et Joe les suivaient. Il leur fallut un quart d'heure pour rejoindre la maison et dix minutes de plus pour trouver l'endroit le plus propice à leur intervention.
Tout le monde s'équipa avec des gilets et des armes. Leïa prit un sac à dos, une mitraillette et un pistolet ainsi que des munitions. Puis elle attrapa des harnais qu'elle distribua à Largo, Simon et Kerensky.
- C'est pour quoi faire ? demanda Ovronaz.
- Cela pourrait vous être utile pour passer par dessus le mur. Largo, une fois de l'autre côté, ne l'enlevez pas, nous pourrions en avoir encore l'utilité.
- D'accord.
- Tout le monde est prêt ? demanda-t-elle en mettant son casque. Max, tu as quelque chose ?
- Oui, j'ai réussi à détourner le satellite et j'ai une image parfaite de la baraque. Il y a une pièce avec trois personnes dont une qui ne bouge pas. Il se pourrait que ce soit notre cible.
- Combien d'hommes ?
- Pour l'instant, j'en compte une quinzaine.
- Super, il va y avoir de l'action ! s'exclama Simon.
- Contente de voir qu'il y en a au moins un qui est enthousiaste à l'idée de se battre. Ok ! A toutes les unités, on entre dans la cage aux lions.
Leïa partit en courant vers la bâtisse suivit de Largo et de leur deux amis. Comme elle l'avait prévu, il y avait des mini senseurs sur tous les murs, leur seul moyen de passer, c'était de sauter par dessus celui-ci.
La jeune femme ouvrit un sac et en sortit un grappin. Elle visa un arbre et tira. Quand elle fut certaine que la corde tiendrait, elle prit un petit appareil dans le sac et l'accrocha au harnais de Simon.
- C'est marrant, j'ai une impression de déjà vu, dit celui-ci. La dernière fois, c'était pour reprendre Monique à la Commission.
- Quand vous serez prêt, appuyez ici. Une fois que vous êtes là haut débloquer ce loquet et renvoyez nous l'appareil.
- Et ça fait quoi qu'en on appuie ici ? demanda Simon en s'exécutant.
L'ancien voleur quitta la terre et monta sans effort jusqu'à l'arbre. Une fois dans l'arbre il obéit et chacun leur tour, ils se retrouvèrent à plusieurs mètres de hauteur. Après s'être assurés qu'il n'y avait aucun danger, ils sautèrent sur le sol et se reçurent en roulade afin d'amortir le choc.
- Renseignes-moi, Max.
- L'entrée est devant vous sur la gauche, mais je vous conseille de passer par la petite porte de droite.
- OK, je la vois. N'oublies pas que tu es nos yeux.
- Je ne risque pas de l'oublier. Allez-y la voie est dégagée.
Ils s'élancèrent en courant vers la face est de la maison et grâce aux talents de voleur de Simon, ils se retrouvèrent en l'espace de quelques secondes à l'intérieur.
- Et maintenant ?
- Prenez l'escalier sur votre droite, traversez tout le couloir puis prenez l'escalier de gauche. Ils sont dans la première pièce à droite.
- Compris ! Simon et Yorgi, vous couvrez nos arrières. Venez Largo.
Ils montèrent les escaliers rapidement sans faire le moindre bruit.
- Attention ! Sur votre gauche, deux hommes.
Largo et Leïa se plaquèrent contre le mur et attendirent les deux hommes. La jeune femme envoya un coup de crosse dans le ventre de son ennemi puis lui décrocha un crochet du droit qui le cloua sur place. Pendant ce temps, Largo avait lui aussi réglé son compte à son adversaire sans faire trop de bruit. Ils les attachèrent, les bâillonnèrent et les enfermèrent dans une des pièces vides de l'étage.
- Bon, on continue.
Ils arrivèrent à l'étage où était retenu Nério. Ils se collèrent chacun contre un mur et avancèrent jusqu'à la porte.
- Ils ne sont toujours que deux, personne en approche.
Leïa fit un signe à son équipier, puis frappa à la porte. Ils entrèrent dans la pièce en même temps et réduisirent au silence les deux gardes qui ne comprenaient pas ce qui leur arrivait.
- Nério, dit Largo. On va te sortir de là.
- Largo... Que... fais-tu... ici ?
- Il est complètement drogué. Nous allons devoir le traîner hors d'ici.
- Vous n'avez pas le produit qui réduit les effets de la drogue ? demanda Simon.
- Désolée, le plus souvent, dans mon job, je drogue les personnes pour pouvoir les emporter sur mon dos, et pas le contraire. Largo, vous m'ouvrez la route, je m'occupe de lui.
Sous le regard surpris du jeune homme, Leïa mit Nério sur ses épaules et lui fit signe de passer devant. Ils étaient au milieu du couloir quand ils se retrouvèrent nez à nez avec deux gardes. Largo tira, en tua un et parvint à blesser l'autre qui s'enfuit pour donner l'alarme.
- Max ! Qu'est-ce que tu fous ? On a faillit y rester ? Max ? Max ?... Ok ! Max ne répond plus, Simon, Yorgi, vous filez ! Largo ! Il faut monter le plus haut possible.
- Quoi ?
- Faites ce que je vous dis ! Monter sur le toit !
- Commandant ? Vous êtes là ?
- Max ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
- J'ai eu un problème. Il faut décamper et tout de suite ! La fourmilière s'agite vachement.
- Où est Joe ? Il devait te couvrir.
- C'était lui le problème.
- Bon sang ! Il faut qu'on sorte de là ! Largo et moi, nous montons. Récupères Simon et Kerensky. On se retrouve à l'endroit convenu.
- Bonne chance.
- On va en avoir besoin.
La jeune femme montra un escalier à Winch et ils montèrent les marches aussi vite qu'il le pouvaient, Leïa étant un peu freinée par le poids de Nério sur ses épaules.
Des coups de feu retentirent derrière eux et les balles s'enfoncèrent dans le mur à quelques centimètres des deux amis.
- Plus vite Largo ! On est presque en haut. Il faut bloquer la porte derrière nous !
Arrivés sur le toit, Leïa déposa Nério et attrapa un harnais dans son gilet. Elle lui enfila pendant que le jeune homme tentait de condamner la porte. Leïa le rejoignit, elle ouvrit la porte et balança quelque chose que Largo reconnut comme étant une grenade lorsqu'elle explosa. Elle bloqua la porte avec la mitraillette de son équipier puis retourna vers Nério.
- Aidez-moi ! Nous devons allez sur le bord.... Accrochez votre mousqueton à mon harnais, dit-elle à Largo pendant qu'elle faisait de même avec celui de son père.
- Vous voulez sauter ! Mais vous êtes folle ?
- Vous préférez attendre nos amis et vous faire tuer ?
Une fois qu'il furent attachés, elle ne leur laissa pas le temps de réfléchir plus longtemps et se lança dans le vide. Elle tira une sangle attachée à une bretelle du sac à dos et un parachute s'ouvrit, ralentissant leur chute. Leïa appela Hans à l'aide et Largo entendit dans son écouteur, qu'il serait sur place en cinq minutes avec son équipier.
- Dans cinq minutes nous seront morts !dit Leïa en voyant un embarcadère sur sa gauche avec un bateau et des hommes qui se dirigeait vers lui. Largo, quand nous toucherons l'eau détachez-vous le plus vite possible pour que je ne vous entraîne pas au fond avec moi. Je vais essayer de libérer Nério aussi vite que je le pourrai.
Quelques secondes plus tard, ils amerrissaient. Largo parvint à défaire le mousqueton et la jeune femme fit de même avec celui de Nério mais moins rapidement. Le jeune homme aida son père à remonter à la surface tandis que Leïa se débattait avec son parachute. Elle fut entraînée vers le bas et ne dut qu'à ses années d'entraînement de ne pas sombrer dans l'inconscience par manque d'air. Elle remonta à la surface au bout d'une minute qui parut une éternité à ceux qui l'accompagnaient.
- Hans ! Où es-tu ?
L'ancien pilote ne répondit pas mais elle entendit le moteur de leur bateau arriver à tout allure. Elle regarda vers la falaise et vit un autre bateau se détacher du paysage. Il venait vers eux et ses occupants ouvrirent le feu sans sommations.
En quelques secondes qui parurent une éternité aux rescapés, Hans mit son bateau entre eux et leur assaillants. Pendant qu'il les aidaient à monter à bord, Mike répondait aux coups de feu. Leïa monta à bord puis aida Largo à hisser son père dans le bateau. Le jeune homme fut le dernier à embarquer.
- Donnes-moi une arme, et filons d'ici.
Leur poursuivants ne voulaient pas lâcher prise, Leïa inspira et visa leur réservoir. Elle rata son premier tir avec le rebond du bateau. Elle respira profondément, puis se remit en joue. Là, elle tira et son coup fit mouche. Le bateau des poursuivants explosa.
- Ramènes nous à terre, Hans. Nous devrions avoir le champs libre maintenant.
- Je ne crois pas, murmura Largo. Regardez !
Tous se retournèrent et aperçurent ce que le jeune homme montrait du doigt : un hélicoptère muni d'un mitraillette.
- On va avoir du mal à s'en sortir, cette fois, constata Mike.
- On en a vu d'autre. Tu as des munitions ?
- Ben voyons ! Que veux-tu faire contre un hélio ?
- Tenir, jusqu'à ce que la cavalerie arrive.
- Qu'est-ce que tu racontes ? On est la cavalerie ! s'exclama Hans.
- Pilotes ce rafiot et essaies d'éviter les tirs, Mike et moi, nous allons viser leur réservoir. Largo essayer de vous mettre à l'abri avec votre père. Je ne voudrai pas avoir fait tout cela pour que vous soyez tués. Allez, Mike ! Montrons leur de quoi on est capable.
- Il doivent être en train de savourer cette minute, dit-il en tirant sur leurs poursuivants, parce que c'est notre dernière !
- Ne sois pas défaitiste, Mike, répondit Hans, il y a toujours des miracles quand on est du bon côté.
- Tu crois cela ?
- Ecoutes !
En effet, en plus du bruit des tirs de mitraillette, un autre son se faisait entendre : celui d'un autre hélicoptère. Lui aussi était armé, mais avec des missiles.
- Salut la compagnie ! J'ai cru comprendre que vous aviez besoin d'un petit coup de main.
- Joe ! Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Max va me devoir des explications....Pour l'instant, débarrasses nous du pot de colle !
- Vos désirs sont des ordres, Madame.
Joe plaça son appareil entre le bateau de ses amis et leur adversaire et après leur avoir demandé de cesser le combat, il enclencha sa mitraillette. Une poursuite s'engagea entre les deux appareils et Joe arma ses missiles. Il demanda une dernière fois à son adversaire de rompre le combat puis, n'obtenant aucune réponse, il tira. L'hélicoptère explosa et s'abîma en mer.
Quelques minutes plus tard, Hans faisait accoster leur bateau sur la plage où les attendaient leurs amis. Kerensky attrapa Leïa dans ses bras et la serra très fort contre lui.
- Tu ne changeras jamais, je m'en ferai toujours pour toi quand tu es en mission.
- Tu devrais savoir que j'ai toujours un atout dans ma manche en cas de problème. Allez ! Ne traînons pas ici. Plus vite nous quitterons la France, plus nous aurons de chance de ne pas avoir d'explications avec les flics.
- Attendez ! Aidez-moi ! Mon père est blessé ! s'écria Largo.
- Descendez-le ! On le soignera dans le jet jusqu'à ce qu'un toubib le voit à New York. Allez, dépêchez-vous ! Hans ? Qu'est-ce que tu fais ? Hans !
L'ami de la jeune femme s'affaissa sur les commandes du bateau. Elle sauta à l'intérieur et le releva pour constater qu'il avait une énorme tâche de sang sur l'abdomen.
- Non ! Hans ! Aidez-moi, il faut l'emporter dans l'avion tout de suite. Hans, tu ne me laisses pas tomber. Tu m'entends ?
- C'est trop tard, Princesse.
- Arrêtes ! Cela fait des années que tu ne m'as pas appelée ainsi.
- Et ce sera la dernière... Ecoutes moi !... Je n'ai pas beaucoup de temps... J'ai été très heureux de travailler avec toi... Maintenant, je vais aller rejoindre Luke là-haut. Ensemble, nous veillerons sur toi... Kerensky, je n'aime pas les communistes, mais... Leïa t'aime... alors je te la confie. Ne la laisse pas s'apitoyer sur son sort.
- Comptes sur moi.
- Hans ?... Hans !
Le dernier lien qui la reliait encore à son frère venait de disparaître. Leïa se retrouvait désormais seule. Kerensky l'entraîna vers la camionnette pendant que Mike et Max transportait leur ami.
CHAPITRE XXII
Un quart d'heure plus tard, ils étaient tous dans le jet. Le silence régnait à bord. Leïa était dans un coin et regardait par le hublot. Aucune larme ne coulait sur son visage, seul son regard montrait dans quel état de tristesse elle se trouvait.
Joe soignait Nério. Il avait expliqué pourquoi il s'était battu avec Max, celui-ci n'avait pas voulu intervenir quand ils avaient vu leurs ennemis arriver vers Leïa et une bagarre s'était déclenchée entre les deux équipiers. Résultat : Joe était parti chercher de l'aide auprès de Thomas et avait abandonné son poste et ses amis, le temps pour lui de revenir avec un hélicoptère.
Nério était étendu sur le canapé et perdait beaucoup de sang. Il avait perdu connaissance depuis longtemps et Largo restait auprès de lui. Il regardait ce père qu'il n'avait vu qu'une fois par an pendant des années et qu'il avait cru mort depuis plus d'un an.
Joe avait des bases en médecine, il brancha une perfusion et fit un pansement. La blessure arrêta de saigner au bout de quelques minutes et le pouls du patient se stabilisa. Il tiendrait jusqu'à New York.
Yorgi vint s'asseoir près de la jeune femme et lui prit la main. Elle la serra très fort sans prononcer un mot et regarda Nério étendu sur le canapé, Largo à son chevet. Derrière, par l'espace que laissait le rideau mal fermé, elle pouvait voir le corps de Hans par terre dans l'allée, recouvert d'une couverture.
- Luke est vraiment mort, maintenant, murmura-t-elle.
Ce fut les seuls mots qu'elle prononça durant toute la durée du voyage.
A leur arrivée à New York, la voiture du coroner les attendait. Les deux hommes placèrent Hans dans un sac puis sur un brancard. Ils chargèrent le tout dans la voiture et partirent.
Quand ils furent seuls, un hélicoptère atterrit près du jet, comme si le pilote attendait le départ de l'intrus. Max et Mike allèrent chercher le brancard dans l'appareil et y placèrent Nério. Quelques minutes plus tard, Nério, Max et Largo décollaient à bord de l'hélicoptère en direction de l'hôtel Mayflower.
Simon, Yorgi, Leïa et les autres regagnèrent l'immeuble avec les deux véhicules venus les prendre. Quand ils arrivèrent, Nério était déjà en salle d'opération avec le Professeur Jefferson.
Leïa demanda à rester seule et se rendit dans le bunker. Elle informa le garde de ne laisser entrer personne sans son autorisation.
CHAPITRE XXIII
- Jessie ?
- Je suis là. Je suis désolée pour Hans.
- Merci... As-tu du nouveau ?
- Oui, j'ai pris l'initiative d'envoyer quelqu'un relever quelques échantillons du cadavre exhumé à la place de Nério il y a un an.
- Pourquoi ? On sait déjà que ce n'était pas Nério.
- Justement, c'est bien Nério Winch.
- Quoi ! Tu es en train de faire un court circuit ou quoi ?
- Non, mes circuits vont très bien. Quand les médecins légistes ont fait les analyses l'autre jour, ils ne se sont fiés qu'à l'enveloppe charnelle du corps.
- Les empreintes ont démontré qu'il s'agissait bien du double de Nério.
- Mais ce n'était pas les vraies empreintes du cadavre.
- Tu veux dire que quelqu'un s'est amusé à mettre des fausses empreintes sur le doigts du vrai cadavre de Nério Winch !
- C'est exactement cela.
- Si je dis cela, on va me prendre pour une folle, surtout maintenant que Hans est mort. Ils vont croire que le chagrin me fait divaguer.
- Il y a un autre détail intéressant. L'homme que j'ai envoyé a pu me prélever un échantillon du cerveau.
- Au bout d'un an, il ne devait plus rien rester, c'est absurde.
- Pas tant que cela, car j'ai découvert dans cet échantillon les traces de la tumeur dont souffrait Nério. De plus, j'ai effectué une analyse très poussée sur l'ADN du cadavre, je peux te certifier qu'il s'agit bien de Nério Winch.
- Alors celui qui est en salle d'opération, c'est qui ? Alan Smyte ?
- Je te le dirai dans quelques secondes, un de nos hommes vient juste de me rapporter un échantillon de son sang et ses empreintes.
- Ses empreintes pourraient elles aussi être falsifiées.
- C'était le cas, il semblerait que notre homme aurait trouvé une fine pellicule de peau sur un des doigts. Il l'a enlevée et a repris l'empreinte. Je vais voir en comparant.
- C'est une histoire à dormir debout. Qui peut être assez cinglé pour imaginer un stratagème aussi compliqué ?
- La Commission... Ce n'est pas tout.
- Vas-y, au point où j'en suis, tu peux tout me dire.
- J'ai enfin trouvé le mot de passe de la deuxième taupe.
- C'est quoi ?
- David.
- Génial, on ne va pas aller très loin avec cela. Le temps que l'on trouve pour qui dans l'entourage de Largo ce prénom veut dire quelques chose, notre taupe l'aura peut-être descendu.
- J'ai trouvé qui est la taupe.
- Qui ? Comment ?
- C'est Diana. J'ai effectué les recherches que tu m'as demandé et j'ai découvert qu'elle avait été mariée à un certain David, un ami de largo et Simon.
- Le père de l'enfant.
- Pas vraiment.
- Viens-en au fait, Jessie, je suis fatiguée des devinettes.
- Jake n'est pas l'enfant du mari de Diana. Lorsqu'elle a fait le test de paternité avec Largo, les analyses ont prouvé qu'il n'était pas le père, mais j'ai retrouvé les résultats de ce test et je les ai comparé aux échantillons de sang de David.
- Je ne veux surtout pas savoir comment tu t'es procuré tous ces échantillons et quels systèmes informatiques tu as piraté.
- Le résultat est que David n'est pas le père de Jake lui non plus.
- Donc elle a voulu se servir de cet enfant pour attendrir Largo la première fois, cela n'a pas fonctionné, mais il est très attaché à ce bébé maintenant.
- Exact... Ca y est, j'ai les résultats pour Nério. J'avais raison, ce n'est pas Nério mais Alan Smyte. Même si les empreintes pouvaient nous faire douter, l'ADN, lui, est unique pour une seule et même personne.
- Je vais devoir annoncer cela à Largo maintenant. Je crois que cela va faire beaucoup de mauvaises nouvelles en même temps.
- Peut-être, mais tant que Diana n'a pas été arrêtée, c'est un danger potentiel et Largo est une cible trop facile pour elle.
CHAPITRE XXIV
Quand Leïa arriva près de la salle d'opération, Jefferson parlait à Largo de la situation de son patient.
- Il a perdu beaucoup de sang, l'opération a duré deux heures. Je suis désolé, mais je ne suis pas très optimiste. Même s'il se réveille, je ne peux pas vous promettre qu'il s'en sortira.
- Merci, Docteur.
- Je suis désolé, Largo, dit Simon en mettant une main sur son épaule.
- Je ne me faisais pas trop d'illusions de toute façon... Leïa, je suis désolé pour votre ami. Sa mort aura été inutile.
- Peut-être pas, Largo, l'avenir nous le dira.
- Ca va ? demanda Yorgi.
- Oui, mais le plus dur est à venir.
- Que veux-tu dire ?
- Je ne peux pas t'en parler pour l'instant. Je vais monter à l'appartement. Je vais mettre des chambres à votre disposition si vous voulez dormir un peu. Vous n'aurez qu'à demander la clé à Jeremy à l'accueil.
- Merci, pour tout Leïa.
- S'il y avait du nouveau, appelez-moi. Un garde va rester en faction devant la porte de la chambre pour le cas où quelqu'un arriverait à s'introduire jusqu'ici. Cela est peu probable, mais je préfère prendre des précautions. A plus tard.
Leïa se dirigea vers l'ascenseur sous le regard de Kerensky qui trouvait son attitude bizarre. Il connaissait la jeune femme, il savait quand elle lui cachait quelque chose et à cet instant précis, c'était le cas.
- Yorgi ?
- Oui.
- Je te remercie pour tout ce que tu as fait pour mon père et moi, dit Largo. Je m'excuse encore pour tout ce qui s'est passé et j'aimerai que tu reviennes dans l'équipe, j'ai besoin de toi.
- Je n'ai pas encore pris de décision, Largo, et pour être franc, je ne la prendrai qu'une fois que nous saurons à quoi nous en tenir pour ton père. Pour l'instant, je laisse les choses comme elles sont. Je vous laisse, je pense que Leïa a besoin de moi. Ce soir, elle n'a pas perdu qu'un ami, elle a aussi perdu l'un des derniers liens qui la rattachait à son frère.
- Je vous appellerai s'il y a du nouveau.
Yorgi se dirigea vers l'ascenseur et monta jusqu'à l'appartement de son amie. Le logement était plongé dans l'obscurité. Il faisait nuit dehors et aucune lumière n'était allumé. Il entendit le bruit de la douche et se dirigea vers la salle de bains.
Il s'arrêta devant la porte et écouta. Des bruits de sanglots lui parvenait. Il ouvrit la porte doucement et entra dans la pièce. Leïa était sous la douche, recroquevillée et en train de pleurer toutes les larmes de son corps.
Yorgi attrapa une serviette et ouvrit la porte du bac à douches. Il ferma les robinets et enveloppa la jeune femme dans la serviette avant de la transporter jusque dans son lit. Là, il l'allongea à coté de lui, la recouvrit d'une couverture et la tint dans ses bras en la berçant, sans prononcer le moindre mot.
Au bout d'une heure, Leïa se calma et s'endormit, blottie dans les bras de son amant, comme si le simple rempart de ses bras pouvait la protéger de l'extérieur. Le Russe ne mit pas longtemps avant de s'endormir à son tour.
CHAPITRE XXV
Yorgi se réveilla le premier, il tenait toujours la jeune femme dans ses bras. Il remonta la couverture sur ses épaules et elle ouvrit les yeux.
- Comment ça va ma petite Tsarine ?
- Mieux. Je suis bien dans tes bras, dit-elle en se serrant encore plus contre lui. Je voudrai tout effacer de ma mémoire et rester là, avec toi.
- Que s'est il passé dans le bunker ?
- Jessie a trouvé la deuxième taupe.
- Diana.
- Oui. Elle ne l'aurait pas trouvé si Joy ne m'avait écrit un mot. Avant que nous partions, le père Maurice me l'a remis. Elle me demandait d'enquêter sur Diana. Jessie s'est exécutée et quand elle a enfin trouvé le mot de passe qui était David, elle a fait le rapprochement avec le dossier de Diana qu'elle venait d'étudier. Mais ce n'est pas tout.
- Je ne vois pas ce qui peut être pire.
- L'enfant, Jake, ce n'est pas le sien, et encore moins celui de l'ami de Largo, ce David en question.
- Comment sais-tu cela ?
- Jessie a vérifié les échantillons de sang de l'enfant avec ceux de son prétendu père, ils sont négatifs.
- Quand Largo va apprendre cela, il ne va pas s'en remettre.
- Il y a pire encore.
- Quoi ?
- L'homme que l'on a sauvé et qui est en bas... Ce n'est pas Nério Winch.
- Qu'est-ce que tu racontes ? dit-il en s'asseyant en face d'elle. Tu divagues ?
- Je voudrai bien. Tu te rappelles que ton analyse de la voix sur l'enregistrement vidéo n'était d'accord qu'à 85 % ?
- Oui, mais Nério est malade, sa tumeur...
- Justement, le cadavre qui a été exhumé il y a quelques jours, est bel et bien celui de Nério. Quelqu'un a faussé les tests, les empreintes relevés étaient " collées " sur les vraies. Jessie a fait prélever des échantillons sur le cadavre par un de nos hommes. Elle a tout étudié de A à Z et elle a fait de même avec l'homme qui est en bas à l'heure actuelle. Notre homme s'est aperçut en prenant les empreintes, que de la peau était en train de s'enlever, il l'a retirée et l'a reprise. Jessie a découvert ainsi que pour un même doigt, cet homme avait deux empreintes différentes. L'une, la première, est celle de Nério, et l'autre est celle de Alan Smyte.
- Cette histoire est rocambolesque.
- Je suis d'accord et je comprends que tu ne veuilles pas me croire, mais c'est la vérité. La Commission a élaboré un plan hors du commun et emplit de sadisme pour arriver à ses fins. Largo m'a lui-même exprimé sa peur que l'homme que l'on allait libérer ne soit pas son père. Dans l'avion, il m'a dit que la Commission voulait peut-être faire croire que son père était vivant car il pourrait ainsi reprendre les rênes du Groupes W et le type ferait tout ce que la Commission lui ordonnerait.
- Ce n'est pas tiré par les cheveux, mais c'est vraiment incroyable.
- J'en suis consciente, c'est pourquoi je ne sais pas comment l'annoncer à Largo. Diana, Jake, Nério, cela va faire beaucoup d'un seul coup.
Le téléphone sonna et Leïa décrocha. Elle écouta puis reposa le combiné.
- Nério s'est réveillé, Largo est avec lui.
- Nous devons y aller. Je crois que le meilleur moyen d'annoncer la mauvaise nouvelle à Largo, c'est de mettre les pieds dans le plat.
- Tu as peut-être raison, mais j'ai une autre idée. Je m'habilles et on y va.
La jeune femme se leva, elle enfila un jean et un tee-shirt puis rejoignit Kerensky dans le salon. Ensemble, ils descendirent jusqu'aux installations souterraines et dans la chambre où se reposait le faux Nério.
CHAPITRE XXVI
Quand Leïa et Yorgi arrivèrent dans la chambre, Largo était assis près de son père et lui tenait la main.
- Leïa !... Ma petite princesse.
- Comment te sens-tu Nério ?
- Vous avez risqué votre vie pour me sauver... Vous n'auriez pas dû mes enfants...
- On ne pouvait pas te laisser entre leur main, Nério, dit Largo.
- Largo... mon fils... je suis désolé de tout le mal que je t'ai fait.... pendant toutes ces années...
- Ne penses pas à cela pour l'instant. Tu dois te reposer, prendre des forces et ensuite, nous pourrons discuter.
- Oui, Largo a raison. Vous aurez tout le temps ensuite pour vous parler. Vous pourriez aller au château où tu m'emmenais autrefois quand tu ne voulais pas que des oreilles indiscrètes nous espionnent. Tu t'en souviens ?
- Non...
- Ce n'est rien, dit Leïa pour le rassurer, ce sont les effets de l'anesthésie, tu ne sais plus trop où tu es.... Je te conduirai chez moi, là où nous nous sommes rencontrés pour la première fois.
- Tu n'avais que cinq ans... tes parents venaient de mourir...
- Oui, mais tu es souvent venu me voir à la maison... Et c'est là que tu m'as confié ton plus grand secret, celui qui te faisait souffrir le plus...
- Je me rappelle... tu faisais... de la balançoire... et je t'ai dit à ce moment là que je... voulais abandonner le Groupe W... pour aller rejoindre Largo...
- Vous n'êtes pas Nério Winch, dit simplement Leïa comme si c'était une évidence. Vous êtes Alan Smyte.
- Qu'est-ce qui vous prend ? dit Largo en colère.
- Avouez Alan, vous ne pouvez pas me tromper. Quand j'ai appris votre existence, j'en ai voulu à Nério car je l'ai accusé de vous avoir envoyé à moi à sa place plus d'une fois, de m'avoir laissée me confier à un inconnu. Il m'a juré qu'il ne vous avait jamais utilisé pour nos rencontres, c'était toujours lui qui venait, le vrai Nério. Alors nous avons mis en place un code pour que je puisse le reconnaître si j'avais un doute, et vous êtes tombé dans le piège à pieds joints. Le jour où Nério m'a confié son terrible secret, je jouais à la poupée et son secret, c'était l'existence de Largo. Jamais Nério n'aurait imaginé quitté le groupe W, jamais, c'était sa vie. Il voulait le bâtir pour pouvoir le donner à son fils car c'était la seule chose qu'il pouvait lui laisser étant donné qu'il avait été incapable de lui donner son amour. Lui laisser le Groupe W en hééritage, c'éétait prouver à son fils qu'ilé était l'êêtre le plus important de sa vie. On ne donne pas àà n'importe qui la chose que l'on a mit tant d'aénnées àà bââtir de ses mains... Nous avons la preuve que vous êêtes bien Alan Smyte, ce n'est plus la peine de nier.
- C'est vrai...je suis Alan Smytes.... Nério est mort...
- Mais le cadavre ?
- Nério... ils ont mis mes empreintes... sur les siennes....
- Regardez, son cœur s'emballe, remarqua Simon.
Tout à coup, le faux Nério perdit connaissance et une sonnerie stridente retentit. Jefferson entra en courant avec deux infirmières, ils essayèrent de le ramener à la vie pendant dix minutes sous le regard vide d'expression de Largo.
- Je suis désolé, Monsieur Winch, je suis obligé de prononcer le décès.
- Ce n'est pas grave, ce n'était pas mon père, dit Largo avant de sortir suivit de Simon.
- Je vous expliquerai, Brad, mais sur l'avis de décès, vous devez mettre Alan Smyte, c'est son vrai nom.
- Si vous le dites.
- Merci.
Elle rejoignit les autres à l'extérieur, ils étaient tous abattus, comme sous l'effet d'un puissant choc.
- Je suis désolée, Largo, mais c'est mieux ainsi. Tout va rentrer dans l'ordre maintenant.
- Tout se gâchis, Joy, Hans, tout ça pour rien.
- C'est faux, cela n'aura pas été vain. Maintenant vous en savez un peu plus sur votre père, et vous savez que les fantômes n'existent pas.
- Oui.
- C'est terminé, maintenant, conclut Simon. Joy va se remettre et tu as Diana et Jake qui t'attendent à l'appartement.
- Je vais vous reconduire chez vous, dit Leïa.
- Non, cela va aller. Simon et moi nous allons rentrer nous reposer un peu et demain nous irons voir Joy. Le reste, cela attendra.
- Je vous verrai demain, je vais rejoindre Joy. J'ai besoin moi aussi de me détendre et de reprendre des forces avant les obsèques de Hans.
- Alors à demain... Yorgi ?
- Je vous verrai demain avec Joy.
- D'accord.
Les deux hommes sortirent de l'ascenseur et prirent un taxi pour retourner à la tour Winch. Pendant ce temps, Leïa et Yorgi montèrent dans l'appartement de la jeune femme et se couchèrent sagement. Ils avaient fait une partie du chemin, maintenant il leur restait à avouer le plus gros : Diana.
CHAPITRE XXVII
Leïa et Kerensky arrivèrent les premiers à l'endroit où Joy faisait sa convalescence. Elle les accueillit avec un grand sourire. Leïa lui raconta tout ce qui s'était passé sans omettre le moindre détail. Elle termina par lui dire la vérité sur Diana. Joy ne s'était pas trompée, son pressentiment était juste depuis le début : Diana n'était pas celle qu'elle prétendait être. Elle avait trahi Largo mais celui-ci n'était pas encore au courant.
Largo et Simon arrivèrent en milieu de matinée avec Jake dans les bras à la surprise générale.
- Pourquoi Jake est avec toi ? demanda Joy.
- Diana est partie, je ne sais pas quand et pourquoi mais elle a laissé Jake.
- Suzanne, emmenez l'enfant à l'intérieur tout de suite, ordonna Leïa.
- Pourquoi ? Qu'y a-t-il ? demanda Largo en la voyant sortir une arme.
- Père Maurice, Joy rentrez dans la maison ! J'ai peur que nous ayons une mauvaise surprise.
- Vous croyez que Diana serait venue jusqu'ici ? Comment aurait-elle su où nous trouver ?
- Je ne sais pas mais j'ai un mauvais pressentiment.
- Et je suis bien placé pour savoir qu'ils sont toujours vérifiés, ajouta Kerensky en dégainant une arme lui aussi.
- Yorgi ! On fait le bouclier autour de Largo. Simon, si vous n'avez pas d'armes, vous vous occupez de nous dégager le chemin jusqu'à la maison. Tu vois quelque chose ?
- Non, pas pour l'instant....
Il n'avait pas terminé sa phrase que des coups de feu retentirent. Leïa plaqua Largo à terre pour le protéger.
- Nous sommes complètement à découvert, elle nous tue quand elle le veut. Tu la vois ?
- Dans les arbres, près du kiosque.
- Je ne vais pas pouvoir l'atteindre sans me faire tuer. Nous devons regagner la maison, coûte que coûte. Largo, vous restez entre nous, ne lui donnez pas une cible facile. Attention ! Go !
Ils se mirent à courir sous les tirs nourris du tireur embusqué. Mais quelqu'un d'autre s'était mêlé de le fusillade. Leïa aperçut Joy armée d'un fusil qu'elle avait dû trouver dans l'armurerie. Elle tentait de les couvrir tant bien que mal mais le tireur se rapprochait.
- Elle change de position, elle se rapproche de la maison.
- Non, ils sont deux ! cria Kerensky pour se faire entendre.
- Super ! Si on ne se dépêche pas, ils vont réussir à nous bloquer à l'extérieur. Joy ! N'arrêtez pas de tirer ! Ne leur laissez aucun temps mort ! Il faut en éliminer un.
Les trois cibles continuèrent leur lente progression vers la demeure. Mais ils n'arrivèrent jamais. Une balle atteignit l'épaule de la jeune femme. Quand celle-ci se retourna, elle vit venir un homme armé vers eux. Il était à découvert maintenant, et il venait de faire la plus grosse erreur de sa vie et la dernière. Leïa fut plus rapide que lui et parvint à lui envoyer une balle en plein cœur.
- Ne tires plus Joy, ou je les descends.
Tous regardèrent cette femme qu'ils ne reconnaissaient pas. Ce n'était plus la Diana de l'hôpital, toute mielleuse, mais une Diana au regard dur, sans vie, incapable de la moindre émotion.
- Vous allez nous tuer de toute façon, dit Leïa d'un ton fataliste.
- Pourquoi Diana ? demanda Simon. On était copains.
- Pourquoi la Commission Diana ? Pourquoi vouloir me tuer ?
- Quand j'ai eu besoin d'aide, la Commission était là, ils m'ont aidée et ils m'ont donné un job.
- Vous parler d'un job, tuer les gens, c'est très enrichissant.
- Arrêtez de déblatérer des idioties ou je vous tue.
- Ne vous gênez surtout pas pour moi, répondit Leïa. C'était astucieux le coup de l'enfant. Malheureusement, cela n'a pas fonctionné. Vous avez eu peur quand Simon a parlé de test de paternité donc vous avez fait passer l'enfant pour celui de David. A qui avez-vous volé cet enfant ?
- Nous l'avons pris dans un orphelinat, avec de l'argent, on obtient tout ce que l'on veut.
- Tout, sauf l'amour, conclut Simon.
- Mon pauvre Simon, tu seras toujours le petit chien derrière son maître. Tu n'es rien sans Largo.
- Joy ! cria Leïa avant de recevoir un coup de crosse de pistolet dans le visage.
- Et cette chère Joy qui protège son maître en bavant devant lui et il ne s'en aperçoit même pas. Vous êtes tous très pathétiques.
- Et vous, dit Leïa, vous êtes morte.
Un coup de feu retentit et Diana lâcha son arme qui tomba à terre. Elle regarda Leïa surprise puis son ventre d'où jaillissait un flot de sang. Elle leva la tête comprenant que le coup avait été tiré par Joy depuis la maison puis elle regarda le ciel avant de tomber en arrière. Ses yeux étaient grand ouverts, mais il n'y avait plus aucun signe de vie à l'intérieur.
Joy et le père Maurice se précipitèrent aussi vite qu'ils purent vers leur amis. Largo serra la jeune femme dans ses bras pendant que Yorgi et le prêtre s'occupaient de Leïa.
- Merci, Joy, dit Leïa. Je commençais à me demander si vous alliez tirer.
- Je me suis posée la question, moi aussi. Connaissant les sentiments de Largo envers Diana, je ne savais pas si je devais tirer ou non.
- Dans ces cas là, les sentiments il faut les laisser aux vestiaires, rétorqua le Russe. Mais je te félicite, c'était un très beau tir.
- Merci. Votre bras, cela va aller ?
- Oui, ce n'est qu'une égratignure, une de plus à mon palmarès.
- Venez, mon enfant, allons à l'intérieur que je vous désinfecte.
- Je vais appeler la police, dit Simon.
Joy et Largo restèrent seuls près du corps de Diana. C'est la jeune femme qui se décida la première à briser le silence.
- Je voulais attendre un peu avant de te la donner, mais je crois que c'est le bon moment, dit-elle en sortant une enveloppe de son blouson et en lui tendant. J'en ai beaucoup parlé avec le Père Maurice, et il n'a pas réussi à me faire changer d'avis.
- A quel sujet ?
- Voici ma lettre de démission. Elle prend effet immédiatement.
- Quoi ? ! ! ! Joy, non, tu ne peux pas partir ! J'ai besoin de toi.
- Si je reste, rien ne sera jamais plus comme avant, Largo. Je ne peux pas faire du bon boulot dans ces circonstances.
- Je ne comprends pas.
- Je suis certaine que si, mais tu ne veux pas l'admettre. Pour le cas où tu ne vois vraiment pas la raison de mon départ, regardes BODYGUARD, c'est un film qui explique très clairement pourquoi je ne peux rester près de toi et continuer de te protéger. Donnes le poste à Leïa, elle est la meilleure personne que je peux te proposer pour me remplacer. De plus ce sera un honneur de me faire remplacer par elle. En la prenant, tu récupéreras aussi Kerensky, tu as besoin des deux.
- J'ai aussi besoin de toi, Joy. Ne me laisses pas, restes.
- N'insistes pas Largo, c'est déjà assez difficile comme cela. Au revoir.
Elle s'approcha de lui et l'embrassa légèrement sur les lèvres. Elle le regarda une dernière fois, les larmes plein les yeux puis se retourna et partit vers la maison. En rentrant, elle croisa Leïa et Yorgi qui sortaient.
- Veillez bien sur lui. Protégez-le, y compris contre lui-même. Il a besoin de vrais amis autour de lui pour lui montrer ce qui est bien et ce qui est mal.
- Alors vous avez pris votre décision.
- Oui, et elle est irrévocable.
- Tu vas nous manquer, Joy.
- Le KGB et la CIA n'ont jamais fait bon ménage, mais nous avons montré que ce dicton était faux. Prends soin de toi, Yorgi.
Le Russe serra la jeune femme dans ses bras. Puis elle quitta la propriété avec le Père Maurice quelques instants plus tard.
Largo était seul dans le jardin assis sur un banc. Kerensky, Simon et Leïa le rejoignirent. Ils attendirent qu'il rompe le silence le premier.
- Joy est partie.
- Oui, c'est mieux pour elle, elle n'aurait pas survécu longtemps si elle était restée, dit Leïa.
- Vous allez rester avec nous ? demanda Largo. Vous voulez travailler pour moi ? Avec Yorgi.
- C'est une proposition très tentante, Largo, mais je la refuse pour l'instant. Je ne suis pas encore prête à démissionner de l'armée. De plus, il y a encore beaucoup de choses que vous ne savez pas sur moi.
- Quel genre de choses ?
- La principale est que je possède à cette heure-ci, 15 % des parts du Groupe W.
- Quoi ? ! !
- Il y a quelques temps, vous avez été devant un tribunal parce que le Conseil d'Administration considérait que vous n'étiez pas apte à présider le Groupe.
- En effet, mais nous avons gagné.
- C'est vrai, mais pendant ce temps, tout le monde était tellement occupé à vous descendre en flèche qu'ils ne se sont pas aperçut que les petits actionnaires vendaient leur actions de peur que le Groupe ne s'effondre. J'en ai profité pendant les deux jours qu'a duré le procès. J'ai racheté toutes les actions et je suis aujourd'hui propriétaire de 15 % des parts. Donc, la prochaine fois que votre conseil voudra vous mettre des bâtons dans les roues, vous aurez de quoi vous défendre, vos 40 %, les 25 % de Monique et mes 15 %.
- Vous feriez cela ?
- Je n'ai pas acheté ces parts pour m'en servir contre vous, Largo. Même si je suis un de vos concurrents les plus fervents. Nério était mon parrain et je ne veux pas voir ce qu'il a bâti de ses mains tomber dans des mains peu recommandables. Pour moi, vous êtes son héritier, vous seul pouvez continuer l'œuvre de votre père, mais avec un peu plus d'honnêteté, je l'avoue.
- Merci, Leïa.
- Pour l'instant, je ne peux venir vous rejoindre. Et quand je le ferai, il nous faudra mettre certaines choses au clair car je suis tout de même la Présidente d'un de vos concurrents.
- Vous aviez bien trouvé un accord avec mon père ?
- Non, ce n'est pas cela. Il était mon parrain et le deuxième administrateur de mes biens, mais c'est Bill Preston le principal administrateur et exécuteur testamentaire. Nério avait un droit de conseil mais Bill contrôlait toutes ses décisions pour voir s'il ne lésait pas un groupe pour favoriser l'autre.
- Connaissant mon père, il en était capable.
- Oui.... Vous pouvez rester ici autant de temps que vous le voudrez, Largo. La police va arriver, elle va emporter le corps puis tout rentrera dans l'ordre. Je dois retourner chez moi, le Président n'attend pas.
- Au revoir, Leïa et merci pour tout.
- C'était un plaisir de vous rencontrer, Largo. Si un jour vous voulez me voir, vous savez où me trouver.
- Oui, je ne manquerai pas de passer.
Leïa embrassa Largo et Simon puis retourna vers la maison avec Kerensky qui l'accompagna jusqu'à sa voiture.

- Alors tu ne veux pas rester ?
- Non, je dois partir, mon bip a sonné et le Président me réclame.
- Quand est-ce que je peux venir te voir ?
- Quand tu veux, mais pas dans trois ans si possible, répondit-elle avec un sourire rempli de sous entendus. Je ne crois pas que je tiendrai aussi longtemps cette fois.
- Moi non plus.
Yorgi attira la jeune femme et l'embrassa. Leïa se serra contre lui en répondant passionnément à son baiser, lui faisant bien comprendre qu'elle était très impatiente de le revoir.
Elle se dégagea de son étreinte puis monta dans sa voiture. Elle démarra et quitta sa propriété avec pour dernière image dans son rétroviseur : Yorgi lui faisant au revoir de la main.

FIN