B OULEVERSEMENTS (part 3)
 




...
- "Alors qu'y a-t-il de si urgent, Simon ?"
- "J'avais raison. Il se passe bien un truc bizarre ici : Ambre est terrorisée par son mari. Ils se sont violemment engueulés et elle a parlé de je ne sais quel accord entre eux…"
- "Ecoute Simon, ne t'emballe pas, ça arrive dans tous les couples, les disputes. Et puis, cet accord, c'est peut être simplement leur contrat de mariage." Intervint Largo, à moitié amusé par tant de véhémence, tentant de modérer son ami.
- "A propos de quoi se disputaient-ils ?" Demanda Joy
- "Et bien, je n'ai pas tout entendu, mais Vargas à commencé par l'accuser de lui être infidèle et quand elle a tenté de se défendre, il l'a giflée et il est parti."
- "Je ne sais pas quoi te dire, Simon, on ne va quand même pas faire un scandale parce que le patron de l'hôtel et se femme ont eu des mots… Ce dont tu ne devrais même pas être au courant, puisque je suppose que cette scène n'a pas dû avoir lieu dans un des endroits accessibles au commun des invités de la soirée, je me trompe ? Et puis, si ça se trouve, ils sont déjà réconciliés !"
Comme pour donner raison à Largo, le couple revenait dans la salle où était installé l'orchestre. Ambre était au bras de son mari. L'éclat un peu trop intense de ses yeux mauves aurait sans peine pu être attribué au champagne mais Simon savait que c'était le fruit de ses larmes. Tout avait l'air normal et si le suisse n'avait pas été témoin direct de la scène précédente, il aurait lui même eu du mal à y croire. Comprenant cela, il renonça à convaincre ses amis et se prépara à s'éloigner alors que Largo entraînait Joy sur la piste de danse.
- "Je ne vois pas pourquoi le maire te ferait danser et pas moi, non mais !"
- "Ed est un excellent danseur, tu n'as plus qu'à t'accrocher si tu veux rivaliser avec lui !" Le taquina-t-elle.
- "Parce que tu l'appelles déjà, Ed ? Mais il va falloir que je le surveille de près et toi avec !"
- "Tu n'as aucun souci à te faire… pour le moment…" Termina-t-elle en se coulant entre ses bras avec un grand sourire.
Simon était passablement abattu, il ne savait quoi faire. Il voulait aider Ambre, mais si elle ne le souhaitait pas et qu'en plus ses amis s'en désintéressait, il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire. Il était plongé dans ces pensées maussades quand il entendit la voix de Georgi :
- "Je pense que tu as raison, Simon. Je crois même que ta belle femme mystère a de gros soucis. Seulement, on ne peut rien faire tant qu'on ne sait pas de quoi il retourne. Il faut absolument qu'elle nous le dise."
- "Mais elle a tellement peur de Vargas qu'elle refusera de me laisser l'approcher. Je t'assure que ce type est une brute épaisse. Si tu l'avais entendu tout à l'heure…"
- "Ecoute, laisse moi 5 minutes pour créer la diversion qui l'éloignera d'ici et débrouille toi avec Ambre. Tu auras à peine 10 minutes pour la faire parler et tout comprendre ! Ca te suffira ?"
- "Faudra bien ! Merci Georgi, t'es un vrai pote !"
- "Arrête, je vais pleurer !"râla le russe avant de se diriger vers la réception.
Georgi avait repéré le tableau électrique sous le bureau, il se dit qu'un petit court circuit d'origine inconnue devrait suffire à ramener Vargas par là ! En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, il avait fait sauter le fusible désiré. Dans la grande pièce, les lustres s'éteignirent, ne laissant aux invités que la lueur vacillante des bougies. Si certains ne s'en plaignaient pas - à commencer par Largo et Joy qui se rapprochèrent un peu plus qu'ils ne l'eussent fait en pleine lumière - d'autres personnes voyaient d'un moins bon œil cet incident. Aussi Vargas, de sa voix de stentor, s'empressa-t-il de rassurer tout le monde.
- "Ne vous inquiétez pas, il doit s'agir d'un plomb qui a sauté ! Ne vous bousculez pas, je vais régler le problème, dans 5 minutes, le courant sera revenu."
Et il quitta la pièce. Aussitôt, Simon s'approcha de Ambre, la prit par le bras et lui murmura très vite à l'oreille.
- "D'accord, je ne suis pas Zorro, seulement je suis convaincu que vous avez de gros problèmes et je suis sur de pouvoir vous aider. Ne jetez pas aux orties la chance qui vous est offerte. C'est Georgi qui a fait sauté les plombs pour que vous ayez le temps de me parler sans que votre mari s'en rende compte ! Si ça n'est pas une preuve de notre bonne volonté, je ne sais pas ce qu'il faut faire ! N'ayez pas peur et faites nous confiance !"
Alors Ambre rendit les armes, de toute façon, elle ne supporterait plus cette situation bien longtemps et il fallait qu'il se passe quelque chose sinon elle allait devenir folle. C'était peut être un signe, après tout… Elle se lança et d'une voix hachée, les yeux baissés, elle expliqua la situation à Simon. Lorsqu'elle eût terminé, Simon resta un instant muet, bouleversé par ses révélations. Il serra la jeune femme dans ses bras et posa ses lèvres sur sa tempe. Puis il se souvint qu'ils avaient peu de temps, il fallait régler les détails pratiques.
- "Où puis je te contacter ? Ici, à la réception ? Il y a quelqu'un à qui tu puisses te fier ?"
- "Oh, non ! Passe par la vendeuse de la boutique de Main Street où on s'est rencontrés. Elle m'aime bien. Et je dois aller là bas demain dans la matinée."
- "Très bien, ne t'inquiète pas, je te jure qu'on va remuer ciel et terre pour te sortir de là. Laisse nous le temps de trouver comment faire, mais fais moi confiance, ça va marcher !"
- "J'ai confiance. Merci…" murmura-t-elle avant de l'embrasser légèrement et de s'éloigner rapidement.
Il était temps, Simon avait juste eu le temps de se rapprocher du buffet et d'attraper une flûte de champagne que la lumière revint et Vargas avec elle. Instantanément, il chercha sa femme des yeux et vérifia son entourage. Visiblement rassuré, il la rejoignit et posa une main lourde d'autorité sur son épaule. Simon la vit retenir un frisson et s'obligea à détourner les yeux tant il doutait de pouvoir contenir la rage et le dégoût qui l'envahissaient. Georgi revint près de lui, sans rien lui demander mais le regard interrogateur. Simon hocha la tête de manière affirmative. Ils ne pouvaient rien faire de plus ici ce soir. Ils fallaient qu'ils rentrent pour établir un plan de bataille, mais pour cela, il fallait récupérer Largo et Joy qui bavardaient de nouveau avec le maire et son épouse. Ils se joignirent à eux et entendirent leurs amis accepter une invitation au même endroit pour le lendemain après-midi : il s'agissait de l'arbre de noëël organiséé pour les enfants de la station. Il y aurait de nouveau tous les notables, et comme Largo n'avait pas eu le temps de poser aussi prééciésément qu'il l'aurait souhaiter des jalons pour la mission assiégnée par John, il avait accéepté en se disant que si les autreésé préféraient aller skier, il pourrait toujours venir seul… Il fallait bien que la fonction de patron ait aussi ses éinconvénients. Discrèètement, Simon demanda àà Largo dans combien de temps il comptait partir.
- "On salue nos hôtes et on y va, ça te va ? Déjà fatigué ?"
- "On va dire ça ! Bon dépêche toi, tu auras tout le temps de faire le joli cœur demain."
Tous les quatre saluèrent donc chaleureusement le couple, récupérèrent leurs manteaux et regagnèrent leur voiture.
A peine les portières refermées, Simon leur raconta ce qu'il avait appris :
- "Quoi que vous ayez pu en penser, j'avais raison : Ambre a de gros problèmes. En réalité, elle n'est pas mariée avec Vargas. Il y a un peu plus de trois ans, elle s'est retrouvée enceinte et seule après que son mec se soit tiré. Elle a décidé de garder le bébé malgré tout mais tout est allé de pire en pire. Bref, elle a commencé à faire pas mal de conneries, un peu de vol à l'étalage, quelques arnaques… Rien de grave mais l'accumulation a commencé à agacer les flics qui lui ont collé les services sociaux au train. Du coup, on lui a enlevé sa fille. Elle a complètement sombré et c'est là qu'elle a rencontré Vargas. Au début, tout allait bien, il lui a trouvé un job dans un de ses hôtels, mais il lui a très vite fait comprendre que son aide allait rapidement exiger une compensation. Comme elle refusait de céder, il lui a clairement expliquéé qu'elle ne reverrait sa fille que si elle avait une situation stable et qu'éétablie avec un homme comme lui, çà ne poserait aucun problèème. Du coup, elle a craqéué et elle a acceépté de devenir, aux yeux de tout le monde, sa nouvelle femme. Elle a péu réécupérer Lola. Ca ne serait pas dramatique si Vargéas n'était pas un malade dangereux : il est paranoïïaque au dernieér degré et il a céonstitué contre elle un dossier accabléant monté de toutes pièèces pour le cas oùù elle voudrait s'en aller. Avec un truc pareil sur le bureau du bon magistrat - que Vargas connaîît certainement - Ambre perdra de nouveau sa fille. C'est àà çça qu'elle faisait allusion quand elle parlait d'accord. Sans compter qu'en plus de çça, il est volontiers violent. Alors maintenant, la question est comment on la sort de ce bourbier ? Avec laé petite, évidemment !"
- "Bon sang, quelle sale ordure !" jeta Joy écœurée.
- "Désolé, Simon, on aurait dû t'écouter dès le départ… On a été assez nuls !" s'excusa Largo ennuyé.
- "Ouais, ben, heureusement que Georgi m'a filé un coup de main, mais on verra plus tard, le tout c'est de savoir ce qu'on peut faire pour elles…"
Ils restèrent silencieux jusqu'à l'arrivée au chalet, perdus dans leurs réflexions. Ils montèrent rapidement se changer avant de se retrouver dix minutes plus tard devant la cheminée pour discuter de la marche à suivre.
- "Je pense que j'ai une idée." commença Georgi.
Les autres levèrent un œil interrogateur - et en plus plein d'espoir pour Simon - sur la grande silhouette accoudée au manteau de la cheminée.
- "L'idéal ce serait de pouvoir faire pression sur Vargas… Avoir une monnaie d'échange contre la gosse et le dossier de Ambre. Il faudrait avoir une preuve formelle qu'il est violent, par exemple. Je pense que le menacer de la diffuser devrait le faire revenir à la raison…"
- "Les caméras de surveillance ! Il faudrait le filmer et détourner les images ! Tu dois pouvoir faire ça, Georgi, non ?" s'enflamma Simon.
- "Evidement, mais je doute que Vargas cogne sur elle en plein milieu du hall du plus grand hôtel d'Aspen, ça ferait un peu désordre, pas bon pour la réputation ça !"
- "Par contre, j'ai vu en observant le système de sécurité que les caméras sont assez simples à démonter pour quelqu'un d'un un peu doué en technique. Je crois qu'il est tout à fait possible d'en récupérer une et de la réinstaller dans l'appartement de Vargas. Ca peut être fait très vite et sans que ça se remarque." intervint Joy avec à propos.
- "Bon, récapitulons. Demain après-midi, nous sommes invités à l'arbre de noël de la ville qui a lieu là bas. Pendant que Joy et moi nous occupons Vargas, vous deux vous devrez vous débrouiller avec la caméra. Simon tu connais les lieux et toi, Georgi, tu ne devrais faire qu'une bouchée de ces petites bêtes de technologie ! Après, ce sera à Ambre de jouer, il faudra qu'elle provoque Vargas et qu'elle le pousse à bout. Ce ne sera certainement pas une partie de plaisir, mais on interviendra avant qu'il ne devienne dangereux pour elle ou sa fille. As tu un moyen de la tenir au courant Simon ?" résuma Largo.
- "Oui, je passerai demain lui laisser un message auprès de la vendeuse de cet après-midi."
- "Très bien, et bien je crois que le ski, ce ne sera pas pour demain ! On devrait filer se coucher, noël ne sera pas férié pour nous cette année !" rit Largo pour détendre l'atmosphère.
- "Je vais finir de configurer mon portable pour augmenter la qualité de réception du signal vidéo venant de la caméra détournée. Je dois avoir moyen de bidouiller un petit logiciel pour arranger ça." expliqua Georgi en sortant son matériel.
Joy, Largo et Simon lui souhaitèrent une bonne nuit et se dirigèrent vers les chambres. Simon, songeur, les quitta rapidement. Il voulait se retrouver seul, essayer de faire le tri de ses sentiments et de ses émotions. Il savait qu'il dormirait peu, peut-être même pas, cette nuit là mais cela lui était égal. Pour la première fois de sa vie, il comprenait ce qu'était un coup de foudre. Dès la première fois ou son regard s'était perdu dans les yeux étranges de Ambre, il avait senti son cœur faire un bond dans sa poitrine et ses battements s'accélérer. Depuis lors, il n'avait eu de cesse que de se rapprocher d'elle.
Largo et Joy étaient arrivés devant la porte de la chambre de la jeune femme.
- "Je peux dormir là ?" demanda-t-il d'un air suppliant.
Joy réfléchit un instant puis haussa les épaules :
- "Comme tu veux, après tout. J'espère juste que Simon n'aura pas le mauvais goût de te chercher."
Ils entrèrent et refermèrent la porte.

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Simon dégringola l'escalier quatre à quatre, il était rare qu'il soit d'attaque le matin, mais ce jour là était particulier. Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit ou presque mais l'ébullition régnant dans son cerveau le tenait éveillé. Pour faire quelque chose, comme il était le premier levé, il prépara du café et dressa la table du petit déjeuner, espérant secrètement que les odeurs de nourriture feraient sortir les autres de leur chambre. Effectivement, Georgi et Joy apparurent peu après. Largo ne tarda pas à les rejoindre, il avait l'air détendu et de très bonne humeur.
- "Ca va toi ?" demanda-t-il à son ami, voyant les cernes profondes qui marquaient le dessous de ses yeux.
- "Oui, je n'ai pas beaucoup dormi, c'est tout ! Ca n'est pas la première fois, tu es bien placé pour le savoir… On a passé suffisamment de nuits entières sans se coucher, non ?"
Après leur petit déjeuner, Simon annonça qu'il se rendait en ville laisser un message pour Ambre. Il voulait essayer de l'intercepter à la boutique plutôt que de lui laisser un message. Les autres ne pouvant rien faire de plus avant la fin de l'après-midi décidèrent d'aller skier, convenant avec Simon d'un rendez-vous en haut des pistes à midi. Les trois amis étaient des skieurs émérites et profitèrent pleinement des possibilités de la station. Ils descendaient sans efforts parmi les sapins, croisant peu de monde, la plupart des gens étant encore au lit, ou déjà à la préparation de leur repas de noël. Simon, quant à lui, s'était installé dans un café d'où il pouvait surveiller le magasin où il devait contacter Ambre. Quant il l'aperçut, remontant Main Street, il paya sa consommation, sortit, traversa la rue et entra dans le magasin. Par chance, la vendeuse éétait la mêême que la veille et son sourire attesta qu'elle l'avait reconnu. Il lui expliqua qu'il avait perdu ses gants et elle lui indiqua un rayon. Ambre entra alors, accompagnéé d'une petite fille ââégée de deux àà trois ans, qui, si elle n'avait pas le charme myéstérieux de sa mèère, n'en péossédait pas moins une ressemblance frappante avec elle. Ambre fit le tour de la boutique du regard et aperççut Simon.
- "Je cherche une écharpe pour ma fille. Je vais regarder ce que vous avez." dit-elle gentiment à la vendeuse.
Ce rayon se situait à proximité immédiate de celui où se trouvait Simon. Ainsi, de part et d'autre de l'étagère, ils purent se parler discrètement, tandis que la vendeuse, qui avait compris qu'ils souhaitaient ne pas être découverts, surveillait l'entrée de la boutique. Simon lui expliqua rapidement le plan qu'ils avaient mis au point.
- "Tu crois que tu y arriveras ?" demanda-t-il, inquiet à la jeune femme.
- "Oui ! Je n'en peux plus de cette situation. Lola commence à se poser des questions, elle fait des cauchemars la nuit… Je ne veux pas de cette vie pour elle. Et puis, vous ne serez pas loin ?" dit elle avec fermeté en observant la petite fille qui se promenait à quelques pas de là.
La petite souris apeurée de la veille avait disparu. Il avait face à lui une femme décidée et résolue. Il sourit et serra sa main, comme pour lui transmettre son courage. Elle leva les yeux et croisa son regard : il fut bouleversé par la totale confiance qu'il put y lire. Quand il sortit du magasin, sans avoir acheté ses gants, il avait l'impression de marcher sur un nuage, d'être un personnage essentiel, investi d'une mission. Il aurait pu combattre des géants, abattre des montagnes… Et c'est ce qu'il fit ! Sur deux planches de bois en rejoignant ses amis sur les pistes de ski !
Il était quatre heures lorsque les quatre amis rejoignirent le chalet. Après un rapide chocolat chaud qui les décongela, ils se préparèrent à mettre leur plan à exécution. L'arbre de noël des enfants débutait à 16h30. Il fallait qu'ils se dépêchent. Ils arrivèrent à l'heure dite et furent accueillis aussi chaleureusement que la veille par Edward et Emma. Malgré le dégoût que leur inspirait désormais Vargas, Largo et Joy s'approchèrent de lui et s'astreignirent à lui parler pour laisser le temps à leurs amis de déplacer une caméra. Largo commença à tenter d'intéresser le propriétaire d'hôtel à l'avantage qu'il pourrait tirer de la venue de riches actionnaires du groupe W. Au début, Vargas ne l'écoutait que d'une seule oreille, occupé à surveiller Ambre qui restait auprès des enfants, parmi lesquels se trouvait sa fille, puis, peu à peu, en bon homme d'affaires, il s'intééressa aux propos du jeune milliardaire. Pendant ce temps, Simon et Kerensky ne perdaient pas de temps. Georgi déébrancha une caéméra du hall, alors qu'au mêême moment, Simon envoyait depuis le portable du russe, une image fixe de la pièèce sur leés écrans de contrôôle. Caé n'était pas trèès fin comme strataègème, mais çça devrait êêtre suffisant pour tromper le vigile charger de surveiller laé vidéo. La petitée caméra en poche, ils se dirèigèrent tous deux vers l'appartemenét privé de Vargas. Simon resta ààé; l'extérieur pour faire le guet, tandis que Kerensky se glissait dièscrètement àé;à l'intérieur. Il fallait faire vite. Parcourant rapidement leès pièces, il essayait de deviner quelle serait la plus propice pour laisséer la caméra. Il opta pour le salon qui avait l'air dê'être èla pièce la plus vivante. Des jouets éd'enfanéts étaiéent éparpillés, ainsi que des livresé et le piano était ouvert. Il ne lui restait quà'à trouver un endroit discret pour laisser son mouchard, mais çça ne lui poserait pas deè problème. Il ne comptait plus le nombre de fois oùù ilé avait effectuéé ce genre d'opération.
Dans la grande pièce, tout ne se passait pas aussi bien : après deux tentatives pour s'éclipser, Vargas avait fini par planter là Joy et Largo sous prétexte d'aller chercher des brochures de documentation sur l'hôtel qui permettraient à Largo d'appuyer son projet auprès de son conseil d'administration. Les deux jeunes gens se regardèrent, affolés. Il ne fallait pas qu'ils soient démasqués maintenant, ce serait dramatique pour Ambre et Lola.
Vargas se dirigeait à grands pas vers son appartement. Il aperçut Simon qui rodait dans les parages. Avec méfiance et une rage contenue, il lui demanda ce qu'il faisait là.
- "Heeuuu, je suis extrêmement intéressé par la peinture florentine du XVII ème siècle. J'ai vu que vous possédiez de forts beaux tableaux de cette période dans ce hall. Je serai comblé si vous acceptiez de me les commenter et de me raconter où vous les avez trouvés." inventa-t-il, bénissant le peu de culture picturale appris de Joy durant l'année écoulée.
- "Et bien, plus tard, si ça ne vous ennuie pas, pour le moment, des invités m'attendent !" répondit sèchement Vargas en fronçant les sourcils, avant de s'engouffrer dans l'appartement.
Simon ferma les yeux, horrifié : ça y est Vargas allait tout découvrir, tout était perdu, la situation de Ambre allait empirer alors qu'il avait tant voulu l'améliorer, et ça serait sa faute. Il était abattu et restait là, incapable du moindre mouvement.
Lorsqu'il avait entendu la porte de l'appartement, le cerveau de Kerensky s'était mis a fonctionner avec l'efficacité stupéfiante qui le caractérisait dans les situation d'urgence. L'adrénaline qui se déversait dans ses veines, loin de le tétaniser, le rendait implacable et lucide dans ses raisonnements. Il était clair qu'il n'aurait pas le temps de se cacher. Il fallait qu'il trouve une raison valable d'être là. Il avisa un costume pendu à une poignée de placard et enfila le bonnet de père noël, la veste et s'assit tranquillement dans le canapé, faisant mine de se préparer à passer les bottes. Vargas resta quelques secondes interdit en voyant un demi père noël installé dans son sofa.
- "Mais que diable faites vous là ? Et qui êtes vous ?"
Il n'avait pas reconnut Georgi qui en profita aussitôt :
- "Et bien, c'est moi qui doit jouer le rôle du père Noël auprès des enfants cet après midi ! Ca me paraît évident vue ma tenue !" expliqua-t-il avec un aplomb incroyable.
- "Mais c'est moi qui devait jouer ce rôle ! Qu'est ce que c'est que ce cirque ?" s'énerva l'hôtelier
Aïe, un incident imprévu, mais qui ne déstabilisa pas le russe outre mesure :
- "Je le sais mais votre femme a pensé que vous préféreriez sans doute vous consacrer à vos invités plutôt que de faire des photos avec un tas d'enfants braillards. Elle m'a donc embauché comme extra !"
- "Ah, bon ! Et bien, dépêchez vous ! il ne faut pas faire attendre ces gosses : ils sont déjà en train de courir partout et dans tous les sens, il n'y a plus moyen de les tenir." accepta Vargas. Après tout, la situation l'arrangeait plutôt.
- "Mais bien sur ! Je serai prêt dans cinq minutes." termina Georgi d'un ton faussement impressionné.
Vargas récupéra les brochures promises dans le tiroir de son bureau et sortit de l'appartement. Simon n'avait pas bougé. Il s'attendait à voir revenir Vargas avec Kerensky démasqué mais il n'en fut rien et l'homme passa près de lui sans lui décrocher le moindre mot. Le suisse était abasourdi, comment Georgi avait il fait ?
De leur côté, Largo et Joy s'attendaient également à voir Vargas entrer dans la pièce avec leurs deux amis démasqués ! Eux aussi furent extrêmement étonnés, mais aussi très soulagés, de le voir entrer seul dans la pièce. Ils reprirent leur conversation où ils l'avaient laissée.
Peu de temps après Vargas, Kerensky, déguisé en père Noël sortit de l'appartement. Simon hésita entre rire et stupéfaction en voyant son ami ainsi grimé.
- "Ose seulement un sourire et je te jure que je retourne enlever cette foutue caméra de là où elle est et je te la fais manger !" menaça le russe.
En peu de mots, il expliqua ce qui s'était passé à Simon et lui dit qu'il allait donc devoir conserver son "emploi" de père Noël pendant un moment pour ne pas attirer les soupçons. Il faudrait que Joy et Largo jouent le jeu eux aussi, ainsi que Ambre, qui était sensée l'avoir embauché. Simon se chargea de les mettre au courant discrètement et ils se séparèrent. Kerensky alla remplir sa hotte des jouets prévus pendant que Simon rejoignait les autres. Vargas s'était de nouveau éloigné de Joy et Largo qui se dirigeaient, inquiets, vers la hall. Simon les arrêta et leur fit un topo de la situation. Joy ne put retenir un éclat de rire :
- "Je pense que tu vas devoir te montrer très, très, très gentil avec Kerensky dans les mois à venir, quand tout ça sera fini, il va te faire payer ça au centuple mon pauvre Simon !"
Le suisse n'eut pas le temps de répliquer : Vargas avait baissé les lumières, s'était emparé du micro et annonçait la venue du père Noël. Au milieu des enfants qui ne tenaient plus en place, le père noël Kerensky fit son entrée. Sa haute stature et son déguisement parfait le rendaient très crédible et les enfants l'accueillirent avec des "Oh" et des "Ah" d'exclamation. Il s'assit sur le fauteuil qui lui avait été réservé et commença sa distribution de cadeaux. D'un seul coup, la petite Lola s'échappa des bras de sa mère et vint d'autorité s'installer sur les genoux de Georgi. Celui ci ne rechigna pas et la garda avec lui pendant le reste de son "mandat", soit sur ses genoux, soit dans ses bras. De toute façon, il était inutile d'essayer de se libérer de l'emprise de la fillette : il avait tenté de la rendre une fois à sa mère et la petite s'éétait mise à hurler ! En retrait dans un coin, les trois autres membres de l'Intel Unit enchaîînaient les fou-rires comme ils ne croyaient pas que ce fut possible. Ils riaient tellement qu'ils en pleuraient. Et chaque regard menaççant de Georgi n'éétait qu'un motif de plus d'hilariété. Enfin, le calvaire du pauvre Kerensky cessa et les enfants, occéupés par leurs jouets, le laissèèrent tranquille. Lolaé s'était tranquillement endormie dans les bras édu géant russe et il put ainsié la déposer dans ceux de sa mèère qui, bien que ne comprenant pas pourquoi l'un des amis de Simon avait dûû jouer le rôôle du èpère Noëël, lui lançça un regardé chargé de reconnaissance.
Rapidement, Simon, Largo et Joy prirent congé de leurs hôtes et sortirent. Ils rejoignirent un Kerensky furieux, qui, durant tout le trajet du retour ne manqua pas de les houspiller et de les menacer de représailles pour leur conduite inqualifiable de l'après-midi.

A peine installés dans le salon, devant la cheminée, ils se regroupèrent autour du portable de Georgi qui recevait les signaux émis par la caméra. Pour le moment, il ne se passait rien par contre l'image était parfaitement nette et révélait une grande partie du salon de Vargas.
- "Bien joué, Georgi ! La caméra est idéalement placée." s'exclama Simon.
- "Qu'est ce que tu croyais ? Je ne fais jamais les choses à moitié." répondit le russe laconiquement.
Il ne se passa rien pendant un certain temps, un peu lassés de cette inaction, Largo et Joy décidèrent de se charger de la préparation d'un léger repas et se dirigèrent vers la cuisine. Georgi vérifiait des connexions pour la réception du son tandis que Simon, tendu et captivé, ne quittait pas l'écran des yeux.
- "Les voilà !" rugit-il d'un seul coup.
Effectivement, quelques secondes plus tard, les protagonistes arrivèrent dans le champ de la caméra. Ambre quitta très vite la pièce et revint sans le bébé qu'elle avait vraisemblablement mis au lit. Vargas s'était assis devant son bureau et avait sorti une pile de papiers qu'il commençait à relire. La jeune femme avait l'air apeurée mais résolue. Elle ne savait pas où se trouvait la caméra mais espérait que tout marchait normalement ! Elle prit une grande respiration et se lança :
- "Je vais partir !" commença-t-elle brutalement.
Vargas leva la tête, un sourire mauvais, à la fois ironique et apitoyé, aux lèvres :
- "Qu'est ce que tu crois ? Que tu peux t'en aller ? Mais ma pauvre fille, tu n'es rien sans moi ! Il suffit que je décroche le téléphone et tu perds tout : ton job, ta situation, tes amis et ta fille ! Tu es pitoyable. Qui t'as mis ces velléités de départ en tête ?"
- "Tu ne peux plus rien contre moi. Et puis même si c'est le cas, tant pis, je suis prête à courir le risque. Je ne veux pas que ma fille grandisse auprès de toi ! Tu un malade. Ta jalousie et ta paranoïa t'aveuglent !" s'entêta-t-elle en priant pour que le plan de l'Intel Unit fonctionne.
Vargas se leva, menaçant et se pencha sur elle.
- "Ma jalousie ? Ma paranoïa ? Mais tu étais bien content de les trouver quand tu étais dans le ruisseau, sans un kopeck devant toi et avec ta gamine en foyer d'accueil ! Alors tu la ferme et tu arrêtes de cracher dans la soupe !"
Ambre tenta de se lever mais d'une poussée il la rejeta dans son fauteuil.
- "Ca se gâte ! Il faut qu'on y aille !" s'exclama Simon en jaillissant du canapé avant d'enfiler un manteau.
Les trois autres ne répliquèrent pas mais se dépêchèrent de suivre l'exemple du Suisse. Ils montèrent rapidement en voiture, Georgi avait toujours le portable ouvert sur les genoux et Simon et lui suivaient l'évolution de la situation.

Ambre était terrifiée, mais elle se disait aussi que si elle ne faisait pas le grand saut cette fois là, elle resterait enfermée dans cette vie qu'elle n'avait pas choisie en sachant qu'elle avait laissé passer la chance qu'on lui aurait offerte. Elle se reprit donc et se dégagea de l'emprise de Vargas. Il s'attendait si peu à une résistance de sa part qu'elle parvint à se lever. Elle lui fit face et en rajouta encore un peu pour le provoquer :
- " Cracher dans la soupe ? Mais qu'est ce que tu crois m'avoir apporté ? Je vis ici comme une recluse, je ne peux parler à personne sans que tu me vois avec un amant ! Tu m'as coupée de ma famille, de mes amis. Effectivement, je ne suis plus rien sans toi et je n'en peux plus de vivre comme ça. J'en ai marre de ce simulacre de vie sociale que tu me proposes ! J'en ai marre que tu me sortes de temps en temps de mon cachot pour m'exhiber quand tu as besoin d'avoir une jolie femme à ton bras ! Marre que ma fille se réveille la nuit en pleurant et en me demandant pourquoi je me fais sans arrêt disputer ! Oui, j'en ai ras le bol de tout ça et je vais me tirer ! Et avec Lola !"
Vargas la saisit par le bras avec violence, imprimant la marque de ses doigts dans la chair de la jeune femme et la secoua en hurlant :
- "Tu n'es qu'une garce, une ingrate ! Tu ne feras pas trois pas dehors avant d'avoir les flics de tout l'état sur le dos ! Ici, tout le monde me fait confiance. C'est toi, la pièce rapportée. Personne ne croira tes affabulations !"
Il leva la main et lui décocha une gifle qui envoya la jeune femme à plusieurs mètres de là. Lorsqu'elle se releva, un peu de sang coulait de son nez. Vargas, rendu fou par la résistance farouche quelle lui opposait pour la première fois, se jeta sur elle pour la frapper encore. Heureusement pour Ambre qui commençait à paniquer, la porte s'ouvrit avec fracas et les quatre membres de l'Intel Unit entrèrent. Instantanément, Joy se jeta sur Vargas pieds et poings en avant. Dans le même temps, Simon se précipita vers Ambre. Il la serra contre lui et lui murmura des mots rassurants. En peu de temps, Joy eut mis l'hôtelier au tapis et elle l'eût véritablement démoli si Largo ne l'avait pas arrêté en l'attirant contre lui.
- "Joy arrête ! Il ne représente plus une menace. Je pense qu'on peut être tranquilles."
- "Bon sang je déteste cette ordure pourrie ! Je te jure que si tu essaies de toucher un seul des cheveux de Lola ou de Ambre, je me ferai un plaisir de te pendre avec tes propres tripes !" cracha-t-elle à l'attention de Vargas qu tentait de reprendre ses esprits.
- "Elle ne plaisante pas du tout là." renchérit Kerensky, d'un calme olympien, tout en enroulant tranquillement les fils de la caméra.
De tant de tension et de peur accumulées, Ambre avait fondu en larmes et Simon la berçait doucement. Ces deux là semblaient avoir oublié où et avec qui ils se trouvaient. Leurs regards tournés vers eux-mêmes ne voyaient qu'eux. Joy, Largo et Georgi échangèrent un sourire complice. A peine quelques heures auparavant, pas un seul d'entre eux n'aurait parié quoi que ce fût sur ce revirement de comportement de Simon !
- "On pourrait peut être expliquer clairement à Monsieur Vargas pourquoi il ne va rien tenter contre Ambre ?" intervint Georgi d'un ton glacial.
- "Effectivement. Je pense que nous allons pouvoir mettre en place une parfaite collaboration, réellement fructueuse. Je te laisse lui dire pourquoi, Georgi, ta force de conviction me laisse toujours pantois !" ajouta Largo, pince sans rire.
- "Et bien, pour faire simple, Monsieur Vargas, je tiens à vous signaler que l'intégralité de la scène qui a eu lieu ici ce soir a été filmée et enregistrée. J'admire d'ailleurs la qualité de votre matériel et je vous remercie pour la mise à disposition ! Nous vous proposons donc un marché : le faux dossier que vous avez monté contre Ambre, en échange de cette cassette… Ou mieux, nous gardons tous ce que nous avons, je n'ai aucune envie de poser les yeux et encore moins les mains sur le torchon que vous avez rédigé, mais vous êtes prévenu. Si jamais Ambre avait des ennuis, nous saurions instantanément d'où cela viendrait et soyez assuré que dans la minute, cette cassette ferait le tour de tous les endroits où vous êtes connu. Mauvaise publicité, n'est ce pas ?"
Vargas s'était traîné jusqu'au canapé où il s'était affalé, regardant avec une stupéfaction navrée l'homme qui n'était tout à l'heure qu'un vulgaire intérimaire chargé de contrefaire le père Noël et il réalisait la lourdeur de son erreur. Il avait l'air totalement abattu et durant plusieurs secondes, il ne se passa plus rien. Puis, la petite Lola se mit à pleurer. Ambre amorça un geste en direction de la chambre, mais Kerensky la devança. En haussant les épaules il dit d'un ton qu'il tentait de dénuer de tout sentiment :
- "Laissez, je vais la chercher. Si elle vous voit dans cet état, elle va prendre peur !"
Et il quitta la pièce. Les autres restèrent abasourdis. Ils tendirent l'oreille et entendirent le russe parler au bébé à voix basse. Ils ne comprirent pas ce qu'il lui disait mais la petite cessa de pleurer et quand Georgi revint, elle était blottie contre sa poitrine et s'était sagement rendormie. Alors que Kerensky s'asseyait dans un fauteuil avec son précieux fardeau calé dans les bras et conservait un œil sur un Vargas défait qui ne représentait plus réellement une quelconque menace, les trois autres allèrent aider Ambre à préparer quelques affaires pour elle et Lola. Ils revirent rapidement et se préparèrent à quitter les lieux. Au moment de quitter la pièce, Ambre fit demi tour et regarda longuement Vargas puis sans un mot passa le seuil, tournant le dos à ce pan de sa vie.

Ils rentrèrent au chalet de Sullivan. Personne n'avait envie de parler. Ils étaient tous les cinq partagés entre soulagement et fatigue. A peine entrés, Simon, d'une prévenance incroyable se proposa pour préparer une boisson chaude pour tout le monde. Pendant ce temps là, les autres s'installèrent autour de la cheminée. Alors, peu à peu, ils revinrent sur les évènements de la soirée. Ils expliquèrent à Ambre l'épisode "père Noël" de l'après midi, ce qui contribua largement à détendre l'atmosphère. Voyant que la jeune femme semblait épuisée, Simon demanda :
- "On s'organise comment pour dormir ? Il n'y a plus de chambre de libre."
Un blanc suivit puis Joy prit la parole :
- "Et bien, je pense qu'on peut envisager que je te laisse la mienne, Ambre !"
- "Mais heu… Et ???… Ahhh !!" Fit Simon alors que la lumière se faisait lentement dans son esprit sous l'œil goguenard de Georgi.
Largo resta muet et se contenta d'enlacer Joy avec un grand sourire. Il était ravi que la décision de mettre leurs amis dans la confidence de leur liaison vienne d'elle. Ce problème de logistique résolu, ils rejoignirent tous leur lit avec joie, épuisés par cette journée mouvementée.

Le lendemain matin, Sullivan passa un coup de fil, annonçant que tout était rentré dans l'ordre à New - York, sonnant ainsi le glas des vacances de l'Intel Unit. On attendait Largo pour des réunions et plusieurs réseaux informatiques avaient pâti de la panne et requéraient l'aide de Kerensky. Simon voyait venir avec angoisse le moment où il lui faudrait se séparer de Ambre. Pour la première foi de sa vie, il se trouvait coi, incapable de trouver les mots pour lui faire comprendre à quel point il aurait voulu qu'elle reparte avec eux pour New - York, combien il voulait rester avec elle…
Alors qu'ils descendaient tous leurs sacs dans l'entrée, Simon lui demanda ce qu'elle comptait faire maintenant.
- "Et bien, je ne sais pas, mais il paraît que le groupe W offre des perspectives de carrière intéressantes à ses employés motivés. Je me demande si je ne vais pas tenter ma chance de ce côté là !" dit elle malicieusement, un éclair pétillant au fond de ses yeux mauves.
Simon eut la sensation que la foudre tombait à ses pieds ! Ils avaient tout magouillé ensemble et lui se torturait depuis des heures pour savoir comment il allait la convaincre de venir avec eux à New - York. Il jeta un coup d'œil furibond sur ses amis, naturellement hilares puis il ne put s'empêcher de partager cette bonne humeur et en serrant la jeune femme dans ses bras, il se joignit à l'éclat de rire général. Quand il se furent un peu calmés, Largo expliqua à Simon ce qu'il en était :
- "J'ai discuté avec Ambre. Avant tout ça, elle a fait des études de tourisme et elle a une excellent connaissance du terrain. Je l'ai embauchée pour organiser spécifiquement nos déplacements. Ca déchargera un peu Gabriella de son surplus de travail et Ambre a tous les contacts nécessaires dans les milieux hôteliers d'affaires."
- "Génial ! Je vois que je n'ai pas mon mot à dire ! Pourtant en tant que chef de ton service de sécurité, j'ai un droit de regard sur le personnel que tu embauches dans ta garde rapprochée, mon cher Largo !" Fanfaronna Simon, réellement ravi par la nouvelle.

Jerry ayant repris son travail, c'était le jet privé de Largo qui les attendait sur le tarmac. Tous s'installèrent et ils s'envolèrent sans encombre. Joy, sa main dans celle de Largo contemplait son visage en se disant que ce noël lui avait apporté une sérénité et une joie qu'elle ne pensait plus pouvoir connaître. Ce qui adviendrait plus tard, il serait toujours temps de s'en préoccuper le moment venu. Largo observait, un sourire au lèvres, le charmant tableau composé par Ambre et Simon, blottis dans le canapé. Il pensait que son ami avait radicalement changé en très peu de temps et , en lui même, il leur souhaitait tout le bonheur possible. Les deux tourtereaux avaient les yeux tournés vers Kerensky qui jouait avec Lola, la faisant rire aux éclats. Simon était à la fois attendri et ébahi par la facilité avec laquelle la petite fille avait adopté le colosse. Il n'aurait jamais cru possible de voir Georgi fondre ainsi et prendre le temps de s'occuper avec une pareille tendresse d'un béébéé. De temps à autre, le russe levait les yeux et regardait Largo et Joy… Ils en avaient mis du temps ces deux làà, mais maintenant qu'ils sé'étaient troéuvés, éil était prêêt àà parier sur la soléidité de leur couple… Oh, il y aurait des hauts et des bas, des heurs et édes réconciliations, on ne disciplinait pas deux caractèères comme les leurs comme çça, mais il croyaità à éla durée !
En une seconde, tous se rendirent compte qu'ils étaient observés et les regards se croisèrent. Sans qu'aucune parole n'eut besoin d'être prononcée, ils s'étaient compris et ils étaient tous d'accord… Oui, décidément, ce noël avait changé un sacré paquet de choses… Et ils partirent tous d'un grand éclat de rire !


FIN