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OULEVERSEMENTS VL (part 3) |
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- "Elle n'est jamais très enjouée. A vrai dire, je ne la connais pas bien, elle ne vient ici que depuis l'an dernier. Je ne sais même pas si Monsieur Vargas et elle sont vraiment mariés…" ajouta-t-elle sur le ton de la confidence.
Georgi et Largo avaient trouvé leur bonheur et interrompirent cette intéressante conversation. Tous trois sortirent donc après que Simon eut chaleureusement remercié la vendeuse. Ses compagnons ne se privèrent pas de le chambrer encore un peu :
- "Et bien, on dirait que la mystérieuse inconnue aux yeux violets t'est vite sortie de l'esprit pour que tu complimentes de la sorte la vendeuse !" commença Largo.
- "Ne parle pas de ce que tu ne peux pas comprendre !" rétorqua Simon dédaigneusement. Et ils partirent tous trois d'un grand éclat de rire. Joy arriva à ce moment là :
- "Et bien, je vois que vos ne vous ennuyez pas sans moi !" dit elle.
- "Tu as raté quelque chose : Simon s'est pris une veste magistrale !" lui expliqua Largo en reprenant son sérieux.
- "Pas une veste, il s'agit juste d'un malentendu !" se défendit le Suisse.
- "Bah, une de plus… On te connaît Simon, mais on a appris à faire avec ! Et puis on te fais confiance, tu es un maître dans l'art d'appliquer le vieil adage une de perdue, dix de retrouvées" fit Joy.
- "Qu'est ce que tu as vu à l'hôtel ?" demanda Georgi d'un ton plus professionnel.
- "Rien de spécial. A priori, ce n'est pas ce soir qu'on t'enlèvera discrètement, Largo. J'ai dû montrer patte blanche pour entrer. Leurs vigiles ne sont pas des plus discrets mais ont l'avantage d'être dissuasifs et j'ai compté 6 caméras de surveillance rien que dans le hall. Pour le reste, j'ai jeté un œil sur la carte du restaurant et sur celle des vins, je pense qu'on ne devrait pas passer une trop mauvaise soirée ! Par contre, le directeur m'est assez antipathique. Il a une façon très personnelle de s'adresser à ses employés !"
- "Bah, on se débrouillera pour l'éviter ! On rentre ?" conclut Largo, fataliste.
Simon resta silencieux pendant le voyage de retour. Il cherchait un prétexte pour rencontrer madame Vargas, si tant est qu'elle le fût vraiment. Son regard l'obsédait. Il était sûr de lui lorsqu'il disait avoir perçu de la peur dans ses yeux.
A peine rentrés au chalet, ils se séparèrent et chacun rejoignit sa chambre pour se préparer. Une demi heure plus tard, il ne manquait plus que Joy dans le salon. Peu de temps après, elle les rejoignit descendant les escaliers quatre à quatre, ses chaussures dans une main, un collier dans l'autre.
- "Désolée ! Impossible de mettre la main sur un planche à repasser pour donner un coup de fer à ma robe ! Je suis sure que vous étiez déjà en train de médire sur le temps que mettent les femmes à se préparer !"
- "Jamais de la vie ! On n'est pas comme ça !" s'insurgea Simon.
- "J'en conclue que j'ai raison. On y va ?"
- "Juste le temps de te dire que tu es splendide et on y va." répondit Largo en souriant.
Effectivement, elle l'était. Elle portait une robe de soie rouge sombre lacée dans le dos qui mettait en valeur sa taille fine et le grain de sa peau. Tous les quatre enfilèrent manteaux et écharpes et se ruèrent dans la voiture. En quelques minutes, ils furent devant l'hôtel. Un chasseur s'occupa de la voiture pendant qu'ils se dépêchaient d'entrer et de se débarrasser de leurs manteaux. Ils étaient un peu en retard et il y avait déjà beaucoup de monde. Cependant, le maire, un homme souriant d'une soixantaine d'années, les repéra tout de suite et s'avança auprès d'eux.
- "Monsieur Winch ! Quel plaisir de vous compter, vous et vos amis, parmi nos invités de ce soir. Mademoiselle, vous êtes ravissante. Je suis convaincu que mon épouse ne mettra pas dix minutes à vous demander où vous avez trouvé cette robe qui vous va si bien. Par pitié pour mon compte en banque, je vous supplie de ne pas le lui dire !" badina-t-il.
- "Bonsoir Monsieur le maire. Je vous présente Joy Arden, mon garde du corps, Simon Ovronnaz, mon meilleur ami et responsable de la sécurité du groupe W et Georgi Kerensky, le seul être capable de solutionner n'importe quel problème informatique dans n'importe quelle situation, même en dormant !" expliqua Largo.
- "Ravi d'accueillir sous mon toit des gens aussi exceptionnels !" intervint quelqu'un d'un ton dont il était difficile d'apprécier le degré d'ironie.
Les quatre jeunes gens se retournèrent et se retrouvèrent en face d'un homme que Joy reconnut comme étant le propriétaire de l'hôtel et qui avait à son bras une jeune femme que les autres identifièrent comme la belle inconnue de la boutique. Le maire leur confirma que leur mémoire ne les trahissait pas.
- "Je vous présente Monsieur Vargas, notre hôte et sa charmante épouse, Ambre. Monsieur Vargas possède une chaîne d'hôtels de première qualité dans différentes villes et, secondé par Ambre, il gère ce patrimoine de main de maître."
Vargas tendit la main à Largo qui ne put que s'en saisir malgré le léger malaise qui l'avait saisi. Joy avait raison, ce type était vraiment antipathique. Il avait une manière étrange de vous regarder, comme s'il cherchait à percevoir la faille qu'il pourrait exploiter à votre encontre. Simon, quant à lui, restait hypnotisé par la jeune femme. Il n'en revenait pas d'avoir la chance de la retrouver le soir même. Cependant, plus encore que dans l'après midi, elle fuyait son regard et semblait mal à l'aise. Cette fois, Kerensky également perçut son apparente détresse et il se dit que Simon n'avait peut être pas tout à fait tort. Mais il choisit de ne pas chercher plus loin : après tout, ça n'était pas très surprenant qu'elle se sente gênée de retrouver, en présence de son mari, le type qui lui avait fait du rentre-dedans un peu plus tôt. Vargas, constatant que Simon ne lâchait pas sa femme des yeux, fronça les sourcils et son regard se durcit. En bon diplomate, le maire sentant l'atmosphèère virer àà l'aigre, lançça àà l'attention de tout le cercle :
- "Je manque à tous mes devoirs, je ne vous ai pas encore présenté ma femme. Elle va m'arracher les yeux si je ne lui amène pas le plus célèbre célibataire de tous les Etats-Unis. D'ici peu, elle vous aura trouvé cinq prétendantes, vous aura fiancé quatre fois et marié au moins deux ! Que voulez vous, elle adore jouer les entremetteuses, et je dois malheureusement avouer qu'elle montre un certain talent. Attention, je préfère vous prévenir, c'est une bavarde impénitente. Ne la laissez surtout pas parler !" plaisanta-t-il, pour détendre l'atmosphère tout en guidant les quatre amis vers une femme replète et joviale, entourée d'une foule de gens qui riaient de bon cœur.
- "Ed, qu'es tu encore en train de raconter comme horreurs sur mon compte ? Je lis clairement dans les yeux de ces jeunes gens qu'ils voient en moi une épouvantable mégère !"
- "Mais tu es une épouvantable mégère, ma chérie, une adorable, épouvantable mégère !" se moqua-t-il. "Je vous laisse, je dois malheureusement m'occuper de mes autres invités. Mademoiselle Arden, je compte sur vous pour me laisser vous écraser les pieds au moins le temps d'une valse !"
- "Bien entendu, ce sera avec le plus grand plaisir, Monsieur" sourit Joy, amusée par ces deux personnages hauts en couleurs.
- "Et n'oubliez pas, n'hésitez pas à bâillonner Emma quand vous ne pourrez plus la supporter. La salle entière vous en sera reconnaissante !" reprit-il avant de s'éloigner en envoyant de loin un baiser à sa femme.
- "J'ai beau être une insupportable mégère, je constate que mon rustre de mari ne vous a même pas offert à boire ! Ne bougez pas, je vais vous chercher du champagne et je suis à vous !"
Alors que tous les quatre la regardaient, étourdis, s'éloigner d'un pas vif en direction du buffet, Largo se pencha et murmura à l'oreille de Joy :
- "Dis moi que dans trente ans, on sera exactement comme eux : complices et amoureux !"
La jeune femme de répondit rien et se contenta d'un sourire tendre et plein d'espoir. Emma revint très vite et, après leur avoir donné de quoi boire et se restaurer, présenta aux quatre new-yorkais les personnes présentes autour d'elle : il y avait des artistes, des banquiers, des rentiers, des financiers, quelques gros entrepreneurs… bref des gens très différents mais qu'elle parvenait à fédérer autour de sa bonne humeur. Son mari n'avait pas menti : elle était effectivement bavarde, mais ses remarques étaient drôles et pertinentes ce qui rendait sa compagnie plus qu'agréable. Largo, Joy et Kerensky se surprirent en train de lui raconter les déboires initiaux de l'Intel Unit, des anecdotes très personnelles. Cette femme avait un don pour attirer les confidences. Avec un peu de discipline et d'entraînement, elle aurait pu être un excellent agent de renseignement. Georgi sourit en formulant cette penséée qu'il qualifia de dééformation professionnelle. Simon, sa flûûte de champagne intacte à la main, cherchait édéseésépérément Ambre des yeux. Il voulait lui parler, comprendre de quoi elle avait peur. Mais la foéule était dense et dèès qu'un espéaceé dégagéé se créait et permettait de voir un peu plus éloin il était aussiétôôt bouché par la masse mouvante. Il se lassa trèès vite de cette recherche infructéueuse et décida de prendre les choses en main. Discèrèteément, il prévint Largo qu'il allait faire un tour et laissa làà ses compagnons. Il parcourut plusieurs salons sans rencontrer ni Ambre, éni éVargas. Dépité, il allait renoncer quand il aperççut une porte portant l'insécription "Privé". Il n'en fallait pas plus pour le tenter. Avec prudence, il entrouvrit la porte et se glissa dans l'entrebââillement. Il se trouvait maintenant dans un céouloir sombre débouchant sur une èpièceé richement meublée. Il comprit qu'il venait d'entrer dans l'appartement de Vargas. Il s'apprêêtait àà rebrousser chemin quanéd il entendit un éclat de voix venant de laè pièce du fond. Il se tapit dans uén coin d'ombre et écouta :
- "Tu es vraiment une traînée ! Tu crois que je n'ai pas remarqué ton manège avec le sous-fifre de ce parvenu de Winch ? C'est déjà ton amant où il envisage seulement de le devenir ? Et après, c'est Winch que tu mettras dans ton lit, je suppose que c'est là que tu veux en venir ?"
C'était Vargas, il hurlait comme un homme ivre. D'une voix déformée par les sanglots, Simon entendit Ambre se défendre :
- "Tu ne sais pas ce que tu dis ! Tu sais très bien que je ne ferais pas ça ! On a un accord, je le respecte, je te le jure ! Je sais trop ce que je risque si jamais je fais un faux pas !"
Simon entendit le bruit caractéristique d'une gifle et se préparait à bondir quand Vargas passa en trombe devant sa cachette sans le voir. Il sortit en claquant la porte. Simon se précipita vers la pièce où s'était déroulée la scène. Il trouva Ambre effondrée dans un fauteuil, pleurant à chaudes larmes. Il s'approcha et posa une main sur son épaule. D'un bond la jeune femme se redressa et le repoussa violemment.
- "Qu'est ce que vous faites là ? Vous ne croyez pas que vous en avez fait assez pour aujourd'hui ?"
- "Je veux juste vous aider. Dites moi ce que je…"
- "Mais qu'est ce que vous croyez ? Que vous pouvez débarquer comme ça, en vous prenant pour Zorro et résoudre tous mes problèmes. Si c'est le cas, il serait peut être urgent que vous vous frottiez d'un peu plus près à la réalité ! Il n'y a que dans les contes de fées que ce genre de trucs fonctionne ! Foutez le camp maintenant et mêlez vous de vos affaires." dit elle sèchement avant de se lever et de quitter la pièce, laissant là un Simon interdit.
A pas lents, il sortit de l'appartement. Un tas de questions tournaient dans sa tête : Pourquoi Vargas avait-il réagi de manière aussi violente ? Pourquoi le craignait elle autant? Quel était cet accord dont elle avait parlé ? A l'évidence, sa curiosité était piquée au vif, mais surtout, il était sincère quand il disait vouloir l'aider. Sans qu'il comprenne très bien pourquoi, il ressentait le besoin de la protéger, de lui rendre le sourire. Il referma la porte derrière lui et rejoignit le salon principal. Il aperçut Joy qui dansait comme promis avec le maire, Georgi qui discutait toujours avec Emma et Largo qui avait commencé sa tournée d'approche des personnages influents de la réception. Il était à ce moment là en conversation avec le directeur de l'office du tourisme. Simon grimaça, il aurait préféré que ses amis soient ensemble pour leur parler tout de suite. Il ne voulait pas attendre, il s'approcha de Largo et l'interrompit :
- "Tu peux aller chercher Georgi, je vais chercher Joy, j'ai besoin de vous parler à tous les trois ?"
Largo s'excusa platement auprès de son vis-à-vis, il était un peu gêné de la manière dont Simon les avait coupés et se promit de dire sa façon de penser à son ami à la première occasion. Pour l'heure ça avait l'air important. Il partit alors à la rencontre de Georgi. Simon, pendant ce temps rejoignait Joy et le maire :
- "Vous accepteriez de me céder votre place ?" lui demanda-t-il en faisant un effort de tact.
- "Mais bien sur. Je ne voudrais priver personne de la joie de profiter d'une danseuse telle que Mademoiselle. Joy, si je ne craignais les foudres d'Emma je vous enlèverai sur le champ !" badina-t-il.
Simon enlaça Joy, ils dansèrent quelques secondes, le temps que le maire s'éloigne, puis le jeune homme l'entraîna vers les deux autres membres de l'Intel Unit.
- "Alors qu'y a-t-il de si urgent, Simon ?"
- "J'avais raison. Il se passe bien un truc bizarre ici : Ambre est terrorisée par son mari. Ils se sont violemment engueulés et elle a parlé de je ne sais quel accord entre eux…"
- "Ecoute Simon, ne t'emballe pas, ça arrive dans tous les couples, les disputes. Et puis, cet accord, c'est peut être simplement leur contrat de mariage." Intervint Largo, à moitié amusé par tant de véhémence, tentant de modérer son ami.
- "A propos de quoi se disputaient-ils ?" Demanda Joy
- "Et bien, je n'ai pas tout entendu, mais Vargas à commencé par l'accuser de lui être infidèle et quand elle a tenté de se défendre, il l'a giflée et il est parti."
- "Je ne sais pas quoi te dire, Simon, on ne va quand même pas faire un scandale parce que le patron de l'hôtel et se femme ont eu des mots… Ce dont tu ne devrais même pas être au courant, puisque je suppose que cette scène n'a pas dû avoir lieu dans un des endroits accessibles au commun des invités de la soirée, je me trompe ? Et puis, si ça se trouve, ils sont déjà réconciliés !"
Comme pour donner raison à Largo, le couple revenait dans la salle où était installé l'orchestre. Ambre était au bras de son mari. L'éclat un peu trop intense de ses yeux mauves aurait sans peine pu être attribué au champagne mais Simon savait que c'était le fruit de ses larmes. Tout avait l'air normal et si le suisse n'avait pas été témoin direct de la scène précédente, il aurait lui même eu du mal à y croire. Comprenant cela, il renonça à convaincre ses amis et se prépara à s'éloigner alors que Largo entraînait Joy sur la piste de danse.
- "Je ne vois pas pourquoi le maire te ferait danser et pas moi, non mais !"
- "Ed est un excellent danseur, tu n'as plus qu'à t'accrocher si tu veux rivaliser avec lui !" Le taquina-t-elle.
- "Parce que tu l'appelles déjà, Ed ? Mais il va falloir que je le surveille de près et toi avec !"
- "Tu n'as aucun souci à te faire… pour le moment…" Termina-t-elle en se coulant entre ses bras avec un grand sourire.
Simon était passablement abattu, il ne savait quoi faire. Il voulait aider Ambre, mais si elle ne le souhaitait pas et qu'en plus ses amis s'en désintéressait, il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire. Il était plongé dans ces pensées maussades quand il entendit la voix de Georgi :
- "Je pense que tu as raison, Simon. Je crois même que ta belle femme mystère a de gros soucis. Seulement, on ne peut rien faire tant qu'on ne sait pas de quoi il retourne. Il faut absolument qu'elle nous le dise."
- "Mais elle a tellement peur de Vargas qu'elle refusera de me laisser l'approcher. Je t'assure que ce type est une brute épaisse. Si tu l'avais entendu tout à l'heure…"
- "Ecoute, laisse moi 5 minutes pour créer la diversion qui l'éloignera d'ici et débrouille toi avec Ambre. Tu auras à peine 10 minutes pour la faire parler et tout comprendre ! Ca te suffira ?"
- "Faudra bien ! Merci Georgi, t'es un vrai pote !"
- "Arrête, je vais pleurer !"râla le russe avant de se diriger vers la réception.
Georgi avait repéré le tableau électrique sous le bureau, il se dit qu'un petit court circuit d'origine inconnue devrait suffire à ramener Vargas par là ! En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, il avait fait sauter le fusible désiré. Dans la grande pièce, les lustres s'éteignirent, ne laissant aux invités que la lueur vacillante des bougies. Si certains ne s'en plaignaient pas - à commencer par Largo et Joy qui se rapprochèrent un peu plus qu'ils ne l'eussent fait en pleine lumière - d'autres personnes voyaient d'un moins bon œil cet incident. Aussi Vargas, de sa voix de stentor, s'empressa-t-il de rassurer tout le monde.
- "Ne vous inquiétez pas, il doit s'agir d'un plomb qui a sauté ! Ne vous bousculez pas, je vais régler le problème, dans 5 minutes, le courant sera revenu."
Et il quitta la pièce. Aussitôt, Simon s'approcha de Ambre, la prit par le bras et lui murmura très vite à l'oreille.
- "D'accord, je ne suis pas Zorro, seulement je suis convaincu que vous avez de gros problèmes et je suis sur de pouvoir vous aider. Ne jetez pas aux orties la chance qui vous est offerte. C'est Georgi qui a fait sauté les plombs pour que vous ayez le temps de me parler sans que votre mari s'en rende compte ! Si ça n'est pas une preuve de notre bonne volonté, je ne sais pas ce qu'il faut faire ! N'ayez pas peur et faites nous confiance !"
Alors Ambre rendit les armes, de toute façon, elle ne supporterait plus cette situation bien longtemps et il fallait qu'il se passe quelque chose sinon elle allait devenir folle. C'était peut être un signe, après tout… Elle se lança et d'une voix hachée, les yeux baissés, elle expliqua la situation à Simon. Lorsqu'elle eût terminé, Simon resta un instant muet, bouleversé par ses révélations. Il serra la jeune femme dans ses bras et posa ses lèvres sur sa tempe. Puis il se souvint qu'ils avaient peu de temps, il fallait régler les détails pratiques.
- "Où puis je te contacter ? Ici, à la réception ? Il y a quelqu'un à qui tu puisses te fier ?"
- "Oh, non ! Passe par la vendeuse de la boutique de Main Street où on s'est rencontrés. Elle m'aime bien. Et je dois aller là bas demain dans la matinée."
- "Très bien, ne t'inquiète pas, je te jure qu'on va remuer ciel et terre pour te sortir de là. Laisse nous le temps de trouver comment faire, mais fais moi confiance, ça va marcher !"
- "J'ai confiance. Merci…" murmura-t-elle avant de l'embrasser légèrement et de s'éloigner rapidement.
Il était temps, Simon avait juste eu le temps de se rapprocher du buffet et d'attraper une flûte de champagne que la lumière revint et Vargas avec elle. Instantanément, il chercha sa femme des yeux et vérifia son entourage. Visiblement rassuré, il la rejoignit et posa une main lourde d'autorité sur son épaule. Simon la vit retenir un frisson et s'obligea à détourner les yeux tant il doutait de pouvoir contenir la rage et le dégoût qui l'envahissaient. Georgi revint près de lui, sans rien lui demander mais le regard interrogateur. Simon hocha la tête de manière affirmative. Ils ne pouvaient rien faire de plus ici ce soir. Ils fallaient qu'ils rentrent pour établir un plan de bataille, mais pour cela, il fallait récupérer Largo et Joy qui bavardaient de nouveau avec le maire et son épouse. Ils se joignirent à eux et entendirent leurs amis accepter une invitation au même endroit pour le lendemain après-midi : il s'agissait de l'arbre de noëël organiséé pour les enfants de la station. Il y aurait de nouveau tous les notables, et comme Largo n'avait pas eu le temps de poser aussi prééciésément qu'il l'aurait souhaiter des jalons pour la mission assiégnée par John, il avait accéepté en se disant que si les autreésé préféraient aller skier, il pourrait toujours venir seul… Il fallait bien que la fonction de patron ait aussi ses éinconvénients. Discrèètement, Simon demanda àà Largo dans combien de temps il comptait partir.
- "On salue nos hôtes et on y va, ça te va ? Déjà fatigué ?"
- "On va dire ça ! Bon dépêche toi, tu auras tout le temps de faire le joli cœur demain."
Tous les quatre saluèrent donc chaleureusement le couple, récupérèrent leurs manteaux et regagnèrent leur voiture.
A peine les portières refermées, Simon leur raconta ce qu'il avait appris :
- "Quoi que vous ayez pu en penser, j'avais raison : Ambre a de gros problèmes. En réalité, elle n'est pas mariée avec Vargas. Il y a un peu plus de trois ans, elle s'est retrouvée enceinte et seule après que son mec se soit tiré. Elle a décidé de garder le bébé malgré tout mais tout est allé de pire en pire. Bref, elle a commencé à faire pas mal de conneries, un peu de vol à l'étalage, quelques arnaques… Rien de grave mais l'accumulation a commencé à agacer les flics qui lui ont collé les services sociaux au train. Du coup, on lui a enlevé sa fille. Elle a complètement sombré et c'est là qu'elle a rencontré Vargas. Au début, tout allait bien, il lui a trouvé un job dans un de ses hôtels, mais il lui a très vite fait comprendre que son aide allait rapidement exiger une compensation. Comme elle refusait de céder, il lui a clairement expliquéé qu'elle ne reverrait sa fille que si elle avait une situation stable et qu'éétablie avec un homme comme lui, çà ne poserait aucun problèème. Du coup, elle a craqéué et elle a acceépté de devenir, aux yeux de tout le monde, sa nouvelle femme. Elle a péu réécupérer Lola. Ca ne serait pas dramatique si Vargéas n'était pas un malade dangereux : il est paranoïïaque au dernieér degré et il a céonstitué contre elle un dossier accabléant monté de toutes pièèces pour le cas oùù elle voudrait s'en aller. Avec un truc pareil sur le bureau du bon magistrat - que Vargas connaîît certainement - Ambre perdra de nouveau sa fille. C'est àà çça qu'elle faisait allusion quand elle parlait d'accord. Sans compter qu'en plus de çça, il est volontiers violent. Alors maintenant, la question est comment on la sort de ce bourbier ? Avec laé petite, évidemment !"
- "Bon sang, quelle sale ordure !" jeta Joy écœurée.
- "Désolé, Simon, on aurait dû t'écouter dès le départ… On a été assez nuls !" s'excusa Largo ennuyé.
- "Ouais, ben, heureusement que Georgi m'a filé un coup de main, mais on verra plus tard, le tout c'est de savoir ce qu'on peut faire pour elles…"
Ils restèrent silencieux jusqu'à l'arrivée au chalet, perdus dans leurs réflexions. Ils montèrent rapidement se changer avant de se retrouver dix minutes plus tard devant la cheminée pour discuter de la marche à suivre.
- "Je pense que j'ai une idée." commença Georgi.
Les autres levèrent un œil interrogateur - et en plus plein d'espoir pour Simon - sur la grande silhouette accoudée au manteau de la cheminée.
- "L'idéal ce serait de pouvoir faire pression sur Vargas… Avoir une monnaie d'échange contre la gosse et le dossier de Ambre. Il faudrait avoir une preuve formelle qu'il est violent, par exemple. Je pense que le menacer de la diffuser devrait le faire revenir à la raison…"
- "Les caméras de surveillance ! Il faudrait le filmer et détourner les images ! Tu dois pouvoir faire ça, Georgi, non ?" s'enflamma Simon.
- "Evidement, mais je doute que Vargas cogne sur elle en plein milieu du hall du plus grand hôtel d'Aspen, ça ferait un peu désordre, pas bon pour la réputation ça !"
- "Par contre, j'ai vu en observant le système de sécurité que les caméras sont assez simples à démonter pour quelqu'un d'un un peu doué en technique. Je crois qu'il est tout à fait possible d'en récupérer une et de la réinstaller dans l'appartement de Vargas. Ca peut être fait très vite et sans que ça se remarque." intervint Joy avec à propos.
- "Bon, récapitulons. Demain après-midi, nous sommes invités à l'arbre de noël de la ville qui a lieu là bas. Pendant que Joy et moi nous occupons Vargas, vous deux vous devrez vous débrouiller avec la caméra. Simon tu connais les lieux et toi, Georgi, tu ne devrais faire qu'une bouchée de ces petites bêtes de technologie ! Après, ce sera à Ambre de jouer, il faudra qu'elle provoque Vargas et qu'elle le pousse à bout. Ce ne sera certainement pas une partie de plaisir, mais on interviendra avant qu'il ne devienne dangereux pour elle ou sa fille. As tu un moyen de la tenir au courant Simon ?" résuma Largo.
- "Oui, je passerai demain lui laisser un message auprès de la vendeuse de cet après-midi."
- "Très bien, et bien je crois que le ski, ce ne sera pas pour demain ! On devrait filer se coucher, noël ne sera pas férié pour nous cette année !" rit Largo pour détendre l'atmosphère.
- "Je vais finir de configurer mon portable pour augmenter la qualité de réception du signal vidéo venant de la caméra détournée. Je dois avoir moyen de bidouiller un petit logiciel pour arranger ça." expliqua Georgi en sortant son matériel.
Joy, Largo et Simon lui souhaitèrent une bonne nuit et se dirigèrent vers les chambres. Simon, songeur, les quitta rapidement. Il voulait se retrouver seul, essayer de faire le tri de ses sentiments et de ses émotions. Il savait qu'il dormirait peu, peut-être même pas, cette nuit là mais cela lui était égal. Pour la première fois de sa vie, il comprenait ce qu'était un coup de foudre. Dès la première fois ou son regard s'était perdu dans les yeux étranges de Ambre, il avait senti son cœur faire un bond dans sa poitrine et ses battements s'accélérer. Depuis lors, il n'avait eu de cesse que de se rapprocher d'elle.
Largo et Joy étaient arrivés devant la porte de la chambre de la jeune femme.
- "Je peux dormir là ?" demanda-t-il d'un air suppliant.
Joy réfléchit un instant puis haussa les épaules :
- "Comme tu veux, après tout. J'espère juste que Simon n'aura pas le mauvais goût de te chercher."
Ils entrèrent et refermèrent la porte.
Quand le soleil réveilla Largo, il était seul dans le lit. Il s'assit en se demandant où était passée Joy. Une boule de neige s'écrasant sur la baie vitrée lui donna la réponse. La jeune femme, emmitouflée dans un peignoir était sur le balcon de la chambre. Il sortit du lit et ouvrit la fenêtre.
- "Tu n'es pas un peu folle ? Tu vas attraper la mort avec le froid qu'il fait !"
- "Non, ça va, ne t'inquiète pas. Au soleil, il fait très bon ! Et puis tu n'as qu'à venir me tenir chaud, si tu ne me crois pas !" termina-t-elle, rieuse.
Largo ne se fit pas répéter cette suggestion deux fois, mais, plus prudent que sa compagne, il enfila un pantalon et un pull avant de sortir. Quand il passa la porte-fenêtre, Joy était retournée à sa contemplation du paysage et lui tournait le dos. Il l'enlaça et l'embrassa.
- "Bien dormi ?"
- "Mmmh, globalement oui. On ne peut pas dire que tu m'aies beaucoup laissé respirer, mais c'est plutôt agréable de dormir dans tes bras." Fit elle, amusée.
- "Je crois que c'est parce que j'avais tellement peur de ne pas te trouver là quand je me réveillerais… Désolé !" Murmura-t-il d'un ton contrit.
- "Héé, je plaisante ! J'ai très bien dormi !" Rectifia-t-elle en se tournant vers lui.
Avec promptitude, elle se baissa, ramassa une poignée de neige et la lui jeta. Largo réagit rapidement et s'ensuivit une bataille acharnée qui, dans l'espace réduit que constituait le balcon ne laissait aucune chance aux deux protagonistes : ils furent vite trempés et déclarèrent une trêve. Voyant Joy frissonner, Largo la serra contre lui.
- "Tu es inconsciente d'être sortie sans…" Commença Largo.
Un baiser fougueux de la jeune femme le fit taire. Il y répondit sans se faire prier tandis que ses mains dénouaient la ceinture du peignoir qui l'empêchait d'atteindre sa peau. Joy sentait les mains glacées de son amant prendre possession de son corps. Elle bouillait littéralement à l'intérieur et le contraste avec ce froid rendait ses caresses encore plus intenses. Elle sentit ses doigts s'attarder sur les pointes raidies de ses seins lui arrachant un gémissement de plaisir et de douleur mêlés. Dans le même temps, la bouche du jeune homme avait quitté ses lèvres et dévorait sa peau. Il léchait doucement les gouttes de neige fondue qui coulaient dans son cou. Lui aussi ressentait avec intensité la différence de température entre la peau chaude de Joy et l'eau qui courrait sur elle. Enlacés, soudés l'un à l'autre et titubants, ils finirent par prendre appui sur la porte-fenêêtre, le dos de la jeune femme contre la paroi vitréée. Les mains de Joy agrippèrent la ceinture de Largo et firent sauter les boutons de son jean. Le jeune homme saisit alors les hanches de sa compagne et s'introduisit en elle avec un soupir. Alors, les bras de Joy agrippèèrent les éépaules de son partenaire et ses jambes se nouèèrent autour de ses hanches. Ils bougeaient àà l'unisson, sentant le plaisir irradier de chaque cellule de leur corps. La jouissance, brutale et fulgurante les arracha un instant àà la éréaléité avant de les laisser rompus et hors d'haleine. Le froid les arrachaà à cet instant de bonheur et ils regagènèrent la chaleur de leur lit, se rendormant rapidement sous le gréos édredon de plumes.
Simon dégringola l'escalier quatre à quatre, il était rare qu'il soit d'attaque le matin, mais ce jour là était particulier. Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit ou presque mais l'ébullition régnant dans son cerveau le tenait éveillé. Pour faire quelque chose, comme il était le premier levé, il prépara du café et dressa la table du petit déjeuner, espérant secrètement que les odeurs de nourriture feraient sortir les autres de leur chambre. Effectivement, Georgi et Joy apparurent peu après. Largo ne tarda pas à les rejoindre, il avait l'air détendu et de très bonne humeur.
- "Ca va toi ?" demanda-t-il à son ami, voyant les cernes profondes qui marquaient le dessous de ses yeux.
- "Oui, je n'ai pas beaucoup dormi, c'est tout ! Ca n'est pas la première fois, tu es bien placé pour le savoir… On a passé suffisamment de nuits entières sans se coucher, non ?"
Après leur petit déjeuner, Simon annonça qu'il se rendait en ville. Il voulait essayer d'intercepter Ambre à la boutique plutôt que de lui laisser un message. Les autres ne pouvant rien faire de plus avant la fin de l'après-midi décidèrent d'aller skier, convenant avec Simon d'un rendez-vous en haut des pistes à midi. Les trois amis étaient des skieurs émérites et profitèrent pleinement des possibilités de la station. Ils descendaient sans efforts parmi les sapins, croisant peu de monde, la plupart des gens étant encore au lit, ou déjà à la préparation de leur repas de noël. Simon, quant à lui, s'était installé dans un café d'où il pouvait surveiller le magasin où il devait contacter Ambre. Quant il l'aperçut, remontant Main Street, il paya sa consommation, sortit, traversa la rue et entra dans le magasin. Par chance, la vendeuse était la même que la veille et son sourire attesta qu'elle l'avait reconnu. Il lui expliqua qu'il avait perdu ses gants et elle lui indiqua un rayon. Ambre entra alors, accompagnéé d'une petite fille ââgéée de deux àà trois ans, qui, si elle n'avait pas le charme mysétérieux de sa mèère, n'en poéssédait pas moins une ressemblance frappante avec elle. Ambre fit le tour de la boutique du regard et aperççut Simon.
- "Je cherche une écharpe pour ma fille. Je vais regarder ce que vous avez." dit-elle gentiment à la vendeuse.
Ce rayon se situait à proximité immédiate de celui où se trouvait Simon. Ainsi, de part et d'autre de l'étagère, ils purent se parler discrètement, tandis que la vendeuse, qui avait compris qu'ils souhaitaient ne pas être découverts, surveillait l'entrée de la boutique. Simon lui expliqua rapidement le plan qu'ils avaient mis au point.
- "Tu crois que tu y arriveras ?" demanda-t-il, inquiet à la jeune femme.
Part 4
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