L A PLANQUE (part 1)
 




Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent malheureusement pas. Mais l'idée originale est sortie tout droit de mon imagination. Je ne cherche pas à faire de l'argent avec. Blabla habituel.

Note de l'auteur: N'hésitez pas pour les commentaires, ça fait toujours évoluer… en bien j'espère !


MERCREDI : bunker, depuis très tôt le matin…
Il se leva pour aller jeter son café froid, s'en resservit un autre en même temps et alla se rasseoir devant son écran, adoptant la même position qu'il conservait depuis des heures. Il travaillait d'arrache pied, en silence, depuis de longues heures ce matin. Il ne pouvait plus faire que cela car il n'arrivait plus à dormir chez lui. Il lui venait beaucoup trop de questions sans réponses, trop de remords (mais en étaient-ce vraiment ?) beaucoup trop choses qui l'empêchaient de dormir. Alors sur les coups de cinq heures du matin, il était venu au seul endroit où il puisse réfléchir tranquillement au calme.
En venant, il avait dérangé les gardes de sécurité dans leur sommeil profond. Il se fit la réflexion qu'il devrait en avertir Simon dès l'arrivée de celui-ci. Le plus grand groupe des Etats Unis, surveillés par des gardes endormis, l' efficacité n'était pas vraiment sans dire...

Son PC rama encore une fois ce matin, ce qui le fit grogner en russe. Il faut dire qu'il lançait de nombreux programmes en même temps pour avoir l'esprit constamment occupé. Oh si il pouvait lancer autant de programmes dans sa tête, il pourrait peut-être arrêter d'y penser constamment ! La même scène revenait en boucle dans sa tête, l'odeur de sa peau, ses mains, le chatouillement de ses cheveux … les mêmes questions, qui l'avaient hanté la nuit passée, revenaient sans cesse dans sa tête et il ne trouvait toujours pas de réponses. Il ne comprenait pas pourquoi il avait fait ça, comment cela était arrivé ? Lui qui avait tant de principes ! Pourquoi avait-il donc agit ainsi ? Il s'était promis de ne rien faire avec elle. Mais comment avaient-ils pu ?
Il secoua sa tête comme pour effacer ses pensées. Non, il n'avait pourtant pas rêvé. Oui malheureusement, c'était bel et bien arrivé. Il relança encore un nouveau programme, qui provoqua un grondement sourd de la part de sa machine.
- Allez mon gros, avale moi encore ça, dit-il à son portable.
LUNDI : Penthouse, avant veille, 09h00
- Comment ça vous n'avez pas tenu vos objectifs ? Hurla le jeune PDG à Kristo, le directeur de la Winch Ferryline. Je vous avais donné trois ans pour y arriver !
- Je sais mais les bénéfices sont assez réduits sur chaque livraison, ce n'est pas comme sur les transports aériens. Ça va moins vite et je dois payer les frais de port, de…
- Je sais tout cela monsieur Kristo, cette compagnie m'appartient quand même !
- Vos objectifs étaient un peu trop haut je pense.
- Et je pense que votre tâche était un peu trop haute pour vous…
- Etait ?
- Oui, vous êtes viré, déclara un Largo froid, décideur. Je vais donner le dossier à mon expert informatique, nous trouverons sûrement d'où vient la faille causant cette perte importante de bénéfices, dit Largo à John Sullivan, resté silencieux près de son jeune patron.
Bunker, quelques heures plus tard…
Kerensky, après avoir vérifié tous les points obscurs de la Ferryline, du passé du directeur, jusqu'aux partenaires, vérifiait le parcours des différents bateaux de la flotte de la Ferryline, et soudain un détail le troubla sur un des parcours de cargos, parcours pourtant banal.

Kerensky re vérifia encore une fois. Nul part. Il ne voyait pas pourquoi la Winch Ferryline livrait en Yougoslavie alors que leur plus proche client se trouvait à des milliers de kilomètres du port d'arrivée yougoslave. Il appela le reste de l 'équipe et leur montra ce qu'il venait de découvrir. Largo, Simon et Joy, se tenaient, assis sur le bureau directement (et les chaises c'est pour qui ?) face à l'écran mural où le russe faisait défiler les informations qu'il avait trouvées.
- J'ai vérifié tous les trajets des bateaux, le personnel de maintenance, celui sur les bateaux, les clients, les fournisseurs, les cargaisons, les destinations, les…
- Giorgi… l'essentiel s'il te plait… Murmura presque Largo pour ne pas montrer son énervement suite à la discussion matinale à ce sujet.
- Je te montrais juste pourquoi tu me pais…
- Si cher, oui je sais mais c'est parce que je sais que tu es diablement efficace... dit Largo dans un sourire cette fois-ci.
- Et tu as trouvé quoi ? Demanda Joy pour couper court à la discussion.
- Et voilà ce que j'ai trouvé… Dit-il lançant le résultat de sa recherche à l'écran mural. Un diagramme montrait ce que les bateaux pouvaient charger, à leur maximum de sécurité, comme marchandise et ce qu'ils chargeaient effectivement. La différence était nette et laissa l'équipe bouche bée. Simon parla le premier :
- Les bateaux ne sont pas du tout au maximum de leur possibilité…
- Oui, à 71% pour être exact ! Répondit le russe comme si cette information était évidente, mais sur les bilans annuels, il est marqué que les bateaux partent, pleins.
- Quelqu'un de très haut placé dans le groupe utiliserait donc les cargos de la Winch Ferryline pour des transports… illicites ? demanda Largo, presque soulagé de voir que ses soupçons étaient justifiés en un sens.
- Oui, mais pour transporter quoi ? demanda Joy.
- C'est la réponse qui vaut un million de dollars ! Lança le russe.
- Il faut aller sur place et voir ce qu'il y a dans les cartons alors ! Renchérit la garde du corps.
- Où ? Couina Simon, en Yougoslavie ?
Simon eut le droit à un regard plein de mépris de la part de Kerensky. Le voleur dit penaud :
- Je disais ça pour rigoler. Je sais qu'on n'y va pas. Pourtant là-bas les filles sont toutes grandes et elles ont des…
- On a compris Simon, le coupa sèchement Joy.
- Nous allons aller sur les docks pour voir par nous-mêmes. Joy et moi on fait équipe, ordonna Largo en se levant du bureau. Kerensky et Simon, vous resterez derrière en cas de grabuges.
- Je viens ? Demanda le russe en ôtant ses lunettes.
- Oui. Répondit Largo, s'attendant au refrain habituel de : " je t'ai dit quand tu m'as engagé que je ne voulais plus aller sur le terrain, sinon je serais resté dans la mafia, blabla… "
Le russe remit ses lunettes et se retourna vers son écran en disant :
- Ah.
- Tu réponds seulement " ah " ? Toi qui ne bouges jamais… Demanda le jeune multimilliardaire, surpris.
- J'ai envie de me dégourdir les jambes pour une fois ! Ca t'étonne ?

Joy et Largo montèrent dans la même voiture. Les suivaient, Kerensky se plaignant de la conduite brutale du suisse et ce dernier, de la compagnie trop froide du russe.
- Simon, mon ordinateur n'est pas tout terrain ! Doucement avec les freins ! Hurla l'ex agent en agrippant son portable d'une main et de l'autre la poignée passager de la voiture.
- Oh tu ne fais que te plaindre !
- C'est ça, parce que toi non peut-être ?
- Moins que toi c'est sûr !
- Parce qu'on t'entend tout le temps alors que moi…
- Qu'est ce que tu insinues là le planqué du bunker ?
- Mais rien, conduis. Attention à la route ! Simon !!!!

Dans la voiture de devant, Joy s'énervait intérieurement contre Largo. Elle pensait que son patron allait encore une fois, se fourrer dans une situation difficile mais qu'elle n'aurait pas pu l'empêcher d'agir autrement car après tout, Largo était Largo, un jeune aventurier détestant l'inaction, tout comme elle...
Embarcadère, 18h00
Ils arrivèrent très discrètement en garant les voitures assez loin du port d'embarcation. Puis ils se dirigèrent en colonne jusqu'à ce qu'ils soient tous en bonne position pour observer l'activité portuaire. Ils décidèrent de se placer derrière une montagne de cartons en face des bateaux, pour observer le port. Simon n'en fit qu'à sa tête : un bonnet bleu marine vissé sur la tête, une veste de marin, il s'en alla faire une observation " simonienne "…
- Il n'y a personne encore, avoua le suisse, revenu près de ses amis, après son observation " plus intime " des lieux.
- Mais alors ils sont peut-être déjà partis en Yougoslavie ? Objecta Joy.
- Non, dit Kerensky, pas sans la marchandise officielle ! dit-il en montrant les cartons derrière lesquels ils étaient tous les quatre planqués, il y a les dates sur ces cartons. Je pense qu'ils chargent d'abord les cartons illicites pendant le nuit, puis la marchandise officielle au dessus pendant le jour, c'est tout simple !
- Ok alors on reste ici cette nuit pour faire les observations.
- Ok, alors Simon tu vas rester avec… Commença Largo.
- Non ! Hurla presque le russe. Je ne tiens pas de planque avec Simon, pas avec lui. Je crois que j'aurais trop envie de tuer ton ami au bout d'une demi-heure avec lui Largo... Lui qui est si discret !
- Je te rend la pareil monsieur je-ne-peux-travailler-avec-personne-si-ce-n'est-pas-un-ordinateur !
- Ok, répondit le boss au grand dame de son meilleur ami, alors je reste pour la nuit avec toi. Joy tu feras le…
- Et ta réunion avec le conseil demain matin ? Lui demanda Joy, tu la tiendras après une nuit blanche peut-être ?
- Oh non, je l'avais oublié celui-là, dit-il entre ses dents.
Joy se décala contre le russe.
- Je resterais avec Kerensky et toi et Simon, vous ferez la nuit de demain, si nous n'avons pas obtenu assez d'informations importantes.
- Et s'il y a du grabuge, demanda le multimilliardaire.
- Ça ira, on reste constamment en contact, affirma le russe, pour le rassurer. Mais il ne faut pas non plus abuser du téléphone, histoire qu'on ne se fasse pas repérer…
- Et transformer en poisson… Dit le voleur en pouffant de rire. Il se repris : OK je sais c'est pas drôle, quoique Kerensky en poisson...
- Ok, affirma Largo, malgré lui, avant que le russe tue son ami de sang froid.
- On planquera dans cette baraque, montra le russe à ses deux chefs.

La baraque se situait légèrement en hauteur mais semblait abandonnée de l'extérieur avec ses vitres obstruées. Cela devait être un ancien hangar pour stocker de la petite marchandise.
- Ca marche, lui répondit Simon. Vous voulez que l'on vous apporte quelque chose ? demanda ce dernier, n'en voulant presque plus à l'agent russe.
- Non, répondit-il. Je vais retourner rapidement au bunker chercher des affaires de surveillance et… de quoi manger. Je reviens tout de suite après. Ca ira en mon absence Joy ?
- Oui.

Kerensky était déjà partit. Simon au volant, Largo allait rentrer dans la voiture quand il en ressortit et héla sa garde du corps :
- Joy !
- Quoi Largo ?
- Tu feras attention à toi… A vous deux je veux dire.
- Oui, je te le promets.
Largo sortit de la voiture entièrement, s'approcha d'elle et l'enlaça longuement. Joy ne savait plus quoi faire, l'enlacer aussi ou garder ses bras le long du corps comme elle le faisait actuellement ? Elle posa gauchement un bras sur le dos de son ami. Il desserra son étreinte à cet instant et il lui murmura à l'oreille :
- Tu sais que je tiens beaucoup à toi…
Et il monta dans la voiture, laissant Joy, toujours droite, les bras le long du corps, ne sachant pas si elle avait rêvé ou pas.

Simon et Largo partirent, mais Largo lui avait un sentiment bizarre : était-ce parce qu'il laissait la jeune femme dans un endroit où elle était en danger ou bien parce qu'elle était seule, avec un espion russe qui lui ressemblait, la comprenait et qui dégageait tout de même un certain charme ?

Voyant l'air occupé de son ami, le suisse demanda à Largo :
- Tu te demandes si ce n'est pas toi ou moi qui aurions dû rester avec Kerensky où même avec Joy, tu aurais été plus tranquille n'est ce pas ? demanda l'ancien voleur, le regard légèrement tourné vers son ami.
- Quoi, mais qu'est-ce que tu racontes Simon ? Bien sûr que je ne suis pas tranquille de les savoir en danger…
- C'est ça, on ne me la fait pas celle-là à moi. Tu as peur que notre petit génie de l'informatique fasse craquer Miss CIA ?
- Simon, concentre-toi sur la route et tais-toi si c'est pour dire des bêtises plus grosse que toi.
- Oh bah alors toi ! Tu es jaloux ma parole ! Le grand Largo Winch voudrait-il enfin avouer à son meilleur ami, à qui il dit tout, ce qu'il ressent depuis le début pour sa charmante garde du corps !
- Simon arrête s'il te plaît ! Tu es impossible toi quand tu t'y mets ! C'est pas vrai, lui lança Largo en souriant intérieurement. Oui il aimait Joy et il lui dirait dès qu'ils auraient fini leur mission. Oui, après la mission tout irait mieux, les choses seraient clarifiées, il en était certain.

Les deux ex agents décidèrent de monter la garde chacun leur tour, l'un observant le port l'autre dormant sur une rangée de caisses, dans le fond de la pièce. Kerensky avait installé son matériel devant une des fenêtres qui laissait assez d'espace pour qu'on puisse observer l'activité extérieure sur une distance large. Il ne devaient plus qu'attendre les premières activités nocturnes. Kerensky monta la garde le premier. Joy alla s'allonger dans le fond, mais malgré l'obscurité naissante, elle n'arriva à fermer les yeux tout de suite. Elle se leva pour aller rejoindre le russe, toujours près de la fenêtre capitonnée.
- Tu devrais dormir…
- Je n'y arrive pas.
- C'est vrai qu'il est encore tôt, dit-il en regardant sa montre. Il ne va pas y avoir d'activité avant quelques heures…
- Tu n'aimes pas vraiment Simon.
- Ce n'est pas ça mais il m'énerve à vouloir jouer au chef alors que j'ai de l'avance sur lui en matière de planque… C'était notre sport favori au KGB, comme à la CIA je pense…
- Aussi, oui.
- Et puis, ce n'est pas que l'inexpérience de Simon. Je voulais être en ta compagnie toute la nuit. Voir comment un agent de la CIA dort la nuit, cela m'a toujours intrigué…

Joy ne dit rien, mais recula légèrement pour observer son compagnon de planque en se demandant : mais qu'est ce que voulait dire le russe par là ?
- Non, je ne vais pas te sauter dessus Joy, sois tranquille, lui répondit le russe en riant, je disais ça pour éviter de te répondre par l'affirmative en disant que oui je n'apprécie pas particulièrement Simon. Il travaille bien mais il a côté beaucoup trop excentrique à mon goût…
- Ne t'inquiète pas, je suis tranquille.
- Plus qu'avec Largo dans les parages sûrement…
- Qu'est ce que tu veux dire par là ?
- Oh ne fais pas celle qui ne comprend pas. Ca se voit clairement que tu es folle amoureuse de lui.
- …
- Tu ne dis rien, j'ai donc raison. Comme d'habitude à vrai dire…
- Peut-être.
- J'ai raison.
- Je n'ai pas dit ça. Et toi ?
- Quoi ? Moi ?
- Es-tu amoureux de quelqu'un ?
- Ca ne regarde pas.
- Ah merci ! Moi je dois me confier malgré moi mais pas le grand Giorgi !
- Tu m'as appelé Giorgi ?
- Et alors c'est ton prénom, non ?
- Oui, mais tu ne m'as jamais appelé comme ça, c'est étrange…
- Tu n'as pas répondu à ma question…
- Si, je t'ai dit que cela…
- …ne me regardait pas. Ok, j'ai compris.

Il y eu de nouveau un silence. Le russe posa ses jumelles devant lui et la regarda en souriant presque ( ?!) :
- J'aime quelqu'un mais elle n'éprouve pas exactement les mêmes sentiments à mon égard.
- Ah je suis désolée…
- Tu n'as pas à l'être. Moi je ne le suis pas.
- Elle travaille au groupe W ?
- Là Joy, je ne te le dirais sûrement pas !



Soudain, il y eut de l'activité dehors. Plusieurs hommes arrivèrent sur le pont et commencèrent à charger des caisses d'un camion banalisé au cargo " Katarina " amarré devant leur planque. Pas de doute se devait être les fameux 29% (et oui 100-71=…) qui manquaient ! Joy arma son arme et s'apprêta à sortir quand Kerensky la retint de force par le bras. Elle se débattit mais n'arriva pas à se dégager de l'emprise du russe. Elle monta la voix tout en restant silencieuse :
- Laisse moi y aller Kerensky !
- Non, c'est trop dangereux.
- Peut-être ! Mais si on arrive à les stopper maintenant et à les faire avouer, Largo n'aura pas besoin d'être impliqué, il n'aura pas besoin de venir demain et de prendre des risques inconsidérés !
- Joy, arrête de le protéger comme une mère poule ! Tu dois te comporter comme un agent en planque et non pas comme une petite amie défendant son petit ami ! Ils sont beaucoup trop nombreux dehors, on va se faire repérer et descendre ! Je n'ai pas envie de finir émietté pour des poissons d'aquarium alors maintenant assieds-toi et observe, tu en apprendras plus par l'observation ! D'abord l'observation, toujours après l'action ! Dit-il sévèrement, mettant sa position de " planqué du bunker " en lumière. Il avait été blessé quand Simon lui avait dit cet après-midi, sur le ton de l'humour que ce n'était qu'un vulgaire planqué, car en quelques sortes, au fond de lui, il savait qu'il en était un.

Quand Kerensky lâcha la jeune femme et fût de retour à son poste devant la fenêtre, oreillettes et jumelles d'observations sur les yeux, elle sortit, lui faisant croire qu'elle allait dormir. Cela lui parût très facile de berner le russe, elle s'en félicita. Malgré les conseils du russe, Joy était une femme d'action, il fallait qu'elle aille aux feux.

Elles se posta derrière une pile de cartons pour pouvoir observer à son aise sans que son partenaire la remarque aussi. Des gardes tournaient, ils étaient peu nombreux et parlaient d'un convoi qui partirait jeudi. Elle aurait le dessus facilement vu qu'ils n'étaient pas armés à première vue. Elle ferait diversion et les auraient un à un. Ainsi, elle pourrait les interroger avec Kerensky, plus tard. Ils obtiendraient de nombreuses informations et Largo serait débarrassé de cette affaire.

Au moment où elle choisi de se montrer au grand jour (ou à la grande nuit vu qu'il fait effectivement nuit) pour les prendre en flagrant délit, une main vint se poser sur sa bouche et une autre la bloquant au niveau des abdominaux l'empêcha de bouger. A cet instant, des hommes, une vingtaine, sortirent de l'entrepôt juste en face d'elle. Le temps qu'ils sortent, qu'ils fument leurs cigarettes et qu'ils se dispersent tous dans le port, elle resta sans bouger, respirant l'odeur masculine connue, tout en étant agréable, de l'homme qui la maintenait assez fort, la pression lui faisant presque mal. Les hommes partirent au bout d'une demi-heure qui parut éternelle pour Joy, sauf quelques uns, qui continuèrent à charger. Puis, Kerensky (qui ne l'avait pas reconnu ?) la lâcha et ils revinrent à leur planque en silence.

Dès qu'il eut refermé la porte sur eux, elle reçut une claque majestueuse qui la déstabilisa quelque peu, projetant son visage en arrière pendant une seconde.
- Tu aurais pu nous faire découvrir ! Je t'avais dit de ne pas sortir Joy ! Tu es inconsciente ou quoi !
- Tu n'es pas mon chef, ne me donne pas d'ordre Kerensky !
- Je ne te donnais pas un ordre, c'était pour ta sécurité et la mienne nom d'un chien !
- Tu savais pour les hommes ?
- Oui bien sûr ! J'ai repéré leurs ombres dans le bâtiment et quand j'ai remarqué ton absence, mon sang n'a fait qu'un tour…
- Je sais, je croyais que je pouvais y arriver…
- Toute seule ?
- Oui.
- Tu croyais mal.
- Je m'en suis rendue compte !
- Mais heureusement que je me trouvais là, sinon, tu t'en aurais rendu compte trop tard ! Mais que voulais-tu Arden, jouer au petit soldat suicidaire ?
- Je voulais faire quelque chose, agir…
- Je te l'ai dit : l'observation, l'action après…
- Je voulais que tu sois fière de moi pour une fois.
- Quoi ?!
- Tu as entendu.
- Mais je le suis toujours ! lui répondit Kerensky en s'asseyant devant elle, relevant la mèche cachant la joue meurtrie, ce qui la fit reculer. Puis, tandis qu'il prenait ses mains si fines mais musclées dans ses mains de géant, elle lui murmura :
- Mais ces hommes voulaient faire du mal à Largo… Kerensky se rendurcit : encore Largo ! Elle se serait presque tuée par amour pour lui. Mais le jeune milliardaire américain ne voyait-il pas à la fin ce qu'il provoquait chez la jeune femme !
- Mais il ne s'agit pas de Largo ici ! Mais de toi et moi, de nos vies Joy ! Tu aurais pu nous faire tuer et qui aurait protégé Largo après ? Simon peut-être ? Tu y as pensé au moins ?
- Je suis désolée, dit-elle, une larme coula sur le bord de ses yeux sans jamais rouler sur sa joue. La frayeur qu'elle ressentait venait plus de la présence du russe, de la claque reçue, que d'avoir faillit être tuée. Il la prit dans ses bras, lui embrassa les cheveux.
- Et maintenant je te fais pleurer, c'est malin.
Elle sourit doucement
- Merci de m'avoir sauvé la vie.

Il sourit et l'embrassa instinctivement sur les lèvres. Elle était saine et sauve. Ils étaient en vie tous les deux.
- Je serais toujours là pour toi… et tu le sais bien. Depuis le premier jour, celui où tu m'as balancé ton pied dans la figure et que tu as failli me refaire le portrait... Elle se rapprocha de lui et le prit dans ses bras en le serrant fort. Oui, elle aussi avait eut peur à cet instant. S'il t'était arrivé quelque chose, continua-t-il en murmurant, je ne me le serais jamais pardonné Joy. Et je crois que ton " cher " Largo de patron aussi…
- Mais Largo n'est pas là, dit-elle en levant la tête offrant son visage au doux baiser que le russe s'empressa de lui donner, comme une demande de pardon, une réconciliation.
- Non il n'est pas là… dit-il entre deux baisers qui devenaient de plus en plus passionnés et qui les entraînèrent au fond de la pièce, sur les couvertures…
MARDI : embarcadère, 12h00
Largo et Simon prirent le relais le lendemain juste après le conseil. Kerensky avait l'air légèrement fatigué et Joy mal à l'aise comme pas dans son assiette, remarqua le suisse.
- Quelles sont les nouvelles depuis notre départ ? demanda Largo, ne voulant pas vraiment savoir au fond de lui, pourquoi Joy, sa Joy semblait distante, comme différente de la veille.
- Les marins viennent jeudi après-midi finir de charger le bateau " Katarina " et ils partiront en fin de soirée.
- Ok.
- Bonne chance à vous deux et pas de bêtises !
- Tu es très drôle Giorgi, remarqua le suisse pas très enchanté de cette idée de planque avec Largo qui allait le bassiner sur Joy encore, tout en refusant d'aller la voir pour tout lui dire sur la vraie nature de ses sentiments pour elle.

En rentrant, dans la voiture, Joy lui demanda :
- Quand est-ce que tu as obtenu ces informations ?
- Pendant que tu dormais, lui dit-il en souriant, une main sur sa joue, j'ai rencontré sur le port quelqu'un de très… coopératif dit-il dans un sourire, se rappelant de la scène musclée entre le marin et lui, quelques heures auparavant

A ce moment même dans la voiture, pendant qu'il passait sa main sur la joue de la garde du corps, il avait décidé. Il avait décidé que lui et elle, cela n'arriverait plus jamais. Elle aimait Largo de toutes évidences et ne l'aimait, pas lui, Giorgi. Et même si elle éprouvait des sentiments pour lui en ce moment depuis qu'ils… jamais elle ne l'aimerait autant que lui l'aimait.

Devant l'immeuble de Joy, 13h00
En la déposant devant chez elle, il lui dit sans vraiment la regarder dans les yeux. C'était une technique de lâche mais comme ça, il était sûr qu'il lui dirait tout ce qu'il avait à lui dire d'une traite :
- Je crois que nous avons passé un moment agréable ensemble cette nuit mais cela doit s'arrêter là impérativement. Il lui prit la main : Joy, écoute moi, je ne te repousse pas mais je sais très bien que c'est Largo qui occupe ton cœur, même si tu as des sentiments pour moi à cet instant. Mais ce n'est pas de l'amour. Il vaut mieux qu'il en soit ainsi pour nous deux. Pour le bon fonctionnement de notre équipe…
- Le bon fonctionnement ! dit-elle d'un ton sarcastique. Je respecte ta décision même si je ne suis pas d'accord avec tout ce que tu as dit.

Elle sortit de la voiture et fonça tête baissée chez elle, là où on ne lui ferait plus de mal. Encre quelqu'un qui ne voulait pas d'elle à cause de son travail. Cela ne finirait-il pas un jour ? elle rentra dans son appartement, ferma la porte sur elle et s'y adossa, se laissant glisser à terre. Dans un sens le russe avait entièrement raison, elle le savait très bien, mais elle ne voulait pourtant pas se le dire à haute voix.
MERCREDI : bunker, 09h00
Joy arriva la première après lui. Elle lui lança un timide bonjour en baissant les yeux aussitôt et s'assit pour commencer à travailler directement en silence, la tête penché vers son écran, pour ne pas le voir sûrement, comme si plus rien ne devait exister autour d'elle dans le bunker. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle cherchait mais elle le fit quand même avec toute son ardeur au travail habituelle. Elle ne discuta pas comme elle faisait à l'accoutumée, en buvant sa tasse de café matinale bien que le russe ne soit pas enclin à la discussion quelque soit le moment de la journée. Mais parfois, il leur arrivait de discuter de leur passé ensemble pendant ces quelques minutes, avant l'arrivée des deux autres membres de leur équipe de choc.
Le russe avait compris le message. Désormais, ils ne se parleraient que pour des raisons professionnelles. Dommage, ils s'entendaient pourtant bien avant… Mais il devrait quand même lui parler à un moment. Cette nuit, il avait remarqué que les explications qu'il lui avait données n'étaient pas franchement convaincantes. Cette ambiance fausse de paix entre eux atteindrait bientôt l'équipe toute entière et quand Largo apprendrait ce qui s'était réellement passé, malgré eux… Il ne le comprendrait pas, mais pas du tout !
Bunker, 14h00
Simon et Largo arrivèrent en début d'après midi, le temps qu'ils récupèrent un peu, chacun étant partit dormir chez lui, enfin surtout Largo qui n'avait pas beaucoup fermé l'œil à cause des ronflements sonores de son ami et des questions qui le perturbaient à son tour. A peine arrivé, Largo alla travailler directement au Penthouse pour préparer une réunion prochaine. Simon se chargea de raconter ce qu'ils avaient appris dans l'ensemble.
- Largo s'est fait passé pour un boss… Commença Simon.
- Tout naturel vu sa position… le coupa le russe.
- Ouais et il a vu les caisses…
- Et alors ?
- Ce sont des armes, sûrement pour un groupe de révolutionnaire de l'Est. Il a demandé combien de personnes seraient présentes demain, donc il n'y aura que le personnel de bord et quelques dockers. Une petite vingtaine.
- Nous attaquerons demain alors, juste avant que le bateau ne jette l'ancre avec sa jolie cargaison.
- C'est ce que nous avions pensé avec Larg'.

Pendant cette demie-journée, Largo ne descendit que quelques fois. On organisa la riposte sur l'embarcadère fixée au lendemain, on parla mêmes des futures vacances. On rit de la soirée de la veille des deux garçons, mais surtout des ronflements infernaux de Simon qui vexèrent ce dernier. La journée se passa presque normalement. A croire que personne ne sentait le climat de tension entre les deux ex agents.

Puis un autre soir vint. Ils décidèrent tous les quatre d'un même avis de ne pas monter la garde. Il ferait leur intervention le lendemain, avec l'aide de la police locale. Joy redoutait de rentrer chez elle seule ; encore une autre nuit pleine de questions sans réponses, de sentiments confus. Tout le monde entra chez soi, d'abord Simon, Largo, Joy et en dernier Kerensky qui rentra plus tard, beaucoup plus tard. Il essaya de lui parler avant qu'elle parte mais elle se rebiffa : elle n'était pas prête à l'affronter car tout se mélangeait dans sa tête.
MERCREDI : appartement de Joy, dans la nuit
Elle se retourna pour la millième fois dans son lit. Cette chaleur intense qui s'abattait sur la ville depuis quelques heures déjà l'empêchait de dormir. Mais elle savait très bien que la chaleur n'était qu'une des raisons des troubles de sommeil dont elle souffrait. Elle se leva dans sa chemise de nuit en coton léger. Elle fit chauffer de l'eau dans la cuisine, une tisane même chaude ne pourrait que l'aider à dormir. Puis elle se dirigea vers son minuscule balcon (par rapport à celui du Penthouse) pour prendre le frais. Elle repensa à la scène, à la nuit de planque avec Kerensky. Cette scène passait en boucle dans sa tête, comme dans un film.

- Mais Largo n'est pas là, lui avait elle dit tout en levant la tête, offrant son visage aux baisers que le russe s'empressa de lui donner.
- Non il n'est pas là… dit-il entre deux baisers qui devenaient de plus en plus passionnés.
Les mains de Joy avaient glissées le long des hanches du russe qui grognait tout en l'embrassant dans le coup. Puis il lui avait ôté son tee-shirt, toujours en l'embrassant, ses cheveux blonds venant lui chatouiller les épaules. Elle lui enleva son pull fin et son tee-shirt ce qui révéla une ossature impressionnante. Il était magnifique, son corps saillant, brillant de toutes parts.
- Je veux savoir… lui demanda-t-il
- Quoi Giorgi, que veux-tu ? lui demanda-t-elle souffrant presque de son envie pour lui.
- Toi. Mais je veux savoir, c'est bien avec moi que tu veux faire l'amour ?
- Oui je le veux. Je te veux Giorgi.

Il n'en fallu pas plus à l'ex agent de l'Est. Il finit par lui faire glisser son pantalon puis sa culotte : elle était enfin nue, offerte sur cette couverture crasseuse à lui. Il allait l'avoir, la prendre. A demi allongée sur le lit, appuyée sur ses coudes, elle le regardait ayant un regard d'animal apeuré et en même temps un regard de défi. Alors il s'agenouilla devant elle et embrassa ses genoux, lentement, l'un après l'autre, écoutant le désir monter dans le corps de sa partenaire. Puis il laissa glisser ses lèvres sur ses cuisses et remonta doucement jusqu'au centre de son désir sans jamais atteindre ce centre. Elle gémit plusieurs fois, espérant qu'il achève vite cette souffrance qui lui tendait le bas du ventre, le rendant hyper sensible aux caresses de son amant. Soudain, elle lui attrapa le cou d'une main, le forçant à la regarder, à regarder cette souffrance jouissive qu'il provoquait en elle. Il porta ses doigts puis sa langue au creux de sa fééminitéé, ce qui lui donna envie de hurler encore une fois. Elle avait envie de lui, elle le voulait en lui édésormais, qu'il la chevauche pour qu'elle puisse enfin laisser soné désir s'assouvir. Il remonta alors du bas de son ventre jusqu'àà la véallée de sa poitrine, prenant le temps de torturer ses mamelons de ses lèèvres gourmandes de la jeune femme sous lui. Tout doucement il arriva àà sa bouche qu'il happa goulûûment, son corpés quémandant le sien, vibréant déàjà par vagues de plaisir incéontrôôlé. Il ne poértait désormais plus que son jean qu'elle fit glisser lentement par terre puis elle s'attaquàa à son caleççon. Son membre dur, luttait tout autant contre elle pouér se libérer de la pression. Elle s'agenouilàla à son tour devant lui, comme une esclave devant son maîître et le prit doucement dans sa bouche. Quandé éelle accééléra, il géàmit à son tour, tout en caressant les cheéveux et les épaules de la garde du corps. Quand iél se sentit défaillir, il la poussa loin de lui ; elle tomba presquée suér le sol, étonnée. Il lui lançça un regard presque triste. Il s'avaçnça alors sur elle et l'allongea sur le sol dur et froid (mais qu'importe le sol froid en ce moment) et dans un grognement deé éplaisir il la pénétra. S'en suivi un va et viens trèès lent, tout en édéouceur, qu'il accéléra faisant perdre àpied à la jeune femme,é qui s'accrocha aux épaules de son amant russe, lui arrachant des cris de douleurs encore une fois. Ils continèuèrent àjusqu'à ce que les larmes leurs viennent aux yeux,à jusqu'à ce qu'ilsà soient à bout de force et qu'ils n'en puissent plus. Et vint le moment tant attendu, le paradis, la jouissance, l'extase quand enfin et ils retoèmbèrent ensemble suré le sol ; Kerensky s'écarta d'elle pour respirer… éSoudain, sa tèhéière retentit dans la cuisine, cée qui la fit sortir immédiatement de sa rêêverie. Pourtant unàé; sourire à demi étriste était toujours figé sur sèes lèvres.

Part 2