E NLEVEMENT
 




Note de l'auteur: Le titre n'a rien de surprenant, mais bon c'est tout ce que j'ai trouvé. Merci à tous ceux qui m'ont envoyé leurs commentaires pour cette fics. Et bonne lecture à tous. Comme toujours n'hésitez pas à m'envoyer vos appréciations.


...
M Vincente Guida, propriétaire d'une des plus grande chaîne hôtelière de l'Italie, se laissa retomber sur son siège et observa de nouveau son "futur partenaire". Il était très jeune, mais lui-même n'était guère plus âgé. Ils avaient au moins ce point en communs, pensa-t-il : le faits d'avoir tous deux repris un empire avant d'avoir atteint la trentaine. Mais leur "jeune âge", n'était pas un obstacle à leurs compétences. En effet, ils avaient réussi à monter un projet important tant par la grandeur que par les sommes engagées. Ils venaient tout juste de mettre aux points les derniers détails avant la signature du contrat. Largo Winch semblait tout aussi calme et détendu que lui-même. Les sommes faramineuses dont ils venaient de parler ne l'avaient pas le moins du monde inquiété. Il était habitué à de tels arrangements. Son bras droit, John Sullivan, lui semblait plus austère. Il n'avait que très peu pris part aux déébats contrairement à Michel Cardignac qui n'avait put se retenir de tergiverser sur les moindres petits déétails. Vincente avait tout de suite vu que ce Cardignacé était prèès àà tout pour que le contrat soit siégné.é C'était peut-êêtre làà une choseà à exploiter.
- Bien voilà une bonne chose de faite, annonça Largo en rassemblant les feuilles qui constituaient le contrat et ses corrections apportées. Le contrat définitif sera prêt pour lundi.
- Parfait, répondit Vincente. Je suis sûr que cet accord sera des plus fructueux.
- Je n'en doute pas.
Largo se leva pour mettre fin à l'entrevue.
- Je vous attends donc ce soir à 20h00 pour la petite réception, annonça Largo pour prendre congé.
- Je n'y manquerais pas.
Vincente Guida s'était levé à son tour et serra la main que lui tendait Largo Winch avant de quitter le bureau accompagné par Michel Cardignac.



Largo arriva à la réception à l'heure exacte, escorté comme toujours par Joy et Simon. Sullivan vint immédiatement vers lui.
- Dieux merci, vous voilà enfin Largo.
- John, du calme. La réception ne devait commencer qu'à 20h00 et il est 20h00, je ne suis donc pas en retard.
- Peut-être, mais Cardignac bougonne déjà depuis une vingtaine de minutes.
- Cardignac est toujours survolté lors de ce genre de soirée.
- C'est parce qu'il n'attend qu'une chose, vous voir faire une erreur.
- Rassurez-vous John, je n'ai pas l'intention de lui donner satisfaction, enfin pas ce soir.
Largo sourit puis il se dirigea vers l'entrée de la salle pour saluer son hôte qui venait d'arriver. Sullivan le suivit. Ils furent ensuite rejoins par Cardignac qui redoubla de courbettes à l'égard du PDG Italien.

Pendant ce temps là, Joy et Simon avaient rejoins l'autre coté de la salle. La jeune femme d'un œil professionnel scruta toutes les personnes présentes dans la salle, tandis que Simon lui se concentrait plus particulièrement sur la gent féminine. Au passage d'un serveur, Simon prit deux coupes de champagne sur son plateau et en tendit une à Joy.
- Non merci, jamais pendant le service, refusa Joy.
- C'est pas vrai !, s'exclama Simon. Tu me ressors toujours la même excuse.
- Ce n'est pas une excuse Simon, juste une question de principe.
- T'es vraiment pas marrante toi, répondit Simon en s'éloignant avec un geste théâtral.
Joy retient un petit rire en le voyant faire son pitre pour accoster une blonde aux formes généreuses.

- Votre ami semble bien peu soucieux de s'occuper de vous. Pourtant vous être cent fois plus charmante que cette femme, dit une voix suave avec un léger accent.
Joy se retourna pour faire face à son interlocuteur. C'était un homme de taille moyenne, environ 1 mètre 80, ses épaules étaient larges, son costume blanc cassés était de la griffe d'un grand couturier parisien et faisait ressortir le teint de sa peau mate. Ses cheveux noirs étaient impeccablement rejetés en arrière et mettaient ainsi en valeur l'éclat de ses yeux verts qu'accentuaient encore les traits fins de son visage et de jolies fossettes. Il était assez séduisant. Joy reconnu Vincente Guida, pour l'avoir vu en photo sur la couverture d'un magazine dans le bureau de Largo. Elle sourit du compliment.
- Simon n'est pas mon ami, enfin pas dans le sens où vous l'entendez, M Guida, répondit Joy.
- Oh mais je vous en prie, appelez-moi Vincente, dit-il avec un sourire charmeur. Mais tout ceci est injuste, reprit-il après un petit silence, vous connaissez mon nom alors que moi j'ignore le votre belle demoiselle.
- Arden. Joy Arden, se présenta-t-elle enfin.
Vincente lui prit alors la main et la porta à ses lèvres. Il y déposa un baiser, tout en plongeant son regard dans celui de la jeune femme. Joy resta insensible à cette tentative de séduction, ou du moins n'en laissa rien paraître. Elle se contenta de sourire poliment.

- Monsieur Guida, appela une voix.
Joy retint une grimace en voyant Cardignac s'approcher. Il ne prêta aucune attention à elle et se tourna uniquement vers le PDG Italien.
- Je souhaiterai vous présenter quelque uns des membres du conseil du groupe W qui sont impatients de faire votre connaissance.
- Mais c'est que j'étais en pleine conversation avec cette jeune femme…commença à refuser Vincente, mais en tournant la tête en direction de Joy, il la vit s'éloigner rapidement.
- Il n'y a personne, constata Cardignac en se tournant à son tour dans la même direction.
- Et bien alors allons-y, finit par accepter Vincente avec agacement.
Ils se dirigèrent donc vers un petit groupe composé de quelque uns des membres du conseil, avec entre autre Alicia Del Ferril et Waldo Buzetti. Alicia accueillit le jeune PDG Italien avec un large sourire.
- Monsieur Guida, je suis enchantée de faire votre connaissance. Je suis Alicia Del Ferril, je représente le secteur ? ? ? (si quelqu'un peut remplacer ces points d'interrogations, SVP qu'il m'envoie un e-mail.) du groupe W.
- Enchantée Madame, répondit Vincente sans grand enthousiasme tout en lui serrant la main.
Alicia fit une petite grimace qui signifiait qu'elle n'appréciait pas sa façon de la saluer. Elle aurait de loin préféré un baisemain comme il l'avait fait pour Joy, qui cela dit en passant n'était qu'une simple employée. Toutefois elle continua de se montrer polie. Le contrat avec les hôtels Guida était beaucoup trop important.

Michel Cardignac présenta les autres membres du groupe et engagea la conversation. Mais Vincente Guida n'était pas vraiment d'humeur, il semblait plus préoccupé à scruter la salle. Cardignac aperçu alors l'objet de son attention en la personne de Joy Arden. Il n'apprécia pas que la jeune femme lui fasse ainsi de l'ombre ; mais peut-être pourrait-il tourner cela à son avantage.



La soirée se terminait, et les invités rentraient chez eux peu à peu. Largo et Vincente s'étaient retrouvés et discutaient de leurs centres d'intérêts communs. Puis vint l'heure des départs, et Vincente voulu prendre congé de son hôte.
- Étant donné le statut tout particulier de M Guida, je pense qu'il serrait plus judicieux de le faire raccompagner jusqu'à son hôtel, lança Cardignac en s'immisçant dans la conversation.
- Je ne voudrais pas vous imposer des obligations supplémentaires…
- Non absolument pas, l'interrompit Largo. Vous êtes mon invité, et il est de mon devoir à veiller à votre sécurité pendant la durée de votre séjour chez nous.
- Puis-je suggérer que Mlle Arden se charge de cette mission, dit Cardignac sur un ton doucereux. C'est de loin la meilleure de sa spécialité, ajouta-t-il avec un air complice en se tournant vers Vincente, avant que Largo n'ait put dire quoi que ce soit.
Largo lança un regard furieux à Cardignac qui l'ignora naturellement. Il ne pouvait désormais pas refuser sans risquer de froisser son invité. Il était logique pour celui-ci, vue son importance, de bénéficier de la meilleure des sécurités.
- Je vais prévenir Joy afin qu'elle prenne les dispositions nécessaires, annonça Largo trouvant ainsi une excuse pour s'éloigner de Cardignac avant de faire un geste qu'il pourrait regretter par la suite, comme le tuer par exemple.



Joy se sentait mal à l'aise dans cette grande limousine. Bien sûr elle avait l'habitude de ce genre de voiture et ce n'était pas cela qui la dérangeait. C'était plutôt le regard de son compagnon, Vincente Guida, qui semblait la déshabiller littéralement des yeux qui l'incommodait. Instinctivement elle resserra les pans de son long manteau et changea de position, espérant lui faire comprendre l'inconvenance de son regard. Mais contre tout espoir, celui-ci semblait ne pas vouloir comprendre.

De son coté, Vincente était plutôt satisfait par la vue que lui offrait la jeune femme. Malgré la barrière de son manteau, il pouvait deviner cette silhouette fine qu'il n'avait cessé d'observer tout le long de cette soirée avec beaucoup de plaisir. Il ne semblait pas le moins du monde gêné de la détailler ainsi et au contraire semblait s'amuser de son trouble.

Devant son manque de compréhension, Joy décida donc de passer outre le regard de son compagnon, et reporta son attention sur son travail. Ils approchaient de l'hôtel, enfin.
Selon ses directives, le chauffeur pénétra dans le parking souterrain et alla se garer au plus près de la porte de l'ascenseur. Joy sortit de la voiture avec soulagement et inspira une bouffée d'air frais. Elle était ravie de pouvoir enfin échapper à cette atmosphère surchargée de testostérone qui régnait dans la voiture grand luxe.

Au moment où Joy sortit du véhicule, Vincente eut tout le loisir de lorgner sur sa jambe dévoilée furtivement par son mouvement. Il esquissa un petit sourire et sortit de la voiture à son tour. Il se tourna vers Joy et lui tendit son bras.

Joy aurait bien voulu le planter là et repartir aussitôt, mais sa conscience professionnelle l'obligeait à l'escorter jusqu'à la porte de sa suite. Largo lui avait confié une mission, qui d'ailleurs semblait lui déplaire tout autant à lui qu'à elle, et elle devait se montrer à la hauteur de sa confiance. Elle ignora délibérément le bras que lui tendait son compagnon et le précéda jusqu'à l'ascenseur et vérifia qu'il n'y avait pas le moindre problème.

Le trajet jusqu'à la suite réservée à M Vincente Guida se passa sans anicroche. Arrivée devant la porte, le jeune homme se tourna vers Joy et avant qu'elle n'ait put faire quoi que ce soit, il l'embrassa. Joy réagit immédiatement et se recula. Vincente voulu la retenir et passa ses bras autour de sa taille. Joy le repoussa fermement. Mais il ne semblait pas vouloir abandonner si rapidement. Il resserra son étreinte, plaquant sa main dans le dos de la jeune femme pour l'attirer à lui. Joy sentit son instinct prendre le dessus, et se fit violence pour ne pas lui asséner une gifle mémorable. Au lieu de cela elle s'obligea au calme et le repoussa une nouvelle fois mais avec plus de fermeté. Elle s'échappa donc de son étreinte et se tint à distance raisonnable.
Lorsqu'il voulu s'approcher, Joy l'arrêta en levant la main.
- Je crois qu'il serait préférable pour vous d'aller vous coucher maintenant, déclara Joy feignant de croire que ses gestes étaient dictées par l'alcool bu à la réception.
- Oui, vous avez raison, répondit-il d'une voix suave, allons nous coucher.
- Seul !, l'interrompit Joy alors qu'il franchissait la distance qui les séparait pour la prendre de nouveau dans ses bras.
Il fit mine de vouloir l'embrasser et Joy se recula encore.
- Je crois que vous ne m'avez pas très bien comprise, dit-elle d'une voix plus ferme.
- Si au contraire je vous ai parfaitement compris, mais je n'en ai que faire. C'est vous que je veux, maintenant.
- Monsieur Guida, s'écria Joy passablement énervée. Vous ne savez plus ce que vous dites, continua-t-elle plus calmement. Vous devriez sérieusement aller vous reposer.
- Sachez Mademoiselle Arden, lui aussi avait opter pour un ton froid et impersonnel pour prononcer son nom, que personne n'a jamais osé me dire non. Cela ne vous rend que plus désirable, ajouta-t-il avec un sourire charmeur tout en retentant une approche.
Cette fois-ci Joy laissa tomber toute diplomatie et repoussa les avances de Vincente avec forces, l'obligeant à reculer contre la porte de sa chambre. Elle s'apprêtait à rejoindre l'ascenseur quand il lança :
- J'avais cru comprendre que les intérêts de votre patron vous tenaient à cœur.

Joy s'immobilisa. Elle fit volte face et regarda Vincente avec une lueur de dégoût et de rage dans les yeux.
- Que dois-je comprendre par-là ?, demanda-t-elle faussement.
- Qu'il est dans l'intérêt de votre patron, et donc du votre par conséquent, que je sois satisfait de mon séjour au sein du groupe W, répondit-il calmement tout en insistant tout particulièrement sur le mot "satisfait".
- Et qu'est-ce qui vous fait croire que je me soucie à ce point des affaires du groupe W.
Joy s'avança vers lui, avec la démarche d'un félin prêt à bondir sur sa proie pour la déchiqueter.
- Michel Cardignac semblait vouloir dire que vous…
- Oh ! Je vois, l'interrompit Joy. Et bien sachez que je n'ai aucun ordre à recevoir de Michel Cardignac, elle avait prononcé ce nom avec un profond dégoût. Maintenant excusez-moi, mais je vais rentrer chez moi. Ma mission ici est terminée.
- Ce n'est pas encore finit au contraire, lança-t-il sûr de lui.
Ignorant sa dernière attaque, Joy tourna les talons et disparut dans l'ascenseur, le laissant complètement ébahit devant la porte de sa chambre. Elle s'assura toutefois que son propre service de sécurité prenait bien la relève avant de quitter l'immeuble.



Étant dimanche, les portes du groupe W étaient fermées, enfin sauf pour quelques accros du travail comme John Sullivan, et Kerensky. Aujourd'hui pourtant il y avait quelqu'un d'autre. Michel Cardignac avait déclaré vouloir terminer la préparation du contrat avec la compagnie Guida. Il prétendait ainsi démontrer son professionnalisme et son engagement au sein du groupe W. En d'autres termes il voulait en mettre plein la vue à tout le monde, et surtout à son patron.
Il terminait de rassembler les dernières notes, quand la porte de son bureau s'ouvrit brusquement. Il releva la tête et fut qu'à moitié surpris de trouver Joy.
- Mlle Arden, qu'est-ce qui vous amène dans mon antre ?, demanda-t-il avec une pointe de sarcasme.
- Qu'avez-vous dit à Vincente Guida ?, annonça Joy de but en blanc.
- Je ne comprends pas, expliquez-vous, feignit-il.
- Vous m'avez parfaitement comprise, répliqua sèchement la jeune femme.
Cardignac préféra ne pas répondre, il savait que cela ne servirait à rien puisque de toute façon il était coupable des accusations qu'elle portait, et n'en éprouvait par ailleurs aucune gêne, aucun remords.
- Comment pouvez vous être à ce point machiavélique, lança Joy avec rage. Ne vous avisez plus jamais de me confondre avec vos petites midinettes, continua-t-elle en s'approchant du bureau d'une démarche menaçante. Ai-je été assez claire ?, termina-t-elle en le défiant du regard, avant de repartir en direction de la sortie.
- Dois-je comprendre que M Guida n'a pas été pleinement satisfait de sa soirée ?, lança Cardignac sur un ton léger.
Joy ne se retourna même pas, ni se donna la peine de lui répondre. Elle quitta le bureau en laissant la porte ouverte derrière elle.


Elle s'apprêtait à quitter l'immeuble quand elle croisa Largo. En fait, elle manqua le renverser tant elle était plongée dans ses pensées rageuses.
- Joy ! ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?
- Oh ! Largo. Désolé, je ne t'avais pas entendu.
- Qu'est-ce qui se passe ?, demanda Largo inquiet.
- Oh, rien de grave, répondit Joy. J'avais juste un petit différent à régler avec cet espèce de M'as-tu-vu de Cardignac.
- Oh, oh ! Qu'a-t-il fait encore ?, plaisanta Largo.
- Il a voulu ajouter une clause supplémentaire au contrat avec Guida.
- Comment ça ? Qu'elle clause ?, demanda Largo intrigué par les nouvelles manigances de son si impétueux adversaire.
- Moi, répondit Joy.
- Quoi ! ?, demanda Largo sans comprendre.
Joy le dévisagea et Largo vit qu'elle ne décolérait pas.
- QUOI ! ?, s'exclama-t-il en hurlant alors qu'il comprenait où la jeune femme voulait en venir. Mais comment a-t-il pu… je vais le tuer cette fois.
- Du calme Largo, le retint Joy. Il n'en vaut pas la peine. Et puis de toute façon je m'en suis déjà occupée.
- Peut-être, mais ce n'est pas une raison. Je vais lui apprendre à être…
- Largo, je t'ai dit que s'était réglé, tenta de le calmer Joy. Inutile de gaspiller son temps plus longtemps avec cette histoire. C'est terminé maintenant.
- Ce n'est pas encore finit au contraire. Il va m'entendre ça je te le jure, déclara Largo avec rage.
Joy ne put réprimer un sentiment de malaise en entendant Largo prononcer ces mêmes mots qu'avaient dit Vincente la vieille juste avant son départ. Elle pouvait entendre dans le ton de sa voix la même détermination à continuer le combat. Se pourrait-il que Vincente décide de rompre le contrat avec le groupe W, histoire de montrer qu'il ne permettait qu'on lui dise non. Joy espéra qu'il n'était pas à ce point égoïste et immature pour réagir de cette manière.
- Bon, si tu n'as pas besoin de moi, je vais rentrer, annonça Joy mal à l'aise face au regard que lui lançait son patron.
- Non, on est dimanche, reposes-toi, répondit-il.
- À demain, murmura Joy en se dirigeant vers la sortie.
- Joy ?, l'interpella Largo.
- Oui, répondit-elle en se retournant.
- Non rien, s'excusa Largo. À demain.
Joy sourit timidement et repartit.



Joy se rendit directement chez elle. Elle n'avait toujours pas réussit à avaler ce dernier coup bas de Cardignac. Elle maugréait toujours contre ce dernier quand elle ouvrit la porte de son appartement. Intuitivement, elle sentit qu'il y avait quelque chose de bizarre et instinctivement, se mit en position de défense. Elle n'eut pas à le regretter quand deux hommes surgirent pour l'attaquer. Joy envoya le premier à terre grâce à un formidable coup de pied circulaire, mais déjà le deuxième s'approchait.
Alors qu'elle était en train d'en découdre avec lui, son compagnon se releva et bondit sur elle. Il la ceintura, et l'immobilisa. Joy commença à se débattre, lui assénant un coup de coude dans l'estomac. L'homme fléchit, mais ne la lâcha pas. Elle continua donc à se débattre, alors que l'autre s'approchait.

L'homme prit soin de s'approcher sur le coté afin d'éviter les coups de pieds de la jeune femme. Il sortit une seringue de sa poche et enleva le capuchon qui protégeait l'aiguille. Il fit faillir un peu de liquide puis s'approcha de Joy menaçant.

Joy tenta une dernière fois d'échapper à l'étreinte de son adversaire, mais elle sentit soudain une violente douleur dans son bras. Le liquide pénétra son sang et envahit son organisme. Les objets familiers de son appartement, se mirent à danser devant ses yeux. Puis tout devint noir et elle sombra dans l'inconscience.



Quand Simon entra dans l'appartement de Largo, il vit tout de suite que quelque chose le préoccupait. Il se laissa tomber sur le canapé en face de son ami et s'installa confortablement.
- T'en fait une tête, quelqu'un est mort ? lança-t-il en plaisantant pour essayer de dérider son ami.
Largo leva la tête et réalisa soudain la présence de Simon.
- Ouh la !, fit Simon en grimaçant. C'est encore pire que je ne le pensais.
Devant le silence persistant de son ami, il insista :
- Alors tu me dis ce qui se passe, ou tu me laisses mourir idiot ?
- C'est Joy, dit faiblement Largo.
- Aie !, grimaça à nouveau Simon.
Il s'installa plus confortablement, prit un croissant sur la table basse, et mordit à pleine dent dedans. Comme à chaque fois qu'ils abordaient le sujet de Joy, cela s'éternisait, Simon préférait prendre les devants et s'installer pour être à ses aises.
- Alors, vas-y ! je t'écoute, parvient-il à prononcer entre deux bouchées.
- Guida lui a fait des avances.
- Oh alors c'est ça !, s'exclama Simon avec un sourire. Tu es simplement jaloux.
- Simon soit sérieux une minute tu veux, s'agaça Largo.
- Si tu t'énerves comme ça, c'est parce que j'ai raison, continua Simon.
- Simon !
- Ok, ok, j'arrête. Pour l'instant. Alors ?
- Alors quoi ?
- Guida a fait des avances à Joy et…, il laissa volontairement sa phrase en suspend pour faire comprendre à Largo qu'il attendait qu'il lui raconte la suite.
- En fait c'est plus compliqué. Cardignac a…
- Cardignac ?, le coupa Simon. Que vient faire cet abruti dans cette affaire ?
- Si tu me laissais parler tu le saurais déjà, lui reprocha gentiment Largo.
- Désolé. Va-y je t'écoute.
Largo attendit quelques secondes pour s'assurer qu'il avait désormais toute l'attention de son ami et que celui-ci ne risquait pas de l'interrompre de nouveau.
- Bien je disais. Cardignac a dit à Guida que Joy… enfin qu'elle accepterait…
Largo cherchait ses mots, mal à l'aise.
- Qu'elle quoi ?, s'impatienta Simon.
- Et bien qu'elle accepterait de passer un peu de temps avec lui pour comment dire…sceller le contrat.
- Quel fils de …
- Simon, le gronda Largo, l'empêchant d'aller au bout de sa pensée.
- Je vais l'étriper, s'écria Simon.
- Attends, tu connais Joy. Elle s'en ai déjà chargé.
- Elle lui a cassé les dents j'espère.
- Non, pas vraiment. Je crois juste qu'elle lui a fait comprendre sa façon de penser. Cela dit elle était très énervée quand elle est repartit.
- On devrait peut-être aller la voir, proposa Simon.
- Excellente idée, accepta Largo avec beaucoup d'enthousiasme.


Largo frappa à la porte de l'appartement de Joy, et attendit que la jeune femme vienne leur ouvrir. Il se passa quelque instant et Largo frappa de nouveau. Cette fois encore il n'y eut aucune réponse. Pas le moindre bruit qui trahirait la quelconque présence de quelqu'un dans l'appartement. Largo s'en inquiéta.
- Joy m'a dit qu'elle rentrait directement chez elle.
- Tu connais Joy. Elle a peut-être voulu aller se calmer les nerfs quelque part.
- Je ne crois pas.
Largo avait comme une mauvaise impression.
- Simon, est-ce que tu pourrais "ouvrir" la porte ?
- Tu veux que j'"ouvre" la porte ? Qu'on entre par effraction dans l'appart de Joy ?, fit mine de s'étonner Simon.
- Oui. Alors tu t'en occupe.
- Donnes-moi huit secondes.
Simon sortit une petite pochette noire de sa veste et en extirpa son matériel avec lequel il s'attaqua à la serrure.
- Qu'est-ce …?
- Quoi ?, demanda Largo.
- C'est déjà ouvert, répondit Simon en ouvrant la porte sans le moindre effort.
- Cela ne ressemble pas à Joy.
- Tu as raison.
Ils entrèrent dans l'appartement à la recherche de leur amie.
- Joy, appela Largo à tout hasard.
Pas de réponse.
- Va voir dans la cuisine, je prends la chambre.
- La chambre, mais bien sûr, se moqua Simon.
Largo haussa les épaules d'un air qui se voulait désespéré.
- Vraiment tu ne changeras jamais.
- C'est pour cela qu'on m'aime, répondit Simon en se dirigeant vers la cuisine.
- C'est ce que tu crois, le taquina Largo.
Il allait se rendre dans la chambre quand il buta dans un petit objet qui roula sous un fauteuil. Il se baissa pour le ramasser. Il s'agissait d'une petite seringue.
- Simon, vient j'ai trouvé quelque chose.
- Qu'est-ce que c'est, demanda Simon en revenant vers son ami.
- Je ne sais pas encore. Viens on va réveiller Kerensky.
- Comme si seulement il dormait, plaisanta Simon.



Malgré ce dimanche après midi ensoleillé, Kerensky ne se fit pas prier pour venir s'enfermer dans le bunker du troisième sous-sol du groupe W. La première chose qu'il fit en arrivant fut de contacter le laboratoire pour leur faire parvenir la seringue pour une analyse rapide et détaillée de son ex-contenu.
Une fois le coursier partit avec le précieux colis, il ne lui restait plus qu'à attendre les résultats. Il s'était arrangé, vue le poids du groupe W, pour que son échantillon soit traité en priorité.
Fatigué de voir Largo faire les cents pas dans le bunker, il l'envoya prendre l'air lui promettant de le prévenir dès que les résultats seraient arrivés. Heureusement pour lui, Simon choisit d'accompagner Largo, et il put rester seul, enfin tranquille.

L'E-mail tant attendu arriva enfin et Kerensky prévint aussitôt Largo sur son portable. Il était déjà en train d'en lire le contenu quand Largo et Simon entrèrent précipitamment dans le bunker.
- Alors ?, demanda Largo.
- La substance incriminée est du Midazolam, répondit le russe. C'est un puissant anesthésique de la famille des benzodiazépines. Il n'est utilisé qu'en milieu hospitalier exclusivement à cause de ses nombreux effets indésirables et sous haute surveillance.
- Alors Joy a été droguée, puis enlevée, mais pourquoi ?, marmonna Largo.
- Je crois que la véritable question est : par qui ?, déclara Simon.
- Cela la seringue ne nous le dit pas, repris le russe. Il n'y a aucune empreinte, mis à part les vôtres.
- En d'autres termes, on est dans une impasse, se lamenta Simon.
- Pas forcément, répondit le russe.
- Expliques-toi Georgi.
- Le Midazolam est comme je l'ai dit, très réglementé. Seul les hôpitaux peuvent en disposer. Je pourrais faire une petite recherche de ce coté. Avec un peu de chance je pourrais trouver la trace d'un flacon disparut par hasard, argumenta le russe.
- Très bien, fait le nécessaire. Tu as carte blanche.

Largo et Simon laissèrent donc Kerensky face à ses chers ordinateurs, sachant pertinemment qu'ils ne pourraient lui être qu'aucune aide et montèrent dans l'appartement de Largo. Simon essaya alors tant bien que mal de changer les idées sombres de son ami.



Joy se réveilla avec une affreuse douleur dans le bras. Sa tête était engourdie et elle n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé. Elle tenta de se relever mais elle s'aperçut qu'elle était attachée. Sa vue était brouillée, et elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Tous les muscles de son corps semblaient engourdis, et elle était incapable de faire le moindre mouvement. Un étrange frisson couru le long de sa jambe. Elle réussit au prix de nombreux efforts à ouvrir les yeux. Dans le flou qui l'entourait, elle put distinguer une silhouette penchée sur elle.
Joy cligna des yeux, espérant ainsi chasser le brouillard qui l'entourait encore. Elle se concentra sur la silhouette et pu enfin distinguer les traits de son visage. Elle fronça les sourcils en reconnaissant Vincente Guida.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?, parvint-elle à articuler.
- Je vous avez bien dit que tout n'était pas terminé. J'obtiens toujours ce que je veux.
Joy gémit, elle avait affreusement mal à la tête, et tout était encore très confus ; certainement dû à la drogue qu'il n'avait pas oublié de lui injecter. Le frisson sur sa jambe s'intensifia, et les picotements remontèrent lentement sur sa cuisse. Joy fit un mouvement pour déplacer sa jambe.
Vincente retira sa main quelques secondes, avant de recommencer à caresser la jambe de la jeune femme.
- Vous êtes vraiment très belle Joy, murmura-t-il avec désir.
- Hum, gémit Joy. Epargnez-moi ce couplet !
- Comme vous voudrez. Alors allons directement à l'essentiel.
Il se pencha sur elle pour l'embrasser quand un coup fut frappé à la porte.
- Quoi ?, demanda brusquement Vincente peu ravi de cette intrusion.

Un homme entra dans la pièce et s'adressa à Vincente.
- Votre père au téléphone, Monsieur Guida.
- Bien. J'arrive, répondit Vincente agacé.
Son père devait encore s'inquiéter de la bonne marche du contrat avec le groupe W.
- Quand va-t-il se décider à me laisser enfin tranquille ?, marmonna-t-il en se redressant.
- Désolé ma belle, mais je dois te laisser. Je reviens bientôt.
- Oh ne vous inquiétez pas pour moi. Prenez tout votre temps, réussit à ironiser Joy.
Vincente quitta la pièce. Joy voulut une nouvelle fois se lever, mais ses muscles étaient toujours endoloris. La drogue n'avait pas terminé son effet.



Kerensky termina d'interroger le dernier fichier, mais là non plus sa recherche fut infructueuse. Aucun hôpital de cet État n'avait fait part d'un vol de Midazolam. Ce n'était pas à proprement dit ce que les toxicomanes recherchaient. Même si cette substance avait des effets hypnotiques et anxiolytiques, elle était heureusement méconnue. Kerensky en profita pour en apprendre un peu plus sur les effets indésirables du produit, ce qui n'eut pas pour effet de le rassurer, bien au contraire. Il restait à espérer que les kidnappeurs connaissaient bien ces méfaits et prendraient leur précaution.

Kerensky, sans grande conviction étendit ses recherches aux hôpitaux des États alentours. Mais l'opération s'avérait longue et pas très instructive. Il commençait à désespérer de trouver quelque chose. Peut-être même que la substance ne provenait pas de ce pays, ou bien alors le vol n'avait pas été déclaré car pas encore découvert. Il reporta son attention sur la seringue, étudiant la marque et le laboratoire fabricant. Celui-ci était étranger, Italien pour être précis. Mais c'était un modèle très répandu dans le monde. Résultat, aucune piste intéressante de ce coté ci.



Largo était sortit pour se dégourdir les jambes. Il détestait cette inaction alors que Joy était en danger. Il errait donc sans but dans les couloirs de l'immeuble du groupe W quant au détour d'une porte, il se heurta à Cardignac. Aussitôt il transféra sa rage sur ce dernier.
- Bon sang Michel vous ne pouvez pas faire attention, hurla-t-il.
- Alors là, c'est un peu fort, bougonna Cardignac. Je vous rappelle que c'est vous qui m'avez bousculé.
- Et puis d'abord que faites-vous là ?, s'énerva Largo.
- Je terminais d'apporter les dernières modifications au contrat Guida, se vanta Cardignac.
- Le contrat Guida, répéta machinalement Largo.
Tout à coup une idée venait de germer dans son esprit. Il prit rapidement congé de Cardignac, sans la moindre explication et se dirigea vers l'ascenseur pour se rendre au troisième sous-sol.



- Georgi, interpella Largo sans préambule. Tu as put trouver quelque chose ?
- Non, la piste n'a rien donné.
- Bon alors je veux que tu fasses des recherches sur Vincente Guida. Le groupe a étudié sa vie professionnelle avant de s'engager dans un contrat, mais moi je veux que tu fouilles dans sa vie privée. Qu'est-ce qu'il faisait avant de reprendre les affaires familiales, enfin tout ce que tu pourras trouver.
- Bien, donnes moi quelques instant.

- Largo, vous avez trouvé quelque chose ? demanda Simon en entrant dans le bunker.
Dans l'ascenseur Largo l'avait appelé pour qu'il les rejoigne lui et Kerensky au bunker.
- J'ai peut-être une idée, répondit Largo. Vincente Guida.
- Quoi ?, s'étonna Simon.
- Il a fait des avances à Joy et n'a visiblement pas apprécier d'être repoussé.
- Et tu crois qu'il aurait été jusqu'à l'enlever ?
- Pourquoi pas, répondit Largo. Et puis de toute manière c'est la seule piste plausible que nous ayons.
- Serait ce trop vous demandez que d'avoir un peu de calme, les interrompit Kerensky.
Simon fit une petite grimace et Largo se retint de pouffer.

- Oh ! Voilà qui est intéressant, annonça tout à coup Kerensky après plusieurs minutes de recherches intensives.
- Qu'as-tu trouvé ?, demanda aussitôt Largo.
- Vincente Guida a un casier judiciaire. Et pas des plus catholique.
- Expliques !
- Harcèlement moral, harcèlement sexuel, coup et blessure et enfin une plainte pour viol. Toutes ces plaintes ont été retirées au bout de quelques jours après leurs dépositions. Il n'a donc jamais été traduit en justice, ni même inquiété.
- Les privilèges d'un papa fortuné, lança Simon.
- Oui mais cette fois, papa n'est pas là. Et c'est à Joy qu'il s'en est pris, répliqua Largo avec haine.
Tout à coup cet homme lui semblait plus qu'antipathique. Il n'avait plus l'intention de conclure un marché avec un tel individu.

- Tout est prêt Largo. On peut y aller, dit Simon.
- Bien Georgi, une fois que Simon et moi seront là-bas, tu nous guideras par radio.
-Je vais pirater les caméras de surveillance de l'hôtel, ainsi je pourrais vous prévenir des allers et venues de la sécurité.
- Parfaits. Allons-y Simon.
- Largo prend ça, cela pourra être utile, dit Kerensky en tendant un sac à Largo.
- Merci, répondit Largo en prenant le sac qui contenait des armes, des chargeurs et une petite trousse.


Ils ne leur fallut que peu de temps pour arriver à l'hôtel de Vincente Guida, Largo avait de loin dépassé l'excès de vitesse et grâce à Kerensky qui les suivait par GPS, ils purent éviter au maximum les embouteillages. Largo se gara rapidement dans le parking souterrain, et ils sortirent de la voiture, prenant le sac où leurs armes étaient pour l'instant, bien cachées. Ils passèrent la réception sans encombre et prirent l'ascenseur pour se rendre dans la suite privée de Vincente Guida.

Kerensky brouillait le signal des caméras de surveillance au moment où Largo et Simon passaient devant. Il suivait leur progression grâce à son ordinateur.

- Attention deux hommes arrivent à votre gauche, entendit Largo dans son émetteur.
Aussitôt, prévenus par Kerensky, Largo et Simon se cachèrent dans un recoin d'un mur et attendirent que les deux gardes passent pour sortir de leur cachette et reprendre leur route ni vu ni connu.



Vincente entra et s'approcha du lit. La jeune femme y était allongée, les yeux clos. Il se pencha sur elle.

Joy ouvrit les yeux. Une seconde plus tard, Vincente retombait sur le sol, poussé par un coup de pied. Elle se redressa péniblement et la pièce se mit à tourner devant ses yeux. Elle repéra la porte et voulu s'y diriger. Il lui semblait se déplacer au ralenti, ses mouvements étaient si lents, si déséquilibrés. Elle s'aida donc de tout ce qui se trouvait sur son chemin, s'y appuyant pour rester debout et atteindre la porte.

Un bras la saisit par la taille et un autre lui immobilisa son bras droit dans le dos. Joy chercha à se dégager mais ses mouvements n'étaient pas assez précis et rapides, et son adversaire réussissait sans mal à la contenir.
- Je pensais que la première dose aurait suffit, souffla Vincente dans l'oreille de la jeune femme. Mais je vois que tu as réussi à te détacher.

Il la traîna jusque sur le lit, Joy au passage saisit de sa main libre, une lampe de chevet pour le frapper, mais Vincente retint son bras et para le coup. Joy profita alors de ce qu'il ne la tenait plus par la taille pour se retourner et libérer son bras droit. Elle s'apprêtait à lui donner un coup de poing mais il se baissa juste à temps pour l'éviter. Il la rattrapa aussitôt et réussit à l'immobiliser à nouveau. Joy continua de se débattre avec les forces qui lui restaient alors qu'il l'allongeait sur le lit. D'une main, il retint ses bras au-dessus de sa tête alors qu'il cherchait de l'autre les liens qui avaient précédemment servi. Joy s'acharna à se débattre, mais Vincente la maintenait fermement. Le poids de son corps pesait sur elle, et elle ne pouvait quasiment plus bouger. Elle ne cessa pourtant pas de se démener pour se libérer.

Vincente trouva enfin la corde et en noua les poignets de la jeune femme qu'il attacha ensuite au bois du lit séparément. Il se releva et s'éloigna du lit pour fouiller dans un petit meuble. Joy en profita pour tenter de se détacher mais les liens étaient trop serrés. Vincente revint presque aussitôt, une petite boite à la main. Il l'ouvrit et en sortit une seringue et un petit flacon. Il déchira l'emballage de la seringue puis enleva le capuchon de sécurité. Il enfonça l'aiguille dans le bouchon du flacon et en préleva le liquide. Il reposa le flacon vide, changea l'aiguille et déposa le tout sur la table de chevet. Il se retourna vers Joy et détacha son poignet gauche puis maintint son bras contre le lit. Il reprit la seringue et injecta son contenu dans une veine.

Joy vit le visage de Vincente s'estomper peu à peu. Ses oreilles se mirent à bourdonner, sa vue se brouilla de plus en plus. Le visage de Vincente tourna encore quelques secondes dans sa tête avant que tout devienne noir et calme.

Vincente se penchait sur la jeune femme pour l'embrasser quand il fut tiré en arrière. Il leva la tête surpris et n'eut que le temps de voir un poing venir s'écraser sur sa mâchoire. Il alla ensuite retomber quelques mètres plus loin contre le mur, assommé.

Une fois qu'il en eut terminé avec Vincente, Largo se précipita ensuite vers Joy. Il détacha le poignet de la jeune femme et vérifia qu'elle n'était pas blessée.
- Joy, appela-t-il.
Il n'eut pas de réponse.
- Joy, appela-t-il de nouveau tout en posant sa main sur la joue de la jeune femme qu'il caressa gentiment pour la réveiller.
Voyant qu'elle ne réagissait toujours pas, il se pencha sur son visage, s'approchant de ses lèvres.

Simon jeta un œil dans la chambre et vit Largo s'asseoir sur le lit à coté de Joy. Puis il retourna la tête vers le couloir où il lui semblait avoir entendu du bruit. Ils allaient bientôt avoir de la compagnie. Il sortit son arme et se tint prêt à faire feu si besoin.

Largo entrouvrit la bouche de Joy et en approcha son oreille. Il écouta sa respiration tout en observant la poitrine de la jeune femme qui se soulevait et s'abaissait en rythme. Celle-ci était rapide et saccadée. Largo s'inquiéta et posa sa main sur sa gorge. Il appuya très légèrement sur la carotide pour en prendre le pouls. Lui aussi était plus rapide.
Il découvrit ensuite la seringue et le petit flacon vide sur la table de chevet et fronça un sourcil désapprobateur.

- Kerensky, appelle une ambulance, dit-il au russe par le biais de l'émetteur.
- Largo comment est Joy ?, répondit ce dernier très posément.
- Sa respiration est rapide et son pouls s'est accéléré, décrivit Largo. J'ai trouvé une seringue. Il a dû lui faire une nouvelle injection.
- Le Midazolam injecté la première fois ne devait pas être entièrement éliminé par son organisme. Cette nouvelle injection a dû provoquer un surdosage par accumulation. Elle est en dépression respiratoire. Il faut faire vite avant qu'elle ne fasse un arrêt, diagnostiqua Kerensky.



- Georgi, que dois-je faire ?, demanda vivement Largo.
- Dans le sac que je t'ai donné, il y a une petite trousse noire sort-là.
Largo regarda autour de lui à la recherche du sac, il l'avait laissé tomber en voyant Vincente avec Joy. Dès qu'il le vit, il se précipita pour le prendre. Il en sortit rapidement la petite trousse en question.
- Je l'ai.
- Bien, tu vas trouver une compresse imbibée d'alcool, une seringue et un flacon. Prélèves 5 cc du liquide et injectes le en intraveineuse à Joy. C'est du flumazénil, un antagoniste des benzodiazépines.
- Un quoi ?
- Un antagoniste des BZD, répéta le russe. Un antidote si tu préfères. Mais si tu n'accélères pas le mouvement, il ne servira à rien, le pressa-t-il.
Largo prit le bras de Joy, mais un énorme hématome dissimulait ses veines. Il prit donc son bras droit, mais là aussi, une injection était impossible.
- Georgi, je ne peux pas trouver de veine. Joy a d'énormes bleus.
- C'est dû aux précédantes injections, expliqua Kerensky. Si tu ne peux pas trouver une veine aux plis du coude, cherche en une aux poignets.
Largo observa les poignets de Joy à la recherche d'une veine suffisamment visible. Il en trouva une et décida d'y injecter le produit. Il prit la compresse et la sortit de son emballage stérile, puis désinfecta la peau à l'endroit qu'il avait opté pour l'injection. Il prit ensuite la seringue, la remplit convenablement selon les indications de Kerensky et l'introduisit dans la veine. Le liquide pénétra ensuite l'organisme de la jeune femme, et Largo reposa la seringue. Il prit le pouls de Joy et attendit d'avoir un résultat positif.
Il fallut quelques secondes qui semblèrent interminables à Largo, avant que les battements cardiaques de Joy reviennent à un rythme normal. Largo poussa un soupir de soulagement en voyant la poitrine de la jeune femme se lever et s'abaisser à une fréquence régulière.
- Georgi, ça a marché, s'exclama-t-il enfin apaisé.
- Tiens bon Largo, l'ambulance arrive ainsi que la cavalerie.
- Merci.

- Largo, il faut qu'on se tire d'ici et vite, l'avertit Simon alors qu'il entrait dans la chambre et refermait la porte derrière lui. Les hommes de Guida arrivent et ils n'apportent pas le thé et les petits gâteaux.
- Joy n'est pas en état, répondit Largo.
- Oui, peut-être, mais nous n'avons pas vraiment le choix là, tu vois.
- D'accord. Est-ce que tu peux nous couvrir ?
- Pas de problème.

Largo souleva Joy et la prit dans ses bras. Joy ne se réveillait toujours pas, et ses membres semblaient totalement désarticulés. Elle était en cet instant si fragile, qu'il lui semblait qu'elle pourrait se briser. Largo s'arrangea pour que la tête de la jeune femme reposa sur son torse, afin de ne pas la voir retomber en arrière. Il sentit alors son souffle tout contre lui et en fut rassuré.

Vincente se releva péniblement. Le coup qu'il avait reçut n'avait pas été des plus gentillet. Il était resté sonné plusieurs minutes. Quand il fut debout, il avisa la situation. Largo Winch était débout au milieu de la pièce, tenant Joy dans ses bras et suivant un autre type qui lui tenait une arme. Il ouvrit rapidement un tiroir du bureau à coté de lui et en sortit un revolver.

- Ne bougez plus, cria une voix derrière Largo.
Il se retourna pour voir que Vincente les tenait en joue avec une arme. Joy dans ses bras, il ne pouvait pas sortir la sienne, mais Simon lui était libre de ses mouvements. Il se retourna et pointa à son tour son arme sur Vincente.

Soudain la porte s'ouvrir et quatre hommes armés entrèrent, menaçant Simon et Largo.
- Lâchez votre arme !, ordonna Vincente.
Simon interrogea Largo du regard et ce dernier lui fit signe d'obtempérer. Simon relâcha la pression de ses doigts sur la gâchette, puis il leva les mains. Un des hommes s'avança vers lui et lui retira l'arme de la main.
- Maintenant Largo vous allez bien gentiment reposer votre amie sur le lit et vous éloigner ensuite.
- Je ne vous laisserais pas la toucher, répliqua Largo d'un ton cinglant.
- Je crois que vous n'êtes pas en position de faire quoi que ce soit pour ça, répondit Vincente. Obéissez ! vite !
Vincente le menaça de son arme, tandis que deux hommes saisissaient Simon et le retenaient pour ne pas qu'il s'échappe. Largo se dirigea donc vers le lit et y allongea Joy, mais il ne se recula pas pour autant.
- Rejoignez votre ami maintenant.
Largo ne bougeait toujours pas.
- Ne m'obligez pas à tirer, reprit Vincente.
- Comme si nous tuer n'était pas dans vos intentions, le défia Largo.
- Vous avez raison. Je ne peux dorénavant plus vous laisser partir, répondit Vincente en levant son arme sur Largo. Adieu Monsieur Winch, ajouta-t-il.
Il n'eut pourtant pas le temps de tirer, car des policiers armés pénétrèrent dans la pièce et les mirent en joue lui et ses hommes.

Une fois les hommes de Vincente désarmés et neutralisés, Largo se pencha sur Joy.
- Où est l'ambulance ?, cria-t-il.
- Dehors, répondit un policier. Ne vous inquiétez pas les secours arrivent.
Mais Largo ne l'écoutait plus. Il reprit Joy dans ses bras et la porta jusqu'à l'ambulance. Simon le suivit, inquiet également du sort de Joy.
En passant devant Vincente que les policiers emmenaient, Largo lui jeta un regard froid.
- Considérez notre contrat comme annulé, dit-il d'une voix pleine de mépris et de rage.
Puis il reprit son chemin à travers les couloirs jusqu'à la sortie.

Dehors les ambulanciers prirent le relais et placèrent Joy sur un brancard. Largo expliqua la situation et donna le nom des substances qui lui avaient été injectée.
- Vous avez bien fait, M Winch. Mais maintenant on s'occupe d'elle, dit un ambulancier alors qu'il grimpait dans le véhicule à la suite du brancard.
- S'il vous plaît, je peux venir avec vous ?, demanda Largo qui refusait de laisser Joy seule.
- Bien. Mais vous seul, répondit l'ambulancier.
- Simon, tu peux prendre la voiture.
- T'inquiètes pas Largo, ça va aller maintenant, le rassura son ami. Je vous suis jusqu'à l'hôpital, ajouta-t-il en s'éloigna vers la voiture.
Largo monta dans l'ambulance et s'assit à coté de Joy. Il observa son visage et ses lèvres pâles, puis lui prit la main qui serra très fort dans la sienne. Les portes de l'ambulance se refermèrent et le véhicule démarra, toute sirène hurlante.




Joy ouvrit les yeux lentement. Elle se sentait encore très lasse. Ses souvenirs étaient toujours flous. Elle se rappelait la réception pour la signature du contrat, avoir ensuite raccompagné Vincente Guida à son hôtel et puis ensuite… Cardignac quelle petite ordure, elle aurait bien aimé le tuer cette fois là. Et ensuite que s'était-il passé ?
Elle fut sortit de ses réflexions par le bruit de la porte qui s'ouvrait. Trois hommes entrèrent dans sa chambre. Largo et Simon déposèrent pour l'un un bouquet de fleur et pour l'autre une boite de chocolat sur la petite table devant elle.
- Prompt rétablissement, dit Largo avec un grand sourire.
- Alors ma belle, comment te sens-tu ?, demanda Simon.
- Bien, enfin je crois, répondit Joy. Je n'arrive pas à me souvenir de ce qui s'est réellement passé.
- C'est à cause de la drogue qu'ils ont utilisée. Le Midazolam provoque des amnésies, expliqua Kerensky.
- Mais c'est terminé maintenant, déclara Largo.
- Tu es sûre ?, demanda Joy sceptique. Il lui semblait avoir déjà entendu quelque chose comme ça.
- Oui, cette fois-ci c'est bel et bien fini.
Joy sourit et les remercia pour les fleurs et les chocolats. Largo la regarda, et fut heureux de retrouver enfin ce sourire qu'il aimait tant.

FIN