E NVOUTEMENT
 




Note de l'auteur: Cross-over avec la série Charmed (saison 1 à 3)


Groupe W, au même moment
Phoebe Halliwell entra comme chaque matin dans la cuisine avec une bonne humeur empreinte sur son visage.
- Bonjour, lança-t-elle.
- Bonjour répondit Piper sur un ton tout aussi joyeux.
- Mm, bonjour, se contenta de marmonner Prue sans décoller les yeux du journal.
Phoebe fit une petite grimace et Piper hocha les épaules. La journée commençait comme tant d'autre.
Phoebe prit une tasse et se servit un café puis alla s'asseoir à la table où était déjà installé Prue.
Au bout de quelques minutes, Prue rejeta le journal et se leva.
- J'y vais, à ce soir, dit-elle en quittant la pièce.
- Wouah, elle est encore de bonne humeur, constata Phoebe ironique.
- C'est à cause de cette vente. Cela fait des jours qu'elle travaille dessus et Claire ne semble jamais être satisfaite. Elle est un peu à cran.
- Ouais, mais en attendant un peu d'amabilité ne lui ferait pas de mal.
- Jamais vous n'arrêtez de vous disputer toutes les deux, s'exclama Piper.
- Que veux-tu, c'est ça être sœur !
- Ce n'est pas ma conception de la fraternité.
- Mais toi Piper, c'est parce que tu es une perle, répondit Phoebe en souriant à sa sœur. Bon il faut que j'y aille aussi si je ne veux pas être en retard à mon cours.
- Tu peux me passer le journal avant de partir ?
Phoebe se leva et prit le journal. Mais alors qu'elle le touchait, elle sursauta et une seconde après son visage avait changé d'expression du tout au tout.
- Tu as eu une vision ? questionna Piper qui était accoutumée à ce genre de réaction de la part de sa jeune sœur.
- Oui, répondit cette dernière avant de retourner le journal dans tous les sens jusqu'à ce qu'elle trouve l'article qui l'intéressait. J'ai vu cet homme, dit-elle en désignant une photo qui occupait la moitié de la première page. Je ne sais pas encore trop bien ce que j'ai vu, mais en tout cas il était en danger.
- Bon si je comprends bien ce n'est pas encore aujourd'hui que je vais pouvoir dîner tranquillement avec Léo, se lamenta Piper.
- Écoutes n'annule pas tout de suite ton rendez-vous. Pour l'instant je pourrais aller à son hôtel et essayer de l'approcher. Peut-être aurais-je une nouvelle prémonition mais moins nébuleuse cette fois, et je pourrais ainsi savoir avec quel démon nous aurons affaire.
- Mais ton cours ?
- Tant pis, ça ne sera pas la première fois.
- Soit prudente, lança Piper alors que Phoebe sortait.
- Tu me connais !
- Justement !
Piper reporta son attention sur la première page du journal et en lu le gros titre :
Largo Winch le célèbre PDG du Groupe W en visite à San Francisco.




Simon déambulait dans les couloirs à la recherche d'une quelconque distraction. Ils n'étaient pas arrivés depuis deux heures que déjà son pote l'avait abandonné pour se rendre à un rendez-vous d'affaire accompagné comme toujours de Joy. Quant à lui il avait gentiment refusé, prétextant faire un peu de tourisme. Il avait bien l'intention de profiter des merveilles de la Californie. Justement en parlant de merveille…
Son regard se posa sur une jeune femme qui avait visiblement un problème avec le réceptionniste de l'hôtel. Simon en galant homme s'approcha alors afin de proposer son aide à cette belle autochtone, un sourire charmeur sur les lèvres.
- Excusez-moi mademoiselle, mais auriez vous un problème ?
La jeune femme se retourna vers lui et le toisa de la tête aux pieds.
- Rien que je ne puisse résoudre, répondit-elle indifférente à la tentative de drague du Suisse.
Puis elle se tourna à nouveau vers le réceptionniste.
- Écoutez, je ne suis ni une journaliste, ni une groupie. Et tout ce que je veux c'est un numéro de chambre. C'est très important.
- Désolé mademoiselle, mais j'ai reçu des consignes strictes. Personne ne doit importuner M Winch.
- Pourrais-je alors simplement savoir quand il doit revenir ?
- Désolé, répéta le groom.
- Il semblerait que vous ayez plus de difficulté que vous ne le croyez, intervint Simon.
La jeune femme ne lui accorda pas le moindre regard et continua de s'adresser au réceptionniste borné.
- Je suis une amie de M Winch, mentit-elle. Et il m'a lui-même proposé de venir le voir à son hôtel.
- Je n'ai pas été informé d'un quelconque visiteur et la sécurité est très pointilleuse, réfuta-t-il.
- C'était justement l'objet de ma visite, s'insinua Simon dans la conversation.
À son tour il s'adressa au réceptionniste sans un regard pour la jeune femme qui cette fois l'observait incrédule.
- Je suis Simon Ovronnaz, chef de la sécurité de M Largo Winch.
- Oh Monsieur Ovronnaz, je ne savais pas. Cette jeune femme demandait à voir M Winch, et j'avais pour consigne de ne laisser personne entrer.
- Vous avez très bien fait, le félicita Simon. Mais maintenant je vais m'occuper de mademoiselle.
- Bien comme Monsieur voudra.
- Si vous voulez bien me suivre, dit Simon avec beaucoup de sérieux à la jeune femme brune à coté de lui. M Winch vous attend.
- Merci, répondit cette dernière en entrant dans le jeu de cet inconnu qui venait de lui offrir son sauf-conduit. Enfin quelqu'un de réceptif.

Une fois qu'ils furent assez éloignés de la réception, la jeune femme prit la parole.
- Pourrais-je savoir pourquoi vous avez fait cela ?
- Et bien disons que je suis curieux de connaître les amies de mon ami. Peut-être même devant un verre, qu'en dites-vous ?
- Pourquoi pas, répondit la jeune femme. Après tout s'il pouvait l'aider à approcher suffisamment de Largo Winch.
Deux minutes plus tard, ils étaient assis l'un en face de l'autre à une petite table au restaurant de l'hôtel.
- Puis-je savoir à qui ai-je l'honneur ?, demanda Simon avec beaucoup de civilité.
- Mon nom est Phoebe Halliwell.
- Phoebe. Vous permettez que je vous appelle par votre prénom ?
- Bien sûr.
- Alors dites-moi Phoebe, pourquoi vouloir absolument rencontrer Largo au point qu'un petit mensonge ne puisse vous arrêter ?
- Et qui vous dit que j'ai menti, tenta Phoebe tout en se doutant qu'il ne serait pas dupe.
- Je connais Largo depuis un bon bout de temps, et croyez moi il n'aurait certes pas oublié de me parler de vous. Vous ne me semblez pas être une femme qu'on oubli.
La flatterie, tient donc ! Il n'était pas nécessaire d'être une sorcière expérimentée pour voir clairement dans son avenir à celui-là, pensa Phoebe.
- Allez-vous réellement me présenter M Winch, ou bien allez-vous vous contenter de m'inviter à dîner ?
- On pourrait commencer par le dîner puisque Largo est en rendez-vous pour l'instant.
- Il est tout juste 16 heures, c'est un peu tôt pour un dîner.
- Alors disons un petit goûter !
- Vous êtes plutôt tenace dans votre genre.
- C'est ce qui fait mon charme.
Cette fois l'ambiance était plutôt bonne enfant. Et Simon l'invita à monter dans la suite qui leur été réservé. Et chose étonnante, elle accepta !




- J'ai fouillé toute la pièce, touché tous ce qui avaient de prés ou de loin une relation avec ce Largo Winch, mais je n'ai pas eu la moindre petite prémonition, expliqua Phoebe en retrouvant Piper dans le salon.
- Je t'avais pourtant dis de ne rien faire d'imprudent, la gronda Piper. Et toi tout ce que tu trouves à faire c'est de suivre ce parfait inconnu sous un prétexte bidon.
- C'était le seul moyen d'approcher suffisamment.
- Peut-être, mais ça n'a pas servit à grand chose, puisque tu n'as rien appris de plus.
- Je ne dirais pas ça, reprit Phoebe. Cet homme est mieux protégé que le Président lui-même. Il ne va pas être facile à surveiller sans attirer l'attention de son propre service de sécurité.
- J'ai prévenu Prue. Elle ne devrait plus tarder à rentrer.
- Bien alors en l'attendant, je vais essayer de trouver tout ce que je peux au sujet de cet homme sur Internet.

La porte de l'entrée claqua et quelques seconde après Prue entrait dans le salon et se laissait tombé sur le canapé visiblement de très mauvaise humeur.
- Alors qu'est-ce qui se passe encore ?, demanda-t-elle énervée.
- Ce matin j'ai eu une prémonition au sujet de cet homme, annonça Phoebe en tendant le journal du jour à sa sœur aînée.
- Largo Winch, et bien dit donc, cette fois ce n'est pas n'importe qui ! Tu sais quel démon lui en veut.
- En fait je ne suis pas sûr qu'il s'agit d'un démon. Ma vision était assez floue. Elle n'a duré que près peu de temps, et je n'ai pas vu grand chose.
- Si je te suis bien, tu m'as fais quitter mon travail, annuler un rendez-vous plus qu'important pour m'annoncer que tu ne sais rien.
Phoebe choisit délibérément de ne pas répondre. Elle savait que cela ne servirait à rien. En fait Prue n'était pas vraiment énervée contre elle, mais plutôt contre son travail. À voir sa tête il était facile de comprendre que sa patronne avait encore dû lui mettre des bâtons dans les roues.
Le silence qui s'en suivit fut finalement interrompu par l'arrivé d'un visiteur.
Prue se leva pour aller voir qui pouvait bien venir frapper à cette heure, puisqu'elles étaient toutes sensées être absentes.

- Oh ! Excusez-moi, j'ai du me tromper, s'exclama le petit brun en la voyant.
Prue allait refermer la porte quand l'inconnu après l'avoir dévisagé plus qu'avec insistance s'écria :
- Oh mais, vous devez certainement être une de ses sœurs ! Vous vous ressemblez énormément. Aussi jolies l'une que l'autre.
- Je vous demande pardon, mais puis-je savoir qui vous êtes et de qui vous voulez parler ?, demanda Prue irritée par cette intrusion.
- Mon nom est Simon Ovronnaz. Je suis venu voir votre sœur Phoebe.
- Phoebe ? !, s'étonna Prue.
- Oui, oui.
Prue prit le temps de le détailler de la tête aux pieds. Il n'était absolument pas le style d'homme que fréquentait habituellement Phoebe. Malgré tout elle finit par appeler sa jeune sœur.
- Phoebe, c'est quelqu'un pour toi.
- Qui est-ce ?, demanda cette dernière en arrivant dans l'entrée.
Elle s'immobilisa en découvrant Simon sur le seuil de la porte.
- Nous avions parlé d'un dîner il me semble ?, interrogea Simon, brisant ainsi le silence.
- Euh, et bien c'est à dire que… commença Phoebe.
- Allez ! Je ne suis en ville que pour peu de temps. J'ai besoin d'un guide pour visiter les endroits intéressants, qu'en dites-vous ?
- C'est que…
Elle s'interrompit en voyant que Simon ne bougeait plus. Elle se retourna et vit Piper les mains toujours en suspend. Elle venait d'arrêter le temps.
- Qu'est-ce qui t'a prit de lui donner notre adresse ? lui demanda-t-elle.
- Je ne lui pas donné, se défendit Phoebe.
- Alors comment il t'a retrouvé ?
- Je t'ai dit que ce Largo Winch disposait du meilleur service de sécurité. Et bien il possède aussi de très grand moyen.
- Bon ça ne nous dit pas comment nous débarrasser de lui, annonça Prue en désignant le pauvre Simon toujours immobile sur le perron.
- Je pourrais aller dîner avec lui et essayer d'en savoir un maximum sur l'emploi du temps de son ami pour demain. Ça nous permettrait de le suivre sans être repérée.
- Je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée.
- Oui, mais c'est tout ce que nous avons pour l'instant.
- Bon d'accord, finit par accepter Prue.
- Piper à toi de jouer !
L'intéressée leva de nouveau les mains et d'un rapide mouvement permit au temps de s'écouler normalement.

- Et bien allons-y !, répondit enfin Phoebe à l'invitation du Suisse.
Simon ravi, lui tendit son bras pour l'escorter jusqu'à la voiture de location.

Prue et Piper restèrent sur le seuil à regarder la voiture s'éloigner avant de refermer la porte.
- On devrait peut-être demander à Léo de la surveiller, déclara Prue tout à coup.
- Tu crois qu'il peut lui arriver quelque chose ?
- Je ne sais pas, mais avec Phoebe on ne sait jamais. Mieux faut être prudent : Nous ne savons pas encore à quel démon nous avons affaire.
- S'il s'agit bien d'un démon !
- Oui. J'ai horreur de ne pas savoir contre qui on doit se battre, s'énerva Prue.
- Je vais appeler Léo, dit Piper en allant dans le salon.
Prue la suivit aussitôt.
- Léo ?, appela Piper. Léo ?
Alors un petit nuage bleu se forma devant elle et bientôt Léo se matérialisa.
- Qu'y-a-t-il ?
- Phoebe est sortit, et nous voudrions que tu la suives pour t'assurer qu'il ne lui arrivera rien.
- Je ne suis pas sûre qu'elle apprécie d'être surveillé pendant un rendez-vous, s'avança Léo.
- Ça n'a rien à voir avec un rendez-vous galant. Elle suit une piste sur une prémonition qu'elle a eu ce matin.
- Quelle prémonition ?
- En fait, nous n'avons rien de concret pour l'instant, expliqua Prue. Mais nous avons toutes les raisons de croire que le milliardaire, Largo Winch est en danger.
- Un démon ?
- Phoebe n'en est pas certaine.
- Bien je vais la surveiller discrètement.
- Je n'en attendais pas moins de ta part, murmura Piper en l'embrassant.
Puis Léo disparut de la même façon dont il était arrivé.
- Je déteste quand il fait ça !, s'exclama Piper.




Joy sortit enfin de sa chambre, elle venait de prendre une douche et s'était changée. Elle n'était pas mécontente que la journée soit enfin terminée. La réunion de Largo s'était éternisé, et alors qu'elle attendait dans ces couloirs surchauffés, elle n'avait eu plus qu'une envie, prendre une bonne et longue douche fraîche.
En entrant dans le salon de la splendide suite, elle retrouva Largo qui visiblement sortait également de la douche. Il avait troqué son costume 3 pièces par un jean et un T-shirt. Il était installé nonchalamment sur le canapé, les pieds reposant sur la table basse. Ses yeux étaient fermés comme s'il s'était endormit.
- Tu sais où est Simon ?, demanda-t-il sans ouvrir les yeux, prouvant ainsi qu'il ne dormait pas.
- Il est sortit dîner.
- Et il ne nous a même pas attendu !
- Il m'a bien fait comprendre qu'il n'était pas seul.
- Oh ! Et de qui s'agit-il, cette fois-ci ?, plaisanta le jeune milliardaire.
- D'une jeune femme aussi énigmatique que belle, répondit Joy en imitant Simon.
- Et où l'a-t-il rencontré ?
- Ici, à la réception. Visiblement elle cherchait à te rencontrer. Elle s'est même fait passer pour une amie que tu aurais invitée, pour essayer d'entrer.
- Et qui te dit que je ne la connaissais pas ?
- Simon a fait son enquête, alors à moins que tu aies oublié de lui parlé d'elle, ce que doute Simon, sinon je le cite : il se charge de t'étrangler pour lui avoir caché une si charmante femme ; d'après lui tu ne la connais pas.
- Comment s'appelle-t-elle ?
- Demande à Kerensky, Simon l'a appelé cet après-midi pour qu'il lui trouve son adresse.
- Que dirais-tu de manger un morceau plutôt ? Je meurs de faim.
- Pourquoi pas ?
- Si on se faisait livrer par le service d'étage. Je suis trop fatigué pour sortir.
- Largo serais-tu devenu pantouflard, se moqua Joy gentiment.
Le jeune homme répondit par un sourire charmeur, puis il prit la carte et la tendit à Joy.
- De quoi as-tu envie ?, demanda-t-il tout en composant le numéro du room service.
Joy étudia un instant le menu avant de faire son choix. Largo répéta scrupuleusement les plats sélectionnés, ajouta sa propre commande et demanda en plus une bouteille de champagne. (pas d'arrière pensée, SVP. Ce n'est pas un remake de Nuit d'Ivresse J, quoi que ça pourrait y ressembler! ! !).

Plus tard dans la soirée, alors qu'ils discutaient tranquillement assis sur le canapé, tout en sirotant une coupe de champagne, Joy se mit à frissonner.
- Je crois que le système de climatisation doit être déréglé, dit-elle en se couvrant avec sa veste. Il fait un froid de canard tout à coup.
- Tu as raison, on aurait dit qu'un vent froid venait de traverser la salle.
- Je vais voir si toutes les fenêtres sont bien fermées, reprit Joy d'un ton très professionnel.
- Je vais jeter un œil sur le thermostat.
En revenant de leur petite inspection, aucun d'eux ne s'aperçut de la présence de deux ombres qui voltigeaient au-dessus du canapé. Ils s'y rassirent et reprirent leur soirée là où ils en étaient.
Soudain les deux ombres plongèrent vers eux et sans qu'ils ne les voient, pénétrèrent dans leurs corps.
Joy sentit un froid intense pénétrer son organisme, elle eut ensuite le sentiment étrange de tomber dans un gouffre sans fin. Elle ferma les yeux, mais quand elle les rouvrit, ce n'était plus elle qui était aux commandes de son corps.

Largo et Joy se regardèrent longuement sans un mot, comme s'ils se retrouvaient en face l'un de l'autre après de longues années de séparation. Puis brusquement ils s'enlacèrent et s'embrassèrent avec passion.




Au même instant dans le manoir des Halliwell, la vieille pendule du salon se mit à sonner. Les douze coups de minuit se répercutèrent dans le silence. Prue sursauta, se réveillant brusquement. Son mouvement soudain tira Piper du sommeil. Elles se redressèrent sur le canapé, et attendirent que Phoebe veuille bien rentrer de sa soirée.

Une demi heure après, elles entendirent enfin la clé tourner dans la serrure et Phoebe apparut sur le seuil du salon moins de deux minutes plus tard.
- Alors cette soirée, l'interrogea aussitôt Prue.
- Rien de particulier. Largo Winch doit se rendre à un nouveau rendez-vous avec un PDG local pour signer un contrat dans la matinée et ils reprennent l'avion en début de soirée, répondit Phoebe.
- Bien alors s'il doit se passer quelque chose se sera demain matin, constata Prue.
- Ou cette nuit, lança Piper.
Ces deux sœurs lui jetèrent des regards pas très sympathiques, exprimant leur mécontentement.
- L'ennui c'est que nous ne pouvons rien faire pour l'instant. Il est impossible d'approcher de la suite. Il y a des gardes et des caméras partout.
- Et puis il ne faut pas oublier que désormais les Fondateurs sont au courant de la prémonition de Phoebe. Au moindre problème cette nuit, ils enverront Léo nous prévenir, déclara Prue. Alors, allons nous coucher, car demain une dure journée nous attend. Nous devrons suivre M. Winch dans tous ces déplacements.




Simon avait décidément passé une excellente soirée. Cette fille avait vraiment quelque chose de spécial. Toutefois il était à regretter qu'ils aient autant parlé de Largo. Nullement offensé par cette petite ombre, il décida d'aller raconter sa soirée à son ami.
Dans la suite, il n'y avait pas un bruit, pas une lumière. Visiblement ses amis étaient déjà allés se coucher. Sans se demander s'il allait le réveiller, Simon se dirigea vers la chambre de Largo.
Quand il ouvrit la porte, il resta cloué sur le seuil, bouche bée. Incapable d'articuler un mot, il referma la porte aussitôt et se précipita dans sa propre chambre pour se laisser tomber sur son lit, complètement abasourdit par ce dont il venait d'être le témoin.
Largo et Joy ! Joy et Largo ! Tous les deux ! Comment était-ce possible ?
Mais ils ne s'étaient pas aperçut de son intervention. Mieux valait-il ne rien dire. Largo n'apprécierait certainement pas, et Joy encore bien moins. Peut-être que Largo se confierait-il lui-même une fois revenu de son rendez-vous d'affaire. Simon l'espérait. Il avait hâte de savoir ce qui les avaient enfin décidés tous les deux. On peut dire qu'il en avait mit le temps, pensa-t-il au moment de s'endormir.




Simon n'avait pas accompagné son ami pour le rendez-vous, il ne pourrait donc pas la reconnaître, fut rassurée Phoebe alors que le 4 X 4 de Prue suivait de loin la limousine où s'étaient installés Largo Winch et une jeune femme.
Peu après ils arrivèrent devant un grand immeuble, le siège d'une des plus grandes sociétés détentrices de casino. Winch et la femme qui l'accompagnait descendirent de voiture et entrèrent dans le bâtiment précédé par un agent de la sécurité. Les trois sœurs Halliwell, restèrent dans leur véhicule et se garèrent un peu plus loin pour ne pas être repérées.
- Il faudrait trouver une solution pour entrer, dit Phoebe. J'ai un mauvais pressentiment.
- Je pourrais aller voir, proposa Prue. Je me projette quelque part dans le bâtiment et je surveille ce qui s'y passe discrètement.
- C'est une bonne idée, intervint Piper. Seulement tu ignores combien de temps tu pourras utiliser ton don d'ubiquité, et puis on aura besoin de toi en pleine forme si on doit combattre un démon.
- Piper a raison, nous allons avoir besoin du Pouvoir des Trois.
- Alors il reste Léo !
Soudain Phoebe sursauta.
- On n'a plus le temps, dit-elle. Il va falloir agir tout de suite. Je viens d'avoir une nouvelle prémonition, et j'ai vu un homme menacer Winch d'une arme.
- Bien alors on y va. On entre, Piper tu figes les gardes à l'entrée et on retrouve Winch avant qu'il ne soit trop tard.
Piper et Phoebe approuvèrent d'un hochement de tête le plan de leur aînée, et elles descendirent en même temps de voiture.




- Ce n'est pas possible, ce ne peut pas être vrai !, s'écria le PDG.
- Il est tant pour vous de payer, annonça Winch d'une voix grave.
- Non, vous ne pouvez pas être là ! Vous êtes morts !
- Nous sommes revenus pour vous faire expier vos crimes, déclara la voix de Joy.
- NON, cria cette fois le PDG tout en reculant vers son bureau.
Il ouvrit un tiroir et en sortit une arme qu'il pointa sur celui qui aurait dû être Largo Winch. Il allait tirer quand la porte s'ouvrit violemment et son doigt s'immobilisa sur la gâchette.

Piper avait réagit au quart de tour. Elle avait immédiatement figé la pièce. Les trois sœurs furent soulagées d'être arrivées à temps. Mais elles durent cependant faire face à un événement inattendu.
En effet Winch et la femme n'étaient pas figés !
Ce pourrait-il que Phoebe se soit méprise sur l'interprétation de sa vision et que ce Largo Winch et sa compagne soient les véritables démons ? Mais alors pourquoi n'étaient-ils pas figés ?

- Je crois qu'on va avoir besoin d'une autre explication, ironisa Prue.
- Seul les bonnes sorcières ne peuvent pas être figées par mon pouvoir, avança Piper. Alors qui êtes-vous ?
- Nous ne sommes pas des sorciers, expliqua Winch. En fait nous ne sommes même pas réels. Nous sommes comme qui dirait des esprits.
- C'est pour cela que mon pouvoir est inefficace, car vous n'êtes pas vivant.
- Mais les personnes qui sont en face de nous, sont bien réelles elles !
- Nous avions besoin de corps pour pouvoir agir, expliqua la jeune femme. Nous attendons depuis si longtemps.
- Qui êtes vous ? Enfin je veux dire qui étiez-vous ? Et que voulez-vous maintenant ?
- Mon nom est Antony Potter et voici ma femme Catherine. Je travaillais pour M. Emme avant d'être assassiné. J'avais découvert qu'il utilisait les casinos pour blanchir l'argent de trafiquant de drogue. J'avais prévu d'en informer la police, mais j'ai été tué auparavant.
- C'était le jour de notre mariage, continua la jeune femme en étouffant un sanglot. Une bombe placée sous notre lit a explosé quand nous y sommes couchés.
Son mari en la personne de Largo Winch, posa une main réconfortante sur son épaule, et elle se laissa à pleurer dans ses bras.
Prue fit signe à ses sœurs de la suivre à l'écart pour leur parler.
- Comment être sure de ce qu'ils disent ?
- Nous n'avons pas le temps de faire des recherches approfondies. Le temps ne restera pas figé éternellement.
- Je pourrais peut-être essayer d'avoir une vision de leur vie passée, proposa Phoebe.
- Tu crois que tu peux y arriver ?, s'inquiéta Piper.
- Je vais essayer.
- Concentres-toi, et oublies tout ce qui est autour de toi. Tu dois faire le vide absolu pour y parvenir, la conseilla Prue.

Phoebe s'approcha des deux esprits et leur prit chacun une main. Elle ferma les yeux et laissa les images défiler dans sa tête. Soudain elle vit une église, une femme en robe de mariée, un homme lui glissant une bague à l'annulaire ; puis vint ensuite une chambre, un lit, le même couple s'embrassant, et se couchant sur le lit ; enfin une énorme explosion, le feu, et dans le nuage de cendre qui en résultait, le visage du PDG apparut.

Phoebe rouvrit les yeux et sourit tristement au couple.
- Je suis désolé pour ce qui vous est arrivé, dit-elle. Je sais que ce que vous nous avez dit est vrai.
- Alors si je comprends bien vous êtes ici pour vous venger, intervint Prue.
- Tuer cet homme, ne vous aidera pas à retrouver le repos, dit Piper. Au contraire.
- Nous ne voulions pas le tuer. Tout ce que nous désirions c'est qu'il paie pour ce qu'il a fait, et pas seulement pour nous, car beaucoup d'autre sont morts par sa volonté, expliqua Antony Potter.
- Il faudrait le forcer à avouer ses crimes et enregistrer ses confessions, proposa Prue.
- Jamais il n'acceptera d'avouer.
- Peut-être qu'on pourrait l'en convaincre, répondit Prue avec un sourire confiant.
Elle avait un plan.

Quelques minutes suffirent pour tout mettre en place. Prue redonna une dernière fois la marche à suivre :
- Bien dès que nous nous serons cachées, Piper débloquera le temps. Ensuite vous deux, vous ferez en sorte de le pousser à bout de nerf, et à avouer son crime. Tout sera alors enregistré sur cette cassette, dit-elle en cachant un dicta phone sous le bureau. Pour votre sécurité, je vais lui prendre son arme, ajouta-t-elle.
Alors le revolver du PDG s'envola de sa main pour atterrir dans celle de Prue.
- Ne vous en faîte pas, au moindre problème Piper arrêtera immédiatement le temps.
Elles sortirent toutes trois de la pièce et Piper avant de refermer la porte, libéra le PDG de l'emprise de son pouvoir.


M Emme, voulut tirer mais son arme avait disparut. Il commença à paniquer, et fouilla les tiroirs de son bureau à la recherche de son arme. C'est alors qu'Antony Potter prit la parole.
- Vous ne vous en sortirez pas aussi facilement cette fois. Tout votre argent ne pourra pas vous aider. Vous allez devoir expier vos crimes.
- Je n'ai rien fait, tenta de se défendre le PDG.
- Vous avez ordonné notre assassinat, l'accusa Potter.
- Vous ne pouvez pas le prouver.
- Nous ne sommes pas là pour vous juger, mais pour vous punir. Nous savons déjà que vous êtes coupable.
- Vous n'êtes pas réel, cria Emme. Vous ne pouvez rien me faire.
- Je n'en serais pas si certain si j'étais vous.
Tout à coup la lampe posée dans un coin du bureau explosa, suivit aussitôt par le vol à travers toute la pièce des dossiers et divers objets qui s'y trouvaient posé également.
Emme prit peur, et recula tout contre le mur. Il attrapa son coupe-papier qui avait atterrit à ses pieds, et en menaça le couple.
- Si vous approchez je vous tue !, hurla-t-il au bord de l'apoplexie.
Le défiant, Largo et Joy, enfin Antony et Catherine Potter, avancèrent lentement vers lui. Le PDG recula encore jusqu'à ce que ses pieds touche le mur.
- Je vais vous tuer Potter, hurla-t-il de nouveau. Je l'ai déjà fait une première fois, je peux très bien recommencez. Jamais vous ne détruirez ce que j'ai mis tant d'année à construire, jamais ! Cet argent est à moi, et peu importe sa provenance, je ne vous laisserais pas me le prendre.
Dans un instinct de conservation, il se jeta sur Largo, le coupe papier prêt à faire son œuvre. Mais sa victime fut plus rapide, il bloqua son attaque et retournant son bras, l'obligea à lâcher son arme improvisée.
Une seconde après les trois sœurs Halliwell entraient dans la pièce figée par Piper.

- Et bien on dirait que vous avez réussit, annonça Prue en retirant le dicta phone de sa cachette et en vérifiant l'enregistrement :
Je vais vous tuer Potter, je l'ai déjà fais une première fois, je peux très bien recommencez.
- Avec ça, la police pourra ouvrir une enquête et mettre en lumière tous les méfaits de cet homme, approuva Phoebe.
- Nous y veillerons personnellement, ajouta Piper. Nous avons un bon ami inspecteur nous lui confierons l'enregistrement.
- Que faisons-nous pour nos hôtes humains ?, demanda Antony Potter.
- Vous allez appeler de l'aide et dire que Emme à perdu la tête et à voulu vous tuer. Bien sûr vous avez réussit à le neutraliser, et à l'attacher à son fauteuil. Le fait qu'il s'obstinera à vous appeler par vos noms et non par ceux de vos hôtes, confirmera qu'il est devenu fou et il sera sûrement interné jusqu'au début de son procès. Une fois que la police vous aura laisser partir, rejoignez-nous à cette adresse et nous vous aiderons à repartir, exposa Prue.
Elle leur tendit une feuille où elle avait rapidement noté les coordonnées du manoir. Puis elles sortirent rapidement avant que la police n'arrive.




- Tout s'est passé comme prévu. La police a fait arrêter Emme qui n'a pas cessé de divaguer sur des fantômes venus se venger, annonça Antony Potter.
- Tout le monde est persuadé qu'il a perdu la raison, continua Catherine.
- Parfait. De notre côté, nous avons remit l'enregistrement à l'inspecteur Morris qui va aussitôt ouvrit une enquête. Emme ne devrait pas tarder à faire un séjour en prison.
- Merci.
- Bien, maintenant il ne nous reste plus qu'à vous renvoyer dans votre monde, déclara Phoebe. J'ai préparé une formule pour cela. Vous êtes prêts ?
- Juste un petit instant, demanda Antony tout en prenant sa femme dans ses bras.
Ils s'embrassèrent et ne semblèrent plus vouloir se séparer. Les sœurs Halliwell détournèrent la tête pour leur laisser cet instant d'intimité. Puis le jeune couple s'écartèrent à regretter et firent face aux trois sorcières qui les avaient aidés.
- Maintenant nous sommes prêts, annonça Catherine. Sa main n'avait pas quitté celle de son époux.

Prue et Piper se rapprochèrent de Phoebe pour lire avec elle la formule :
- Esprits si tourmentés,
que le repos vous ne pouvez trouver,
que par cette confession ici révélée,
soyez désormais apaisés.
Quittez ces hôtes mortels,
et retournez vers le monde de l'éternel.

Deux petites ombres s'échappèrent des corps de Largo et de Joy, et s'envolèrent. Elles tournoyèrent quelques secondes dans l'air avant de traverser un petit vortex qui venait de s'ouvrir. Puis le passage se referma, et les ombres disparurent.




Dans l'avion qui les ramenaient vers New York, les trois amis ne dirent pas un mot.
Simon était vexé que Largo ne lui ait pas encore parlé, et avait décidé de faire vœux de silence, chose combien exceptionnelle !
Largo et Joy ne s'étaient pas encore parlés non plus, et se contentaient de petits regards en coin par-ci par-là quand l'autre ne regardait pas. Plusieurs fois pourtant, leurs regards se croisèrent mais à chaque fois l'un d'eux détournait les yeux.
C'était donc un silence gêné qui les accompagna tout au long du trajet. Même les interventions de Kerensky, et de Sullivan, n'avaient pus détendre l'atmosphère.

Un peu plus tard, alors qu'ils approchaient enfin de l'aire d'atterrissage du terminal de la Winch Air, un jeune garçon continuait sa distribution avec le même geste rapide et précis. Sans même arrêter son vélo, il lança pour l'énième fois depuis le lever du soleil le quotidien soigneusement plié. Le journal atterrit sur la pelouse en bas des marches du perron du vieux manoir. En première page s'étalait en grosses lettres le titre suivant :

Le PDG Edouard Emme, arrêté pour meurtre.

FIN