F IEVRE
 




Note de l'auteur: Bon voici un nouveau délire Joy/Largo sortit tout droit de mon imagination.
Alors, on reprend les mêmes que dans L'Anniversaire, et on recommence.
Mais cette fois on inverse les rôles.
A vous de juger du résultat.
Comme toujours les commentaires sont les bienvenus !


...
Simon déambulait dans les couloirs du groupe W. Il ne savait pas vraiment où il allait, ni pourquoi il y allait, mais une chose était sûre : il y allait ! Tout à coup il se retourna, entendant une quinte de toux qui annonçait l'arrivée de Joy. Il la vit s'approcher de lui, et constata qu'elle était encore plus blême que la dernière fois qu'ils s'étaient croisés, une heure plus tôt.
- Oh, là, là ! T'es vraiment pas bien toi, s'exclama Simon.
- Merci pour cette formidable constatation, répondit Joy, irritée.
- Tu devrais peut-être rentrer te coucher, proposa Simon.
- Et te laisser tout seul pour assurer la protection de Largo ! Autant laisser la porte ouverte en sortant avec un écriteau : Ce soir entrée libre pour les terroristes.
- Tu ne me crois pas capable de m'occuper de la sécurité, s'offusqua gentiment Simon.
- Non, pas le moins du monde, le défia-t-elle.
- Bon d'accord, mais si tu continues, ce n'est pas des terroristes dont Largo devra se méfier, mais d'une pneumonie, l'attaqua-t-il à son tour.
- Simon, ce n'est pas un petit rhume qui va m'empêcher de faire mon boulot, OK.
- Oh ! Moi si je dis ça, c'est parce que tu n'as vraiment pas l'air bien. Tu es plus blanche qu'un cachet d'aspirine. En parlant d'aspirine, tu n'en voudrais pas une ?
- Non merci, je viens juste de prendre un comprimé d'Ibuprofène, l'aspirine n'étant plus assez forte.
- Si tu veux, je peux te préparer un petit remontant. Rien ne vaut un bon petit grog pour se débarrasser des mauvais microbes !, s'exclama-t-il.
- Je doute que l'alcool puisse remédier à mon rhume, désolé, déclina Joy.
- Tant pis, tu ne sais pas ce que tu rates.
- Je pense que je m'en remettrais, plaisanta-t-elle.

Alors qu'elle allait s'éloigner, elle fut prit d'un vertige et dû s'appuyer au mur pour ne pas tomber.
- Hé !, s'écria Simon en la rejoignant et en la retenant par le bras. Bon cette fois pas d'excuse, tu vas m'écouter et aller t'allonger.
- Simon ça va mieux. Ce n'était rien…
- Non, non, l'interrompit le Suisse. J'ai dit pas d'excuses. Viens !

Simon entraîna Joy vers l'ascenseur, en la soutenant. Il l'obligea à le suivre dans l'une des suites réservées aux invités du groupe W, et la fit s'asseoir sur le canapé pendant qu'il se dirigeait vers la cuisine.
Il revient quelques minute plus tard avec une tasse fumante à la main.
- Tiens, bois, ça te fera du bien.
- Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée…
- Taratata, l'interrompit Simon avec un geste vague de la main. Ici c'est toi la malade, alors tu écoutes ce que dit Docteur Simon.
- Oh mon dieu! Je sens que je vais avoir besoin d'une ambulance d'ici peu.
- Bois !, ordonna Simon. Tu te plaindras des soins après.

Joy porta la tasse à ses lèvres et bu une gorgée du liquide fortement aromatisé au Rhum.
- Beurk !, grimaça-t-elle. On ne t'a jamais dit qu'un grog ne se composait pas exclusivement de Rhum et d'autres alcools en tout genre.
- Non, répondit tout naturellement Simon.

Avant qu'ils n'aient pu continuer cet intéressant débat culinaire, le téléphone portable de Simon sonna. Il décrocha rapidement tout en gardant un œil sur Joy et en lui intimant l'ordre de boire de nouveau.

- Largo ? …Dans une des suites avec Joy… Hé! doucement, je n'ai rien fait. Elle est malade, je lui ai juste proposé de se reposer… tu connais Joy, le travail avant tout.

Joy regardait Simon, parler d'elle avec Largo comme si elle n'était pas là, ce qui commençait sérieusement à l'énervée. En plus sa tête s'était remise à tournée, et l'alcool n'arrangeait rien. Elle se sentit soudain très fiévreuse, mais ne voulant pas avoir Simon sur le dos continuellement, elle décida d'afficher au maximum un visage serein.

- …tu as raison, on ne sera pas trop de deux… D'accord.

Tout en continuant à parler, Simon s'était levé, et se dirigea vers la porte de la suite qu'il ouvrit pour laisser entrer Largo. Largo entra et d'un pas rapide rejoins le canapé où Joy était toujours assise la tasse offerte par Simon dans la main. Dès qu'il la vit, il remarqua ses joues en feu et son visage pâle.

- Joy, comment te sens-tu ?, demanda-t-il visiblement inquiet.
- Ça va, ça va. C'est juste un petit rhume, répondit-elle exacerbée par tant de maternage.
- D'après ce que j'en vois, c'est plus qu'un simple petit rhume, répondit Largo.
- Ce n'est rien, ça va passer, insista Joy qui voulait qu'on la laisse tranquille.
- Joy tu as de la fièvre, dit Largo en posant sa main sur le front brûlant de la jeune femme. Tes mains sont moites, et tu trembles comme une feuille, continua d'énumérer Largo.
- Largo, protesta Joy, mais ce n'était plus qu'une simple formalité.

Largo prit la tasse des mains de Joy, qu'elle tenait d'ailleurs si faiblement que celle-ci menaçait de se renverser à tout moment, et la posa sur la table basse, tout en grimaçant de dégoût à l'odeur du Rhum. Puis il se pencha vers la jeune femme pour la prendre dans ses bras.
- Largo, qu'est-ce que tu fais, protesta-t-elle.
- Je t'emmène au lit, répondit-il le plus naturellement possible.
- Quoi ? ! Non mais il en est hors de question, je suis assez…
- Pas de jérémiades. Tu vas te reposer, c'est un ordre !, dit-il fermement mais gentiment.
- Largo, je peux marcher, insista Joy mal à l'aise.
- Ça je ne crois pas, affirma Largo.

Joy sut qu'elle n'aurait pas gain de cause, soupira et se laissa porter jusqu'à la chambre. La fièvre avait encore grimpé de quelque degré, mais Joy ne savait plus très bien si cela était dû à son état, ou bien au fait qu'elle se trouvait dans les bras de Largo et que ce dernier la conduisait jusque dans une chambre. Instinctivement elle rechercha la chaleur de son corps, et se blottit tout contre son torse, fermant les yeux pour faire face au flot de sensations étranges qui la submergeait.

Largo tenta de faire abstraction du corps de Joy contre le sien, de ses cheveux qui caressaient son cou, de son souffle qui l'effleurait. Il reporta son attention sur Simon qui le précédait pour lui ouvrir la porte de la chambre. Ils entrèrent et Largo se dirigea aussitôt vers le lit où il déposa Joy, après que Simon ait repoussé les couvertures.

- Hum, gémit Joy, alors que Largo l'allongeait sur le matelas et s'éloignait d'elle. Instinctivement elle posa sa main sur son bras, comme pour le retenir près d'elle, puis sa main glissa lentement pour retomber sur le lit.

- Il faudrait la déshabiller, dit Simon. Pour qu'elle soit plus à l'aise, rajouta-t-il rapidement devant le regard noir de son ami.
- Il faudrait aussi faire baisser sa température. Il nous faut du paracétamol et un linge humide.
- J'y vais, répondit Simon. Toi, tu t'occupes de la déshabiller, lança-t-il à Largo en quittant la chambre.

Une fois seuls, Largo se tourna de nouveau vers Joy qui n'avait pas rouvert les yeux. Il se pencha et commença à lui retirer ses chaussures, puis il s'assit sur le lit et prit Joy dans ses bras pour lui retirer sa veste. La tenant toujours contre lui, il entreprit de défaire les boutons de son chemisier. Ses mains tremblaient légèrement et il dût batailler pendant quelques minutes. Enfin il fit glisser le tissu le long des bras de la jeune femme et le chemisier atterrit bientôt sur une chaise près du lit. Il garda plus que nécessaire la jeune femme dans ses bras avant de la reposer sur l'oreiller.

Joy tremblait de la tête aux pieds. Son corps entier était parcourut de frissons. Etait-ce dû à la fièvre, ou bien alors à ses mains chaudes qui la déshabillaient ? Joy sentait qu'elle commençait à délirer totalement. Après tout ce petit rhume n'était pas aussi bénin qu'elle l'avait cru.

Les mains de Largo descendirent vers la taille de la jeune femme. Il détacha le bouton de la ceinture de son pantalon, puis fit glisser la fermeture éclair. Ses mains tremblaient de plus en plus, si bien qu'il ne savait pas si il allait pourvoir continuer sa tâche. Il respira un grand coup, pour se donner une contenance, et parvint à faire glisser le pantalon. En chemin ses doigts frôlèrent les jambes fines de Joy, s'attardant plus qu'il ne l'aurait fallut. Son esprit aussi se mit à vagabonder vers des idées moins amicales et il resta à admirer la jeune femme.
Joy gémit sous la caresse des ses doigts, et Largo se reprit aussitôt. Il se redressa, et tira les couvertures sur elle, la recouvrant jusqu'à la tête, mais il ne put détacher son regard du visage de Joy. Lentement il se pencha vers elle pour l'embrasser, mais il n'en eut pas l'occasion car la porte s'ouvrit au même instant. Il eut juste le temps de s'écarter légèrement avant que Simon n'entre.

- Tiens, dit-il en tendant à Largo un verre d'eau et deux comprimés. Puis il posa une petite cuvette emplie d'eau sur la table de nuit dans laquelle il plongea une serviette.

Largo s'approcha de nouveau de Joy, et l'aida à se redresser.
- Joy il faut que tu avales ces cachets, lui dit-il doucement en lui donnant les comprimés apportés par Simon.
Joy s'exécuta tant bien que mal, et Largo approcha de ses lèvres le verre d'eau qui pencha pour qu'elle puisse boire. Joy n'aimait pas dépendre ainsi de quelqu'un. Elle voulut prendre le verre des mains de Largo pour boire elle-même, mais Largo l'en empêcha, aussi dut-elle se résigner à accepter son aide. Une fois les cachets avalés et le verre vidé, Largo l'aida à se recoucher.
Simon s'approcha à son tour d'elle et déposa la serviette humide sur son front.

- Voilà qui devrait l'aider à faire baisser la fièvre, dit-il en se relevant. Il faudrait veiller à ce que la serviette soit toujours humide.
- Je vais rester avec elle pour m'en occuper, déclara Largo.
- Non, je n'ai pas besoin d'un chaperon, murmura Joy dans un demi sommeil.
- psff, décidément tu fais une très mauvaise malade, se moqua gentiment Simon. Largo a raison, quelqu'un doit rester. Je viendrais te relever pour l'autre moitié de la nuit, ajouta Simon à l'attention de son ami. En attendant prend bien soin de notre petite Joy.
Sur ce il quitta la chambre et la suite, laissant Joy et Largo en tête-à-tête.

- Largo tu n'as pas besoin de rester, essaya encore une fois Joy.
- T'inquiètes, ça ne me dérange pas le moins du monde, dit Largo.
- Mais tu as un conseil demain matin, tu dois te reposer.
- Le conseil a l'habitude de mes retards, et puis je ne suis pas fatigué. Maintenant dors, ordonna-t-il gentiment chassant ainsi ses dernières protestations.
Joy sourit faiblement avant de fermer les yeux et de se laisser aller contre l'oreiller moelleux. La fièvre aidant, elle s'endormit rapidement malgré le malaise qu'elle ressentait dû à la présence de Largo à coté de son lit.
Largo s'assit sur une chaise qu'il rapprocha au maximum du lit. Il resta ensuite à observer la jeune femme tranquillement endormie, remplaçant de temps en temps la serviette sur son front. Peu à peu il s'endormit à son tour et sa tête reposa sur le lit près de celle de Joy.

C'est dans cette position que les trouva Simon quand il vint pour prendre la relève comme promis. Il réveilla doucement Largo et entreprit de le faire sortir de la chambre.
- Va te reposer maintenant, lui dit-il. Je m'occupe d'elle.
Largo qui aurait bien voulu rester fut contraint par son ami à s'en aller. Toutefois avant de partir il s'approcha une dernière fois de Joy, et déposa un léger baiser sur son front tandis que Simon replongeait la serviette dans la petite cuvette.


Joy ouvrit péniblement les yeux. Elle avait encore mal à la tête, mais la fièvre semblait être tombée. Elle se leva doucement et trouva ses vêtements posés sur la chaise. Elle les prit et se dirigea vers la salle de bain, après s'être enroulée dans le drap.

- Hé ! Où crois tu aller comme ça ?, l'interpella Simon.
- Prendre une douche et m'habiller, répondit-elle naturellement.
- Il n'en est hors de question. Tu dois rester au lit !
- Simon, je vais bien maintenant, et je refuse de rester coucher à ne rien faire.
- Joy, ne m'oblige pas à…
- Á quoi ?, le défia-t-elle. Tu crois vraiment que tu peux me forcer à faire quoi que ce soit.
-Enfin… c'est que… je …, bafouilla-t-il. Oh et puis après tout fais ce que tu veux ! De toute façon tu n'en fait toujours qu'à ta tête, répondit-il agacé qu'elle ait toujours le dernier mot sur lui.

Joy s'enferma dans la salle de bain pour n'en ressortir qu'une fois douchée et habillée. Elle retrouva alors Simon dans la cuisine qui lui tendit une tasse fumante.
- J'espère qu'il ne s'agit pas encore une fois de ton fameux grog, dit-elle en regarda la tasse d'un air méfiant.
- Non, ce n'est que du café rassures-toi.
- Alors merci.
Elle prit la tasse et s'assit. Sur la table Simon avait déposé une corbeille avec des croissants, qu'il lui tendit.
- Tu dois manger aussi.
- Oui papa, plaisanta-t-elle.


Largo releva la tête du dossier dans lequel il était plongé quand il entendit la porte s'ouvrir. Il ne fut pas surpris de découvrir Simon qui avait pour habitude de ne jamais frapper avant d'entrer dans cette pièce. Cependant il fut étonné de voir que Joy le suivait.

- Joy !, s'exclama-t-il. Tu ne devrais pas être au lit.
- Je vais mieux, la fièvre est retombée, répondit la jeune femme.
- Il serait peut-être plus prudent que tu ailles voir un médecin, proposa-t-il.
- Je vais bien je t'ai dit. Je n'ai pas besoin d'un médecin.
- Joy, je…
- Largo tu ne vas pas t'y mettre aussi, s'agaça Joy. Je n'ai nullement l'envie qu'on me materne. Je me sens bien, et je souhaite travailler normalement.
- Bien comme tu voudras, céda Largo. Mais je veux qu'au moindre signe de fatigue ou de fièvre, tu te reposes. C'est bien compris.
- Compris, répondit Joy avec un sourire victorieux.

- Bon, et bien ce n'est pas que je m'ennuie avec vous, intervint Simon, mais je crois que Kerensky m'attend. Alors je vais vous laisser. Á plus tard.
Sur ces mots, il quitta la pièce.

- Joy, l'appela Largo.
Joy qui avait regardé Simon s'en aller, se retourna pour lui faire face et vit qu'il voulait lui dire quelque chose mais il semblait mal à l'aise.
- Joy, répéta-t-il. Pour cette nuit…tu sais quand je… enfin quand tu étais fiévreuse et que j'ai dû…
- Me déshabiller, termina pour lui Joy.
Largo fut surpris par la facilité avec laquelle elle avait dit ça. Il l'observa et admira son calme et son indifférence, pourtant il lui semblait lire dans son regard qu'elle n'était pas aussi impassible que ça.
- Euh, oui, acquiesça-t-il.

Joy sut qu'il fallait qu'elle agisse si elle ne voulait pas se retrouver dans une situation qui lui aurait été impossible à contrôler ensuite. Elle s'approcha donc d'un pas mesuré du bureau de Largo, et posant ses mains dessus pour prendre appui, plongea son regard dans celui de Largo. Instinctivement Largo s'était reculé dans son fauteuil comme s'il s'était attendu à recevoir un coup, mais au lieu de le frapper Joy s'adressa à lui.
- Pour ce qui est de la nuit dernière, je n'étais pas vraiment moi-même. J'étais fiévreuse comme tu l'as dit, et tu as fait ce qu'il fallait faire. Alors on oublie ça, compris. Son ton était ferme et n'attendait pas de réponse.

Largo n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, que déjà elle s'éloignait et ouvrait la porte pour sortir. Une fois la porte refermée derrière elle, il soupira, s'avachit encore en peu plus dans son fauteuil et ferma les yeux. Il sourit alors qu'une image de Joy allongée sur ce lit lui traversait l'esprit. Elle était si belle…




Bon je sais, j'ai un peu (bcp !) plagié la fin de l'épisode Projet Arctique, mais bon… ça convenait parfaitement dans cette situation !