G ALA DE CHARITE
 




Note de l'auteur: Bon ça y est, je crois que je suis lancée. Je n'arrête pas d'avoir de nouvelles idées de fics, seulement je manque de temps pour les écrire. Enfin bon, en voilà une qui est terminée. Surtout n'hésiter pas à me faire part de vos commentaires. Bon ou mauvais, c'est toujours enrichissant.


...
- Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as accepté de faire un truc pareil, s'exclama Joy tandis que la limousine les conduisait Largo, Simon et elle au gala de charité.
- C'est pour une bonne cause Joy, répondit Largo. Ces enfants ont vraiment besoin qu'on les aide.
- Et un simple don ne suffisait pas !
- C'est uniquement pour une soirée. Et puis je suis sûr que ce sera très drôle.
- Oh oui ! Ça je n'en doute pas.
- Moi je trouve cette petite idée très amusante, et j'ai hâte voir combien Largo va remporter, intervint Simon avec une moue amusée.
- Oh ! Toi tu n'as qu'une idée en tête, c'est de pouvoir mater un max. de fille, le réprimanda Joy.
- Largo, comment veux-tu que je te protège lors de tels événements, dit-elle plus gravement.
- Joy, il ne va rien m'arriver ce soir. C'est une soirée très privée. Les invités sont uniquement des personnes fortunées et très puissantes alors tu penses bien que le système de sécurité doit être au point.
- Peut-être mais je n'aime pas ça.
- Ta méfiance ne viendrait pas du fait que Largo va devoir faire face à une horde de femmes qui voudront toutes l'avoir, la taquina Simon.
- Tu n'y es pas du tout, lui répondit sèchement Joy quelque peu agacée par sa remarque. C'est juste que je trouve ce genre de démarche dégradante. Il y a comme même des moyens plus appropriés pour récolter des fonds pour un orphelinat.
- C'est juste une petite folie entre milliardaires, répondit Simon.
- Justement, c'est de la folie !
Joy décrocha un regard noir à Simon et détourna la tête. Elle fixa alors le paysage qui défilait lentement devant ses yeux. New York était illuminée de toute part, et Joy se détendit devant le spectacle de ces rues débordantes de vie. Puis son regard vagabonda, pour ce poser enfin sur le reflet de Largo que lui renvoyait la vitre teintée de la limousine. Il était vraiment très élégant ce soir. Il avait revêtu un costume bleu nuit, et une chemise blanche. Il ne portait pas de cravate comme à son habitude et le haut de son col était détaché. Joy dû avouer qu'il était particulièrement séduisant et que Simon avait sans doute raison en disant que Largo remporterait beaucoup de succès. Puis soudain elle détourna le regard mal à l'aise et fit mine de ne pas avoir vu le regard de Largo posé sur elle.
Largo fixait Joy avec la même insistance qu'elle, mais lui ne s'en cachait pas. Il ne pouvait s'empêcher de la trouver séduisante dans cette robe de soirée, simple mais élégante qu'elle avait revêtit pour l'occasion. Joy et Simon avaient le devoir et le plaisir de la suivre partout où il allait. Si Simon prenait plaisir à ces cocktails mondains, Joy ne restait pas moins professionnelle et ne se laissait en aucun cas distraire. Toutefois elle savait toujours se montrer discrète et distinguée, pas comme la plus part de ces gorilles de la sécurité qui se font toujours un devoir de se faire remarquer. Encore plus quand ils sont armés ! Mais Joy n'était pas comme ça ; elle ne sortait son arme que si cela s'avérait vraiment nécessaire. Ce soir, elle avait comme à l'accoutumé gardé son arme dans son sac, bien à l'abri des regards indiscrets.
Largo sourit, puis se retourna vers Simon qui lui tapotait l'épaule pour lui signaler qu'ils étaient enfin arrivés.

Ils descendirent tous trois de la limousine et remontèrent l'allée vers le hall du palace qui avait été réservé à cette occasion. Bien sûr de nombreux journalistes étaient présents sur les lieux et ils furent assaillis par les flashs de leurs appareils photos. Certains même tentèrent de sortir des rangs pour interviewer les personnalités qui arrivaient, et Largo n'y fit pas exception. Joy toujours aussi professionnelle, écarta gentiment mais fermement l'un d'entre eux.
Ils entrèrent enfin dans le hall et furent accueillit par les personnes chargées de conduire les invitées à leurs tables. Largo et Simon suivirent donc une ravissante jeune femme blonde dans la grande salle de bal, tandis que Joy allait discrètement rejoindre un groupe d'homme dans un coin.
- Bonsoir, dit-elle.
- Mademoiselle, répondit l'un des gardes, vous ne devriez pas être là. Cet endroit est réservé à la sécurité.
- Je sais, répondit-elle sans sourciller. C'est même la raison de ma présence.
Elle lui tendit alors une carte, que l'homme observa avec surprise.
- Vous êtes…
- Oui, répondit Joy.
- Désolée, je ne pensais pas qu'une femme puisse…
- Oublier de terminer votre phrase, et j'oublierais que vous l'avez commencé, l'interrompit Joy, lassée des réactions des gens quand ils apprenaient qu'elle était garde du corps. Maintenant, si vous le permettez je vais rejoindre la salle.
- Bien sûr, répondit l'homme gêné. Passez par ici, vous n'aurez pas de problème avec les détecteurs.
- Merci, répondit Joy, avant de s'éloigner.

Joy n'eut pas de mal à retrouver Largo et Simon et alla s'asseoir avec eux.
- Alors tout est réglé, demanda Largo, habitué à ce que la jeune femme aille signaler la présence de son arme lors de telles manifestations. C'était d'ailleurs indispensable pour pouvoir entrer dans ce genre d'endroit où toutes les portes étaient gardées par des détecteurs de métaux.
- C'est bon, répondit-elle.
- Tu es arrivée à temps, annonça Simon. Tu aurais pu rater le plus intéressant.
En effet, un homme et une femme firent leur apparition sur scène sous les applaudissements du public.
- Mesdames, Messieurs. Janice et moi-même sommes très heureux de voir que vous avez été très nombreux, et nombreuses à répondre présent à cette invitation assez particulière. Je voudrais juste vous rappeler que l'intégralité des sommes récolter pendant cette soirée, sera reversé à l'association pour enfants "Sharleen Carter" à New York.
D'autres applaudissements accueillirent cette déclaration.
- Merci, merci, reprit l'homme en agitant les bras pour calmer les derniers applaudissements.
- Nous espérons que vous passerez une excellente soirée, et surtout n'oublier pas d'être généreux, termina-t-il salué par quelques rires.
- Nous allons donc sans tarder, commencer par notre premier célibataire. J'appelle Monsieur Jack Stephen, annonça la femme avec un grand sourire. Veuillez nous rejoindre M Stephen.
Un homme se leva donc dans un coin de la salle et accompagné par des projecteurs, se rendit sur scène où il embrassa la présentatrice et serra la main de son compagnon.
- Regardez Mesdames, n'est-il pas séduisant, lança le présentateur.
- Pour ce qui n'ont pas la chance de vous connaître M Stephen, vous voulez bien vous présenter, nous parler un peu de vous ?
- Bien sûr Janice, mais je vous en prie, appelez-moi Jack, répondit-il avec un sourire charmeur avant de prendre le micro qu'on lui tentait pour se présenter à l'assemblée.
Son petit discours fut lui aussi salué de quelques applaudissements polis. Puis le présentateur s'approcha de lui et levant un petit marteau comme ceux utilisé dans les tribunaux et ventes aux enchères, déclara :
- La mise à prix est à 5 000 Dollars ! Allez Mesdames, qui aura la chance de passer la soirée avec notre premier célibataire !
Puis les "enchères" commencèrent à grimper, jusqu'à s'arrêter enfin et l'heureuse gagnante fut invitée à rejoindre son chevalier servant par intérim, sur scène. Le couple s'embrassèrent, sur la joue, et retournèrent à une table sous les applaudissements.
- Allez Messieurs Dames, on est encore loin d'avoir réunit les fonds nécessaires à l'ouverture des nouveaux locaux. Alors accueillons cette fois Messieurs notre première célibataire : Mlle Lynda Barrett.

Le petit manège recommença ainsi plusieurs fois, et à chaque fois un nouveau couple se formait pour la soirée. Joy commençait sérieusement à s'ennuyer et étouffa discrètement un bâillement. Puis tout à coup elle releva la tête. La présentatrice qui se trémoussait sur scène venait de prononcer le nom de Largo. Quelques secondes après un projecteur se braqua sur leur table et Largo se leva pour rejoindre la scène. Toutefois avant de s'éloigner, il jeta un petit regard complice à Simon et à Joy.
L'arrivé de Largo fut accueillit avec beaucoup d'enthousiasme. Quand il eut finit de se présenter, ce qui dans son cas était plutôt inutile, Janice ouvrit aussitôt les enchères à 5 000 dollars comme pour tous. Celle-ci montèrent cependant très vite, et ne semblèrent plus vouloir s'arrêter. Simon manqua de s'étouffer en entendant les sommes colossales qui étaient annoncés de part et d'autre de la salle. Joy, de son coté, semblait encore plus exacerbée.
- Et bien, si j'avais su qu'il rapporterait autant !, s'écria Simon. Elles veulent toutes se l'arracher, qu'est-ce que je t'avais dit ?, annonça-t-il fièrement à Joy qui ne présentait pas le même enthousiasme.
- Tout ceci est ridicule !, s'exclama-t-elle. On dirait des harpies tellement elles braillent.
- Ne serais-tu pas jalouse ?, la taquina-t-il.
- Pas du tout. C'est juste que je trouve vraiment dégradant de s'abaisser au point de s'acheter la compagnie d'un homme.
- Oh ! Ce n'est que pour une soirée, et puis tout ça c'est pour une bonne cause.
- Peut-être, mais c'est tout de même grotesque.

Largo s'impatientait tandis que les enchères s'éternisaient. Il commença à comprendre le point de vue de Joy, et se sentit mal à l'aise sur cette scène à la merci de toutes ces femmes qui se battaient avec acharnement pour avoir la possibilité de passer le reste de la soirée uniquement avec lui. Il regretta alors de ne pas l'avoir écouter, et d'avoir accepter de jouer à ce jeu. Puis enfin le présentateur adjugea à 104 000 dollars, la plus grosse somme amassée jusque là, et une jeune femme rousse monta sur scène pour le rejoindre. Largo l'embrassa, comme y était convenu pour tous les participants, et ils quittèrent enfin la scène sous les applaudissements.

Maintenant que Largo avait quitté leur table, Joy trouva la soirée encore plus ennuyante. Simon, même commença à se ranger à cet avis. Mais heureusement les enchères touchaient à leurs fins, et ensuite viendrait le bal. Il avait vraiment envie de se lever de sa chaise et de se dégourdir les jambes. En plus il y avait une petite blonde de l'autre coté de la salle qui ne cessait de lui lancer des regards évoquants.

- Il nous reste une dernière candidate, annonça alors le présentateur. Mlle Joy Arden !

Joy se redressa d'un seul coup sur son siège, en entendant son nom, et faillit bien renverser sa flûte de champagne avec lequel elle manqua de s'étouffer. Simon se tourna vers elle et la dévisagea. Joy espérait avoir rêvé, mais quand les projecteurs s'arrêtèrent sur elle, elle sut qu'il n'en était malheureusement rien. Elle jeta alors un regard noir à Simon, persuadé qu'il s'agissait sûrement d'une de ses plaisanteries. Mais en voyant son regard tout aussi ahuri, Joy dû admettre qu'il n'y était pour rien.
- Et bien toi qui semblais détesté ça, la taquina-t-il.
- Simon, tout ça n'a rien de drôle. C'est certainement une erreur.
- Erreur ou pas, tu vas devoir y aller.
- Mais il n'en ait pas question, je refuse de participer à une telle mascarade.
- Joy tout le monde te regarde, tu n'as pas le choix.
En effet, Joy sentit de nombreux regards posés sur elle.

- Mlle Arden, venez nous rejoindre sur scène, l'invita le présentateur.

Joy rechercha Largo des yeux espérant un recours à cette situation, mais visiblement celui-ci ne savait pas quoi faire, et se contenta de soulever les épaules et de faire une grimace. Elle devrait donc se sortir de ce quiproquo toute seule, et pour cela elle devait aller voir les organisateurs de ce petit jeu qui lui semblait encore plus ridicule maintenant.
Comble de tout, voyant qu'elle tardait à venir, le présentateur était descendu de scène et s'avançait vers elle. Joy dû se résoudre à se lever et à le rejoindre. Elle n'eut pas le loisir de lui dire quoique ce soit, qu'il l'entraîna aussitôt sur l'estrade.
Joy voulu alors lui parler discrètement afin de ne pas déclenché d'esclandre, mais déjà il se détournait vers la foule des invités pour la présenter. Elle dû donc s'adresser à la femme, pour signaler leur méprise.
- Ecoutez, c'est certainement une erreur, dit-elle calmement. Je ne peux pas être inscrite.
- Je vous assure qu'il ne s'agit pas là d'une erreur Mlle, répondit Janice. Votre nom a bien été inscrit sur la liste des candidates.
- Mais c'est impossible. Je ne suis même pas sur la liste des invités.
- Comment ça ?, demanda alors Janice méfiante.
- Je suis agent de sécurité, expliqua Joy. Et je suis ici en tant que tel. J'accompagne M Winch en tant que garde du corps, demandez-lui.
- Je suis vraiment désolé Mlle, mais maintenant que votre nom a été annoncé, nous ne pouvons plus rien faire.
- Mais c'est ridicule, s'exclama Joy qui sentait son sang froid l'abandonner.
Puis elle sentit une main la happer et l'attirer vers le devant de la scène. Déjà le présentateur lui tendait le micro.
- Il y a visiblement une petite méprise, dit-elle.
Puis elle s'interrompit, surprise d'entendre sa voix se répercuter dans la salle. Elle repoussa le micro et tenta d'expliquer à nouveau la situation, mais l'homme ne l'écoutait pas. Janice venait de lui murmurer quelque chose à l'oreille et il eut un sourire satisfait.
Il se retourna vers le public et annonça :
- Il semblerait que l'on vous ait réservé une petite surprise. Mlle Arden est garde du corps. Alors, qui veux bénéficier d'une protection rapprochée ?, plaisanta-t-il.
Cette dernière plaisanterie fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Joy s'apprêtait à remettre ce type à sa place, quand un homme dans la salle s'écria :
- J'offre 10 000 dollars !

Largo qui avait aussitôt réagit à cette dernière réflexion du présentateur, s'arrêta net dans son élan en entendant la voix d'un homme s'élever pour annoncer une somme d'argent. Qui avait osé ? Qui avait osé prétendre avoir le droit de toucher à SA Joy ?

Joy se sentit rougir jusqu'à la racine, en entendant l'offre faite, puis une autre voix renchérir. Le présentateur, lui accueillit les enchères avec un enthousiasme démesuré. Celles-ci étaient désormais bien parties et plus rien ne pouvait les arrêter avant le coup de marteau décisif. D'ailleurs elles ne semblaient pas vouloir s'arrêter en si bon chemin, et la somme des 50 000 dollars fut rapidement atteint.

Simon était complètement médusé. Jamais il n'aurait imaginé une telle situation. Il se remettait à peine du choc quand une main frappa son épaule. C'était Largo ! Il s'était éclipsé quelque instant de la compagnie de sa partenaire pour venir lui parler.
- Simon, tu as carte blanche.
- Quoi ? !, demanda Simon qui ne comprenait pas ce que son ami voulait lui dire.
- Dépense ce qu'il faudra, mais sort-la de là, expliqua Largo.
- Mais Largo…
- Tu connais le numéro de compte du groupe, alors ne discute pas. Je ne peux pas le faire, puisque j'ai été moi-même candidat, alors c'est à toi de jouer.
- Bien, répondit Simon.
Il attendit que Largo est rejoint sa partenaire pour lever le bras et ainsi renchérir.

Joy avait repéré le petit entretien entre Largo et Simon, et fut soulagée quand Simon leva la main pour faire une offre.
Le présentateur continua de recueillir les offres jusqu'à ce qu'il n'y ait plus en liste que quarte personnes dont Simon. La somme continua encore de monter et Joy ne savait pas si elle devait prendre ça comme un compliment ou une insulte. Bien sûr elle aurait pu être flattée que des hommes décident de payer plus de 50 000 dollars pour passer une soirée avec elle, mais elle se sentait surtout humiliée. Comment pouvaient-ils prétendre avoir des droits sur elle ?

- J'offre 100 000 dollars, dit tout à coup une voix ferme mais calme.

Le présentateur était aux anges, jamais il n'aurait espéré autant, et oubliant Simon qui venait de renchérir, il adjugea pour 100 000 dollars à l'homme au costume sombre qui semblait vouloir rester anonyme pour l'instant tout au moins. Joy tenta de lui signaler que Simon avait surenchérit, mais il ne l'écoutait toujours pas. Elle sentit alors sa patience être à rude épreuve.
Puis un homme se leva et se dirigea vers la scène. Joy était encore sous le choc et semblait ne plus pouvoir bouger. Mais quand l'homme s'approcha pour l'embrasser comme il était convenu, elle se recula. L'homme fit comme si de rien n'était et se tourna vers le présentateur.
- Et bien Mesdames et Messieurs, veuillez applaudirent notre dernier couple de la soirée.
Des applaudissements retentirent et le "couple" quitta la scène.
- Et maintenant que la fête commence !, lança alors Janice avec un grand sourire.

Joy attendit d'être descendu de scène pour parler à son cavalier.
- Ecoutez, il y a eut une méprise. Je n'étais pas candidate pour ce petit jeu ridicule, dit-elle calmement. Je suis sûr que mon patron se fera un plaisir de vous rembourser la somme que vous avez versé. Alors si vous voulez bien, nous en resterons là.
- Je suis désolé Mlle Arden, mais je ne suis qu'un commissionnaire. M Jackson vous attend à sa table. Veuillez me suivre je vous prie.
Joy soupira. Décidément ce n'était pas sa soirée. Elle suivit donc son guide jusqu'à une table avec la ferme intention de répéter à ce M Jackson qu'elle n'était pas à vendre.

Joy regarda avec surprise l'homme assit à la table. Il portait un costume sombre et très élégant, une chemise bleue pâle et une cravate d'un bleu un peu plus foncé. Si Joy n'était pas déjà sous le choc de le voir ici, elle l'aurait été de le voir ainsi vêtu. C'était une première pour lui.
- Andrews, dit-elle enfin.
- Ah ! Joy, ravi de voir que tu ne m'as pas oublié. Mais je t'en prie, assis toi.
Joy obtempéra de mauvaise humeur.
- Qu'est-ce que tout ça signifie ?, demanda-t-elle.
- Ne sois pas si pressée Joy. Tu ne vas pas tarder à comprendre.

Largo vit Joy suivre l'homme jusqu'à une table tout en tentant vainement de lui parler. Puis il la vit devant cette table où un homme l'attendait, hésiter quelques instants, puis s'asseoir. Joy n'avait pas l'air contente, mais Largo remarqua qu'elle semblait connaître l'homme assit en face d'elle. Il décida d'aller les rejoindre et d'arranger les choses en remboursant l'homme pour qu'il laisse Joy tranquille.
Mais tandis qu'il s'avançait vers leur table, un commando armé de fusil M16, pénétrèrent dans la salle en tirant en l'air. Les membres de la sécurité furent vite mis hors d'état de nuire et les invités se mirent à crier de peur.
Alors l'homme qui se trouvait en compagnie de Joy se leva et d'une voix ferme et calme annonça :
- Que tout le monde reste calme ! Si vous faites ce qu'on vous dit, il ne vous sera fait aucun mal. Maintenant je vais vous demander de bien vouloir vous asseoir tranquillement à vos tables et de ne plus en bouger.

Largo observa Joy qui était restée assise, entourée de deux hommes qui braquaient leurs armes sur elle. Puis il lança un coup d'œil à Simon. Son ami croisa son regard puis lui montra le sac de Joy qui était resté à leur table. Largo compris que Simon avait l'intention de prendre l'arme qui s'y trouvait. Mais que pouvait-il faire seul contre une dizaine d'hommes armés de M16. Aussi Largo lui fit comprendre de ne rien tenter pour l'instant. Simon acquiesça, et cacha discrètement l'arme dans la poche de sa veste.

L'homme se retourna vers ses compères qui déjà amenaient de grosses malles. Ils en sortirent tout un tas de matériel de vidéo, et un ordinateur portable. Puis deux autres hommes entrèrent en portant une caisse sur laquelle tous les invités présents purent voir avec horreur le sigle traduisant la présence d'une arme nucléaire. L'homme en costume, qui était leur chef, ouvrit la caisse et en sortit une petite télécommande qu'il brandit pour que tous puissent la voir, avant de l'armer.
- Comme vous pouvez le constater, tout ceci n'a rien d'une plaisanterie, annonça-t-il. Et je n'hésiterais pas une minute à m'en servir.
Dans la salle le silence s'était fait. Tous retenaient son souffle en attendant les revendications des terroristes.
Mais l'homme n'était visiblement pas disposé à leur parler pour le moment. Au contraire, il retourna s'asseoir à sa propre table comme si de rien n'était, pendant que ses hommes terminaient d'installer leurs matériels.

- Alors si tu m'expliquais à quoi tu joues ?, demanda Joy sans préambule.
- Ma chère Joy, quand Maurice m'a dit que tu étais ici, je n'ai pas pu résister au désir de te revoir.
- Je suppose que c'est à toi que je dois cette petite plaisanterie, dit Joy passablement énervée.
- Que veux tu, c'était trop tentant. Ça n'a d'ailleurs pas été trop difficile d'ajouter ton nom à la liste.
- Pourquoi tu fais ça ?
- La vengeance bien sûr ! Tu m'as toujours repoussé, alors j'ai voulu te montrer que j'étais le plus fort.
- Je ne parlais de cette mascarade !, le coupa sèchement Joy.
- Oh ! La prise d'otage !, répondit-il faussement surpris. Tout n'est que vengeance.
Il s'interrompit un instant avant de reprendre son explication :
- J'ai passé dix ans à jouer les petits soldats pour l'Agence. Risquant ma vie tous les jours, pour ce que je croyais être juste. Et en une minute, j'ai tout perdu. J'ai été jeté aux oubliettes, complètement effacé du service actif. Et ce à cause d'une ridicule histoire. Tu vois Joy, j'ai bien l'intention de récupérer ce qui me revint de droit. L'Agence va payer pour tout ce qu'elle m'a prit.
- Tu es encore plus cinglé que je ne le pensais. Si tu penses pouvoir sortir d'ici et te prélasser gentiment au soleil après ça, tu te goures totalement.
- Ah, oui ! Et qu'est-ce qui m'en empêcherait ? Toi, peut-être ?
Joy se contenta de hocher la tête et de le regarder avec défit.
- Joy, tu crois vraiment pouvoir m'arrêter !, s'exclama-t-il en riant.
- Ça ne serait pas la première fois, continua de le défier Joy.
Cette fois, il s'arrêta de rire et la regarda avec colère.
- J'ai dix hommes avec moi, les gardes sont hors d'état. Il y a plus de cinquante otages, et toutes les issues sont bloquées, les systèmes d'alarme HS et tu prétends pouvoir encore m'arrêter.
- Pourquoi pas ?, le menaça-t-elle.
- J'attends de voir comment tu t'y prendrais, répondit-il en éclatant à nouveau de rire.
D'un geste rapide et efficace, Joy se leva et neutralisa les deux hommes qui étaient près d'elle, saisit leur armes pour en menacer Andrews ensuite.
- Tu vois le problème avec toi, c'est que tu te crois invincible. Et c'est ça qui a toujours joué en ta défaveur.
Puis elle rabaissa son arme et la jeta sur la table avant de se rasseoir calmement, fière de son petit éclat.
Andrews avait finit de rire et la fixait avec un mélange de colère et de surprise.

Largo sentit son cœur bondir dans sa poitrine, alors que Joy se levait rapidement pour neutraliser les deux hommes qui l'entouraient. Puis il la vit menacer l'homme en complet sombre, avant de reposer l'arme qu'elle tenait et se rasseoir. Il avait put constater que l'espace d'une seconde toutes les armes avaient été braquées sur la jeune femme. Mais cette dernière les avaient ignorés, et s'était rassisse calmement. Elle fixait maintenant l'homme devant elle sans la moindre crainte.
Largo admirait son sang froid, tandis que lui-même sentait les battements de son cœur s'accélérer.

Pour avoir travaillé avec elle, Andrews savait Joy impulsive et déterminée ; mais jamais il n'aurait pensé la voir agir ainsi. Elle venait de lui démontrer clairement qu'elle était et resterait toujours la meilleure avant lui. La facilité et le sang froid avec laquelle elle s'était débarrassée de ses deux acolytes pourtant armés, l'avait impressionné. Il sourit en retrouvant la femme qui l'avait toujours attiré.

Joy attendit silencieuse que son action ait l'effet escompté. Elle savait que c'était plutôt risqué, il pourrait la tuer pour ça. Mais elle comptait bien sur l'orgueil de son adversaire. Après tout, il ne se serait pas fatigué avec toute cette mascarade, si c'était pour la tuer immédiatement ensuite. Toutefois elle avait jugé plus prudent de ne pas aller plus loin : s'attaquer seule à une dizaine d'hommes armés de M16 et parfaitement entraînés était suicidaire, sans compter le risque pour les otages ; et Largo était l'un d'eux !

Andrews était furieux que Joy ait pu ainsi se moquer de lui. Il prit l'arme qu'elle avait rejetée sur la table et la menaça avec. Joy soutient son regard sans sourciller.
- Et bien Joy, tu m'étonneras toujours, finit-il par déclarer tout en rabaissant l'arme. Je crois que nous pourrions nous entendre, qu'en dis-tu ?
Joy ne répondit pas, se contentant de sourire. Elle devait tout faire pour qu'Andrews relâche sa vigilance et ensuite trouver un moyen de sortir tout le monde de ce pétrin.


Le matériel était maintenant entièrement installé, et Andrews et ses hommes contrôlaient désormais toutes les caméras, les systèmes de sécurité, et avaient complètement isolé le bâtiment du reste de la ville. Aucun contact avec l'extérieur n'était permis, les téléphones avaient été mis hors d'état et toutes les portes étaient soigneusement verrouillées. Tout était sous contrôle. Tout ? Enfin pas complètement…

Joy avait réussit, à force de séduction, à convaincre Andrews de son entière coopération. Elle n'avait désormais plus ses deux chiens de gardes derrière son dos, et pouvait même se déplacer quasi librement dans la salle. Elle avait persuadé Andrews qu'il était nécessaire de ne pas laisser les invités à leur table, mais qu'il était plus prudent de les réunir dans un coin. Aussi elle aidait maintenant les hommes à attacher les plus récalcitrant des invités sur des chaises. Elle en profita pour subtiliser discrètement une arme et s'approcha de Largo et Simon.
Joy fit semblant de les attacher à leur tour, et en profita pour glisser l'arme dans la poche de Largo, Simon lui ayant signalé qu'il avait récupéré la sienne.
- Joy j'espère que tu sais ce que tu fais, lui demanda Largo.
- Non pas vraiment.
- Quoi ? !, s'exclama Simon. Tu n'as pas le moindre plan.
- Je vais improviser, répondit-elle avant de s'éloigner pour ne pas attirer trop l'attention.
Largo et Simon l'a regardèrent s'éloigner sans pouvoir rien faire pour l'instant. Ils devaient attendre le bon moment pour agir.

Joy ne tenta pas de s'approcher du matériel informatique apporté par le commando, toutefois il lui fallait trouver un moyen de contacter Kerensky. Le russe trouverait certainement un moyen de reprendre le contrôle du bâtiment et de faire une diversion suffisante pour que Largo, Simon et elle puissent intervenir sans trop de dégâts. Elle traversait la pièce quand son regard se posa sur un téléphone portable qui dépassait de la poche d'une veste abandonnée par un des invités sur sa chaise. Elle s'en approcha et le prit discrètement, avant de retourner vers la table.
Restant toujours aussi naturelle, Joy s'assit et jeta un regard autour d'elle, puis ayant constaté qu'Andrews était occupé à autre chose et ne l'observait pas, elle composa le numéro du bunker.
Kerensky décrocha dès la seconde sonnerie. Joy incapable de lui parler, tapota sur le clavier numérique.


Kerensky, attendit que son interlocuteur se fasse connaître, mais ce ne fut pas le cas. Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Les seules personnes à connaître ce numéro, ne s'amuseraient pas à faire un canular téléphonique. Puis soudain il tendit l'oreille. Il avait entendu un petit bruit qu'il identifia rapidement comme du "morse". Il écouta encore un moment et prit une feuille de papier pour noter les infos qui lui parvenaient.

Joy termina de transmettre son message et attendit la réponse du russe, espérant qu'il avait pu comprendre la situation. Elle laissa le téléphone allumé et le cacha rapidement sous la table, tandis qu'elle voyait Andrews venir vers elle.

Une fois le message traduit, Kerensky se tourna vers son ordinateur et lança le système qui lui permettrait d'accéder au réseau électrique de la ville. Il repéra le quartier qui l'intéressait et isola le bâtiment où avait lieu le gala de charité où s'étaient rendus ses amis. Il prit connaissance du système de sécurité mit en place et entreprit ensuite de le pirater. Il réussit rapidement à s'infiltrer et à trouver la commande des caméras de surveillance. Il n'eut pas de difficulté à les détourner à son profit, et bientôt il put constater de ses propres yeux la situation que lui avait succinctement expliquer Joy dans son message.
Il continua à explorer le système du bâtiment et isola le réseau incendie. Le bâtiment était munit d'un circuit d'arrosage et de sirènes. Voilà qui ferait une très bonne diversion !
Kerensky termina de tout préparer pour la "petite fête", puis il décida de contacter Joy pour la mettre au courant de son idée. Il s'arrangea pour contrôler une des caméras de la salle et chercha la jeune femme. Il la trouva enfin. Elle était assise à l'écart des autres otages, en face d'un homme avec qui elle parlait. Kerensky fit un plan rapproché de l'homme et lança une recherche sur son visage pour l'identifier.
Quelque instant plus tard, il piratait les fichiers de la CIA et lissait le curriculum vitae de l'ex agent Andrews Jackson. Soudain un nom retint son attention : Joy Arden. Il lut avec un vif intérêt, le passage concerné et découvrit que Joy et Jackson avaient autrefois travaillé dans la même équipe de commando. Puis Jackson avait été muté dans de drôles de circonstances dans lesquelles le nom de Joy fut cité, avant d'être finalement rayer des listes de la CIA.
Kerensky reporta son attention sur son écran de surveillance et vit que Jackson s'éloignait de la table. C'était le moment de contacter Joy.
Il avait réussit à repérer la fréquence du téléphone dont elle s'était servit pour le joindre, et l'utilisa pour lui faire parvenir un message en morse grâce à des vibrations.

Joy sentit le téléphone vibrer contre sa jambe, mais s'obligea à rester immobile. Imperturbable, elle déchiffra le message que lui envoyait Kerensky. Dès qu'elle serait prête, elle devait lui faire signe et il déclencherait le système anti-incendie. Joy hocha simplement la tête, consciente que le russe les observait désormais.
Restait maintenant à prévenir Largo et Simon du plan de Kerensky. Elle se retourna vers eux et vit qu'ils l'observaient. Elle leur fit donc signe de se tenir prêt.

Largo et Simon comprirent aussitôt que quelque chose allait se passer, mais pour l'instant ils ignoraient tout du plan de Kerensky. Cependant quand l'alarme incendie retentit brusquement, déclenchant par la même le système d'arrosage automatique, ils bondirent aussitôt et se jetèrent sur les gardes qui avaient été déstabilisé par la sirène. Mais les hommes du petit commando ne se laissèrent pas surprendre très longtemps, et pointèrent leurs armes sur Largo et Simon. Les deux parties firent feu en même temps, et les invités achevèrent de se jeter au sol en hurlant.

Joy se retrouva face à Andrews. Tous deux menaçait l'autre de son arme, et aucun ne semblait vouloir abandonner. Puis lentement Andrews sortit de sa poche un petit boîtier noir, qu'il exhiba devant les yeux de Joy. Joy reconnue la télécommande de la bombe, mais pourtant elle resta impassible. Malgré son assurance, elle savait qu'Andrews hésitait. Il n'était décidément pas prêt à mourir et cela Joy l'avait compris. Ils restèrent encore quelques secondes à se regarder en chien de faïence, insensibles aux coups de feu qui s'échangeaient autour d'eux. Puis soudain tout s'accéléra, Joy lâcha son arme et d'un habile coup de pied, obligea Andrews a lâcher la télécommande. Celle-ci sembla voler quelques secondes dans les airs, puis continua sa course en direction du sol où elle se serait écrasée sans l'intervention de Simon qui s'était jeté en avant pour la recueillir dans sa main au bon moment.
Avant qu'Andrews n'ait le temps de riposter, Joy lui assainit un nouveau coup en plein visage. Il tituba sous le choc et recula de quelque pas. Tout comme Joy il laissa tomber son arme pour continuer le combat à mains nues. Ils avaient une vieille affaire à régler. Mais cette fois encore la jeune femme prit le dessus et eut tôt fait de l'envoyer une bonne fois pour toute au tapis. Andrews semblait enfin avoir son compte.

- Joy !
La jeune femme se retourna vers Largo en l'entendant prononcer son nom et constata avec un vif soulagement qu'il n'avait rien. Simon lui aussi s'en était sortit sans la moindre égratignure et avançait maintenant vers ses amis avec la télécommande à la main, et un large sourire sur les lèvres.
- JOY, cria Andrews.
Faisant volte face, Joy le vit lever son arme vers elle. Un coup de feu partit aussitôt et Andrews s'écroula de nouveau sur le sol. Joy se retourna vers Largo dont l'arme était encore fumante.
- Merci, dit-elle avec un timide sourire qu'il lui rendit.

A ce moment, la police entra dans la salle ; les portes automatiques ayant été déverrouillées avec l'alerte incendie. Les policiers firent évacuer les invités qui furent pris en charge par les équipes d'ambulanciers. Dehors la presse s'en donnait à cœur joie, et nul doute ne pouvait planer sur les prochains gros titres.
Le petit commando fut rapidement conduit sous bonne garde dans les fourgons de la police afin d'être rapatrié vers la prison la plus proche. Andrews Jackson, l'ex agent de la CIA révoqué, et chef du commando, fut escorté vers une ambulance, solidement sanglé sur son brancard, qui partit en direction de l'hôpital militaire.

Largo et Simon rejoignirent Joy après que celle-ci ait répondu aux questions du chef de la police.
- On s'en est plutôt bien sortit, déclara Simon.
- C'est le moins qu'on puise dire en effet, répondit Largo. Félicitations pour ce parfait sang froid, ajouta-t-il en posant sa main sur l'épaule de Joy.
Joy sourit.
- Tu vois, je te l'avais bien dit que cette soirée était une mauvaise idée, lança-t-elle soudain sur un ton anodin.
- Peut-être, mais tu dois avouer qu'elle a permis de rapporter beaucoup d'argent pour cette association, répondit Largo sur le même ton. Et que tu en es en partie la cause !, ajouta-t-il pour la taquiner.
- En parlant de ça : Simon, je te soupçonne de t'être volontairement montré discret sur ce coup là.
- Hé ! Je t'assure que j'ai fait ce que j'ai pu, se défendit-il. Mais peut-être que cela aurait été différent si Largo avait participé aux enchères à ma place, ajouta-t-il avant de s'éloigner fier de sa dernière boutade.
Joy et Largo se regardèrent un instant, surpris par ce que Simon venait de dire, puis ils sortirent à leur tour de la salle de réception. Largo posa sa main dans le dos Joy pour la conduire jusqu'à la voiture.

FIN

NB: Je suis bien incapable d'imaginer combien pourrait rapporter une "vente de célibataire", alors les sommes proposées dans cette fic sont uniquement à titre indicatif. Toutefois si vous avez une idée à me proposer, je suis toute ouïe.