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ASSAGE THAILANDAIS (Version 2) |
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Tout en attendant son prochain client, la jeune femme se demandait comment elle avait pu accepter une telle mission. Elle avait vu défiler plus de vingt hommes en moins de trois jours mais celui qu'elle attendait désespérément ne s'était toujours pas présenté. Elle commençait sérieusement à manquer d'idée pour calmer les ardeurs de ses clients. L'établissement avait une solide réputation pour offrir plus que de simple massage. Heureusement pour elle Kerensky veillait au grain ! Il avait installé dans la petite pièce surchargée de senteur d'encens et d'huiles parfumées, plusieurs cameras, micros, mais aussi un petit gadget de sa création qui permettait le dégagement d'un gaz, totalement inoffensif bien évidemment, mais qui avait la singularité d'endormir les personnes qui le respiraient sans qu'elle ne puissent garder le souvenir d'avoir été droguéées d'une quelconque manière.
Elle se remémora les remarques insinues que n'avait pas manqué de faire Simon quand Kerensky avait "passé une heure dans cette tout petite pièce confinée, seul avec elle, alors qu'elle était censée être une masseuse professionnelle." Le Suisse avait alors vaguement proposé de venir faire une inspection, à tout hasard, de l'installation du matériel, histoire de constater par lui-même que tout était en règle. Bien sûr il n'agissait ainsi que dans l'intérêt de Joy, et aussi celui de la mission qui consistait à coincer un des piliers financiers de la Commission Adriatique.
Un bruit provenant du couloir lui indiqua que son prochain client arrivait. Joy se tourna vers la porte avec un sourire enjôleur pour l'accueillir chaleureusement comme le stipulait son contrat. Son sourire se figea en voyant un homme blond aux yeux d'un bleu azur, entrer.
- Largo !? , s'exclama-t-elle surprise.
- Salut, répondit-il avec un grand sourire, tout en fermant la porte derrière lui.
- Je peux savoir ce que tu viens faire ici ? , lui demanda-t-elle sans cacher son mécontentement.
- Et bien il se trouve qu'hier soir je me suis fais très mal au dos, et je me suis dis qu'un petit massage me ferais le plus grand bien.
Joy le foudroya du regard, mais Largo ne perdit pas le sourire pour autant, au contraire il semblait s'amuser beaucoup de la situation.
- Tu ne peux pas rester. C'est beaucoup trop dangereux. Cet endroit, je te le rappelle, est un lieu de blanchiment d'argent de la Commission Adriatique.
- Et alors ?
- Et Alors ?! , s'énerva cette fois sa garde du corps. Tu viens te jeter dans la gueule du loup et ça ne t'inquiètes pas plus que cela.
- Rassures-toi, Kerensky sait où je me trouve, d'ailleurs je te rappelle qu'en ce même moment il nous épie sur ses écrans, quand à Simon il est également ici.
- Je suppose que lui aussi a très mal au dos, ironisa la jeune femme.
Largo se contenta d'un petit sourire.
- Je ne peux pas m'en aller avant la fin de la séance, annonça-t-il. Cela paraîtrait étrange, tu ne crois pas ?
- D'accord tu peux rester, soupira Joy.
- Puisque nous sommes coincés ici pendant une heure, peut-être que tu pourrais… tu sais…mon dos, insinua Largo tout en ignorant le regard noir de la jeune femme.
- Bien, installes-toi ! , ordonna-t-elle plus qu'elle ne l'invita.
- Je retires mon T-shirt, dit-il tout en joignant le geste à la parole.
- Tu peux aller te changer derrière ce paravent, lui proposa-t-elle, sachant qu'elle ne pourrait de tout façon, pas avoir le dernier mot avec lui.
- Merci, la gratifia-t-il d'un nouveau sourire.
Joy secoua la tête d'un air résigné en le voyant disparaître derrière le paravent en bois d'acajou.
Largo revient quelques minutes plus tard, vêtu uniquement d'une simple serviette rouge (toujours elle ! d'ailleurs maintenant que j'ai vu les photos, je comprends cet engouement pour ce petit détail ! LOL) qui reposait nonchalamment sur ses hanches. En le voyant, Joy esquissa un petit sourire, après tout cela ne s'annonçait pas si dramatique que cela.
- Je t'en prie, installes-toi, dit-elle en détournant le regard de son torse si parfaitement dessiné. Elle ne devait pas se laisser distraire pour autant ! Largo était avant tout son patron !
Le beau blond s'allongea donc sur le ventre, sur la table de massage, offrant à la jeune femme un dos musclé et bronzé. Intuitivement les yeux de l'ex agent de la CIA glissèrent le long de son corps, s'attardant sur la serviette, ou plus exactement sur ce qui ce trouvait dissimulé en dessous. Secouant la tête pour chasser ses idées quelque peu déplacées, elle entreprit de faire ce pourquoi elle était là. Elle prit un petit flacon et en versa un peu de son contenu dans sa paume. Après avoir imprégnée ses mains, elle les posa sur les épaules du jeune milliardaire et les massa légèrement.
Largo ferma les yeux et se laissa envahir par cette merveilleuse sensation des mains de sa garde du corps sur son dos. Il poussa un long soupir de plaisir tandis que les mains de Joy continuaient de parcourir son dos lentement.
- Je ne te savais pas si douée, dit-il.
- Il y a beaucoup de chose que tu ne sais pas de moi, le taquina-t-elle.
- Mais je ne demande pas mieux que d'en apprendre d'avantage, répondit-il tout en prenant le même air.
Joy préféra ne pas entrer dans son jeu, et ne releva donc pas sa remarque. Elle reprit le flacon d'huile parfumée et en versa de nouveau dans ses mains avant de recommencer son massage. Largo frissonna quand ses doigts se posèrent dans le creux de son dos, là où la serviette reposait pour l'instant. Peu à peu les doigts de la jeune femme s'insinuèrent en dessous du tissu sans pour autant descendre trop bas.
Alors que Largo laissait échapper un soupir de plénitude, les mains de la jeune femme quittèrent son corps, et il ne pu réprimer un grognement de frustration. Il retrouva cependant avec délice le contact de ses doigts fins et expérimentés sur son dos, alors que désormais elle décrivait de plus grands mouvements tout en exerçant une pression plus accentuée.
Au bout d'une vingtaine de minute, elle s'arrêta.
- Voilà qui est fait, dit-elle.
- Oh, c'est tout ! Je pensais que tu pourrais peut-être…
- Je croyais que tu avais mal au dos uniquement, l'interrompit-elle.
- Oui, mais puisque je suis là autant avoir droit à un massage complet.
Joy lui lança un regard noir qu'il ne vit pas puisqu'il était toujours couché sur le ventre.
- S'il te plaît ? , quémanda-t-il.
- Ai-je vraiment le choix ?
- De toute façon je ne bougerai pas de cette table avant la fin, la défia-t-il.
- Bien tu l'auras voulu, releva-t-elle.
- Euh, Joy tu ne vas pas me faire de mal tout de même, s'inquiéta-t-il.
- Rassures-toi, mon boulot c'est avant tout de te garder en vie, n'est-ce pas ?
- Euh, tu plaisantes j'espère, demanda-t-il pas vraiment convaincu.
Joy se contenta de sourire et reprit son massage en lui frictionnant les jambes de bas en haut afin d'en faciliter le drainage du sang. Elle continua ainsi pendant encore une dizaine de minute prenant soin d'éviter de s'hasarder de trop près de la serviette. Elle avait très vite apprit que si elle ne voulait pas aller trop loin, c'était un endroit qu'il était préférable d'oublier.
Largo goûtait avec plaisir cet instant de détente absolue. Son corps complètement électrisé par les doigts de la jeune femme. Les yeux toujours fermés, il soupirait d'aise près à s'endormir pour plonger certainement dans de merveilleux rêves.
Mais il fut brusquement ramené à la réalité quand il ne perçu plus la caresse apaisante des mains chaudes et parfumés de la jeune femme. Il rouvrit les yeux et se redressa légèrement, ce n'était pas déjà terminé, pensa-t-il.
- Retournes-toi, ordonna Joy sans douceur.
- Mais tout ce que tu voudras, répondit Largo avec un sourire charmeur, ce qui lui valut un nouveau regard noir.
Alors qu'il bougeait pour se mettre sur le dos, la serviette glissa légèrement et Joy pu entrapercevoir ses fesses. Elle détourna rapidement les yeux en rougissant bien malgré elle alors qu'il replaçait sa serviette tout en ne la quittant pas du regard, amusé par son soudain malaise. C'était la première fois qui la voyait si gênée.
Joy se maudit d'être aussi troublée, on aurait une simple collégienne. Elle avait pourtant dû faire face à des situations bien plus compromettantes dans un bon nombres de ses missions alors qu'elle travaillait pour la CIA et depuis qu'elle connaissait Largo elle avait également eut sa dose d'évènements embarrassants, alors pourquoi tant d'enfantillage cette fois ci.
Alors qu'elle se tournait de nouveau vers son patron, son regard rencontra celui du séduisant blond. Celui-ci affichait un sourire enjôleur, de quoi faire se damner une sainte.
- Allonges-toi et reste tranquille, dit-elle d'une voix ferme, bien décidée à lui montrer qui était le maître du jeu ici.
Largo obtempéra sans mot dire. Joy n'avait rien à voir avec toutes ces petites midinettes qui avaient pu passer entre les draps de son lit et pour cela il la respectait plus que toutes autres. Pourtant elle était avant tout une femme, et qui plus est très séduisante ; aussi Largo ne pu s'empêcher de poser les yeux sur elle.
Dans la continuation de son massage, Joy commença par un drainage des jambes, remontant peu à peu, de plus en plus lentement. Elle pouvait sentir le regard de Largo fixé sur elle. Il l'observait à la dérobée et d'un œil connaisseur, appréciant sa silhouette parfaitement galbée. Ses yeux s'attardèrent bien entendue sur ses fesses qu'ils ne quittèrent plus dès lors.
- Aie, s'écria-t-il tout à coup en levant les yeux vers le visage de la jeune femme pour demander une explication.
- Excuses-moi, je ne voulais pas te pincer, mentit-elle effrontément.
Largo sourit, comprenant par là que Joy n'avait pas vraiment apprécié l'insistance de son regard. Il choisit donc de se laisser retomber sur l'oreiller et de fermer les yeux afin d'essayer d'oublier le corps de Joy tout près de lui.
Quand elle remonta vers son torse, Largo rouvrit les yeux. Elle était légèrement penchée en avant et il en profita allégrement pour jeter un coup d'œil dans son décolleté. Malheureusement elle dû s'en apercevoir car par "maladresse", elle le pinça de nouveau. Largo se demanda si de telles "maladresses" lui arrivaient avec d'autres clients, ou bien était-il un privilégié ?
- Dis moi Joy, si tu traites tous tes clients avec la même maladresse tu ne vas pas pouvoir faire carrière très longtemps dans ce métier, se moqua-t-il gentiment.
- Je n'ai jamais manifesté l'envie de continuer dans cette voie.
- Dommage, car tu es très douée. En tout cas je sais à qui faire appel désormais quand j'aurai mal au dos.
- Je te conseille de ne pas trop insister, le prévient-elle, car il se pourrait encore que je sois très maladroite.
- J'estime pouvoir courir ce risque même si ce n'est que pour dix minutes d'un massage tel que celui-ci.
Joy se sentit rougir malgré elle et se détourna en prenant pour excuse le prétexte de remettre de l'huile dans ses mains.
Largo qui avait parfaitement compris son manège, sourit d'avoir pu troubler son imperturbable garde du corps.
Quand Joy lui fit face de nouveau il s'amusa à la provoquer encore en lui lançant un de ses regards charmeurs qui avaient l'habitude de faire craquer toutes les femmes. Mais la jeune femme qui avait reprit son air glacial, l'ignora si superbement.
- Dis moi Joy, avec un tel doigté tu as certainement dû avoir pas mal de complication avec tes clients, la provoqua-t-il.
- Tu oublies Kerensky, lui rappela-t-elle. Son petit gadget fait des miracles ! Tu veux peut-être une démonstration ? , le taquina-t-elle à son tour.
- Euh, non, sans façon, répliqua-t-il. Je préfère cent fois rester conscient.
Il y eut ensuite un petit silence pendant lequel Largo ne cessa de fixer Joy qui volontairement détournait le regard. Malheureusement pour elle, fixer le torse de son patron était loin de lui permettre de garder la tête froide. Elle voyait parfaitement ses muscles rouler sous ses doigts, sa peau devenait de plus en plus brûlante et Joy préféra mettre cela sur le fait de l'échauffement dû au massage. Puis sans qu'elle ne puisse rien faire pour l'empêcher, ses mains se mirent inévitablement à trembler. Ses gestes étaient de moins en moins professionnels, elle pria intérieurement pour que Largo ne s'en aperçoive pas.
Mais Largo avait d'autres soucis en tête que de remarquer désormais le trouble de la jeune femme. Lui-même devait faire face à ses propres réactions, et devait se mordre la lèvre afin de ne pas gémir de plaisir. La caresse des doigts de Joy était de plus en plus légère, de plus en plus sensuel. Un doux frisson parcourut son corps et il espéra que Joy ne le remarquerait pas. Il avait joué avec le feu et cette fois ci il avait finit par se brûler. Mais visiblement il n'était pas le seul.
Joy ferma les yeux et respira longuement. Elle devait absolument calmer le feu qui attisait sa chair, le tremblement de ses mains. Intuitivement ses mouvements étaient devenus plus lents, plus subtils, et s'étaient fait caresses. Elle se réprima intérieurement pour se laisser aller ainsi. Largo était son ami, mais avant tout son patron ! Elle ne devait en aucun cas laisser ses sentiments prendre le dessus sur sa conscience professionnelle. Elle devait se ressaisir rapidement. Mais sa rédemption lui vint de Largo.
- Où as-tu appris à masser de cette façon ? , lança Largo afin de briser cette atmosphère pesante, chargée de phéromones, qui s'était installée entre eux et aussi pour dissimuler son propre trouble.
- C'était il y a quatre ans, lors d'une mission pour la CIA, répondit-elle soulagée de constater que sa voix ne tremblait pas.
- Sérieusement ? Tu as vraiment appris avec des professionnels ?
- Oui, et dans l'un des plus grand salon de massage. C'était lors d'une mission en Thaïlande. Je devais infiltrer un groupe connu pour faire du trafic de femmes.
- Je suppose que tu dois cette mission particulière à ton père.
- Il a toujours été mon supérieur hiérarchique. Il est vrai que je lui dois la plupart de mes affectations, le plus généralement sur ce genre de mission précisément, répondit-elle légèrement amère.
À partir de cet instant le trouble ressentit par chacun, s'estompa peu à peu, et ils continuèrent à discuter de tout et de rien afin d'oublier la promiscuité de leurs corps. Bientôt la séance arriva à son échéance et Largo se releva à regret pour aller se rhabiller. Pendant ce temps Joy remit un peu d'ordre dans ses pensées, si bien que dès qu'il revint elle avait réussit à chasser le malaise qui l'avait envahit, enfin c'est ce qu'elle voulait croire.
Largo de son coté, avait lui aussi fait le vide dans son esprit et ne cessait désormais de se répéter pour lui-même, tel un mantra : Joy est une amie, une très bonne amie.
Ils se quittèrent enfin avec un bref à "plus tard", et chacun reprit le cours de ses pensées, ruminant pour le reste de la journée ce qu'il venait de se passer entre eux.
FIN
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