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IEDS ET POINGS LIES (Part 4) |
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UNE SEMAINE PLUS TARD
Largo fut obligé de se séparer de sa femme en voyant John Sullivan qui n'arrivait plus à suivre tellement il y avait de travail au Groupe. Le jeune multimilliardaire dû partir à Paris pour la négociation sur le rachat d'une société. Il confia Joy à Kerensky étant donné que Simon l'accompagnait en tant que garde du corps.
BUNKER
Georgy s'acharnait sur son clavier ; il pianotait à une vitesse incroyable. A un moment donné, il s'arrêta en entendant la porte s'ouvrir lentement ; Quand il vit Joy apparaître, marchant lentement pour ne pas perdre l'équilibre, il se leva brusquement pour aller aider la jeune femme à descendre les quelques marches.
- " Joy, qu'est-ce que tu fais ici ? Tu.. ."
- " Je ne veux pas rester seule " l'interrompit-elle
- " Désolé, j'aurai dû rester au penthouse pour faire les recherches. "
- " Non, c'est pas ça. C'est juste que je ne veux pas rester dans la même pièce trop longtemps… j'ai trop de souvenir qui… " elle décida de ne pas finir sa phrase, et de changer de sujet : " et puis, il faut que je me dégourdisse les jambes. "
- " Autrement, ça va ? " demanda le russe avec tact
- " Je fais aller… je reprends petit à petit des forces. Je ne te dérange pas ? "
- " Non, de toute façon il fallait que je prenne une pause. Sinon, je risque de tout casser. "
- " Tu n'as rien trouvé ? "
- " Non, rien pour l'instant, je suis désolé "
Un silence s'installa avant que Joy ne reprenne la parole, pour ne pas craquer à nouveau :
- " Il paraît que pendant que j'étais… " elle n'arriva pas à finir sa phrase : " .. tu ne dormais presque pas. "
- " Je n'allais pas dormir alors que l'on ne savait même pas si tu étais à New York ou ailleurs. Je dois avouer, que le fait de savoir ce qu'ils t'ont fait subir pendant plus de cinq mois, n'a pas arrangé les choses ! "
- " Il s'est passé quelque chose ? " demanda-t-elle en le regardant droit dans les yeux
- " Pardon ? "
- " Je ne sais pas, avant que Largo t'engage ici, est-ce qu'il s'est passé quelque chose pour que tu réagisses comme ça, pour… Georgy ? "
Le Russe avait baissé les yeux, et quand il entendit la jeune femme prononcer son nom, il la regarda à nouveau. Joy put voir dans son regard une pointe de tristesse qu'il n'arrivait pas à contrôler.
- " Je n'ai pas envie d'en parler. " Dit-il en baissant à nouveau les yeux
- " Peut-être que tu n'en as pas envie, mais crois-moi, confier à quelqu'un quelque chose qui nous pèse sur le cœur, ça fait beaucoup de bien. "
Le silence s'installa à nouveau dans le bunker, Joy ne quitta pas Georgy du regard. Au bout de quelques secondes, il redressa la tête, et commença à raconter…
- " Ça date d'il y a quelques bonnes années. J'étais fiancé, elle s'appelait Olga " commença-t-il avec un léger sourire : " Elle était enceinte de 7 mois et on était censé se marier après qu'elle ait accouché. Un jour, alors que j'étais à une réunion au KGB, elle est allée faire une petite course de dernière minute, rien de plus. Mais un homme en voiture qui était bourré, lui a foncé dedans alors qu'elle roulait en ville. J'ai vite été prévenu. " il fit une pause, question de retenir les larmes qui venaient : " elle a perdu l'enfant, et elle est décédée quelques heures plus tard… " Le Russe ne put retenir plus longtemps les larmes, contre lesquelles il luttait. Il n'avait pas remarqué que Joy s'était assise à côté de lui, et qu'elle aussi pleurait. Dans un élan, elle le prit dans ses bras, comprenant la douleur qu'il avait subit.
LE JOUR SUIVANT , 13h40
13ème JOUR APRES LA NAISSANCE DE L'ENFANT
Joy était assise à la place de Largo, elle regardait la vue de New York qui s'offrait à elle. Elle ne put s'empêcher de penser à cette journée, il y a quelques mois quand elle se promenait dans un parc. Elle marchait tranquillement, regardant le ciel et laissant le vent caresser son visage. Une journée, qui était pour elle le début d'un enfer qui dura plus de cinq mois. Instinctivement elle pensa à celle qui avait été la plus longue mais aussi la plus douloureuse de tout sa vie: il y a treize jours, l'accouchement, et la séparation. Elle pensa au moment, à ces vingt minutes, où elle avait son fils dans les bras… son fils… elle éclata en sanglots.
BUNKER, au même moment:
Kerensky, toujours collé à son ordinateur et toujours aussi fatigué, attendait patiemment les résultats de ses multiples recherches en buvant son énième café de la journée. Quand sa patience fut récompensée par l'affichage d'une dizaine de page, il remit ses lunettes et commença à tout analyser. Quelques minutes plus tard, il stoppa net devant un message qui venait d'apparaître. A la fin de cette lecture, un sourire se dessina sur son visage. Il sortit, presque en courant, de la pièce pour mettre au courant Joy et Largo.
Quand Winch revint au penthouse après une réunion du conseil assommante, il découvrit sa femme, debout devant la fenêtre en pleurs. Il se dirigea en silence vers elle.
- " Joy ? "
Elle se retourna lentement, et regarda son mari droit dans les yeux.
- " Mon bébé ! " commença-t-elle " Je veux mon enfant, je veux qu'on me le rende ! "
Largo la prit dans les bras et la berça doucement.
- " je le sais… " se contenta-t-il de lui murmurer à l'oreille avant de l'embrasser dans les cheveux
A ce moment là, Kerensky entra dans l'appartement, mais seul Largo s'en rendit compte
- " Je veux savoir où il est ! " ajouta-t-elle en pleurant.
- " Washington ! " affirma le russe.
- " Pardon ? " s'étonna-t-elle en remarquant la présence de celui-ci
- " Dans l'état de Washington, à Seattle plus précisément. "
- " Comment as-tu découvert ça ? " demanda Largo, une lueur d'espoir dans les yeux
- " Hier soir, j'ai pris contact avec une personne que je connais depuis quelques années, il est à Seattle. Je lui ai donné la description de Richard et Nicole. Quand j'ai relu les résultats de mes recherches je me suis rendu compte qu'il m'avait répondu. Il disait qu'il les avait vus à Seattle même. "
- " …Et mon bébé ? " s'enquit Joy
- " Nicole avait un enfant dans les bras "
Winch ne dit rien, il prit sa femme dans ses bras et l'embrassa. Il était heureux, il regarda Joy, et l'embrassa à nouveau quand il la vit sourire. Simon arriva à ce moment
- " On a retrouvé la trace de notre fils Simon ! " lui annonça-t-elle
- " Ah ben, c'est super ça ! " s'exclama celui-ci.
Cette nouvelle avait fait réapparaître au sein de l'Intel-Unit, une certaine bonne humeur, ainsi que le sourire de Joy . Mais Georgy resta un peu à l'écart étant donné que, sans vouloir gâcher ce moment, il devait quand même préciser une chose…
- " Je ne veux pas être pessimiste, ni vous gâchez ce moment, mais nous ne l'avons pas retrouvé . Nous savons juste où il est "
- " Et où est-il ? " demanda Simon
- " A Seattle ! "
- " D'accord " ajouta Largo " Georgy, toi tu vas préparer tout ce dont tu auras besoin dans le genre, ordinateur, micros, capteurs…etc.… Simon, toi, tu vas faire le plein d'armes et de munitions ; Moi je vais faire préparer le jet ; On part dans une heure . "
Kerensky et Simon s'exécutèrent. Quand ils furent partis, Joy se tourna vers Largo ;
- " Je te préviens, je viens avec vous ! " annonça-t-elle en le pointant du doigt
- " Tu croyais que j'allais te laisser ici alors que nous allons retrouver notre fils ? " Il enlaça sa femme et l'embrassa. " Je suis parti une journée, pour négocier le rachat d'une société qui n'a même pas eut lieu, bref un jour où tu m'as terriblement manqué ! "
- " Je t'aime " dit-elle en se blottissant dans les bras de son mari
Ils profitèrent de ce moment quelques instants avant que le jeune homme ne déclare :
- " Ah, au fait.. "
- " Quoi ? "
- " Il faut lui choisir un nom ! "
- " C'est vrai que ce serait plus pratique. "
Il regarda Joy, elle souriait à nouveau. Ce n'était pas le même sourire qu'auparavant, mais elle souriait, c'était l'essentiel.
- " On avait bien fait une liste de prénoms au début de ta grossesse ? " s'enquit-il avant de partir à sa recherche après que sa femme eut acquiescée. Au bout d'une minute, il réussi à remettre la main dessus " la voilà !….alors si c'était un garçon, on avait eut un faible pour…Kiviann "
- " Oui c'est ça, Kiviann, Kiviann Winch . J'aime toujours autant, c'est un prénom original et il faut bien ça pour être un Winch " plaisanta-t-elle
Winch la serra dans ses bras avant de lui dire :
- " Tu sais que j'aime quand tu souris ? " il l'embrassa " Alors allons-y, il faut qu'on retrouve Kiviann " dit-il avant de rejoindre le téléphone
- " Je vais aller faire un sac avec les quelques affaires que j'avais achetées au début de ma grossesse " annonça Joy en s'éloignant vers la chambre du bébé, qui avait été préparée peu de temps avant son enlèvement.
Largo l'observa s'affairer quelques instants. Elle avait retrouvé une partie de cette vivacité qui lui avait terriblement manqué. Il savait qu'elle allait se battre pour récupérer leur fils, et qu'elle serait prête à faire payer le prix fort à ses bourreaux. Il décrocha le combiné du téléphone et contacta Jerry ; le jet sera prêt à décoller dans 45 minutes…
QUELQUES PART A SEATTLE 20h
Richard était dans une pièce qui ne contenait qu'un bureau et une chaise où il était assis. Il avait en face de lui un ordinateur portable équipé d'une caméra, lui permettant de s'adresser directement à ses supérieurs.
- " Et l'enfant ? " demanda l'homme
- " Il se porte très bien. " répondit Richard
- " J'ai une voire même plusieurs mauvaises nouvelles à vous annoncer. "
- " Ah bon ?! "
- " Tout d'abord, nous avons tous étés très déçus d'apprendre que Mme winch était toujours vivante… "
- " Comment ? " s'étonna Richard
- " Winch et ses acolytes l'ont retrouvée à temps. Les derniers hommes qui étaient encore sur les lieux quand ils sont arrivés n'ont, heureusement pour vous, rien dit à propos de votre destination "
Richard laissa échapper un léger soupir de soulagement qui n'échappa pas à son interlocuteur.
- " Cependant, il y a une fuite quelque part ou sinon vous vous êtes fait remarquer. " déclara l'homme " Quoi qu'il en soit, l'Intel Unit sait que vous êtes à Seattle. Le Jet de Winch atterrira à l'aéroport Tacoma à 21h30, faites en sorte de réparer votre erreur en ce qui concerne Mme Winch ! "
- " Bien monsieur, je ferais en sorte de ne plus vous décevoir… " mais son supérieur avait déjà raccroché.
L'homme regarda sa montre, il lui restait 1h30 pour tout organiser…
JET DE LARGO 21h02
- " Ça me fait penser… " commença Simon " comment vous allez appeler le p'tit ? "
- " Kiviann " répondit le jeune couple en chœur
- " Kiviann Winch " répéta le suisse " ouais, c'est pas mal ! "
- " Tu n'as pas l'air convaincu. " remarqua Georgy
- " J'aurai préféré que vous l'appeliez Simon ! " expliqua-t-il avec un grand sourire aux lèvres.
- " Tu sais, personnellement et sans vouloir te vexer, UN Simon c'est déjà dur à supporter, alors DEUX, ça risquerai d'être invivable ! " taquina le Russe
Ils se mirent à rire.
Au cours du vol, Kerensky expliqua à Simon et Largo comment il avait appris que la Commission faisait du tourisme à Seattle. Ovronnaz avait ensuite bombardé Georgy de questions concernant l'homme qui l'avait contacté. Et au bout d'un moment, presque à bout de nerf, l'ex agent du KGB remballa le suisse, qui, avec sa petite mine boudeuse, lui tourna le dos et n'adressa plus la parole à aucun de ses amis avant l'atterrissage du jet.
Celui-ci fut annoncé quelques minutes plus tard :
- " Madame et messieurs, nous allons amorcer notre descente sur Seattle, veuillez regagner vos siéges et attacher vos ceintures " déclara Jerry
Au même moment, piste d'atterrissage de l'aéroport
Un homme, habillé de noir, fit signe à son acolyte de s'arrêter avant de répondre à un appel donné sur son téléphone portable :
- " Stevens " annonça-t-il
- " Ça y est, la piste n°5 vient d'être libérée pour le jet de Winch ; il se positionnera à l'emplacement 45. Vous faites exactement comme prévu, vous ne tuez que votre cible, et personne d'autre c'est compris ? " demanda Richard
- " Bien monsieur, ce sera fait selon vos ordres " répondit le chef du petit commando
Lorsqu'un petit engin de fret tirant des remorques remplies des bagages du prochain vol passa à proximité d'eux, les deux hommes coururent à sa suite et s'y accrochèrent discrètement. Une fois que l'engin passa prés de leur destination, ils sautèrent à terre et laissèrent ce dernier continuer sa route, le chauffeur ne s'étant rendu compte de rien.
Ils virent au loin, les feux de position d'un jet qui s'apprêtait à toucher la piste, il leur fallait se dépêcher. Stevens, fit signe à son subordonné d'aller prendre position derrière des caisses, et lui fit de même.
L'avion arrivait sur son emplacement et s'apprêtait à couper ses moteurs. Une fois installé, Stevens positionna son fusil et régla son viseur ; il n'avait plus qu'à attendre. Sa patience ne fut pas mise à trop rude épreuve, car quelques minutes plus tard la porte du jet fut ouverte, et quatre personnes ne se doutant de rien en sortirent. Stevens ajusta son arme pour viser sa cible, son acolyte avait pour ordre de ne tirer qu'à son signal.
Simon et Georgy devançaient légèrement le couple Winch, qui se tenaient par la main. Ovronnaz taquinait le russe, bien décidé à se venger de son traitement durant le vol.
Stevens sourit, tout en commençant à appuyer sur la détente et tira à deux reprises …il avait raté sa cible ! pourquoi cet imbécile de co-pilote avait rappelé Winch ??
Ils avaient entendu les coups de feu. Immédiatement Simon et Georgy avaient sortit leurs armes et Winch avait plaquée Joy sur le sol.
- " Largo tu n'as rien ? " s'enquit la jeune femme tout en apposant ses mains sur le torse de son mari. Elle sentit sous ses doigts un liquide légèrement collant, et en retirant sa main elle vit du sang luire sous les projecteurs de l'aéroport " non ! non ! Largo !!? " s'affola-t-elle, en le poussant sur le côté pour pouvoir se relever à moitié.
Winch était semi-conscient mais il ne pouvait rien dire
- " Joy ?? " s'écria Simon qui couvrait ses amis avec l'aide de Georgy
- " Largo est blessé !! il a été touché !!! " clama la jeune femme extrêmement inquiète, alors que Jerry venait de la rejoindre malgré les risques
- " Mettez-vous à l'abri !! " hurla Georgy en ripostant aux tirs de leurs adversaires
Le co-pilote aida Joy à transporter Largo dans le jet, où ils l'installèrent sur une des banquettes
- " Je vais appeler des secours ! " déclara Jerry en repartant vers le cockpit
Joy, retira la veste de son mari, avant de déboutonner sa chemise tachée de sang
- " Ne me laisse pas tomber, tu m'entends Largo !?? pas après tout ce qu'on a traversé ! " le supplia-t-elle tout en comprimant les plaies
Largo leva douloureusement une de ses mains ensanglantée, pour caresser une dernière fois le visage de sa femme la marquant de son sang, avant de fermer doucement ses yeux. Affolée, Joy porta ses doigts à la carotide du jeune homme et nota avec soulagement un pouls faible mais stable.
Les coups de feux venaient de cesser à l'extérieur, elle entendait des voix, sûrement les agents de sécurité de l'aéroport. Simon et Georgy déboulèrent dans le jet peu de temps avant que les ambulanciers n'arrivent. L'un des hommes demanda des précisions sur l'identité du blessé et les circonstances dans lesquelles s'était arrivé pendant que deux autres faisaient un rapide examen avant de l'installer sur une civière et de le sortir du jet.
Joy voulu les accompagner, mais un des ambulanciers tenta de la retenir :
- " Vous êtes de la famille ? " lui demanda-t-il alors que ses hommes embarquaient Largo dans le véhicule de secours
- " Je suis sa femme " répondit Joy sans perdre son mari des yeux
- " Très bien alors montez " l'invita l'ambulancier
- " On vous rejoint à l'hôpital Joy ! " lui dit Simon avant d'aller à la rencontre d'un policier pour le convaincre de les y conduire
L'ambulance démarra et s'éloigna dans la nuit, sirènes hurlantes.
Hôpital général de Seattle 21h50
Les portes automatiques du hall des urgences s'ouvrirent brusquement pour laisser passer le brancard poussé par les secouristes. L'un d'eux tenait une perf, un autre ballonnait Largo. L'ambulancier en chef, se mit à déballer la situation à l'équipe urgentiste qui venait de les rejoindre :
- " Homme de 28 ans, groupe AB rhésus positif ; double blessure par balle : une thoraco-abdominale, l'autre à l'épaule droite ; pas d'orifices de sortie. A perdu beaucoup de sang, pouls à 100 et irrégulier, tension à 5/8 "
- " Très bien, mettez-le en Réa3 et prévenez le bloc ! "
- " Sauvez-le je vous en prie ! " supplia Joy
- " On va faire notre possible Madame " déclara le médecin avant de passer les portes battantes qui délimitaient la zone réservée aux secouristes.
Joy se retrouva seule, tout s'était passé si vite, elle ne se sentait pas bien. Elle s'appuya contre le mur du couloir et se laissa doucement glisser jusqu'au sol, où elle ramena ses genoux contre elle et prit sa tête entre ses mains.. C'est à ce moment là que Kerensky et Simon apparurent, ils s'approchèrent doucement d'elle, Ovronnaz, l'aida à se relever et la serra dans ses bras
- " j'ai peur Simon, j'ai si peur… " laissa-t-elle échapper en même temps que ses larmes
- "Ssshhhh, je sais, mais il va s'en sortir ne t'inquiète pas. Mon pote c'est un dur à cuire, et il sait qu'on compte sur lui " la rassura-t-il avant de la conduire dans la salle d'attente
Georgy attrapa la feuille d'admission, qu'une infirmière venait d'apporter. Par soucis de ne pas trop secouer son amie, il remplit tout ce qu'il put, et ne la sollicita que pour quelques renseignements et la signature.
Le médecin, les traits tirés par la fatigue, n'arriva que 2h30 plus tard. A son entrée dans la petite salle d'attente, les trois amis se levèrent la mine inquiète
- " Mme Winch ? " interrogea l'homme avant de poursuivre après l'acquiescement de cette dernière " je suis le docteur Byers, c'est moi qui me suis chargé de votre mari "
- " Comment va-t-il ? " demanda Joy, ne pouvant plus attendre, il lui fallait une réponse, même si, d'une certaine manière, elle la redoutait aussi
- " Il a bien supporté l'opération " un soupir de soulagement se fit entendre " cela dit, il a perdu beaucoup de sang et une des balles a été difficile à extraire de part les risques dû à sa localisation. Nous devons pour l'instant attendre 24h pour se prononcer d'une manière plus certaine, voir s'il supporte le stade post-opératoire. Pour l'instant…il est dans le coma et nous ne pouvons pas savoir quand il se réveillera "
Joy se laissa retomber sur son fauteuil. Simon avait le regard hagard, Kerensky se décida donc à poser la question :
- " Est-ce qu'on peut le voir ? "
- " Non je suis désolé, son état est trop critique pour que j'autorise des visites " répondit le docteur Byers
- " Même Joy ? c'est sa femme tout de même " insista le russe
- " Non je suis vraiment navré, mais peut-être demain dans la matinée. Pour le moment je ne peut que vous conseiller de trouver un hôtel et d'aller vous y reposer, je vous appelle à la moindre évolution " déclara le médecin après s'être assuré qu'un numéro de téléphone apparaissait sur la fiche d'admission de son patient " Sur-ce je vous laisse "
Le médecin s'éloigna, laissant les trois amis :
- " Allez Joy, il faut y aller " déclara Simon en commençant à se diriger vers la sortie de la salle d'attente
- " Non…je reste là, je ne peux pas le laisser seul… " répliqua-t-elle
- " Joy, tu ne peux rien faire de plus, rester ici n'y changera rien. Il est entre de bonnes mains " lui dit Georgy en lui tendant sa main pour l'encourager à se lever.
Mais la jeune femme ne bougea pas, elle se contenta de le fixer droit dans les yeux. Kerensky décida d'argumenter un peu plus :
- " Ecoute, si on est venus à Seattle, c'est pour retrouver votre fils. Largo est peut-être dans un lit d'hôpital, mais il ne voudrait pas que tu restes là au lieu de partir à sa recherche. Joy, il faut profiter un maximum de notre temps, je vais vous déposer dans l'hôtel où l'on avait réservé, et j'irai rencontrer mon contact "
La jeune femme réfléchit quelques instants avant de daigner prendre la main que lui offrait le russe ; c'est ainsi qu'ils sortirent un peu à contrecœur de la salle des urgences pour aller prendre un taxi. Durant le trajet, le russe joignit son contact pour qu'il se rende au point de rendez-vous.
Comme prévu, et malgré l'heure tardive, Georgy déposa ses deux amis à l'hôtel avant de donner une nouvelle adresse au chauffeur. Dix minutes plus tard, le taxi s'arrêta prés d'une ruelle, Kerensky paya le chauffeur et s'y engouffra. Au bout d'une cinquantaine de mètres, une enseigne apparut, il ouvrit la porte et entra dans le local.
Part 5
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