L A DANSEUSE
 




Disclaimer:Tous les personnages en dehors de Leena Artuy sont la propriété exclusive des producteurs de la série TV Largo Winch.

Par Orelye Menor
d'après des idées originales de
Lina Nathaël à qui cette fanfic est dédiée.


...
L'aéroport grouillait de monde et Simon Ovronnaz devait tendre le cou pour voir la porte des arrivées. Il s'était bien habillé, tout excité à l'idée d'accueillir une " presque compatriote ", une française. Il avait supplié Largo de le laisser y aller et le jeune milliardaire avait accepté dans un éclat de rire. Il tenait son écriteau bien en vue, sur lequel était imprimé le nom de la demoiselle en question : Leena Artuy. Largo ne savait rien d'elle, et Joy était restée muette. C'était une amie de la garde du corps que Largo avait invitée pour faire plaisir à cette dernière. Elle devait arriver d'ici quelques minutes et effectivement une jeune femme d'une trentaine d'années, à l'allure sportive lui fit de grands gestes auxquels il répondit. Quelle ne fut pas sa surprise et sa déception lorsqu'elle se jeta dans les bras d'un homme juste à côté de lui qui lui décocha un regard assassin. Simon marmonna un " excusez la méprise ". une toux discrète le fit se tourner de côté. Il tomba nez à nez avec…une gamine de vingt ans, aux cheveux courts et ébouriffés et aux grands yeux verts qui le regardait avec un sourire moqueur. Simon se mit à rougir. Elle éclata franchement de rire, se hissa sur la pointe des pieds et lui colla un baiser retentissant sur la joue : " Toi, tu dois être Simon. Joy m'a beaucoup parlé de toi. Allez, je ne t'en veux pas pour la méprise, je suis bien plus canon qu'elle. " Impressionné par le franc parler de Leena, Simon resta sans voix. Il pris sa valise et la conduisit jusqu'à la voiture de sport garée sur le parking.
Joy et Leena tombèrent dans les bras l'une de l'autre devant le regard amusé de Largo, blasé de Simon, et indifférent de Kerensky. Les deux jeunes femmes s'excusèrent auprès des hommes et partirent en quête d'un bon restaurant. Attablées face à face, aucune n'osait entamer la discussion. De temps à autres, Leena regardait furtivement Joy. Elle se décida enfin : " Tu es fâchée ? "
Joy soupira : " Leena.. ;Mets toi à ma place… Tu imagines ma déception ? Toi, ma meilleure amie, impliquée dans un trafic de drogue… "
- Joy… je t'en prie… Il faut que tu m'aides, je ne savais pas ce que faisais Michaël, je te le jure. Je croyais qu'il avait arrêté, il était tellement bien… C'est pour ça que j'ai accepté qu'il vienne vivre à l'appartement. Tu crois que si j'avais su qu'il dealait, je serai resté avec lui ?
- Mais tu l'as appris, et tu l'as soutenu. Et en attendant un jeune est mort. Et toi tu risques le prison parce que c'ets chez toi que le drogue a été trouvée et que ton fiancé a témoigné contre toi…
- C'est pour ça que j'ai besoin de ton aide. Il faut que tu le retrouves…
- Et Largo ? Tu te rends compte de la responsabilité ? On devrait tout lui dire !
- Non !
- Leena, réfléchis ! Nous ne pourrons pas y arriver seules… A moins que…
- A moins que quoi ?
Joy se leva, fit signe à la jeune fille de la suivre et quitta le restaurant devant le regard médusé du serveur qui s'apprêtait à prendre leur commande.
Dans le bunker, Karensky pestait devant son ordinateur. John lui avait demandé de faire une vérification des fichiers et le russe avait découvert que la secrétaire un peu trop curieuse avait joué avec certains paramètres et emmêlé tous les dossiers. Lui qui pensait en avoir pour une demi-heure était bloqué depuis une heure et demie déjà. Il n'accueilli pas les deux femmes avec effusions, se contentant de leur jeter un regard noir.
" Evite de m'adresser la parole Joy, je ne suis pas d'humeur. "
- Ca tombe mal, il faut justement que je te parle.
Avec un soupir, Karensky abandonna son écran.
" Mais vite alors, j'aimerais rentrer chez moi avant le prochain millénaire. "
- Leena a quelque chose à te dire.
- Leena ?
Joy lui désigna son amie, qui se dandinait d'un pied sur l'autre visiblement mal à l'aise. Giorgi leur fit signe de s'asseoir et leur proposa même un café. Devant l'air étonné de Joy il haussa les épaules :
" Avec toi je m'attends au pire et surtout à une nuit blanche. "
Leena avait baissé le regard et Joy lui donna un coup de coude pour l'inciter à débuter son histoire. Elle releva la tête et plongea les yeux dans ceux de Karensky. Elle prit une profonde inspiration et commença son récit :
" Je fais partie d'une compagnie de danse contemporaine. Danser a toujours été mon rêve, mais comme j'étais trop fantasque, et que je n'aime pas la rigueur j'ai abandonné la danse classique pour la danse contemporaine. Je suis douée et travailleuse, alors j'ai pu entrer dans une école puis une compagnie. C'est au cours d'une audition que j'ai rencontré Michaël. Nous devions faire une improvisation et nous avons été désignés pour danser ensembles. Le courant est tout de suite très bien passé. Je suis tombée amoureuse. On a commencé à sortir ensembles, mais parfois je le trouvais bizarre, et une amie m'a dit qu'il se droguait. J'ai rompu avec lui et je ne l'ai plus revu pendant plusieurs mois. Et un jour il est revenu chez moi, il avait complètement changé. J'ai cru que tout était terminé… Nous avons vécu ensembles et tout s'est très bien passé. Et puis, un jour la police a débarqué, ils ont retourné tout mon appartement. Ils ont trouvé des drogues… "
Elle s'interrompit. Joy la regarda et lui posa la main sur l'épaule.
" Ils m'ont arrêtée. Michaël était dans l'entrée. Le policier lui a serré la main et lui a dit qu'il avait servi la société en me dénonçant. Je suis allée en prison. J'ai appris qu'un jeune était mort à cause de la drogue qui était chez moi et que pour la police c'était moi la responsable. J'ai réussi à joindre Joy qui a payé la caution. Je ne suis pas venue de France, j'ai fait croire à Simon que j'en venais mais je suis juste passé par la porte des arrivées. Je n'ai pas le droit de quitter le territoire et mon procès commence lundi prochain. Joy doit me surveiller… elle fait un rapport tous les jours… "
Leena s'arrêta de parler. Ses yeux étaient remplis de larmes et Giorgi fut touché de la fragilité de la jeune fille.
" Ah l'amour ", soupira-t-il. " Bon, si j'ai bien suivi, vous voudriez que je fasse des recherches. Ce ne serait pas plus simple de prévenir Largo ? Ca faciliterait les choses, non ? "
Devant le regard que lui lancèrent Joy et Leena il sourt : " Non, ok ça va, j'ai pigé. Je savais que je passerai une nuit blanche, je le sentais… "
Joy fit un clin d'œil à Leena. Giorgi allait leur venir en aide. L'espoir transforma le regard de la jeune danseuse et elle se leva et alla embrasser le russe sur la joue. Un peu surpris celui-ci bougonna : " Allez vous coucher au lieu de me déconcentrer. Demain il faudra aller faire une enquête sur le terrain. Disparaissez. "
Leena quitta la pièce et Joy la suivit. Avant de fermer la porte elle se retourna : " Giorgi, tu es un type bien. " Le russe ne broncha pas. Avait-il seulement entendu ?
Il était plongé dans ses recherches.
Dès la première heure, le lendemain matin, Joy descendit au bunker. Karensky s'y trouvait déjà, ou encore…
" Alors ? "
Sans lever le nez de son écran, Giorgi lui répondit : " Bonjour Joy, moi aussi je suis heureux de te voir, 'j'ai passé une excellente nuit, je te remercie de ta sollicitude. "
- Ok, excuse moi, je suis un peu à cran avec cette histoire.
- Là je veux bien te croire, d'autant que je n'ai pas d'excellentes nouvelles pour toi.
- Tu n'as rien trouvé ?
- Si. Le jeune Michaël a été arrêté, mais en échange d'une collaboration avec la police il a été relâché. Il a monté toute une histoire pour éviter la prison, si j'en crois le récit de Leena et ce que j'ai trouvé. Le problème c'est qu'il ne s'est pas contenté de faire payer Leena à sa place, il a aussi plumé un dealer assez influent. Ils ont repêché le corps de Michaël hier matin… La bonne nouvelle c'est que Leena était en prison au moment des faits, elle est donc hors de cause, la mauvaise c'est que personne ne peut témoigner pour elle… en ce qui concerne la saisie.
- Oh non… Qu'est ce qu'on va faire ?
- Il va falloir remonter la filière de nous-mêmes… Et ça ne va pas être une partie de plaisir. Surtout pour Leena.
- Comment on va faire ?
Karensky resta silencieux. Visiblement, il n'en avait encore aucune idée. Leena arriva sur ces entre faits. Elle avait les traits tirés et n'avait pas l'air en forme. Elle s'assit à côté de Karensky et le regarda sans rien dire.
" J'ai bien une idée… Mais je ne peux rien garantir… " continua-t-il.
- Dis toujours.
- Elle est danseuse c'est ça ? Donc elle voyage beaucoup. Il suffirait de faire croire à certaines personnes qu'elle pourrait être un transporteur idéal, et les convaincre de la jalousie de Michaël.
- Attends, Giorgi, là je ne te suis plus…
Le russe soupira. Se leva et leur fit signe de l'accompagner.
Une heure plus tard, ils étaient totalement perdus dans la Little Italia. Leena restait scotchée sur les pas de Joy, et Giorgi tentait de se repérer par les indications que lui donnaient des hommes des plus louches. Leena n'avait toujours rien dit et Joy commençait à s'inquiéter. Finalement l'idée vaseuse du russe n'était peut être vraiment pas au point. Ils finirent par atterrir dans un café perdu dans une ruelle. Là, ils furent introduits dans un bureau où les attendait un gros homme fumant le cigare. Il faisait tellement sombre qu'ils ne pouvaient discerner son visage.
" Alors comme ça, tu me cherches ? ", lança-t-il.
Karensky s'assit sur une chaise face au bureau et Joy et Leena en firent autant. Giorgi tira un papier plié en quatre et le posa sur le bureau.
" Qu'est-ce que c'est ? "
- La réponse à ton problème.
Il parcourut le document. " C'est pas vrai… "
- Si. Le gars qui a été repêché a balancé sa copine et toute ta marchandise. L'ennui tu vois c'est que sa copine bosse pour moi et que le jeune bossait pour toi, alors j'aimerais assez que le problème se règle très vite. Ou tu me files un coup de main, ou ta came reste où elle est.
Joy faillit s'étouffer et Leena la regarda absolument terrorisée.
" Qui me prouve que tu ne mens pas ? "
- Qui te prouve l'inverse ? Le seul type qui aurait pu te dire ce qui s'est passé a été bouffé par les poissons.
- Et la gamine, elle fait quoi dans la vie ?
Leena répondit d'une voix assurée et Karensky la félicité in petto : " Je suis danseuse, dans une compagnie internationale. "
- Là je saisis mieux. Ce petit con a tout fait foiré pour sauver son cul. S'il m'avait dit qu'elle bossait pour toi et qu'en plus c'est ta transporteuse, on aurait pu s'arranger. Mais il a toujours voulu faire son business tout seul. Ca lui apprendra.
- Ouais. Sauf que même ad patres il continue à te marcher sur les plates bandes, et sur les miennes par la même occasion.
- OK, on va s'arranger. Je règle ton problème mais tu me récupères la came en échange, c'est donnant donnant. Ca te convient ?
- Marché conclu, répondit Karensky.
- Comment je te contacte ?
- Tu ne me contactes pas. Je veux lire les nouvelles dans le journal, je te renvoie la marchandise dès que la gamine est hors de cause.
Il se leva et quitta l'endroit suivi de Joy et Leena. Ils restèrent silencieux sur le retour et une fois arrivés au bunker, Joy rompit la glace.
" Comment tu as… "
- Facile, c'est le plus gros bonnet de la drogue. D'après les rapports de la police, la quantité de drogue était trop élevée pour qu'un petit trafiquant la possède. J'ai tenté un coup de poker.
- Et maintenant, que va t-il se passer ?
- On attend que les charges qui pèsent sur Leena soient levées. Tu la renvoies illico en France et moi…je m'occupe de la marchandise.
- Tu vas lui rendre ?
Karensky lui fit son plus beau sourire.
" Bien sûr… "
Leena regardait cet homme fascinée. Lorsque Joy rejoignit Largo et Simon, Karensky lui demanda de rester encore un peu.
" Je dois vous remercier… "
- Ca va, j'en ai vu d'autres.
- Comment allez-vous faire ?
- Ca c'est mon problème. Mais il reste le tien à régler. Depuis combien de temps ?
- Deux mois, je ne l'ai pas dit à Joy.
- Ca je m'en doutais. Elle t'en aurait voulu. Que comptes-tu faire ?
- J'en sais rien. Je voulais pas garder le bébé, mais…
- Ecoute. J'ai des amis qui pourraient t'aider. Martha n'a pas eu d'enfants. Elle s'en occupera si tu ne veux pas le garder. Et dans le cas inverse, elle s'occupera de vous deux, et il y a toujours du travail en salle. En plus elle a toujours rêvé de tenir un restaurant un peu comme Bagdad Café. Tu vois ce que je veux dire ?
La jeune fille sourit. " Joy avait raison, vous êtes un chic type. " Et elle se jeta à son cou, au moment où Simon, Largo et Joy entraient.
" Waouw ! ", s'exclama Simon, " mate moi ça Largo, il suffit qu'on s'absente pour que Giorgi fasse le joli cœur. "
Le russe repoussa avec gentillesse la jeune fille et leur jeta à tous un regard noir. Leena s'amusa beaucoup de sa réaction, elle se pencha vers lui, et lui murmura " c'est d'accord " à l'oreille puis esquissant quelques pas de danse en direction de Joy elle s'exclama : " Alors ? On va faire les boutiques ? "
Dans le journal du lendemain matin, un dépêche faisait état de la culpabilité de Michaël dans un trafic de drogue, alors que son amie d'abord soupçonnée, était innocentée. La marchandise disparut des locaux de la brigade des stupéfiants.
En lisant ces nouvelles, Joy fut saisie de remords. Elle descendit voir Karensky au bunker.
" Tu as lu le journal ? "
- Comme un bon américain. La première et la dernière page, pourquoi ?
- Leena a été innocentée.
- Ce n'est pas ce que tu voulais ?
- Si…mais… La drogue a disparu. Elle est retournée à son propriétaire.
- Et alors ?
- Des jeunes vont en consommer. Peut être en mourir comme ce jeune…
Karensky lui lança un regard glacé : " On n'a rien sans rien. Tu voulais qu'elle soit innocentée, j'ai fait ce que j'ai pu. Il faut faire des choix dans la vie. Tu as fait le tien, j'ai fait le mien. L'affaire est close. "
- Tu n'as vraiment aucune conscience…, murmura Joy.
- C'est ce que je t'ai toujours dit, rétorqua Giorgi.
Simon eut le privilège de raccompagner Leena à l'aéroport et les adieux se firent dans la bonne humeur. La jeune fille avait en effet prévu de revenir très souvent et Largo avait mis son jet à sa disposition. Karensky lui avait confié l'adresse de Martha, et l'avait prévenue de son arrivée. Leena avait promis à Giorgi de lui écrire souvent et le russe avait haussé les épaules. Mais elle l'avait vu sourire. Joy avait eu du mal à laisser partir la jeune fille et les deux femmes s'étaient promis de se téléphoner et de se revoir très souvent.
Lorsque l'avion décolla, Karensky le regarda un instant tracer un sillon dans l'air. Puis il mit son masque et prit son M-16 et se mit au milieu de la chaussée. Lorsque le camion arriva, il tira des coups de semonce et força le convoi à s'arrêter. Il ordonna aux deux camionneurs de mettre la marchandise sur la route. Les casiers de fruits et légumes renfermaient un double fond que Giorgi fit sauter. Les paquets blancs étaient bien visibles. Le feu prit rapidement et lorsque Giorgi fut sûr que toute la marchandise illégale avait brûlée, il laissa repartir le camion avec ses occupants, blêmes de rage et de peur. Lorsqu'il releva la tête, Giorgi vit que le tracé de l'avion terminait de s'effacer…

FIN

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