V ACANCES EN FLORIDE (part 4)
 




Pendant ce temps, dans le bunker
Kerensky cherchait toujours à localiser Diana et Nério, mais aucune trace d'eux. Il n'arrivait pas à se concentrer sur ses recherches : il était un peu en colère parce que Largo, Simon et Joy ne l'avaient pas appelé ce matin, mais surtout il pensait à Marissa. Depuis qu'elle avait avoué qu'elle l'aimait, il ne parvenait pas à en détacher son esprit. Il savait que, lui aussi, il l'aimait et ça le faisait souffrir. Il se mit à penser à Joy : il la comprenait maintenant et il s'en voulait de l'avoir si souvent taquinée à propos de Largo. Si elle apprenait qu'il était dans la même situation ! Il fut tiré de ses réflexions par le bip de son ordinateur : Simon, Largo et Joy l'appelaient.
" Bonjour les vacanciers ! Comment allez-vous ? demanda-t-il en essayant de paraître de bonne humeur.
_Très bien, répondit Largo. Désolé de ne pas avoir téléphoné plus tôt.
_C'est pas grave, déclara Georgi.
_T'as des nouvelles de Diana ou de mon père ?
_Non, toujours pas, je n'arrive pas à mettre la main dessus.
_Tant pis, on te rappelle ce soir, dit Largo. Au fait, Joy veut te parler, on te la passe.
_Kerensky ? c'est Joy. Qu'est-ce qui ne va pas ? J'ai bien vu que tu n'es pas dans ton état normal.
_Rien du tout, maugréa Kerensky. Et depuis quand t'intéresses-tu à moi ?
_ Allez Georgi, insista Joy, dis moi ce qui ne va pas. C'est Marissa, non ?
Georgi sursauta. Comment Joy avait-elle fait pour deviner ?
_Oui, acquiesça doucement Kerensky. Je ne sais pas quoi faire Joy. C'est terrible !
Joy était étonnée que Georgi se confie aussi facilement, il devait vraiment être désespéré !
_Tu crois ? demanda Joy. Pourtant il n'y a pas si longtemps, tu te moquais de Largo et moi !
_Pardonne-moi, Joy, mais maintenant j'ai besoin de tes conseils.
_Non, je rêve ? s'exclama Joy, surprise. Tu me demandes de t'aider ?
_Tu ne peux pas savoir combien ça m'en coûte Joy…
_Tu l'aimes ? demanda à brûle-pourpoint Joy.
_Oui, je crois, répondit Kerensky gêné.
_Alors où est le problème ? Elle t'aime aussi, non ?
_Et tu crois pas que tu te fous un peu de moi ? questionna Georgi en élevant quelque peu la voix. Tu veux que je te rappelle combien de temps tu as attendu avec Largo ?
_Comment sais-tu que… ? commença Joy.
_Que vous vous êtes avoués que vous vous aimiez ? continua Kerensky heureux de l'effet de surprise provoqué sur Joy. Facile, il n'y a qu'à te regarder, ça se voit dans tes yeux. Puis en baissant la voix :Tu crois que je dois lui dire à Marissa ?
_Oui, répondit Joy en le regardant droit dans les yeux. Ne fais pas la même erreur que moi. Plus tu attends, plus ce sera difficile.
_Joy, je ne pensais pas qu'un jour, j'aurais à te demander de l'aide, surtout pour ça, avoua Kerensky. Mais je veux te dire merci, vraiment.
_Mais c'est tout naturel, répondit Joy avant d'ajouter d'un air malicieux : mais je ne savais pas que les ex-espions du KGB pouvait se montrer sentimental, je n'en reviens toujours pas !
Floride
Joy coupa la communication, elle se sentait heureuse pour Georgi. Elle avait hâte d'être à ce soir pour prendre de ses nouvelles et savoir s'il avait fait sa déclaration. Elle se dirigea vers la plage où l'attendaient Largo et Simon.
" Qu'est-ce que tu lui voulais ? demanda Simon toujours aussi curieux.
_Tu es incorrigible, répondit Joy, j'ai le droit de parler à Kerensky sans avoir à te rendre des comptes.
_Comme tu voudras, dit Simon, mais je trouve que vous manigancez beaucoup en ce moment, c'est louche ! "
L'après-midi se déroula tranquillement. Largo espérait que Simon les laisserait seuls, mais celui-ci n'avait pas l'air de vouloir s'en aller. " Tant pis, j'irai la voir ce soir " se dit Largo.
Bunker
Après avoir raccroché, Kerensky hocha la tête, prit son courage à deux mains et appela Marissa. Il était très nerveux. Il se demandait comment il allait lui annoncer. Lorsqu'elle arriva dans le bunker, il faillit renoncer. Puis, il se rappela les paroles de Joy et se dit qu'il ne devait pas faiblir. Il s'approcha donc de Marissa.
" Marissa, bredouilla Kerensky, très mal à l'aise, je voulais vous dire…
_Chut, répondit Marissa en le prenant par le cou. Je sais ce que tu veux me dire. " Et elle l'embrassa. Kerensky fut surpris, puis il se dit qu'après tout, c'était mieux comme ça. Il était soulagé qu'elle l'ait compris tout de suite. Lorsque ils se séparèrent, Marissa dit gentiment :
" Tu vois, Georgi, c'était pas compliqué ! T'avais pas besoin d'avoir peur !
_Je sais, répondit Kerensky, un peu vexé, mais au KGB ils n'apprennent pas à parler aux femmes ! Et il l'embrassa à son tour.
_Marissa, je t'aime, dit-il à mi-voix. _Moi aussi, Georgi. Ils se regardèrent tendrement.
_Marissa, ça t'ennuie si pour l'instant, on ne parle pas de notre relation ? Je n'ai pas l'habitude de dévoiler mes sentiments et je sens que Simon et Largo vont se moquer de moi. Et puis, je préfère attendre que l'affaire de Diana et de Nério soit terminée car je ne pense pas qu'ils te fassent confiance pour l'instant.
_Pas de problème, beau blond, répondit-elle en souriant. Et Joy ? Tu crois qu'elle va en penser quoi ?
_Elle le sait déjà, dit Kerensky en baissant les yeux. Elle a deviné.
_Ca ne m'étonne pas, déclara Marissa, elle est vraiment incroyable cette fille !
_Oui, et tu pourras la remercier, c'est grâce à elle que j'ai pris la bonne décision !
_Je n'y manquerai pas, répondit Marissa en riant.
_T'as intérêt " lança Kerensky avant de l'entraîner hors du bunker. Et pendant quelques heures, Kerensky laissa de côté ses chers ordinateurs (et c'est pas plus mal ;-)) ). Lorsqu'il retourna dans le bunker, il trouva un message sur le répondeur…
Floride, le soir
Avant d'aller manger, Joy, Simon et Largo décidèrent d'appeler Kerensky.
" J'ai du nouveau ! lança Georgi.
_Dis vite, s'écria Largo.
_J'ai eu un message de Diana sur le répondeur.
_Comment ça sur le répondeur ? Tu n'étais pas dans le bunker ? demanda Simon, curieux.
_Euh, j'étais parti quelques minutes dehors, répondit-il un peu mal à l'aise. En l'entendant, Joy se mit à sourire et lui vint en aide en empêchant Simon de poser d'autres questions gênantes :
_Et qu'est-ce qu'elle voulait ?
_Elle disait qu'elle avait été enlevée par la Commission Adriatique et que elle et Nério étaient séquestrés dans un hangar désaffecté à New York que j'ai réussi à localiser. Evidemment, c'est un piège ! Mais cela prouve une chose : qu'il n'y a plus de traître au sein du groupe W, sinon elle saurait su qu'elle étaient démasquée.
_T'as raison, répondit Largo un peu ému à l'idée de revoir peut-être son père. Tu penses qu'on doit faire quoi ?
_Je suis désolé, dit Kerensky, mais je crois qu'il va falloir que vous écourtiez vos vacances.
_Ouais je crois ça aussi, grommela Simon, et ça ne m'enchante pas ! ! !
_Attends, tu te rends compte, je vais peut-être retrouver mon père, Simon ! Tu devrais être heureux pour moi !
_Mouais, mais en attendant, j'étais bien, au soleil, sans rien faire. Et en plus, on va tomber dans une embuscade ! !
_D'accord, mais on y sera préparé, intervint Kerensky, donc on va s'équiper en circonstance.
_Il faut qu'on revienne quand ? demanda Joy, un peu triste à l'idée de devoir repartir.
_J'ai fait préparer le jet pour demain, 10 heures.
_Ok, on sera prêt, affirma Largo. Puis : Bon je suppose que Joy et toi voulez vous parler comme d'habitude alors on vous laisse.
_Alors, ça y est ? demanda Joy.
_Oui, répondit simplement Kerensky.
_Tu n'as pas eu trop peur ? se moqua gentiment Joy.
_Oh, ça va toi, et puis elle a compris tout de suite. Au fait je peux te demander quelque chose ?
_Bien sûr. Quoi ?
_N'en parle pas à Simon et à Largo, sinon je sens que je vais souffrir et avoir droit à toutes sortes de remarques !
_D'accord, je ne dirai rien.
_Merci Joy, t'es vraiment une chic fille ! Joy rougit du compliment : c'était si rare que Georgi en fasse !
_De rien, Georgi, j'ai été heureuse de te rendre service.
_Bon à demain alors.
_Ouais, à demain !
Salle à manger
Joy alla rejoindre ses amis à la salle à manger. Ils étaient déjà installés à table.
" Alors comme ça, vous partez demain ? dit Maria en apportant le repas.
_Hé oui, toutes les bonnes choses ont une fin, déclara Largo.
_N'empêche, Diana croit nous surprendre mais en fait c'est elle qui va être étonnée ! observa Simon en riant.
_Oui, fit Largo pensif, et j'espère que ça va bien se passer.
_Il n'y a pas de raison, affirma Simon.
_On aura l'avantage d'être déjà au courant que c'est un piège, dit Joy.
_Comment ça " on " ? demanda Largo. Il n'est pas question que tu viennes, tu n'es pas encore complètement guérie et je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose !
_Je ne vais pas rester à vous attendre sans rien faire, s'emporta Joy. Et puis, je suis responsable de ta sécurité, alors je dois être présente.
_Non Joy, répéta Largo d'un ton ferme. Tu resteras au bunker, ce n'est pas la peine de discuter. "
Joy n'insista pas, mais elle se promit d'y aller quand même, à leur insu s'il le fallait.
Le reste du repas se déroula tranquillement, même si Joy ne parlait pas beaucoup. Après le repas, elle prit congé de ses amis et monta dans sa chambre. Elle sortit directement sur le balcon.
Balcon
Joy s'accouda à la balustrade. Elle réfléchissait à tout ce qui s'était passé pendant ces quelques jours de vacances. Elle se demandait si elle n'aurait quand même pas du repousser Largo. Elle était sûre qu'il ne pourrait résister s'il se trouvait face à une belle jeune femme. Une idée lui vint : quand l'affaire Diana et Nério serait terminée, elle demanderait à une de ses amies de séduire Largo. Elle verrait bien alors s'il était capable de rester fidèle. La nuit était en train de l'envelopper, elle se sentait bien. Quel dommage qu'ils doivent partir dès le lendemain ! A ce moment, Joy sentit quelqu'un arriver : c'était Largo (Je parie que vous aviez deviné ! Eh oui, je n'ai pas encore fait le coup du balcon, et comme c'est la dernière nuit… Je n'allais quand même pas laisser passer une occasion pareille ! !). Il s'approcha de Joy et passa son bras autour de son cou.
" Tu penses à quoi, Joy ? demanda-t-il.
_A plein de choses, répondit-elle vaguement. Et toi, tu penses à ton père ?
_Oui, et j'éprouve de l'appréhension à l'idée de le revoir peut-être bientôt. J'ai peur d'être déçu.
_Je te comprends, dit Joy. (Je ne sais pas si vous vous imaginez bien l'ambiance, moi il n'y a pas de problème puisque il fait nuit à l'heure où j'écris ces lignes)
Pendant quelques minutes, ils ne parlèrent pas, chacun était perdu dans ses pensées. Enfin, Joy prit la parole :
_Largo, je… je crois que je t'aime.
Largo crut qu'il allait crier de joie, elle lui avait enfin dit qu'elle l'aimait.
_Oh Joy, je suis si heureux, dit-il en la regardant tendrement. Pour toute réponse, Joy lui déposa un léger baiser sur les lèvres. Puis, elle le plaqua contre la balustrade et l'embrassa fougueusement (J'espère qu'elle est solide la barrière, sinon… splaaaatch ! (C'est pour montrer à Addams que moi aussi je suis douée pour les bruitages ! ! !)). Largo était au comble du bonheur ! Il aurait aimé que cet instant dure très longtemps. Il perdit toute notion de ce qu'il faisait, il était si heureux ! Lorsqu'il reprit un peu ses esprits, il se demanda comment il était arrivé là : il était sur son lit, torse nu, et Joy lui faisait tout plein de petits bisous partout (comme c'est mimi ! !). Il se dit que Joy cachait bien son jeu : elle se réfugiait sous une apparente froideur mais en réalité elle savait se montrer torride ! ! Tout en la caressant, il commença à remonter son débardeur puis il l'enleva complètement. Comme sa peau était douce ! Il s'abandonna totalement à ce moment d'ivresse. De toutes les filles qu'ils avaient connues auparavant, aucune d'elles ne l'avaient encore amené à un bonheur aussi complet. Il comprit que Joy était vraiment unique et qu'il n'aurait plus jamais d'autres conquêtes (c'est lui qui le dit…).
Le lendemain matin
Simon s'était réveillé à 8 heures, il descendit au salon et fut surpris de n'y trouver personne. Comme leur départ était prévu dans deux heures, il décida d'aller réveiller Largo. Il grimpa l'escalier et arriva devant sa chambre. Il ouvrit doucement la porte. Il allait crier " Debout là dedans ! " mais il se retint juste à temps : il venait d'apercevoir le visage de Joy juste à côté de celui de Largo. Comme ils étaient touchants ! Ils avaient l'air si heureux et si tranquilles ! Simon referma la porte, il s'en voulait d'avoir à les réveiller. Il ne savait pas trop comment s'y prendre. Il se décida à frapper à la porte et cria : " Largo, réveille-toi, il est déjà 8 heures ! ". Puis il alla dans sa chambre préparer ses affaires.
_Joy, appela Largo en la secouant doucement, il est 8 heures, il faut se lever.
_Hein quoi ? marmonna Joy encore toute endormie. Déjà ?
_Hé oui, on part dans deux heures !
_Oh non, j'avais complètement oublié ! Je n'ai pas envie de m'en aller.
_Moi non plus, mais on est bien obligé ! Bon, je vais me doucher.
_Moi aussi, je vais retourner dans ma chambre. "
Elle passa par le balcon car elle n'avait pas envie de croiser Simon dans le couloir. Elle repensait avec délice à la nuit qu'elle venait de passer. Elle fit sa valise machinalement, elle avait l'impression d'avoir rêvé ce merveilleux moment. Elle était toujours perdue dans ses pensées quand elle descendit les escaliers.
" Bien dormi ? questionna Simon, un fin sourire aux lèvres.
_Oui oui, répondit Joy.
_Bon, dépêche-toi de déjeuner, on part dans 10 minutes ! annonça Simon.
_Pas de panique, je fais aussi vite que je peux, dit Joy en revenant à la réalité.
Largo apparut à son retour, l'air encore moins réveillé que Joy.
_Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda-t-il.
_Rien, répondit Simon, je disais juste qu'il fallait que vous vous dépêchiez.
_Me stresse pas dès le matin, protesta Largo, c'est un jet privé, il va nous attendre.
_C'est pas une raison. "
Jet, 10h30
Joy était allongée sur le canapé et finissait sa nuit tandis que Largo et Simon discutaient à voix basse dans un coin :
" Tu m'as l'air un peu endormi, Largo, fit remarquer Simon, et Joy aussi…
_Qu'essaies-tu d'insinuer, Simon ? demanda Largo en le regardant droit dans les yeux.
_Moi ? rien, répondit d'un ton innocent Simon. Juste qu'il faut dormir la nuit…
_Simon !
_Allez avoue que vous avez passé la nuit ensemble ! !
_Et alors, on n'a pas le droit ?
_Si bien sûr, mais tu aurais pu me le dire quand même, je suis ton meilleur ami, lui reprocha Simon.
_Je ne suis pas obligé de tout te raconter. Et un petit conseil, évite d'énerver Joy avec ça, tu sais comme elle est ! Un petit coup de pied est si vite lancé… 
_T'inquiète, je ne dirai rien ! affirma Simon. Et sinon, c'était bien ?
_Je n'avais encore jamais éprouvé autant de plaisir avec mes précédentes copines, Simon, avoua Largo les yeux brillants. Avec Joy, c'était… magique ! "
Ils furent interrompus par le commandant de bord qui leur annonça qu'ils allaient bientôt arriver. Largo alla réveiller Joy et ils atterrirent.
Bunker, 12 heures
Simon, Largo et Joy rejoignirent Kerensky au bunker. Largo avait un bras passé autour des épaules de Joy. Kerensky sourit en les voyant.
" Content de te revoir Georgi, dit Largo.
_Moi aussi, le bunker est un peu vide sans vous, déclara Kerensky. Joy allait répliquer quelque chose au sujet de Marissa mais elle se rappela juste à temps qu'elle devait se taire.
_T'as un plan, Kerensky ? demanda Simon.
_Oui, on va attaquer à la tombée de la nuit. Largo et toi entrerez dans le hangar et moi je resterai en arrière pour vous couvrir. Comme d'habitude je ne suis jamais sur le terrain, ils ne s'attendront pas à ma présence.
_Et moi ? questionna Joy.
_On te l'a déjà dit, tu restes ici et tu nous attends, rappela Simon. Joy serra les poings mais ne répondit pas. Elle savait ce qu'elle allait faire, elle les suivrait et se tiendrait prête à intervenir au cas où. Et vu le plan simpliste de Kerensky, ils auraient sûrement besoin d'elle.
Largo et Joy passèrent le reste de l'après-midi à discuter de choses et d'autre, de Nerio, du groupe W… Joy reprochait à Largo de la laisser sur la touche pour l'attaque du hangar. Largo lui fit comprendre que c'était parce qu'il tenait trop à elle et que s'il lui arrivait quelque chose, il s'en voudrait tourte sa vie. Mais cela ne changea en rien la résolution de Joy. Pendant ce temps, Kerensky et Simon restèrent au bunker pour préparer l'expédition.
Hangar désaffecté à New York, 21 heures.
Largo et Simon arrivèrent devant le hangar. Kerensky avait pris une autre voiture et s'était garé un peu plus loin.
" On entend pas de bruit, Largo, fit remarquer Simon, ça ne présage rien de bon.
_Oui, t'as raison, si ça se trouve, ils sont tous derrière la porte à nous attendre ! On va demander à Kerensky s'il peut savoir combien ils sont. Les trois amis avaient pris soin de rester en contact au moyen d'une petite oreillette. Kerensky, dans sa voiture, fit marcher un logiciel sur son ordinateur portable lui permettant répondre à la question de Largo.
_Une dizaine, je pense, mais l'ordinateur n'est pas très puissant et il se peut qu'il y en ait d'autres. Je ne peux pas les localiser précisément à l'intérieur du bâtiment, alors il va falloir que vous attaquiez. Attendez, j'ai repéré une petite porte sur la droite, vous allez entrer par là.
_Ok, répondit Largo. "
Ils pénétrèrent prudemment dans le hangar. Il n'y avait pas de lumière. Ils n'étaient pas très rassurés car ils n'arrivaient pas à localiser les occupants. Ils continuèrent à marcher parmi les caisses qui étaient entassées là. Largo décida de recontacter Kerensky.
" Georgi, on ne voit personne, tu es sûr que le hangar est occupé ? Georgi ! ! !
_Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Simon, inquiet.
_C'est Kerensky, il ne répond pas ! !
_On est vraiment mal barré, laissa échapper Simon. "
Tout à coup, ils entendirent un bruit derrière eux. Ils se retournèrent et aperçurent le canon d'une arme pointé sur eux. A ce moment, la lumière s'alluma.
" Diana ! s'écria Largo qui était quand même un peu surpris de la voir là. Au fond de lui, il espérait encore qu'elle était innocente.
_Hé oui, tu ne t'attendais pas à ça ! ricana celle-ci. Allez, jetez vos armes. Ils obtempérèrent.
_Ne crois pas qu'on est étonné, ça fait longtemps que Kerensky a découvert que tu étais la taupe, dit Simon, mais on n'arrivait pas à te mettre la main dessus.
_Vraiment ? fit Diana, un sourire aux lèvres. Tiens en parlant de Kerensky, mes hommes l'ont trouvé dans sa voiture. On ne voulait pas le laisser tout seul, alors on l'a recueilli. Elle montra du doigt un homme entouré de deux gardes à sa droite.
_Désolé les gars, fit Kerensky, je n'ai rien pu faire.
_Où est mon père ? cria Largo.
_Tu veux vraiment le voir ? demanda Diana. T'as peut-être raison comme ça vous mourrez ensemble. Fred, amène Nerio.
_Papa !
_Hé oui, mon fils, c'est moi, je suis désolé de t'avoir à nouveau conduit dans un piège.
_Bon, interrompit Diana, arrêtez vos jérémiades. Vous allez mourir maintenant. Elle pointa son flingue sur Nerio. A cet instant, Largo, Simon et Kerensky qui avaient chacun un pistolet de rechange firent feu sur les gardes qui n'eurent pas le temps de réagir tellement l'attaque les avait pris par surprise (voilà où ça mène d'oublier de fouiller les prisonniers ! ! !). Diana se ressaisit rapidement et visa Largo :
_Je vais peut-être mourir mais toit tu m'accompagnes. Et elle tira. Nerio se jeta entre elle et Largo (ça me rappelle quelqu'un) et s'effondra touché en plein cœur, tandis que Diana s'écroulait également. Simon regarda dans la direction d'où provenait le coup de feu et vit Joy tenant son pistolet d'une main apparaître en haut d'une pile de caisses.
_Qu'est-ce que tu fais là ? questionna-t-il tandis que Largo s'agenouillait près de son père.
_Ben ça se voit non ? Je fais mon job, répondit-elle.
_Papa, oh non, tu n'es pas mort, cria Largo. Ce n'est pas possible, je viens juste de te retrouver et tu m'abandonnes ! Il sentit une main se poser sur son épaule :
_C'était pour te sauver, Largo, dit Joy, tu peux être fier de lui. Ce n'est pas de ta faute, mais plutôt de la mienne : j'aurais du intervenir avant.
_Non, tu n'y es pour rien, tu n'aurais déjà pas du être là !
_Tu croyais quand même pas que j'allais te laisser ? Tu sais, ajouta-t-elle après un temps, c'est peut-être mieux ainsi. Ton père, tu le croyais déjà mort. En apprenant qu'il était vivant, tu t'es composé une image idéalisée de lui et tu aurais pu être déçu.
_T'as peut-être raison, mais ça me fout quand même un coup : c'est mon père qui est là inerte devant mes yeux !
_Je comprends, Largo, dit doucement Joy. "
Kerensky et Simon assistaient à la scène sans intervenir. Qui aurait pu mieux que Joy consoler Largo ?
Toujours dans le hangar désaffecté
Diana gisait dans un coin, mais personne ne prêtait attention à elle. Tout le monde était rassemblé autour de la dépouille de Nerio. Kerensky avait fait quelques prélèvements pour pouvoir s'assurer que c'était bien le vrai Nerio. Largo n'arrivait pas à détacher ses yeux du cadavre de son père. Malgré les efforts de Joy pour le tirer de ses sombres pensées, il ne bougeait pas et était toujours aussi affligé. Simon et Kerensky durent le secouer pour qu'il se relève et appelle la police.
Bunker (lendemain matin)
Simon, Largo, Kerensky et Joy étaient rassemblés au bunker.
" Alors, t'as vérifié si c'était vraiment mon père ? demanda Largo à Kerensky.
_Oui, répondit celui-ci, je viens d'avoir les résultats de la recherche, c'est bien lui.
_D'un coté, je préfère que ce soit comme ça, dit Largo après un temps. Maintenant, Nerio est bel et bien mort, et de toute façon, je ne pourrai pas le faire revivre, alors autant que j'oublie.
_Tu as raison, approuva Simon. Il est prévu pour quand l'enterrement ?
_Demain 14 heures, annonça Largo. Il y aura nous quatre et John, c'est tout. On ne préviendra pas les autres.
_Ca vaut mieux, fit Joy. Ca ne sert à rien d'ébruiter l'affaire et puis ils croient que Nerio est mort depuis un an maintenant. "
Cimetière près de New York, 14 heures
L'enterrement se déroula calmement, sans fusillades ( ! ! !). Les 5 personnes présentes (je ne les rénumère pas) jetèrent chacunes leur tour une fleur et se recueillirent devant la tombe. Puis, elles prirent le chemin du retour.
Quelques jours plus tard, bunker.
" Ce soir, annonça Largo, il y a une réception de donnée pour la signature du contrat avec l'usine de surgelés de Tokyo (je sais, j'aurais pu trouver mieux !). Je compte sur vous pour être présents.
_Je suis désolée, fit Joy, mais ce soir, je ne pourrai venir qu'à partir de 11 heures. En fait, elle se disait que c'était le moment où jamais de mettre son plan à exécution, même si pour l'instant, Largo était parfait.
_Tant pis, Simon et Kerensky suffiront à ma sécurité jusqu'à cette heure-là. D'ailleurs je passe vous prendre à 8 heures, ok ?
_Ok répondirent Simon et Kerensky. " Les quatre amis se séparèrent.


Part 5