A TTENTA
 




Disclaimer: Cet épisode est classé nc-17 pour son contenu. Tous les personnages sont propriété exclusive de Dupuis, sauf Tessa O'Connor qui et une pure invention de ma part.

...
5am. Le téléphone sonnait sans arrêt et Largo tendit le bras. Le réveil tomba à terre. La lampe de chevet faillit suivre le même chemin.
" Allo ? ", fit-il d'une voix ensommeillée.
-        Largo, c'est Joy. On a un gros pépin. Tu peux descendre au Bunker ? Le ton de la voix de Joy réveilla complètement le jeune homme qui raccrocha brutalement avant de sauter dans ses habits et de quitter son appartement en courant. Les couloirs étaient déserts, et jamais il ne descendit au Bunker aussi vite. Il entra dans le Bunker et fut surpris de le voir désert. Aucune console n'était allumée, et aucune trace de Joy ni de Kerensky. Encore moins de Simon. " Largo… " Une voix désincarnée l'appelait. Se retournant, un cri de frayeur faillit lui échapper. Sur l'écran géant apparaissait… Nerio Winch. Ses contours étaient flous, ses yeux fixes. " Méfie-toi, ils sont partout… " La dernière chose que vit Largo fut la tête qui sortait de l'écran. Simon, Joy et Georgi étaient attablés dans un petit café où ils prenaient leur petit-déjeuner.
-        C'est agréable d'être tous ensembles, vous ne trouvez pas ?
-        Georgi grogna. Joy sourit.
-        Je crois qu'il essaie de te dire qu'il est d'accord avec toi.
-        Bon les enfants, il est temps d'y aller.
D'un geste théâtral, il posa le règlement sur la table et se dirigea vers la sortie, suivi de Joy et Georgi. Il était très bien réveillé et leur fit la conversation jusqu'au Groupe W. Georgi n'écoutait pas et Joy faisait l'effort d'acquiescer quand elle l'estimait nécessaire. En arrivant devant le Bunker, Georgi passa sa carte et tapa le code, la porte se déverrouilla et une fumée blanche sortit de la salle.
-        Oh merde ! jura Georgi. Il se précipita à l'intérieur.
Simon faillit le suivre mais Joy l'en empêcha. Elle scrutait l'intérieur de la pièce.
-        On dirait une sorte de gaz.
-        Il n'y a pas le feu alors…
Kerensky ressortit, il avait un pan de son manteau devant la bouche et le nez.
-        Vite, Joy, Simon, Largo est à l'intérieur ! J'ai enclenché le système de désenfumage. D'un même mouvement, ils se précipitèrent à l'intérieur et ressortirent traînant à moitié le jeune homme qu'ils emportèrent jusqu'à l'ascenseur. Simon regardait fréquemment en arrière pour voir si Georgi suivait, mais il n'arrivait toujours pas. Joy examinait Largo, couché dans l'ascenseur. Il était blême et respirait avec difficultés. Elle appela les secours devant un Simon complètement sous le choc. Le Suisse se décida  à retourner vers le Bunker au moment où Kerensky en sortait , toussant à fendre l'âme. Simon s'approcha du russe et entendit l'appel de Joy. Se retournant, il découvrit une scène cauchemardesque. Des hommes habillés de tenues de combat noire étaient entre elle et lui et les tenaient en respect. Une fumée blanche envahissait la cabine de l'ascenseur et Simon vit Joy, dont le corps recouvrait celui de Largo. Une main s'agrippa à son bras. Kerensky, les yeux injectés de sang, le tirait en arrière. Simon ne pouvait détacher ses yeux de Largo et Joy. Les hommes en noir se retournèrent vers eux et avancèrent. Simon et Georgi commencèrent à reculer, et brusquement, le russe s'arrêta.
-        Ils veulent nous faire aller dans la zone enfumée. Sa voix était rauque et chaque mot semblait lui coûter
un effort particulier. Les hommes s'étaient encore rapprochés et séparèrent les deux hommes. Comme dans un rêve, il vit le russe se débattre de l'emprise de plusieurs soldats. Il avait réussi à se dégager de l'emprise de l'un des deux et l'avait projeté contre le mur d'un coup de pied à l'estomac. L'autre, cependant, profita de ce qu'il avait porté son attention sur son collègue pour lui faire une clé au bras et le forcer à se mettre à genoux. Paralysé, Simon vit celui qui avait été malmené sortir une arme et viser. Georgi tressaillit et s'effondra. Les deux soldats ne lui accordèrent plus un regard et se dirigèrent vers Simon qui retrouva l'usage de ses jambes et courut dans le Bunker. Il rata la première marche et faisant un vol plané, heurta la table. Il vit trente six étoiles puis le noir complet. Joy ouvrit les yeux et rougit violemment. Elle était couchée sur Largo. Elle chercha à se relever, posa les mains sur son torse. Elle le vit frémir. Elle se sentait légère et se pencha délicatement sur le jeune homme. Elle hésita un court instant, puis déposa un baiser sur les lèvres de Largo. Elle se sentit traversée par un courant électrique qu'elle attribua à l'excitation du moment. En relevant la tête, elle se rendit compte que quelque chose clochait. Simon n'était nulle part en vue. Georgi non plus d'ailleurs. Elle remarqua également la fumée. Son instinct lui disait qu'elle était en danger, et si elle l'était, nul doute que Largo le soit. Elle bloqua l'ascenseur, dégaina son arme, et retourna dans le couloir. Il était peu éclairé, et elle s'en étonna. Son attention fut cependant
attirée par une forme au sol. En se rapprochant, elle sentit sa gorge s'assécher. L'homme avait de longs cheveux blonds, elle s'approcha encore, contourna le corps qu'elle refusait de reconnaître et tomba à genoux. Couché sur le ventre, les bras le long du coups, Georgi était tourné vers elle. Il avait les yeux ouverts qui regardaient dans le lointain. Elle écarta quelques cheveux et laissa sa main posée sur la joue de Kerensky. Elle avait remarqué le sang qui formait une larme écarlate sur le sol. Elle se releva d'un bond en entendant du bruit dans le Bunker. Elle s'y précipita, l'arme prête à être utilisée. Elle resta figée sur le seuil. Des volutes de fumées conféraient à la pièce une atmosphère lugubre, qui s'harmonisait avec le décor dans le couloir. Au bas de l'escalier, Simon était étalé de tout son long et remuait sans doute pour se remettre debout. Joy vit qu'il avait un peu de sang sur les mains. Elle l'appela et lorsqu'il se retourna dans sa direction, elle vit son visage ensanglanté. Il lui sourit et se releva complètement. Alors seulement, elle remarqua les visages et les silhouettes d'hommes armés, dissimulés en partie par la fumée. Ils tenaient Simon en joue. Simon qui lui souriait. Simon qui avançait vers elle, inconscient du danger. Joy hurla et tira. Elle abattit un, deux hommes ? Mais les autres avaient ouvert le feu. Simon fut transpercé, son corps resta en suspens un moment et effectua des gestes désordonnés. Ses yeux s'écarquillèrent et le sang coula de sa bouche alors que le mot qu'il avait sur les lèvres restait inaudible. Joy se sentit défaillir et sortit du bunker pour s'adosser au mur. Elle se laissa glisser au sol et croisant les mains autour de ses genoux, posa sa tête dans l'espace ainsi créé.
Largo ouvrit les yeux et la première chose qu'il vit fut le néon qui clignotait au-dessus de lui. Il tourna la tête et reconnu les boutons de l'ascenseur. Il s'assit et se frotta les yeux. Le brouillard restait tenace. Il essaya de rassembler quelques souvenirs, mais rien à faire, il ignorait ce qui lui était arrivé et comment il était arrivé là. Il se leva, s'appuyant aux parois. Il s'aventura dans le couloir et se rua vers le corps qu'il vit à terre. " Georgi… Georgi… " Largo recula en comprenant que le Russe ne lui répondait plus. Puis, au bord des larmes, il ferma les yeux ouverts sur la nuit de Kerensky. Mais qui les avaient attaqués ? Où étaient Joy et Simon ? Il se rua dans le Bunker et son cœur faillit s'arrêter de battre lorsqu'il vit le tragique spectacle qu'il avait à ses pieds. Simon gisait dans une mare de sang. En un instant, il fut au pied de l'escalier et serra le corps de son meilleur ami dans les bras. Le sang avait séché le long de son menton et sur ses lèvres, mais Largo crut voir un sourire. Les larmes s'échappèrent librement alors qu'il enfouissait son visage dans la chevelure de son ami. " Simon… mon pote… Simon… " Il chuchotait. Ce lieu lui parut soudain inamical et comme un zombie, il retourna dans le couloir. Il lui sembla qu'il était encore plus sombre qu'avant. Au loin, il aperçut la lumière de l'ascenseur, mais surtout une silhouette qu'il connaissait bien : " Joy ! " appela t-il. La jeune femme se tourna vers lui, et un sourire illumina ses lèvres : " Largo ! " Brusquement, la porte de l'ascenseur commença à se refermer et comme surgi de nulle part, Largo vit la grenade entrer dans la cabine de l'ascenseur. Le bruit de l'explosion lui parvint assourdi et il se retourna lorsque la porte se rouvrit. Il ne pourrait pas supporter de voir. Pas Joy. Devant lui, Kerensky, dans le Bunker, Simon… Il était le seul qui restait. Seul comme avant. Lorsque l'homme en noir arriva, avec le couteau, il le remercia presque d'atténuer ses souffrances et se laissa glisser tranquillement vers le gouffre de pénombre éternelle.
           Georgi s'éveilla. Il avait la tête posée sur la table et se sentait vaseux. L'ordinateur affichait un message : " Désenfumage effectué ". Le Russe passa la main dans ses cheveux et bondit de sa chaise. Simon, Joy et
Largo gisaient à terre. Apparemment, Joy et Simon n'avaient pas réussi à sortir à temps. Joy avait la tête posée sur l'épaule de Largo, et Simon avait une position étrange, comme s'il s'était entièrement crispé. Tous les trois avaient un teint blême et avaient des cernes autour des yeux. Inquiet, Georgi entreprit de les réveiller. Il s'occupa de Joy en premier, lui tapotant doucement les joues. La jeune femme ouvrit les yeux après un temps qui lui parût une éternité. Elle semblait terrifiée et se jeta à son cou. Complètement surpris, il se dégagea avec douceur : " Ce n'est rien, Joy, ce n'était qu'un vilain cauchemar. " Joy le regarda et fit un tour d'horizon de la pièce, son regard tomba sur Simon et Largo. Elle parut démunie. Georgi la rassura aussitôt et secoua Simon sans ménagement. Le Suisse ouvrit des yeux exorbités. " Joy ! " s'écria t-il.
-        Je suis là, dit-elle d'une voix blanche.
-        Kerensky… murmura t-il, tu es vivant ?
L'interpellé leva un sourcil : " J'ai comme l'impression que vous m'avez rêvé mort. Enfin, je suis heureux de
constater que vous semblez soulagés de me voir en vie… "
-        Ne plaisante pas avec ça, s'il te plait, reprit Simon d'une voix mal assurée.
Largo gémit alors. Il s'assit, les yeux larmoyants et regarda tour à tour ses trois amis : " dites-moi que ce n'était
qu'un cauchemar… "
-        C'en était un, dirent Joy et Simon en cœur.
-        J'ajouterais que c'était les effets d'un gaz particulièrement hallucinogène auquel nous sommes restés exposés pour notre part plus de deux heures et Largo encore plus longtemps. Vu ses effets, je dirai que sans le désenfumage, nous serions morts à l'heure actuelle… Personne ne répondit. Tous se relevèrent
-        Bon, dit Joy, Largo, tu pourrais nous expliquer comment tu t'es retrouvé ici ?
-        J'ai reçu un appel, vers cinq heures ce matin, me demandant de descendre au bunker. J'ai pris la voix pour la tienne, Joy…
-        Ok, dit Kerensky en s'installant devant son ordinateur. Je vais vérifier les appels entrants de ce matin.
-        Non, dit Largo. Personne ne reste ici tant que je ne serai pas sûr qu'il n'y a aucun danger.
Devant l'autorité du ton de Largo, aucun n'osa discuter et tous sortirent. La réponse des experts fut formelle, ils avaient bel et bien été victime d'un gaz très nocif dont les effets premiers étaient de plonger les victimes dans un sommeil halluciné, dans lequel leurs rêves semblaient réels. Ce gaz était souvent comparé à l'opium qui provoquait parfois des rêve terrifiants. Si le temps d'exposition était trop long, le rêve finissait par prendre le pas sur la réalité, et chaque blessure se répercutait sur le physique. A la question de Largo qui voulu savoir qui aurait pu se procurer un tel gaz lui fut répondu que seul un militaire aurait éventuellement pu y avoir accès. Une fois le Bunker nettoyé une bonne fois pour toute, Largo, Joy, Simon et Georgi s'y retrouvèrent. Ils se sentaient gauche en cet endroit. " J'ai toujours aimé me réfugier ici, leur confia Largo, mais aujourd'hui j'ai peur. Je me sens inquiet. " Pendant que les experts avaient travaillé, ils s'étaient tous raconté leur rêve. Seul Georgi avait gardé le silence. " Dis voir, Georgi, pourquoi tu ne nous racontes pas ton rêve ? " , lui demanda Joy.
-        C'est simple, répondit le Russe, tout simplement parce que je n'ai pas rêvé.
-        C'est impossible ! s'exclama Simon.
Gravement, Joy répondit. " Si, ça l'est. Certains agents sont immunisés contre ce gaz. Mais cela signifie qu'ils ont subi un entraînement spécial. Mais dans ce cas tu n'aurais pas dû t'endormir. Alors quelque chose à clocher…ou tu ne veux rien nous dire. " Elle rencontra le regard de glace du Russe qui ne lui répondit pas. Largo soupira et pour essayer de détendre l'atmosphère qui devenait pesante, il proposa de faire des recherches sur l'auteur de ce qu'il appelait l'attentat. Kerensky se mit devant son ordinateur, alors que Joy le regardait étrangement. En quelques minutes il avait listé les appels et isolé l'appel qu'avait reçu Largo. Il maugréa en voyant que l'appel provenait d'un poste interne, et en donna la localisation exacte à Largo, Joy et Simon qui décidèrent d'aller jeter un coup d'œil. Quelle ne fut pas leur surprise d'arriver dans un bureau désert, visiblement laissé à l'abandon depuis très longtemps. La table de travail était recouverte de poussière, quelques dossiers étaient posés dessus, des crayons, calepins, feuilles et autres affaires y traînaient. Il y avait aussi quelques photos, surtout des enfants, et l'armoire dans le coin était pleine de classeurs qui avaient été vidés de leur contenu et remis en place. Certains indiquaient des années. 1991. Simon était sidéré. " Ca fait plus de dix ans que ce bureau est laissé dans l'état ? "
-        C'est impensable dans un building tel que celui-là. Quelle mauvaise plaisanterie…Largo regardait le téléphone sur le bord du bureau. " Blague ou pas, la poussière sur ce téléphone semble indiquer que personne ne s'en est servi depuis de nombreuses années. " A cet instant, John Sullivan suivi de Georgi Kerensky pénétrèrent
dans le bureau. Devant les regards étonnés des trois autres , Sullivan se justifia : " Kerensky m'a appelé, il a…euh… fait quelques recherches et m'a demandé plus d'explications. Mais je vous préviens, ce n'est pas gai… et…si ça ne vous dérange pas j'aimerais mieux qu'on en parle dans mon bureau… "
Il avait l'air assez inquiet. Sans discuter, mais assez surpris, tous le suivirent. Une fois dans le bureau, Sullivan sembla hésiter. Largo lui fit signe de raconter. " La personne qui travaillait dans ce bureau était très proche de Nerio. Elle s'appelait Tessa O'Connor. Elle est entrée au groupe W sur un caprice de Nerio, qui l'a très vite nommée à un poste de responsabilités au grand dam de nombreux employés. Elle travaillait excellemment bien, je dois le reconnaître. Elle vivait ici dans un appartement que Nerio avait mis à sa disposition. Elle avait deux enfants en bas âge, des jumeaux, un garçon et une fille. Et… enfin, les rumeurs prétendent que c'étaient les enfants de Nerio. "
-        C'étaient ? l'interrompit Simon.
-        Oui… Le comité était parti en voyage d'affaires avec Nerio, et la tragédie a eu lieu pendant son absence. Une nuit quelqu'un a réussi à pénétrer dans le building. Tessa et les enfants ont été enfermés dans le bureau et ont été… enfin, une grenade de gaz a été jetée. Ils sont morts asphyxiés.
-        Quelle horreur, murmura Largo.
-        Nerio a refusé que le bureau soit réutilisé. Il a été anéanti. Personnellement, j'ignore le lien exact entre Tessa et lui, mais une chose est sûre, le bureau a été condamné, et personne n'a plus jamais eu le droit de parler de cette affaire ni de ses protagonistes…
-        Mais quel lien avec notre aventure ? Kerensky regarda Sullivan. " Le responsable de ce triple meurtre voulait tuer Nerio. Il avait donc installé un système à retardement qui aurait provoqué une catastrophe comme le gaz saurin dans le métro japonais, si vous vous en souvenez. Le seul problème, c'est qu'au moment de brancher le minuteur, quelque chose a mal tourné, et il a été victime des gaz. On a retrouvé son corps plusieurs jours après. C'est Kerensky qui a eu un doute… "
-        En effet, quelque chose me dérangeait dans cette affaire. Le fait que la personne au bout du fil ait la même voix que Joy… J'ai donc fait des recherches et j'ai trouvé un article relatant la découverte du corps d'un employé du gaz de ville. J'ai aussitôt fait le rapprochement entre les deux affaires et en faisant de plus amples recherches, j'ai découvert que cet homme était l'ex-mari de Tessa. Et aussi le père des enfants que Nerio prévoyait d'adopter pour leur offri un avenir décent…
-        Ce serait la jalousie qui l'a poussé à commettre cet acte barbare ?, intervint Largo.
-        Oui mais ce n'est pas tout. Il avait vraisemblablement laissé du gaz, mais personne n'a jamais rien remarqué. Jusqu'à aujourd'hui. Les experts, juste après votre départ m'ont signalé avoir retrouvé la source du gaz. Ce type avait laissé plusieurs flacons dans les conduits. Avec le temps, ils ont bougé, se sont abîmés et certains se sont brisés ces jours derniers. Largo a été la première victime, mais je doute qu'il ait jamais reçu de coup de fil.
-        Attends, tu as bien trouvé quelque chose.
-        Oui Un silence suivit. " Une coïncidence ? " proposa Simon. Personne ne crut bon répondre. De retour au Bunker, ils s'assirent autour de la table. " C'est dingue quand même ", dit Simon.
-        C'est plutôt une triste histoire. Qui montre une fois de plus que ton père avait fait le bon choix en te tenant éloigné loin de lui…, dit Joy.
-        Oui. Mais j'ai une drôle d'impression. Kerensky, où sont-ils enterrés ?
-        Pas très loin d'ici…
-        OK, j'aimerais y aller…
-        On t'accompagne, dirent Joy et Simon en cœur.
-        Et toi Georgi ?
-        Je préfère rester ici, pour voir avec les experts, afin que nous n'ayons plus de problèmes… Resté seul, Georgi ôta ses lunettes et prit sa tête entre les mains. Aussitôt les souvenirs affluèrent. Kerensky ! Kerensky ! C'est un piège !!! La voix s'éteignit. Il vit une forme féminine tomber à terre au moment où la fumée s'élevait de la valise, ouverte sur le sol. La pièce était fermée, et les agents qui accompagnaient se collèrent au mur, regardant avec horreur cette fumée mortelle venir vers eux. Quelques minutes suffirent à faire tomber les plus faibles qui s'agitèrent dans leur dernier rêve… ceux encore debout regardaient leur chef, la peur au ventre. Ils n'avaient pas le choix. Il fallait passer par la fenêtre. Georgi leur montra l'exemple. Il courut, fit exploser le verre et chuta des trois étages. Il atterrit durement sur le sol et resta immobile les yeux ouverts qui regardaient le ciel. Les nuages avaient de drôles de formes, et le paysage était changeant. Il se réveilla deux jours plus tard dans le service médical de sa base où il apprit que de son équipe ils n'étaient que deux à avoir survécu… La bonne nouvelle étant qu'ils étaient immunisés…

FIN