L ARGO MAC WINCH




Note de l'auteur: C'est ma première expérience en matière de " figures imposées ". Alors j'attends votre opinion…
PS : J'ai essayé de respecter au maximum les lieux et les us et coutumes écossaise, mais n'ayant pas encoreété dans ce beau pays, pardonnez-moi les erreurs possibles. Bonne lecture.
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" … et grâce à cette allianceavec la société de Monsieur Winch, notre land va trouver un nouveau souffle. Portons un toast à l'avenir ! "
La trentaine de personnes conviées à la signature du contrat entre la ville de Lairg et la Winch Companylevèrent leur verre, et reprirent ensemble ces mots. " A l'avenir ". Largo Winch n'était pas mécontentd'avoir enfin terminé cette mission que lui avait confié John Sullivan. La Société s'était proposée aurachat d'une filature de tartans, le célèbre tissu écossais aux motifs et aux couleurs différents. La demandeétait devenue très forte ces derniers temps, et l'exportation massive de textiles devrait fournir pas mal debénéfices. En plus, l'argent investi par la multinationale permettrait à court terme de sauver cette région sauvage des Highlands du chômage. Malgré tout, le propriétaire du terrain sur lequel l'entreprise devait être construite, un certain Mac Leys, châtelain à l'arbre généalogique impressionnant et qui ne jurait que par l'Ecosse et ses traditions, s'était fait tirer l'oreille pour accepter une telle " intrusion " des américains dans son pays. Après deux mois de correspondance, de promesses et de menaces de la part du Conseil, Largo Winch avait décidé de se déplacer sur le terrain, afin de démontrer à Lord Mac Leys que ses intentions n'étaient pas d'envahir la contrée. L'homme s'était dans un premier temps montré froid et distant, surtout lorsque Simon avait demandé sile trésor familial était toujours caché au fond d'un chaudron, et si les légendes sur la pingrerie des écossaisétait fondée ou non. Mais les efforts de diplomatie et de charme de Largo avaient porté leur fruit, et le contrat avait été signé. Le jeune homme eut un soupir de soulagement : il allait pouvoir enfin rentrer à la maison. Ce qui ne déplairait certainement pas non plus à Simon, qui avait tenu à l'accompagner " pour goûter au célèbre Whisky écossais ", et qui chaque jour depuis leur arrivée maudissait le froid et l'humidité de ce pays, avec force éternuements et grognements. Largo regarda son ami, emmitouflé dans un énorme pull qui le faisait ressembler à un ours polaire. Il devait être encore à se plaindre du temps, à voir la tête que Joy faisait. Elle n'était pas du tout du même avis que Simon, et passait son temps libre à errer dans la lande, ou sur le bord du Loch Shin qui jouxtait le château. Elle s'était ressourcée pendant ces quelques jours, et avec ses yeux brillants et sesjoues rendues roses par ses promenades quotidiennes, elle était plus belle que jamais. La cérémonie tirait à sa fin, et Largo s'était levé pour serrer la main de son hôte. A sa grande surprise, Mac Leys le tira vers lui et le serra dans ses bras à l'étouffer.
-      Mon ami, j'aimerais me faire pardonner mes réticences à joindre ce projet. Accepteriez-vous d'être mon hôte demain, et d'assister au mariage de ma fille, … ?
-      Eh bien…
-      Acceptez, je vous en prie. Largo regarda Simon, qui lui faisait des signes désespérés des mains et de la tête, pendant que ses lèvres formaient le mot " NON ". Joy, quand à elle, ne disait rien, mais il savait qu'elle auraitété prête à rester encore plusieurs semaines dans ce pays. Et puis, il était sûr de ce John Sullivan lui conseillerait…
-      Avec plaisir. Simon posa sa tête sur l'épaule de Joy, et fit mine de pleurer. Largo dissimula tant bien que mal son sourire, comme il essayait de se concentrer sur ce que Mac Leys lui disait.
-      C'est un mariage qui respectera les traditions, tout le clan des Mac Leys sera présent. Je serai très honoré devous les présenter. Ne vous en faites, pas, je vous fournirai les costumes pour le mariage demain matin. Mon secrétaire passera tout à l'heure prendre vos mesures, à vous et à votre amiSimon, bien entendu… Vous verrez, je suis certain que vous aimerez beaucoup voir nos coutumes. Et avec votre prestance, vous porterez fort bien le kilt. Après une dernière poignée de main, Mac Leys s'éloigna, laissant Largo figé, la main toujours en l'air, le même sourire poli sur les lèvres. Seul son regard bleu trahissait sa panique, comme il réalisait ce que son hôte venait de lui dire… Simon et Joy, qui n'avaient pas entendu ladernière partie de la conversation, s'approchèrent de lui.
-      Hé ben, mon vieux ? On dirait que tu as vu un fantôme ! Tu me diras, c'est courant dans la région, ilparaît… plaisanta Simon.
-      Le KILT ?!?
-      Quoi ?
-      On doit s'habiller en KILT !
-      Attends… Tu plaisantes, là ? Tu ne veux pas dire que je vais devoir porter une jupe durant toute lacérémonie ?
-      Je crois que c'est exactement ce qu'il vient de dire, Simon, fit Joy, qui avait l'expression ravie et coquine d'un chat qui vient de voler un bol de crème. Elle se dirigea vers leurs chambres, laissant Simon et Largoseuls dans la Salle de Réception. Elle n'avait fait que quelques pas lorsqu'elle entendit ses amis soupirer d'une même voix " Oh, non ! ". Son rire cristallin se répercuta le long du couloir. Tard dans la matinée, vêtus chacun d'un peignoir, Simon et Largo se retrouvèrent autour de la table du petit déjeuner. Une agitation fébrile régnait dans la maison, comme les préparatifs du mariage battaient leur plein. Mais eux, au milieu de tout cela, restaient maussades.
-      Pitié, Largo. T'es sûr qu'on ne peut pas demander une petite entorse aux traditions à ton Lord ?J'vais avoir froid, moi ! J'ai les gambettes fragiles, et il fait –5°C dans leur pays. J'ai rêvé toute la nuitque l'ensemble de l'assistance se moquait de moi.
-      D'abord ce n'est pas MON Lord, ensuite NON, je ne crois pas qu'on puisse éviter cette galère. Il esttellement attaché à ses coutumes qu'il verrait ça comme un crime de lèse-majesté. Et puis tu n'es pas le seulà avoir fait des cauchemars.
-      Et si on filait à l'anglaise ? proposa Simon, plein d'espoir.
-      Je ne pense pas que ce serait très bien vu. Surtout dans un château écossais…
-      On pourrait prétexter que ma vieille mère est malade ?
-      Simon ! gronda Largo.
-      Ouais, ouais, ça va. Mais tu vas regretter de ne pas avoir suivi mes conseils !
-      Je pourrais peut-être dire que j'avais oublié une réunion décisive avec le Conseil ? reprit Largo, avec exactement le même ton que Simon quelques instants plus tôt.
-      Largo ! Un domestique interrompit leur discussion, pour leur annoncer que les costumes de ces Messieurs les attendaient dans leur chambre. La cérémonie du mariage se déroulant dans une chapelle à plusieurs kilomètres, il était temps pour eux de se préparer. Traînant la jambe, ils se rendirent tous les deux dans la chambre. C'est là que Joy, en robe de velours noir à manches longues, les trouva un peu plus tard, toujours en peignoir, chacun devant son lit, regardant avec perplexité la longue pièce de tissu bleue à rayures jaunes et rouges qui les attendait, avec tous les accessoires…
-      Alors, qu'attendez-vous ? On va nous attendre, en bas.
-      Il est hors de question qu'on mette ce truc, répondit Largo.
-      En plus, c'est livré en kit, sans le mode d'emploi…, renchérit Simon.
-      C'est pas vrai ! Ça sait ouvrir une porte en 8 secondes, mais pas enfiler un kilt ? Et l'aventure, alors ? Les nouvelles expériences ?
-      Demande-moi de traverser l'Inde à dos d'éléphant, d'accord. Mais ça, NON. Imagine qu'on t'oblige à t'habiller avec une jupe ! OK, mauvais exemple, rajouta-t-il en voyant le sourcil de Joy, qui était remonté de 2 bons centimètres.
-      Est-ce que je dois avoir recours à la force ? menaça Joy
-      Même les menaces n'arriveront pas à nous convaincre. Joy eut un geste de découragement. Il lui restait peu de temps pour réussir à mettre son patron et le chef de la sécurité en jupe. Si le bâton ne marchait pas, il allait falloir trouver une carotte…
-      C'est dommage, pourtant toutes les filles que je connais trouvent sexy de voir un homme habillé comme ça…, murmura Joy d'un ton léger
-      Sexy ? Simon commençait à tendre l'oreille.
-      Bien sûr. Je suis prête à parier que toutes les représentantes du sexe féminin vous tourneront autour.
-      Bon, après tout c'est pour le bien de la WinchCompany, alors on peut faire un petit effort, pas vrai Largo ? Largo ne disait rien, ou plutôt il se contentait delever les yeux au ciel. Décidément, Joy arrivait à lui faire faire ou dire tout ce qu'elle voulait à Simon. Et lui n'avait plus qu'à suivre.
-      On ne sait même pas par où commencer. Ça se met où, ça ? Les mariages sont risqués, ici ? Il faut emmener des armes ? demanda Simon en montrant le couteau.
-      Dans ta chaussette. C'est un SkinDu, un petit couteau traditionnel.
-      Comment tu sais tout ça ? C.I.A. ?
-      Non, G.R.A.E., Grae. Une de mes amies, au collège, qui a épousé un écossais. J'étais demoiselle d'honneur à son mariage. Si on veut être à l'heure, laissez-moi faire. Joy leur expliqua comment porter le costume traditionnel. Lorsqu'elle aborda le sujet des sous-vêtements, elle baissa les yeux et rougit un peu. Largo et Simon, qui avaient presque accepté l'idée de porter un kilt, eurent un nouveau sursaut de fierté en entendant que les caleçons ou tout autre pièce de tissu assimilée ne faisaient pas partie de la panoplie. Avant d'avoir à subir une nouvelle séance de négociations, Joy les envoya tous deux dans la salle de bains avec tout le matériel, comme on envoie deux enfants au coin. Et à voir leur tête, c'était exactement ce qu'ils ressentaient. Il leur fallut plus de vingt minutes pour se préparer. Lorsqu'ils sortirent de la salle de bain, Joy était allongée sur un des lits et feuilletait un livre expliquant l'histoire du clan Mac Leys. Elle détailla les deux garçons par-dessus son livre, des pieds à la tête, et resta bouche bée. Veste noire, chemise blanche, kilt bleu avec le sporran sur le dessus, chaussettes blanches hautes et souliers blancs et noirs, tout était parfait. Parfait si on exceptait la tête que Largo et Simon faisaient : horriblement gênés, ils osaient à peine faire un geste.
-      Tournez-vous, que je vois si ça vous va. Ils s'exécutèrent à contre-cœur, et tournèrent sur eux même à tous petits pas. Le kilt leur arrivait au-dessous du genoux, et les chaussettes montaient à la même hauteur, et pourtant ils se sentaient… nus, en un mot. Ils se regardèrent au passage dans le miroir en pied de la chambre,et rougirent de concert.
-      C'est bizarre, Simon, je ne pensais pas que tu avais de si petits mollets, fit Joy, pensive.
-      Là, c'est trop, je me change, bougonna Simon en retournant dans la salle de bains.
-      NON ! Je voulais juste te taquiner un peu. Vous êtes superbes. Et en plus on est en retard, alors allons-y. Joy ouvrit la marche, suivie de Simon et Largo qui n'en menaient pas large, et qui s'attendaient à vivre la plus longue soirée de leur vie.
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Ils furent un peu rassurés à leur arrivée à la chapelle, en voyant que tous les hommes portaient la même tenue. Finalement, ils ne seraient pas au centre de l'attention. Mais ils eurent à faire face à une nouvelle difficulté lorsqu'ils durent s'asseoir, le kilt remontant un peu trop à leur goût sur leur cuisses. Simon passa la moitié de la cérémonie à tirer sur sa jupe, et à chaque fois il entendait le rire de Joy assise à côté de lui. Largo, lui, fixait les mariés, impeccablement droit sur sa chaise, en se répétant que ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Lorsqu'enfin ils furent de retour au château, ils furent soulagés de pouvoir, cette fois, s'asseoir à l'abri derrière une table et une nappe. Le dîner fut joyeux, chacun des convives mettant un point d'honneur à leur raconter toutes les légendes fascinantes qui s'attachaient à ces lieux. Simon n'écoutait que d'une oreille, ses sensétant autrement attirés par la tourte à la viande et par la présence d'une charmante demoiselle assise juste en face de lui, et dont le décolleté attirait irrésistiblement son regard. Joy avait même été obligée de le rappeler à l'ordre par deux fois, et lui donnant un coup de pied dans les tibias.
Aidés par le whisky qui coulait à flot, les trois amis se détendirent tout à fait. Lorsque l'heure fut à la danse traditionnelle, le “ceilidh”, tous les hommes furent invités à participer. Largo essaya deprétexter sa méconnaissance de cette danse pour essayer de se défiler, mais Mac Leys le " rassura " en lui expliquant qu'il suffisait de suivre les autres. Largo rougit et expliqua qu'il avait déjà du mal à marcher avec cette tenue, alors danser… Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que déjà Simon l'entraînait. Au bout de quelques pas, il comprit l'utilité du sporran, qui empêchait son kilt de se soulever et de révéler à l'assistance féminine, rassemblée autour des danseurs, son intimité… (on ne bave pas, les filles… LOL). Il réussit à se soustraire aux danseurs à la fin de la première danse, alors que Simon continuait à bondir de plus belle avec les autres invités. Il se dirigeait vers Joy lorsqu'une des demoiselles d'honneur le tira par le bras et l'obligea à lui faire face. Elle se collaità lui et le déshabillait du regard.
-       J'ai toujours rêvé de savoir qu'il y avait sous un kilt…
-       Rien… Enfin rien de bien interessant…, répondit Largo, ne sachant trop que répondre. Il se demandait comment se débarrasser de cette compagnie envahissante quand les premières notes d'un slow se firent entendre. Avisant Joy qui était à l'écart, il eut une idée.
-       Excusez-moi, j'avais promis cette danse à mademoiselle, dit-il à haute voix, afin que Joy l'entende.
-       Hein ? Joy, surprise, le laissa l'entraîner sur la piste.
-       Pardonnes-moi, mais tu étais ma bouée de sauvetage.
-       Oh, fit elle, un peu déçue tout de même.
-       Et puis je comptais t'inviter avant l'intervention de cette…
-       Sangsue ? Largo éclata de rire, et la serra plus fort. Ils dansèrent ainsi quelques minutes, et Largo exprima à haute voix une pensée qui lui trottait dans la tête depuis le début l'église.
-       Que penses-tu du mariage ?
-       Tu parles de l'expérience que je peux en avoir ? Si je regarde mes parents, ce n'est pas brillant.
-       Non, je parle de ton avis personnel sur le sujet. Tu penses te marier un jour ?
-       C'est plutôt indiscret comme question. Toi d'abord.
-       Je me vois assez bien, quand je serai vieux, avec ma femme, mes enfants, et un vieux chien qui dort devant la cheminée.
-       Vraiment ? Joy releva brusquement la tête, et son visage se trouva à quelques centimètres de celui de Largo. Leurs regards se rencontrèrent, les yeux bruns de Joy se noyant dans ceux, bleus azur, de son cavalier.
Etait-ce l'alcool, l'ambiance chaude de la fête ou simplement le désir, leurs lèvres se frôlèrent doucement, timidement. Puis le baiser se fit profond, chacun laissant libre cours à son envie de l'autre. Lorsqu'ils se séparèrent, les invités autour d'eux applaudirent. Gênée, Joy esquissa un geste pour se dégager des bras de Largo, mais celui-ci la tint plus fermement.
-       Pas question que je te laisse partir. Mademoiselle Arden, je réquisitionne toutes les danses à partir de maintenant. Il prit le visage de la jeune femme entre ses mains, et l'embrassa à nouveau. Joy s'abandonna à l'étreinte, et enlaça Largo. Il serait toujours temps de réfléchir plus tard aux implications. Pour l'instant, elle s'en sentait incapable. Et puis, elle aussi avait toujours voulu savoir ce qui se cachait sous un kilt…

The End
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NOTES

La ville de Lairg existe bien, et se situe effectivement sur les bords du Loch Shin. Pour le reste, voyez votre Atlas préféré (LOL) Ben quoi, faut bien une base concrète à tout récit, non ?