"R ESURRECTION" suite (part 5)
 




Bunker, 14h00 :
Georgy était, comme à son habitudde, devant son ordinateur. Il regardait attentivement les pages et les pages de noms qu'il venait de recevoir grâce à Diana. Simon venait d'être appelé par Sullivan. En effet, le bruit avait couru que Largo Winch s'était encore embarqué dans un coup fourré. Depuis sa disparition, ils recontraient des policiers dans chaque coin de la tour W. Mais aucun ne savait si Mr Winch s'était enfui loin des regards indiscrets avec sa garde du corps pour se ressourcer, s'il avait été enlevé, s'il était mort. Ils n'avaient aucune information. L'avis de recherche n'avait pas été déclaré mais cela ne tarderait certainement pas.

C'est pour cela que Sullivan avait convoqué Simon. Georgy et Simon s'étaient mis d'accord pour ne rien dire à John, question de sûreté. Mais Sullivan voulait savoir, et maintenant qu'ils avaient trouvé les taupes, et tout en espérant qu'il n'y en avait pas d'autres, ils s'étaient décidés à tout lui avouer. Il serait certainement furieux mais il ne pourrait rien faire pour changer quoique ce soit.

Georgy sortit tous les noms sur papier et lança les recherches pour chacun de ces noms. Contrairement à ce qu'il aurait pu penser, il n'y en avait pas tant que ça. Le livre était d'origine, il passa donc les premiers noms puisqu'ils dataient de plus de quatre siècles. Il ne prit en compte que les noms non inscrits en caligraghie.

Puis il posa ses lunettes et mit sa tête dans ses mains. Il n'avait pas dormis depuis deux jours. Il devait être en forme pour terminer le plan comme il l'avait prévu, de plus, le décalage horaire ne lui réussissait pas bien, cela avait toujours été son point faible en tant qu'agent du KGB. Il prit donc une pause et s'endormit en attendant Simon.

Simon sortit soulagé du bureau de John Sullivan. Il avait eu droit à l'engueulade que Largo recevait habituellement lorsqu'il "oubliait que maintenant il était à la tête d'une société qui ne se dirige pas toute seule". Simon se demandait comment Largo pouvait supporter les réprimandes aussi souvent lorsqu'il fut accosté par Michel Cardignac.
"Monsieur Cardignac, quel plaisir! dit-il d'un ton faussement ravi.
-J'ai entendu les policiers discuter entre eux, ils disaient que notre cher PDG était décédé. Je crois que je peux parler en l'honneur de tous les membres de la Com-du Conseil pour vous présenter nos plus sincères condoléances.
-Vous pensez pas que vous mettez la charrue avant les boeufs? Continuez à dire des trucs comme ça et c'est moi qui présenterai mes condoléances à Del Ferrill pour la perte de son cher amant."
Cardignac ne répondit rien, fit la moue, vérifia que Simon plaisantait, et voyant l'air sérieux de celui-ci, s'en allant comme il était venu.

Une fois en rourte pour le bunker, Simon sourit et s'étonna une fois de plus de la bêtise de Cardignac. Comment un mec comme ça a-t'il put réussir? se demanda-t'il.

Il arriva au bunker et trouva Georgy tout juste réveillé par le claquement de la porte.
"Eh ben la Belle au Bois Dormant! Tu crois que c'est le moment de dormir?
-Contrairement à certaines personnes, j'ai travaillé toute la nuit.
-Mais toi tu t'es pas fait sermonné pendant deux heures par Sullivan. Et puis, j'ai même eu Cardignac en bonus. Cet imbécile m'a laissé clairement comprendre sans même s'en rendre compte qu'il bossait pour la Commission.
Georgy le regarda pour lui faire dire la suite. Simon ne se fit pas prier.
-Ben oui, un lapsus révélateur.
Et il lui raconta sa brève rencontre avec le directeur de la Air Winch.

Simon regarda ensuite le travail accomplit par Georgy.
-Alors ça y est? Diana t'a tout envoyé?
-Exact. J'ai lancé les recherches, maintenant on ne peut rien faire d'autre qu'attendre.
-Et pour Marissa, qu'est-ce qu'on fait?
-Ce que j'avais menacé de faire à Cardignac lorsqu'il s'en était pris à elle, et ce que l'on fera à tous les membres de la Commission Adriatique.
-Là, j'ai raté un épisode. Tu m'expliques?
-Il y a plusieurs mois, j'avais aperçu plus d'une fois sur les caméras de sécurité Cardignac et Marissa. Il la traitait comme une moins que rien. Je lui ai demandé de choisir entre être poli avec sa secrétaire et être effacé de tout programme informatique, c'est-à-dire qu'il n'exiterait plus pour personne : plus d'identité, plus d'argent, plus rien.
-Et tu compte faire ça pour Marissa?
-Je pense que c'est la meilleure solution.
-Mais c'est pas dangereux de lâcher une fille comme ça dans la nature? On n'aurait plus aucun moyen de la repérer et elle pourrait même pas être fichée par la police.
-Si tu as peur qu'elle se retrouve dans les sales coups, il n'y a aucune crainte à avoir. Dans ce milieu, on demande aussi des références, si elle n'est pas capable de les prouver, il y a peu de chance pour qu'elle soit "embauchée".
-Si tu le dis.

Georgy ouvrit un fichier et cliqua sur "oui" lorsqu'on lui demanda "Etes-vous sûr de vouloir supprimer ce fichier?"

Il se sentait mal. Elle avait vraiment failli le faire craquer. Il avait appris la nouvelle de sa trahison plutôt mal, il en avait marre de toute cette histoire. Mais maintenant, après lui avoir rendu la monnaie de sa pièce, il avait des remords. Est-ce qu'il devait lui gâcher sa vie entière? Il ne savait plus trop où il en était.

Il préféra ne plus y penser, c'était fait et il n'y reviendrait pas. A présent il devait se concentrer sur Largo et Joy et sur les membres de la Commission à éliminer aussi.

Simon reprit la parole.
-Au fait, pour faire la même chose aux autres, je pense que tu devrais attendre l'accord de Largo. Je pense qu'il préfèrerait les voir en prison. En plus, ça reste dangereux comme méthode, surtout s'ils se regroupent tous même sans argent, ils auront toujours du pouvoir de par leurs relations.
Kerensky le regarda étonné. Simon continua.
-Ben oui, tu vois, moi aussi je peux être logique quand je veux."
Bunker, 18h00 :
Kerensky avait enfin toutes les informations nécessaires sur les membres de la Commission Adriatique. Il rejoint Simon dans son appartement. Kerensky le coupa avant même qu'il ait commencé à parler.
"Allez, fais ta valise, on va les chercher.
-Quoi?! Où est-ce qu'on va?
-A Hac. Diana pense pouvoir les faire sortir mais elle en sera incapable. Il faut qu'on y aille.
-Attends! Tu l'as laissée partir alors que tu savais pertinemment qu'elle n'avait aucune chance de les aider, et avec l'assurance qu'elle allait se faire prendre?!
-Il nous fallait les noms de ces gars avant de tenter une quelconque action. Je ne la laisse pas tomber, loin de là; au contraire elle a fait ce que j'attendais d'elle. Elle m'a grandement aidé. Maintenant c'est à mon tour de l'aider, en la sortant de là.
-En la sortant de là où tu l'as mis!
-Simon, on est en train de perdre du temps. Le jet nous attend.
Le ton assez froid de Kerensky finit par énervé Simon et tout en faisant sa valise il continua.
-Tu perds rien pour attendre. C'est de l'inconscience.
-Jusqu'ici c'est tout à fait controlé. Et je n'ai pas à me justifier devant toi.
-Si justement! C'est moi le chef de la sécurité, ici!
Georgy roula les yeux. Voilà que ça crise d'autorité lui reprenait! Il laissa Simon débiter tout son laïus sans s'en préoccuper.

Une demi-heure plus tard, ils étaient en route pour la France.
5km à l'Est du Quiou, 5h00 du matin :
Simon et Kerensky avaient attéri trois quarts d'heures plus tôt à l'aéroport de Rennes. Ils avaient tout de suite loué une voiture et s'étaient dépêchés de venir au château. Ils étaient à présent dans la campagne, à quelques kilomètres du Quiou, et cherchaient leur route jusqu'au bourg. Lorsqu'ils l'eurent trouvé, ils se mirent en quête d'indications pour les mener au château. Les pancartes touristiques les menèrent à deux kilomètres au Sud du bourg. Les petites routes qu'ils empruntaient étaient réellement désagréables et Kerensky fut heureux d'arriver devant les grilles de la propriété et que Simon cesse de se plaindre.

"C'est un vrai tape-cul, la route ici! Y'avait pas un autre chemin?
Georgy soupira et le regarda droit dans les yeux. Son regard glaça Simon.
-Euh, qu'est-ce qu'on fait maintenant?" demanda-t-il timidement.

Georgy ne répondit pas et s'engouffra dans le bois qui se trouvait sur sa droite. Il longea le muret et se gara après avoir effectué un demi-tour. Il sortit de la voiture et alla chercher son ordinateur portable.

Simon le regardait faire sans rien demander. Il préférait ne pas déranger le russe pendant cette studieuse préparation.

Lorsqu'il lui sembla que l'installation était finie, il se rapprocha de son collègue et tenta de comprendre ce que signifiaient les données affichées sur l'écran.

Il allait s'aventurer à demander à son ami ce qu'il faisait quand sur l'écran apparut une sorte de plan architectural avec un point qui clignotait.

"Qu'est-ce que... C'est Diana, c'est ça? C'est ta puce.
-C'est exact. Tu aurais du te rendre compte de mes intentions dès que je lui ai parlé de cette puce. Il est évident qu'elle n'aurait servie à rien si j'avais été à New-York tout du long.
-Eh oh! Ne retourne pas la faute contre moi, s'il te plaît!
-Mais qui a parlé de faute?" demanda-t-il calmement.
Simon ne répondit rien, il n'arriverait jamais à lui faire reconnaître une quelconque faute. Mais, réalisa-t'il, c'est vrai, pourquoi faut-il que je parle de faute? Après tout, Georgy semblait contrôler la situation à sa manière. Et il n'avait pas d'autre choix que de le laisser faire puisque lui n'avait aucune idée pour les sortir tous de là vivants.

Ils restèrent quelques heures à attendre que tous se réveillent. Ainsi Georgy pourrait observer les mouvements de Diana. Il voulait déjà être certain qu'elle même n'était pas prisonnière.
A l'intérieur du château, 9h00 :
Largo se réveilla. Il avait bien dormi. L'arrivée de Diana lui faisait un bien immense car il savait que ses deux acolytes n'étaient pas loin. Il lui tardait à présent d'avoir une conversation privée avec Diana. Ce qu'il fallait, c'était l'attirer dans leur chambre, là ils étaient sûrs qu'aucun micro n'était planqué, ils avaient fouillé la chambre plusieurs fois : pas de micro ni de caméra.

Largo attendit que Joy se réveille pour se lever puis il lui tendit son petit déjeuner. Joy le prit le sourire aux lèvres.

"Comment fais-tu ça? lui demanda-t-elle.
-Comment je fais quoi?
-Tu restes romantique quoi qu'il arrive. Tu te rends compte qu'on est prisonniers ici et que toi tu me sers le petit déjeuner au lit?!
-Ah ça, c'est la touche Largo Winch, répondit-il avec un superbe sourire.
Joy éclata de rire et s'avança pour l'embrasser. Ils se rencontrèrent à mi-chemin et le déjeuner faillit être renversé. Largo rattrapa le café de justesse.
-Bois ton café avant qu'on le renverse, rigola-t-il.
-Tu as probablement raison. Tu as déjeuné?
-Non, je n'ai pas très faim. Je suis excité, si ça se trouve, on sera sortis d'ici la fin de la journée.
Le sourire de Joy disparut plus ou moins.
-Largo, ne te fais pas trop d'illusions, on ne sait pas ce qui se passe dehors. Je sais qu'on va bientôt sortir, mais je ne veux pas te voir dépité ce soir si on est encore là.
-Non, ne t'inquiète pas, on va vite savoir comment ça se passe. Il suffit que je demande à voir Diana ici-même.
-Pour qu'on puisse lui parler seuls à seuls? Tu penses qu'ils la laisseront entrer, surtout après le numéro que je leur ai fait hier soir?
-Je pense que oui. Ils posteront certainement un garde à la porte ou alors ils poseront un micro sur elle mais ils nous ont laissé du papier dans la chambre. On pourra toujours écrire.
-D'accord. Si tu penses que ça peut marcher, fais-le.
-J'y vais. Je vais voir si en criant je peux attirer du monde.
-Oh je suis certaine que tu peux!" dit-elle en riant.
Largo se mit derrière la double-porte et frappa le bois violemment en criant à voir quelqu'un.

Quelques minutes plus tard, le majordome arriva et ils partirent tous les deux en direction du grand salon.

Un quart d'heure plus tard, il revint dans la chambre, le sourire aux lèvres.
"Ils ont accepté de la faire venir ici dès qu'elle serait levée.
-Comment les as-tu convaincu?
-Je leur ai dit qu'elle me devait des explications, et que c'était d'ordre privé, qu'il n'y avait pas que sa trahison dont nous avions à parler. Ils m'ont demandé si je voulais que tu sois là, je leur ai dit que tu étais indifférente à ses attaques et que toi aussi tu devais entendre ces explications. Ils ont dit oui. Elle portera une arme, c'est la seule condition.
-Donc pas de micro, pas de garde, rien?
-S'ils tiennent parole, oui, sinon Diana nous le fera savoir.
-Bon. Eh bien, on n'a plus qu'à se préparer pour sa visite."
A l'extérieur du Château, à 9h30 :
Kerensky préparait sur un deuxième portable la suite de son plan, pendant que Simon sortait les armes et munitions du coffre, tout en jetant de temps en temps un coup d'oeil sur l'écran d'où il pouvait surveiller les mouvements de Diana.
Simon appela soudain son équipier.
"Hé Kerensky! Elle a du se réveiller. Ca bouge.
Georgy vint se positionner devant l'écran.
-Pour l'instant, elle reste dans la même pièce. Dès qu'elle en sort tu me préviens.
-OK."
Puis il continua à préparer leur entrée.

Diana une fois qu'elle se fut levée, douchée et habillée, se dirigea vers le grand salon, lieu de réunion habituel. Elle n'y trouva personne et déjeuna donc seule.

Alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la salle, le majordome vint la chercher.
"Franck? Que se passe-t-il? Qui me demandes?
-Mr Winch, Mlle.
-Mr Winch?! Que me veut-il?
-Je n'en sais rien Mlle. Ce que je sais c'est que Monsieur a accepté de vous laisser voir Mr Winch et Mlle Arden dans leur chambre et sans micro.
-Sans micro?!
-La seule exigence est que vous soyez armée. Avez-vous une arme.
-A vrai dire, je ne pensais pas en avoir besoin.
-Ce n'est pas un problème, en voici une.
-Euh... Merci Franck. J'y vais de ce pas."

Elle se dirigea vers la chambre des prisonniers. Elle espérait que ce n'était pas un piège mais lorsqu'elle arriva elle fut rassurée de voir un des gardes à faire le guet à la porte. Il lui ouvrit dèq qu'il la vit et elle se dépêcha d'entrer.

La grande salle était vide, mais elle entendait des voix provenant de la petite pièce sur sa gauche. Elle s'y hâta et trouva Joy et Largo en pleine discussion sur la coupe de cheveux de Largo.
"Eh bien je vois que votre séquestration vous chamboule pas trop.
Tous deux sursautèrent et quand Largo la vit, il bondit pour la prendre dans ses bras.
-Diana! Tu nous as fait une de ces peurs. Alors pourquoi t'es là exactement?
-Eh bien, pour vous faire sortir de là, dit-elle avec le sourire. J'ai réussi à scanner tous les noms des membres de la Commission à partir du livre et j'ai tout envoyé à Simon et Georgy. Ils doivent être en train de trouver toutes les adresses et numéros de téléphone correspondant.
-Et où sont-ils en ce moment?
-Eh bien à New-York! Où veux-tu qu'ils soient?
-A New-York?! s'exclama Joy. Tu veux dire qu'ils t'ont laissé venir ici seule?!
-Je ne suis peut-être pas une fan d'action, mais je peux encore me débrouiller quand il le faut!
-Je n'en doute pas mais c'est totalement irresponsable de leur part. Ils sont sans nouvelles de toi depuis que tu es arrivée, je suppose?
-Oui. Mais Georgy peut vérifier ma position s'il le veut. Il m'a laissé cette pince à cheveux, il y une puce dedans qui lui permet de me repérer dans le bâtiment.
Joy prit la barette que Diana lui tendait et l'examina.
-Largo, ils sont là!
-Quoi? Mais Diana dit qu'ils sont à New-York!
-Non, c'est impossible. Cette puce, elle émet un signal en ce moment même, mais il faut être à proximité pour le recevoir, ce qui veut dire qu'ils sont dans le coin.

A ce moment même, ils entendirent des coups de feu tirés au rez-de-chaussée.

-Je vous l'avais dit, ils sont là! Venez, il faut en profiter pour sortir!

Ils se précipitèrent vers la porte, mais celle-ci était fermée. Diana appela le garde mais personne ne lui répondit. Ils tentèrent d'enfoncer la porte sans succès, puis se tournèrent vers l'autre porte. Toujours fermée, impossible de sortir. Mais il restait toujours la fenêtre. Largo s'empara d'une chaise et la balança sur les vitraux. Au même moment, la double-porte fut défoncée de l'extèrieur. Entrèrent Simon et Kerensky, armés jusqu'aux dents et tendant des gilets par balles et des munitions. Simon ne put s'empêcher de dire en voyant la fenêtre cassée :
-Pourquoi on s'embête à défoncer des portes alors que la fenêtre est plus vite cassée?
-Tu aurais préféré escaladé? demanda Kerensky.
-Euh non. Ca me va comme ça, c'est parfait.
-Bon on se dépêche là, les pressa Kerensky. Il était très bon sur le terrain mais il ne s'y sentait jamais à l'aise. Il préférait ne pas trop s'attarder ici.

Ils se hâtèrent de sortir en évitant comme ils le pouvaient les balles tirées de tous côtés. Ils rejoignirent la voiture et filèrent sans demander leur reste. Le jet les attendait à l'aéroport, tout était près. Ils décollèrent peu de temps après et retournèrent à New-York.
Bunker, le lendemain, 10h00 :
Georgy venait d'arriver. A partir du moment où ils avaient atteri la veille, il n'avait plus pensé qu'à une chose : dormir.

Il avait expliqué dans le jet tout ce qui s'était passé pendant que Largo et Joy étaient séquestrés. Il leur expliqua ce qu'il avait en tête pour les membres de la Commission Adriatique. Mais aucun de ses arguments ne put convaincre Largo de le laisser s'occuper d'eux à sa façon. En réalité, Largo désapprouvait déjà ce qu'il avait fait à Marissa. Il préférait de loin les livrer tous à la police.

Ils s'étaient ensuite tous dirigés vers le Groupe W pour faire une déclaration publique sur les agissements d'une secte qui avait kidnappé Mr Winch ainsi que sa garde du corps. Largo avait souligné qu'il ne se laisserait pas corrompre par de telles personnes, si avides de pouvoir.

Puis ils s'étaient séparés, chacun rejoignit son appartement et dormit toute la nuit.

Et ainsi Georgy était le premier arrivé au bunker. Il avait parfaitement récupéré et allait se remettre au travail quand la porte s'ouvrit pour laisser entrer Largo et Joy.
Georgy eut vite fait de remarquer qu'il la tenait par la taille.
Largo en regardant le coup d'oeil de Kerensky et le sourire qui l'accompagna s'empressa de s'excuser.
"Euh... Kerensky?
Georgy releva à nouveau les yeux de son écran.
-Je tenais à m'excuser pour la façon dont... euh, en fait, j'ai vu des choses que j'aurais pas du voir et ça m'ait monté à la tête. En fait, je devrais même te remercier pour ce que tu as fait.
-Excuse acceptée, remerciements bienvenus et félicitations.
Joy et Largo le regardèrent amusés.

Quelques minutes plus tard, Simon entra suivi de Diana.
Leurs visages sombres modifièrent l'atmosphère.
-Eh bien, qu'est-ce qui se passe? Pourquoi ce têtes d'enterrement? demanda Largo.
-Je viens de croiser Michel. Il n'est pas au courant que je les ai trahis, il me fait encore confiance. Et ce matin, il m'a dit que la mission n'était pas totalement terminé encore. Il leur reste un atout.
-Quel atout?
-Ton père.
-Mon p-! Mais je croyais que c'était son sosie?!
-D'après ce que m'a dit Michel, ça l'était. Mais ils ont et ton père et son sosie.
-Mais pourquoi?
-Apparemment, ton père est très malade mais son cancer s'arrange légèrement. Il n'est malheureusement pas en mesure de parler. Pour te déstabiliser, il leur fallait que tu vois ton père en assez bonne santé. Ils ont donc menacé le sosie comme ils m'avaient menacé moi.
-Mais pourquoi se donnent-ils autant de mal?
-Largo, tu as la plus grosse fortune du monde, tu penses que c'est assez comme raison? questionna Simon.
-Simon, pas maintenant. (Se retournant vers Diana) Et tu sais où ils le gardent?
-Michel ne savait pas mais étant donné qu'il s ont besoin d'un matériel médical très poussé, il se peut qu'il soit à Tilford. Tu sais Geirgy, je t'ai déjà donné l'adresse. Oui, quand j'y suis allée j'ai aperçu des machines d'hôpital à n'en plus compter. A mon avis, ça vaut le coup d'essayer."

Ainsi, ils repartaient le soir même pour Londres.
Tilford, le lendemain matin :
Ils se trouvaient à l'entrée de la bâtisse. Il n'y avait aucun signe d'agitation quelconque autour. Simon aurait voulu savoir si c'était un bon ou mauvais signe. Il n'avait jamais vu un coin aussi tranquille et selon lui, cela ressemblait plus au calme avant la tempête qu'aux joyeuses retrouvailles père-fils. Il aurait fait n'importe quoi à cet instant pour être dans son lit, et plus exactement dans les bras d'une belle blonde.

"Dis-moi, Largo? demanda-t-il. Est-ce qu'on pourrait rester à New-York tranquille parfois?
-Tout va dépendre de ce qu'on trouve à l'intérieur de ce bâtiment. Il faut récupérer mon père avant de balancer à la police tous les noms des membres. Sinon ils le tueront tout de suite. S'il n'est pas là, on aura plus qu'à attendre de nouvelles infos sur l'endroit où ils le cachent.
-Largo? l'interrompit Joy. Il faut y aller, maintenant. Sinon on sera jamais fixés.
-Oui, il faut y aller, répéta-t-il pour se convaincre."

Dans cet endroit, il y avait peut-être son père, celui qu'il n'avait jamais eu le temps de connaître, celui qui avait disparu avant même de lui dire qui il était vraiment, celui qui lui avait laissé son empire. Largo hésitait à présent, il avait peur. Pourquoi, il ne savait pas vraiment, mais ce dont il était certain c'était qu'il était terrorrisé à l'idée de revoir son père. Mais il voulait le rencontrer, il voulait avoir ses moments qu'on lui avait refusé étant enfant. Il voulait avoir une famille à lui, des liens de parenté à quelqu'un. Et il n'avait que son père.

Il se mit en marche et entra. Les autres le suivirent. Ils se disperçèrent pour fouiller plus rapidement les lieux.

C'est Joy qui le trouva étendu sur son lit, la salle où ils l'avaient laissé avait été parfaitement réaménagée en chambre d'hôpital mais les machines n'auraient plus d'occasion de servir. L'homme sur le lit était bien Nério,... et il était mort. Joy ne put s'empêcher de laisser échapper un sanglot. Largo avait trop souffert, savoir que son père était mort alors que depuis deux semaines on lui laissait espérer le contraire allait l'achever. Et c'est elle qui devrit lui annoncer.

Elle sortit de la chambre et l'appela d'un ton qui laissait transparaître toute sa tristesse et son désarroi. Il accourut et crut mourir lui aussi lorsqu'il arriva sur le seuil de la chambre. Il s'avança lentement vers le lit et s'agenouilla tout à côté. Alors ils l'avaient tué. Ils avaient fini par l'assassiner. Pourquoi? Il était censé servir à le faire plier, lui, Largo. Il préféra éviter de penser à tout cela et trouva du réconfort dans le fait que bientôt toutes ces ordures qui lui avaient pourri la vie ainsi que celle de son père payeraient pour ce qu'elles avaient fait.

Il pleura et resta aux côtés de son père quelques minutes puis ressortit sans un mot. Le voyage du retour fut silencieux. Tous étaient perdus dans leurs pensées et aucun n'essaya de parler à Largo. Seulement une fois qu'il fut endormi Joy osa l'approcher et lui déposer un baiser sur le front. Cela le réveilla , il la prit dans ses bras et se rendormit tout aussitôt. A l'avenir, il aurait besoin de tout le réconfort possible.

Une fois revenus au bunker, Kerensky envoya les noms des membres de la Commission avec leurs agissements et les preuves qui en attestaient.

Diana s'était absentée le temps de récupérer Jake. Tout le monde était silencieux, cependant une question trainait dans l'esprit de chacun : comment avaient-ils su que l'Intel Unit allait débarquer à Tilford?

Diana revint avec la réponse.
"Je viens de croiser Michel, expliqua-t-elle. Et je suis heureuse qu'il soit sur cette liste. En fait, il a eu un coup de téléphone juste après notre conversation sur Nério lui disant qu'il ne fallait plus me faire confiance. Et il a du prévenir l'équipe à Tilford. Largo, je sais bien que ça va pas changer grand chose mais... Nério n'a pas été tué, son cancer avait en fait empiré. Ce n'est pas la Commission qui l'a assassiné.
-Merci Diana, ça change beaucoup de choses pour moi. Ces salauds n'ont pas eu le plaisir de l'éliminer.
-Bon, et bien maintenant que toute cette histoire est finie je vais retourner à Berlin.
-Tu es certaine? demanda Largo.Parce que tu sais qu'il y a une place dans notre équipe pour toi, si tu veux?
-Je vous remercie pour l'offre mais c'est pas une vie pour moi. Peut-être que je reviendrai vous voir quand je serai en manque d'action, qui sait?
-T'as plutôt intérêt! lâcha Simon.
-Ne vous en faites pas, je repasserai. Oh! Et Joy, je suis vraiment désolée pour tout. Je crois que je n'en ferai jamais assez pour me faire pardonner.
-Tout est déjà pardonné. Après ce que tu as fait pour nous sauver et pour nous fournir les noms, je n'ai pas le droit de ne pas te pardonner.
-Merci. Diana s'avança et Joy la prit dans ses bras.
Simon en resta bouche bée.

Diana dit au revoir et partit, laissant les quatre autres dans le bunker.
3 mois plus tard :
Joy repensait aux derniers mois, à l'arrestation de tous les chefs de la Commission Adriatique. Il sourit en se remémorant le scandale qu'avait fait Cardignac lorsque deux policier armés étaient venu l'arrêter au Groupe W.

Marissa n'avait plus été revue depuis que Georgy l'avait effacée.

Largo s'était remis rapidement de la mort de son père. Il était beaucoup plus calme qu'avant. Joy se demanda si cela venait du fait qu'il n'avait plus sa tête mise à prix pas une organisation secrète ou du fait qu'ils avaient décidé de se marier dans peu de temps.

Dans tous les cas, le changement n'était pas pour lui déplaire. Depuis leur retour, ils vivaient un vrai rêve ensemble. Ils avaient enfin trouvé un semblant d'équilibre. Tous leurs problèmes n'étaient pas réglés, ils avaient chacun dans leurs passé des épisodes sinistres qui risquaient de refaire surface, mais à deux ils pourraient les affronter.

FIN