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Après encore deux bonnes heures de travail Leena décida de s'arrêter. Il était temps de regagner l'appartement. Elle décida qu'elle prendrait sa douche en bas. La fraîcheur de l'eau sur sa peau lui avait fait beaucoup de bien et elle déambulait en peignoir dans l'appartement quand elle entendit frapper à la porte de communication. Aussitôt son cœur se mit à battre la chamade sachant que c'était Georgi et elle s'en voulut de sa réaction. Leena : entre, je suis là ! Georgi entra et fut surpris de trouver la jeune femme en peignoir. Comme ça elle semblait encore plus vulnérable. Elle était si belle avec ses mèches blondes en bataille et encore humides. Ses grands yeux qui soutenaient son regard le faisait complètement craquer. Il s'était pourtant promis de lui dire ce qu'il pensait de son escapade du matin mais il sentait sa colère fondre face
à la jeune femme. Leena ne baissait pas le regard. S'attendant à un déluge de reproches elle s'était préparée à braver la tempête en prenant une mine rebelle et en serrant ses poings très forts. Son attitude était comique et n'avait pas échappé au Russe. Le cœur de Leena battait très fort mais elle se disait que de toute façon elle ne se laisserait pas faire…elle ne voulait pas qu'on décide pour elle. Mais pourquoi Georgi la regardait avec ses yeux moqueurs ? Il ne semblait plus du tout en colère mais n'avait encore rien dit. Il haussa les sourcils et regarda ses poings d'un air moqueur. Georgi : tu veux te battre ? hummm…je crois que je pourrais adorer ça ! Leena décontenancée lui tourna le dos afin qu'il ne puisse voir son visage dépité. Une fois de plus il l'avait devinée et complètement désarçonnée. Il s'approcha en soupirant et mit doucement ses bras autour d'elle en la plaquant contre lui. Ils étaient tous deux face à la baie vitrée et Georgi respirait le parfum de ces cheveux. Leena se sentait tellement en sécurité dans ses bras qu'elle aurait aimé ne plus penser à rien. Pourtant… Georgi : il faut qu'on parle. Leena : je sais Sentant qu'elle se détendait il enchaîna Georgi : je ne veux pas que tu sortes comme ça sans rien dire c'est dangereux. Tu aurais pu te faire tuer ou bien enlever. Leena : tu exagères ! Qui peut s'en prendre à moi ? Et puis tu n'as pas à décider pour moi lui dit-elle. Georgi savait que quelque part sa dernière réflexion était juste car elle ne lui appartenait pas. Il le savait et il ressentait ce fichu besoin de la protéger même contre elle-même Il essayait de repenser aux conseils de Kamarevsky et de ne pas la brusquer. Georgi : je t'en prie fais-moi confiance quand je te dis que les assassins de ton père sont toujours après toi. Maintenant ils en veulent également à Largo. Donc tu vois, tu n'es pas seule dans cette histoire. Nous sommes tous concernés car ils s'en prendraient à n'importe lequel d'entre nous afin de faire pression sur les autres. Connaissant Leena, il vit qu'il l'avait ébranlé dans ses convictions et décida de toucher la corde sensible. Georgi : notre plus grande faiblesse c'est sûrement d'être des amis. Si chacun n'est pas attaché à sa propre vie, nous sommes, tous, liés les uns aux autres et ils peuvent nous faire du mal comme ça. En voyant l'air de Leena il vit qu'il l'avait convaincu, du moins à ce niveau là. Leena : je te promets d'essayer de faire attention mais tu sais aussi bien que moi que je ne peux pas vivre comme ça Georgi : je sais ! mais moi je te promets de tout faire pour que cette situation dure le moins longtemps possible. Ça te va comme ça ? Leena : d'accord !…Georgi…il y a encore autre chose. Georgi savait qu'elle voulait lui parler de se qui se passait entre eux deux. Georgi : je t'écoute Leena : c'est à propos d'hier…et puis maintenant dans tes bras…et puis tu es dans l'appartement qui communique avec le mien… Georgi :Leena crois-tu vraiment que j'ai demandé à Largo l'appartement d'à côté uniquement pour me retrouver dans ton lit ! Leena : non…non bien sûr… Le ton était si peu convaincant que Georgi la fit pivoter sur elle-même et l'obligea à le regarder dans les yeux.. Leena : ne m'en veux pas Georgi. j'ai rencontré tellement d'hommes qui n'avaient que cette idée là. Je me suis laissée faire par certains d'entre eux et je l'ai souvent regretté. Le dernier en date était Michaël et tu sais aussi bien que moi comment ça a tourné. Je ne veux plus être blessée comme je l'ai été. J'ai besoin de temps et si je dois me réveiller un matin dans tes bras je ne veux surtout pas te regarder en me demandant pourquoi j'ai fais ça parce que j'ai trop d'estime pour toi. Georgi comprenait mais voulait vraiment qu'elle sache ce qu'il ressentait pour elle. Georgi : j'ai eu de nombreuses maîtresses Leena, certaines pour le travail, d'autres pour le plaisir mais très peu par amour. Leena, je te mentirais si je te disais que je n'ai pas envie de toi, là maintenant. De te voir si près de moi, nue sous ton peignoir me rend fou de désir. Je n'ai qu'une envie c'est d'enlever ta ceinture et de toucher ta peau de mes mains, de ma bouche, de tout mon corps et de te faire l'amour là tout de suite. Crois-moi, pour moi ça n'est pas qu'une histoire de peau justement…je suis tombé amoureux de toi. Je n'ai pas cherché ça, c'est arrivé c'est tout. Je t'aime trop pour me contenter d'une nuit avec toi et je n'ai pas envie d'abuser de ta faiblesse actuelle. Prends le temps qu'il te faut, et si tu crois un jour que tu m'aimes et que tu as envie de moi alors dis le moi. Leena prit conscience à quel point Georgi l'aimait et elle était tellement troublée qu'elle ne savait vraiment plus où elle en était. La seule certitude qui lui restait à l'instant, c'est le désir qu'elle avait de sentir le goût de ses lèvres contre les siennes. Elle se hissa sur la pointe des pieds, toujours contre lui, et l'attrapant par le cou elle approcha tout doucement son visage du sien et posa ses lèvres contre les siennes. Il n'en fallut pas plus à Georgi, gémissant, pour la soulever de terre dans ses bras et l'emmener vers le lit. Ils s'embrassaient de plus en plus passionnément tout en ayant conscience de perdre pieds mais c'était plus fort qu'eux… Brusquement, Georgi reprit conscience et fit un effort surhumain pour se détacher de Leena. Georgi : non…Leena… il ne faut pas…tu m'en voudras…prenons le temps. On ne va pas faire justement ce qu'on ne veut pas… Leena réajustant son peignoir : oh Georgi, je ne sais plus du tout ou j'en suis, pardonne-moi. Georgi : je sais ma chérie, je sais…je vais redescendre au bunker. Et toi pas de bêtises, n'est-ce pas ? si tu as un problème ou quoi que ce soit mes numéros sont programmés sur ton téléphone. Leena : mais si je tombe sur Fyorentina Georgi : Bon sang je voulais te parler d'elle aussi mais se sera pour une autre fois. Assez d'émotions pour ce soir. Ecoute, Fyora a toujours été loyale avec moi et je l'aime beaucoup. C'est une amie précieuse et si tu tombes sur elle et bien elle me passera l'appel. Mais les numéros que je t'ai donnés sont ceux de mes lignes directes. Il faut que je te laisse maintenant, à plus tard. Il quitta l'appartement…
La mort dans l'âme, Fyorentina retourna au Bunker. Qu'est ce qui lui avait pris d'accepter ? La même question tournait sans arrêt dans sa tête. Il n'y avait personne lorsqu'elle arriva et elle savoura cet instant de solitude, bienvenu. Ce serait sans doute le dernier avant longtemps. Largo avait dû apprendre le vol et nul doute qu'il serait furieux. Comme s'il l'avait entendue, il déboula dans le Bunker. Comme elle s'en doutait, il avait l'air hors de lui. Derrière lui, suivaient Joy et Simon, qui par leur air menaçant ressemblaient à leur patron. " Tu peux m'expliquer ce qui t'est passé par la tête ? " Fyorentina prit un air innocent : " Quoi ? Je ne vois pas de quoi tu veux parler… " Elle cru qu'il allait se jeter sur elle. " Les documents du père de Leena, tu les as volés ! Espèce de… " Il se contint de justesse. Froidement, Fyorentyna lui assena le coup de grâce : " Tu voulais que Leena soit hors de danger. Elle l'est. Ils vont tourner leurs regards ailleurs alors de quoi tu te plains ? Les documents sont bien à l'abri ils ne risquent rien. Je vois que la confiance règne ici. " Termina t-elle méchamment. Joy avait une envie débordante de la frapper. Son air méprisant et hautain la rendaient folle. Largo se calma d'un coup : " Bon je dois admettre que l'idée n'est pas mauvaise. C'est quoi la suite de ton plan ? " - Démasquer les coupables et en finir une bonne fois pour toute avec cette histoire. En finir avec New York, avec Georgi, Leena…retourner en Belgique, à la maison… Fyorentina était parfois si fatiguée de se battre … Elle se rassit en face du siège de Kerensky et brava le regard des autres. " Tu es vraiment une drôle de fille. " dit Simon avant de tourner les talons et de s'en aller. - Evite de te présenter au dîner de ce soir s'il te plaît, continua Largo, je n'ai pas envie de gâcher ma soirée avec toi à ma table. Elle ne répondit pas mais grimaça. Georgi arriva sur ses entrefaits. Il avait l'air ailleurs et s'immobilisa sur le seuil en sentant l'atmosphère plus que tendue. Joy ricana : " Tu veux savoir la meilleure ? Fyorentina a volé les documents du père de Leena. Qu'est ce qu'on va lui dire maintenant ? Je suppose que ça aussi tu l'avais prévu ? " Joy avait été dure et elle le regretta. Georgi n'y était pour rien après tout. Et en plus il aimait Leena… En un clin d'œil il redevint l'agent froid qu'elle connaissait. " Je n'aime pas ton attitude Fyorentina. ", dit-il en se rapprochant d'elle. Elle se leva et le regarda dans les yeux : " Ca tombe bien moi non plus. " La gifle partit. La jeune femme mit la main sur sa joue sous le choc. Elle avait failli tomber. Tous avaient l'air ébahis. Georgi le premier. Il regardait la jeune femme, confus. Elle ne bougeait pas. Elle ne dit rien. Et ce silence valait toutes les gifles du monde. Elle retourna à sa place et commença d'autres recherches. Largo, Joy et Simon se regardèrent inquiet. Kerensky se sentait très mal. " Fyorentina… " - Va te faire foutre. - Arrête ça… on doit travailler ensembles pas l'un contre l'autre… Dis moi ce que tu as fais des documents. - Là tu rêves. Il n'est pas question que je te dise où ils sont. - Ne fais pas l'enfant… Rien à faire. Elle ne répondit même pas. Et il ne put lui arracher un seul mot de toute la journée. Elle faisait son travail dans un silence obstiné. Son visage fermé était inexpressif et plus le temps passait, moins les choses s'arrangeaient. En un instant, Georgi venait de briser sept années de confiance et d'affection mutuelle…
La journée s'écoula comme le sable dans un sablier, sans changement. Georgi et Fyora, face à face travaillaient d'arrache pied pour tenter de déterminer qui avait le plus intérêt à supprimer Leena, et comment ils comptaient procéder. En fin d'après midi, Fyorentina soupira et éteignit l'ordinateur : " Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. "
Georgi sourit. Elle avait parlé. Elle le regarda.
" Bon je rentre. "
- Tu ne restes pas pour le dîner ?
- Non. Je passe la soirée avec Giovanni.
Georgi soupira. Evidemment, elle allait se réfugier chez le mafieux dont les activités louches ne présageaient rien de bon. Il ne pouvait cependant pas s'y opposer. Grâce à Fyora, Largo et Giovanni vivaient en paix.
" J'aurais préféré que tu restes dans l'enceinte du groupe W… On pourrait avoir besoin d'un coup de main qui sait ? "
- Je ne serai pas si loin que ça. Et Largo ne m'a pas invitée, alors n'insiste pas. Et je te signale que je t'en veux toujours.
Sur ces derniers mots elle quitta le Bunker.
Lorsque Giovanni la vit arriver dans le restaurant, il comprit que quelque chose était allé de travers.
" Cicia mia, che succede ? "
- Je hais les américains et les russes. Dit la jeune femme en se laissant tomber sur une chaise.
- Bon, j'en déduis que ça s'est mal passé. Tu veux en parler ?
- Non.
- Et les documents ?
- Ils vont sans doute en parler ce soir. Je verrai demain. En fonction je crois que la meilleure solution est de les détruire.
- Tu te rends compte des conséquences ?
- Giovanni… Qu'est ce que tu voulais faire des documents quand Artuy a été tué ?
- Je voulais les détruire. Mais comme tu le sais personne ne savait où ils étaient. Et personne n'a eu le projet de cambrioler la banque. Tant qu'ils étaient à l'abri ils ne pouvaient nuire à personne…
- Donc si on les détruit…
- On sera à l'abri… Mais je crains les représailles. De toute façon, tu pourras toujours compter sur mon soutien. Si jamais Largo Winch apprend que je suis responsable de la mort de son scientifique de toute façon, ce sera la guerre entre nous. J'ai l'habitude. Mais toi, tu retourneras en Europe. Je ne veux pas que tu sois mêlée à ça.
- J'y suis mêlée Gio, tu le sais bien… Personne n'y peut rien…
L'italien soupira. La jeune femme lui sourit et posa sa main sur la sienne : " Gio tu es comme un père pour toi, ne t'en fais pas tout ira bien… "
Giovanni fit signe et ordonna qu'on leur prépare un bon dîner qui serait servi plus tard dans le bureau.
Leena se préparait à rejoindre l'appartement de Largo où on l'attendait pour le dîner.
Elle sentait que quelque chose était changé en elle. Elle ne savait dire quoi avec précision mais elle savait que c'était lié à Georgi. Rien que d'évoquer son prénom elle se sentait parcourue de frissons. Comme cet homme pouvait être doux et tendre ! Elle se rappelait la 1ère fois qu'elle l'avait vu et c'est évident qu'elle ne se serait jamais doutée de cela à l'époque.
Elle se sentait tellement troublée qu'elle se demandait finalement si ce n'était pas un peu ça aimer. Elle se sentit rougir en repensant à la scène de tout à l'heure. Georgi et elle, avaient bien failli se laisser complètement aller. Elle était conscience qu'elle avait largement provoqué la situation dans laquelle ils s'étaient trouvés mais ça avait été plus fort qu'elle. Si Georgi n'avait pas pris sur lui à l'heure qu'il est, elle serait sans aucun doute devenue sa maîtresse. Elle ne lui en était que plus reconnaissant. Il était formidable…
Quand elle entra dans l'appartement de Largo, les têtes se tournèrent vers elle. Joy, Largo, Simon et John Sullivan était présent mais elle n'avait d'yeux que pour Georgi.
Elle croisa son regard et fut rassurée par la lueur qu'elle vit briller dans ses yeux. Elle avait eu un mal fou à se préparer et s'était changée plusieurs fois avant de fixer son choix. Elle portait une très jolie robe chinoise en soie bleue nuit. Sa robe fendue sur le côté et à petites manches courtes était très sobre mais très sexy.
Georgi était en noir et portait une chemise à col officier. Sans le vouloir ils étaient parfaitement en harmonie ce qui n'échappa à aucun des convives présents quand il s'approcha d'elle pour l'embrasser sur la joue.
Georgi ne pouvait détacher son regard de la jeune femme. Elle avait un charme fou. Même dans la tourmente, elle restait là, belle, fragile, mais solide.
Simon donna un coup de coude à Joy et lui murmura :
-tu vois j'avais raison, il est dingue d'elle…
Largo s'approcha d'eux et leur dit avec le sourire:
-Georgi ne monopolise pas égoÏstement une aussi jolie fille et laisse moi aussi l'embrasser car je ne l'ai pas vu aujourd'hui.
Georgi s'effaça avec un petit sourire. Leena salua toutes les personnes présente et quand vint le tour de Sullivan celui-ci ajouta d'emblée :
- je ne crains de ternir encore ce dîner Leena en vous annonçant de bien tristes nouvelles.
Largo et Georgi se regardèrent en rageant. Sullivan aurait pu attendre que l'un d'entre eux se lance. Décidément il était d'une maladresse à toute épreuve.
Georgi réagit le plus vite en lui coupant la parole et en décidant de lui présenter les événements à sa façon.
Il en voulait à John de sa maladresse. Georgi aurait tant voulu que la jeune femme ait un dîner agréable, il aurait tant aimé la dérider quelques heures…
Georgi lançant un regard noir à Sullivan: je vais t'expliquer Leena.
Largo, Joy et Simon se sentirent soulager de voir Georgi prendre les choses en main.
Quant à Leena, elle savait qu'elle allait encore recevoir encore un choc et inconsciemment s'y préparait.
Georgi accompagna Leena à un fauteuil et lui demanda de s'asseoir. Leena s'exécuta en silence et en se triturant les mains d'angoisse.
De la voir ainsi ne lui simplifia pas la tâche. Il pouvait imaginer son inquiétude après tout ce qu'elle avait enduré déjà. Et dire que c'était loin d'être terminé…
Georgi : je vais devoir faire appel à des souvenirs douloureux et j'en suis navré Leena
Leena sentait sa gorge se serrer de plus en plus et elle ne pu qu'acquiescer en silence pour lui faire comprendre qu'elle était prête à tout entendre.
Georgi : te souviens-tu du jour de la lecture du testament de ton père Leena
Leena : oh Georgi comment pourrais-je oublier ça !
Georgi : le notaire t'a remis une petite clé d'un coffre qui appartenait à ton père.
Leena je l'ai toujours avec moi. Elle est dans mes bagages. C'est la dernière chose que j'ai reçu de lui et je ne m'en séparerais jamais.
A ces mots Georgi se sentait très mal mais il fallait qu'elle sache.
Georgi : sais-tu que ce coffre contenait, entre autres, les formules de l'invention de ton père ?
Leena : savoir non, mais je m'en suis toujours doutée. Le problème c'est que je n'ai jamais eu le courage d'aller ouvrir ce coffre toute seule. Vois-tu ma mère était tellement mal depuis la mort de mon père qu'elle ne s'en est jamais véritablement remise alors je ne pouvais lui demander ça. Et toute seule non je ne pouvais vraiment pas. Non c'est trop dur pour moi…
Elle n'acheva pas sa phrase car elle venait de réaliser ce que Georgi venait de dire : " …contenait, entre autres, les formules de ton père… "
Leena : Georgi, viens-en au fait, qu'est-ce que tu me caches ?
Georgi la mort dans l'âme : le coffre de ton père a été cambriolé. Nous ne savons pas par qui mais je te promets que nous allons tout faire pour le savoir.
Il n'avait pu lui dire qui était responsable, parce que de s'en souvenir lui brisait le cœur. Il ne pouvait croire que Fyorentina ait pris cette horrible initiative…
Ses amis et Sullivan notèrent qu'il ne mentionnait pas Fyorentina mais ne dirent rien car ils savaient tous que Georgi ne faisait jamais rien au hasard. Et puis avec toutes les expériences récentes ils savaient qu'ils pouvaient lui faire confiance.
Leena blanche comme un linge avait l'impression de recevoir un coup de couteau dans l'estomac tant la douleur était vive. Elle se crispa sur les accoudoirs du fauteuil. Les larmes commençaient à couler en silence sur ses joues. Là encore, pas un cri, pas le moindre son ne sortait de sa bouche. Tous étaient de nouveau silencieux. Georgi était si mal de la voir de nouveau dans cet état.
Georgi : Leena ca va ?
Il s'en voulu de poser une telle question, évidemment que non, ça n'allait pas…Ca se voyait comme le nez au milieu de la figure… Elle était détruite et pourtant faisait tout ce qui était en son pouvoir pour faire bonne figure…
Leena put tout de même parler cette fois
Leena : la seule chose qui me restait, ils y ont touché. Je n'ai jamais vu ce qu'il y avait dans ce coffre par manque de courage et maintenant je ne le verrais pas. Peut-être qu'en dehors de ces maudites formules, se trouvait quelque chose rien que pour moi ; une lettre, un objet, quelque chose…à cause de ces voleurs je ne le saurais jamais. Je les hais tous ces gens qui ne pensent qu'à me faire du mal…oh oui je les hais profondément…
Kerensky baissa les yeux. D'entendre ces paroles lui faisait mal. Il se sentait personnellement responsable. S'il n'avait pas appelé Fyora rien de tout ce désastre ne serait arrivé… Malgré tout, il comprenait Leena et savait de quel côté il était. Fyorentina avait intérêt à lui redonner ces documents quitte à lui prendre de force.
Largo : je te promets de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour retrouver tout le contenu du coffre Leena
En disant cela il regarda tout de même Kerensky afin qu'il l'entende comme une menace.
Kerensky le regarda droit dans les yeux pour lui faire comprendre qu'il était bien d'accord avec ça.
Le reste de la soirée se déroula évidemment un peu tristement. Heureusement que Simon était là pour détendre l'atmosphère avec ses plaisanteries un peu douteuses parfois.
John prit congé le premier.
Il fut suivi de Leena que Joy et Simon proposèrent de raccompagner jusque son appartement.
Restés seuls, Largo et Georgi se dévisagèrent.
Largo : tu sais que j'ai confiance en toi et je sais que tu es très attaché à Fyorentina.
Mais je ne sais pas ce qu'elle a et là, on ne la contrôle plus du tout. Pas même toi.
Georgi restait silencieux
Les paroles de Largo étaient pleines de bon sens. Fyora avait énormément souffert également, mais cela n'excusait pas sa conduite. Rien ne l'excusait en fait. Et si elle avait décidé de le trahir ? Qui sait ce qu'elle pouvait bien penser…Quoi qu'il en soit, il laisserait son affection de côté pour elle et récupèrerait dès ce soir les précieux documents. Pour Leena.
Largo : fais comme tu le sens mais fais vite. Je tiendrais ma parole vis-à-vis de Leena ne serait-ce que par respect pour elle et pour mon père. N'oublie pas que c'est la fille d'un de ces amis…c'est important pour moi.
Georgi : je sais Largo…je te promets de faire ce que je peux le plus vite possible…
Largo se contenta de hocher la tête pour lui montrer qu'il avait compris.
Georgi se retourna en quittant la pièce.
- merci de me faire confiance…
Fyorentina avait passé une excellente soirée en la compagnie de Giovanni. Elle avait eu droit à son plat préféré et son vin de prédilection. Il n'avait pas été question de l'affaire Leena, et le sujet ne fut abordé qu'au moment du digestif.
" Tu es sûre de vouloir rentrer ? "
- Certaine, Gio. Je n'ai pas pour habitude de me défiler…
- Je sais, c'est ce que j'admire chez toi… Je vais te faire raccompagner si tu le veux bien.
- OK… je ne suis pas en état de rentrer seule.
Giovanni ne dit rien, mais il aurait aimé qu'elle reste. Il l'aimait comme sa fille, et savait qu'elle n'était pas la bienvenue chez Winch.
Mais il s'en tint à ce qui avait été dit. Il la fit raccompagner.
Elle monta à l'étage où se trouvait l'appartement qu'elle occupait. Elle chercha ses clefs, ouvrit la porte, alluma la lumière et regarda la triste chambre qu'elle occupait. C'était tout juste bon pour un motel deux étoiles. Elle avait à peine la place de ranger ses affaires… elle avait un peu trop bu et poussa un hurlement lorsque quelqu'un la saisit par derrière. D'un geste brusque, elle se dégagea et atterrit sur le lit. Se retournant, les cheveux en bataille, elle vit que Georgi la regardait. Il était très bien habillé et elle devina sans peine pour quelle raison. Il avait l'air très en colère.
" Tu es fière de toi ? Tu as fait du mal à Leena. "
Elle ne répondit rien, les seuls mots qui lui venaient à l'esprit étaient des mots de haine. Et malgré son état elle savait que Georgi ne tolérerait pas ce genre de conduite. Le Russe avait bien vu qu'elle était proche de l'ivresse. Il ne l'avait jamais vu ainsi. Il s'en inquiéta elle était réellement imprévisible et risquait même d'être dangereuse.
" Fyorentina. Je sais que tu possèdes ces documents. Donne les moi. "
Elle secoua négativement la tête.
" Fyorentina ne me force pas … "
Il avait l'air infiniment triste et elle comprit qu'il était prêt à user de a force pour récupérer le bien de Leena. A ses yeux Fyorentina n'existerait plus, elle ne serait que l'ennemi. Et il la traiterait comme tel. Cette pensée l'effraya. Mais elle s'était promis de tenir bon. Quoi qu'il arrive. Elle pensa à Giovanni. Lui ne l'avait pas trahi. Il ne le ferait jamais. Les autres n'étaient que de vils menteurs. Elle bondit la première et heurta le mur violemment. Georgi l'avait attrapé au vol et projeté avec force. Elle sentit du sang dans sa bouche. Elle s'était mordue les lèvres. Elle ne dit rien. Elle réitéra sa manœuvre et cette fois lorsqu'elle s'appuya sur le rebord de la petite coiffeuse, vit son visage dans le miroir. Son front virait au bleu. Elle ne tiendrait pas longtemps ainsi. Il fallait… elle courut vers la porte, déjoua l'attaque de Georgi et se retrouva dans le couloir. Libre. Georgi arrivait derrière elle, elle se jeta dans l'escalier de secours, la peur au ventre. Jamais elle ne descendit aussi vite les 15 étages. Georgi s'essoufflait derrière elle. Elle avait si peur qu'elle volait littéralement. Elle traversa le hall comme une folle et se retrouva dehors. Elle espérait pouvoir fuir avec les hommes de Gio. Jamais elle ne reviendrait ici. Elle partirait en Sicile, s'installerait là bas. Elle referait sa vie. Jamais plus elle ne devrait se battre. Jamais personne ne porterait plus la main sur elle. Elle ne vit pas la voiture noire passer, ni les armes. Elle vit à peine les deux gardes du corps venus à sa rencontre s'effondrer, touchés à mort, elle baissa les yeux et vit comme au ralenti son chemisier rouge de sang. Elle aperçu Georgi qui courait vers elle. Elle se sentit tomber, une grande douceur l'envahissait, elle se sentait si bien… Heureuse, comme si elle avait enfin trouvé ce qu'elle recherchait.
Georgi passait la porte du hall alors que Fyorentina rejoignait les deux gardes du corps certaiment nommés à sa protection par Giovanni. Il vit la voiture passer les mitraillettes faire feu et il se rua en criant dehors. Il rattrapa Fyorentina et tomba à genoux, son corps dans les bras. Elle avait les yeux ouverts et souriait. Elle était couverte de sang. Les deux hommes gisaient morts à ses côtés.
" Fyora… "
Elle parut le voir et ses yeux se posèrent sur lui.
" Georgi… "
Elle ferma les yeux. Georgi entendit du bruit autour de lui. Il devinait la présence de Largo, Simon, Joy peut être John et Leena ?
Il entendit la voix de Joy : " Nous avons besoin d'une ambulance, au siège du groupe W, entrée principale, nous avons une femme blessée par balles et deux hommes décédés. "
Fyorentina souriait. Georgi songea à Giovanni. Si Fyorentina mourrait ce serait la guerre à New York…
Part 6
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