J E T'AIME MOI NON PLUS (part 7)
 




Dans l'hôpital
Une heure après
Largo était dans la salle d'attente. Cette salle d'attente il la connaissait bien depuis quelques mois il y venait régulièrement, à son grand désespoir d'ailleurs. Mais cette fois ci c'était vraiment une grande épreuve qui l'attendait, il ne savait pas vraiment s'il la surmonterai. En tout cas, seul, il savait que c'était perdu d'avance. Dix minutes plus tard Simon, Kerensky et John le rejoignirent à leur tour.

" _Tu as des nouvelles mon pote ? comment va t-elle ?, dis nous que c'était comme la dernière fois juste une égratignure ! " supplia Simon.

" _Je ne sais rien depuis qu'elle est rentré dans le bloc opératoire donc depuis presque une heure ; et vous de votre côté, vous avez quoi ? ", demanda- t'il à bout de forces.

" _La police a réussi à rattraper Michel, je lui ai toujours conseillé de faire du sport mais il n'en a rien fait. Rick quant à lui a réussi a s'enfuir. J'ai peur qu'il n'aille encore voir la Commission. Nous avons voulu questionner Cardignac mais il a refusé de nous voir, "émit Simon.

" _Oui mais demain ou dans deux jours au plus tard il parlera, il demandera même qu'on vienne le voir. Je me suis débrouillé pour faire passer le bruit en prison que c'était une balance pour la police et qu'il vendait des renseignements aux fédéraux. Les autres détenus vont lui mener la vie dure et il craquera. Lorsque nous lui proposeront de le transférer autre part contre quelques informations il acceptera" expliqua Georgi.

Ils discutèrent comme cela encore pendant une bonne heure et demi, voir plus puis un docteur vint à leur rencontre.

" _Messieurs, Mademoiselle Arden a très bien supporté l'opération , elle a plusieurs blessures sérieuses mais rien d'irréparable par contre je suis au regret de vous dire qu'elle a perdu son bébé "

" _Non ! ! ! Ce n'est pas possible ! ! pourquoi elle ? Qu'est ce qui va encore nous arriver laisser au moins aspirer à un peu de bonheur ? " se lamenta Largo.

" _Je suis désolé, tout ce que je peux vous dire c'est que Mademoiselle Arden doit se reposer encore deux bonnes heures voire plus je ne peux rien vous dire. Ensuite vous pourrez la voir, " annonça le médecin.

Il les salua ensuite et les laissa dans la pièce. Largo venait de s'écrouler à terre, ils tenait sa tête entre ses mains et des larmes coulaient sur ses joues. Ses trois amis le regardaient impuissants, cela était d'ailleurs devenu un sentiment fréquent ces derniers temps. Ils comprenaient que ce qui venait d'arriver à Joy était horrible, ils partageaient sa peine, mais se sentaient perdus vis à vis de la réaction de Largo. Il paraissait abattu, comme mort ; c'était comme si son dernier espoir venait de s'évaporer. Simon s'avança doucement vers lui et posa ses mains sur ses épaules, puis lui dit subtilement :

" _Largo, mon vieux, il faut te remettre, écoutes tu ne peux pas aller voir Joy comme ça. Tu imagines comment elle doit être ? "

" _Mais Simon ,tu ne comprends rien, je n'en peux plus, je ne sais pas si je vais continuer ainsi, c'est de ma faute. " s'apitoya le milliardaire.

" _Largo, vous ne pouviez rien faire, Joy non plus, comment aurait-elle pu se méfier de quelqu'un comme Rick ? Sans penser qu'elle le connaissait depuis de années. Vous avez fait de votre mieux " expliqua Sullivan.

" _Écoutez tous, Joy, elle était enceinte, elle a perdu son bébé. Elle aurait dû rester sans rien faire, c'était .. "

" _Largo, nous savons pour Joy, il faut maintenant retrouver Rick, il doit être moins sur ses gardes, il sait certainement qu'il a tué son bébé. Cela ne m'étonnerai pas qu'il ait encore des contacts ici et qu'il sache où est Joy. On doit renforcer la sécurité ou la transférer dans une autre clinique", proposa Kerensky.

" _Je pense que la sécurité devrait en effet être renforcée mais si Rick revient ce sera pour la tuer c'est d'ailleurs ce qu'il voulait faire. " contesta Winch.

" _Mais il est fou, en la supprimant il aurait tué son enfant, il a dû avoir reçu beaucoup d'argent pour accepter de faire une telle chose. " fit remarquer Simon.

" _Non, en fait je ne pense pas, je ne sais pas toutes les circonstances et les raisons de son choix, ce dont je suis sûr c'est que le fait qu'il ait appris que le bébé était de moi lui a simplifié les idées et facilité sa résolution. " raconta le jeune homme en se navrant"

" _Quoi ??!!, tu étais le père de l'enfant de Joy et tu ne m'as jamais rien dit ? Je croyais que j'étais ton meilleur ami !!. " Hurla Simon.

Kerensky et Sullivan se regardaient dans le blanc des yeux, ils étaient perplexes. Ils se doutaient que quelque chose se passait entre Joy et Largo mais jamais ils ne se seraient douté que ça ait pu aller aussi loin. Largo quant à lui s'était relevé et se tenait accoudé à un des murs de la pièce, ils avait encore du mal à revenir à la réalité. Simon visiblement ennuyé de ne pas avoir été au courant de cette histoire, insista :

" _Vous comptiez quand même nous le dire un jour…. ? (il regarda son ami et comprit que sa scène n'était pas appropriée ; puis, prenant un air tout autre, il s'adressa à lui) oh, excuses moi mon pote, je ne sais pas ce qui m'as pris. Je comprends mieux pourquoi tu te sentais aussi abattu, on peut faire quelque chose ?, dis le nous si on peut t'aider. "

" _Simon a raison Largo, vous ainsi que Joy vous pouvez compter sur Georgi et moi aussi, n'hésitez pas. " lui proposa son bras droit.

" _Merci beaucoup mais en ce moment tout ce que j'aimerai faire c'est parler à Joy, je préférerai que vous alliez continuer cette enquête. Je pense qu'il est temps que tous les deux nous ayons une sérieuse discussion. " les avisa Winch

" _Tu ne devrais pas trop la brusquer, tu te rends compte de tout ce qui lui est arrivé depuis ces dernières semaines ? Elle a eu autant de malheurs en quelques mois qu'une personne tout au long de sa vie. Pourquoi n'attendrais-tu pas un peu ? " demanda Simon.

" _C'est toi qui m'a poussé à lui parler et maintenant tu veux que je fasse demi tour ? , jamais !, je dois mettre les choses au point. De plus je dois lui parler car elle est la seule à pouvoir me comprendre. " avoua le jeune milliardaire.

Les quatre hommes se mirent d'accord sur ce qu'ils allaient faire, quand ils reviendraient à l'hôpital et comment ils allaient continuer les recherches sur la Commission. Sullivan, Simon et Georgi s'apprêtaient justement à partir lorsqu'ils virent une jeune femme qui leur faisait des signes arriver en leur direction, s'approchant d'eux elle commença à leur parler :

" _Messieurs excusez moi de vous déranger ici surtout après ce qui est arrivé à Mademoiselle Arden, je sais très bien que vous aviez spécifié M.Sullivan que je ne devrais vous déranger sous aucun prétexte mais là j'ai vraiment pensé que c'était urgent" dévoila-elle.

" _Ce n'est pas grave Emma, si c'est aussi important que vous le dites vous avez bien fait de venir nous voir. Alors que se passe t'il ?" demanda John.

" Il y a une heure environ, une femme s'est présenté au hall de la Winch Company. Elle disait vouloir voir M.Winch au plus vite et qu'elle avait des renseignements à lui fournir. Comme elle n'avait ni de rendez-vous ni de passe, nous l'avons gardé dans une des salles d'attente. Elle n'a rien voulu dire et ne désirait parler qu'à M.Winch lui même et personne d'autre. Elle n'a voulu me donner que son nom c'est Ludmilla Dmitriev, elle dit que vous la connaissiez et que vous voudrez la recevoir. " conclut Emma.

" _Mais qu'est ce qu'elle fait à New York, en plus à La Winch Company, elle a perdu la tête ou quoi !!?? " s'étonna Simon.

" Moi je n'en sais rien mais il fallait que je vous dise autre chose, vous vous souvenez sans doute de M.MacPherson, le directeur de la prison centrale, il a essayé de vous joindre. Il m'a précisé que M.Cardignac s'était enfin décidé à parler et qu'il voulait vous voir au plus vite", termina la jeune secrétaire.

" _Je pense que Ludmilla veut nous donner des informations sur la Confrérie, maintenant que nous avons le preuve qu'elle en fait partie elle est en danger. Il est probable qu'ils veulent la tuer avant que les fédéraux ne lui tombent dessus. " émit Kerensky.

" _Sans doute mais je ne peux pas aller la voir maintenant, je ne peux pas laisser Joy toute seule, pas aujourd'hui. Simon et Georgi allez voir Michel à la prison et essayez d'obtenir le maximum d'indices que vous pourrez. " dit Largo.

" _Pas de problème nous y allons, mais tu devrais aller la voir. Tu ne pourras pas voir Joy avant une bonne heure ou plus alors profites en. Il y a devant sa chambre et devant sa fenêtre tellement de policiers qu'un fou même ne s'y aventurerai pas. En plus tu sais aussi bien que nous qu'elle l'aurait voulu. " exposa Ovronnaz.

Il regarda tous les autres et comprit sans difficulté qu'ils approuvaient ce que disait le suisse. Mais il ne voulait pas la laisser et encore repousser leur entrevue même s'il savait qu'elle approuverait cette décision. John voyait qu'il ne se décidait pas lui dit :

" _Largo, ne ratez pas cette occasion de mettre un point final à toute cette histoire. Joy est en sécurité, de plus si vous voulez Emma peut rester avec elle " proposa son bras droit.
" _Je ne sais pas, imaginez qu'elle se réveille plus tôt ou que les médecins aient besoin d'un renseignement. " contesta Winch.

" _Emma vous voulez bien aller interroger le personnel pour voir s'il y a du nouveau et redemandez à quelle heure on pourra la voir. " sollicita John.

La jeune femme obéit et se dirigea vers la réception de l'hôpital. Sullivan avait compris que Largo était inquiet et que le fait de laisser sa garde corps avec une " presque " étrangère ne l'enchantait pas alors il le rassura :

" _Vous n'avez vraiment rien à craindre d'Emma, je la connais depuis toujours. C'est la meilleure amie de ma fille et elles sont très souvent en contact. Je peux vous assurer que vous pouvez lui faire confiance. "

" _Il a raison Largo, depuis qu'il y a des fuites dans le groupe, je mets tous les nouveaux employés sous surveillance pendant un certain temps. Elle est vraiment une personne tout à fait normale et je pense que tu peux lui donner sa chance. " approuva Georgi.

" _Et tu as le droit de faire cela, tu veux dire que tu épies le moindre de leurs gestes ??" demanda Simon.

" _Faire quoi ??, tu supposerais que fais quelque chose d'illégal ? je ne vois pas à ce que tu fais allusion !. " le contredit le russe.

" _D'accord mais dans une heure au plus tard je reviens ici, qu'on ait fini ou pas. Je ne la laisserai pas. " conclut Winch en revenant au vrai sujet de leur discussion.

Tout le monde était d'accord pour le plan de Largo. Simon et Georgi partirent en direction de la prison pendant que Sullivan et Largo attendaient Emma. Au bout de quelques minutes ils la virent arriver, elle ne perdit pas de temps et dès qu'elle se trouva à leur hauteur elle leur rapporta son explication avec le docteur :

" _J'ai en fait parlé à une des infirmières elle m'a dit qu'il n'y avait aucun changement et que vous ne pourrez pas la voir avant l'heure que vous a proposé le médecin. "

" _Merci beaucoup Emma, vous voulez bien rester avec Joy alors ?. Vous m'appelez dès qu'il y le moindre changement et si elle se réveille avant mon retour allez lui parler mais ne faites aucune allusion à ce qui s'est passé. " pria Winch.

" _Oui Monsieur pas de problèmes, je vais m'occuper d'elle. Pour ce qui est de son état je ne le connais pas, je sais qu'elle a été poussé dans les escaliers et c'est tout. " narra-t-elle.

" _Écoutez je veux que cela reste entre nous, je vais vous le dire car John a une entière confiance en vous et je suis toujours, enfin presque toujours, ses recommandations. Joy était enceinte et elle à perdu notre enfant, articula-t-il difficilement. De plus appelez moi Largo s'il vous plait. "

" Je suis navrée, je vous promets de faire tout ce que je peux pour lui changer les idées, Mons… Largo. " assura la jeune femme.

" _Merci beaucoup et alors on se voit dans une heure au plus tard. N'oubliez surtout pas de m'appeler si.. "

" _Ne vous inquiétez pas tout ira bien, je vous tiendrai au courant du moindre changement. " garantit-t-elle.

Sur ce les deux hommes partirent à leur tour et se dirigèrent vers leurs bureaux de la Winch Company. Emma quant à elle prit une chaise et s'assit devant la porte de Joy entre cinq ou six gardes.
La prison principale de New York
Dix minutes plus tard
Simon et Kerensky venaient d'arriver devant le parloir où les attendait Cardignac. Il n'avait pas vraiment l'air dans son état. Il avait des bleus sur le visage et sa main était dans un plâtre, ce qui ne manque pas d'interpeller Simon :

" _Alors, vous avez eu un accident on dirait ?!, vous avez une sale tête !, heureusement qu'il n'y a pas d'enfants ici vous leur feriez peur. " ironisa-t-il.

" _C'est très drôle surtout de la part d'un ancien escroc. Je sais ce que vous avez propagé comme bruit et pourquoi je suis aussi populaire ou plutôt impopulaire ici. Je vais parler mais je veux que vous m'assuriez d'être transféré dans une autre prison, sous un autre nom pour que la Commission ne puisse pas me retrouver et pour terminer je veux une cellule pour moi tout seul. " exigea l'ex-président de la Winch Airlines.

" _Tout dépend des renseignements que vous avez pour nous, la balle est dans votre camp, votre futur est entre vos mains alors ne nous faites pas perdre notre temps et allez droit au but. " précisa Kerensky.

" _Bon, je sais que dans un mois la Confrérie tient sa réunion annuelle, normalement je ne suis pas censé connaître le lieu mais je l'ai appris un soir par hasard alors que je rangeais quelques papiers. Elle aura lieu dans exactement trente deux jours sur l'île de Chypre, à Nicosie qui est la capitale. J'ai pu y lire aussi qu'il tueraient Nério si Largo n'accepte pas leur marché après la mort de sa garde du corps. Maintenant je ne sais pas si leurs projets n'ont pas changés sachant qu'elle est encore en vie. J'en doute car c'est désormais leur seul moyen de faire pression donc voilà…. " raconta Cardignac.

" _Je pense que nous allons vous faire confiance et que nous allons leur rendre une petite visite. Si c'est un piège je ne donne pas cher de votre tête à notre retour, et n'imaginez pas que vous sous en sortirez s'ils nous tuent, nous donneront des instructions au directeur de la prison. " menaça Georgi.

" _Je vous assure que c'est la vérité mais je voudrai que vous me déplacez d'ici et au plus vite. " requit Michel.

" _Ce sera fait ne vous préoccupez pas de tout ça, mais ouvrez grand vos deux yeux un incident est si vite arrivé. " conseilla Ovronnaz.

Cardignac sentit un frisson lui parcourir le dos, il s'éloigna des deux hommes avec un gardien qui le ramena à sa cellule. Il ne restais plus seul, il en connaissait les conséquences. Kerensky non mécontent des informations proposa à Simon :

" _Je pense que Largo est juste arrivé à son bureau, nous devrions le laisser et le rejoindre après. Pour l'instant allons au Bunker faire quelques petites recherches sur cette charmante petite île. "

" _Je pense que c'est une bonne idée, j'espère quand même que John a réussi à convaincre Largo de laisser Joy, tu imagines dans quel état il doit être, comme s'il n'avait pas déjà assez souffert, je pensais vraiment que ce serait la goutte qui ferait déborder le vase. J'étais persuadé qu'il quitterai le groupe W. " avoua Simon.

" _Largo est un battant, en plus il n'aurait jamais abandonné ce groupe, il sait très bien que ni Nério ni Joy ne l'auraient voulu, maintenant partons je n'aime pas beaucoup ces lieux. " raconta Kerensky.

" _Je suis d'accord avec toi, j'ai un grand nombre de souvenirs dans des endroits semblables et pas très bons. " dit le suisse

Ils laissèrent le parloir, prirent leur voiture et se dirigèrent vers le Bunker. Pendant ce temps Largo et Sullivan étaient arrivés à La Winch Company et s'apprêtaient à retrouver Ludmilla qui les attendait dans une des salles de la réunion.
Une salle du groupe W
Vingt minutes après leur départ de l'hôpital
Ludmilla se tenait sur une chaise au fond de la salle, celle ci étaient noire et juste une petite lampe l'éclairait. John et Largo entrèrent et depuis le seuil de la porte ce dernier lui demanda sur un ton très agressif :

" _Qu'est ce que vous avez de si important pour nous et pourquoi ce soudain revers de situation ?? !!!! , n'avez vous pas essayé de me tuer il y pas si longtemps de cela ????. "

" _Je viens vous proposer tout ce que je sais sur la Commission à condition que vous m'aidiez. " expliqua -t-elle.

" _Non mais vous ne croyez tout de même pas que je vais vous donner un coup de main ??!! , il n'est pas question !!!, je me demande même pourquoi je n'ai pas encore appelé la police !. " avoua le jeune homme.

" _Je sais où se trouvera la Confrérie pour leur réunion annuelle, je vous donnerai les noms de certains membres que je connais. De plus je vous procurerai le plan original de leur château en Chypre . " proposa-t-elle.

" _Mais pourquoi les trahir sachant que s'ils s'en aperçoivent ils lanceront des tueurs à vos trousses ??. " rappela le milliardaire.

" _Le fait que vous ayez eu les documents à Paris et que cela prouve ma culpabilité les a poussé à déjà engager un tueur pour éliminer tous les gens de votre liste. Pour l'instant tous ceux qui n'ont pas été attrapés pas INTERPOL sont morts, la dernière victime en date est le sénateur Dumont mais l'autopsie a conclu à une attaque cardiaque. Tout le monde sait que c'est l'œuvre de la Commission mais il n'y a pas de preuves. " narra la femme.

" _John vous en dites quoi ?, cela nous permettra de retrouver mon père et puis c'est notre seul moyen de remonter jusqu' à eux. " demanda Winch.

" _Je pense que vous avez raison mais la laisser partir sans la remettre aux autorités c'est illégal. " fit remarquer Sullivan.

" _Nous n'avons pas le choix, alors j'accepte votre marché, racontez nous tout, et les plans vous les aurez quand ?. " se renseigna-t-il.

" _Donc la Confrérie (là elle leur raconte la même histoire que Cardignac quelques temps plus tôt aux deux autres, a quelques détails près..). Donc ce château est sur une colline, il surplombe l'île, il y a des gardes partout et ils vérifient l'arrivée de chaque avion qu'il soit privé ou public. Ils savent tout sur tout, le seul moyen de passer au travers est de changer d'identité et de se faufiler parmi des touristes. Pour les plans je vais les chercher dans la consigne de l'aéroport où je les ai posé et je vous les amène dans quatre heures, cela vous va ? " proposa Ludmilla.

" _Je vous crois et je suis d'accord. On se retrouvera ici même dans quatre heures pendant ce temps je demanderai à mon équipe de vous créer une nouvelle vie dans un autre pays et pas de retard. " formula Winch.

" _Je vais y aller tout de suite, le fait de me cacher complique sévèrement les choses et me prend plus de temps. " raconta-elle.

Elle partit et Largo s'assit sur un des fauteuils de la pièce, il était mort de fatigue, il ne savait pas depuis combien de temps son équipe et lui-même n'avaient pas dormi. Malgré la fatigue il composa le numéro de téléphone de l'hôpital, la standardiste lui passa Emma toujours au chevet de Joy.

" _Alors est-ce qu'il y a des changements ?, vous avez pu la voir ?, le docteur est-il passé la voir ? . " lui demanda-il.

" _Je suis au regret de répondre négativement à toutes vos questions. Par contre le médecin doit passer d'un instant à l'autre, il a pu se libérer un peu plus tôt. " rapporta la jeune femme.

" _Ce n'est pas grave, ne la quittez pas, nous arrivons très bientôt, je vous remercie de tout ce que vous faites. " conclut-t-il avant de raccrocher.

A peine avait il posé son portable que celui ci sonna. C'était Georgi qui l'appelait du Bunker. Il avait fait des recherches comme il l'avait prévu avec Simon, d'ailleurs ils avaient beaucoup de renseignements supplémentaires. Après quelques temps ils s'étaient dit que Sullivan et Largo devaient en avoir fini avec Ludmilla c'était donc la raison de leur appel:

" _Largo, c'est moi je suis arrivé au Bunker avec Simon vous pouvez passer car nous avons quelques nouvelles. " annonça Kerensky.

" _Nous aussi nous avons des pistes, on arrive mais je pars voir Joy très vite alors il faudra vous passer de moi", rappela-t-il.

" _On ne l'avait pas oublié ne t'en fais pas, alors faites au plus vite et venez ici. Pour une fois le fait que ce cher Cardignac soit un vrai moulin à paroles, comme le dit Simon, nous a réellement aidé. " raconta l'ex-agent du KGB avant de couper la communication

Largo avait parlé à Sullivan et lui avait rapporté la conversation qu'il avait eue avec Kerensky mais celui ci avait pensé qu'il serait plus utile s'il se remettait dans les affaires de la Company car pour l'instant il ne pouvait pas vraiment leur venir en aide. Il savait par contre que toutes les multinationales concurrentes de la Winch Company profiteraient de leurs ennuis pour amadouer quelques clients. Winch l'approuva et l'accompagna jusqu'à son bureau avant de se diriger vars le Bunker.
A l'hôpital
Au même moment
Comme prévu le docteur vint pour faire sa visite et en sortant de sa chambre il s'adressa à Emma qui ne la quittait pas des yeux. Elle avait beau ne pas être très intime avec Joy, elle savait que tout le monde l'appréciait (d'accord il y quelques exceptions mais …) et se souvenait de tout le bien que son parrain lui avait dit d'elle, donc elle se sentait proche d'elle, et souffrait pour elle.

" _Mademoiselle, vous devez être la jeune femme qui est au chevet de ma patiente. Les infirmières m'ont dit que vous étiez très inquiète. J'ai une bonne nouvelle, votre amie vient de se réveiller, elle est encore un peu sous l'effet des médicaments mais cela va très vite s'estomper, d'ailleurs vous pouvez aller la voir. "

" _Merci beaucoup, il est vrai que je commençais vraiment à croire que c'était plus grave que prévu, vous pouvez demander à la standardiste de prévenir M.Winch car il est encore plus préoccupé que moi. " le pria-t-elle.

" _Je vais faire ça mais ne la fatiguez pas, en plus j'ai cru comprendre que ce M.Winch veut absolument lui parler alors elle doit rester au calme en attendant, l'avertit-il avant de rejoindre l'accueil. "
Le Bunker
Cinq minutes après
Georgi était devant son ordinateur pendant que Simon, lui, était plongé dans des dizaines et dizaines de cartes touristiques de Chypre. En le voyant Largo comprit tout de suite qu'ils avaient eu les mêmes indications que Sullivan et lui . Donc il leur dit :

" _Je pense que nous avons eu les mêmes dénonciations, je vous raconte ce que nous avons appris et vous rajouterez ce que vous savez de plus, ce sera plus rapide et je pourra aller à l'hôpital plus vite", proposa Largo.

Il se fit l'interprète des dires de Ludmilla et leur développa tout ce qu'ils avaient appris. Comme Georgi et Simon n'avaient rien de plus et ne savaient même pas certains détails, la discussion ne fut pas très longue. Toutefois Kerensky lui apprit certaines autres choses dont il s'était occupé au sujet de Joy.

" _Largo, le personnel de l'hôpital à été prévenu de la démission de Slater, nous avons préféré dire qu'il s'agissait de cela au lieu de déclencher un vent de panique chez les patients ainsi que chez les employés. Dans quelques temps nous leur diront la vérité ou ils l'apprendront par la presse car je pense qu'elle va se mêler de cette histoire tôt ou tard. A son poste a été nommé le sous directeur, selon des recherches très approfondies il ne savait rien, pour en être plus sûr j'ai quand même préféré le mettre sous surveillance juste au cas où. " expliqua-t-il.

" _Donc elle peut rester là bas c'est mieux ainsi, dans son état cela aurait été dangereux de la déplacer. Moi je vais y aller, vous restez ici et essayez d'en savoir un maximum. Je reviendrai dans moins de quatre heures. Si par hasard j'ai un peu de retard recevez Ludmilla et si c'est elle qui n'arrive pas laissez lui quinze minutes puis prévenez la police. " énonça le jeune milliardaire.

" _Je vois que tu es bien décidé à mettre les choses au point, si tu as bien réfléchi je t'approuve. Dis lui qu'on pense à elle et qu'on viendra la voir demain. Mais toi tu es sûr que ça va aller ?, tu as l'air épuisé. " chuchota Simon.

" _Ne t'en fais pas je survivrai, je dormirai plus tard mais vous faites le il est déjà très tard. D'ailleurs il faut aussi que je renvoie Emma chez elle, elle doit être épuisée ", fit il remarquer avant de disparaître derrière la porte.

" _Oui fait ça, je pense que Sullivan n'apprécierait pas trop que sa petite protégée soit à son tour malade. " dit Ovronnaz.
Dans la chambre de Joy
Presque une heure après le départ de la Winch Team
Joy ouvrait difficilement les yeux, elle était encore un peu endormie mais pu distinguer une silhouette. Elle la connaissait mais ne se souvenait plus trop d'où. Sur la chaise se trouvait une jeune femme de vingt trois, vingt quatre ans. Elle était ravissante. Elle portait une minijupe bleue avec un tee-shirt blanc et avait des cheveux blond assez courts qui étaient bouclés sur les extrémités. Elle dégageait une certaine gentillesse et semblait perdue dans ses pensées, de ce fait elle sursauta un peu lorsque Joy l'interpella :

" _Excusez moi mais je … "

" _Ne vous inquiétez pas, je suis là de la part de Largo vous ne vous souvenez certainement pas de moi, nous nous sommes vues dans son bureau, je suis sa secrétaire, Emma. " expliqua la jeune femme.

Joy la regardait avec un peu de curiosité, d'interrogation, elle se souvenait d'elle maintenant mais ne comprenait pas pourquoi elle appelait son patron par son prénom. Elle en conclut que cela devait être sa nouvelle conquête et que la perte de leur enfant ne l'affectait pas plus que ça. Soudain son visage s'assombrit, Emma voyant ça pensa qu'elle revivait la perte de son bébé et, essaya de lui parler d'autre chose :

" _Vous savez que vous avez fait une sacré peur à tout le monde ?, il n'y pas une heure de cela tous vos amis étaient ici et attendaient de vos nouvelles. Comme le docteur leur a dit que vous ne vous réveillerez que dans une heure, ils sont rentrés pour essayer de faire progresser l'enquête mais ne vous inquiétez pas Largo va venir vous voir dans les minutes qui arrivent, je l'ai fait prévenir", conclut elle.

Emma avait remarqué que le visage de Joy avait encore changé lorsqu'elle avait prononcé le prénom de Largo. Elle comprit alors les interrogations de la jeune femme.

" _Vous savez il tient beaucoup à vous, ils ont dû se mettre à quatre pour le convaincre de vous laisser ici, il a même hésité lorsque John lui a proposé que je reste. Il ne voulait pas vous confier à n'importe qui, il m'ont demandé subtilement de m'éloigner mais je sais que c'était pour le rassurer. C'est d'ailleurs là qu'il m'a demandé de l'appeler Largo, je peux vous dire que j'ai eu du mal à appeler mon patron par son prénom" narra-t-elle.

Joy retrouvait un peu des couleurs et le sourire, elle était encore très fatiguée mais ne semblait pas aussi abattue, que cela. Emma se disait que c'était sans doute à cause de son métier où elle devait garder les émotions enfouies très profondément à l'intérieur d'elle même. Finalement se sentant un peu mieux, Joy s'adressa à elle.

" _Mademoiselle, je vous remercie de rester auprès de moi mais vous pouvez y aller ce n'est pas nécessaire de me garder, je vais beaucoup mieux. " avoua-t-elle.
" _Cela ne me dérange pas au contraire, je sais ce que c'est d'être malade et je sais combien c'est important de parler et de ne pas rester seule. Au fait je vous prie de m'appeler Emma et de me tutoyer. "

" _Si vous.. tu veux, et moi je suis Joy et je préfère aussi le tutoiement. Mais pourquoi Largo veut il venir ? , je ne suis pas prête à le voir, tu peux le lui expliquer, je suis fatiguée, je le verrai demain. " lui murmura-t-elle.

" _Je ne sais pas toute l'histoire mais tu ne devrais pas le repousser parles lui, tu sais il n'a pas dormi depuis je ne sais quand, et il ne faut pas être devin pour le remarquer, sa figure le montre très clairement. Si mon fiancé était aussi adorable…il est génial, mais je pense que Largo est vraiment très inquiet pour toi "

" Je verrai…. Je ne veux pas te blesser mais je n'ai pas envie d'en parler pour le moment, c'est encore trop présent. …Donc tu vas te marier bientôt ?, comment s'appelle-t-il ?, vous êtres ensemble depuis quand ? Elle essaya de trouver un sujet de discussion normal que peuvent avoir deux amies et très éloigné de Largo "

" _Cela fait quatre ans que nous sommes ensemble, je l'aime vraiment. Nous nous marions dans trois mois. Il s'appelle Craig Adilson. Tu vois cela peut arriver à tout le monde. Tu ne devrais pas en douter "

" _Je ne sais pas… ce n'est pas le moment. En fait ils en sont où de l'enquête ?, ils ont pu attraper Rick et Cardignac " l'interrogea-t-elle en rechangeant de sujet.

" _Franchement je ne peux rien te dire, je ne sais pas, je suis restée là et d'ailleurs je m'en suis pas mêlée, mentit elle. Elle se souvenait avoir promis de ne rien dire à Joy aux autres avant leur départ. "

" _Voilà un sujet tout trouvé, je l'aborderai avec Largo, cela me laissera du temps. " pensa-t-elle à voix haute.

" _Essaie d'y réfléchir, moi je vais te laisser te reposer, je vais prévenir John et les autres, ils doivent attendre mon coup de fil " fit elle savoir avant de refermer délicatement la porte derrière elle et de se diriger vers le téléphone. "

part 8