J E T'AIME MOI NON PLUS (part 11)
 




Maison de Charles Arden
23 heures 17
Ils sonnèrent à la porte de Charles et comme à son habitude il ne répondit pas. D'un côté c'était normal vu l'heure mais d'un autre côté ils savaient très bien qu'il ne leur réserverait pas un très bel accueil. Ils frappèrent puis sonnèrent à nouveau mais pas un bruit, pas un son ne provenaient de la maison. Quelques instants plus tard ils entendirent quelqu'un recharger son arme, ils se retournèrent et aperçurent Charles Arden un fusil à la main. En les reconnaissant, il baissa son arme et poussa un soupir de soulagement et commença son interrogatoire somme s'il était encore à la CIA :

" _Qu'est-ce que vous faites encore ici ?Je pense pourtant avoir été clair la dernière fois. Vous cherchez vraiment à vous faire tuer. " dit-il.

" _Ravie de vous revoir aussi. Nous voulons que vous nous aidiez à retrouver Joy, elle… elle a disparu. " expliqua Simon.

" _Je ne sais pas où elle est, je n'ai pas eu de ses nouvelles depuis des mois, je vous prie de partir, il se fait tard. " répondit sèchement l'homme.

" _Mais vous allez vous inquiéter pour elle un jour ? C'est tout de même votre fille ! ! ! Quel genre de père êtes vous pour ne lui prêter aucune intention ? l'agressa Largo.

" _ Je n'ai pas de comptes à vous rendre ni à qui que ce soit d'autre. Je vous demande de partir sinon je serai obligé de me servir de mon arme. "menaça-t-il.

" _Et vous allez nous faire quoi ? Nous tuer ? Tout ce que je veux c'est vous poser deux ou trois questions sur la jeunesse de Joy et après on vous laissera tranquille, juste quelques secondes. " pria le milliardaire.

" _Je vous donne deux minutes après quoi je ne serai pas responsable de mes gestes. Je vous écoute. "

" _Où est-ce que Joy se sentirait en sécurité ? Est-ce qu'il y a un endroit où vous passiez vos vacances ? A-t-elle des amis d'enfance quelque part dans le monde ? " questionna le jeune homme sous le regard d'Ovronnaz prêt à bondir sur Arden comme un lion enragé.

" _Je ne sais pas, vous savez je ne suis devenu proche de Joy qu'à son entrée dans la CIA, avant c'est sa mère qui se chargeait de son temps libre. Moi je m'occupais de son éducation à ma manière et il n'était pas question de vacances. Cependant il me semble qu'elles avaient l'habitude d'aller aux Pays-Bas de temps en temps visiter les galeries d'art d'Amsterdam. C'est tout ce que je sais, je ne vous montre pas la sortie je pense que vous la connaissez. " dit-t-il en mettrant un terme à la discussion et en entrant dans sa maison.

Largo et Simon restèrent encore quelques secondes sur le palier de la maison puis remontèrent dans leur voiture. Durant le trajet ils ne manquèrent pas d'exprimer leur opinion plutôt négative de Charles :

" _Je haïs cet homme, il me fait froid dans le dos je ne sais pas comment Joy a pu le supporter tout ce temps. Je lui montrerai moi comment.. " commença Simon.

" _Simon s'il te plaît tu peux arrêter de t'énerver ? Je rapporte à Georgi ce que le père de Joy nous a appris. " dit Winch.

Ovronnaz continua à parler dans sa barbe pendant que Largo donnait les minces indices qu'Arden avait bien voulu leur révéler car il savait pertinemment que l'ex-agent de la CIA en savait plus qu'il ne voulait bien le laisser paraître. Après avoir raccroché avec notre russe favori il se retourna vers Simon toujours furieux.

" _Alors je t'écoute qu'est-ce qui t'arrive encore, tu as fait une découverte soudainement ? " interrogea Largo.

" _A part le fait que j'aurai voulu lui montrer de quel bois je me chauffe, je viens de penser à un truc, tu imagines cet homme dans ta famille ? " demanda Simon.

" _Je peux savoir ce que tu racontes encore ? Tu crois vraiment que c'est le moment de plaisanter ? " s'insurgea son ami.

" _Je me disais juste que si tu arrives à retrouver Joy et que les choses s'arrangent, cet énergumène deviendra ton beau-père " conta le Suisse.

" _Simon, vraiment tu as le don de m'exaspérer parfois. Je me fous de lui comme.. enfin ce n'est pas de lui que je suis…… "

A ce moment là son portable retentit. (ne me tapez pas.. c'est pas ma faute qu'il ne l'a pas dit…lol..) C'était Georgi qui avait enfin fait quelques découvertes d'après ce qu'il lui avait dit lorsqu'il lui avait parlé.

" _Tu dis que Joy n'aurait pris ni un avion, ni un train, ni un bus, ni un bateau mais comment tu peux en être aussi sûr ? Elle aurait pu changer de nom ou se déguiser pour ressembler à quelqu'un d'autre sur les caméras ? " proposa Winch.

" _Tout simplement car hier soir sa carte bancaire a été utilisée dans un centre commercial de Manhattan, ensuite mes satellites y ont repéré son portable et dernière chose elle est allée régler son loyer hier et la concierge l'a vu…et non…pourquoi je n'y ai pas pensé plutôt……c'est évident.. c'est des manières dignes de la CIA.. "

" _Mais tu peux être plus clair, je n'y comprends plus rien moi. Elle serait où alors en ce moment ? répliqua Winch.

" _Je pense qu'elle était en effet ici encore hier soir mais que désormais elle est partie, c'est tout fait les méthodes de son ancienne agence. Elle laisse le plus d'indices pour qu'on la cherche ici, et elle prend un vol après lorsque nous aurons baissé notre vigilance sur les aéroports. Je pense que vous devriez vous diriger vers " Kennedy International ", arrivé la bas je vous donnerai plus d'indications. " expliqua le Russe en coupant la communication.

" _C'est un vrai génie, on a vraiment de la chance de l'avoir de notre côté plutôt qu'auprès de nos ennemis. " constata Simon.

" _Tu as raison, il va falloir que je songe sérieusement à l'augmenter dès que cette histoire sera finie. " blagua Winch avant de se replonger dans ses problèmes et de se lancer vers l'aéroport comme une fusée.

Dès leur arrivée Winch appela Georgi qui malheureusement lui apprit une mauvaise nouvelle. Il raccrocha avant de jeter son téléphone sur un des murs du hall. Ce dernier se brisa en plusieurs morceaux tout comme les derniers espoirs qui vivaient à l'intérieur de Largo. Il se retourna vers son ami qui le regardait avec des yeux interrogatifs, Largo le connaissait par cœur donc il comprit tout de suite et raconta ce que Georgi lui avait expliqué.

" _Simon, tout est définitivement terminé. En perdant sa trace j'ai perdu cette partie et par la même occasion la guerre. Elle a manifestement coupé les ponts, il n'y a plus rien à faire. Elle l'a décidé, il n'y a pas de solution, elle à réussi son dernier coup, c'est un échec et mât. Ce matin Joy est allé voir un de ses amis qui était pilote pour la CIA, il l'a amené à bord de son jet privé, il n'a donné ni d'itinéraire ni de destination. Après son retour Kerensky a voulu le faire parler mais tu sais comment ils sont, on ne pourra rien en tirer. La seule et unique chance qu'il nous reste est qu'elle soit à Amsterdam mais pour l'instant les hommes que Georgi a envoyés la chercher n'ont rien trouvé. Qu'est-ce qu'on peut faire ? " demanda-t-il.

" _Je pense que maintenant on devrait laisser ces hommes la retrouver, nous n'y pouvons plus rien. Il sera trop tard pour l'avortement car c'est ce soir la dernière limite et nous n'y arriveront pas à temps. Tu dois aller t'occuper de ton entreprise, tu ne peux pas cesser de vivre et puis si un jour tu la retrouves il faudrait pouvoir t'y rendre dans les secondes qui suivent et ce n'est qu'en travaillant que tu pourras en avoir les moyens. " exposa Simon.

" _Je suppose que tu as raison mais je ne peux pas m'empêcher de penser à elle. J'ai mal tellement elle me manque. " chuchota son ami.

Simon était si impuissant face à ces évènements, il aurait voulu assurer à son ami que tout s'arrangerait mais c'était loin d'être possible, lui même ne savait pas comment toute cette histoire se terminerait, si elle se finit un jour. Il accompagna Largo dans son appartement et le laissa dormir puis à son tour rejoignit son domicile et essaya de se reposer.
Dans le Bunker
15 jours après
14 heures 37
Largo avait tant bien que mal repris son travail, Georgi passait son temps à chercher Joy tandis que Simon auditionnait des candidats pour reprendre son poste, ce qui déplaisait beaucoup à son meilleur ami. Comme tous les jours depuis presque quinze jours Winch venait prendre les dernières informations que son équipe avait réussi à avoir sur son ancienne garde du corps.

" _NON ! ! Comment est-ce possible ? Ils ont à leur disposition un budget illimité et ils ne trouvent rien. Elle ne s'est tout de même pas évaporée dans la nature ? Georgi je veux que tu engages plus d'hommes, que tu élargisses le périmètre de recherches, je veux que vous la trouviez, bon sang ! ! ! " exigea le président de la Winch Company.

" _Largo ils ne peuvent rien faire de plus, si Joy a décidé qu'on ne la retrouve pas, elle peut se terrer des mois, voire des années. " expliqua Kerensky.

" _Je ne veux pas ce genre de réponses, c'est une professionnelle, et eux ils ne le sont pas ? Je veux qu'ils fassent ce pour quoi ils sont payés, je ne leur demande rien de plus que de faire leur job. " protesta le jeune homme.

Georgi tenta bien deux ou trois fois de le persuader que mettre la main sur Joy ne serait pas une mince affaire mais il ne voulait rien entendre. Le Russe ne pouvait pas le lui reprocher, il connaissait cette expression qui disait que le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. Il n'admettra pas que peut être il ne la reverra jamais. Peu de temps après Simon fit son apparition pour le moins remarqué, il avait à ses côtés Diana. (pardon à tous ceux chez qui cette venue a provoqué des envies de meurtre…lol). Elle s'approcha de Largo et déposa un doux baiser sur sa joue puis commença à discuter :

" _Je suis ravie d'être de nouveaux parmi vous, je dois vous avouer que je ne pensais pas revenir ici aussi vite. C'est… "

" _Et tu fais quoi ici ? Tu n'es pas la nouvelle garde du corps tout de même ? En plus je croyais avoir été clair la dernière fois. " l'interrompit Largo.

" _ Largo, je suis ici pour mon journal, je dois faire une interview du milliardaire aventurier, le Robin des Bois des Temps modernes. Ta nouvelle garde du corps, mais pourquoi tu dis ça ? " demanda-t-elle.

" _Nous allons monter dans mon bureau et je répondrai à tes questions, pour le reste ce ne sont pas tes affaires. " répondit sur un ton très froid le milliardaire.

Sur ce ils quittèrent le bureau. Diana était un peu déboussolée, elle avait deviné que Joy était partie et que Largo réagissait ainsi à cause de cela. Elle salua Georgi et Simon puis accourut vers Largo.
Dans le bureau de Largo
16 heures 17
Diana se tenait sur le fauteuil en face du bureau de Largo, elle n'arrêtait pas de lui lancer des petits sourires et de lui rappeler leur histoire passée. Fatigué par sous-entendus il coupa court à cette discussion et s'énerva même.

" _Diana, je ne sais pas comment te le dire, tu ne comprends pas ? Je ne ressens rien pour toi, je voulais à la limite qu'on reste amis mais maintenant ce n'est plus le cas du tout. Tu essaies de t'imposer dans ma vie, je ne sais même plus à qui tu en veux à moi ou à mon argent. Tu es ici pour faire un reportage alors allons-y, je n'ai pas de temps pour tes éternelles entourloupes. Alors commence car… ".

" _Je ne te permets pas de douter de mon amour, cette interview était pour moi le moyen de te voir et de t'expliquer que mes sentiments n'ont pas changés. Tu es libre alors pourquoi ne pas me donner une chance ? Tu ne le regretteras … "l'interrompit-t-elle avant de l'être à son tour par son interlocuteur.

"_ Si c'est ce que tu voulais faire tu peux partir. Je ne veux plus avoir aucun lien avec toi. Tu ne veux pas voir la réalité en face, je ne ressens plus rien pour toi, comment te l'expliquer celle dont je suis…"

" _DE TOUTE MANIERE C'EST ELLE QUI A TOUJOURS POSE LE PLUS DE PROBLEMES ! ! Mais tu vas voir que tu te trompes. " le coupa-t-elle avant de se lever faire le tour de la table et l'embrasser avec fougue sur la bouche.

" _Mais tu es malade, on dirait que tu n'as pas compris ce que je voulais dire. Sors d'ici et ne reviens plus jamais ! ! Je ne veux même pas me trouver dans la même ville que toi. ! ! " hurla Largo avant de jeter Diana dehors, lui claquer la porte au nez et se coucher sur son canapé.
Quelque part dans le monde (je sais c'est pas très précis mais j'aurais pu mettre dans l'univers et là vous auriez eu encore plus de mal…lol..)
21 heures 54
Joy attendait dans cette salle depuis des heures et des heures. Elle ne pouvait pas dire quelle heure il était, quel jour il était ou encore où elle était. Elle arriverait à s'en rappeler mais n'en avait pas vraiment envie. Elle essayait de vider sa tête et de se concentrer sur ce qu'elle devait faire. Quelques secondes plus tard, une porte s'ouvrit enfin et deux hommes l'appelèrent et l'interrogèrent.

" _Mademoiselle Arden, vous êtes sûre de votre choix, c'est une grave décision et vous savez quelles peuvent en être les conséquences ? " questionna l'un des deux hommes.

" _J'ai fait mon choix, je ne reviendrai pas en arrière et puis il faut que ce soit fait alors allons-y avant que je ne change d'avis. " assura-t-elle.

" _C'est comme vous le voulez, nous allons donc tout mettre en place et nous pourrons commencer dans quelques minutes. " rétorqua le deuxième homme avant de sortir suivi de son collègue et laissant Joy songeuse et reprenant tant bien que mal ses esprits.
Le Bunker
18 heures 34
Cela faisait plusieurs heures que Kerensky et Ovronnaz attendaient le retour de Largo. Ils se demandaient ce qu'il pouvait bien faire (je pense qu'ils priaient pour qu'il ne soit pas en train de…rien du tout.. lol). Soudain il entra dans le bunker, s'assit, ne leur laissant même pas le temps de le questionner il commença à raconter ce qui s'était passé. Au bout de dix minutes lorsqu'il eût fini, il regarda ses amis et surtout Simon qui lui dit tout naturellement :

" _C'est bien fait pour elle, elle avait beaucoup changé ces derniers temps, je pense que ton argent lui a fait tourner la tête. Tu as eu la bonne réaction, je suis sûr que Joy aurait apprécie ce que tu lui as dit. " approuva-t-il.

" _Largo, je suis désolé de t'interrompre dans tes exploits mais c'est l'hôpital de New York. Ils viennent de recevoir Sullivan, il aurait été poignardé dans une ruelle pas très loin des bureaux de la Winch Company. " expliqua Georgi.

" _Ce n'est pas possible, nous avions eu quinze jours de repos et voilà que les ennuis recommencent. Simon tu viens avec moi on va voir ce qu'ils peuvent nous dire. Georgi essaie de voir si tu trouves quelque chose. " demanda Largo.

Kerensky se remit devant ses amis les ordinateurs tandis que les deux autres se ruèrent vers le garage et partirent vers cet hôpital qu'ils connaissaient si bien.
Hôpital de New York
19 heures 27
Largo et Simon patientaient depuis une bonne demi-heure lorsqu'un docteur vint à leur rencontre. Les deux jeunes gens se levèrent et s'avancèrent vers lui.

" _Messieurs, je suis le docteur Dixon, je m'occupe de votre ami. Je peux vous dire qu'il a eu beaucoup de chance. La lame du couteau est passé très près du cœur. Elle n'a pas pénétré assez profondément pour l'atteindre, je peux vous dire que la personne qui lui a fait ça n'avait pas assez de forces. Il devrait sortir dans cinq jours ou six. Je vous laisse je vais voir un blessé par balle qui est arrivé hier soir. " annonça le docteur avant de les saluer et de partir.

" _Simon, qui aurait pu faire ça, je ne comprends pas, pourquoi ? John ne s'occupait pourtant pas d'un dossier très important en ce moment. Il négociait le rachat d'une entreprise de bateaux turcs " questionna Winch.

" _Je ne sais pas, mais nous ne lui serons d'aucune aide ici, il vaudrait mieux aller retrouver les coupables. J'ai demandé à quelques gardes de surveiller sa chambre, il est à côté de celle de Craig de cette manière ils seront tous les deux protégés. De plus ils sortiront en même temps alors après nous n'aurons palus de rasons de revenir ici. J'espère que plus jamais nous n'y mettrons un pied. " émit Ovronnaz.

" _Je propose alors que nous retournions au Bunker, il faut résoudre cette histoire au plus tôt. Je ne veux pas que l'autre sujet qui me préoccupe soit écarté pour très longtemps. " lui répondit son meilleur ami.

" _C'est parfait, mon pote et puis ça va nous permettre de voir ce que vaut ce nouveau garde du corps, ce fameux Philibert tout droit sorti d'un film d'horreur, mais bon que veux tu ces anciens employeurs avaient l'air satisfaits. " dit Simon tout en essayant de détendre l'atmosphère.

Ils quittèrent les urgences dans les instants qui suivirent sans oublier de demander à l'accueil de les prévenir des moindres changements de l'état de John.
Dans le Bunker
22 heures 47
Largo et Simon expliquaient ce que le docteur leur avait dit à leur ami. Celui ci pianotait sur son clavier et leur répondait par des petits hochements de tête. Un peu agacé Largo finit par le questionner :

" _Mais qu'est ce qui t'arrive ? Tu m'as l'air ailleurs ? Tu as trouvé quelque chose ? Tu veux bien lever tes yeux de cet écran une seconde ? "

" _Je crois que j'ai compris le pourquoi du comment. C'était si évident mais nous n'avons rien vu.. "

" _Pour nous les cerveaux primitifs, le grand Georgi peut-il nous expliquer ce dont il parle ? " l'interrompit Simon.

" _Oui je cris avoir découvert qui a poignardé John. Si la personne s'est introduite dans le bâtiment sans difficulté c'est qu'elle avait les cartes. Or récemment Joy les avait toutes changés et seulement un petit nombre de personnes les possédaient. J'en conclu donc qu'elle a dû les avoir pour une durée limitée car tous les employés les possédant ont un alibi pour l'heure de l'agression. Justement ce jour là… "

" _Mais bien sûr ça aurait été devant mes yeux je ne l'aurais pas vu plus clairement, comment ai-je pu être aussi aveugle ? ? ?…. " le coupa Largo avant que Simon ne le coupe à son tour.

" _C'est cette folle de Diana, n'est-ce pas ? J'aurais dû la sortir de nos vies, dès qu'elle a recommencé à te tourner autour lors de l'inauguration de l'école de Nério ou encore lorsqu'elle est revenue plus récemment. " se reprochait Simon .

" _C'est à cette conclusion que je suis venu aussi, en arrivant elle a obtenu un badge sans problèmes. J'ai vérifié cette histoire d'interview, son employeur n'était pas au courant. D'ailleurs elle ne travaille plus chez lui depuis environs trois mois. Elle aurait trouvé une place dans un autre quotidien " The World ". J'ai fais quelques recherches sur cette entreprise et j'ai découvert en piratant quelques dossiers de la police qu'ils essayaient d'arrêter leur directeur, Constantin Brezhonegs, pour collaboration avec des trafiquants de drogue turcs. Ils auraient d'ailleurs mis sa villa sous surveillance grâce à une agence regroupant de nombreux policiers à la retraite, d'anciens détectives et tous les métiers du style. Je n'ai pas pu découvrir autre chose car c'est une mission classée " secret défense ". Seuls quelques hommes savent qu'elle existe, de cette façon le risque de fuite est minimisé. " raconta Georgi.

" _Des trafiquants de drogue turcs ? Mais John travaillait justement en rapport avec cette nation, mais quel lien ? " demanda Largo.

" _J'ai cherché dans cette voie aussi et j'ai eu quelques documents dans lesquels il y a quelques explications. En fait la police pense que l'entreprise à qui appartiennent ses bateaux mélange la drogue aux autres marchandises pour la passer an fraude. De ce fait si la Winch Company la rachetait, leur commerce cesserait et ils perdraient des millions de dollars. En supprimant John ils espéraient que ce rachat sera mis aux oubliettes et qu'ils pourraient continuer leur trafic tranquillement. Bien sûr ce ne sont que des suppositions et il nous faut des preuves pour les mettre en prison." rappela Kerensky.

" _Il faudrait que tu trouves un moyen de les coincer. Il serait bon que nous aussi nous allions surveiller la maison de ce Brezhonegs et le prendre la main dans le sac. Il habite où ? "  questionna Winch.

" _En fait c'est un mystère complet, il mène une vie toute à fait normale, avec femme et enfants sous en faux nom. Personne n'a jamais vu son visage et tout est traité avec son bras droit. La police a mis cinq ans pour trouver sa trace et pour mettre des hommes à eux dans son entourage. " exposa Georgi.

" _Alors tu dois faire plus vite et beaucoup plus vite. Cette affaire devient notre priorité. Je sais que Joy l'aurait voulu et qu'un jour ou l'autre nos chemins se recroiseront alors je vais arrêter de la rechercher.. pour l'instant. " dit le milliardaire.

Georgi se remit dans ses recherches. Cette fois-ci il avait un défi à réaliser qui dépassait ceux qu'il avait jamais eu auparavant. Il ne savait pas s'il réussirait mais il devait le faire pour ses amis, pour lui, car un échec ne serait pas digne de son génie. Largo retourna à ses occupations tendis que Simon alla rechercher un autre garde du corps car après que Philibert se soit évanoui en voyant une arme, il en fallait un autre. Plus tard ils avaient découvert que l'ancien employeur de ce jeune homme n'était que son oncle milliardaire et qui lui avait un CV en or et fourni des recommandations pour s'en débarrasser.
Ankara (Turquie)
1 an et sept mois plus tard
Sullivan avait repris sa place au sein de groupe et avait laissé aux placards les projets de rachat de l'entreprise turque. Craig Adilson lui aussi avait retrouvé la forme. Largo cachait sa douleur en se plongeant dans le travail, il avait connu des femmes mais il n'en avait gardé aucune, aucune n'était restée pour la fin du repas. Il avait si mal qu'à chaque fois que le téléphone sonnait il espérait que c'était Joy, mais en vain. En un temps record Georgi avait réussi a découvrir le lieu de résidence de Brezhonegs. Il avait acheté une maison pour Simon dans les environs pour qu'il puisse le surveiller. Il était plus facile pour lui de passer inaperçu car Largo pourrait être reconnu par un des hommes du trafiquant de drogue. Winch était néanmoins avec lui et lorsqu'il devait sortir il arborait de magnifiques moustaches et lunettes noires. M.Prisksom, alias Simon et son frère Abdulhah plus connu sous le nom de Largo faisaient le tour des propriétaires et rencontraient leurs nouveaux voisins. Pour changer Simon faisait le pitre :

" _J'adore ton nouveau look, en plus je crois que tu as tapé dans l'œil de cette petite tout à l'heure. "

" _Simon, elle n'avait même pas seize ou dix-sept ans, tu fais dans le détournement de mineurs maintenant " ironisa son ami.

" _N'importe quoi mais je lui aurais donné plus, tu sais elle paraissait plus âgée avec son maquillage et sa minijupe. Alors c'est notre avant dernière maison, alors allons voir sur la boîte au lettres à qui nous avons à faire. C'est soit notre cher bandit ou une gentille petite famille " proposa Ovronnaz.. pardon Prisksom.

Ils avancèrent jusqu'au portail et se penchèrent pour lire le nom de leurs voisins les plus proches. Simon amusé les lut à voix haute :

" _Tiens Largo c'est drôle écoute, ils s'appellent William Twain et Joy Sanderling, on peut dire que tout nous la rappellera. " sourit Simon.

Largo sentit son cœur se briser à nouveau, c'était comme s'il revivait son départ à chaque fois que quelque chose le lui rappelait. Essayant de le cacher il répondit naturellement :

" _Comme tu le dis Simon, tout me fait penser à elle. Allons-y avant qu'il fasse nuit, je ne voudrais pas éveiller les soupçons. "

Ils s'avancèrent jusqu'à la porte puis sonnèrent. Un homme ouvrit la porte et les salua avec un grand sourire. A ce moment la le regard de Largo se glaça, au fond de la pièce sur un des murs une peinture de l'homme qu'ils venaient de rencontrer et de………….Joy, oui leur Joy. Simon l'apparut aussi et intervint avant que son meilleur ami ne fasse échouer un travail de presque deux ans.

" _Bonjour monsieur, excusez-nous de vous déranger mais nous aimerions voir Joy. Est-ce qu'elle est là ? " demanda-t-il.

" _Ma femme.. ma future femme excusez moi c'est l'habitude. Eh oui vous en gardez quelques-unes unes lorsque vous avez déjà été marié. Même si Joy va le devenir très vite ce n'est pas encore le cas. Je suis navré mais elle est au bureau.. oh pardon voilà mon petit champion qui arrive…… " leur expliqua-t-il.

En effet un petit garçon d'un an et quelques mois s'avança et commença à s'agripper à son père. Il était adorable, avait de grands yeux bleus et leur offrait un magnifique sourire et articulait quelques mots par-ci par-là..

" _C'est bien mon fils, il s'échappe toujours. La nounou n'arrive pas à s'occuper de lui et de ses deux sœurs. C'est dur d'avoir des triplés. Vous avez des enfants ? " demanda l'homme en reprenant la conversation.

" _Non, mais si nous en revenions au sujet qui nous intéresse " répondit Largo avec une boule dans la gorge.

" _Oui, donc je disais que Joy n'est pas là mais demain elle est en repos alors vous pourrez revenir. Vous la connaissez comment d'ailleurs ? " se renseigna l'homme.

" _C'est une longue histoire, nous reviendrons demain, mais ne lui dites pas que nous sommes venus, nous voudrions leur faire une surprise. Au revoir mon garçon. " dit Largo.

" _Dylan, dis au revoir au monsieur comme papa t'a appris à toi et à tes sœurs. " demanda William au garçonnet.

" _ Au revoir (avec quelques are, are par-ci par-là) monsieur. " répéta le petit homme avant de retourner à quatre pattes dans la maison.

M. Twain ferma la porte derrière ses visiteurs. Largo et Simon rejoignirent leur maison. Le Suisse attendait que son ami explose, il le connaissait sur le bout des doigts, il savait qu'il n'avalerait pas ce qu'il venait de voir. Son raisonnement s'avéra exact car quelques minutes plus tard Largo rouspéta :

" _Tu imagines ce qu'elle à fait, elle avorte de notre enfant et va épouser un homme qui en a déjà trois. Comment peut-elle faire ça ? "

" _Largo, tu voulais la retrouver par tous les moyens et maintenant que c'est fait tu ne trouves rien d'autre à dire qu'à la critiquer. Ecoutes, elle essaie de reconstruire sa vie, mais là je ne comprends pas vraiment, elle t'a bien écrit dans sa lettre qu'elle ne désirait pour rien au monde abandonner son métier et maintenant elle travaille dans un bureau. C'est pas Joy tout ça. " analysait Simon.

" _Ce n'est pas Joy tout ça mais tu crois que tout ce qui c'est passé depuis presque deux ans est quelque chose que Joy aurais jamais fait auparavant ? Je ne sais pas ce que je dois penser, c'est très étrange car je veux la haïr mais je n'y arrive pas. Je ne comprendrai jamais cette femme, elle sera un mystère même si je vivais auprès d'elle éternellement. Quand je l'ai vue sur ce tableau j'ai cru que j'allais m'écrouler à terre. " narrait le milliardaire.

" _ Je sais que les réactions de Joy ont été imprévisibles mais de là à rester dans un bureau, je n'y crois pas une seule minute. Je propose qu'on appelle Kerensky, qu'on le mette au parfum et qu'il essaie de trouver quelques broutilles sur la nouvelle Joy et sur son futur époux. " expliqua Simon.

" _Je crois que nous n'avons plus rien à perdre alors allons-y. Mais j'espère qu'on trouvera des réponses car le nombre de questions va crescendo alors que celui des solutions est tout le contraire. "

Il prit son téléphone portable, appela son ami et lui narra ce qui s'était passé du début à la fin. Kerensky avait raccroché après avoir écouté son patron parler et s'était mis à faire des recherches sur tout ce dont celui-ci lui avait parlé Au bout de trois bonnes heures, il le rappela. Cette fois-ci Largo mit le haut-parleur et écouta ce que le Russe avait découvert, Simon arriva deux minutes après et à son tour prit part dans la discussion :

" _Tu veux dire que William Twain n'as pas de vie pendant plus de dix ans. Mais on l'a bien vu hier, il est vivant. " essayait de comprendre le Suisse.

" _Je reprends Simon, lorsque j'ai fait des recherches banales, ce qui est très simple, j'ai trouvé qu'il avait une vie tout à fait normale mais en fouillant un peu et décryptant quelques dossiers secrets j'ai appris que ce cher homme a disparu de la surface de la terre pendant plus de dix ans. Pour Joy, j'ai constaté que sa vie était l'opposé de la vérité. Il n'y avait pas de mention indiquant qu'elle avait été à la CIA ou qu'elle avait travaillé pour le groupe W. Même pour de grands professionnels, il est très difficile de se recréer une nouvelle vie si bien cachée. Je ne vois qu'une explication à tout ça, Joy et William sont les agents infiltrés pour mettre la main sur Brezhonegs. La police a effacé leur vie passée et a fait d'eux de parfaits américains exilés en Turquie pour travail. " exposa Georgi.

" _Mais Joy ne voulait pas retourner travailler pour la CIA, pourquoi l'aurait-elle fait ? En plus cet homme risque la vie de ses enfants, il n'est pas fou à ce point là ? " questionnait le jeune homme.

" _Joy n'est pas retourné à la CIA, loin de là c'est un nouvel organisme qui a été crée pour lutter contre le terrorisme et les trafics de stupéfiants. Elle est libre et peut à nouveau exercer son métier. C'est pour ça que nous n'avons pas pu la localiser, elle change d'identité tout le temps. J'ai peur que ce Twain vous ait reconnu et qu'il la prévienne alors vous devriez aller attendre qu'elle arrive car il pourrait lui prendre l'envie de se faire remplacer pour cette mission. Pour les enfants je ne peux rien te dire, dans le dossier de ce monsieur aussi loin que j'ai pu remonter il n'en ai pas question ni d'un précédent mariage, cela peut-être des enfants d'autres agents juste là pour donner l'illusion du vrai. " supposait Kerensky.


" _Je pense qu'on va suivre ton conseil et qu'on va parler à Joy, elle acceptera peut-être de collaborer et de me donner des explications " murmura Winch en coupant la communication avec Georgi.

" _Simon, je voudrais bien aller la voir seul. Tu peux me laisser quelques secondes, juste pour voir sa réaction, juste pour comprendre. " pria son ami.

" _Largo, je ne sais pas si c'est une bonne idée, tu risques votre vie à tous les deux, imagines que Brezhonegs ait des hommes à lui qui surveillent tout ce qui se passe. Tu pourras le faire après cette mission, tu l'as attendu plus d'un an et demi alors tu peux encore tenir quelques jours. C'est pour votre bien à tous les deux. " assura le Suisse.

" _Même s'ils nous voient, qu'est ce que tu veux qu'ils fassent ? Ils penseront qu'en tant que voisins on fait connaissance et c'est tout. Je veux le faire maintenant car je suis de l'avis de Georgi, elle peut décider à tout moment de plier bagages et se terrer encore plus qu'avant. Tu te rappelles quand on a coincé la Commission, elle s'est laissé avoir deux fois et puis depuis deux ans pas une seule nouvelle, ils sont plus cachés qu'une taupe. Je ne veux pas que la même chose se reproduise avec Joy. Je vais l'attendre, elle ne va plus tarder. " répondit-il.

Il ne laissa pas le temps à son ami de lui répondre et il partit en direction de la maison de leurs voisins.

part 12