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J
E T'AIME MOI NON PLUS (part 12) |
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Rue Angora
22 heures 37
Largo attendait depuis dix minutes assis devant le portail de la maison de Joy. Les nuits turques étaient très chaudes donc Largo avait tendance à s'assoupir et à somnoler. Mais il ne voulait pas s'endormir, il ne le devait pas. C'était sans doute l'un des moments les plus importants de toute sa vie. Au bout d'un quart d'heure il vit une voiture s'arrêter et avancer vers l'entrée. Il se cacha dans l'ombre et observa la scène. Il croyait imaginer, il pensait revivre encore un de ses rêves qui au début est un conte de fée et qui se finit en un cauchemar car à chaque fois à la fin Joy disparaissait à nouveau. Il la laissa le devancer puis se décida à lui parler :
" _Bonsoir Joy, comment tu vas ? Cela fait un moment que nous nous sommes vus, n'est-ce pas ? "
La jeune femme ne bougea pas, à ce moment précis on n'aurait pas pu dire laquelle d'elle et d'une statue située à l'entrée était la plus immobile. Son cœur battait cent fois plus vite et ses mains devenaient moites. Elle croyait reconnaître cette voix, non elle avait reconnu cette voix. Comment l'oublier. Elle se retourna lentement et vit Largo sortir dans la lumière, elle ne sut quoi dire, elle essaya de parler :
" _Largo... mais comment ?……..Tu fais quoi ici ?……Depuis quand ?.... " articulait-elle difficilement.
" _Je suis aussi ravi de te revoir, toi aussi tu m'as manqué, j'ai cru devenir fou quand tu es partie.. Mais pourquoi je te dis ça.. DE TOUTE FACON TU EN AS RIEN A FOUTRE ! ! ! !Je me trompe ? ? ?" hurla-t-il.
" _Arrête ne cries pas s'il te plaît, il ne faut pas réveiller les voisins. Je t'en pris laisse moi rentrer chez moi. " supplia-t-elle.
" _Te laisser rentrer où, chez ton supposé mari, pour que vous puissiez élaborer votre plan pour démasquer Brezhonegs, c'est ça ? " demanda Winch à voix basse mais néanmoins toujours sur le même ton.
" _Mais comment tu sais ça ? Que fais tu réellement ici ? Tu ne devrais pas gâcher tout ce travail. " dit-elle.
Devant tant de refus, Largo ne sut quoi faire, il ne comprenait rien, il s'approcha d'elle lui prit les épaules et l'immobilisa comme s'il avait peur qu'elle s'en aille. Il recommença à exiger des explications :
" _Tu ne crois pas qu'il est temps que nous parlions tous les deux ? Tu te rends compte que je suis devenu un corps sans âme depuis que tu es partie, je me lève parce que je sais que je dois le faire. Je mange car c'est nécessaire. Tous les plaisirs quotidiens sont devenus pour moi des automatismes…….. "
" _Arrête Largo s'il te plaît… je ne peux pas……. Il ne faut pas essayer de refaire le passé. Ce qui est fait est fait…….. je t'en pries, ne me rends pas la tâche plus difficile qu'elle ne l'est déjà. " implora-t-elle en lui coupant la parole.
" _Tu veux que je me taise et que je garde en moi ce que je refoule depuis si longtemps ? Non, je veux que tu saches Joy, je crois que c'est largement le moment. Il y a des jours où je me suis demandé pourquoi je continuais à vivre, seule ta pensée me gardait encore en vie. Je parle de la vie intérieure car à l'extérieur j'étais comme avant mais plus rien ne me faisait rire, sourire. Au bout d'un certain temps j'ai fini par me dire que j'étais fou mais que voulais tu que je fasse ? Rien, alors c'est ce que j'ai fait, rien. Tout le monde était très inquiet et je devais les rassurer alors j'ai revécu mais c'était dur car j'inspirais de l'air et j'expirais de toi. " dévoilait Winch.
" Je suis si désolée, j'aurais tellement aimé que tu puisses me pardonner, m'oublier. Je suis désolée que tu aies souffert mais je sais ce que tu as ressenti car je l'ai vécu moi aussi mais j'ai réussi à passer au-dessus et tu y parviendras, je t'assure. " conta Joy.
Elle commençait à pleurer et avait de plus en plus de mal à réfuter les arguments de Largo, ses paroles la touchaient si profondément qu'elle sentait son cœur s'étouffer de douleur, de désespoir. Elle se plongeait dans le regard de son ancien patron, même à cent mille lieux de ses yeux clairs elle avait senti leur présence, c'était comme s'ils ne l'avaient jamais quittés. Elle fut brusquée par le vibreur de son portable, elle répondit :
" _Joy Sanderling, je n'ai pas vraiment le temps alors si vous pouviez me rappeler plus tard je serais…. ".
" _Mademoiselle Arden c'est nous. J'ai eu le message que vous nous avez fait parvenir. Il nous est impossible de reculer maintenant. Je vous avais prévenu au début de cette mission et répété lors de notre entretien que c'était une grave décision et que les conséquences pouvaient être dangereuses. Vous avez accepté et nous ne pouvons écarter aucun membre quel qu'il soit. Vous allez devoir jouer le jeu jusqu'au bout car vous risquez de faire échouer un projet qui a nécessité plus de six ans de travail. Nous allons renforcer la sécurité de votre maison et mettre de nouveaux agents dans les parages mais nous ne changeons rien. Tout se passera bien, nous avons tout en main. " récita l'homme d'un trait avant de raccrocher.
Joy rangea son portable, essuya ses larmes et se retourna vers Largo celui-ci la regardait avec une telle insistance qu'elle ne savait quoi faire. Elle ne savait que lui dire, il le comprit et reprit la conversation :
" _Tu vas bien, ce n'est pas une mauvaise nouvelle ?Dis-moi, je pourrai peut-être t'aider. Vous n'avez pas été démasqué au moins ? " questionna le jeune homme la tenant toujours entre ses mains.
" _Non, ce n'est pas ça, je dois y aller Largo, je suis désolée, écoutes je ne peux rien y faire, ce n'est pas de ma faute. " dit-elle.
" _Je ne partirai pas avant d'avoir arrêté Brezhonegs, et je dois retrouver Diana aussi et il pourra m'aider. " conta le jeune homme.
" _Mais tu sais quoi sur toute cette histoire et comment tu en es venu à Brezhonegs ? C'est une mission top secrète. " confia la jeune femme.
" _J'accepte de tout te dévoiler mais à condition que tu en fasses de même, je veux pas qu'il y ait des secrets entre nous. " exigea-t-il.
" _Au point ou j'en suis, j'accepte car tu le sauras par un moyen ou un autre alors pourquoi perdre notre temps tous les deux. " avoua l'ex-garde du corps.
Largo se mit alors à nu et lui raconta tout ce qu'ils savaient, comment ils en étaient arrivés là, l'apparition de Diana. Par la suite son amie en fit de même et ils purent réaliser qu'en fait ils possédaient à peu près les mêmes éléments omis l'agression de Sullivan. Au bout de vingt minutes de discussion Joy voulut vraiment partir :
"_Largo, tu vois maintenant que je dois y aller alors ne me retiens pas. On verra par la suite ce qui va se passer. "
" _Tu me promets de ne pas t'enfuir et de me laisser te poser les questions lesquelles, méritent des réponses ? " demanda Winch.
" _Je ne peux rien te promettre mais je vais faire de mon mieux pour te parler après. Si je disparais ce sera que j'ai une autre mission et pas à cause de toi alors ne te reproche rien, tu sais je ne veux pas que tu te sentes coupables de quoi que ce soit. J'ai fais des choix et pour la plupart ils se sont avérés désastreux mais ce sont les miens et je les assume. Toi tu as fait ce que jamais personne n'a fait pour moi, tu m'as donné un travail, une vie et une famille. J'ai compris tout ça trop tard et je le regrette. Si je pouvais revenir en arrière j'effacerai certaines choses mais c'est impossible alors il faut vivre avec. " expliqua la jeune femme.
" _On peut recommencer tout depuis le début, on peut reconstruire et recoller les morceaux qui se sont brisés. Laisse nous essayer, fais le pour nous. " pria-t-il.
" _Tu ne sais pas tout Largo et je crois que la vie l'aura voulu ainsi, nous ne pourrons jamais être heureux ensemble. " regretta-t-elle.
Elle s'en allait lorsque la porte de sa maison s'ouvrit, Largo et Joy virent sortir une jeune fille avec dans ses bras une fillette de l'âge du garçon de tout à l'heure. Elle s'approcha avec un grand sourire et les salua :
" _Bonsoir, j'avais bien entendu votre voiture. Monsieur m'a dit que vous rentreriez plus tard mais je voulais tout de même m'en assurer que ce n'était pas vous. "
" _Je rentre plus tôt car j'ai fini mais vous avez bien fait de venir vérifier qui rôdait autour de la maison, Rose ". dit Joy.
" _Les deux autres dorment depuis quelques heures mais Emma n'arrive pas à fermer l'œil, je pense qu'elle a trop chaud. "
" _EMMA ! ! ! Cette fillette s'appelle Emma, ah non, Joy non. Je t'en pries...
Une balle ricochant sur la statue posée à l'entrée stoppa le milliardaire dans son élan. Le premier réflexe de Joy fut de prendre son arme et d'accourir vers sa fillette en entraînant Largo avec elle. La jeune baby-sitter qui gardait le bébé tremblait de tous ses membres, elle commença à pleurer et se coucha à terre. Lorsque l'ex-garde du corps l'eut rejoint elle remit l'enfant à sa mère puis cette dernière n'y eut autre choix que de le confier à Largo, elle devait les protéger et avec Emma ça aurait été impossible, tous risqueraient beaucoup, la petite risquait trop.
Winch serra l'un des triplés entre ses bras, il regardait ses petits yeux bleus le dévisager et un sourire se dessiner sur son visage malgré la situation, il avait l'impression de voir celui de Joy. Il essayait de comprendre mais il ne voulait pas se l'avouer, il avait peur. Cela ne pouvaient pas être son enfant. Ils ne pouvaient pas être ses enfants, elle n'aurait jamais pu lui faire ça.. leur faire ça.
La situation devint vite la scène d'un échange de coups de feu qui n'avaient rien de virtuel. Le milliardaire voulut aider Joy mais il n'y pouvait rien, elle était la seule armée. A n'en point douter leurs adversaires étaient mieux équipés qu'eux et étaient plus nombreux. Malgré la tournure des évènements et la mort qui les attendait peut-être au bout du chemin, le président de la Winch Company murmura :
" _Qui est leur père ? ? Qui est leur père ? ? Je veux savoir... "
" _Largo, vas t'en je t'en supplie, ne rends pas les choses plus compliquées qu'elles le sont déjà.. "
" _ Je ne vous abandonnerai pas.. je ne peux pas.. dis-moi la vérité ! ! Si je meurs tu veux que ce soit en n'ayant jamais su ?"
" _ Alors bouges pas et laisses-moi faire.... "
" _Réponds-moi .. " insista le jeune milliardaire.
" _...... "
" _Réponds-moi, bon sang ! ! ! J'ai besoin de savoir ! !"
" _Ce.. ce sont... ce sont tes enfants... "
L'affirmation eut l'effet d'une bombe dans le cœur du milliardaire. Il s'en doutait mais l'entendre d'une autre bouche était différent, cela était sûr, il ne s'agissait plus d'hypothèses, de suppositions. Soudain il ne ressentit plus rien, tout se mélangea dans son esprit, il avait l'impression d'être ailleurs, que c'était un cauchemar dans un rêve. Le paradoxe en lui-même. Il avait la sensation que tout autour de lui était irréel. C'est la voix de la mère de ses enfants qui le fit revenir à la réalité :
" _Vas chercher Simon, vas-y ! !Il faut que tu ailles prendre les deux autres, ne les laisses pas... ils sont au rez-de-chaussée, les deux premières chambres. Emmène Rose et ma.. notre fille….il y a une petite porte derrière la maison, tu pourras sortir sans aucun problème, dépêche toi.. ! ! "
" _Mais... "
" _ Discute pas ! ! Vas-y ! !"
" _Je t'..... "
" _Vas-y... " répéta-t-elle.
Winch suivit les ordres de son amie et emprunta la voie qu'elle lui avait indiquée suivi de très près par Rose qui portait la fillette. Le milliardaire rentra dans la demeure pendant que l'ex-agent de la CIA le couvrait avec les projectiles qui lui restaient. Il ressortit quelques instants plus tard avec dans ses bras les petits en pleurs. Ils quittèrent la propriété en quelques instants et atteignirent la villa achetée par Georgi pour lui et Simon, ce dernier se tenait derrière la porte et espérait que les coups de feu étaient une coutume locale et en aucun cas la rencontre des anciens amants. Voyant son meilleur ami en compagnie, il balbutia :
" _Mais.. mais qu'est-ce qui se passe ? "
" _Appelles Kerensky, dis-lui d'envoyer les flics anti-terroristes dès que possible. Donnes-moi des armes et tu restes ici avec Rose et mes enfants ! ! "
" _Tes quoi ? ? ? "
" _Je t'expliquerai.. mais veilles à ce qu'il ne leur arrive rien, je tiens à eux plus qu'à ma propre vie, ne les lâches pas du regard… "
" _Fais-moi confiance... "
L'ancien pensionnaire de Sarjevane s'en alla par la même ruelle qu'il avait prise quelques moments auparavant. Il put se rendre compte de l'effet désastreux qu'avaient engendrés ces coups de feux. En effet les gens pleuraient de tous les côtés, des innocents étaient blessées et la police n'arrivait pas.
Les personnes s'écroulaient de douleur, la plupart du temps c'était plus spectaculaire que grave mais la peur mêlée à l'horreur amplifiait doublement leur souffrance. Joy était presque à court de munitions et même avec celles qu'elle avait subtilisées à des hommes de main de Brezhonegs elle n'arrivait plus à faire face. La venue de Largo fut en quelque sorte une satisfaction mais elle se cacha bien de le montrer:
" _Non mais t'es tombé sur la tête, qu'est-ce que tu fais ici ?? je t'avais pas dit de t'en aller !! Comment vont les enfants ? "
" _ Ils vont bien et non ne t'en fais pas je ne suis pas blessé.. je suis là pour t'aider je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, tu comprends je….."
" _Tu n'as pas à faire ça, c'est mon boulot... enfin c'était mon boulot et.. et passe-moi ton arme je dois me débarrasser de ce petit plaisantin qui fait mumuse avec ce Beretta qu'il a dû avoir en cadeau pour Noël.. ah ces incapables ! ! "
Le jeune PDG ne préféra pas discuter et obéit, il n'avait aucun mal à deviner qu'elle était au bord de la crise de nerfs et que tout ce qu'elle vivait la dépassait. Avec toute la fougue qui germait en elle, Joy se leva avant de viser l'homme précédemment évoqué et de l'abattre.
Malheureusement ce n'était qu'un petit pion sur l'échiquier et elle n'allait pas pouvoir supprimer le roi avant de les avoir tous. Alors que les deux parents préparaient un plan d'attaque pour essayer de contrecarrer l'emprise des tueurs, les sirènes des flics anti-terroristes se firent entendre. Comme si la prison ou la mort ne signifiaient rien pour ces assassins, ils restèrent et continuèrent à faire feu.
Des quinzaines de voitures arrivèrent et encerclèrent la rue pour freiner l'avancée des criminels mais ces derniers ne se décourageaient pas, ils assuraient leurs arrières. Au bout de quelques minutes et malgré tous les tirs et toute leur volonté, ils durent se résilier à abandonner la partie. Ils étaient pris au piège, on les tenait presque en joue. Ils laissèrent finalement leurs armes et permirent aux forces de l'ordre de les arrêter.
Joy se leva soulagée mais se tordit légèrement. Largo essaya de la soutenir mais elle le poussa violemment. Elle lui demanda seulement :
" _Où est-ce qu'ils sont ? Je veux voir mes enfants.. s'il te plait.. allons-y "
" _Mais Joy, pourquoi... "
" _Allons-y s'il te plait.. "
Il n'insista pas. Quelque chose n'allait vraiment pas, il ne savait pas mais il se promit de le découvrir. Il n'arrivait pas à reconnaître cette femme qu'il avait connue. Elle aurait pu changer pendant qu'ils s'étaient perdus de vue mais pas autant, c'était un virage de trois cent quatre-vingt degrés. Il marcha à ses côtés dans l'allée qui était éclairée par les différents feux des pompiers, des policiers et des ambulances.
On se serait crus en temps de guerre. Des dizaines et dizaines de chaînes télévisées retransmettaient l'évènement et les gens exprimaient leur surprise, leur crainte et leur effroi. C'était une effervescence sans nulle précédant dans ce quartier paisible. Tout le monde était occupé, tout le monde courrait dans tous les sens, essayait de comprendre, tentait de se protéger. Les individus apeurés accusaient leurs voisins, leur famille, les passants mais personne ne vit le vrai coupable, le vrai investigateur partir. Libre.
Villa de Largo et Simon 23 heures 47
Simon était assis, la porte était fermée à double tour et Rose s'était assoupie sur le canapé alors que les enfants étaient parterre, sur une couverture. Ils avaient passé le plus clair de leur temps à pleurer, mais maintenant que le calme revenait peu à peu, ils le devenaient aussi. Le Suisse entendit frapper à la porte, la baby-sitter, sursauta et le chef de la sécurité aussi, il saisit une arme avant de demander :
" _Qu'est-ce qui se passe ? "
" _Simon, ouvres-nous… " répliqua Largo.
Ovronnaz s'exécuta immédiatement et les deux jeunes gens pénétrèrent à l'intérieur de la demeure. La mère accourut vers ses enfants et les prit entre ses bras en s'asseyant auprès d'eux alors que son employée lui lançait des regards terrifiés, Joy le remarqua et chuchota :
" _Rose, je crois que vous devriez rentrer chez vous, je vais vous faire appeler un taxi. Je pense que vous seriez mieux auprès de votre famille. "
" _Vous avez raison madame mais vous ne voulez pas que je reste vous aider ? Votre mari n'est pas encore arrivé et les enfants auront certainement besoin de leur père après ce qui s'est passé. Je ne comprends rien à toute cette histoire et vous ? "
" _ Je ne suis pas plus avancée que vous, je suppose que cela doit être quelque chose qui nous dépasse. Heureusement que j'avais ce petit pistolet que je m'étais procurée pour les petits voleurs sinon qui sait ce qui aurait pu arriver ?"
" _J'avais ma bombe asphyxiante mais je ne crois pas qu'elle nous aurait été d'un grand secours. Je vais prendre ma voiture, ne vous en faites pas. Vous n'avez qu'à me contacter quand tout ira mieux.. Messieurs merci de votre aide. Je ne suis pas sûre que sans vous on s'en serait sortis. "
" _ De rien" répondirent en cœur Simon et Largo alors que la jeune femme disait au revoir aux enfants et prenait la direction de la sortie.
A peine eut-elle franchi le seuil de la porte que l'ex-voleur se retourna vers ses deux amis qui demeuraient muets et se renseigna :
" _Je peux savoir ce qui se passe ? Vos retrouvailles étaient-elles obligées d'enclencher la troisième guerre mondiale? "
" _Simon, c'est pas le moment.. " murmura le multimilliardaire.
" _Et quand est-ce que ce sera le moment ? Jamais ! alors je veux savoir ce qui se passe et puis qu'est ce que ces enfants font ici ? "
" _Mon pote, je te présente…ben je sais pas….. c'est un comble pour un père, je sais à peine comment s'appelle ma propre chaire, mon propre sang.. "
Il regarda Joy dans les yeux, elle pouvait y voir beaucoup de choses mais ce qui la surprit le plus c'est de ne pas trouver de la haine, des regrets oui, mais pas de haine. Avec le peu de forces et de courage qui lui restaient elle entama :
" _Celui qui est sur le point de s'endormir dans mes bras est Dylan. Là à gauche avec les cheveux bouclés et blonds vous avez Emma. Et juste derrière elle, sa copie conforme c'est la petite dernière, elle est venue après Dylan, c'est Lara. Ce sont mes.. nos triplés…."
" _Vos triplés ? ? C'est une blague ? " s'exclama le Suisse.
" _ Est-ce que tu vois quelqu'un rire ? Ce n'est ni le lieu ni le moment et certainement pas le sujet alors arrêtes…gardes tes blagues pour toi ! !" s'énerva Winch.
" _Hey mais calmes-toi ! ! Je n'ai rien fait ! ! Je crois que je suis de trop, je vais voir ce que nos hommes ont découvert et si Brezhonegs est entre les mains de la police ! ! " s'emporta à son tour le Petit Brun en claquant violemment la porte après être sorti.
Largo voulut aller s'excuser mais il ne s'en sentit pas capable et de toute manière il voulait avoir cette confrontation avec Joy, il entama donc :
" _Maintenant je veux toute l'histoire et tu n'y échapperas pas, je ne veux pas savoir ce que tu as à faire, je ne te laisserai pas, je…… "
" _Largo, il est tard, les enfants sont fatigués, je suis fatiguée et tu l'es aussi. Je propose qu'on aille tous dormir et que nous reprenons cette conversation plus tard, s'il…. " le coupa la jeune femme avant d'être interrompue à son tour.
" _Quel jour ? "
" _Quoi ? "
" _Quel jour sont-ils nés ? Où ?"
" _Le 20 mai (oui je sais j'ai pris ma date de naissance mais j'avais pas beaucoup d'imagination alors vous m'excusez…lol..) Je.. je les ai eu à…à New York…. "
" _Pourquoi ?"
" _Pourquoi quoi ? "
" _Pourquoi ne pas être restée ? Ne pas m'avoir appelé ? J'étais dans la même ville, j'aurai aimé les voir ...j'aurai aimé te voir…."
" _ Pas maintenant.. je t'en supplie…"
Le jeune homme acquiesça, il ne sut d'ailleurs pas pourquoi. Il ne voulait pas la laisser partir, il voulait savoir mais il sentait qu'il y avait quelque chose qu'elle lui cachait, quelque chose qu'elle ne voulait pas lui dire. Il la regarda avec ses enfants, avec leurs enfants. Il voulait les prendre, les toucher, les embrasser, il aurait tellement aimé savoir des choses de leur vie, il aurait aimé être autre chose qu'un inconnu. Il était à quelques millimètres d'eux mais en réalité il était à des années lumières.
Joy le connaissait bien, elle savait ce que ce regard signifiait, ce que ces yeux exprimaient. Elle comprenait ce qu'il voulait savoir, ce sur quoi il s'interrogeait, sans qu'il ait besoin de le dire mais elle ne pouvait pas, elle ne le voulait pas, et même si ça avait été le cas contraire elle n'aurait pas pu, elle risquerait tout. Elle était capable au moment même où il pensait quelque chose de le deviner mais elle ne pouvait l'aider. Elle savait comment ça devait être dur pour lui d'entendre Rose donner le nom de " père " à un autre que lui, combien ça avait été difficile d'apprendre du jour au lendemain qu'on est père, de trois enfants en plus.
Malgré toutes les distances qu'elle voulait mettre entre eux, elle n'y arriva pas. Elle prit ses enfants et s'approcha de lui, elle s'assit à côté et sans qu'il n'ait rien demandé débuta :
" _ Même s'il n'est pas le plus grand Dylan est toujours derrière ses sœurs, comme s'il voulait les protéger. Il déteste tout ce qui est vert, il dit que cela lui rappelle les martiens… c'est un petit ange mais lorsqu'il est en colère il vaut mieux être en forme parce qu'il faut de la patience pour le maîtriser. Emma est l'aînée de quelques minutes, elle est le casse cou et elle est toujours en forme, s'il ne s'agissait que d'elle, elle ne dormirait jamais. C'est une enfant très vive, très joyeuse. Elle raffole du chocolat, si elle pouvait en manger à tous les repas cela ne la dérangerait pas. Et pour terminer avec la petite……" elle marqua une pause puis devant le regard plein d'interrogations de Largo poursuivit : " Lara c'est le don du ciel…..à sa naissance il y a eu beaucoup de problèmes mais elle les a surmontés. Elle est l'enfant sourire parce que c'est cette expression qu'elle arbore tout le temps, elle ne pleure jamais ou presque. C'est comme si elle savait les larmes qui ont éétéé verésés lorsqu'ellée était entre la vie et la mort et qu'elle ne voulait plus jamais les voir. Elle n'est pas trèès gourmande mais elle adore le lait. Comme tu vois tout en se ressemblant ils sont trèès déifférents. "
" _ Merci…" souffla le jeune homme en osant enfin toucher ses enfants.
" _Je suis désolée.. "
" _Pourquoi ? "
" _Je suis désolée pour hier, pour aujourd'hui…. pour demain…. "
" _Promets-moi… "
" _ Je.. je ne promettrai plus jamais rien.. à moins d'être certaine.. je ne veux plus faire souffrir.. je ne veux plus souffrir."
Il ne savait pas pourquoi mais il avait l'impression que les propos de Joy avaient un double sens, que quelque chose allait se passer mais il n'arrivait pas à trouver quoi. C'est d'ailleurs ce qui lui semblait depuis la première seconde de leurs retrouvailles. Il haïssait ce genre de sensation, il redoutait leur issue. Elle lui sourit puis lui mit Lara entre ses bras pendant qu'elle portait les deux autres, ils couchèrent leurs enfants et ne mirent pas plus de quelques minutes avant de s'endormir eux-mêmes. Enfin réunis, mais jusqu'à quand ?
part 13
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