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Chère Vanessa,
Tu sais, je suis pas très doué pour écrire, mais j'avais besoin de te dire ce que je ressens. Mon stylo tremble dans mes mains, je crois bien que c'est la première fois que je t'écris. J'ai bien essayé il y a longtemps, mais j'avais pas d'adresse, pas de boîte aux lettres. Tu étais insaisissable. Et aujourd'hui je me rends compte de tout ce que nous avons perdu.
Quand je pense à nous, je me dis que nous avons mérité mieux. Mais quand je vois ce que nous sommes devenus, je me dis que nous avons eu ce que nous méritions. Enfin, aujourd'hui je me remets à douter. En fait depuis quelques temps quelque chose se passe ou se prépare je ne sais pas. Et je ne suis pas rassuré. John Sullivan a été blessé dans un attentat et ça remet certaines questions sur le tapis.
Largo en a marre. Je le vois. Il en a marre de courir, marre de se faire tirer dessus, marre de tout ce bordel. Joy est aussi perdue que moi. Il faut dire que quand Cardignac s'est fait descendre, nous savions que rien ne serait plus comme avant. Je n'ai jamais compris comment il avait eu les tripes de nous lâcher pour la Commission. Ni pourquoi ? Mais si lui nous a trahi, d'autres l'ont peut être fait aussi. Et les questions tournent dans ma tête. Je repense à ce moment par exemple où nous avons soupçonné Kerensky de nous avoir trahi. Eh bien aujourd'hui c'est presque pareil. Enfin, c'est bizarre. Je t'explique. John a demandé à Kerensky de vérifier son PC, mais nous partions en pique nique et il a refusé en disant qu'il viendrait plus tard. Sauf qu'entre temps l'ordinateur a explosé à la figure de John. Bizarre non ? Parce qu'à part Kerensky, personne ne s'y connaît en ordinateur. Je sais, c'est facile de le soupçonner, surtout qu'il a vraiment l'air touché par l'accident. Mais je crois qu'on est tous repartis pour une période de crise.
En plus, mais garde ça pour toi, je crois qu'entre Joy et Georgi il y a quelque chose. Remarque Largo n'arrive pas à se décider, Kerensky a profité du créneau… J'aurais fait pareil à sa place. Sauf que moi je suis son meilleur pote et je me serais jamais permis de lui piquer Joy. Mais entre Kerensky et elle, c'est différent y a un feeling.
Je me demande pourquoi je te raconte tout ça. Peut être parce que j'ai besoin de me confier ? Parce que tu me manques ? Quand est ce que je serai Tonton ?
Je t'embrasse très fort,
Simon
" Qui est cette Vanessa ? "
Debout face à la table l'homme sourit. Finalement ces hommes et ces femmes étaient loin de tout savoir…
" La sœur de Simon Ovronnaz. "
Il vit les regards intéressés des membres de la Commission. Il comprit leur projet avant qu'ils ne le disent.
" Ce sera fait. "
L'homme qui devait parler eut l'air étonné mais ne se laissa pas démonter.
" Faites au mieux. L'Intel Unit doit être détruite. N'hésitez pas. "
Il rit méchamment. Il allait beaucoup s'amuser.
Simon était entré en coup de vent dans le Bunker, et fouillait toutes les surfaces planes qu'il pouvait rencontrer.
" Mais bon sang, je suis sûr de l'avoir laissée là… "
Imperturbable, Georgi Kerensky grignotait des cacahuètes tout en regardant l'écran de son ordinateur.
" Tu ne l'as pas vue ? " demanda Simon, une pointe de désespoir dans la voix.
" Mmmh vu quoi ? "
" Ma Lettre ! J'ai écrit une lettre pour Vanessa et je ne la trouve plus !!! "
Simon était sur le point de craquer. C'était sa première lettre à sa sœur, et il trouvait le moyen de la perdre.
" Non. "
L'indifférence contenue dans la voix de Kerensky mit Simon hors de lui. Il s'approcha du russe et vit qu'il était occupé à faire une partie d'échecs. Il fut blessé du peu d'intérêt de celui qu'il pensait être son ami, et de rage, coupa l'électricité dans la pièce.
Lorsqu'il ralluma, Kerensky le regardait froidement.
" Mais qu'est ce que tu crois ? Une petite crise et hop ? Pour ta gouverne sache que sur chaque ordinateur de cette pièce est branché un ondulateur qui permet de stabiliser le courant et éviter que les Pc ne s'éteignent quand un petit rigolo s'amuse à couper le courant. Deuzio, ce n'est pas en réagissant ainsi que tu vas me donner envie de retrouver ta lettre. "
Les poings serrés, Simon était sur le point d'exploser.
" C'est toi, gronda t-il, c'est toi qui m'a pris ma lettre. "
Il se jeta sur l'ex-agent du KGB, le faisant tomber au sol. Il le frappa au visage. La porte du Bunker s'ouvrit, livrant passage à Joy et Largo.
" Mais qu'est ce qui se passe ici ? "
Simon se releva. Il semblait fasciné par le sang qui coulait du nez de Kerensky. Celui-ci se leva à son tour et sans dire un mot, quitta la pièce. Joy le suivit.
" Simon ? "
" Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai pété les plombs et je me suis jeté sur lui. Je sais pas… "
" Simon, on est une équipe… Il a fait ses preuves. Comme Joy. On peut lui faire confiance. "
" Ecoute Largo. Je suis un peu à cran. On m'a pris une lettre pour Vanessa, et j'ai peur de l'avoir mise en danger. "
" Quoi ? "
" Je… je lui ai dit ce qui se passait ici. Elle m'a appelé ce matin. Quelqu'un avait saboté les freins de sa voiture. C'est peut être bête, mais je suis sûr qu'il y a un lien. "
Largo lui posa la main sur l'épaule.
" Ce n'est pas une raison pour tabasser tes collègues… on va t'aider. Tous. "
Joy attendait Georgi dans le couloir. Il sortit des toilettes et resta face à elle.
" Alors ? " demanda t-elle.
" Alors quoi. "
" Qu'est ce qui s'est passé ? "
" J'en sais rien. Simon cherche une lettre et pour simplifier disons qu'il a cru que je la lui avais prise. "
" Et c'est vrai ? "
" NON. J'ai l'impression de revenir en arrière. Qu'est ce qui se passe ? "
" Quelqu'un essaie de nous monter les uns contre les autres. Il y a un traître dans le groupe. "
" Merci j'ai donné. Si je suis sur la liste, préviens moi. "
Joy fut touchée par ses paroles. Il avait prononcé ces mots d'une voix dure, mais elle entendait l'émotion derrière. Il avait déjà fait les frais de leurs soupçons une fois.
" Ecoute… "
" Tu veux que je te dise que je ne suis pas dans le coup ? Tu veux que je te dise pourquoi ? "
Elle le regarda, surprise. Il s'approcha d'elle et déposa un baiser sur ses lèvres.
" Voilà pourquoi. Je ne trahis jamais ceux que j'aime. "
Elle le regarda s'éloigner dans le couloir, trop saisie pour réagir.
Au nom de la rose
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