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Disclaimer: Les personnages ne sont pas ma propriété, etc etc etc.
| Note de l'auteur: C'est ma toute première expérience. Comme beaucoup de personnes, je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer la suite de l'épisode.
Voici ma vision des choses ! |
Aéroport de Mirabelle Montréal - Canada
Joy était entre ses bras, sans connaissance, peut-être même sans vie. Il lui parlait, mais elle ne semblait pas entendre. Le véhicule de la sécurité de l'aéroport s'était arrêté tout près. Autour d'eux, le bruit des sirènes, des cris, des ordres lancés. Pourquoi ne se réveillait-elle pas ?
Quelqu'un lui parlait, lui demandait quelque chose, mais il ne le comprenait pas. Il ne pouvait pas détacher son regard d'elle. Simon lui toucha doucement le bras. Lui aussi avait des larmes qui coulaient sur son visage.
S. : Largo Je suis désolé.
L. : Non, ce n'est pas fini. Joy, ouvre les yeux, regarde-moi. Joy, tu m'entends ??? JOY ! JE T'INTERDIS DE MOURIR !!!
Il la berçait dans ses bras, et la serrait fort contre lui, très fort. Assez fort pour... pour entendre son coeur battre. Faiblement, irrégulièrement, mais il pouvait l'entendre !
L. : Simon, elle est encore en vie !
S. (incrédule): Quoi ? Tu es sûr ?
L. (souriant aux anges, la voix serrée): Oh que oui !
Les deux amis se retournèrent ensemble vers les véhicules de la sécurité de l'aéroport et hurlèrent d'une même voix « Appelez une ambulance ». Ils couvrirent Joy de leurs vestes, l'encourageant à tenir le coup. Enfin, le ciel y mettait un peu du sien, et une bonne chose leur arrivait. La première depuis le début de cette histoire.
Lorsque, enfin, les secours arrivèrent, Largo monta avec Joy dans l'ambulance. Il ne voulait plus la laisser seule. Plus jamais...
Il lui prit la main, regardant son beau visage, plus pâle que jamais. Il n'avait pas arrêté de lui parler doucement depuis le hangar. « Joy j'ai besoin de toi, tu n'as pas intérêt à me laisser tomber. On a tous besoin de toi : les quatre mousquetaires ! Allez, ma belle. ».
Seules les infirmières réussirent à lui faire lâcher sa main lorsqu'elles emmenèrent Joy en salle d'opération. En la regardant s'éloigner, il leur cria « Je suis Largo Winch, je veux que vous lui donniez les meilleurs soins, les meilleurs médecins. Je paierai. »
C'était tout ce qu'il pouvait encore faire. Il se sentait impuissant ; il se sentait perdu. Pour la première fois, il baissait les bras, lui l'aventurier aux multiples ressources.
Lorsque Simon arriva à son tour à l'hôpital, il vit Largo assis sur un banc, la tête entre les mains, les yeux fermés. Il vint le rejoindre, et se tortura les méninges pour trouver un moyen de lui remonter un peu le moral.
S. : T'en fais pas, elle est plus têtue que nous deux. C'est pas une petite fusillade qui réussira à venir à bout de notre Joy ! Tu l'as dit, ce n'est qu'une égratignure.
L. : Je m'en veux, on a agi n'importe comment. Elle m'a dit de partir, et je ne l'ai pas écouté. Je n'en ai fait qu'à ma tête, et maintenant c'est elle qui paye.
S. : Whow, doucement, il n'y a qu'un responsable : Jagger. Tu le sais aussi bien que moi.
L. : Si elle y reste, je ne me le pardonnerai jamais. (Soudain en colère :) et je vais faire payer à ces salauds pour tout ce qu'ils ont fait. (Se levant, retrouvant toute sa vitalité) : Simon, peux-tu rester ici et me tenir au courant des évolutions pour Joy ? Je vais téléphoner à Kerensky : je veux savoir comment ils étaient au courant, et où ils sont passés.
S. : Euh, Largo, à ce sujet j'ai un truc à te dire. Tout à l'heure j'ai appelé Kerenky pour qu'il envoie des secours et... Non, le mieux c'est que tu l'écoutes toi même.
Simon prit son portable, composa le numéro du Bunker et le passa à Largo. Son expression passa de l'étonnement à la colère.
L. : Bon sang ! C'est vraiment pas le moment de nous faire une crise d'orgueil. Il va m'entendre, « l'homme de glace ». Simon, veille sur elle, il faut que j'y aille. On a besoin de lui.
Largo avait trouvé un moyen de se passer les nerfs. Survolté, il partit en trombe, laissant Simon bouche ouverte, direction la maison de Kerensky.
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Dans le jet qui le ramenait vers New-York, Largo revoyait sans cesse l'expression de Joy alors qu'elle sombrait doucement dans l'inconscience. Elle avait voulu lui dire quelque chose, mais n'avait pas eu le temps de finir sa phrase. Mais il avait lu dans ses yeux plusieurs émotions mêlées. Au delà de la douleur qu'elle devait ressentir, il y avait une grande douceur, peut être même de la tendresse.
Il savait qu'ils n'étaient pas totalement indifférents l'un à l'autre, il avait suffisamment bourlingué dans sa vie pour ça. Il aurait pu tenter sa chance, mais s'y refusait toujours : Joy était différente des autres femmes qu'il avait rencontré dans sa vie : vive, courageuse, forte, mais aussi très fragile. Il y avait autour d'elle une aura de mystère qui le fascinait et lui donnait envie de mieux la connaître, et en même temps il hésitait à ruiner le lien très fort d'amitié et d'admiration qui existait entre eux.
« Joy, si tu t'en sors Non, quand tu t'en sortiras, nous aurons une petite conversation, tous les deux ».
New-York
Largo frappa à la porte :
L. : Kerensky, c'est moi ! Ouvre !
K. : Si c'est pour les petites surs de Sargeval, j'ai déjà donné.
L. : Bon sang, c'est pas le moment. Tu ouvres ou j'enfonce cette porte !
Le russe apparut enfin, assez remonté lui aussi.
K. : Tu viens pour quoi ? M'arrêter pour espionnage ? Je suppose que Joy a déjà prévenu ses petits camarades de la CIA, pour me convier à une gentille discussion au coin du feu ?
Il y a des mots à éviter à certains moments. Sentant monter son taux d'adrénaline et l'envie de mettre son poing sur la figure de son ex-ami, Largo lui répondit d'une voix glaciale :
L. : Si tu n'avais pas déserté le Bunker, tu saurais que nous sommes tombés dans une embuscade. Sache qu'ils ont repris mon père. Et que Joy. (La gorge serrée, il ne pouvait aller plus loin. Il inspira doucement, et d'une voix plus dure :) Joy s'est fait tirer dessus.
Stupéfait, Kerensky en oublia pour quelques instants sa rancoeur, et redevint professionnel. Il s'effaça pour laisser entrer Largo.
K. : Elle est?
L. : On l'a amené à l'hosto, mais elle était vraiment très mal en point. Je ne sais pas si elle s'en sortira.
Après un bref silence, Kerensky retrouva la parole. Et son agressivité.
K. : Et je suppose que tu viens m'accuser d'avoir révélé à la Confrérie le lieu du rendez-vous ?
L. : MAIS NON, bon sang. Je viens te demander de nous aider à comprendre ce qui se passe, à démasquer la taupe, et à venger Joy.
K. : J'ai démissionné, tu t'en souviens ? Désolé, mais
L. : Enfin, qu'est-ce que tu veux, Kerensky ? Que je te supplie à genoux ? Alors regarde !
Largo était hors de lui. Il se mit à genoux, les bras ouverts.
L. : Moi, Largo Winch, demande solennellement pardon au grand Georgi Kerensky d'avoir douté de lui ! Et je prie sa Grandeur de bien vouloir m'aider ! Voilà, ça te va ?
Largo se remit debout, soudain très las. Il passa la main dans ses cheveux, et s'affala dans un fauteuil. Kerensky le regardait, gêné, hésitant.
L. (plus calmement) : Ecoute, ces dernières heures ont été plus que difficiles. Pour nous tous. Tout va mal depuis l'annonce du retour de Nério. On est tous devenus paranoïaques, et voilà le résultat : mon père enlevé, Joy entre la vie et la mort. Il faut se serrer les coudes, maintenant ou jamais.
K. : OK, OK, ça va. Autant ne plus en parler pour le moment et faire face à la crise. Qu'est-ce que tu veux de moi ?
L. : En premier lieu, m'aider à comprendre comment ils ont pu savoir qu'on était au hangar. Il y a des fuites au groupe W : il faut coincer celui qui les renseigne, et je te jure qu'il nous dira tout ce qu'il sait. Ensuite, essayer d'identifier ceux qu'on a descendu et avoir une piste pour Nério.
K. : Je m'y mets tout de suite. Et toi, que vas-tu faire pendant ce temps ?
L. (souriant doucement) : J'ai le choix : je pourrais rester au chevet de Joy, en attendant patiemment son réveil. Mais je crains que son premier geste ne soit de me mettre un coup de poing dans les gencives pour ne pas avoir couru après ces ordures. Alors, je crois que je vais aller avec toi. Si tu veux bien d'un pauvre type un peu dépassé par les évènements.
K. (semblant réfléchir): Je crois que je pourrais supporter la compagnie d'un milliardaire capitaliste pendant quelques heures !
Le Winch Building, New-York
Les deux hommes gagnèrent le Winch Building, avec la ferme intention de faire payer la note aux responsables, jusqu'au dernier. Mais lorsqu'ils passèrent la porte du Bunker, une surprise les attendait : le tableau de bord avait été mis en pièce. Les circuits dépassaient de la table, une tasse renversée aux couleurs du drapeau américain laissait s'écouler son contenu, risquant à tout moment de provoquer un court-circuit.
K. (furieux) : Qui a touché à MON ordinateur ! Regardez moi ce désastre !
L. : C'est pas vrai, ils ont même réussi à entrer dans le Bunker !
Après une brève inspection, Kerensky donna son diagnostic :
K. : C'est un profane qui s'est acharné sur les machines. Il voulait faire le maximum de dégâts, sans savoir où frapper. C'est impressionnant, alors qu'en réalité il n'y a que peu de dégâts. Pas mal de données ont été abîmées, mais lors de l'histoire du virus qui avait contaminé l'ensemble du système informatique, j'avais fait de multiples copies, histoire de limiter les dégâts. Autrement dit, si tu me laisses quelques minutes, je te remets tout en l'état et on leur déclare la guerre…
L. : Kerensky, tu es le meilleur. Je vais me changer, et je te retrouve ici dans 10 minutes.
K. : C'est parti.
Déjà, le génie de l'informatique ne regardait plus dans sa direction, et s'affairait à la tâche.
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En montant dans l'ascenseur, il tomba sur Marissa, les bras chargés de dossiers. Les yeux ouverts au grand format, elle contempla les taches de sang qui maculaient les vêtements de Largo.
M. : Monsieur Winch ? Vous allez bien ? Votre chemise
L. : Ne vous en faites pas, nous avons juste eu un accident.
M. : Rien de grave j'espère ? Vous n'avez rien ?
L. : Non, C'est Mademoiselle Arden a essuyé des coups de feu.
M. Mon Dieu ! J'espère qu'elle n'est pas gravement blessée, et qu'elle sera bien soignée.
L. : Je vous remercie.
L'ascenseur s'arrêta. Marissa fit quelques pas, puis se retourna avant que les portes ne se referment.
M. : Mon cousin travaille aux urgences de l'hôpital général, peut-être pourrais-je lui demander des nouvelles officieuses de son état pour vous ?
L. : Ce ne sera pas la peine, elle n'est pas soignée à New-York, mais à Montréal, dans l'immédiat, mais c'est gentil de votre part. Bonne soirée.
M. : Bonne soirée, Monsieur Winch.
Largo ne vit pas son sourire lorsqu'elle s'éloigna dans le couloir, pas plus qu'il n'entendit sa conversation au téléphone quelques minutes plus tard
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L. : Diana, tu es là ?
Pas de réponse. Elle avait dû retourner dans son appartement, ou bien elle était sortie et reviendrait plus tard. Un problème à la fois, pensa-t-il…
Seul dans son appartement, Largo sentit la tension retomber. Il en avait assez de courir après des fantômes, de jouer sans cesse à Don Quichotte, de sauver l'entreprise paternelle. Une seule chose l'intéressait pour le moment : être aux côtés d'un ange aux yeux de chat et aux cheveux bruns. Un ange qui avait plusieurs fois risqué sa vie pour lui, et qu'il avait cru immortel, repoussant toujours le moment où il se pencherait un peu plus sur la véritable teneur des rapports qui s'étaient tissés entre eux.
Un ange dont le sang tachait aujourd'hui sa chemise, son manteau, et qu'il ne reverrait peut-être jamais plus.
Il secoua la tête, retira ses vêtements, et se changea rapidement. Hors de question de se laisser abattre : non seulement il allait la revoir, mais tout ça allait changer. Son téléphone sonna :
S. : C'est moi, je t'apporte les nouvelles fraîches.
L. : Raconte…
S. : Mon vieux, elle en réchappe de justesse : une balle s'est logée dans le lobe supérieur du poumon gauche, une autre dans son épaule. Ils l'ont opéré, maintenant elle est dans sa chambre. Pour le moment elle est encore inconsciente. Il paraît que c'est aussi bien pour elle, elle souffre moins. Il faut attendre pour savoir si elle a bien supporté le choc opératoire.
L. (un peu soulagé): Tu ne la lâches pas d'une semelle, OK ?
S. : Compte sur moi. En plus, ils lui ont attribué une petite infirmière charmante. Elle est en train de me donner des cours de vocabulaire médical…
L. (souriant): T'es pas possible. Ne te laisse pas trop distraire, et tiens-moi au courant de tout.
S. : Hey attends, et Kerensky ?
L. : C'est réglé pour le moment. Il répare le Bunker : on a eu de la visite, et la méthode de notre intrus pour faire le ménage laisse quelque peu à désirer… Je te rappelle.
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Au Bunker, Kerensky avait fini par remettre en marche tous les systèmes. Il était collé à son écran, et entendit à peine son patron revenir. Il avait retrouvé son calme, et semblait plus imperméable aux sentiments que jamais.
L. : Alors, quoi de neuf ?
K. : Je suis en train d'examiner sur les bandes de vidéo-surveillance les personnes qui ont eu accès à l'appartement de Simon ces dernières heures.
L. : Mais il n'y a pas de caméra dans sa chambre ?
K. : Non, mais dans l'ascenseur et les couloirs il y en a. Et en se basant sur l'heure à laquelle le fax a été envoyé, j'ai restreint mes recherches.
L. : Et si le fax avait été programmé ?
K. : J'ai pris en compte cette éventualité, mon cher Largo. Et le modèle qui se trouve dans les appartements de Simon ne permet les envois différés que 6 heures après la programmation. Donc, au boulot.
Chacun sur un ordinateur, les deux hommes étudièrent une à une les personnes qui défilaient sur l'écran. A grande vitesse, les silhouettes marchaient dans le couloir, sans pour autant s'arrêter devant la porte de Simon. A un moment, ils avaient cru trouver la solution, mais en examinant plus attentivement la bande, il ne s'agissait que de Simon, passé prendre son manteau, accompagné de Diana. Fausse alerte, et retour à l'examen fastidieux des bandes. Soudain, Kerensky se redressa sur sa chaise :
K. : Bingo. Une heure avant l'envoi, une personne est entrée chez lui. Un petit zoom sur le visage… Allez, tourne-toi, montre nous à quoi tu ressembles… Voilà… C'est pas vrai !!
L. : Quoi ? Explique !
K. (se rejetant contre le dossier de sa chaise, bouleversé) : Il doit y avoir une erreur : c'est Marissa qui est entrée dans son bureau… Attends.
Retournant sur son ordinateur, Kerensky chercha à suivre l'évolution de Marissa dans les couloirs, à l'aide des nombreuses caméras que comportaient le système de sécurité du Winch Building.
K. : Là j'ai une séquence dans l'ascenseur. Elle téléphone à quelqu'un de son portable.
L. : Il y a un moyen de savoir de quoi elle parle ?
K. : ça vient, ça vient. Le son est mauvais, il faut que je l'améliore.
Des grésillements, un murmure étouffé. Puis une voix claire : « C'est fait, ils l'ont reçu. Et maintenant ? Non, je ne sais pas encore. Entendu, je vous recontacte ».
Kerensky, sous le choc, ne pouvait en croire ses oreilles. Il repassait encore et encore les images, cherchant une autre signification à ce qu'il voyait.
Quant à Largo, après quelques secondes de surprise, il se rendit compte de la portée de leur découverte : il y a un instant, il avait annoncé à Marissa l'échec de son plan, et le lieu où Joy était soignée. Rien ne l'empêchait de terminer ce qu'elle avait commencé. Il saisit son portable, et composa fébrilement le numéro de Simon.
L. : Simon, tu es avec Joy ?
S. : Oui. Enfin non, je suis à la machine à café, là. Une infirmière est passée de ta part avec les fleurs. Elle a proposé de prendre le relais quelques instants, le temps que je.
L. : NON ! C'est Marissa la fuite, je lui ai dit où était Joy! Il ne faut pas.
S. : Marissa est, Oh nom de Dieu !
Simon n'attendit pas la fin de la phrase. Courant dans les couloirs, il se précipita vers la chambre de Joy, priant pour qu'il ne se soit encore rien passé.
L. : Simon ? Simon !!! Réponds, tu m'entends ?
Il entra en coup de vent : la femme était bien là, une seringue à la main, l'aiguille à quelques centimètres du bras de Joy. En un bond digne des plus grands sportifs, il sauta par-dessus le lit et la ceintura. Elle se défendait bien, et essayait de pointer vers lui l'arme qu'elle avait caché sous sa blouse, mais après une courte lutte, Simon eut le dessus.
Prenant un rouleau de pansements sur la table toute proche, il attacha solidement la prétendue infirmière sur une des chaises.
S. (menaçant): J'espère pour toi qu'elle n'a rien. Si tu l'as touchée, tu vas voir le grand Simon très en colère.
Une petite voix se fit entendre derrière lui : « Si... Simon ? »
Se retournant, il vit Joy, encore mal réveillée. Le bruit de la lutte et les coups qu'avaient donné les deux combattants dans le lit avaient sorti la jeune femme de son sommeil forcé.
S. : Salut ma belle ! Tu nous as fais peur, tu sais ? Comment te sens-tu ?
J. (souriant faiblement): Comme un pantin désarticulé. Mal partout. Mais en vie. Jamais été aussi contente de te voir.
S. : Je t'adore. Attends, faut que j'annonce la bonne nouvelle.
Reprenant son téléphone, il se rendit compte que Largo n'avait pas encore raccroché et hurlait des « Allo » pathétiques.
S. : Ouais, ouais, arrête de crier ! J'ai les choses bien en main, mon pote ! Tu sais, je me doutais que c'était Marissa : je l'ai toujours trouvée trop gentille pour être honnête. Et puis rien que le fait de trouver Kerensky séduisant aurait dû suffire à nous mettre la puce à l'oreille.
L. : Mais bien sûr. Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment va Joy ?
S. : Viens ici, t'auras qu'à lui demander toi même !
L. : Elle est réveillée ? Je suis en route pour le hangar, ne bougez pas !
S. : Et où veux-tu qu'on aille, hé, crétin des îles ?
Simon raccrocha, et se pencha sur Joy, tout heureux de l'avoir retrouvée.
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Largo et Kerensky arrivèrent, une heure et demie plus tard, tenant littéralement Marissa par la peau du cou. Elle évitait soigneusement le regard du russe, qui semblait vouloir la fusiller sur place. Largo se pencha vers Joy, osant à peine la toucher de peur de la casser. Bien qu'encore faible, Joy semblait retrouver ses forces au fil de chaque minute passée avec ses amis.
L. :Salut, la belle au bois dormant ! Tu te souviens de nous ?
J. : Laissez-moi deviner. (Regardant tour à tour Simon, Kerensky et Largo). L'épouvantail, l'homme en fer blanc, et le lion, non ? Il y a eu une tornade, et voici la méchante sorcière de l'est.
Elle désignait Marissa, qui n'en menait pas large entre Simon et Kerensky.
K. : Oui, Dorothée, et nous avons imaginé une petite confrontation entre cette demoiselle et la femme que tu nous as dit avoir attrapée. Mais où est-elle, au fait ?
S. : Oups, pardon ! Pour éviter des questions de la part du personnel hospitalier, j'ai préféré la mettre à l'abri des regards indiscrets.
Se penchant sous le lit de Joy, il en tira la fausse infirmière, préalablement assommée aux bons soins de Simon. Voyant sa comparse, Marissa commença à réagir, et vouloir se libérer de l'emprise de Kerensky.
L. : N'y pense même pas. On te tient, et on a pas mal de questions à te poser, auxquelles tu as intérêt à répondre.
M. : Je ne dirais rien. Les menaces n'y feront rien : je sais ce que je risque si je parle. De toute manière, vous ne reverrez jamais votre père, il doit déjà être loin. Vous ne le retrouverez que lorsque la confrérie n'aura plus besoin de lui, et il sera six pieds sous terre.
S. : Vous en faites pas, les mecs. Elle joue les durs, mais sa petite copine est beaucoup plus coopérative, on a bien discuté, tous les deux. Raconte leur, chérie.
Baissant la tête, la jeune femme refusa de parler. Marissa la regarda, furibonde.
S. : En résumé, Marissa est encore en phase d'apprentissage. Elle fait ses preuves chez nous. Son job était de recueillir le maximum d'information, de mettre quelques mouchards, de leur annoncer nos déplacements. Pas vrai, Marissa ?
K. (très énervé): Depuis quand tu travailles pour eux ? Ils t'ont recrutée avant ou après que tu sois rentrée à la Winch Company ?
M. (arrogante): Poses-moi les vraies questions. Tu sais, du style « tu m'as utilisé, ou tu m'aimais vraiment »… D'après toi, mon grand ? C'était uniquement le hasard qui nous faisait nous rencontrer trois fois par jour ? C'était par intérêt pour ta petite personne que je te posais des questions sur ton travail ? Alors Georgi ?
Rendu furieux, Kerensky la gifla avec une violence telle qu'elle tomba, renversant dans sa chute une des tables où étaient rangés du matériel médical.
C'était une erreur : elle avait espéré un tel résultat. Profitant de la surprise, elle saisit une seringue, se redressa très vite et se plaça derrière la femme. Avec un regard méprisant pour l'équipe Winch, elle injecta une bulle d'air directement dans la carotide de la jeune femme. En quelques instant, cette dernière s'écroula, morte.
M. : Elle ne vous dira plus rien. Et moi non plus.
Avant qu'elle eut le temps de réitérer son acte, Kerensky lui prit le bras et la maîtrisa.
K. : Pas question que tu nous fausses compagnie. Une malade comme toi, ça ne peut pas échapper à la justice. Et tu nous diras ce qu'on veut savoir, un jour ou l'autre. Largo, c'était une mauvaise idée de l'amener ici. Pardon, je ne pensais pas qu'elle était impliquée autant.
L. : A dire vrai, moi non plus. Fais la sortir d'ici, fais-en ce que tu veux. Je ne veux plus la voir.
S. (avec un sourire en coin): Euh, Largo, j'accompagne Kerensky. Je suis sûr que je gênerai moins qu'ici.
L. : Merci pour ta finesse habituelle, Simon.
S. : De rien, à ton service ! Dors bien, Joy. Et ne fais pas de folies !
Après un dernier sourire, Largo et Joy se retrouvèrent seuls dans la chambre. La tension, qui pourtant était montée à son comble lors de du coup d'éclat mortel de Marissa, devint presque palpable.
J. : J'ai l'impression que j'ai manqué pas mal d'épisodes depuis la fusillade. Il faudra qu'on me résume ce qui s'est passé, je
L. : Ne t'en fais pas, je te raconterai tout plus tard. Mais pour l'instant, il faut que tu te reposes. Tu as été gravement touchée, et je t'en demande pardon.
J. : Pardon ? Pourquoi ferais tu ça ? Tu n'y est pour rien, c'est mon job de te protéger, quitte à parfois prendre des coups. Je suis ta garde du corps, tu l'oublies ?
L. : Tu es plus que ça, et tu le sais. Tu es mon amie, ma confidente, ma conseillère en écriture lorsque je rédige des discours Et plus encore.
Prenant son courage à deux mains, Largo décida de lui ouvrir son coeur. Il pris la main de Joy dans la sienne, inspira profondément, et tout en gardant les yeux baissés pour ne pas faillir à sa résolution, commença à parler.
L. : Tu sais, toute ma vie je ne me suis intéressé qu'au moment présent. Quand l'aventure ou l'amour se présentaient, j'en profitais, tout bêtement. Je n'avais pas conscience que tout pouvait s'arrêter, comme ça, un beau jour. J'ai du mal à penser à l'avenir. Je crois que je suis encore un gamin, au fond, qui s'amuse de la vie sans penser aux choses sérieuses. Peut-être avais-je peur de la stabilité, moi qui ne dormais que rarement deux fois au même endroit. Oui, OK, je sais ce que tu vas me dire, c'est du passé, et depuis la mort de Nério, ma vie a bien changé. C'est vrai, mais sentimentalement je suis toujours le même, je ne vis que des relations intenses mais brèves, j'évite de trop m'attacher. Du moins, c'était vrai jusqu'à ce que je te vois par terre, perdant ton sang. J'ai bien cru que c'était fini, et que je ne te reverrais jamais. Et j'ai compris que (il avala sa salive ; certaines phrases paraissent très difficiles à prononcer !) que je tenais à toi différemment, que j'éprouvais quelque chose de vrai, de durable Bon sang, ce que je veux te dire, c'est que je crois que je t'aime, Joy. Qu'est-ce que tu en penses ?
Il releva la tête, ne sachant trop s'il devait s'attendre à un refus ou à un baiser. Mais il ne trouva ni l'un ni l'autre : le visage de Joy n'exprimait rien, pour la bonne raison qu'elle dormait !
L. (faussement choqué): C'est pas vrai ! Je trouve le courage de te parler sérieusement, et toi tu t'endors ?
Dieu seul sait ce que Joy avait retenu de la conversation. Quelle que soit la réponse, dans son sommeil, un jeune homme aux cheveux rebelles et aux yeux d'un bleu intense la tenait dans ses bras et l'embrassait doucement en lui répétant « Je ne tiens qu'à toi »
L. : C'est pas grave, tu sais. Je reviendrai à la charge jusqu'à ce que tu m'écoutes jusqu'au bout, et que tu me répondes.
Il dégagea doucement une mèche de cheveu sur le côté de son visage, et effleura ses lèvres d'un baiser. Alors qu'il imaginait mille manières de la séduire, son téléphone vibra. Il décrocha, un peu de mauvaise humeur qu'on le dérange dans son rêve.
L. : Oui ?
K. : Largo, y'a un problème. Avant que je la remette aux mains de la police, Marissa m'a demandé des nouvelles de Diana et de Jack avec un drôle de sourire. Vérifications faites, ils ne sont ni chez eux, ni au building. Ils sont introuvables.
L. : Non, pas eux ! Dis moi qu'ils n'ont pas été enlevés à leur tour !
K. : Je ne sais pas, Largo. Enlevés ou partis, le résultat est le même : ils ont disparu. Qu'est-ce qu'on fait ?
A SUIVRE... (et oui, y'a pas que M6 qui a le droit de faire ce coup ignoble !) mais on ne vous fait pas attendre trop longtemps :
Telle mère, telle fille
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