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NE VIELLE HISTOIRE (part 1) |
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Note des l'auteurs: Wendy Au début c'était une fanfic
complète sur laquelle je comptais revenir après mes exams, mais quand Archy l'a lue, elle a été
inspirée et, a développé et étoffé l'intrigue ; ce qu'elle en a fait m'a plu, on s'est
donc entendu sur certains points et on a décidé de vous en faire profiter. La base de l'histoire, j'y avais
pensé depuis un moment; puis 2 semaines avant l'épisode "sous le charme", j'ai décidée d'en
faire une autre fanfic ; j'en ai donc discuté avec ma meilleure amie (spécialiste pour me donner des conseils
sur les armes à utiliser, les distances de tir… . Donc, il faut savoir que durant les cours de philo, on avait
l'habitude de parler des prochains épisodes dont on avait les résumés, afin d'imaginer ce qui pourrait
se passer. Pour "sous le charme", je pensais que Joy allait prévenir Largo que Tamara était dangereuse, qu'il
n'allait pas apprécier cette remarque et qu'ils allaient se bouffer le nez; c'est donc la dessus que j'ai
écrite la fanfic: ils se sont engueulés, Largo est parti avec Tamara pour finalement se rendre compte que Joy
avait raison, et il n'a pas eut le temps de s'excuser de ne pas l'avoir cru. Voilà pour la petite explication LOL
Archy Comme l'a si bien expliqué
Wendy, j'ai retouché une de ses fanfics, qui m'avait bien plu, mais qu'elle n'avait pas eu le temps de
développer à fond à cause du bac. Etant déjà en vacances à ce moment là, je
n'ai pas résisté à l'envie de la développer moi-même. Tout d'abord, j'ai voulu la rendre
plus intemporelle et c'est pour ça que le nom de Tamara n'apparaît plus dans la fanfic. Ensuite, je me suis
attachée à développer beaucoup plus l'enquête, puisque Wendy avait plutôt
privilégié la romance ( en attendant de pouvoir y revenir ultérieurement je suppose). Il ne me restait
plus qu'à réadapter la partie romantique à la partie enquête en y ajoutant une petite touche
personnelle. Ceci fait, j'ai renvoyé la fanfic à Wendy qui me fit part de quelques remarques ( idées,
critiques ,orthographe (argh, l'orthographe !), etc…) que je pris en compte et ainsi de suite jusqu'à l'obtention de
la version finale qui avait doublé de volume et que voici. Dernier petit détail, la première version
étant écrite au moment du bac, vous aurez compris que le dernier épisode de la série ne peut en
aucun cas avoir inspiré quoique ce soit. Ceci étant dit, il ne me reste plus qu'à espérer que
vous aimez la lecture et que celle de cette fanfic vous plaira.
Voilà bonne lecture ,dites nous ce que vous en pensez .
Ne pas publier sans notre autorisation merci
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Chapitre I
Parking souterrain du groupe W :
(mardi 14 h30 ) Deux hommes portant l'uniforme de la maintenance étaient affairés à détourner les caméras de surveillances. Avec un calme et une dextérité qui trahissaient le professionnalisme, ils commençaient par prendre un cliché de la vue telle que la voyait la caméra grâce à un appareil polaroïd de qualité ; puis le plaçaient devant l'objectif. Ainsi, le gardien de la sécurité ne remarquerait rien.
Quand aux rondes, la prochaine n'aurait pas lieu avant 18h et ils le savaient. Ils avaient donc tout leur temps.
Une fois le travail terminé, l'un d'eux se dirigea vers un coin du parking et ouvrit le conduit de ventilation qui s'y trouvait. Il récupéra un fusil à moyenne portée équipé d'une lunette de visée et un magnum qu'ils avaient caché là plusieurs jours auparavant et remit la grille en place. L'heure était venue, il le sentait et un long frisson de plaisir malsain le traversa. Il se dirigea vers le bout du parking là où se trouvait la voiture de sa future victime et où l'autre homme l'attendait caché. Il lui tendit le revolver. Son camarade s'en saisit et y ajusta un silencieux. Le premier homme en fit de même avec le fusil et murmura :
- " Dimitri, tu me laisses faire, c'est bien compris? Tu n'interviens que si c'est nécessaire. "
Le complice hocha la tête en signe d'acquiescement. L'homme au fusil s'éloigna pour rejoindre sa cachette. Ils attendirent patiemment sans dire un mot.
(15h05) Deux personnes entrèrent dans le parking : une femme, Alicia Del Ferril, et un homme. Dimitri jeta un rapide coup d'œil et fit un signe négatif à son compagnon. L'attente recommença, les deux hommes restaient impassibles. De temps à autre une personne entrait et s'en allait. A chaque fois, Dimitri avait redressé la tête et invariablement avait fait le même geste négatif à son compagnon.
(15h45) Cardignac vint garer sa Ferrari à une dizaine de mètres de là où se cachaient les deux hommes. Michel sortit de sa voiture, épousseta une de ses ailes, verrouilla les serrures sans brancher l'alarme, sa voiture ne risquait rien ici. Il l'admira une dernière fois et sortit du parking qui redevint désert.
Cela faisait plus d'une heure que les deux hommes attendaient, mais ils n'étaient pas pressés. Ils attendaient ce moment depuis si longtemps! Ils savaient que l'attente ne serait plus très longue. Ils s'étaient renseignés et savaient que leur cible ne tarderait plus à venir.
Chapitre II
(16h) La porte au fond du parking s'ouvrit et laissa entrer une jeune femme habillée d'une longue veste gris clair. Là encore, Dimitri se redressa et envoya un signe à son partenaire, mais cette fois-ci, il était positif. C'était elle! L'homme eut un petit sourire froid et se positionna pour tirer. Cette fois-ci, il ne referait pas l'erreur de la sous-estimer et garderait ses distances au lieu de l'attaquer de front. Il la laissa s'approcher jusqu'à ce qu'elle soit à une vingtaine de mètres.
La jeune femme ne se doutait de rien et se dirigeait d'un pas rapide vers son véhicule. Elle aurait déjà dû être partie depuis plus d'une demi-heure, mais un de ses supérieurs l'avait retenue au dernier moment. Il était à cran ces derniers temps à cause des dernières frasques de Winch avec cette fille. Mais le big boss venait de rentrer et tout était rentré dans l'ordre. Avec tout le retard pris, il avait voulu revoir en détail, avec elle, l'emploi du temps de leur patron.
Etant à la distance souhaitée, l'homme visa et tira. La balle vint se planter dans l'épaule gauche de sa cible qui hurla de douleur en reculant sous la violence de l'impact contre une voiture.
(16h01) Malgré l'horrible douleur qui lui paralysait l'épaule, la jeune femme parvint à se saisir de l'arme qu'elle gardait dans son sac à main et scruta les environs à la recherche de son agresseur.
- " Je t'avais dit que je me vengerais Joy! " fulmina l'homme toujours dissimulé.
Elle chercha du regard d'où venait la voix, mais l'écho du parking brouillait les pistes.
- " De quoi parlez-vous? Qui êtes-vous? " demanda–t-elle en comprimant sa blessure malgré la douleur.
- " Allons Joy, cherches bien! Je suis sûr que tu peux trouver! " pesta-t-il avec aigreur.
L'homme avait un accent russe très prononcé, mais Joy avait passé plusieurs années à la CIA et, à cette époque, les espions et terroristes russes étaient son lot quotidien. Elle essaya de rassembler ses souvenirs, mais il fallait aussi qu'elle reste concentrée pour survivre. Elle essaya de le faire parler pour le repérer.
- " Vous êtes russe, n'est-ce pas? " demanda-t-elle, en tentant d'atteindre la voiture blindée de Largo qui se trouvait à sa droite, à une dizaine de mètres devant elle.
- " C'est tout? Je m'attendais à mieux de ta part! Tu me déçois Joy!" ricana-t-il.
La douleur provoquée par sa blessure devenait insupportable. Elle commençait à avoir des vertiges et devait s'appuyer contre les voitures pour ne pas tomber. Il était urgent qu'elle se mette à l'abri ou qu'elle élimine son adversaire, mais pour cela il fallait le repérer.
- " Tu vas payer, Arden! Tu vas payer pour ce que tu m'as fait! " assura-t-il tout en s'apprêtant à appuyer sur la gâchette dès lors qu'elle se montrerait.
(16h02) Soudain Joy aperçut, dans le rétroviseur de la voiture de Cardignac, un homme armé et caché derrière elle. Elle se releva en faisant volte-face et appuya sur la détente. L'homme n'eut pas le temps de réagir et prit la balle en plein milieu du front. Il tomba, tué sur le coup. Au même instant, alors qu'elle venait de le reconnaître et de comprendre qu'il n'était pas seul, elle entendit un grand cri derrière elle.
- " Nooon! "
Elle se retourna aussi vite qu'elle pût et tira. Mais l'homme avait déjà tiré. Les balles se croisèrent. Le premier projectile ne fit que traverser les vitres avants de la voiture de Cardignac. La deuxième balle transperça la poitrine de Joy qui fût projetée en arrière contre une voiture blanche et s'écroula sur le sol en laissant une traînée de sang sur la carrosserie.
Mais la balle de Joy, aussi, avait atteint sa cible. L'homme, grièvement blessé, tomba à la renverse et la dernière balle vint se figer dans le réservoir de la Ferrari, qui explosa aussitôt. L'homme se releva péniblement, il chercha Joy du regard mais les flammes la cachaient. Il n'avait pas le temps de la chercher, l'explosion avait peut-être été entendue et il avait vu Joy tomber après qu'elle ait pris la balle de plein fouet. Sa vengeance était accomplie, mais il avait dû en payer le prix. Il se traîna jusqu'à une fourgonnette, garée non loin de là et démarra en trombe. Il passa devant la voiture en feu et eût à peine le temps d'entrevoir l'objet de sa haine, gisant inerte dans son sang. A cette vue, un sourire haineux se dessina sur ses lèvres.
(16h07) Joy reprit conscience, elle était couchée sur le sol, le bras gauche étendu derrière la tête. Ayant quelques notions de premiers soins pour les blessures par balle, elle savait que cette position aggravait l'hémorragie. Prenant son courage à deux mains elle attrapa son bras blessé et le replaça sur son ventre en hurlant de douleur. Il fallait qu'elle reste consciente, qu'elle signale sa présence, et vite! Il était possible que l'explosion n'ait pas été entendue à la surface, car elle était au 3ème sous-sol. Le temps que l'on descende jusqu'ici et qu'on la trouve, il serait probablement déjà trop tard. Elle attrapa douloureusement son téléphone portable et appuya sur la touche mémoire du numéro de Largo en le portant difficilement à son oreille, exténuée par ce simple geste.
- " Réponds-Largo!… Vite! J't'en prie! " supplia-t-elle intérieurement.
Bunker :
(16h06) Kerenski et Simon étaient entrain de tourmenter Largo, au sujet de sa dernière conquête.
- " Non, franchement, ça t'apprendra à tomber dans les bras de n'importe qui ! " déclara Simon.
- " Tu ne peux pas dire que Joy ne t'avait pas prévenu ! " rajouta Kerensky.
- " Oui, je sais, je sais! Joy m'avait averti de la manière dont ça aller se terminer! " maugréa Largo.
- " Et toi, tu l'as envoyée balader! " le blâma faussement Kerensky.
- " Oui, c'est vrai! " soupira Largo " Je n'aurais pas dû être aussi dur avec elle! Dès que je la verrai, je lui ferai mes excuses. " déclara Largo fronçant les sourcils en s'imaginant déjà la scène.
- " Ouais! Ca va pas être facile, mais tu l'as bien cherché! J'veux surtout pas rater ça! " s'exclama Simon, à qui la scène promettait d'être beaucoup plus drôle qu'à Largo.
- " Où est-elle passée d'ailleurs? je ne l'ai pas encore vue depuis que je suis rentré. " demanda-il.
- " Oh, elle ne veux sûrement plus te revoir après tout ce que tu lui as dit la dernière fois. Et on la comprend! " plaisanta Simon qui savait parfaitement qu'il n'en était rien.
- " Non, sérieusement. " insista Largo.
- " Elle te manque déjà? " railla Kerensky.
- " Tu ne vas pas t'y mettre! " s'exclama Largo en levant les yeux au ciel.
- " T'avais qu'à être plus sympa avec elle! " répondit Georgy en plaisantant.
- " Je sais! Mais parfois elle peut-être si exaspérante! " déclara Largo.
- " C'est le lot de ceux qui ont souvent raison! " rétorqua-t-il.
- " C'est vrai que là, elle s'était pas trompé. Elle avait raison de A à Z. On peut dire que tu t'es planté en beauté, mon pote! Une vraie calamité cette nana! " affirma Simon.
- " Parce que toi, tu ne tombes jamais dans les bras de n'importe qui!? Tu ne fais jamais d'erreurs? Première nouvelle! " s'exclama Winch.
- " Non, moi, vois-tu j'ai une sorte de radar qui élimine d'entrée toutes les femmes dangereuses ou à problèmes." répliqua son ami.
- " Mais oui, Simon ! Alors tu vas peut-être pouvoir nous énumérer tes si bons critères de sélection ! " railla Kerensky.
- " Qu'est-ce que tu veux dire par là? " commença Simon.
Mais à cet instant le portable de Winch se mit à sonner, et Largo décrocha le sourire aux lèvres en regardant ses deux amis s'engueuler.
- " Winch " annonça-t-il.
- " … "
- " Allo? Qui est à l'appareil? " demanda-t-il sans perdre sa bonne humeur.
- " Largo… " murmura Joy dans un souffle.
- " Joy?! Où es-tu? Je t'entends à peine! " s'exclama-t-il ravi d'entendre la voix de Joy.
- " … "
- " Joy?… Allo!?… Joy tu m'entends? " demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Dans le parking, Joy rassembla ses dernières forces :
- " …em…bus…cade…" articula-t-elle d'une voix à peine audible.
Le visage de Largo se figeât et devint livide. Il venait de comprendre qu'il s'était passé quelque chose de grave et qu'elle n'était pas dans son état normal.
- " Joy?!? " s'écria Largo alarmé.
Simon et Kerensky firent silence et observèrent Largo.
- " Joy?!? Qu'est-ce qui se passe? Où es-tu? " insista-t-il avec anxiété.
La jeune femme essaya de lui répondre, mais n'en trouva pas la force, elle sentit un goût de sang dans la bouche et un filet rougeâtre perla au coin de ses lèvres.
Kerensky comprenant qu'il était arrivé quelque chose de grave à Joy, brancha la communication sur haut-parleur.
- " Joy?! Joy réponds-moi, où est-ce que tu te trouves ? " répéta Largo fou d'inquiétude.
Joy chercha des yeux les clés de sa voiture. Elle les aperçut à quelques centimètres d'elle. Dans un dernier effort, elle parvint à les attraper et appuya sur l'interrupteur de celle qui ouvrait sa voiture.
- " tui-tuit " entendirent-ils.
- " Elle est dans le parking! C'est le son de l'ouverture centralisée de sa voiture! " déclara Simon.
- " Bien joué, Joy! Tiens bon, on arrive! " l'encouragea Largo.
Mais il n'eut aucune réponse.
- " Simon, appelles une ambulance et demandes leurs de venir rapidement au 3ème sous-sol du bâtiment. Puis contactes Georges à l'entrée du parking pour qu'il la laisse passer sans histoire! " poursuivit-il en se précipitant vers la porte, suivi de près par Kerensky.
Chapitre III
Parking :
(16h11) Arrivés au parking, ils aperçurent un groupe de gens qui s'activait à éteindre une voiture en feu. Un peu plus loin, deux autres personnes de la sécurité étaient accroupies devant une voiture. Ils avancèrent vers eux rapidement. La première chose qu'ils virent, fut la trace de sang sur la BMW blanche. A leur approche, l'un des hommes les entendit et se retourna. Reconnaissant Largo, il se releva pour venir à sa rencontre en balbutiant, l'air affolé :
- " M.Winch! C'est terrible! On lui a tiré dessus! "
Mais Largo n'écoutait déjà plus. Il venait d'apercevoir, au pied de la BMW le corps inanimée de Joy qui gisait dans une mare de sang.
- " Oh! Non!… Joy?! " s'écria Largo terrifié en courant vers elle.
Kerensky avait sortit son arme et inspectait les alentours à la recherche d'éventuels attaquants ou indices. Lorsque Largo arriva aux côtés de la jeune femme, il resta un bref instant, pétrifié devant la pâleur de Joy. Il regarda avec angoisse l'homme qui se tenait à ses côtés et bredouilla :
- " Est… Est-ce qu'elle… "
Il n'osa pas finir sa phrase. L'homme lui répondit :
- " Rassurez-vous M.Winch, elle est vivante… Mais pour combien de temps?… "
Largo s'agenouilla auprès de Joy, qui n'était qu'à moitié inconsciente, et la prit dans ses bras. Elle entrouvrit légèrement les yeux et le regarda sans vraiment le voir.
- " Tiens le coup Joy, l'ambulance arrive. " la supplia-t-il.
- " Comment va–t-elle? " demanda Kerensky qui venait de s'assurer de la sûreté des lieux.
- " Pas très bien! " déclara Largo paniqué.
- " Un des types qui lui ont tiré dessus est mort et un autre doit être dans un sale état, si j'en juge par la quantité de sang qu'il a laissé derrière lui! " annonça Georgy tout en se prenant la relève d'un des types de la sécurité pour comprimer les blessures.
- " Les salauds! Ils étaient plusieurs?! " s'exclama-t-il.
- " Oui, au moins deux! En plus des traces de sang, j'ai trouvé une autre arme dans le parking. " confirma Kerensky.
(16h15) Largo caressa le visage de joy et enleva le filet de sang qui s'échappait de sa bouche, en passant doucement son pouce sur ses lèvres et en lui parlant tendrement. Les larmes aux yeux, il fixait ceux de la jeune femme, à moitié ouverts, qui dévoilaient néanmoins toute sa détresse :
- " Ne me quittes pas Joy! Tu m'entends?! Je t'interdis de m'abandonner! Restes avec moi ! " la supplia–t-il.
Joy, qui luttait pour rester consciente, leva avec peine sa main ensanglantée, caressa le visage de Largo le marquant de son sang. Il reprit en s'efforçant de sourire :
- " Si tu m'abandonnes qui m'empêchera de n'en faire qu'à ma tête? Qui m'empêchera de faire des erreurs? Qui remettra Simon à sa place? "
Elle sourit péniblement avant de fermer doucement les yeux et de s'évanouir dans ses bras au moment où l'ambulance arrivait.
Les ambulanciers accoururent aux pieds de la victime :
- " Vous êtes M.Winch? Que s'est-il passé? " demanda l'infirmier en chef en relevant les fonctions vitales de Joy. Ses subalternes prirent la relève pour comprimer les plaies et se préparaient à installer la jeune femme sur un brancard.
- " Elle a reçu deux balles de fusil à moyenne portée. Celle de l'épaule est ressortie mais l'autre est toujours dans la poitrine. " déclara Kerensky, qui avait rapidement examiné Joy, et savait très bien que Largo était trop choqué pour aligner une phrase.
- " Quand est-ce que ça s'est passé, et depuis combien de temps est-elle inconsciente ? " demanda l'ambulancier tout en tenant la perfusion qu'il venait de poser.
- " On ne sait pas vraiment quand… Une quinzaine de minutes maximum… Elle vient à peine de perdre conscience " répondit l'ex-agent du KGB.
- " Est-ce qu'elle va s'en sortir ? " s'enquit Largo.
- " C'est trop tôt pour le dire M.Winch " répondit-il d'un air désolé.
(16h17), Les ambulanciers embarquèrent Joy. Largo insista pour monter avec eux. Mais Kerensky le retint.
- " Largo, c'est dangereux! "
- " Que veux-tu dire? " s'étonna Largo.
- " On ne sait pas qui a tiré sur Joy, ni pourquoi. " expliqua-t-il.
- " Et alors? " questionna Largo ne comprenant pas où Kerensky voulait en venir.
- " Joy est ton garde du corps. Rien ne nous prouve qu'ils ne s'en sont pas pris à elle en premier pour avoir le champ libre afin de te tuer. " répondit-il.
- " Tu penses que la vraie cible c'est moi? Joy en serait là à cause de moi et tu voudrais que je la laisse seule? " s'irrita Largo.
- " C'est son boulot de te protéger, Largo. Et Joy connaissait parfaitement les risques! " répliqua Kerensky.
Largo allait s'emporter contre Kerensky mais la voix d'un des ambulanciers le coupa :
- " M.Winch, si vous voulez venir c'est maintenant! On a plus une minute à perdre! "
Largo regarda une dernière fois Kerensky, l'air décidé et s'engouffra dans l'ambulance en lui ordonnant :
- " Ton boulot à toi, c'est de trouver des infos. Alors, retrouves qui a fait ça et pourquoi! "
- " Largo! Ta mort ne l'aidera pas à s'en sortir! " s'exclama Kerensky, l'air désapprobateur pendant que Largo fermait la porte de l'ambulance.
Largo le dévisagea une dernière fois à travers la vitre arrière, puis se tourna vers Joy. Kerensky regarda l'ambulance s'éloigner. Lorsqu'elle disparût, il entendit un bruit sourd derrière lui. Il se retourna rapidement et aperçut Cardignac qui avait lâché sa mallette et restait stupéfait devant le spectacle qui s'offrait à lui. Il finit par se ressaisir et bafouilla :
- " Ma voiture… Qu'est-il arrivé à ma voiture? "
La colère prit le dessus :
- " C'est pas vrai! Ca va pas recommencer! Qui a osé faire ça? " vociféra-t-il.
Personne n'osait lui répondre. Il aperçut alors Georgy et se dirigea vers lui d'un air menaçant en hurlant :
- " C'est vous! Je suis sûr que c'est vous! Bien sûr que c'est vous! Ca ne peut être que vous! Vous m'avez toujours détesté, vous me haïssez. Mais vous allez me le payez! Vous m'entendez? Je vous ferai arrêter, virer!!! "
Mais Kerensky ne répondit pas et se contenta de le regarder avec dédain, ce qui énerva encore plus Cardignac qui se mit à l'insulter et à le menacer de plus belle. Georgy s'en alla sans un mot et deux agents de la sécurité furent nécessaire pour empêcher Cardignac de lui sauter à la gorge.
- " Calmez-vous M.Cardignac! Calmez-vous, il n'y est pour rien. " commença l'un d'entre eux. " C'est Melle Arden! " continua-t-il.
Cardignac s'arrêta aussitôt et se retourna vers son interlocuteur.
- " Comment ça, Joy Arden? " interrogea-t-il toujours furibond.
- " On lui a tiré dessus. Plusieurs hommes armés l'attendaient et ont essayé de la tuer. " raconta l'homme.
- " Et où est-elle maintenant? " fulmina-t-il.
- " Mais à l'hôpital monsieur. Une ambulance vient de l'emmener. Elle est très gravement blessée. " commenta-t-il.
Mais Cardignac n'écoutait déjà plus et s'en allait furieux, jurant à qui voulait bien l'entendre, que ça ne se passerait pas comme ça et qu'il faudrait bien que quelqu'un paye!
Chapitre IV
Dans l'ambulance :
Les ambulanciers s'affairaient autour de Joy, les uns lui injectant des produits, les autres changeant les compresses déjà imbibées de sang ou surveillant son pouls. Mais soudain le monitoring s'emballa :
- " On va la perdre, elle fibrille ! " s'écria l'ambulancier en chef.
- " Préparez le défibrillateur! Doug, prévient l'hôpital qu'on a un code bleu! " ordonna-t-il en effectuant un massage cardiaque jusqu'à ce que les palettes soient chargées.
- " Sauvez la, je vous en prie! " s'écria Largo qui était maintenu à l'écart par un des ambulanciers.
- " On va faire notre possible! " le rassura l'ambulancier.
Le sinistre son de l'électrocardiogramme plat retentit.
- " Réglez à 100! Chargez!… Dégagez! " cria le médecin en procédant à l'électrochoc.
Aucune réaction.
- " On recharge!… Dégagez! "
La seconde décharge n'eut pas plus d'effet que la première. Largo assistait à ce spectacle impuissant. Il aurait voulu se réveiller, que tout ceci ne soit qu'un horrible cauchemar! Mais il ne se réveillait pas.
- " On passe à 200 joules, 10 ml d'adrénaline! On y retourne! Chargez!… Dégagez! "
Une troisième fois, le corps de Joy se souleva sous l'effet de la décharge. Mais cette fois-ci, le cœur repartit au grand soulagement de tous, mais surtout de Largo.
- " Elle revient! Ca y est on l'a récupérée! " annonça soulagé le médecin en voyant la fréquence cardiaque de Joy repartir et se stabiliser.
Quasiment au même moment, Joy reprit conscience durant quelques secondes, le temps de réaliser où elle était et de sentir la main de Largo entourant la sienne. Elle ne le voyait pas mais elle savait que c'était lui. Quelqu'un plaça un masque à oxygène sur son visage et elle perdit à nouveau connaissance. Les ambulanciers étaient stupéfaits.
- " C'est la première fois que je vois ça. Comment a-t-elle pu reprendre connaissance si rapidement? " demanda l'un d'entre eux.
- " Qu'importe! "répondit le médecin." L'important c'est qu'elle soit vivante. Qu'elle se soit réveillée prouve que c'est une battante et qu'elle veut s'en sortir ; et ça c'est très bon signe! C'est un sacré bout de femme que vous avez là, M.Winch! " conclut-il en se tournant vers Largo.
Largo sourit :
- " Oui, je sais… Elle est exceptionnelle. " répondit-il tout en déposant un baiser sur la main de Joy.
" Elle doit l'être! Oui, au vu de ce que je viens de voir, je veux bien le croire! " répliqua le médecin.
(16h22) L'ambulance arriva devant l'entrée des urgences, une équipe médicale était déjà là, prête à intervenir. L'ambulancier en chef fit son rapport tout en suivant au pas de course l'équipe qui emmenait Joy en chirurgie:
- " Qu'est-ce qu'on a? " demanda l'un des médecins.
- " Femme de moins de trente ans, victime de deux plaies par balle à l'épaule gauche et au thorax , a perdu beaucoup de sang, a fait un arrêt cardiaque durant moins de 2 minutes, on lui a injecté 10ml d'adrénaline et pratiqué des électrochocs, pouls faible mais stable. " déballa-t-il.
- " Très bien je veux 6 culots d'O négatif! Conduisez-la directement en Réa2. " commanda le médecin.
- " Infirmière, bipez Carter, dites lui qu'on a une blessure par balle et que quelqu'un empêche cet homme de nous suivre! " ordonna-t-il en montrant Largo de la tête, avant de passer la porte battante qui menait vers le bloc.
Une infirmière se planta alors devant Largo pour le stopper :
- " Je suis désolée, mais vous ne pouvez pas passer, monsieur! " déclara-t-elle.
Largo s'arrêta net et, regardant Joy s'éloigner, demanda :
- " Où l'emmenez-vous? ".
- " On l'emmène en Réa… " répondit l'infirmière.
Une main se posa sur son épaule. C'était l'ambulancier.
- " Allons M.Winch, ne vous inquiétez pas. Elle est entre de bonnes mains. Vous savez, c'est triste à dire, mais les médecins de ce service ont l'habitude des blessures par balle. Ils en voient tous les jours… " expliqua-t-il gentiment " Et puis… Je suis sûr qu'elle va s'en sortir, elle semble être vraiment résistante. " rajouta-t-il d'un ton rassurant.
- " Je l'espère… Merci… Merci pour votre efficacité. " répondit Largo les yeux toujours fixés sur les portes battantes.
- " Y a pas de quoi! C'est mon métier! En tous cas, elle a de la chance de vous avoir. " déclara-t-il.
- " Non! C'est moi qui ai de la chance de l'avoir. Je ne le lui ai jamais dit et je vais peut-être la perdre avant de pouvoir le lui dire. " se désola Largo. " Tout ça est de ma faute! " reprit-il.
- " Votre faute? " s'étonna l'ambulancier. " Allons ça ne sert à rien de se culpabiliser. Vous ne pouviez pas prévoir qu'on allait lui tirer dessus. "
- " Elle a travaillé à la CIA durant plusieurs années, ce n'est pas la première fois qu'elle prend une balle, surtout depuis qu'elle travaille pour moi! Mais c'est la première fois que je la vois si mal en point. J'aurai dû prévoir. Bon sang! Il faut qu'elle s'en sorte! " s'exclama Largo.
- " A la CIA? " s'étonna l'ambulancier.
Mais Largo ne répondit pas. L'homme l'observa en silence. C'était si étrange. Voir cet homme si puissant et si riche, se morfondre, impuissant malgré ses milliards, pour une femme, ex-agent de la CIA. Qui aurait pu croire qu'un tel homme puisse paraître si désemparé? Comment en était-il arrivé là ?
Une voix l'interpella, le sortant de ses pensées :
- " Jack! On y retourne! Un carambolage. "
Il regarda Largo une dernière fois et, lui tapotant sur l'épaule en signe de soutient, lui lança :
- " Ne vous inquiétez pas! Je suis sûr qu'elle va s'en sortir. Si elle vous aime autant que vous l'aimez, il ne peut pas en être autrement M.Winch! " l'encouragea l'ambulancier " Je vous pris de m'excuser mais je dois repartir. Le devoir m'appelle! " déclara-t-il avant de s'éloigner en murmurant : " Un milliardaire amoureux d'un ex-agent de la CIA… hé ben! On se croirait dans un conte de fée moderne! ".
- " Amoureux? " songea Largo qui l'avait entendu.
Part 2
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