| |
Salle d'attente de l'hôpital 11 heures 47
Elle s'assit donc dans une salle d'attente où il y avait déjà un homme qui regardait la télévision accompagné de deux enfants qui eux coloriaient un livre. Joy se replongea dans ses pensées pendant une bonne heure mais en fut sortie lorsque le nom de " Winch " se trouva dans la phrase de la journaliste présentant un reportage. Elle se rapprocha donc et écouta plus attentivement :
" _Ce matin même, à 10 heures 22 précises un feu s'est déclaré dans le premier étage du groupe W pour se propager par la suite au sous sol et au deuxième étage, mais de manière moins importante. L'incendie, qui pour l'instant n'a pas été revendiqué, est sans conteste d'origine criminelle. C'est ce que la police répète à chacune de leurs interviews. Après plus d'une heure vingt minutes de lutte, et grâce aux pompiers de la ville, le sinistre à été maîtrisé. Il y a pour l'instant six morts, mais le nombre de disparus s'élève à douze et nous craignons le pire. Largo Winch, qui se trouvait dans son bureau au soixantième étage, est sain et sauf ; en sortant du bâtiment il a exprimé sa peine pour les familles des victimes et leurs amis. Lui même de son côté est très préoccupé par l'état de santéé de M.Ovronnaz, chef de la séécuriété du groupe et grand ami du milliardaire, lui aussi bleéssé dans l'incident. Nous allons revenir sur cette affaire dans nos prochainées éditions. "
Joy revoyait sans cesse le visage de son ami lorsqu'elle le tenait dans ses bras. Elle se reprochait ce qui lui était arrivé. Si elle n'était pas partie jamais il n'aurait tenté de la rattraper donc par conséquent il ne lui serait rien produit étant donné qu'il serait resté en haut de la tour L'ex-agent de la CIA attendit dans cette pièce encore une bonne vingtaine de minutes lorsque la porte s'ouvrit pour laisser apparaître Largo, Georgi, Sullivan et Cassandra La jeune femme ne bougea pas, elle détourna même son regard de son ancien employeur mais Kerensky engagea la conversation :
"_On nous a dit à l'accueil que tu avais accompagné Simon, tu sais comment il va ? Les secouristes n'ont rien pu nous dire à part que tu l'as sorti des flammes et que tu lui as sauvé la vie. "
" _Je ne sais pas mais… "
" _De toute façon si elle n'avait pas fait une scène pour rien, il n'aurait pas tenté de la rattraper et rien ne se serait passé. " l'interrompit Largo.
" _Largo, je pense qu'elle n'y est pour rien… " déclara Mme Williams.
" _Je vous prie de ne pas vous mêler de cette histoire, je sais ce dont je suis coupable en ce moment et ce n'est certainement pas de l'accident de Simon; par contre d'être restée avec toi tout ce temps et de t'avoir fait confiance, oui de ça je suis fautive et tu peux pas savoir à quel point " coupa t'elle à son tour Cassandra qui s'introduisait dans leur conversation.
" _Je pense qu'on devrait sortir pour en parler, en effet tout le monde n'est pas obligé d'assister à cette scène " répondit sur un ton froid Largo tout en quittant la salle suivi par sa future ex-garde du corps. (ben oui elle va pas rester.. c'est Joy.. faut pas l'enerver…lol…)
Devant l'hôpital 12 heures 07
Pendant qu'ils rejoignaient la sortie qui faisait en même temps office d'entrée de l'hôpital les deux jeunes gens n'avaient daigné dire un mot. Puis une fois dehors s'en suivi une cascade de reproches de la part de Largo qui paraissait à bout de nerfs et qui cherchait un coupable pour tous leurs malheurs :
" _Tu n'aurais pas du partir !, je t'avais dis que j'étais désolé pour la soirée ! Si jamais il ne s'en sort pas, je crois….. "
" _Tu quoi ? Tu vas engager quelqu'un pour me tuer !? ! ? ! Je ne lui avait jamais demandé de venir me chercher!. Je n'en avais rien à faire de cette soirée, c'est toi qui me l'avait proposée ! Tu es vraiment pathétique ! dès qu'un problème arrive, tu as besoin de le résoudre par quelque moyen que ce soit, et de trouver les responsables dans l'instant qui vient même s'il faut en venir aux extrêmes !! " le coupa Joy.
Elle s'énervait de plus en plus, et s'approcha de Largo pour le pousser contre le mur comme en signe de désespoir, ou comme si elle en avait vraiment marre. Il revint alors à l'attaque :
" _Il est entre la vie et la mort et tu me parles de mes petites amies !!! . Cassandra n'y est pour rien dans cette histoire. Je n'y peux rien si tu es jalouse ! ! " lui rétorqua Largo tout en se rapprochant d'elle ; il faisant de grands gestes avec les mains et parlait de plus en plus fort.
" _Mais de quoi tu parles ? ? ? Moi, jalouse, mais de quoi ? ? ? ? De cette femme que tu vas laisser tomber dès qu'une autre t'attirera plus ! ! ! " le contredit Joy.
" _Mais pour qui tu te prends pour me parler de la sorte ? ? ? Que je sache, je ne te juge pas moi ! ! ! Tu crois que je ne peux pas te reprocher d'avoir condamné un homme innocent et de l'avoir fait passer pour un espion auprès de la CIA, tu as gâché sa vie ! ! ! " lui rappela Winch..
A ce moment là, elle s'approcha de lui et lui envoya un coup de poing à la figure qui le fit reculer. Par réflexe et sans vraiment réfléchir il répondit à son tour en la poussant et l'envoya à terre. Puis réalisant ce qu'il venait de faire il s'approcha d'elle pour l'aider à se relever mais elle se mit debout toute seule et en signe d'adieu lui envoya une claque de laquelle il se souviendra sans doute toute sa vie Ensuite elle partit d'un pas décidé, en lui tournant le dos mais fit un demi-tour rapide tout en arborant un regard plein de haine pour dire quelques derniers mots à son ex-ami : (que de " ex " dans cette partie…lol…)
" _Tu sais, je t'avais mis sur un pied d'estale car je pensais que tu étais différent mais tu m'as déçue comme jamais personne ne l'avais encore fait. J'aurai préféré mourir le jour où j'ai plongé pour te sauver la vie à Montréal ; au moins j'aurai gardé une image indemne de toi. "
" _Mais Joy je ne voulais pas, c'est…………….. "
Il s'arrêta de lui même voyant la jeune femme prendre un taxi et partir sans même lui lancer un dernier regard. Etant à la fois furieux contre lui même et contre celle qui était son amie, il frappa cette fois ci le mur de toutes ses forces. Il ne sentit même pas la douleur provoqué par ce geste mais remarqua que la couleur de sa main virait au violet. Il ne voulut en aucun cas se faire soigner mais repartit à l'intérieur de l'hôpital pour voir si l'état de son ami évoluait.
Appartement de Joy 13 heures 37
Après avoir pris des nouvelles de Simon par la standardiste de l'hôpital en se faisant passer pour la sœur de celui-ci, Joy était bien décidé à tourner la page, à vivre une autre vie loin du groupe W et très loin de Largo. Mais avant de prendre un nouveau départ elle était bien décidé à élucider toute cette histoire. C'était pour elle un moyen de prouver à Largo qu'elle n'y était pour rien dans ce qui s'était passé, et pour se le prouver à elle même par la même occasion. Elle ferait ainsi d'une pierres deux coups. Elle comptait aussi découvrir ce qui s'était produit dans l'usine agroalimentaire de façon à laisser le groupe dans une position plus favorable car ses actions boursières avait perdu de leur valeur suite à cet incident et de façon vertigineuse. Elle faisait cela pour Georgi et Simon c'était pour elle le cadeau d'adieu. Ayant encore les passes de la Winch Company elle déécida de se rendre là bas pour réécuépérer ce que le Russe avait troéuvé. Auparavant elle reprit contact avec l'un de ses anciens indics de la CIA, et revendeur d'armes àà ses heures perdues, pour lui demander quelques joujoux desquels elle aura besoin dans sa " croisade contre le crime " :
" _Pablo, c' est Joy Arden. C'est le moment pour que tu me rendes la monnaie de ma pièce. Je voudrais qu'au plus vite tu me décèles ces quelques armes, je voudrais deux Walthers CP, Trois Gamo, quatre Artois 76 Magnum et pour finir un ou deux Zabala.
" _Non mais comment tu veux que je fasse ? Je sais que je suis le meilleur dans ce domaine et que je déniche toujours tout mais ce que tu me demandes c'est impossible en plus…. "
" _Je t'ai juste dit de me les trouver et pas de me réciter ton Curriculum Vitae, je le connais par cœur. Tu n'as pas oublié que je suis responsable de quelques rajouts à cette liste lorsque je t'ai arrêté. En plus de ça je veux que tu me trouves des informations sur une attaque qui a récemment eu lieu près d'une usine agroalimentaire possédé par Largo Winch. Trouves moi des témoins et les potentiels acheteurs " le coupa la jeune femme d'un ton sec et autoritaire.
" _Je vais essayer de faire ce que je peux, mais je ne t'ai jamais vu je ne te connais pas et je ne veux en aucun cas que tu me contactes à nouveau. J'avais une dette envers toi et maintenant nous sommes quittes alors la prochaine fois je ne serai pas là. " raconta le tôlard récidiviste.
" _Je te retrouve à l'entrepôt désaffecté qui se trouve à l'angle de la 27ème avenue dans sept heures. Tu as donc largement le temps de tout me trouver ce que je t'ai demandé et pas de coups douteux. En ce qui me concerne dans l'avenir je ne veux rien avoir affaire avec toi non plus. De mon côté si j'apprends que tu as dit à qui que ce soit que tu m'as vu je te tuerai sans hésiter. Je t'ai épargné la vie une fois mais la suivante je ne ferai pas exprès de te rater " le menaça la jeune femme tout en mettant fin à leur communication.
Après ce coup de fil, elle prit un sac à dos y déposa quelques affaires avant de débrancher son téléphone, fermer ses rideaux, ses fenêtres ce qui eut pour effet de rendre son appartement dépourvu d'âme et de chaleur. Elle ferma ensuite la porte et prit sa voiture en direction de son futur ex-lieu du travail .
Dans l'hôpital de New York 15 heures 17
Largo avait rejoint depuis un bout de temps ses amis qui attendaient les nouvelles de Simon depuis des heures et des heures. Cela faisait d'ailleurs une heure qu'il était là mais toujours rien. Winch, qui dans un premier temps avait refusé de se faire soigner, y avait finalement consenti car la douleur se faisait de plus en plus ressentir . Il avait en effet cassée sa main et arborait maintenant un magnifique plâtre qui le paralysait assez. De toute manière le combat était inégal dès le départ mais Largo n'y avait réfléchi qu'après coup. Un poignet contre un mur, le résultat aurait pu être encore plus catastrophique. Au bout d'une vingtaine de minutes un médecin entra :
" _Excusez moi de vous déranger, je suis le docteur Clarens, j'aimerai parler à la famille de M.Ovronnaz ou à un de ses amis "
" _Bonsoir Monsieur, je suis Largo Winch et voici des amis de Simon. Vous pouvez nous dire ce qui s'est passé?" intervient le milliardaire.
" _Veuillez m'accompagner dans mon cabinet s'il vous plaît et je vais vous expliquer l'évolution de l'état de mon patient. Normalement ce genre d'information n'est divulgué qu'à la famille mais dans ce cas précis les choses sont différentes étant donné que M.Ovronnaz à signé une décharge. Celle ci autorise son médecin traitant à parler des ses problèmes médicaux, si jamais quelque chose lui arrivait, à ses amis les plus proches. Je ne sais pas si vous le saviez, mais c'est notifié dans son dossier médical. " expliqua le docteur.
" _Nous ne le savions pas, mais nous vous suivons docteur. Je vous suis reconnaissant de tout ce que vous avez fait pour nous tous depuis notre arrivée. " le remercia Largo.
Sur ce Georgi, Sullivan, Largo et Cassandra suivirent le spécialiste jusqu'à son bureau pour une explication plus généralisée du cas de leur ami.
Le Bunker 16 heures 09
Joy était arrivé au Bunker sans aucun problème administratif comme elle avait imaginé mais c'est avec les dégâts provoqués par l'incendie qu'elle a eu quelques soucis . Elle a eu de mal à pénétrer dans les étages du haut car les deux premiers étaient brûlés mais y était finalement montée avec un peu de persévérance et grâce à des ouvriers hors normes. En effet des dizaines et dizaines d'hommes travaillaient d'arrache pied pour tout remettre en état dans des délais les plus brefs. D'ailleurs le premier étage était déjà débarrassé de toutes les cendres et dix corps en avaient été extraits, deux autres personnes avaient pu être sorties mais se trouvaient dans un état grave. La jeune femme se mit immédiatement en quête des documents et des indices trouvés par Georgi. Lorsqu'elle les trouva enfin elle en fit une copie et prit soin de remettre soigneusement le tout en place comme si de rien n'éétait. Elle prit ensuite l'ascenseur mais par malheur Gabriella se trouva sur sa route, elle tenta de l'ééviter mais la secérétaire l'ayant vu s'approcha et engagea la conversation :
" _Mademoiselle Arden, mais qu'est ce que vous faites ici ? Vous n'êtes pas avec les autres au chevet de Monsieur Ovronnaz ? "
" _J'y allais à l'instant, mais avant je devais prendre quelques dossiers que Largo avait oublié dans son bureau " lui mentit-elle.
" _Mademoiselle, je ne sais pas si vous vous en souvenez mais le bureau de Monsieur est au dernier étage ; Je dis cela car je voyais que vous vous apprêtiez à rejoindre la sortie " lui rappela Gabriella
" _C'est certain, je me suis trompée de bouton, je vous remercie. Je vais y aller tout de suite pour ne pas les faire attendre " inventa Joy
Gabriella poursuivit son chemin sans prêter attention à l'erreur de Joy. Après tout ces derniers temps la vie de la garde du corps de son patron avait été assez perturbée, et c'était compréhensible qu'elle puisse avoir la tête ailleurs (c'est dire combien elle la connaît mal, Joy faire une telle erreur jamais lol ) L'ex-agent de la CIA attendit que l'employée parte puis reprit l'ascenseur en direction de la sortie.
Le cabinet du docteur Clarens Au même moment
Les quatre amis de Simon se trouvaient en face du docteur qui consultait quelques dossiers avant d'entamer ses explications. Voyant que Largo était tendu, Cassandra prit sa main gauche dans la sienne pour le rassurer (ben oui l'autre étant indisponible…lol..) ce qui pour effet de voler un sourire au jeune homme. (quelle horreur.. pas le sourire mais le fait qu'elle touche Largo…lol…) Puis le médecin commença à leur parler de l'état de santé de son malade :
" _Donc je dois vous avouer que les brûlures de M. Ovronnaz sont importantes et inquiétantes. Pour la plupart, elles sont du deuxième ou troisième degré ; mais je pense qu'il a de grandes chances de s'en sortir. En effet il existe de nombreuses manières de traiter ces cas. Nous avons pour la plupart du temps recours à la vitamine C. En jargon médical, on dit qu'elle favorise le processus d'épithéliation plutôt qu'une trop grande granulation de la peau, ce qui se traduit par la formation d'une "belle" cicatrice, fine et plate plutôt que bombée. Parce qu'elle soit antiseptique, cette vitamine peut être utilisée en milieu non stérile, contrairement aux médicaments habituels ou aux interventions chirurgicales souvent greffes de peau qui exigent un milieu parfaitement stérile. En outre, on lui attribue le pouvoir de soulager les démangeaisons et contractures chez les grands brûlés ou en cas d'engelures. " expliqua le docteur.
" _Et en langage clair ça donne quoi docteur ? Parce que ce que vous nous avez dit est très intéressant mais je veux juste savoir une chose. Dans combien de temps il sera sur pied ? " questionna Largo toujours très préoccupé par son meilleur ami.
" _Je pense que d'ici un ou deux mois les choses vont s'arranger et de manière spectaculaire si ce n'est plus tôt. Votre ami a eu beaucoup de chance car la personne qui l'a aidé savait ce qu'elle faisait. Elle lui a promulgué les meilleurs soins qu'elle pouvait, sans aucun médicament. En lui mettant un vêtement mouillé sur sa bouche elle a gardé ses poumons intacts et elle l'a maintenu dans la position grâce à laquelle il pouvait avoir une respiration dès plus normales possibles . Je ne sais pas si il s'en serait sorti sans son aide. " conclut M. Clarens.
" _Je vous remercie pour tout, nous allons attendre que nous puissions le voir à côté. Il a besoin de nous savoir près de lui. " déclara Largo dont les dires du médecin tournaient en rond dans la tête.
" _Je pense au contraire que vous devriez rentrer, car ici vous ne serez d'aucune aide. Il faut aller vous reposer. Nous vous appellerons dès que nous aurons des nouvelles ou dès que son état évoluera. " conseilla le docteur tout en quittant la pièce et en les laissant discuter entre eux.
" _Largo, je crois qu'on devrait suivre son avis. Vous devez vous occuper du groupe même si ce n'est pas la priorité numéro un. Moi je vais aller me changer et convoquer le conseil d'administration pour voir quelle politique nous allons suivre en ce qui concerne la presse, les familles des victimes ou encore nos actionnaires. " expliqua Sullivan.
" _Je suis d'accord avec vous John, Georgi et vous devriez retourner au travail. Je raccompagne Cassandra chez elle puis je vous rejoins. Mais je veux que ce soir tout le monde se repose. Il n'est pas question que quelqu'un d'autre tombe malade ou qu'il se fasse tirer dessus par inadvertance . " raconta Largo.
Ils quittèrent tous l'hôpital les uns après les autres. Georgi n'avait nullement l'intention de se reposer ce soir, il comptait bien découvrir ce qui s'était passé en ce qui concernait le vol de la bactérie et l'incident de la tour. John, lui, partit se reposer et Cassandra s'avança vers la voiture pendant que Largo traînait derrière. Beaucoup de choses se bousculaient dans sa tête. Il laissa son amie dans la limousine parce qu'il voulait rester un peu seul et marcher un peu dans le jardin située devant l'hôpital.
" _Moi pathétique ? Je change souvent de petites amies mais je ne les jette pas quand elles ne m'intriguent plus ! Tu vas voir Joy, je vais te prouver que tu as tord ! " disait Largo en s'adressant au platane devant lui.
Il avait besoin de parler mais il ne savait pas à qui; et cet arbre était là, alors il fut son confident. Il savait maintenant que Joy avait sauvé la vie de Simon. Il ne savait pas quelle attitude adopter par rapport à elle. Après ces quelques minutes il rejoignit Cassandra et la voiture put enfin les conduire vers l'appartement de celle ci. Sans rester une seconde de plus Largo repartit vers son bureau tout en repensant à la discussion plus que musclée qu'il avait eu avec sa garde du corps. A ce moment précis il se demandait ce qui leur était arrivé car tout allait si bien lorsqu'ils étaient en Australie, et maintenant ils en étaient venus aux mains…
Angle de la 27ème Avenue 20 heures 37
Pablo attendait Joy, il savait très bien qu'il ne devait pas la faire patienter car les conséquences pourraient être désastreuses pour lui. Deux minutes plus tard elle arriva au volant d'un cabriolet bleu marine et s'arrêta devant l'homme. Sans passer par quatre chemins elle lui demanda :
" _Tu as tout ce que je t'ai demandé ? "
" _J'ai pu tout t'obtenir, mais je te préviens que si tu te fais prendre avec je ne donne pas cher de ta peau. Tu aurais beaucoup de mal à expliquer leur provenance à la police. Alors je vais les mettre sur le siège arrière de ta voiture. " lui dit-il.
" _Ne te préoccupe pas de moi et dis moi plutôt ce que tu as appris au sujet de ce vol car je n'ai pas de temps à perdre, je suis déjà en retard sur le planning que je me suis donnée. " demanda Joy.
" _Donc, à part deux de mes informateurs personne ne savait rien sur cette attaque. Il paraît qu'elle a été préparée au Japon. Ils ont pu me dire que quelques hommes pour la plupart des taulards avaient été recherchés dans la rue par des Asiatiques mais il y avait une Européenne ou une Américaine avec eux, cela dit, personne ne s'en souvenait. Moi je crois plutôt qu'ils ont exercé quelques pressions. Ils ne savaient pas qui était le commanditaire mais l'un des hommes, dont le beau frère avait été engagé et qui par ailleurs avait quitté New York pour Le Pays du Soleil Levant, lui avait dit que c'était une femme qu'ils avaient eu au bout du fil. Lorsqu'ils devaient la rencontrer cela se faisait toujours dans le confessionnal de la " Riverside Church ". " lui raconta Paolo avant de partir à bord d'une camionnette.
Joy cacha les armes que l'homme lui avait donné puis se dirigea vers cette église. Elle prit le soin d'appeler l'hôpital pour avoir des nouvelles de Simon et partit sereine car la standardiste lui avait dit que son état s'améliorait doucement mais sûrement.
Le Bunker 21 heures 37
Georgi continuait son enquête sur le gang japonais qui aurait attaqué le fourgon mais trouvait de plus en plus cette histoire louche. Pourquoi voler des produits contenant des bactéries alors qu'en fabriquer était plus simple ? Pour lui tout ça n'était qu'une mascarade. Quelque chose d'autre se cachait derrière tout ça et la personne responsable de ce vol avait seulement loués les services de ces Asiatiques. Il regarda la bande vidéo des différentes chaînes télévisés lorsque soudain il sursauta de sa chaise. L'un des hommes du premier rang portait le même tatouage que le voleur de bactéries. A ce moment là il comprit que l'incendie dans le groupe et le vol des aliments contaminés étaient plus que liés. Il essaya d'en savoir plus lorsque Largo arriva :
" _Georgi, tu devrais aller te reposer. Je veux que tout le monde reprennent des forces et c'est valable pour toi aussi. Tu continueras tes recherches plus tard. "
" _Je crois aussi que ce serait une bonne idée. Je ne garde plus mes yeux ouverts. " lui dit Kerensky pour ne pas avoir à se disputer avec lui…car après son départ il comptait revenir travailler.
" _Je suis ravi que tu ne t'opposes pas à ce que je dis parce que je n'ai pas la tête à une engueulade avec qui que ce soit en ce moment. " conta Winch.
" _Mais toi tu vas faire quoi ? " lui demanda Kerensky.
" _Je vais aussi aller dormir puis demain matin j'irai voir comme va Simon et je passerai voir la police pour donner le contenu exact du camion volé. " dit-il.
" _Non, je parlais de Joy Largo, tu comptes faire quoi avec elle ? Tu vas pas la laisser partir comme ça ? Tu ne peux pas ! ! " lui émit le Russe.
" _Ecoutes, elle a fait son choix et je n'y peux rien je ne sais pas comment on en est arrivé là mais c'est la fin, c'est d'ailleurs la fin de quelque chose qui n'avait jamais débuté comme je l'aurais vraiment voulu. " avoua Winch avant de fermer la porte derrière lui et sans laisser à son ami la possibilité de répliquer.
La semaine qui suivit fut très difficile pour Largo car Simon souffrait beaucoup et il ne pouvait pas l'aider. Georgi restait enfermé dans son Bunker à chercher des informations pouvant les aider. Cassandra était donc la seule qui soutenait Largo, ils passaient pour ne pas dire 24h/24 ensemble.
Joy de son côté ne dormait plus ,elle surveillait l'église indiquée par Paolo nuit et jour. Elle ne se reposait que quand c'était nécessaire. Elle étudiait le casier judiciaire de toutes les personnes plus ou moins proches de Largo et qui auraient eu une raison de vouloir se débarrasser de lui. Elle aussi était arrivée à la conclusion que l'histoire de l'incendie et du vol du convoi bactériologique étaient liés. Il y avait un grand nombre de patrons qui auraient aimé que Winch meure mais aucun n'était vraiment capable de le faire ni d'engager quelqu'un pour le supprimer. A son avis, la personne qui avait manigancé tout ça espérait que le groupe lancerait un grand avertissement à la population leur demandant de ne pas manger le produit concerné. Le monde aurait eu peur et n'aurait plus acheté aucun des aliments de cette marque et ça aurait été la banqueroute pour le groupe. Ensuite l'incendie prouverait à la terre entière l'inefficacitéé et l'inséécuriété au sein de la battisse. Par malchance pour eux tout le contraire és'était péassé. éLes étages avaient trèès béien érésistés au feu qui avaiété vite étéé maîîtrisé et le éconseil s'éétait accordé àà ne pas avertir la population pour l'instant. Elle se doutait que le commanditaire de toute cette affaire voudrait retenter sa chaénce et elle éétait persuadée qu'il reviendrait donner ces ordrées dans cette église. Elle ne ferma pas les yeux plus de dix minutes cette nuit làà par peur de rater sa cible mais encore une fois elle n'apparut pas.
Chambre de Simon Dix jours après l'incendie 9 heures 30
Simon était enfin autorisé à recevoir des visiteurs mais étant donné qu'il était encore très fatigué un seul était accepté par jour et c'est donc Largo qui partit le voir. En entrant dans sa chambre il eut un pincement au cœur, son ami paraissait si faible… Ne voulant pas lui montrer qu'il était mal, Winch décida de partir sur des bases avec lesquelles il avait toujours connu Simon : sur celles d'un éternel amuseur :
" _Comment tu vas mon pote ? Tu ne pensais pas te débarrasser de moi aussi facilement quand même ? Tu me connais mieux que ça., non ? "
" _Non je voulais juste voir si tu t'inquièterais pour moi si je ne rentrais pas à l'heure prévue ." blagua à son tour Simon.
" _Je n'avais même pas remarqué que tu n'étais pas là, je t'assure. Si l'hôpital ne m'avait pas appelé je me demanderai encore qui manque. " rigola le milliardaire avec tout de même une pointe d'appréhension dans la voix.
" _Arrête de t'amuser avec moi. Mais dis moi où est Joy ? Vous avez réussi à vous réconcilier au moins ?" l'interrogea Ovronnaz.
" _Pas vraiment Simon, Joy ne travaille plus pour moi. Je ne sais pas où elle est, et cela fait dix jours que je n'ai aucune nouvelle. " annonça le jeune homme.
" _Comment ça ? Non mais tu ne vas pas me dire que tu n'as pas essayé de la rattraper quand elle a décidé de partir ?!. Raconte moi ce qui s'est passé " lui ordonna Simon tout en faisant des grimaces car avec l'énervement la douleur s'était fait entendre de nouveau.
Sur ce, Largo s'assit sur un fauteuil, baissa la tête, puis relata tout ce qui leur été arrivé du début à la fin sans omettre quelque détail que ce soit. Puis, il releva ses yeux sur Simon. A peine eut-il fait ça que ce dernier commença à s'énerver :
" _NON MAIS T'ES MALADE ! ! ! ! ! ! ! Comment as-tu pu être aussi stupide ? ? ? Tu te rends compte où tu en es arrivé ? ? "
" _Simon essaie de me comprendre, je ne voulais pas que ça tourne comme ça mais je ne sais pas…. une chose en entraînant une autre, on a fini par nous dire des horreurs. Je sais que j'ai des choses à me reprocher mais elle n'est pas en reste non plus. " se justifia-t-il.
" _Tu lui reproches quoi ? ? ? De t'avoir parlé de tes petites amies ? ? ? Toi et moi savons qu'elle a raison alors pourquoi tu as fait ça ? ? " le questionna le Suisse toujours plus violemment .
" _Je pensais que nous étions amis et que tu comprendrais mais je vois que j'ai eu tord. Je ne te demande pas de m'appuyer mais de ne pas me juger non plus. Je vais te lasser mais réfléchis-y. " lui proposa son ami qui lui même semblait dépassé par les évènements.
" _Largo, tu sais que je t'aime comme un frère mais tu fais une grosse erreur en la laissant partir. Moi je n'ai pas besoin de penser à ce que tu m'as dit car je suis ton ami mais toi songes à ce que je t'ai expliqué de mon côté. " lui dit Ovronnaz avant de sentir une douleur encore plus forte que la précédente.
" _Merci Simon, mais c'est trop tard. Je m'en vais de ce pas vous prouver à tous que je ne suis pas ce que vous croyez que je suis. " lui commenta Winch.
" _Mais qu'est ce que tu comptes faire encore ? N'y vas pas la tête baissée car plus tard tu le regretteras. Mais c'est quoi dis-moi ? questionna Simon.
" _Je vais de ce pas demander la main de Cassandra…. "
" _Non mais tu plaisantes ! ? ! ? ! ? Tu ne vas pas faire ça ? Tu ne peux pas faire ça ! ? ! " s'indigna son meilleur ami en se relevant et oubliant sa douleur.
" _Et pourquoi ça? Qu'est ce qui m'en empêcherait ? Vous vouliez tous que je vous montre que j'ai la tête sur les épaules alors qu'est ce qui te gêne ? " demanda Largo en rebroussant chemin et en s'approchant du lit de Simon.
" _Ce qui me gêne ? Tu veux vraiment que je te dise ce qui me gêne ? " l'interrogea son meilleur ami tout en élevant la voix.
" _Je n'attends que ça. " répondit Largo.
" _Alors tu vas m'écouter car j'ai deux ou trois choses à te dire. Non mais tu crois quoi ? Tu crois que le fait d'épouser cette femme va libérer ta conscience ? Tu te trompes et lourdement. Pourquoi penses tu que les gens vont réagir différemment en te sachant marié ? Parce que tu te seras enfin casé ? Non je pense au contraire qu'ils vont se poser encore plus de questions qu'avant. Tu risques de te marier avec une personne que tu n'as pas vu depuis près de dix ans. Que sais-tu sur elle ? Rien ! et de toute façon tu n'en as rien à faire, elle est exactement ce que Joy a dit : un divertissement pour toi…. "
" _Je ne te permets pas de me juger comme….. " le coupa le milliardaire avant d'être à son tour interrompu par son meilleur ami.
" _Tu la fermes et tu m'écoutes ! ! Je t'aime trop pour te laisser foutre ta vie en l'air pour une simple question de fierté. Qu'est ce qui t'empêches de recoller les morceaux avec Joy ? Et de faire encore plus, de passer à l'étape suivante? Pourquoi n'agis-tu pas une seule fois dans te vie en adulte au lieu de faire l'éternel enfant? Ce que tu ne supportes pas c'est de savoir qu'elle a raison et depuis le début Ne me dis pas que tu ne l'aimes pas car tu te mentirais à toi-même, pourquoi tu voulais l'inviter à ce concert si ce n'est pour lui avouer tes sentiments ? Si tu t'es défilé au dernier moment, ce n'est pas car tu t'es rendu compte que ce que tu éprouvais était irréel mais parce que tu avais peur qu'elle te rejette. Tu avais peur car jamais de ta vie une femme t'as dit non et même si ça avait été le cas tu l'aurais bien pris car c'était artificiel et car tu as conscience que cette fois-ci ça ne l'est pas " expliqua Ovronnaz tout en fixant Largo dans le blanc des yeux.
" _Tu as fini ou tu as autre chose à me reprocher? Je peux de dire maintenant les choses de mon point de vu ? " questionna Winch.
" _Je t'en prie, je suis tout à toi. " répliqua le Suisse.
" _Même s'il y a du vrai dans ce que tu as dit ça ne change rien, je ne veux pas, je ne peux pas aller la voir pour quoi que ce soit . Elle a fait son choix et moi le mien, j'ai d'ailleurs dit ça à Georgi aussi, on ne doit pas revenir dessus. Il est vrai que je ne sais pas beaucoup de choses sur Cassandra mais j'en ai appris plus sur elle depuis qu'elle est arrivée que sur Joy en deux ans. Et puis qu'est ce que je sais réellement sur Joy ? A part deux trois détails elle ne m'a rien raconté, rien de profond, elle ne s'est confiée que très rarement. Les seuls moments où elle a voulu montrer ses sentiments c'était lorsqu'elle avait été droguée ou encore quand elle a failli mourir à Montréal. Je ne devrais même pas prendre cet exemple car à son réveil elle a prétendu ne pas se souvenir de ce qu'elle voulait me dire. Alors dis-moi pourquoi je devrais faire quoi que ce soit ? " termina de le questionner Largo tout en se dirigeant vers la porte.
Simon le regardait partir puis avant qu'il ne s'éloigne complètement, il l'interpella et répondit naturellement et sans réfléchir à sa question :
" _Parce qu'elle, elle tu l'aimes…. "
Winch écouta ces derniers mots avant de fermer la porte ; puis, il se dirigea vers le parking pour se rendre au groupe W et voir où en était Georgi . Mais il voulait aussi savoir si Sullivan avait fini de réunir le conseil et comment allait Cassandra.
Part 3
| |