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IEDS ET POINGS LIES (Part 2) |
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BUNKER 11h38
Georgy était installé devant son ordinateur mais pour une fois, il ne faisait rien, il fixait l'écran, c'est tout .
- " Kerensky ? Kerensky ! " l'appela une voix féminine
Il sursauta et regarda Joy droit dans les yeux.
- " Ça ne va pas, tu as un problème ? " lui demanda-t-elle
- " Ce serait plutôt toi ! Qu'est-ce que tu fais ici ? "
- " Je viens chercher quelque chose pour m'occuper ! "
- " Tu as oublié qu'aujourd'hui c'est ton mariage ? "
- " Mais je n'ai rien à faire chez moi ! "
- " Tu es pire qu'une enfant qui n'a plus de jouets " railla le Russe
- " J'en ai, mais la sage-femme m'a déconseillé de l'utiliser pendant ma grossesse "
- " On dirait un enfant battu ! "
- " Ouais ! Mais tu n'as pas répondu à ma question ! " lui rappela Joy
- " Laquelle ? "
- " Oh ! t'es agaçant ! "
- " Qui ? Moi ou Toi ? "
- " Ne me cherches pas Georgy ! " le menaça gentiment la jeune femme
- " Tu m'appelles par mon prénom maintenant ?"
- " Ok c'est bon, je vais me débrouiller toute seule "
Elle sortit de la pièce en claquant la porte. Quelques instants plus tard, Simon entra à son tour.
- " Dis-moi Kerensky… "
- " Quoi ? "
- " J'ai dit quelque chose qu'il fallait pas tout à l'heure ? "
- " Pourquoi ? "
- " Ben, t'es parti brusquement quand je me suis mis à parler de bébé ! "
- " Tu te fais des films. " répondit le Russe en se replongeant dans son programme
- " Je ne crois pas ! Je suis sûr que tu nous caches quelques chose "
- " Et même si je te cachais quelque chose, je ne vois pas pourquoi je devrai te le dire ! "
- " Parce que je suis ton supérieur, et en plus j'aime pas quand tu nous caches des trucs " insista Simon
- " Ça nuira pas à ta santé, c'est juré ! " railla Kerensky
- " Tu ne me rassures pas beaucoup "
PENTHOUSE 13h57
Largo était devant son miroir. Il était en train de faire le nœud de sa cravate. Simon était
derrière lui, et l'observait avec un petit sourire aux coins des lèvres.
- " J'y crois pas, dans 1h30 tu vas te marier ; J'ai du mal à le réaliser ! "
- " Tu avais quand même deux mois pour t'y préparer ! "
- " C'est dur de voir son meilleur ami se marier "
- " Je ne te suis pas là ! "
- " Ben oui, quand on ira faire la fête, en boîte ça va plus être pareil, je serai le seul à regarder les belles p'tites demoiselles se trémousser au rythme de la musique ! " se plaignit le Suisse
- " T'es d'un dramatique. "
Kerensky entra dans la pièce
- " Salut les gars ! "
- " Salut Georgy ! Qu'est-ce que tu en penses ? " demanda Largo en se tournant vers son ami
- " La classe ! Oh, Simon toi…. "
- " Quoi ? Y'a quelque chose qui cloche ? " demanda l'intéressé
- " Non, mais… en toute franchise…. Tu ressembles à un pingouin ! "
- " Venant de toi, c'est un compliment ! "
APPARTEMENT DE JOY 14h45
- " Tu as pris du poids Joy, désolée de te le dire ! " fit remarquer Vanessa en fermant la robe de la jeune femme
- " Je sais, faut que je me calme sur la nourriture. Mais ça se voit tant que ça ? "
- " Non ! T'es magnifique, j'ai hâte de voir la tête de Largo quand il va te voir ! "
- " Moi aussi…du moins, je suis pressée de le voir en costume ! "
- " Tu sais, pour Largo je m'inquiète pas, pour Kerensky non plus, mais pour Simon… "
- " C'est vrai, ça fait trois ans que je le connais, mais je ne l'ai jamais vu en costume. " admit Joy
- " Je suis sa sœur, et je te le dis, ça vaut le détour !"
- " Ne m'en dis pas plus, je veux garder l'effet de surprise ! " plaisanta la future mariée
- " Qui est-ce qui nous accompagnes à l'église ? "
- " Kerensky, et après la cérémonie, Largo et moi nous monterons dans une limousine, joliment décorée ! "
- " C'est peut-être indiscret, mais qui est-ce qui t'accompagnes à l'autel ? " s'enquit Vanessa
- " Largo m'a proposé de demander à Sullivan. "
- " Il a accepté ? "
- " Il était fou de joie ! "
Vanessa se dirigea vers le lit et prit le voile accroché à une fine couronne de fleurs blanches.
- " Et maintenant, la touche finale ! " lança-t-elle
Elle s'apprêta à placer l'accessoire sur la coiffure de la future mariée, quand quelqu'un frappa à la porte.
- " J'y vais " proposa la jeune femme en allant ouvrir " Kerensky ! "
- " Salut Vanessa, mais… "
- " Quoi ? "
- " Tu n'es pas encore préparée ? "
- " Oups, j'ai oublié ! " admit la jeune femme en filant dans le couloir pour rejoindre son appartement d'hôte
Kerensky tendit l'oreille et entendit Joy rire. Il se dirigea vers la chambre de la jeune femme, et quand il la vit dans sa robe blanche, un grand sourire se dessina sur son visage.
- " Tu es superbe, Joy "
- " Merci, je me donne assez de mal pour ça ! "
- " Je voudrai m'excuser pour ma réaction ce matin " déclara le Russe
- " C'est rien, et puis il faut bien que je l'admette, je suis un peu stressante ces derniers jours ! "
Elle lui tendit le voile
- " Tu m'aides s'il te plait ? "
- " Bien sûr ! "
Il l'attrapa et le fixa délicatement dans les cheveux de la jeune femme.
- " Tu ne veux toujours pas me dire ce que tu as ? " lui demanda-t-elle
Kerensky soupira profondément
- " Tu n'es pas obligé de me le dire maintenant, si tu ne veux pas, mais… "
Elle se retourna pour être face à lui.
- " Je te le dirai plus tard ! " répondit-il
- " Pourquoi plus tard ? "
- " Parce qu'aujourd'hui c'est ton mariage, et je ne veux pas te stresser avec un petit doute "
- " Je savais que tu me cachais quelque chose. Il faut qu'on soit à l'église à quelle heure ? " changea-t-elle de sujet
- " 15h15, comme ça à la demie, tu seras prête à te marier ! "
- " J'attends ce jour depuis longtemps. "
- " Tu mérites d'être heureuse ! "
- " Surtout après ce que la Commission nous a fait subir à tous… " ajouta la jeune femme avec une soudaine mélancolie
- " Joy, qu'est-ce qui se passe ? "
- " Je te l'ai déjà dit il y a quelques jours, je suis enceinte et ils vont bien finir par le découvrir un de ces jours… "
- " Oui, et moi je t'ai déjà dit que tu n'as rien à craindre, on est là, Simon, Largo et moi ! "
EGLISE St MARIE New York 15h20
Kerensky venait d'arriver, il fit un signe à Sullivan, et ce dernier sortit de la salle
- " Elle est là ? " demanda Largo
- " Bien sûr, sinon je ne serais pas ici ! " répondit calmement Kerensky
- " Dé-stresse mon pote ! " lui dit le Suisse
- " Simon a raison, tu es beaucoup trop tendu Largo. Le jour de son mariage il ne faut jamais être plus nerveux que la mariée " Conseilla le Père Maurice
- " Je vous rassure, elle n'est pas stressée du tout, elle est plutôt surexcitée ! " informa Kerensky
- " C'est bon signe ! " lança Simon
Cinq minutes plus tard, la musique commença, la grande porte du fond s'ouvrit et tout le monde se leva, Simon prit place derrière Largo, Kerensky alla s'asseoir à côté de Vanessa.
Les yeux de Winch pétillaient de bonheur, il avait l'impression que devant lui avançait un ange.
Un sourire radieux illuminait le visage de Joy. Elle était magnifique, vêtue de cette somptueuse robe blanche dont la traîne était soulevée par deux petites demoiselles d'honneurs qui semblaient ravies de jouer ce rôle. Quand ils furent arrivés devant l'autel, Sullivan posa un baiser sur le front de la mariée et alla s'asseoir.
Le Père Maurice commença :
- " Très chers frères nous sommes tous rassemblés ici, pour célébrer l'union de deux Etres qui s'aiment, Largo et Joy… "
15ème SEMAINE DE GROSSESSE
BUNKER 9h15
- " Salut Kerensky ! " lança Simon en arrivant
- " Ouais ! "
- " Qu'est-ce qui se passe ? " s'enquit-il devant le peu d'enthousiasme du russe
- " Si je te le dis, promet-moi de ne rien dire à Largo ni à Joy tant que je ne suis pas plus renseigné. " demanda Georgy
- " Promis ! "
- " Les craintes que j'ai depuis quelques temps viennent d'être confirmées. "
- " A voir ta tête, ça a l'air sérieux ! "
- " Et comment ! Je viens de découvrir que la commission avait à nouveau infiltré le Groupe. " déclara le Russe d'un air grave
- " Tu sais par quel moyen ? "
- " Je suis en train de chercher, et c'est pour ça que je veux que tu te taises tant que je ne sais pas à qui on a à faire. "
- " Tu crois qu'ils sont au courant pour Joy ? "
- " J'ai presque aucun doute là-dessus ! "
- " Comment ça ? "
Kerensky lui tendit le journal.
- " Le Times page 4, en bas de la page" lui dit-il
Simon tourna les pages et stoppa net sur un des articles
Joy Winch, la femme du célèbre multimilliardaire, directeur général du Groupe W, serait enceinte de plusieurs mois, nous ne connaissons pas encore le sexe de l'enfant, mais nous espérons obtenir plus de renseignements sur ce sujet prochainement…
- " Si par tous les hasards la Commission n'était pas au courant pour la grossesse de Joy, ce qui m'étonnerai quand même, avec un tel article dans le Times, maintenant ils le sont ! " réitéra Kerensky
- " A ton avis, d'où vient la fuite ? " demanda Simon
- " De la taupe ! "
- " Si c'est elle, cela veut dire, que… "
- " …la Commission a une idée derrière la tête ! " confirma le Russe
- " Oups ! " lança Simon
CONSEIL D'ADMINISTRATION au même moment
Cardignac était tourné vers Clair Mc Neal, la femme qui remplaçait depuis quelques temps Kate Waters.
- " Grâce à Mlle Mc Neal, nos actions ont encore monté " Affirma Cardignac
- " Je dois bien avouer que je n'étais pas seule sur cette affaire " Ajouta Claire
- " Seule ou pas, vous avez fait un sacré travail mademoiselle " Continua Del Féril
- " Et au nom de tous, je tiens à vous remercier Mlle Mc Neal " déclara Largo
Elle lui fit un sourire
- " Bon, je pense que nous avons tout dit, alors, j'ajourne la réunion. " termina Winch
BUNKER 10h30
- " C'est bon, j'ai trouvé ! " s'écria Kerensky
- " Alors ? " demanda Simon en s'approchant du génie en informatique
- " Tout porte à croire que notre taupe serait une demoiselle nommée Mc Neal, Clair Mc Neal. "
- " Elle fait partie du conseil ! Elle remplace une femme depuis quelques temps, et il faut le dire, il parait qu'elle fait du très bon travail. D'après Sullivan, elle a fait doubler les actions du Groupe en moins de trois jours ! "
- " C'est pas rien ! Tu sais quand elle est arrivée ? "
- " Peu après que Largo ait appris que Joy était enceinte ! "
- " Il n'y a plus aucun doute, c'est elle. Il faut l'avoir à l'œil. "
- " Oh, c'est une très belle p'tite brune, je crois que j'arriverai à m'en occuper ! " affirma le suisse
- " Ne t'y attache pas trop ! "
- " Fais-moi confiance. "
- " D'accord, alors toi tu t'occupes de l'As des actions boursières et moi je vais prévenir Largo et Joy. " déclara le Russe avant de se lever pour sortir du bunker, suivi de Simon
PENTHOUSE 10h45
Kerensky entra dans la pièce et découvrit que Largo était plongé dans son travail
- " Depuis que tu es marié, j'ai pu remarquer que tu te concentrais beaucoup mieux à ton travail " déclara-t-il
- " Tu n'es pas le premier à me le dire. " confirma Winch
- " Largo, j'ai une mauvaise nouvelle à t'annoncer. "
Le jeune PDG perdit son sourire, il posa son stylo et prit un air sérieux.
- " Qu'est-ce qui se passe ? "
- " Tu n'as pas lu le journal ? " s'enquit le Russe. Il aurait aimé que son ami comprenne de lui-même les problèmes qui les guettaient
- " Non, je n'en ai pas eu le temps " Répondit Largo en désignant les quelques dossiers qui s'étalaient sur son bureau
- " Et où est Joy ? "
- " Elle est allée se promener, mais pourquoi toutes ces questions ? " s'inquiéta le jeune homme
- " Largo, la Commission a à nouveau infiltré le Groupe. "
- " Quoi ?? Qui ?? "
- " Claire Mc Neal, votre reine de la bourse "
- " … "
- " Il y a de fortes, même de très fortes chances pour qu'ils soient au courant de la grossesse de Joy. " annonça Kerensky
- " Il y a un danger à ça ? "
- " Et bien, plus ou moins oui. J'ai déjà été très étonné que la Commission n'est pas fait irruption à ton mariage. Ils préparent quelque chose, et à mon avis c'est rien de très bon ! "
- " Je téléphone à Joy pour lui dire de revenir au plus vite. " déclara Winch en réalisant l'ampleur des risques
- " Bonne idée ! "
DANS UN PETIT PARC ENTRE L'AVENUE MADISON ET LA 61ème RUE, pendant ce temps
Joy marchait tranquillement dans un petit parc, profitant du petit Soleil hivernal. Le parc était désert, et beaucoup trop calme à son goût. Tout un coup, elle fronça les sourcils, s'arrêta et se retourna brutalement, rien. Elle secoua la tête et continua son chemin. Elle parcourut quelques mètres avant de ressentir à nouveau cette impression que quelqu'un la suivait de près. Elle tourna la tête et vit une jeune femme et un homme qui discutaient.
*Arrêtes de stresser Joy, c'est pas bien !* pensa-t-elle
La jeune femme décida de faire demi-tour, elle accéléra le pas, tourna la tête à nouveau et vit une voiture qui la suivait. Elle fouilla dans son sac pour s'assurer qu'elle avait bien prit son arme, mais elle l'avait oubliée, elle avait changé de sacoche au dernier moment et n'avait pas pensé à récupérer son Beretta. Voyant que le véhicule continuait son avancée, elle lâcha son sac et se mit à courir en direction de la tour W, mais la voiture lui barra la route et avant même qu'elle puisse la contourner, elle fut encerclée par des types bien baraqués. Un homme l'attaqua par derrière, il lui mit les mains dans le dos et au moment où elle voulu se défendre, une jeune femme, de taille moyenne, brune aux cheveux mi-longs, pointa son arme sur son ventre.
- " Il serait dommage de faire du mal à ce petit bébé ! N'est-ce pas Mme Winch ? " demanda-t-elle d'un air totalement sûr d'elle " Maintenant, si vous voulez bien monter sans faire d'histoires se serait excellent pour nous tous ! "
Joy n'avait pas le choix, elle monta à contrecœur dans la voiture, la femme était derrière elle et pointait toujours son arme. Une fois bien installée dans le véhicule, on lui attacha les mains dans le dos et lui banda les yeux. Quelques secondes plus tard, le téléphone de Joy sonna. La kidnappeuse fouilla dans les poches de sa veste et après avoir trouvé l'objet, le jeta par la fenêtre.
PENTHOUSE au même moment
- " Ça ne répond pas ! " déclara Largo " c'est pas normal Georgy "
Kerensky hocha la tête d'un air songeur, puis Simon entra dans la pièce.
- " Elle n'est pas à son bureau " Commença-t-il
- " Qui ? " demanda Largo inquiet
- " Claire Mc Neal, Simon devait aller lui rendre une petite visite " expliqua le Russe
- " Mais elle n'est pas là " répéta Simon " il parait qu'elle est partie tout de suite après le Conseil d'Administration. "
- " Votre reine des actions boursières n'est pas une sainte ! " lança Kerensky. " Tu sais où est allée Joy ? "
- " Elle va souvent se promener dans le petit parc sur l'avenue Madison. " l'informa-t-il au comble de l'inquiétude
- " On va la chercher ? " demanda Simon
- " Et le plus vite possible ! " répondit Kerensky
CROISEMENT ENTRE L'AVENUE MADISON ET LA 61ème RUE . 11h05
Une voiture s'arrêta, et trois hommes en sortirent. Chacun partit de son côté.
Kerensky avait pris à sa gauche, et après quelques secondes de marche rapide, il découvrit les restes d'un téléphone portable. Il ramassa les morceaux et les examina rapidement avant de conclure que c'était celui de son amie.
Simon, lui, avait continué tout droit et questionnait toutes les personnes qu'il rencontrait. Mais aucune ne l'avait vue, rien ne lui disait où était passée son amie, sa petite sœur.
Largo, marchait très vite, il regardait partout autour de lui dans l'espoir d'apercevoir Joy . Il entra dans le petit parc et remarqua des traces de pneus puis, plus loin, un sac noir. Il se dirigea vers l'objet, fouilla à l'intérieur, en sortit le portefeuille, et tomba sur une photo de " famille ", elle, lui, Simon et Kerenky lors du mariage…
- " Largo ? T'as trouvé quelque chose ? " lui demanda Simon qui venait juste de le rejoindre.
Le jeune PDG lui tendit le sac et le portefeuille, sans dire un mot. Une fois qu'il eut vu la même photo que son ami, Simon plaça une main compréhensive sur son épaule.
- " Elle s'est fait enlever " Conclut Kerensky après avoir analysés les lieux
- " J'adore ton tact ! " lui reprocha Simon
Largo s'était assis et n'avait toujours pas ouvert la bouche. Il fixait la photo, il fixait Joy… sa femme.
- " Je vais prendre des photos des traces, je commencerais mes recherches à partir de là. " déclara Kerensky
-
Le russe remarqua un petit magasin en face
- " Simon, tu devrais aller interroger les commerçants de cette boutique "
Le suisse s'exécuta et une fois qu'il se fut éloigné, Kerensky alla s'asseoir à côté de Largo
- " Ne t'inquiètes pas, on va la retrouver avant même qu'ils puissent la toucher "
- " Je pense que j'en mourrais si je la perdais, si elle… " balbutia Winch
- " Largo ! ! "
- " Ils veulent l'enfant c'est pour ça... "
- " Oui " appuya le Russe " mais s'ils veulent l'enfant, ils ne peuvent pas faire de mal à Joy, c'est logique, aller viens. "
BUNKER 11h37
Simon venait de rejoindre Kerensky.
- " Ils n'ont rien vu, ils prenaient leur pause quand cela est arrivé. Et toi ? "
- " Il y a des milliers de pneus de cette sorte. Je peux juste te dire, qu'à voir la profondeur des marques, ce n'est pas une voiture très lourde. " l'informa le russe
- " Du genre… ? "
- " Du genre des voitures, qu'on utilise tous les jours " l'éclaira Georgy avant de penser à autre chose " Mais dis-moi, tu as regardé s'il y avait une caméra de surveillance dans cette boutique ? "
- " Oui, il y en avait une au-dessus de la caisse "
- " Et la caisse, elle est placée où par rapport à la vitrine? "
- " Juste en face, mais… "
- " Si j'arrive à me connecter à la caméra de surveillance, on pourra peut-être voir la voiture. "
- " Bonne idée. "
Kerensky remit ses lunettes et commença à chercher en pianotant à toute vitesse sur son clavier. Cinq minutes plus tard, il leva les yeux et repoussa ses cheveux derrière ses oreilles avec un léger petit sourire aux lèvres.
- " T'as trouvé ? " lui demanda Simon
- " Ouais, regarde…voilà Joy…elle court…la voiture lui fait barrage… " décrivit le russe en faisant défiler la vidéo
- " Fait un zoom sur la plaque. "
- " Belle plaque !Bien visible ! Ils ne sont pas spécialisés dans les enlèvements ceux-là " railla Kerensky
- " Et après ? " demanda Simon, invitant Georgy à poursuivre le visionnage
- " Une femme arrive… "
- " C'est elle, Claire Mc Neal ! "
- " Pas mal ! Elle joue avec les sentiments de Joy. "
- " Pardon ? "
- " Regarde, elle pointe son arme sur son ventre, elle doit la menacer de tirer si elle ne coopère pas. Et après ils partent. "
- " Il faut montrer ça à Largo. " proposa Simon
- " Tu vas le chercher et pendant ce temps je vais voir ce que je peux obtenir comme infos avec les numéros de la plaque "
PENTHOUSE 11h52
Largo était assis à son bureau et regardait la photo qu'il avait trouvée dans le portefeuille de Joy.
- " Arrêtes Largo ! " l'interrompit Simon
- " Et que veux-tu que je fasse ? "
- " Mais, regardes-toi, tu réagis comme si elle était déjà morte ! "
- " Qu'est-ce que tu veux ? "
- " Georgy a trouvé quelque chose " l'informa son meilleur ami
- " J'arrive. "
Ils sortirent tous les deux en trombe de l'appartement
BUNKER 12h01
Largo était assis à sa place habituelle. Il venait de visionner la vidéo et était aussi pâle qu'un cachet d'aspirine.
- " Tu vois, c'est déjà une preuve qu'elle va bien ! " lui dit Simon
- " Tu as trouvé autre chose Georgy ? " demanda Largo sans tenir compte de ce que son meilleur ami venait de lui dire.
- " La voiture est un véhicule de location. " l'informa l'ex-agent du KGB
- " A quel nom ? " demanda Simon
- "Ben…Claire Mc Neal."
- " On ne va pas aller bien loin avec ça ! " constata Winch
- " Ce n'est peut-être pas mon genre de dire ça Largo, mais là, je pense qu'il vaudrait mieux prévenir la police " Proposa Georgy
- " C'est toi qui dis ça ? qu'est-ce qui se passe Kerensky ?! " remarqua Simon
- " Il se passe qu'une femme qu'on apprécie tous énormément, s'est fait enlever par des personnes qu'on sait très puissants politiquement parlant et capables de tout pour arriver à leurs fins. Alors il vaut mieux ne pas faire de faux pas. " s'expliqua celui-ci
- " Georgy a raison, la police fera du très bon boulot, et puis si on se concentre trop sur cette affaire, la Commission pourra nous atteindre plus facilement. " Conclut Largo
BATIMENT SECRET DE LA COMMISSION ADRIATIQUE. PENDANT CE TEMPS.
Un homme faisait les 100 pas d'un bout à l'autre d'une vaste pièce éclairée pas les nombreuses lampes placées en hauteur. La grande porte s'ouvrit et laissa entrer une voiture noire. Claire Mc Neal en sortit la première suivie par un homme qui tenait Joy dans ses bras.
- " Qu'est-ce que vous lui avez fait, Claire ??! " s'écria l'homme en voyant la jeune femme inconsciente.
- " Elle se débattait trop dans la voiture, nous avons dû l'endormir " Répondit-elle calmement
- " Vous devez faire attention, si elle fait une fausse couche, nous aurons tout raté et nous n'aurons pas de seconde chance ! N'oubliez pas que c'est l'enfant que veut la commission ! "
- " Oui, Richard ! "
Quand Joy se réveilla, elle remarqua qu'elle était allongée sur un lit, les mains et les pieds attachés. Elle tourna la tête et vit une femme qui lui prenait la tension.
- " Bonjour Mme Winch ! Je suis Nicole Holmes, je suis la sage-femme qui vous suivra durant toute votre grossesse. " lui annonça-t-elle
- " Largo… " dit-elle faiblement
- " Votre tension est beaucoup trop élevée, décontractez-vous " demanda la femme avant de remballer ses affaires et de sortir.
Après avoir totalement repris ses esprits, Joy regarda autour d'elle. Elle se trouvait dans une cellule restreinte avec une petite fenêtre en hauteur qui laissait entrer de maigres rayons de soleil. Au fond de la salle, se trouvait une table avec une sorte de moniteur installé à ses côtés. Il faisait relativement froid, un simple petit radiateur était censé chauffer la pièce.
Deux heures plus tard, la sage-femme revint avec un homme.
- " Bonjour Joy, comment allez-vous ? " lui demanda-t-il
- " Qu'est-ce que je fais ici ? pourquoi m'avez-vous enlevée ? et d'abord qui êtes-vous ??? " demanda la jeune femme d'un ton sec
- " Pas tout à la fois je vous prie. Je m'appelle Richard Peterson et si on vous a enlevée c'est parce que votre bébé nous intéresse "
- " Je ne vous laisserais jamais le toucher !! " fulmina Joy en se redressant comme elle le pu, ce qui tendit les chaînes qui retenaient ses poignets
- " C'est ce qu'on verra…. En tout cas vous pouvez hurler tant que vous le voulez, personne ne vous entendra et personne ne vous trouvera " la prévint l'homme
- " Vous faites partie de cette saloperie de Commission Adriatique n'est-ce pas ??? " pesta Joy
- " Vous avez vu juste " admit-il " Maintenant, nous allons vous faire passer une échographie ; pour votre intérêt, je vous conseille de coopérer. Allez-y Nicole " demanda-t-il à la sage-femme
- " Bien monsieur. Normalement, on devrait connaître le sexe de l'enfant " lui dit-elle tout en approchant son matériel. Pour ne pas trop stresser leur prisonnière, ils avaient décidé d'agir de cette manière pour l'instant.
En entendant ces mots, Joy eu un petit sursaut de bonne humeur. Réfléchissant à une possible manière de s'échapper, elle regarda Richard, alors que ce dernier sortait un foulard de sa poche.
- " Désolé, mais ce n'est pas dans nos intentions de vous laisser regarder les échographies " lui dit-il en lui bandant les yeux " ça ne sert à rien de vous débattre. "
Nicole plaça la sonde sur le ventre de Joy et quelques secondes plus tard, plus rien ne se faisait entendre dans cette petite pièce hormis les battements de cœur du bébé. Après avoir fini, la sage-femme et Richard sortirent de la pièce sans rien révéler de l'état de l'enfant à la jeune femme.
- " Alors Nicole ? " commença-t-il
- " C'est un garçon ! "
- " Il se porte bien ? "
- " A merveille ! Ce sera un magnifique enfant ! "
- " La Commission va être contente ! Ah oui, encore quelque chose Nicole " demanda Richard avant que la sage-femme ne reparte
- " Oui ? ! "
- " Vous me ferez un rapport à la fin de chaque journée "
- " Entendu monsieur ".
LE LENDEMAIN MATIN 8h30
***Joy était dans le bunker, elle était prise d'un fou rire avec Kerensky et Simon . Quelques minutes plus tard, Largo entra dans la pièce, prit la jeune femme dans ses bras avant de l'embrasser délicatement.
- Je t'aime tellement Joy !***
Joy se réveilla lentement, un petit sourire aux lèvres, avant d'ouvrir les yeux. Elle tourna la tête dans l'espoir de voir Largo dormir à ses côtés comme un bébé, mais elle ne vit que le grand mur gris et froid de sa cellule.
- " Ce n'était qu'un rêve ! " se désola-t-elle
Nicole entra dans la cellule, un plateau à la main.
- " Bonjour Joy, comment allez-vous ? "
- " A votre avis ??!!! " répondit-elle d'un ton sec
- " Voici un bon petit déjeuner avec plein de vitamines ! "
- " Vous pourriez me détacher les mains, ça vous éviterez de me nourrir à la petite cuillère. "
- " J'ai eu des ordres ! " répondit plus durement la sage-femme
- " Je n'ai pas faim. "
- " Il faut manger, pour l'enfant. "
- " Pourquoi ne m'avez-vous pas laissé regarder l'échographie ? "
- " Il est préférable que vous n'ayez aucun contact avec le bébé comme le fait de le voir à l'écran ; croyez-nous, c'est pour votre bien. "
- " Pour mon bien ???? qu'est-ce que vous en savez de ce qui est bien pour moi ???? Certainement pas d'être séquestrée et attachée ici !!! Alors pourquoi m'avoir bandé les yeux ??? " s'énerva Joy
- " C'est comme ça ! " riposta Nicole
- " Dites-moi au moins quel est le sexe de MON bébé !! "
- " Non !! "
Joy lui lança un regard noir, avant de lui demander
- " Ça vous plait de détruire la vie des gens ? "
- " Tant qu'on est payé ! " se contenta de répondre la sage femme
PENTHOUSE 9h30
Largo était à son bureau, il n'avait pas dormi. Il fixait la photo de Joy, posée devant lui.
- " Elle est si forte, si belle, si intelligente, si… pourquoi s'en prendre à elle ? c'est moi qu'ils veulent, pas elle, alors pourquoi? Tu peux me le dire Simon? " Demanda le jeune homme en pleurant.
- " Ne baisse pas les bras Largo, pas encore, pas si tôt! Les flics sont sur l'affaire, Kerensky a passé la nuit à faire des recherches, et il continuera s'il le faut. Faut pas craquer, pas maintenant! "
- " Et qu'est-ce que tu me proposes de faire alors, hein ?!! "
- " Ben, pour l'instant, te changer et courir au Conseil, car t'es à la bourre " lui rappela son meilleur ami
BUNKER PENDANT CE TEMPS
Kerensky, toujours et encore à son ordinateur, lisait les résultats de ses recherches.
- " Ce n'est pas clair, c'est pas plausible, ça ne veut rien dire!!! " S'énerva-t-il. " Et me revoilà à la case de départ !!!! "
Il posa ses lunettes à côté du clavier et se frotta les yeux avant de regarder l'heure: 9h45. Puis il regarda en face de lui; d'habitude, à cette heure-ci, Joy était assise à sa place et lisait le journal…
Simon entra et s'arrêta immédiatement en remarquant le calme glacial du Bunker.
- " Ça fait bizarre, hein? " Lui demanda Kerensky
- " Faut pas s'y habituer. C'est que temporaire! T'en es où? "
- " Oh, au même stade qu'hier, donc RIEN! A part que j'ai bu une bonne dizaine de cafés pour pouvoir rester éveillé. "
CONSEIL D'ADMINISTRATION AU MEME MOMENT
- " Vous voilà enfin Mr Winch ! " accueilli Cardignac, " sachez que… "
- " Fermez-la Michel ! " l'interrompit Largo d'un ton sans appels
Cardignac s'assit sans mot dire. Le jeune multimilliardaire attendit que tout le monde soit assis pour commencer. Cette scène lui rappelait le jour où il leur avait annoncé que Joy était enceinte.
- " Bon je vais franc, et direct. Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, pas une minute, pour la seule et bonne raison, que ma femme s'est fait enlever hier matin par ces ordures de la Commission, excusez l'expression. Et en plus, j'ai appris peu de temps auparavant qu'ils avaient également infiltrée une personne au sein du Groupe, et cette taupe a bien fait son boulot, car elle a réussi à se faire apprécier par nous tous grâce à ses compétences dans le domaine de la bourse. On peut remarquer que, comme par hasard, Mlle Mc Neal n'est pas ici. Or elle est absente depuis hier matin après le Conseil, au moment où ma femme a été kidnappée, pas loin du bâtiment. Je pense avoir bien résumé la situation, donc la réunion peut commencer. "
BUNKER 10h10
- " Kerensky? Qu'est-ce que t'as ?" demanda Simon en voyant la mine morose de son ami
- " Je pense à Joy et à… "
- " À… ? "
- " Le jour où j'ai appris qu'elle était enceinte, je lui ai promis qu'on veillerait sur la petite Famille Winch et… "
- " Arrêtes, tu vas pas te mettre à culpabiliser ? "
- " Désolé, mais qu'est-ce que tu veux faire d'autre ? c'est la Commission qui l'a enlevée, et comme tu le sais elle fait rarement les choses à moitié !! "
- " Arrêtes de penser à ça ! J'en ai marre de dire à tout le monde ce qu'il doit faire… ! "
Un silence de quelques instants s'installa, jusqu'à ce que Kerensky reprenne la parole d'un ton plus assuré :
- " Tu as vu Largo ? "
- " Ouais ! "
- " Alors… "
- " Ben, il est comme toi, il culpabilise. Tu prends des phrases de lamentations, quelqu'un qui n'a pas dormit de la nuit, des larmes, et un compte en banque rempli à ras bord, et ça te donne le grand Largo Winch! "
- " Il est très mal et on peut le comprendre… "
LE JOUR APRES BUNKER 9h45
- " Kerensky, t'as lu le journal ? " demanda Simon en entrant
- " Non ! Je n'en ai pas le temps, je travaille. "
- " D'accord, alors continue de travailler, moi je te fais la lecture ! Alors, en 1ère page du Times, nous avons : une belle photos de Joy et à côté :
La police de NewYork demande à toutes les personnes s'étant trouvées le mardi 13 janvier dans le parc de Madisson Avenue entre 9h30 et 10h30, de se présenter dans le bureau de police le plus proche.
Ça, c'était l'appel à témoins, voici l'article qui suit :
Joy Winch, la femme du célèbre multimilliardaire, président directeur général du Groupe W, s'est fait enlever mardi 13 janvier dans un parc de l'avenue Madisson. L'enlèvement a été orchestré par cinq hommes, dont on ne connaît pas encore l'identité, et une femme de taille moyenne, brune, 25 ans environ, se faisant appeler Clair Mc Neal….
Bla bla bla bla bla bla bla….
- " Maintenant tout le monde est au courant ! " déclara Kerensky
19ème SEMAINE DE GROSSESSE 1 mois après l'enlèvement
BATIMENT SECRET DE LA COMMISSION ADRIATIQUE 15h
- " Ils m'avaient dit qu'ils me payeraient tout de suite après avoir eu la femme de Winch ! " Râla Claire
- " Vous serez payée quand la commission aura décidé de le faire et pas avant " répondit calmement Richard
- " Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous risquez ?! "
- " Pardon ? "
- " Si je ne suis pas payée dans les deux jours qui suivent, j'irai voir Winch ! " menaça la jeune femme
- " Je ne sais pas si vous vous rendez compte Claire, mais en disant ça, vous signer votre arrêt de Mort ! "
- " Vous me menacez ? "
- " Qui menace qui ? Claire, il y a peu de chance pour que vous sortiez d'ici vivante… "
Trois coups de feu retentirent, Claire laissa échapper une légère plainte avant de s'effondrer raide morte Richard se tourna vers les hommes qui se trouvaient à quelques mètres derrière lui.
- " Vous deux, débarrassez-moi de cette chose ! et vous, prévenez la Commission de la mort de Mlle Mc Neal ! "
CELLULE DE JOY 15h10
Joy se débattait. Elle essayait tant bien que mal de faire céder les liens qui retenaient ses chevilles dans l'espoir d'en détacher au moins une, mais rien n'y faisait. Elle tenta alors de délier ses mains et parvint à en libérer une au bout d'une demi-heure. Elle sentit alors une atroce douleur au poignet, et remarqua vite que la corde l'avait entaillé. Après s'être libéré l'autre poignet, elle se redressa difficilement, son dos lui faisant horriblement mal à force de rester immobile. Elle posa alors ses mains sur son ventre, qui s'était légèrement arrondi. Le bébé n'avait pas encore bougé, mais le fait de pouvoir le sentir, lui fit oublier quelques instants qu'elle se trouvait dans une même pièce depuis un mois.
Soudainement, Richard entra dans la pièce et remarqua immédiatement que Joy s'était détachée. Il appela ses hommes qui la plaquèrent violemment sur le lit. Ils étaient quatre pour la maintenir. Elle hurlait de toutes ses forces pour qu'on la lâche et elle se débattait avec fureur, mais les hommes la tenait si fortement qu'elle dut se résoudre à abandonner, épuisée. La sage-femme arriva peu de temps après avec une seringue, qu'elle planta brutalement dans le bras de la jeune femme. Joy tomba presque instantanément dans l'inconscience totale.
- " Vous allez la rattacher, mais cette fois-ci faites-le avec des chaînes ! Ensuite vous installerez une caméra de surveillance dans cet angle, afin qu'on puisse la surveiller nuit et jour ! Nicole, vous lui administrerez une dose de calmant à chaque fois qu'elle deviendra un peu trop agitée. Jusqu'à présent j'étais gentil avec vous Joy ; il ne fallait pas faire ça, vous avez tout gâché ! " s'énerva Richard
3 JOURS APRES BUNKER 10h
La police avait retrouvé le corps de Claire, Largo fut immédiatement mis au courant, mais il mit du temps à réagir. Il faut dire que depuis la disparition de Joy il ne travaillait plus, et Sullivan avait dû le remplacer..
- " A ton avis, qui a bien pu la tuer ? " demanda Simon
- " A part la Commission je ne vois pas qui " répondit Kerensky
- " Mais elle en faisait partie, non ? C'est pas logique "
- " Elle était peut-être devenue un peu trop encombrante. "
Simon soupira
- " Et Largo, comment va-t-il aujourd'hui ? " demanda Kerensky
- " Mal, y'a pas d'autre mot pour qualifier son état, enfin, moi j'en trouve pas ! J'essaie de le faire sortir du Penthouse, mais il n'y à rien à faire. "
- " Je le comprends. Il faut dire que la Commission a touché le point faible… "
- " Au fait, où ont-ils trouvé le corps de Claire ? "
- " Dans le Bronx ! "
- " Ça veut dire qu'ils sont à New York " en déduisit Simon
- " Oui mais c'est grand New York, ils peuvent être dans un appartement, un entrepôt, une maison… n'importe où ! "
- " Chez Claire ? "
- " Sa maison a été fouillée jusque dans les moindres recoins, et ils y sont encore "
CELLULE DE JOY au même moment
Nicole faisait sa visite quotidienne. Joy était semi-consciente, encore sous l'effet du calmant que, celle qu'on appelait " sage-femme ", lui avait administrée il y a peu de temps.
Lorsque Joy retrouva sa pleine lucidité, elle regarda son ventre. Elle se demandait quand elle commencerait à percevoir les mouvements de son bébé. Elle était au milieu de la 19ème semaine, normalement ça ne devrait plus tarder à arriver. Elle aurait tant voulu partager ce moment avec Largo : il poserait sa main sur son ventre et l'embrasserait dès qu'il le sentirait bouger. C'est quand elle commença à s'imaginer cette scène de bonheur, que des larmes commencèrent à couler lentement le long de son visage. Même si elle avait du mal à contrôler ses cris de désespoir, elle sanglotait en silence.
Elle pleurait de plus en plus. A chaque fois qu'elle se réveillait suite à un rêve avec ses amis, son mari, suite à un grand moment d'amour et de complicité, elle se laissait aller en pleurant lorsqu'elle se retrouvait à nouveau dans cette prison froide ; oui, c'était surtout le retour à la réalité qui en était le détonateur.
Largo faisait les mêmes rêves, tous ensembles réunis. Joy et lui côte à côte et rien ne pouvait les séparer. De temps en temps, il se rendait sur la terrasse du penthouse, là où sa femme aimait tant aller ; il s'appuyait à la balustrade, fermait les yeux quelques instants avant de laisser lui aussi exprimer son chagrin.
PLUS TARD DANS LA JOURNEE 17h
Joy avait mal aux poignets, elle avait des marques à force de les avoir attachés. Elle pensait à ses amis lorsqu'elle sentit quelque chose dans son ventre, ce qui la sortit immédiatement de sa rêverie. Il avait bougé ! il venait de lui donner un coup là il n'y avait pas de doute possible ! Elle redressa difficilement la tête, puis voulu poser ses mains sur son ventre, mais cette brûlure aux poignets lui rappela qu'elle était ligotée.
- " Coucou toi ! " s'adressa-t-elle doucement à son bébé " Je ne sais pas si tu m'entends en bas, mais je suis dans l'impossibilité de te toucher, il va donc falloir que tu te contentes de ma voix, et sache que ça me fait aussi mal que toi… "
6ème MOIS DE GROSSESSE 2 mois après l'enlèvement 10h21
Joy avait trouvé une occupation, s'adresser à son bébé. Elle lui parlait de tout et de rien, mais elle lui parlait d'une voix douce et chantante, c'était l'essentiel !
- "… Ton père et moi nous nous sommes mariés le 10 décembre, c'était une magnifique journée d'hiver ! Il fallait voir ton oncle Simon dans son costume… et ton père, toujours aussi beau. Ce jour là, ce fut aussi la première fois que je dansais avec ton oncle Georgy, excellent danseur, je l'avoue ! Ça me fait penser qu'il m'a toujours pas dit son secret, il voulait le faire passer derrière l'excuse de la Commission, mais je sais que c'est autre chose ! Il y avait aussi Cardignac, aaahhh, celui là…. "
9ème MOIS DE GROSSESSE 9h 5 mois après l'enlèvement
Cela faisait cinq mois que Joy était séquestrée dans ce trou à rat, sombre, froid et mal aéré ; cinq mois qu'elle n'avait pas revu le soleil, sentit le vent sur son visage, vu de la verdure, ou de simples couleurs ; cinq mois sans ses amis…sans son mari. Peut-être la croyaient-ils morte ? elle n'en savait rien mais espérait toujours qu'ils la trouveraient à temps, que Largo soit là pour voir son enfant naître.. Toujours attachée, elle n'arrivait pas à trouver de position confortable avec son ventre fortement arrondi par la vie. Elle avait mal au dos, mais elle ne sentait plus vraiment l'enfant bouger, tout au plus un coup de pied par-ci par-là.
Les quatre gardes qui avaient l'habitude de maîtriser la jeune femme, entrèrent dans la pièce suivi de Richard et Nicole
- " Amenez-là !" ordonna- t-il
Pas vraiment apte à se défendre, Joy se laissa faire non sans lancer un regard noir à l'homme de la Commission. Deux gardes la soutinrent jusqu'à la table d'auscultation car elle avait perdue l'habitude de marcher, surtout avec des kilos en plus. Même le simple fait d'avoir les bras détachés lui faisait mal, eux qui étaient restés liés au dessus de sa tête la plupart du temps durant ces cinq long mois. Une fois installée, ils ne lui bandèrent pas les yeux, mais de toute manière, le moniteur n'était pas tourné vers elle alors elle ne pourrait rien voir.
Avant que Nicole la prépare pour l'échographie, Richard la prévint d'une voix froide, vidée de toute humanité :
- " Je vous conseille de ne pas faire d'histoires, vous donner un calmant ne serait vraiment pas l'idéal pour votre enfant… "
Joy ne répondit rien, que pouvait-elle faire ? même si elle arrivait à se défaire de l'emprise des gardes, elle n'irait pas bien loin…
La sage-femme, appliqua un gel sur le ventre de la future mère, avant de faire parcourir la sonde à sa surface. Après quelques instants de silence, Richard perdit patience :
- " Alors ? pourquoi n'accouche-t elle pas alors qu'elle a dépassé le terme depuis plusieurs jours ??? "
- " A l'écran tout me semble normal, le bébé s'est retourné et cela depuis déjà deux semaines. Je pense que ça ne vient pas de lui, mais d'elle " exposa-t-elle
- " Qu'est-ce que vous voulez dire ? " s'étonna-t-il
- " Ce n'est pas si dur de comprendre qu'elle ne veut pas accoucher, pas ici, pas sans son mari. Cela suffit pour influer sur le déclenchement de celui-ci " expliqua la sage-femme tout en plaçant un capteur sur le ventre de Joy, qu'elle maintint avec une sangle élastique après l'avoir fait passer sous le dos de la jeune femme. Il faut dire qu'elle anticipait une demande de son patron qui ne tarda pas à arriver
- " N'y a-t-il pas moyen de provoquer l'accouchement ? " s'enquit Richard
- " Si, bien sûr que si " répondit-elle tout en sortant une fiole et une seringue de sa blouse
A ces mots, les muscles de Joy se raidirent, et elle tenta de se libérer. L'homme qui tenait son bras droit ne s'y attendant pas, fut repoussé de quelques pas et faillit trébucher. Cela dit, avant que Joy puisse se redresser, le deuxième l'avait à nouveau plaquée sur la table.
- " Vous êtes vraiment obstinée Mme Winch ! " lui reprocha Richard avant de s'adresser à la sage-femme " allez-y ! "
- " NON NON NE FAITES PAS ÇA JE VOUS EN PRIES !!!" supplia Joy alors que la solution d'ocytocine était injectée dans son bras
- " Le produit devrait faire son effet d'ici quelques minutes " annonça Nicole
- " Espèces d'ordures !! " pesta Joy en accompagnant ses mots d'un regard noir.
L'homme de la Commission ne releva pas, et se contenta de s'adresser à ses gardes :
- " Ramenez-là sur le lit, mais ne l'attachez pas, on ne va pas être sadiques tout de même… " ironisa Richard avant de se tourner vers la sage-femme " vos capteurs fonctionnent ? "
- " Oui parfaitement. Comme prévu on pourra suivre les battements de cœur du bébé depuis la salle de vidéo surveillance " lui répondit-elle
- " Bien, alors nous allons la laisser, Après tout les femmes accouchent depuis la nuit des temps " railla-t-il avant de sortit suivit de ses acolytes. Les suppliques de Joy ne servant à rien
Au début, La jeune femme ne ressentit rien de nouveau, néanmoins, elle pouvait enfin poser à nouveau ses mains sur son ventre et sentir son enfant bouger sous ses doigts. Au bout d'une vingtaine de minutes, elle commença à percevoir de légères contractions qui au fil des heures se firent de plus en plus rapprochées, fortes, régulières et douloureuses. Au bout de deux heures et demies, elle perdit les eaux, et su que dorénavant plus rien ne l'empêcherait d'accoucher.
Les heures se succédaient dans d'atroces souffrances, Joy était en sueur, épuisée et chaque contraction lui arrachait un hurlement de douleur. Le matelas était marqué par ses ongles à force de s'y agripper. La délivrance (Wen : façon de dire, parce que normalement la délivrance c'est l'expulsion du placenta, chose que j'éluderai ici pour ne pas choquer les âmes sensibles LOL) n'arriva que 6 heures après l'injection.
Part 3
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