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V
ACANCES EN FLORIDE (part 3) |
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Salle à manger
" Ca va mieux Joy ? demanda Largo.
_Oui, répondit-elle. Je me suis un peu reposée.
_A table ! Le repas est prêt, annonça Maria. Ce soir, côtelettes d'agneau et pomme de terre.
_Chic, s'écria Simon en se frottant les mains. J'ai une de ces faims !
_Tu veux que je te coupe ta viande Joy ? proposa Largo en voyant que Joy avait du mal à manier son couteau. Son agressivité n'étant pas retombée, Joy allait répondre sèchement qu'elle n'avait pas besoin d'aide, mais Maria l'interrompit :
_Laissez, M.Winch, je vais le faire. Joy n'osa pas protester. D'ailleurs, ça la dérangeait moins que ce soit Maria qui s'en charge plutôt que Largo.
_Merci, dit Joy, quand Maria lui eut rendu son assiette.
Le repas se déroula calmement. Largo et Simon discutaient tandis que Joy ne bronchait pas, l'air absente. Les deux amis s'étonnaient de son silence mais ne disaient rien. Après le repas, ils dirent au revoir à Joy qui fit un effort pour leur souhaiter une agréable soirée et ils partirent. Joy aida Maria à débarrasser la table, puis prétextant un mal de tête elle monta dans sa chambre. Elle avait besoin d'être seule. Elle prit un nouveau cachet contre la douleur et s'aperçut que la boîte était bientôt vide. Elle irait demain en acheter une autre. Elle s'étendit toute habillée sur son lit. Elle essaya de se détendre mais n'y parvint pas. Au contraire, elle se sentait de plus en plus énervée. De nombreuses images l'assaillaient : elle repensait à Diana et Largo, à toutes les conquêtes que Largo avaient déjà eues depuis qu'elle était à son service, sans parler bien sûr de toutes celles d'avant, elle revoyait la tenue que Largo arborait ce soir : elle était sûr qu'il s'était fait beau pour draguer les filles (Largo ne s'était pas habillé d'une manière particulière ce soir mais Joy était convaincue que si). Toutes ses pensées lui faisaient tourner la tête. Consciente qu'elle était en train de sombrer dans une crise de démence et profitant d'un sursaut de lucidité, elle composa en hâte le numéro du bunker sur l'ordinateur qu'elle avait branché dans sa chambre.
" Kerensky, j'ai besoin de toi. Je suis en train de péter les plombs, aide-moi. Ca fait un peu comme en Arctique mais en plus violent, tu te rappelles ?
_Oui, dit Kerensky inquiet. Largo et Simon ne sont pas là ?
_Non, ils sont partis à Miami.
_Tu as pris quelque chose de particulier ces derniers temps ?
_Non, pas que je sache, répondit Joy qui sentait ses tempes cogner de plus en plus. Dépêche-toi Georgi, je vais bientôt ne plus répondre de mes actes.
_J'y suis, ça doit être tes médicaments pour ton épaule. Dis-moi le nom vite.
_Moritex.
_Moritex ? Ok, je vais faire une recherche dessus. Joy, ça va aller ?
_Non, hurla-t-elle, ça ne va pas aller. Son corps étaient secoués de tremblements. Puis, elle disjoncta tout à fait. Elle se mit à courir dans la chambre, heurtant les murs, et se tapant la tête avec ses poings. Alerté par le vacarme, Maria accourut dans la chambre. Elle ouvrit la porte et s'arrêta abasourdie, ne sachant que faire. Elle avisa l'ordinateur et vit le visage de Kerensky affolé sur l'écran. Elle s'approcha. Georgi l'aperçut et lui cria d'immobiliser Joy. Il lui dit de prendre une couverture et de la lui jeter dessus. C'est ce que elle fit. Joy s'arrêta un instant, surprise, et Maria en profita pour lui saisir les poignets et les maintenir fermement dans son dos. Joy se débattit mais de manière désordonnée et Maria réussit à l'empêcher de bouger. Joy continua un moment à remuer puis cessa toute résistance. Elle avait l'air abattue. Tenant toujours Joy fermement, Maria questionna Kerensky.
" Que s'est-il passé ?
_Elle a eu une crise de folie. Elle a réussi à me joindre avant de sombrer. C'est sans doute du à ses médicaments, je vais vérifier. Vous pouvez contacter Largo et Simon ? Il faut qu'ils reviennent tout de suite.
_Je n'ai pas leur numéro, objecta Maria.
_Regardez sur le portable de Joy, elle doit avoir leur numéro en mémoire.
_Oui, ça y est, je l'ai. Je les appelle tout de suite. " Elle prit les poignets de Joy dans une seule main pour pouvoir téléphoner de l'autre.
" M.Winch ? C'est Maria, il faut que vous reveniez vite. C'est votre garde du corps, elle est devenue folle. J'ai réussi à la maîtriser…
_Hein ? Quoi ? s'écria Largo surpris. On arrive tout de suite.
_Il seront là dans dix minutes, monsieur, dit-elle à Kerensky.
_Très bien. Joy s'est calmée ?
_Oui, mais elle ne répond pas, elle est bizarre.
_Etendez-la sur le lit, conseilla Georgi, et essayez de lui faire boire un verre d'eau.
_Elle ne veut pas boire, elle m'a repoussée.
_Tant pis. Laissez tomber. De toute façon, elle est inoffensive maintenant. Sa crise est passée.
_J'entends M.Winch et M.Ovronnaz qui arrivent, annonça Maria.
_Très bien, répondit Kerensky.
Largo et Simon firent irruption dans la chambre, ils étaient très inquiets. Apercevant Joy, Largo s'approcha d'elle.
" Joy, ça va ? commença-t-il. Elle ne répondit pas. Ses yeux fixaient le plafond.
_Largo, appela Georgi.
_Qu'est-ce qu'elle a eu ? questionna largo.
_Une crise de folie. Dans un moment de lucidité, elle m'a contacté pour me demander de l'aider.
_Et t'as trouvé ce qui lui a pris ?
_Oui. Ce sont les cachets qu'elle prend pour son épaule, expliqua Kerensky. Ils contiennent la même substance que la drogue qui lui avait fait perdre la tête en Arctique. En proportions infimes, bien sûr. Mais pour elle qui a été exposé longtemps, la moindre quantité peut provoquer une nouvelle crise de démence. Il faut évidemment qu'elle arrête de prendre ces médicaments. Je me suis procuré une ordonnance pour de nouveaux cachets contre la douleur. Il faut que vous l'imprimiez et demain vous irez en acheter.
_Et Joy ? demanda Simon.
_Elle va dormir maintenant, répondit Kerensky, et demain elle sera presque rétablie. Elle sera encore un peu sous le choc alors vous éviterez toutes remarques susceptibles de l'irriter. Vous avez du la vexer et ça s'est amplifié avec le produit.
_Ok, on fera attention, promit Largo. On te rappelle demain pour te dire comment elle va.
_Bonne nuit. A demain, dit Georgi.
Simon éteignit l'ordinateur tandis que Largo s'approchait de Joy. Elle avait fermé les yeux et commençait à s'assoupir.
_Ne vous en faites pas, dit Maria, je vais m'en occuper. "
Largo et Simon sortirent donc de la chambre.
_Qu'est-ce qu'on a bien pu lui dire ? demanda Simon. Je crois qu'elle a commencé à être un peu tendue à partir du moment où je suis revenu avec les cocktails, non ? Qu'est-ce que tu lui as fait ?
_Rien, je lui ai juste parlé de Diana.
_Ah je comprends mieux maintenant. Largo, t'as vraiment pas été malin sur ce coup-là. Tu sais bien que c'est un sujet qu'il ne faut pas aborder devant Joy.
_Pourquoi ? questionna Largo.
_T'as perdu la mémoire ? Ca la rend jalouse, n'oublie pas qu'elle t'aime.
_T'en es vraiment sûr, moi, je n'en suis pas encore convaincu. Elle me l'aurait dit, non ?
_Largo, il y a vraiment des fois où je me demande si tu as toute ta tête. Tu connais Joy, c'est pas le genre de fille que tu te tapes d'habitude. Elle ne dit pas " Je t'aime " à tout bout de champ, elle.
_Non, mais…
_Il n'y a pas de mais. Largo, tu me désoles. Bon, ça ne sert à rien de discuter avec toi, je vais me coucher. "
Sur ce, il tourna les talons et se dirigea vers sa chambre. Largo resta un moment songeur, puis rentra dans la sienne.
Largo eut beaucoup de mal à trouver le sommeil cette nuit-là. Il pensait à Joy. Il s'en voulait de n'avoir pas compris qu'elle n'allait pas bien quand elle était partie de la plage. Et pendant le dîner, il aurait du s'inquiéter que Joy ne parle pas. Il fit des cauchemars pendant toute la nuit et se réveilla de nombreuses fois en sueur. Quand il fut 8 heures du matin, il sauta de son lit, s'habilla et descendit au salon. Joy n'était pas là, il y avait juste Simon.
" Tu es bien matinal, remarqua Largo. Joy n'est pas encore réveillée ?
_Non, je ne l'ai pas vu, répondit Simon. Il faudrait peut-être aller voir si elle va bien.
_On attend encore un peu. On ira dans une heure. "
Largo déjeuna en silence. Il espérait que les effets de la drogue s'étaient estompés. Il sortit ensuite sur la terrasse suivi de Simon. Ils marchèrent le long de la plage sans parler. Puis, une heure s'étant écoulée, ils montèrent dans la chambre de Joy. Arrivés devant la porte, ils toquèrent. Pas de réponse. Ils ouvrirent doucement la porte. Elle grinça et Joy se réveilla en sursaut.
" Qu'est-ce qui se passe ? questionna-t-elle mal réveillée.
_On est venu voir comment tu te sentais, dit Largo.
_Comment ça ? Il y a eu un problème ?
_Tu ne te souviens pas ? demanda Simon doucement. Hier soir, quand on était partis…
_Attends, l'interrompit Joy, en essayant de rassembler ses souvenirs. Je me rappelle. J'étais très énervée, je sentais que j'allais péter les plombs et j'ai téléphoné à Kerensky. Et après, que s'est-il passé ? Je ne me souviens plus.
_Hé bien, dit Largo, tu as effectivement disjoncté. Maria a accouru et t'a immobilisé. Ensuite elle nous a appelé.
_Mais qu'est-ce qui m'a pris ? demanda Joy effarée.
_Kerensky a découvert dans les cachets que tu prends pour ton épaule la même substance que celle avec laquelle tu avais été droguée en Arctique, expliqua Largo. Normalement, elle n'est pas en quantités suffisantes pour être nocive, mais comme tu as été exposée une première fois longtemps…
_Et ça va durer combien de temps ? demanda-t-elle brusquement. Je vais encore recommencer ?
_Non, c'est fini. On va aller te chercher de nouveaux médicaments et ramener ceux-ci à la pharmacie.
_Je suis désolée de vous causer encore du soucis, dit Joy.
_Ne t'inquiète pas, la rassura Simon, ce n'est pas de ta faute, tu ne pouvais pas savoir.
_Au fait, quelle heure il est ? demanda Joy.
_9h20, répondit Simon après avoir regardé sa montre.
_Si tard que ça ? s'exclama Joy. Il faut que je me lève !
_Non, lui dit doucement Largo, tu n'es pas obligée, repose-toi si tu veux.
_Si si, je vais me lever, insista Joy. Descendez, je vous rejoins.
_Tu es sûr que ça va aller ? demanda Largo.
_Oui, ne vous inquiétez pas, tout va très bien.
Largo et Simon sortirent.
Restée seule, Joy se prit la tête entre ses mains. Elle n'avait pas voulu le dire à ses amis pour ne pas les inquiéter, mais elle sentait que les effets de la drogue n'étaient pas tout à fait estompés. La preuve : quand Largo avait reparlé de l'Arctique, elle avait senti les larmes lui monter aux yeux en se souvenant de sa bagarre avec Largo. En temps normal, ça ne lui serait jamais arrivé. Elle s'habilla et changea de pansements. En descendant les escaliers, elle espérait que Largo et Simon ne feraient pas de remarques susceptibles de l'irriter. Elle savait bien que c'était à cause de Diana et de la soirée à Miami qu'elle avait disjoncté la veille. Elle n'avait pas oublié que la drogue ne faisait qu'amplifier ses sentiments et non en créer des nouveaux. Pourvu donc que ni l'un ni l'autre n'aborde de sujets tendus. Arrivée au salon, elle déjeuna en silence. Largo et Simon discutaient sur le canapé. Simon conseillait à Largo d'avoir une discussion avec Joy. Largo acquiesça en répondant que c'était ce qu'il comptait faire et que le plus tôt serait le mieux. Il demanda donc à Simon d'aller acheter les médicaments de Joy pour pouvoir rester seul avec elle. Son ami accepta.
" Joy, annonça alors Simon, je vais à Miami te chercher tes comprimés. Ok ?
_Oui, si tu veux, merci, répondit Joy. Joy sentit son cœur battre plus fort. Encore un effet de la drogue : la simple idée de passer quelques temps seule avec Largo la rendait anxieuse.
_Tu vas te préparer et tu me rejoins sur la plage, Joy ? proposa Largo.
_D'accord, j'arrive, dit Joy en remontant dans sa chambre. Simon, quant à lui, sortit et monta dans la voiture.
De nouveau dans sa chambre, Joy s'assit un moment sur son lit, puis elle entreprit de se changer. Elle s'attacha à mettre le plus de temps possible car elle redoutait le moment où elle serait seule avec Largo. Elle avait peur. Elle tenta de se raisonner, mais ni parvint pas. Elle sentait qu'elle se contractait de plus en plus. Elle prit une grand inspiration avant de rejoindre Largo.
Sur la plage
Il était étendu sur sa serviette au soleil. Elle s'approcha et alla étendre la sienne à l'ombre. Quelques instants après, Largo vint la rejoindre :
" Tu as raison, il vaut mieux se mettre à l'ombre sinon bonjour les coups de soleil ! "
En le sentant près de lui, Joy recommença à être nerveuse. Elle avait fait exprès de s'installer loin de Largo et voilà qu'il revenait près d'elle. Elle ouvrit son livre pour le dissuader de lui parler. Largo voyait bien que son amie était tendue, mais il devait lui parler, il le fallait.
" Joy…, commença-t-il.
_Quoi ? dit-elle sèchement sans lever les yeux de son roman.
_Il faut que je te parle, continua-t-il.
_Pas aujourd'hui, s'il te plaît, répondit-elle en cherchant à se dérober.
_Si, insista Largo, il le faut. Tu ne pourras pas y échapper éternellement alors autant que ce soit maintenant.
Joy ne répondit pas, le nez toujours plongé dans son bouquin.
_Joy, pourquoi faut-il toujours que tu te bloques quand je veux te parler ? questionna-t-il.
Comme elle ne répondait pas, il mit sa main sur son épaule.
_Joy…
_Lâche-moi, cria-t-elle en se dégageant.
_Joy, qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Largo inquiet.
_Laisse-moi, je te dis, hurla Joy en pleurs, va-t-en. " Et voyant que Largo ne bougeait pas, elle courut vers la maison et monta dans sa chambre.
Chambre de Joy
Joy se jeta sur son lit et se mit à pleurer de plus belle. Elle savait que la drogue y était pour quelque chose, mais pas seulement surtout que les effets commençaient à se dissiper. Elle en voulait à Largo. Elle ne savait pas trop au juste s'il avait vraiment fait quelque chose de mal, mais elle était furieuse contre lui. Soudain, elle entendit quelqu'un frapper à la porte. Elle attendit un peu, ne sachant quelle décision prendre. Puis, les coups recommencèrent alors elle cria d'entrer. En voyant que c'était Largo, elle sentit ses muscles se contracter.
" N'approche pas, le prévint Joy.
_Joy, dit-il d'une voix très douce, calme-toi, je ne te veux pas de mal. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
En attendant la douceur de sa voix, Joy se calma un peu. Largo continua :
_Pourquoi réagis-tu comme ça. Dis moi ce qu'il y a, Joy.
_Rien, répondit-elle sèchement.
_Arrête de mentir, je sais très bien que ça ne va pas. Il ne faut pas que tu te fermes comme ça. Ca ne te mènera nulle part.
_…
_Joy… Tu as besoin de te confier, il ne faut pas que tu gardes pour toi.
_Largo…, je suis désolé d'avoir réagi comme ça, ce n'est pas de ta faute.
_Ce n'est pas grave, je ne t'en veux pas, mais il faut que tu me dises ce qui t'a pris.
_Je ne sais pas, mentit-elle.
_Si, tu sais, Joy.
Joy recommença à s'énerver. Largo la prit par le bras et la maintint fermement.
_Je crois que tu es encore sous l'emprise de la drogue, dit-il, ça va aller ?
_Oui, ça va, ne t'inquiète pas, tu peux me lâcher, répondit Joy qui s'était un peu calmée et n'aimait pas être privé de ses mouvements.
Largo desserra un peu son étreinte. Joy était encore quelque peu tendue, il sentait ses muscles prêts à bondir.
_D'accord, mais parle maintenant et détends-toi. Joy soupira et cessa alors toute résistance.
_C'est à cause des médicaments tout ça, dit-elle.
_Pas seulement Joy. Tu sais très bien que la drogue amplifie les sentiments DEJA existants.
_Bon ok, tu as raison. Hier soir, je n'ai pas supporté que tu parles de Diana, surtout en disant qu'elle avait du être contraint à te trahir. Moi, je suis persuadée du contraire. Ensuite, tu étais enchanté d'aller à Miami en boîte et tu étais d'accord avec ce qu'avait dit Simon.
_Qu'est-ce qu'il avait dit Simon ? questionna Largo. En fait, il se souvenait parfaitement des paroles de Simon et se sentait de plus en plus heureux, Joy l'aimait bel et bien : elle était jalouse.
_Il a parlé de faire des connaissances et tu étais enchanté !
_Non, j'étais enchanté à l'idée d'aller en boîte et de m'amuser. Tu as interprété mes paroles de travers. Et puis d'abord, pourquoi cela te gênerait-il, ajouta-t-il, les yeux brillants. Joy, je crois que tu es jalouse…
_Quoi ? le coupa Joy en élevant la voix, je suis quoi ? Largo, arrête ! Et elle se mit à pleurer (hé oui encore, elle va vraiment pas bien en ce moment, la Joy, je la plains !)
Largo caressa alors son visage délicatement. Joy fit mine de se reculer, mais elle y renonça. Largo lui dit alors :
_Joy, pourquoi caches-tu tes sentiments ? Tu sais, tu as parlé pendant que tu étais dans le coma.
A ces mots, Joy fronça les sourcils. Non, elle ne s'en rappelait pas. Elle était inquiète : elle se souvenait qu'elle avait fait un rêve merveilleux où il y avait Largo, qu'avait-elle bien pu dire ?
_Joy, tu as dit que tu m'aimais.
_Non, ce n'est pas vrai, je n'ai pas dit ça, cria Joy.
_Joy, je ne vois pas pourquoi je mentirais. Il approcha alors son visage du sien et se pencha pour effleurer ses lèvres avec les siennes. Joy détourna la tête :
_Non, Largo, il ne faut pas.
_Mais pourquoi Joy ? demanda-t-il désespéré. Pourquoi tu refuses mon amour ?
Joy le regarda droit dans les yeux.
_Justement parce que je t'aime. Devant le regard médusé de son ami, elle ajouta :
_J'ai trop souffert de l'amour, à chaque fois que j'ai aimé un homme, cela s'est mal terminé.
_Raconte-moi Joy, dit alors Largo.
_Quand j'étais à la CIA, je suis tombée amoureuse d'un homme, il s'appelait Mickael. Il travaillait dans le même secteur que moi. Et en fait il s'est servi de moi pour nous trahir. Elle baissa sa voix. Je… J'ai du le descendre. Sa voix se brisa : Je l'aimais Largo, vraiment. Et juste avant de mourir, il s'est tourné vers moi et m'a regardé avec des yeux remplis de regret. Il m'a dit qu'il n'aurait jamais du nous trahir, qu'il m'aimait lui aussi, qu'il n'avait pas voulu me faire du mal. Tu comprends Largo ? On aurait pu être heureux ! Mais non, il a fallu que je le tue, j'ai tué l'homme que j'aimais ! Je n'avais pas le choix.
_Ma petite Joy, murmura Largo bouleversé.
_Et ça c'était la première fois, il y en a eu d'autres comme ça. Ils m'ont tous fait souffrir, tous ! Je me suis jurée de ne plus ouvrir mon cœur à personne. Je ne veux plus souffrir, je ne veux plus.
Largo la prit dans ses bras, elle était sans résistance. Il passa ses mains dans ses cheveux et appuya sa tête contre sa poitrine. Aucun mot ne sortait de sa bouche. Que pouvait-il dire après ça ? Il entendit du bruit en bas, Simon devait être rentré. Joy semblait complètement abattue, son regard était terne.
" Joy, je crois qu'il vaut mieux que tu te reposes maintenant. Elle lui adressa un faible sourire.
_Tu as raison, de toute façon, j'ai envie d'être seule. Puis en baissant la voix : Ca m'a fait du bien d'en parler Largo, merci. " Elle ferma les yeux. Largo l'allongea sur le lit, puis sortit doucement de la chambre. Encore bouleversé par ce que venait de lui raconter Joy, il descendit les escaliers.
Salon
" Alors ? commença Simon. Comment ça s'est passé ? Puis, voyant l'air bouleversé de Largo, il demanda, inquiet : Qu'est-ce qui se passe ?
_Simon, je ne peux pas t'en parler, mais ne t'inquiète pas.
_Largo ! sermonna Simon, je suis ton meilleur ami, non ? Alors tu pourrais me raconter. Tu t'es fait jeter, c'est ça ? dit-il en essayant de plaisanter.
_Simon, je t'ai dit que je ne pouvais rien dire. Alors n'insiste pas.
_Bon ok, grommela Simon. Et au fait, qu'est-ce qu'elle fait Joy ? Et pourquoi vous étiez dans à l'étage alors que vous deviez aller à la plage ? ajouta-t-il avec un petit air malicieux.
_Simon, je t'ai dit de ne pas insister ! Joy se repose, elle descendra plus tard. T'as les médicaments ? questionna-t-il pour changer de sujet.
_Oui, les voilà, répondit Simon en les sortant de son sac. On mange à une heure, j'espère que Joy sera réveillée d'ici là ! Non mais, faire la grasse mat' jusqu'à midi ! !
_Arrête Simon, je t'ai pas dit qu'elle dormait, et de toute façon, elle est levée depuis longtemps maintenant !
_Je plaisantais, c'était juste pour que tu t'énerves ! avoua Simon en riant. "
Ils restèrent à discuter jusqu'à 12h30, puis comme Joy n'était toujours pas descendue, Largo décida d'aller la voir.
Chambre de Joy
Largo poussa la porte de la chambre sans frapper. Joy était étendue sur son lit, les yeux ouverts, elle regardait le plafond. En attendant la porte s'ouvrir, elle tourna la tête.
" On ne t'a jamais appris à frapper avant d'entrer, Largo ? demanda-t-elle.
Largo s'approcha sans répondre :
_Ca va mieux ? questionna-t-il.
_Oui, même si je me reproche de t'avoir parlé.
_Pourquoi ? s'écria Largo, surpris. Tu m'as dit que ça t'avait fait du bien.
_Oui, mais maintenant, j'ai peur que tu me juges ou que tu éprouves de la pitié pour moi.
_Arrête Joy, ce n'est pas vrai. Ne te fais pas souffrir pour rien. Tout ce que je ressens pour toi, c'est de l'amour et de l'admiration, ajouta-t-il en la regardant tendrement.
_Largo, gémit-elle, tu ne vas pas recommencer. J'ai besoin de temps.
Largo déposa un baiser sur ses lèvres.
_C'est juste pour te prouver que je t'aime.
Puis, voyant que Joy ne protestait même pas, il recommença. Il fut tout de même étonné quand Joy entrouvrit ses lèvres, il pensait qu'elle l'aurait rejeté. Il la sentit s'abandonner complètement à son étreinte. Leur baiser devint de plus en plus passionné. Jamais Largo ne s'était senti aussi heureux. Quand enfin ils se séparèrent, Joy murmura :
_Merci Largo, mais je n'aurais peut-être pas dû…
_Joy, la coupa Largo, tu peux avoir confiance en moi, je ne te ferai pas souffrir.
_Si Largo, tu me fais déjà souffrir.
Avant que Largo n'ait pu répondre quoi que ce soit, Joy se leva et sortit de la chambre. Largo la suivit en espérant qu'elle n'était pas fâchée.
Salle à manger
Les trois amis mangèrent en silence. De temps en temps, le regard de Joy et de Largo se croisaient. Joy n'était pas en colère, mais Largo comprit qu'il lui fallait du temps. Il décida donc de ne plus la brusquer.
Après le repas, ils partirent à la plage.
Plage
Simon était allé se baigner et avait laissé Largo et Joy seuls.
" Tu ne m'en veux pas pour tout à l'heure ? questionna Largo.
_Non, bien sûr, pourquoi t'en voudrais-je ? demanda Joy en le regardant tendrement.
_Je ne sais pas, mais comme tu es partie brusquement de la chambre, je me demandais…
_J'ai besoin de temps et tu es allé trop vite, c'est tout , dit-elle simplement.
_Pourquoi m'as-tu dit que je te faisais souffrir ?
_Parce que c'est la vérité, répondit Joy. A chaque fois que je te vois avec une autre fille, je ne peux m'empêcher d'être jalouse… C'est plus fort que moi !
_Mais maintenant, je n'aime que toi ! assura Largo. Il n'y aura plus d'autres filles !
Joy le regarda tristement :
_Non, je ne le crois pas Largo, tu ne peux pas t'en empêcher.
_Joy, ce n'est pas vrai.
_Si Largo. Et je ne veux pas souffrir à cause de ça. De plus, tu es mon patron…
_Et alors ? Je ne te considère pas comme une employée !
_Peut-être, mais le fait est là quand même. Et je pense que je ne pourrai plus te protéger correctement si…
_Mais bien sûr que si ! affirma Largo. Et même encore plus efficacement ! Joy, il faut que tu oublies les hommes qui t'ont fait souffrir, c'est du passé !
_Oui, mais je ne peux pas. Largo, tu dois me comprendre.
_J'essaye. " Largo lui prit le visage entre ses mains. Joy, je t'aime, JE T'AIME ! Il lui caressa tendrement le visage.
" Pourquoi ais-je peur ? se demandait Joy. Il m'aime, je l'aime, qu'est-ce que je veux de plus ? Il faut que j'oublie le passé. Largo ne me fera jamais de mal. Il a l'air si sincère quand il dit qu'il n'y aura plus d'autres filles. Pourquoi ne lui ferais-je pas confiance ? " Elle sentait l'haleine chaude de Largo tout contre elle et elle avait de plus en plus envie de lui donner une chance. " Après tout, peut-être serait-il capable d'être fidèle ? " Au fur et à mesure que Largo se rapprochait, ses craintes s'envolaient et quand il posa ses lèvres contre les siennes, elle s'abandonna complètement. Ils furent bientôt interrompus par Simon qui revenait (quel… ! ! !).
" Y'en a qui s'en font pas ! lança-t-il d'un ton enjoué. A Joy : Tu es sûre que tu ne fais pas trop de zèle ? Ok, t'es sa garde rapprochée, mais quand même !
Joy lui lança un regard noir. En retour, Simon lui adressa son plus magnifique sourire :
_Je ne voulais pas vous déranger, expliqua-t-il, mais je pense qu'on devrait appeler Kerensky. D'ailleurs, je suis sûr que vous n'avez même pas eu une pensée pour lui, enfermé dans son pauvre bunker, tout seul dans le froid de New York, tandis que vous…
_Bon ok, t'as raison, l'interrompit Largo, on y va !
Part 4
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