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"R
ESURRECTION" suite (part 3) |
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Et effectivement à l'hôpital :
Largo venait de se garer. Il se dépêchait maintenant de monter les escaliers et de parcourir les couloirs jusqu'à la chambre de Joy. Lorsqu'il arriva, Joy n'était pas là. Il alla à la porte de la petite salle de bain adjacente et l'appela. Auncune réponse. Bon sang, où était-elle partie? Elle n'était tout de même pas revenue au Groupe d'elle-même? Non, les médecins l'en aurait empêché. Mais alors où était-elle passée?
Largo entendit un bruit derrière lui mais n'eut pas le temps de se retourner avant de se retrouver à terre avec un énorme mal de crâne. La tête lui tournait et il ne tarda pas à sombrer dans le noir total...
Hôpital, 19h45 :
Simon et Georgy arrivaient tout juste. Ils étaient très inquiets et espéraient au fond d'eux-même retrouver Largo sain et sauf, que cette histoire de piège ne soit qu'un malentendu. Ils se dirigèrent donc en vitesse vers la chambre 132.
La chambre était déserte, le lit défait, mais aucune trace de lutte. Alors non seulement Largo sétait fait enlevé, mais les salauds en avaient profité pour kidnapper aussi Joy. Mais dans quel but?
Georgy avait beau chercher il ne comprenait pas. La Commission avait besoin de Largo pour leur céder le Groupe W, mais pourquoi Joy? La réponse lui apparut soudain comme une évidence. Pour faire plier Largo. Il ne souhaitait pas mourir, mais il préférait cela à ce que la Commission dirige sa multinationale. Mais est-ce qu'il serait prêt à sacrifier Joy pour la compagnie? Georgy en doutait.
Dans ce cas, ils devaient les retrouver vite avant que Largo ne cède.
Ils se mirent à chercher des indices autant qu'ils le pouvaient dans la chambre ainsi qu'en interrogeant le personnel hospitalier. Evidemment, personne n'avait rien remarqué et il n'y avait aucune empreinte qui les aurait satisfaits.
Ils repartirent au Groupe W les mains vides et la tête pleine d'idées moroses.
Bunker, 22h30 :
Diana rejoignit Georgy et Simon dès qu'elle apprit qu'ils étaient revenus. Elle ne cessait de tourner en rond et de se ronger les ongles. Simon n'en pouvant plus lui dit :
"Je sais bien que c'est stressant de savoir qu'on est le dernier espoir dans une situation de crise, mais je t'en supplie, arrête de courir comme ça partout!
-Excuse-moi Simon, j'arrête pas de penser à ce que j'ai fait. Je veux dire... qu'est-ce qui se serait passé si je n'avais pas séduit Largo?
-Ils auraient tué Jake, voilà ce qui se serait passé, dit Georgy.
-Ne t'en fait pas Diana, déclara Simon, on en a vu d'autres. Bon, ça a peut-être jamais été aussi compliqué, mais on n'a jamais été aussi près de démanteler tout le réseau "commissionnaire" non plus. L'un dans l'autre... De toute fàçon, dès qu'on aura le manuscrit, tout ira mieux.
-Le manuscrit? répéta Diana.
-Ben oui, le manuscrit. Tu sais, celui où tu as inscrit ton nom avec ton propre sang? Le manuscrit, quoi! Tu nous as bien dit que tu pourrais nous le procurer, n'est-ce pas?
-Oui, mais à ce propos, je voulais vous préciser que ce ne serait qu'une copie, ce serait vraiment trop dangereux de le voler.
-Va pour la copie! fit Simon.
-Non, c'est impossible, dit Kerensky.
-Comment ça, impossible?! répondit Simon.
-Rappelle-toi ce qu'avait dit le Père Maurice, la texture même du papier est un code. Nous en avons besoin pour décoder l'ensemble.
-Oh c'est pas vrai! J'avais complètement oublié ça!
-Où est le problème les gars? Je veux dire, les noms sont écrits normalement, je suis bien placée pour le savoir. Il suffira que je vous scanne tous les noms et que je vous envoie tout ça de leur château.
Georgy et Simon s'écrièrent d'une même voix :
-De leur château?!
-Tu sais où ils se regroupent et tu nous l'as pas dit?! Tu te rends compte que Largo et Joy peuvent y être?
-Non! C'est juste l'endroit où se trouve le manuscrit. Remarquez, il se peut qu'ils les aient emmenés là-bas. Mais sinon, j'ai généralement rendez-vous avec la Commission dans une vieille bâtisse dans la banlieue éloignée de Londres.
-D'accord, alors tu vas me donner les adresses exactes, qu'on fasse des petites recherches avant d'aller n'importe où, ordonna Kerensky.
-Très bien, fit-elle.
Diana était à présent visiblement mal à l'aise en plus d'être nerveuse.
-Euh... Je devrais peut-être vous prévenir...
Devant les regards inquisiteurs des deux compères, elle prit son souffle et continua :
-C'est sans doute pas grand chose mais pourtant... j'ai peur... pour moi... et aussi pour Jake... J'ai eu l'impression d'être suivie toute la journée. Dans les couloirs, en venant ici, dans la rue, partout, j'ai l'impression qu'on m'épie mais dès que je me retourne, il n'y a plus personne. Je me trompe peut-être mais c'est ce que je ressent. J'ai peur qu'on s'en prenne à Jake.
-Tu crois que ça peut être Cardignac?
-Non, Michel ne m'aime pas mais il a confiance en moi, il ne tenterait rien contre moi à présent, je l'ai convaincu de ma sincérité.
-Michel? Oh, tu as fait ami-ami alors ?...
-Simon, je t'en prie, tu crois vraiment que c'est le moment de blaguer?
Georgy stoppa la dispute avant même qu'elle ne commence.
-Diana, donne-moi les adresses tout de suite, et Simon, regarde les enregistrements des caméras de sécurité. (Se tournant vers Diana) Il se peut que la Commission se méfie en core de toi et te fasse suivre. Dans ce cas, cela peut vouloir dire qu'il y a une troisième taupe. Simon, si tu trouves quoique ce soit de louche tu me préviens tout de suite... Au fait Diana, va chercher Jake et reste avec lui, lorsque tu t'éloignes, sois certaine que Simon ou moi sommes là pour le surveiller. C'est juste par précaution mais on ne peut faire confiance à personne d'autre.
-Oui, je vais voir Jake tout de suite.
Et elle s'élança vers la porte.
-Diana? l'appela Kerensky.
-Oui?
-Les adresses?
-Ah oui! Que je me souvienne... Le manuscrit se trouve dans un château en France, c'est le Château de Hac dans un bourg des Côtes d'Armor qui s'appelle Le Quiou. Et les rendez-vous ont habituellement lieu en Angleterre, à Tilford; c'est dans le Sud-Ouest de Londres. C'est un petit village, le point de rendez-vous est un bâtiment abandonné juste en face du terrain de cricket.
-Merci Diana, lui dit Georgy. Tu ferais mieux d'y aller maintenant, ajouta-t'il gentiment.
-Eh ben dis donc! Tu deviendrais presque poli? rigola Simon.
-Je peux être très poli quand il le faut. Certaines personnes ne méritent simplement pas ma politesse.
-Et ta sympathie non plus, on dirait, répondit Simon tout bas.
-J'ai entendu. Tu ferais mieux de bosser Simon.
-Hey! Et puis d'abord, depuis quand t'es le patron?
-Depuis que je suis celui de nous deux qui trouve des solutions à nos problèmes."
Simon ne broncha pas et repartit à son visionnage.
Largo reprit douloureusement connaissance. Il se trouvait dans un lieu sombre, uniquement éclairé par une grande fenêtre faite principalement de petits vitraux. Etait-il dans une église? Non, ça devait plutôt être une espèce de manoir. Dans tous les cas, il ne savait pas où il était.
Il balaya la salle du regard; ses yeux s'habituaient peu à peu à l'obscurité. La pièce abritait une grande table en chêne massif accompagnée d'une douzaine de chaises. Il y avait aussi deux fauteuils style Louis XV et le canapé assorti. La pièce était spacieuse et donnait sur une petite salle légèrement en contre-bas. Une porte se trouvait juste à la droite de l'escalier menant à la petite pièce. Une autre porte, double celle-ci, était sur la gauche de Largo, près de la fenêtre. Il tenta d'ouvrir ses portes sans succès puis descendit l'escalier vers la pièce adjacente.
A nouveau se trouvaient deux fauteuols ainsi qu'une large banquette. Au fond de la salle, Largo vit un grand lit à baldaquin. Les rideaux étaient mis. Il s'approcha du lit et tira un rideau. Un corps était étendu là, face à lui! Il ne pouvait discerner correctement les traits du visage faute de clareté, il reconnut cependant la personne. Joy! Ils l'avaient aussi kidnappée.
Il s'assit sur le lit et vérifia le pouls de sa garde du corps. Il battait, et la respiration était régulière. Largo entreprit donc de la réveiller en douceur et l'appela tendrement en lui caressant les cheveux.
-"Joy? Joy! Reveille-toi.
-Mmmh? Largo, c'est toi?
-Oui, c'est moi, je suis là. Tu as bien dormi?
Joy ouvrit les yeux et regarda autour d'elle.
-Qu'est-ce qui se passe? Où est-ce qu'on est? C'est toi qui m'a ammenée ici?
-Sssch. Calme-toi. Non ce n'est pas moi qui t'aie ammenée.
-Largo, où-sommes-nous? dit-elle, appuyant sur chaque mot.
-Je ne sais pas, mais apparemment pas chez des gens qui nous veulent du mal, tu as vu un peu la chambre.
-Pas vraiment, je dois avouer que les rideaux bouchent un peu la vue.
-C'est vrai, rigola-t'il.
-Sérieusement Largo, qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce qu'on fait là?
-Tu ne te souviens de rien de ce qui t'es arrivé à l'hôpital?
-La dernière chose dont je me souvienne c'est m'être sentie très fatiguée après la piqûre de l'infirmière.
-Alors ils t'ont drogué?
-Non, ils m'ont fait ma piqûre, comme chaque soir, enfin d'habitude c'est un tout petit peu plus tard mais...
-Nonnon! Je veux dire que ça doit être la Commission Adriatique.
-Quoi?! Mais... On est prisonniers?
-Ben, j'ai essayé d'ouvrir les portes et j'y arrivais pas donc je suppose que oui, on est prisonniers.
-Comment tu peux faire de l'humour dans une situation pareille?!
-Vaut mieux ça que de pleurer.
-Ouais, t'as peut-être raison. Mais comment t'es arrivé là?
-J'ai reçu un coup de téléphone de l'hôpital comme quoi tu rendais les infirmières folles et que tu étais prête à sortir, alors je suis venu te chercher, mais le comité d'acceuil était là. Je me suis fait assomer et je me suis réveillé il y a 5 minutes.
-Attends, tu es parti à l'hôpital tout seul?! Pas de garde du corps?! Mais pourquoi je me prends une balle pour toi? Pour que tu te prennes la suivante?
-Si tu veux, dans l'urgence on n'y a pas pensé, on est tellement habitués à ce que ce soit toi qui vienne avec moi...
-Mouais...
Joy savait que de toute façon, elle ne pouvait pas changer ce qui avait déjà été fait et préféra changer de sujet.
-Bon qu'est-ce qu'on fait?
-Pour l'instant on n'a pas trop le choix. Il faut attendre que l'on sache qui nous retient et dans quel but, même si j'ai une vague idée sur la question.
-Je croyais que tu étais certain que c'était la Commission?
-Je ne vois qu'eux. Mais on va vite le savoir de toute façon. Maintenant lève-toi."
Joy se leva et à son tour examina la pièce. Elle ne trouva aucune autre issue que les deux portes et la fenêtre, qui ne s'ouvrait pas mais que l'on pouvait toujours briser en tant voulu.
Elle retourna finalement dans la petite pièce et s'assit dans un des fauteuils, balança la tête en arrière et essaya de comprendre ce qui leur arrivait. Bien entendu, elle n'arriva à aucune conclusion vu le peu d'éléments qu'elle avait. Comme l'avait dit Largo, il ne restait plus qu'à attendre que l'on vienne les voir.
Largo n'avait plus rien dit. Il se contentait d'observer Joy tentant de se relaxer. Joy. A présent qu'ils étaient seuls, ce serait peut-être le moment pour aborder le sujet qui le perturbait depuis deux jours. Ce fameux baiser. Tu as d'autres choses à penser, se réprimanda-t'il. Cependant, son esprit vagabondait et en revenait toujours à ce baiser. Pourquoi l'avoir embrassé lui puis deux jours plus tard Georgy? Il n'y comprenait rien et ne trouvait aucune explication rationnelle. Il se décida à poser la question.
"Joy?
-Oui? répondit-elle en baissant la tête.
-Je me demandais...
Il hésitait encore, ce n'était pas le genre de sujet facile à aborder. Il tenta de détourner pour mieux y revenir.
-... si mis à part Donovan, tu avais eu d'autres relations plus... personnelles avec des collègues.
-Tu te demandais ça? demanda Joy étonnée.
-Ben oui.
-C'est ce à quoi tu étais en train de penser alors que je cherchais une solution pour nous sortir de là?
-Ben oui. Pourquoi? Tu as trouvé une solution?
-Non, mais tu pourrais chercher aussi plutôt que de te poser ce genre de questions.
-J'ai déjà cherché et j'ai rien trouvé, tout simplement parce qu'on est séquestrés et qu'il n'y a pour l'instant aucune échappatoire vu qu'on ne connait pas le reste du bâtiment.
-Eh bien moi je pense qu'il y a un moyen de sortir.
-Et moi, je pense surtout que tu es en train de nous éloigner de la question.
-Largo, ce genre de discussions me gêne. Si tu voulais bien arrêter et penser à la situation présente, ça me ferait plaisir."
Joy n'était pas encore tout à fait prête pour lui avouer ses sentiments.
Largo voyant Joy nerveuse et fuyante pensa qu'elle lui cachait quelque chose, et ce quelque chose devait être Kerensky. Il fulminait, il ne pouvait pas s'en empêcher. Il la regarda une dernière fois avant de se lever et de faire les cents pas.
Ils n'attendirent encore pas plus de 10 minutes avant d'entendre une porte s'ouvrir. Ils se dirigèrent vers la pièce principale où un homme les attendait.
"Mlle Arden, Mr Winch, veuillez me suivre s'il vous plait, vous êtes demandés au grand salon."
Largo crût détecter une pointe d'accent français dans les paroles du majordome. Tous deux le suivirent à travers moult et moult couloirs, aboutissant finalement dans une vaste pièce où se trouvaient cinq personnes. Ils s'avancèrent quelque peu avant d'être apostrophés.
"Mr Winch, nous vous attendions. Si vous voulez bien nous excuser notre rudesse envers vous et votre charmante garde du corps. Mlle Arden, désolé de vous impliquer dans cette affaire mais vous nous êtes necessaire pour convaincre Mr Winch."
Ils avaient passé la nuit éveillés afin de trouver des indices d'une troisième taupe. Simon n'en pouvait plus, il n'avait pas l'habitude des écrans comme Kerensky, et ses yeux lui piquaient, il avait l'impression qu'on lui enfonçait des aiguilles dans les globes oculaires.
Il ne comprenait pas, il avait beau passer en boucle les cassettes de la sécurité de la veille, rien ne ressortait, pas de traîtres.
Il reprit la vidéo de la sortie de Diana de son appartement hier au soir, juste après qu'elle ait reçu le coup de téléphone de Cardignac. On y voyait Diana marchant calmement dans les couloirs jusqu'à l'ascenseur, puis un stagiaire nommé Dan, deux membres du conseil ainsi que Marissa et Stéphanie, une nouvelle secrétaire. Un instant, se dit Simon, Marissa! Il l'avait plusieurs fois sur ces bandes vidéos, et à y repenser, elle passait souvent après Diana. Il vérifia son idée sur d'autres bandes. Le résultat était celui escompté.
"Kerensky, viens voir ça!
Le russe abandonna ses propres recherches sur les adresses données par Diana et s'avança vers Simon.
-Tu as trouvé quelque chose?
-Je crois. Regarde-ça.
Simon lança une bande où Marissa apparaissait.
-Et alors? je ne remarque rien de suspect...
-Attends, regarde le reste.
Et Simon mis d'autres extraits.
-Et là? Tu remarques toujours rien?
-Je... Ma-... Marissa. Elle est toujours là.
-Je crois que tu la connais bien.
-Pas vraiment mais je l'avais défendu contre Cardignac et elle semblait gentille et digne de confiance.
-Apparemment pas autant que ça.
Georgy se tut un instant avant de rajouter.
-Il faut prévenir Diana, Marissa pourrait s'attaquer à Jake.
-T'as raison, je vais lui dire tout de suite. Euh... Georgy? Tu crois qu'elle est au courant que Diana nous aide?
-C'est une possibilité, mais j'en doute, elle aurait certainement déjà tenté quelque chose.
-D'accord. Bon j'y vais.
Et Simon sortit, laissant derrière lui un Kerensky plongé dans ses pensées.
Joy se réveilla au son de la porte qui s'ouvrait. Elle se leva rapidement, observa que Largo s'était endormi dans le fauteuil puis se dépêcha d'aller dans la grande pièce. Il n'y avait personne mais deux plateaux repas reposaient sur la table. Elle s'avança un peu plus pour voir ce qu'il y avait : une salade grecque, des lasagnes, et une pomme. Ils avaient décidé de bien les traiter pour les premiers jours, la chute n'en serait que plus dure.
Elle retourna dans la chambre, et trouva Largo plus ou moins éveillé qui cherchait apparemment où il était. Il posa ses yeux sur elle et tout lui sembla plus clair.
Il se leva à son tour et lui demanda :
"Ca fait longtemps que tu es debout?
-Non, juste deux minutes. Ils ont ammené à manger, si toutefois tu avais faim.
-Je dois avouer que les émotions, ça creuse.
Il monta les escaliers et, se rendant compte que Joy ne le suivait pas, lui dit :
-Joy? Tu ne viens pas manger?
-J'ai pas très faim.
-Allez viens, il faut que tu prennes des forces. Il est... (il regarda sa montre) près de midi et tu n'as pas dû manger depuis tôt hier soir. Alors tu vas me faire le plaisir de te restaurer correctement, il ne sera pas dit que je laisserai ma garde du corps mourir de faim."
Cette remarque arracha un sourire à Joy et la persuada de venir manger.
Ils s'attablèrent et discutèrent de choses et d'autres, en évitant soigneusement d'aborder le sujet de la Commission.
"Au fait Joy, j'ai oublié de vous féliciter toi et les autres pour le nouveau système de sécurité. Il est très performant.
-C'est vrai, il est tellement performant que le Groupe a été infiltré, répondit-elle avec sarcasme.
-Aucun système n'est infaillible, et celui qui vous avez mis sur pied ne fait pas exception.
-Il y a quand même une taupe.
-A ce propos...
Largo se souvint qu'il n'avait pas dit à Joy où en était l'affaire avec Diana. Elle serait certainement méfiante au début mais elle s'y ferait. Après tout, Diana les avait déjà beaucoup aidés ne serait-ce qu'en leur avouant qu'elle et Cardignac faisaient partie de la Commission.
-Largo? Qu'est-ce qu'il y a?
-Hein?! Oh! Excuse-moi, j'étais perdu dans mes pensées.
-Qu'est-ce que tu voulais me dire?
-C'est au sujet de Diana...
Joy eut un mouvement de recul. Elle n'avait pas encore digérer totalement l'abandon de Largo une semaine plus tôt et elle aimait encore moins cette femme maintenant qu'elle la savait une traîtresse.
-Elle nous a tout avouer.
-Comment ça avouer?!
-Ben, elle nous a dit que la Commission l'avait forcée à me séduire en échange de quoi Jake serait sauf.
-Jake?
-Oui. Cardignac fait lui aussi partie de la secte et il surveillait Jake à distance. Il l'a menacé, Diana n'avait pas d'autre alternative que de lui obéir.
-Alors, elle ne fait pas vraiment partie de la Commission Adriatique, je veux dire, c'est pas vraiment une traîtresse? Une taupe oui, mais pas une traîtresse?
-C'est là que ça se corse. Elle a voulu m'aider, entre autre pour se racheter, et sous prétexte que je la délaissait et qu'elle m'en voulait de ne pas l'aimer, elle s'est faite embaucher à la Commission.
-Elle a fait ça?!
-Oui. Et à présent, elle fait réellement partie des leurs, elle a signé de son sang le manuscrit, tu sais, celui qu'on cherchait la première fois qu'on s'est rencontré. Mais elle nous renseigne de leurs agissements et elle a accès au manuscrit, ce qui veut dire qu'on va bientôt avoir le nom de tous les membres de la Commission.
-Je suis désolée, c'est beaucoup de choses d'un seul coup, et j'ai beaucoup de mal à y croire.
-C'est pourtant la vérité. Et j'ai confiance en elle.
-Ouais, j'ai vu où ta confiance nous a mené.
-Je sais, j'aurais dû t'écouter dès le début. Mais maintenant on a vraiment une piste fiable.
-Fiable?! Comment peux-tu en être aussi certain? Elle peut très bien vous avouer qu'elle vous a trahis, tout ça juste pour gagner votre confiance. Et là elle vous tombe dessus et c'est la fin, parce que vous lui avez donné libre-accès au bunker et à toutes les infos!
-Arrête, tu veux bien?! Diana est digne de confiance, Jake était menacé, elle n'a fait que protéger son fils. Si tu réfléchissais deux minutes tu comprendrais sa réaction. Mais de toute façon, depuis qu'elle est arrivée tu ne t'es laissée conduire que par ta jalousie! Ca devient maladif!
-Quoi?! Mais de quoi tu parles?
-Je te parle du fait que toi tu as le droit de voir Kerensky dans mon dos mais que tu me reproches d'être avec Diana!
-Je comprends plus rien, c'est quoi cette histoire avec Kerensky? Et quel est le rapport avec Diana?
-Oh, ne fais pas l'innocente! J'ai tout vu, j'étais là, ne me dis pas qu'il ne s'est rien passé entre vous!
-Quoi?! Entre Kerensky et moi? Mais que veux-tu qu'il se passe entre lui et moi?
-Je te dis d'arrêter! Je vous ai vu vous embrasser l'autre jour à l'hôpital. J'avais oublié mes clés et je suis revenu dans ta chambre. Mais vous étiez tellement "occupés" que vous ne m'avez même pas entendu!
-Alors c'est toi qui est passé? fit-elle plus calmement, la surprise lui ayant fait perdre quelque peu sa voix, elle comprenait mieux la réaction de Largo à présent qu'elle se remémorait ce baiser et le claquement de la porte qu'ils ne relevèrent pas sur le coup.
-Oui c'était moi! Joy, je croyais que... (Il soupira longuement) Je t'aime Joy! J'ai réalisé ça quand je t'ai tenu à moitié morte dans mes bras, je me suis demandé ce que la vie serait sans toi, ce que ce serait de continuer d'exister jour après jour sans toi. Et puis j'ai eu une seconde chance, tu es revenue à la vie, et je me suis promis de te l'avouer. Je ne voulais te le dire qu'à ta sortie de l'hôpital. Et puis l'autre jour on s'est embrassé, c'était le paradis. Là, j'étais certain que dès que tu sortirais je te le dirais pour de bon. Je pensais qu'il y avait vraiment quelque chose entre nous, que l courant passait, et puis... et puis je t'ai vu embrasser Georgy et là tout a basculé. J'étais fou de rage, je vous ai même suspecté d'être les taupes. C'est vrai après tout, quel jeu tu joues? On avait quelque chose, tout au moins on était sur le point de l'avoir, et je te retrouve dans les bras d'un autre, et pas n'importe quel autre s'il vous plaît, non, un ami très proche. Qu'est-ce que je dois penser de tout ça Joy, hein, dis-moi?
-Ce que tu dois penser de ça? Eh bien, figure-toi qu'il n'y a rien à penser de ça. Ce n'était rien, ça ne signifiait rien sinon que je t'aime.
-Là c'est moi qui suis perdu. Tu veux me faire croire qu'il ne s'est en fait rien passé?
-Pas tout à fait. En fait Georgy voulait me faire prendre conscience que ce n'était pas seulement le fait que toi et moi travaillons ensemble qui m'attirait. Et il n'a pas trouvé meilleur moyen que de m'embrasser pour me le montrer. Et effectivement je n'ai rien ressenti pour lui.
Largo la regardait ébahi. Là, c'est lui qui avait du mal à croire à cette histoire, mais il avait une totale confiance en elle. Il lui sourit pour le lui faire comprendre.
-Ca va? Tu es rassuré?
-Oui. Mais j'avoue que ces derniers jours j'étais vraiment déboussolé.
-Je veux bien croire, t'imagines même pas ma surprise à moi quand ça s'est passé. Je pense que c'est quelque chose dont je me souviendrai.
-Et tu ne l'a même pas frappé?! Il n'avait aucun bleu, rien, quand je l'ai vu après.
-Non, j'étais bien trop surprise pour faire quoique ce soit. Je veux dire, de la part de Simon, ça aurait été moins surprenant, mais Kerensky, là ça me dépasse.
-Au moins le problème est réglé et je t'ai dit ce que j'avais sur le coeur.
-Oui, d'ailleurs à ce propos, j'ai quelques petites choses à te dire...
Elle se leva et fit le tour de la table.
-Ah oui? demanda-t'il alors qu'elle s'installait sur ses genoux.
-Oui, dit-elle en l'enlaçant. Je t'aime.
Enfin ils s'embrassèrent. Toutes les mauvaises tensions étaient retombées et ils tentaient maintenant d'en faire croître une nouvelle, plus positive celle-là.
Joy interrompit le baiser juste le temps de dire :
-Mais ça ne veut pas dire que je fait confiance à Diana.
-Plus tard, j'aurai tout le temps de t'en convaincre...
Et ils oublièrent Diana.
Part 4
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