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"R
ESURRECTION" suite (part 4) |
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Georgy restait pensif. Se pouvait-il réellement que Marissa l'ai berné à ce point? Et si elle faisait vraiment partie de la Commission, c'était bien pour récolter des informtions. Et dans ce cas, ce n'est pas lui qu'elle aurait dû essayer d'approcher. Après tout, il avait sa réputation au Groupe W, il n'était pas extrêmement connu mais ceux qui le rencontraient savaient qu'il ne parlait pas facilement. Il aurait été mille fois plus facile de faire parler Largo ou Simon. Mais dans ce cas aussi, cela aurait parut plus suspect. Tandis qu'une de ces connaissances à lui, le géant russe, celui qui reste de marbre, on se méfiait moins. Voilà comment elle avait agi, et Georgy dût s'avouer qu'elle était très rusée.
Il n'avait pas encore fait de recherches sur elle mais il était temps de s'y mettre à présent.
Il enregistra toutes les infos, les plans de la bâtisse anglaise et tout ce qu'il avait pu trouver sur le château de Hac, puis se mit à ses recherches.
Simon était devant l'appartement de Diana. Il vérifiait de temps à autre qu'on ne le suivait pas, mais il ne vit personne. Il frappa alors à la porte, l'air tendu. Après tout, il pouvait se permettre d'être dans tous ses états : son patron et meilleur ami venait de se faire enlever ainsi que sa partenaire.
La porte fut vite ouverte et une Diana parlant au téléphone lui fit signe de se taire. Elle mit le haut-parleur et Simon put entendre la voix d'un homme.
"Diana, nous avons besoin de vous ici. Je pense que Mr Winch n'est pas encore prêt à céder, nous aurions réellement besoin de votre présence.
-En êtes-vous absolument certain?
-Mlle Arden peut résister à la torture physique un certain temps, ce qu'il nous faut c'est qu'elle ne résiste pas plus de quelques jours, quelle soit de moins en moins sûre d'elle et de la confiance que lui porte Mr Winch. Ainsi, il acceptera plus vite de nous léguer le Groupe W.
-Ca me semble un bon plan. Où les gardez-vous?
-A Hac.
-Très bien. Je peux être là demain soir.
-Cela nous convient parfaitement. Le plus tôt serait le mieux, mais vous avez d'autres obligations à New-York que nous vous avons nous-même assignées. Venez donc demain soir au château, nous vous y attendrons.
Et il raccrocha.
-Qu'est-ce qui se passe? s'enquit Simon.
-Tu viens de l'entendre. Ils ont Largo et Joy, ils veulent récupérer le Groupe et ils feront tout pour cela. A priori, pour l'instant, ils vont torturer Joy pour que Largo leur laisse tout le contrôle de son empire.
-Et toi? Pourquoi pensent-ils que tu sauras t'y prendre mieux qu'eux?
-Parce que je la connais et je sais très bien quel est son point faible. Je vais devoir partir demain matin. J'espère seulement que Largo lui aura expliqué la situation réelle avant que je la voie.
-Ca vaudrait mieux.
-Mais qu'est-ce que tu fais là au fait?
-On a trouvé une troisième taupe. Est-ce que tu connais Marissa?
-Oui, c'est une des secrétaires. Michel n'arrête pas de lui en faire baver toute la journée. Pourquoi?... Non... Tu ne vas pas me dire que...
-Ben si je vais te le dire, c'est elle la taupe qui te suit. Apparemment tes boss n'ont pas une confiance absolue en toi.
-Et tu crois que Michel est au courant?
-On ne s'est pas posé la question, je sais pas du tout.
-Bon dans tout les cas, il faut que je prépare mes valises.
-Je devrais t'accompagner là-bas, c'est pas prudent de te laisser y aller toute seule comme ça.
-Tu crois vraiment que c'est plus prudent que tu viennes? Je crois plutôt que c'est signer notre arrêt de mort à tous les deux.
-Tu es certaine de vouloir y aller?
-C'est la seule solution pour délivrer Largo et Joy, à moins bien sûr que vous ayez trouvé un super plan inffaillible, ce dont je doute fortement.
-Bon, et bien si tu es sûre...
-Je suis sûre. En plus je pourrais faire d'une pierre deux coups : ils sont retenus au château de Hac, vous aviez raison.
-C'est vrai? Mais c'est fabuleux! Mais alors faut que tu sois deux fois plus prudente alors!!!
-Ne t'inquiète pas pour moi, je sais me débrouiller. Tout ce que je te demande, c'est de prendre soin de Jake jusqu'à mon retour.
-Y'a pas de problème. Par contre, si on venait à devoir bouger, je le confierais à ma soeur Vanessa, elle est à New-York en ce moment. Et je peux te garantir que personne ne s'approchera de lui tant que Vanessa en aura la garde.
-Merci Simon, t'es un amour, dit-elle en lui déposant un baiser amical sur la joue.
-Mais c'est tout naturel. Allez, il faut aller voir Kerensky.
-J'arrive."
Ils descendirent au bunker pour trouver Georgy noyé dans un flot de données informatiques.
"Qu'est-ce que c'est que tout ça? lui demanda Simon.
-Je viens de trouver plusieurs comptes en banque placés dans différents pays.
-Des comptes en banques?
-Ceux de Marissa.
-Eh bah! Pour une simple secrétaire, elle a de la ressource.
-Je trouve aussi. Tu as prévenu Diana?
-C'est fait, et on a du nouveau. On sait où sont Joy et Largo?
Kerensky leva les yeux de son ordinateur et prit un air intrigué.
Diana lui expliqua sa conversation téléphonique avec les hommes de la Commission.
-Tu es certaine de vouloir le faire? Parce que ça pourrait être un piège. Vu nos récentes découvertes sur Marissa, il se peut qu'elle se soit rendu compte de quelque chose. Et dans ce cas, ils t'envoient là-bas pour te tester.
-Je sais tout ça mais je ne pense pas que ce soit un piège. Je veux tenter le coup.
-Bon, très bien. Dans ce cas, on va te fournir des petits gadgets qui peuvent être très utiles. Et surtout on gardera tout le temps le contact. Je vais te donner une puce que tu cacheras n'importe où mais que tu devras garder sur toi. Ca me permettra de te repérer dans le château.
-Comment feras-tu à une telle distance?
-Ne t'inquiète pas, j'ai trouvé les plans du château et je me débrouillerai parfaitement du moment que tu gardes cette puce.
-Très bien. J'essayerai de trouver le manuscrit, de le scanner et de te le transférer dès que j'arriverai. Après ça, j'essayerai de les sortir de là. Je connais l'endroit et il y a beaucoup d'issues, ça ne devrait pas être un problème.
Elle les regarda un instant.
-Et arrêtez de faire cette tête! Je vous ai dit que je m'en sortirais.
-On te fais confiance.
Simon l'enlaça.
-Allez, maintenant vas faire tes valises.
-J'y vais."
Elle laissa les deux hommes soucieux dans le bunker.
Le lendemain vers 15h00 au château de Hac :
Largo et Joy avaient à nouveau été appelés dans le grand salon mais cette fois personne n'était là pour les recevoir. Ils en profitèrent pour faire le tour rapide de la pièce, vérifier que les fenêtres et portes n'étaient pas par inadvertance restées ouvertes, et qu'il n'y avait pas de caméra de sécurité.
Ils ne trouvèrent rien de tout cela et finirent par s'asseoir sur le grand canapé.
Largo se doutait bien de ce qui allait se passer, ils allaient raccourcir leur temps de réflexion, c'était couru d'avance. Quatre jours, c'était beaucoup trop. Mais en leur anonçant une durée aussi longue, cela les destabilisait.
Cependant, il n'était pas destabilisé, au contraire il était bien plus fort. Les révélations de la veille et la nuit passée l'avaient rendu plus résistants aux menaces de la Commission. On aurait pu penser le contraire, cela aurait été plus logique, mais non, à présent Largo avait une confiance absolue en Joy et elle se sentait prête à endurer la torture. Bien sûr qu'il n'aimait pas ça, mais Joy avait raison : il n'avait pas le droit de céder au chantage, pas quand tant de personnes en souffrirait.
Un vieil homme entra dans la pièce suivi d'un homme, plus jeune et plus vigoureux.
-Mr Winch, Mlle Arden, vous êtes déjà là, c'est parfait. Je suis au regret de vous annoncer que votre réponse est attendue pour ce soir.
Joy et Largo prirent un air surpris et énervé.
-C'est totalement déloyal! Vous nous aviez dit quatre jours!
-Je sais mais je vous rappelle que vous êtes nos prisonniers et nous prenons les décisions. Tout ce que nous attendons de vous, c'est un papier signé de votre main nous assurant le contrôle total du Groupe W.
Largo regarda brièvement Joy et répondit :
-Si c'est tout ce que vous attendez de moi, alors ma réponse n'attendra pas ce soir. C'est un non clair et définitif.
-Vous savez à quoi vous exposez Mlle Arden?
-Je suis très conscient de ce que je fais.
-Très bien. Dans ce cas, je vous laisse ici quelques heures. Quelqu'un viendra ce soir pour vous Mlle Arden. Mr Winch, vous serez présent à chaque séance de "persuasion". Nous verrons bien si vous ne changez pas d'avis.
-Vous êtes ignoble.
-Ca n'a rien a voir avec le fait d'être ignoble Largo, non, c'est plus une question de pouvoir.
-Vous n'êtes pas assez puissant comme ça?
-Ah, jamais assez, mon cher, jamais assez! Sur ce, je vous laisse. Passez une bonne soirée.
Le vieil homme sortit avec son garde du corps.
-Largo, tu as remarqué l'accent?
-Cet homme est italien. Mais le majordome doit être français. Et lui doit rester ici toute l'année donc on doit être en France.
-Très certainement, approuva Joy en baissant la tête.
Largo comprit rapidement que sa façon d'éviter son regard n'était que l'expression de sa peur.
-Joy, si tu n'es pas prête à faire ça, je peux leur signer le foutu papier.
-Non surtout pas!!! Ne cède pas! Je te l'ai dit et te le répète, je suis prête mais c'est vrai que j'appréhende beaucoup. Mais surtout, quoiqu'ils me fassent et peu importe ma douleur, tu ne te laisses pas aller, tu ne signes rien. C'est bien compris?
-Compris chef.
Il l'embrassa pour celler le marché, puis ils attendirent plus ou moins tranquillement que l'on vienne les voir.
Trois heures plus tard, à l'extérieur du Château de Hac :
Diana revoyait une nouvelle fois ce château qui la faisait tant frêmir. Elle l'avait en horreur, ce château. Et pour cause, c'est là qu'elle avait juré fidélité à la Commission, c'est là qu'elle risquait tout, sa vie, celle de son fils, celle aussi de l'homme qu'elle aimait. Mais rien ne l'aurait dissuadé de revenir ici pour terminer cette histoire. C'était sa chance d'aider Largo et d'effacer ce chapitre de sa mémoire, d'oublier ces quelques jours où elle craignait toujours qu'on vienne la tuer en pleine nuit, en plein jour, par quelqu'un dissimulé dans la foule ou dans l'ombre. En fait, depuis une semaine elle ne vivait plus, elle survivait tout au plus, la peur la rongeait, la culpabilité aussi envers Largo et Simon.
Elle s'apprêtait à toquer à la porte quand celle-ci s'ouvrit. Le majordome lui sourit et la fit entrer.
"Bonjours Franck, vous allez bien?
-Très bien merci, Mlle Duprey. Avez-vous fait un bon voyage?
-Exténuant, à dire vrai.
-J'en suis désolé. Cependant votre chambre est prête si vous désirez vous reposer. Ces Messieurs vous attendent dans la salle de bal à 20h00.
-Très bien merci."
Franck prit en main la valise de Diana et conduisit celle-ci jusqu'à sa chambre. Une fois arrivés à la porte de la chambre, qui se trouvait au premier étage, ils se séparèrent, le majordome rappelant à Diana que le rendez-vous était dans une heure. Diana le remercia et le congédia.
A présent seule dans sa chambre, elle se dépêcha d'ouvrir ses valises et de vérifier que la puce de Kerensky était bien en place sur sa barette à cheveux. Ce n'était pas une place très originale mais cela restait le plus pratique. Enfin elle prit son sac à main, dont elle ne se séparait que très rarement. Puis elle sortit en silence, descendit les escaliers et alla prendre l'air dans le jardin. Toutefois c'est ce que n'importe qui aurait pensé. Elle se dirigea à pas tranquille vers les jardins, puis s'enfonça quelque peu dans le bois. Elle trouva plus loin, cachée derrière un buisson, une trappe qui donnait sur un escalier. Elle sortit de son sac un stylo-lampe-torche qui lui avait servi plus d'une fois dans ses investigations journalistiques et prit les escaliers.
Une fois au fond, Diana emprunta les couloirs qui la menèrent jusqu'à une petite grotte réaménagée en salle informatique. Selon ses calculs, elle devait se trouvait sous l'aile ouest du château, sous les cuisines. Elle regarda la salle et chercha une autre entrée que celle qu'elle avait utilisée, mais il ne semblait pas y en avoir. Pourtant elle savait que cette salle menait à la pièce du manuscrit. La dernière fois qu'elle avait vu le manuscrit, c'était dans ces sous-sols, et la pièce avait deux issues, l'une par laquelle elle était passée et qui donnait sur le couloir menant aux cuisines, l'autre qui se trouvait sur le même niveau, il y avait donc une deuxième entrée pour ce sous-sol. C'est lors de son dernier séjour dans ce château qu'elle avait trouvé la trappe qlors qu'elle se promenait. Elle préférait ne rien risquer alors, et n'était pas descendue. Mais elle avait eu raison, et cela signifiait qu'il y avait de cette grotte une entrée au manuscrit.
Elle commença donc à tater les murs, mais ne trouva là aucune porte. Elle ne perdit pas espoir et refit un tour de la salle. C'est en repassant dans un coin sombre que sa main butta contre un objet carré. Un interrupteur! Elle appuya dessus et soudain les lumières s'éteignirent. Diana commençait à paniquer. Que se passait-il? Qu'avait-elle fait? Elle n'aurait jamais dû se précipiter ainsi, c'était bien trop dangereux. Mais son envie d'en finir avec tout ça lui avait fait oublier d'être plus prudente. Elle chercha à sortir mais fut interrompue par le retour soudain de la lumière.
Grotte, 19h10 :
Diana était désorientée, la lumière était revenue mais plus intense qu'auparavant. Elle se rendit compte qu'un pan de mur qui deux minutes n'était pas éclairé l'était maintenant. Elle s'en approcha avec précaution. Rien en ce mur ne semblait différent des autres. Elle refit un rapide examen mais ne trouva rien. Elle cherchait mais commençait à perdre espoir. Elle devait absolument avoir le temps de scanner le livre avant de retrouver ses patrons.
Elle ne comprenait pas, le mur était rugueux, comme les autres, comportait des trous, comme les autres, mais il devait bien y avoir quelque chose. Elle avait déjà perdu cinq minutes sur ce mur, elle devait trouver, tout de suite! Il fallait qu'elle essaye quelque chose.
Soudain, elle eut l'idée de prendre un stylo. Ces trous l'intriguaient. Elle avait essayé d'y introduire ses doigts mais les trous étaient trop étroits. Elle réitéra l'expérience avec le stylo. Elle commença à chercher un bouton avec le stylo, en l'enfonçant dans chaque trou. Elle n'eut pas à aller plus loin que la sixième cavité pour entendre un "clic". Elle se recula et le mur s'entrouvrit sur une nouvelle salle. Cette salle, elle la connaissait, c'était bien celle où était le manuscrit.
Diana jubilait, elle avait réussi à retrouver le fameux livre. Elle s'en empara et retourna dans la grotte afin de scanner les pages de noms. Elle ne savait pas lesquels dataient de quatre siècles et lesquels étaient contemporains, et donc envoya tout à Georgy. Lorsqu'une demi-heure plus tard elle eut fini, elle reposa le manuscrit à sa place et réenfonça le stylo dans le sixième trou, espérant que le mécanisme de fermeture ne requérait pas un autre bouton. Elle fut agréablement surprise d'observer que le mur se refermait.
Elle ressortit de la grotte et remonta. Elle devait se presser, elle avait rendez-vous dans moins d'un quart d'heure. Elle s'épousta et repartit en direction du château.
Lorsqu'elle fut revenue dans sa chambre, elle prit une douche rapide, s'habilla et se dirigea tout de suite vers la salle de bal. Lorsqu'elle entra, elle fut acceuillie par les mêmes cinq hommes qui avaient reçu Joy et Largo. Elle se rapprocha et les salua.
"Mlle Duprey, quelle joie de vous revoir. Etes-vous toujours prête à vous venger? l'interrogea le vieil homme qu'avaient vu Largo et Joy dans l'après-midi.
-Plus que jamais, dit-elle avec un sourire mauvais.
-Très bien, très bien. Eh bien, c'est votre chance. Vous commencez ce soir. Je veux que vous leur expliquiez ce que vous avez fait mais pas que nous avons appliqué certaines méthodes sur vous que nous regrettons à présent.
-En bref, vous voulez que je leur dise que je les ai trahis de ma propre volonté dès le début?
-C'est bien cela, répondit l'homme gêné. Mlle Duprey, nous sommes vraiment désolés d'avoir eu à employer de telles techniques. Mais regardez vous même les techniques que vous utilisez, sont-elles plus appréciables? Je ne le pense pas.
-Vous avez raison... ce qui ne m'empêche pas de vous en vouloir d'avoir ainsi traité mon fils.
-Cela ne se reproduira plus de toute façon.
L'homme regarda sa montre.
-Ah! Déjà 20h05. Je crois que nos invités vous attendent. Etes-vous prête?
-Je vous l'ai déjà dit, je ne peux pas être plus prête.
-Très bien, nous allons vous laisser avec eux, ils sont dans le grand salon. Ne vous inquiétez pas pour votre sécurité, nous suivrons votre conversation : plusieurs micros ont été posé dans cette salle.
-C'est entendu. J'y vais de suite."
Et elle sortit de la salle de bal pour aller trouver le grand salon.
Elle n'était absolument pas prête pour cet entretien mais elle n'avait plus le choix. Elle avait accepté la mission, tout était en place, il ne lui restait plus qu'à affronter Joy et Largo... enfin, surtout Joy. Elle espérait que Largo lui avait dit qu'elle n'était pas contre eux mais elle ne pouvait pas en être sûre.
Ce qui lui faisait aussi très peur, c'est qu'ils étaient écoutés, ils ne pourraient pas parler librement, seulement à demi-mots.
Elle prit sa respiration et ouvrit la porte.
Largo se demandait quoi faire. Depuis que l'italien était parti il tournait en rond. Il cherchait un moyen de crocheter la serrure de briser les barreaux aux fenêtres, n'importe quoi du moment qu'ils s'en allaient avant que Joy ne soit torturée. D'ailleurs, il ne comprenait pas sa réaction, elle semblait résignée, angoissée et pas spécialement heureuse, mais résignée. Il avait décidemment beaucoup de choses à apprendre d'elle.
Elle était recroquevillée sur elle-même dans le canapé depuis 2 heures et elle s'était endormie ainsi. Largo la rejoint et lui caressa tendrement la joue. Elle se blottit contre lui tout en dormant. Largo l'enlaça et posa sa tête contre la sienne.
Soudain la porte s'ouvrit. Le bruit de la poignée fit sursauter Largo, ce qui réveilla Joy.
"Largo? fit-elle doucement.
Largo avait les yeux rivés sur la personne qui fermait la porte. Joy voyant qu'il ne lui répondait pas regarda dans la même direction.
-Diana?! s'excama-t'elle.
-C'est bien moi, répondit Diana d'une voix posée, mais son regard disait autre chose. Elle semblait très agitée. Elle mis son doigt devant la bouche pour leur dire de faire silence, montra ses oreilles et s'approcha pour murmurer "micro".
Largo la regarda et compris de suite qu'il fallait absolument jouer le jeu. Il dit à l'oreille de Joy :
-Il faut lui faire confiance.
Elle le regarda avec un regard dur mais joua cependant le jeu. Elle se tourna vers Diana.
-Je savais que vous n'étiez pas claire, que vous nous cachiez quelque chose. Vous êtes des leurs. Vous n'êtes qu'une-
Largo rattrapa Joy qui venait de s'élancer vers Diana par le bras.
-Joy! Arrête! S'il te plait, arrête calme-toi. Elle n'en vaut pas la peine.
-Je n'en vaux pas la peine, dis-tu? Tu n'as pas toujours dis ça." Son ton était narquois mais elle affichait un air désolé et coupable.
La remarque eut l'effet escompté. Joy se jeta à nouveau sur elle mais cette fois, Largo ne put l'en empêcher. Elle se rua vers Diana mais ne chercha pas à la frapper, elle était réellement furieuse mais devait se contenir. Elle se contenta donc de donner de petits coups qui sembleraient violents pour n'importe qui mais qui étaient en réalité totalement indolore. Elle commençait à prendre confiance en Diana.
Diana simula une riposte aussi factice, en attendant que quelqu'un vienne les séparer. Largo avait bien compris la manoeuvre et tentait de s'interposer sans jamais les séparer. Finalement, deux personnes entrèrent et les séparèrent définitivement.
"C'est terminé maintenant, lança le vieil homme depuis le seuil de la porte. Mlle Arden je vous prierais de ne pas abimer un de nos meilleurs éléments. Je ne sais pas si je devrais vous laisser continuer ce soir Diana. J'ai peur que vous ne l'énerviez trop dès la première séance.
-Non, c'est bon. Je peux continuer. Si je suis là, c'est bien pour ça.
-Espèce de-, commença Joy.
-Joy, ça suffit! tenta de la raisonner Largo.
-Quoi? Tu vas prendre sa défense peut-être? Elle nous a trahis, elle nous a roulé dans la farine, et toi le premier. Elle t'a donné de faux espoir sur ton père, à cause d'elle je suis allée à l'hôpital. Elle nous a divisé pour mieux régner, tu vas quand même pas lui dire qu'elle a bien fait?!
Joy savait très bien que ce qu'elle faisait venait de sa jalousie, qu'elle était en train de se venger mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Elle savait que Diana était de leur côté, elle l'avait réalisé quelques minutes plus tôt, elle l'avait lu dans son regard. Mais cela n'empêchait pas toute la rancoeur de s'évacuer. Et elle n'aurait pas put trouver de meilleur moment pour son discours. Les hommes de la Commission qui les entouraient semblaient absolument ravis.
-Ecoute Joy, Largo lui sussura à l'oreille mais assez fort que les gardes près d'eux entendent, je comprends ta réaction mais tu dois rester forte, je t'aime tu le sais ça? Ils ne peuvent rien contre ça. Tu ne dois pas les laisser t'atteindre, tu ne dois surtout pas écouter Diana, elle nous a déjà divisé une fois, pas deux.
-Tu as raison, je ne me laisserai pas faire, Diana. Largo et vous, c'est du passé et on s'est expliqué. Rien de ce que vous direz ne pourra me toucher.
Joy employait volontairement un ton assez sûr mais qui laissait transparaître la rage, la colère, et malgré tout, la jalousie. Elle fit parfaitement illusion.
-Eh bien, Mlle Arden, je crois que ce sera tout pour ce soir. Vous me semblez bien énervez, essayez de garder votre calme voyons", fit le vieil homme d'un ton faussement paternel qui avait tendance à irriter Joy.
Celle-ci lui lança un regard sombre, qui le fit sourire. Tous sortirent et Largo et Joy furent reconduits à leur chambre, alors que Diana suivait les hommes de la Commission.
Une fois dans leur chambre, Largo s'assit à la table et réfléchit pendant que Joy faisait le tour de la chambre pour se calmer. La lutte avait beau être un simulacre, elle avait été réellement agacée par les propos tenus par Diana.
Largo se leva et la prit dans ses bras.
"Calme-toi, tu sais qu'elle a dit ça pour garder sa couverture. Elle devait le faire.
-Je sais mais ça n'empêche...
-Ssch. Pense plutôt à ce que signifie sa présence ici.
-Je sais, Georgy et Simon doivent savoir où nous sommes.
-Exact. Ca veut dire qu'on va bientôt sortir."
Joy ne répondit pas. Ils allèrent se coucher sans un mot de plus sur Diana ou sur la Commission.
Part 5
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