L E COMPLOT (part 1)
 




Disclaimer: Je n'ai fai que reprendre des personnages existants Largo Winch, Joy Arden, Simon Ovronnaz, John Sullivan et Michel Cardignac sont la propriété exclusive de Dupuis.

Note de l'auteur: Comme mon personnage préféré est Giorgi Kerensky il ne faudra pas s'étonner s'il a un peu plus d'importance dans mes fanfics que Largo ou Simon. Bonne lecture !


Salle de réunion du groupe W. New York.
Les discussions allaient bon train. Contre toute attente, la réunion s'était bien déroulée et même Cardignac avait voté la poursuite du projet. John, la mine réjouie, allait de l'un à l'autre et trinquait avec tout le monde. Il avait enfin réussi à faire accepter Largo au sein de la société, cela avait pris du temps mais il avait gagné son pari. L'alarme, stridente, retentit alors.
John sursauta. Ce n'était que le réveil. Ce n'était qu'un rêve. Dépité, il éteignit le réveil et se leva. Il arriva de mauvaise humeur à son bureau et fulmina encore plus en apprenant que " non monsieur Winch n'est pas encore arrivé. " Neuf heures du matin, tout le monde présent, sauf le patron. Il claqua violemment la porte de son bureau, jeta ses affaires sur une chaise, alluma un cigare et contempla New York à ses pieds de la grande baie vitrée. " Nerio, je suis trop vieux pour ça... " Simon s'étira longuement et lorgna sur le réveil. Huit heures. Juste le temps de mettre la pin up qui dormait à côté de lui dehors et de se préparer pour le boulot. En arrivant à 9h30 devant la porte de l'appartement de Largo, il fut surpris d'entendre le bruit d'une dispute entre Largo et... John? Inquiet, Simon n'osa pas frapper et descendit au bunker où il retrouva Joy et Giorgi. Le russe était, comme à son habitude, assis impassible devant l'écran de son ordinateur et Joy, assise en face de lui buvait machinalement un café. " Alors? Pas de dispute entre KGB et CIA aujourd'hui? " se força à plaisanter Simon.
Giorgi ne lui accorda même pas un regard: " Te fatigue pas, Simon, on est déjà au courant.
- Ah.
Simon s'affala sur un siège à côté de Joy et soupira: " L'un d'entre vous a une idée de ce qui se passe là-haut? "
Joy secoua la tête.
- Giorgi, tu aurais pu placer des micros dans le bureau au moins on serait fixés.
- Largo est mon patron Simon, je travaille pour lui, je lui fais confiance, je ne le met pas sur écoute.
- Ohla du calme, je plaisantais!
Un bip bip insistant retentit et Karensky resta silencieux quelques instants.
" Ecoutez ça. Je viens de recevoir une dépêche, une des usines du groupe a explosé. En Sicile, il y a quatre victimes et le directeur a disparu. C'est un attentat. Des suggestions? "
Simon se leva: " On prévient Larg' et on y va. "
Amusé, Giorgi le regarda par dessus ses lunettes: " Tu oublies un détail. Largo est occupé avec John, et si on ne fait rien de suite, c'est tout l'usine qui risque de sauter. " Joy se mordait les lèvres et son regard passait de Giorgi à Simon: " Je suis le garde du corps de Largo, je ne peux pas partir sans lui dire... " Simon l'interrompit: " Mais tant qu'il reste dans l'enceinte du groupe W, il ne risque rien, et puis, il est avec John... "
Goorgi se leva, prit son sac dans lequel il mit quelques gadgets et son arme et leur signala qu'il allait partir. Simon et Joy sourirent: " OK Giorgi envoie lui un mail, dis lui qu'on prend un jour de congé. "
Banlieue de Catane, Sicile.
" Pff, ce qu'il fait chaud ", soupira Simon en sortant de la voiture. Joy se moqua gentiment de lui alors que Kerensky leur faisait signe de le rejoindre. Il avait posé son portable sur le capot de la voiture et avait affiché le plan de l'usine.
" Ca, c'est le plan complet de l'usine. Ca, c'est ce qu'il en reste ", leur dit-il en se retournant.
Un grillage roullié entourait un site visiblement à l'abandon. La végétation jaunie avait tout envahi et au loin, on pouvait voir une bâtisse en tôle dont la moitié avait été soufflée par une explosion. Tranquillement, Kerensky remballa son portable et se dirigea vers le portail rouillé qui grinça en s'ouvrant. Il s'engagea sur le chemin défoncé suivi de Joy et Simon. Au bout du chemin, le bâtiment apparaissait. La moitié encore debout était tout ce qu'il y avait de plus abandonné tandis que de l'autre moitié ne subsistait que des morceaux épars.
" Impressionnant n'est ce pas? " dit une voix derrière eux.
Se retournant ils virent un homme, petit, d'une cinquantaine d'années, à l'air jovial vêtu d'un complet sombre. - Je suis Luigi Dal Ponte, je suis en charge de l'enquête. Vous devez être les gens del signor Winch. Ce n'est pas la peine de rester ici il ne reste rien à voir, rentrons à Catania, je vous expliquerai.
En ville, ils s'installèrent à la terrasse d'un café près de la gare, et tout en sirotant un latte di mandorle, ils écoutèrent le récit de l'inspecteur.
" Nerio Winch voulait donner sa chance à la Sicile. Comme vous le savez peut-être, l'Italie du nord considère qu'économiquement, nous sommes un poids. Ce n'était pas l'avis del signor Winch qui voyait en nous un potentiel d'avenir. Il a donc racheté une usine qu'il a rénové en partie. "
Simon l'interrompit: " Laissez moi deviner, c'est cette partie qui a sauté? "
L'enquêteur acquiesça: " Il signor Winch a reçu des menaces. Il a d'abord pensé que c'était la mafia, mais il n'a jamais eu d'ennuis avec eux. En fait de mafia c'était une autre organisation qui lui en voulait. Mais il n'y a pas prêté attention. Les choses se sont calmées jusqu'à il y a trois jours. Le directeur de l'usine a disparu puis l'usine a explosé. Les deux veilleurs de nuit et deux de mes hommes y ont laissé leur vie. "
- Comment vos hommes ont-ils trouvé la mort, demanda Joy.
- Tués par balle. Ils avaient surpris quelqu'un. C'est vraiment moche. Le plus dur c'est que nous n'avons aucune piste. J'espère que vous ne serez pas venus pour rien.
De retour à l'hôtel, Joy, Simon et Giorgi se réunirent dans la chambre des garçons. Simon, en nage, se laissa tomber sur le lit et s'endormit presque aussitôt. Kerensky s'était installé à la table et pianotait sur son clavier. Joy s'était assise en face de lui et attendait, perdue dans ses pensées. Tout à coup, la voix de Giorgi la ramena à la réalité.
" Joy, je viens de trouver ce qui cloche. Le directeur, Antonio Passos, un brésilien, n'a pas disparu. "
Attentive, Joy fit signe à Giorgi de poursuivre.
" Il a reçu quelques milliers de dollars et est rentré au Brésil avec toute sa famille. Belle mentalité. Mais il y a mieux. L'usine ne figure nulle part dans les dossiers du groupe W. Elle ne figure que sur un acte de vente daté d'il y a deux ans à une société dont Largo est presque sûr qu'il s'agit d'une façade à la Commission Adriatique. La seule possession de Nerio, donc de Largo en Sicile est un regroupement d'hôtels. Attends voir... "
Il fronça les sourcils.
" Tiens, tiens, notre fameuse usine, devine qui l'a rachetée pour une bouchée de pain il y a trois semaines pour le compte du groupe. "
- Au hasard, Michel Cardignac?
- Tout juste, il s'est fait avoir comme un bleu.
- J'ai du mal à comprendre.
- Je crois que la solution est dans l'usine même, et que nous allons au devant des ennuis...
Il faisait nuit lorsque les trois arrivèrent en vue de l'usine. Ils garèrent la voiture à l'abri des regards indiscrets et se faufilèrent jusqu'au site. Ils avaient décidé de fouiller la partie encore debout de l'usine et se séparèrent. Tout était rouillé et semblait sur le point de s'effondrer. Visiblement, la bâtisse avait été vidée récemment. Mais quelle ne fut pas la surprise de Simon lorsqu'il pénétra dans un bureau tout équipé, de l'ordinateur au fax en passant par l'imprimante et la télévision. Il siffla ses deux amis qui entamèrent une fouille en règle de la pièce. Kerensky donna plus tard le signal du départ. Il avait l'air satisfait. Ils avaient mis tous les documents qu'ils avaient jugé intéressants dans une mallette qu'il déballèrent à l'hôtel. Simon et Joy avaient découvert dans les documents qui traînaient que l'usine avait servi à Nerio de poste de contrôle européen. Il avait tellement confiance en la Sicile qu'il avait rassemblé toutes ses affaires un peu spéciales en divers endroits de la Sicile. Tous les employés de l'usine qui n'était qu'un gigantesque centre administratif au départ avaient des sympathies avec la mafia et étaient ouvertement opposés à la Commission. Dans les fichiers informatiques, Kerensky avait trouvé toute une liste de personnalités dont la tête était mise à prix ainsi que les détails de leur exécution planifiée. Chaque document révélait des informations d'un complot à l'échelle européenne. Horrifiée, Joy comprit qui était en réalité visé. Simon lui donna une petite tape sur l'épaule. " T'en fais pas, On en a vu d'autres. Il suffit de détruire les preuves et le tour est joué. "
- Ce n'est pas aussi simple Simon. Les preuves, on les a, mais le complot n'en est pas annulé pour autant. Et rien ne dit qu'ils ne replaceront pas ces preuves ailleurs.
Joy et Simon échangèrent un regard. Giorgi avait raison.
- Il faut prévenir Largo, les autorités et les médias, reprit Joy.
- Et trouver qui a mis tout ce bordel sur pied, continua Simon.
Leur décision prise, tous trois rangèrent leurs affaires et, après avoir prévenu le pilote, se rendirent à l'aéroport où le jet les attendait. Ils avaient décidé de rentrer sur le champ afin de prévenir Largo. Gorgi lui avait déjà envoyé un mail dans lequel il lui expliquait sommairement ce qu'ils avaient trouvé ainsi que l'heure de leur retour. Il faisait nuit lorsque le jet atterrit sur la piste privée de l'aéroport et Simon ne manqua pas de blaguer sur le décalage horaire. Giorgi regarda par le hublot et s'étonna de ne voir aucune lumière. L'avion s'immobilisa et tous trois descendirent. Ils étaient assez loin du batiment et ils attendirent le pilote, ravi de rentrer chez lui. Ils étaient au milieu de la piste lorsque les premiers coups de feu éclatèrent. Le pilote s'effondra alors que Joy, Simon et Gorgi se jetaient au sol. Ils se mirent à ramper en direction de l'avion, les silhouettes sombres de leurs ennemis arrivaient en nombre du bâtiment. Soudain, Simon se leva et se mit à tirer comme un fou en hurlant: " Barrez-vous! Allez prévenir Largo! " Joy et Giorgi se redressèrent et coururent vers l'avion. Cachés derrière les roues, ils ripostèrent au feu nourri attendant que Simon les rejoignent. Glacé, Joy se rendit compte qu'il était à terre et ne bougeait plus. Kerensky suivit son regard et lança un juron. " Il faut atteindre la forêt en vitesse ", dit-il en désignant les arbres qu'il distinguait derrière eux. " Largo doit être mis au courant. Je te couvre. " Joy secoua la tête: " Pas question, je ne peux pas laisser Simon. "
- Idiote, c'est Largo ton patron! C'est lui que tu dois protéger! Si personne ne le prévient, il va finir sur la chaise électrique!
Il se remit à tirer et entraîna Joy en arrière. Leurs agresseurs s'étaient rapprochés et Joy tomba soudain, touchée. Kerensky sentit une brûlure à l'épaule gauche et se laissa glisser à terre. Il avait cessé de tirer et espérait passer les derniers mètres qui le séparaient de la végétation en rampant. Tout à coup, il tomba dans le vide. La piste était bordée d'une pente qui donnait sur les arbres. Il dégringola jusqu'en bas et heurta un rocher qui le freina tout en lui arrachant un gémissement de douleur. Il sentait son esprit s'embrumer. Il lutta pour rester conscient et se força à atteindre le couvert des arbres. Il avait un goût de sang dans la bouche et ne sentait plus son bras gauche. Il tenait sa main crispée sur la poignée de la mallette et de sa main valide avait gardé son pistolet. Il maudit sa distraction en se souvenant que son portable et son gsm étaient restés dans le sac, au milieu de la piste. Il entendait des voix au loin et se doutait que le commando devait être à sa recherche. Il s'était appuyé contre un arbre et tentait de reprendre son souffle. Il savait qu'il devait bouger. Il se mit à courir mais l'effort était trop grand et il marcha en conservant son objectif en tête. Ses jambes se dérobèrent sous lui et il s'effondra. Epuisé. Il sentait ses forces le quitter. Il pensa à Joy et Simon, puis à Largo. Cette pensée lui donna la force de se relever. Il aperçut une lueur au lointain et comprit qu'il était proche du restoroute qui bordait la nationale. Maeve soupira et appuya les coudes sur le comptoir. Elle fit un tour d'horizon de la salle et bailla. Comme toujours, le restaurant était bondé et enfumé. Il était devenu avec les années le lieu de prédilection de tous les routiers. Un joyeux brouhaha y couvrait la musique country qui passait en fond. De son point d'observation, Maeve avait une vue d'ensemble sur la salle et pouvait surveiller " ses " filles mais pouvait voir qui entrait dans le restaurant. Son attention fut justement attirée par un homme qui poussa péniblement la porte vitrée. Intriguée, elle le regarda. Il avait des cheveux blonds longs jusqu'aux épaules qui cachaient son visage. Il était bien vêtu, mais ses habits étaient couverts de poussière et avaient souffert. Il portait une malette mais quelque chose retint l'attention de Maeve plus particulièrement. Le sang qu'il avait sur les mains. Elle quitta le comptoir et s'avança à sa rencontre. Il leva les yeux et elle fut saisie par l'intensité de son regard bleu. Il avait l'air traqué. Elle lisait la détermination, l'angoissse et la douleur. Son visage était ensanglanté et Maeve eut un mouvement de recul.
" Aidez-moi. " dit-il dans un souffle.
Elle se demanda quoi faire puis elle prit l'étranger par le bras et le guida vers la réserve. Au passage, elle saisit la bouteille de scotch. La réserve était une pièce remplie de caisses en bois sur lesquelles elle poussa Kerensky sans douceur. Il tomba assis sur l'une d'elle. Il respirait avec difficultés. Elle lui tendit la bouteille et il avala une gorgée.
" Bon, mon vieux, je sais pas d'où vous sortez, mais j'ai pas envie de vous voir traîner ici plus longtemps. "
Il leva la tête: " Je...dois...aller à New York. Groupe W. "
Sa tête retomba sur la poitrine et elle le força à boire.
-OK, mec, je vous y dépose mais pas d'entourloupes.
Elle le fit sortir par l'arrière, le fit monter dans sa camionnette et prit le volant. Elle démarra violemment et le vit grimacer. Il avait l'air de souffrir beaucoup. Elle s'en voulut un peu de sa brutalité mais elle ne voulait pas avoir de problèmes. Sur le chemin, il perdit plusieurs fois connaissance et elle espéra qu'il ne meure pas, en tout cas, pas dans sa camionnette. Elle remarqua qu'il n'avait pas lâché sa mallette et s'y accrochait avec l'énergie du désespoir. Au même instant, le groupe armé faisait irruption dans le restaurant qui fut le théâtre d'un carnage sans nom. Personne ne fut épargné et toutes les traces furent effacées par le feu qui ravagea toute la bâtisse. Devant le siège du groupe W, Maeve pila. Elle n'avait pas dit un mot de tout le trajet. Kerensky sortit de la camionnette, la remercia de sa main valide avant de s'avancer vers l'entrée principale alors que la camionnette démarrait en trombe. Giorgi essayait de marcher normalement pour attirer le moins possible l'attention et baissa la tête en passant devant la réception. Même à une heure aussi matinale, il y avait du mouvement. Il avait perdu la notion du temps. L'ascenseur le conduisit jusqu'au bunker. Taper le code lui demanda un effort terrible et pousser la porte lui parut surhumain. Il fit troi pas à l'intérieur et s'effondra dans les bras de Largo Winch qui s'était précipité à sa rencontre.
" Giorgi... " La voix de Largo se brisa. Le russe lui fit signe de se taire et sa voix était presque inaudible lorsqu'il parla: " Joy, Simon, on est tombés dans un piège... La Commission a préparé un complot. Contre toi. Les preuves sont dans la mallette. L'usine, Sicile, ne laisse pas Cardignac la mettre au nom du groupe... "Il se tut, ferma les yeux et chercha à reprendre son souffle.
" J'ai compris Giorgi. "
- Joy, Simon, l'aéroport... ils sont blessés...
Largo le sentit s'abandonner. Il respirait laborieusement et le regardait fixement. Il esquissa un sourire et s'évanouit. Bouleversé, Largo le serra contre lui: " Giorgi... reste avec moi mon ami... " Il appela des secours, et en moins de temps qu'il n'en fallu pour le dire, l'équipe médicale fut présente et prit Kerensky en charge. Une autre équipe accompagnée d'agents de sécurité était en route vers l'aéroport. Une heure plus tard, Largo était assis dans la salle d'attente de l'hôpital, la tête entre les mains. Il sentit une pression sur son épaule. C'était John Sullivan. " Je suis désolé de ce qui est arrivé Largo. Mais j'ai au moins une bonne nouvelle pour vous... regardez. " Largo regarda dans la direction que lui indiquait John. Joy arrivait. Elle avait un pansement sur le front et était très pâle, mais elle sourit en voyant Largo. Il s'élança vers elle et l'enlaça: " j'ai eu si peur... " Il la fit asseoir auprès de lui et lui demanda ce qui s'était passé. " Nous étions attendus à l'aéroport. Des types armés qui nous ont tirés comme des lapins. Simon a voulu nous couvrir et il a été touché, juste après le pilote. Je suis restée avec Giorgi et moi aussi j'ai été touchée. Le gilet pare-balles m'a sauvé la vie. Quand je suis revenue à moi, tout était désert. Le pilote était mort et Simon... Je me suis occupée de lui et l'équipe est arrivée. Largo, comment va t-il? " Sullivan regarda Largo. " Il n'a pas la grande forme. Il a été salement amoché mais les médecins disent qu'il va s'en tirer. " Elle ne broncha pas. Largo connaissait la question suivante et la craignait. Joy ne l'aurait jamais admis, mais elle appréciait beaucoup Kerensky. " Est-ce que... Giorgi a réussi à te prévenir à temps? "
-Oui Joy. John s'est occupé de tout. Nous avons bloqué la transaction. Cardignac a acheté la bombe, mais avec ses fonds personnels. Le groupe W n'est pas impliqué, moi encore moins.
Un silence suivit cette déclaration. Soulagée à moitié, Joy se laissa aller contre le dossier de la chaise.
" Vas-y Largo, dis moi ce qui cloche. "
" Giorgi. Il est ici, aux soins intensifs, il a perdu beaucoup de sang et aucun médecin ne veut se prononcer sur son état. "
Joy ouvrit la bouche mais fut interrompue par l'arrivée d'un médecin: " Monsieur Winch? Monsieur Ovronnaz vient de revenir à lui. Il vous demande mais je vous en prie ne restez pas longtemps. " Simon était étendu sur le lit, et il souriait. Largo évita de regarder les perfusions et fit l'effort de sourire. " Alors? Notre ex du KGB a réussi einh Larg' "
Il avait sa voix habituelle, et le jeune milliardaire en fut touché.
" Ouais, grâce à vous trois je ne serai pas condamné à la chaise électrique. "
Simon esquissa un sourire mais redevint sérieux.
- Largo, écoute. Quand on a été attaqués, les gars parlaient entre eux et j'étais pas tout à fait dans les vapes .On s'est fait avoir. Ils cherchaient à nous éloigner du groupe W. Je sais pas ce qui se trame mais c'est pas clair. Et puis il y a autre chose... "
Une infirmière entra et signifia la fin de la visite. Visiblement ennuyé, Simon voulut retenir Largo mais celui-ci lui fit un petit signe d'au revoir et quitta la pièce sous le regard anxieux de Simon. De retour dans le couloir il s'assit entre John et Joy: " Il est sorti d'affaire, c'est un battant, mais il m'a raconté des trucs vraiment bizarres. " John lui donna une petite tape sur l'épaule: " Ca va aller Largo, laissez le se remettre. Venez maintenant, nous ne pouvons rien faire de plus. Ils restèrent silencieux durant le trajet. En arrivant, Joy demanda à Largo de l'accompagner au bunker. En entrant, elle s'arrêta sur le palier: " Tu sais Largo, jamais je n'aurais cru qu'il aurait pu me manquer un jour. Quand on arrivait, il était toujours là, devant son écran. Il... " Largo passa son bras autour de ses épaules: " Il va revenir Joy, je te le promets. Viens, tu dois te reposer. " Giorgi ouvrit les yeux. Tout était flou autour de lui. Il tenta de bouger et sentit que c'était trop difficile. Il entendait des bruits et supposa qu'il se trouvait à l'hôpital. Il avait du mal à ordonner ses pensées mais constata que sa vision revenait doucement. Il se sentait très fatigué et pensait se rendormir lorsqu'il découvrit qu'il n'était pas seul dans la chambre. Une voix qu'il ne connaissait que trop bien se fit entendre: " Alors camarade, tu es de retour parmi nous. Tant mieux, nous allons pouvoir discuter! " Le mafioso russe lui souffla son haleine dans la figure. Kerensky ferma les yeux et se laissa glisser, résigné, vers le sommeil. Il sentit confusément que quelqu'un l'avait pris dans les bras et le portait, comme un enfant. " Vassilli... ", chuchota t-il avec douceur.
- Da camarade, répondit le géant russe qui le serra contre lui.
Des images défilèrent dans la tête de Giorgi. Il se souvint de sa rencontre avec Vassilli. Ils avaient travaillé ensembles et s'appréciaient mutuellement. Vassilli était simple et fidèle et Giorgi repensa au jour où alors que Vassilli avait été blessé, leur patron avait voulu l'abandonner. Giorgi lui avait sauvé la vie et depuis lors, Vassilli lui était resté attaché et avait promis de lui rendre la pareille. Kerensky espérait qu'il se souvenait de sa promesse. Il ne pourrait s'en sortir seul cette fois. Un coup de fil réveilla Largo en pleine nuit. L'hôpital lui annonça la disparition de Kerensky. Le temps de prévenir John et Joy, ils se rejoignirent à l'hôpital. Consterné, le directeur les reçut dans son bureau: " Personne ne sait ce qui s'est passé. Ce qui est sûr c'est qu'il n'a pas pu partir de son propre chef puisque nous le maintenions sous sédatifs. " La police, déjà sur les lieux privilégiait la thèse de l'enlèvement et Joy décida de fouiller la chambre. Largo était désemparé. Il n'avait pas vu Giorgi depuis que les secours étaient venus au bunker et le russe n'avait pas repris connaissance. Il ignorait qu'il avait sauvé Largo, Joy et Simon, et surtout il ignorait toute la gratitude que Largo avait envers lui. Il aurait aimé en parler avec Simon mais Joy l'en dissuada: " Tu le connais, s'il l'apprend il va vouloir t'aider. Toi je pourrais te protéger s'il le faut, lui non. Il doit se reposer. Faisons comme si de rien n'était. " De retour, bredouilles, au bunker, Joy s'installa devant l'ordinateur de Kerensky: " Bon. Là c'est le moment où il faut dire " Giorgi, pourrais-tu faire des recherches sur untel ou untel... " Elle frappa le clavier du plat de la main: " Je les trouverai, ceux qui ont fait ça, et... "
- Calme toi Joy et essayons de réfléchir. Simon m'a parlé. Il disait qu'il devait me dire quelque chose d'important. Peut-être que ça a un rapport. "
- Alors il faut aller lui demander...
- Mais on a dit qu'on ne lui dirait rien...
Ils se regardèrent et d'un même mouvement se dirigèrent vers la porte. L'équipe de Largo Winch allait se remettre en action.

Part 2